«La fraude sociale est un coup de poignard au pacte social», dénonce Mathieu Lefevre
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il est l'heure de la grande interview à 8h14. Nous recevons ce matin Mathieu Lefèvre. Bonjour.
Bonjour. Député renaissance du Val de Marne, vice-président ensemble pour la République et membre de la commission des finances. Alors, dans sa quête d'économie, le gouvernement veut s'attaquer à la fraude sociale.
C'est une trahison, disait Catherine Vautrin, une trahison de celles et ceux qui financent notre protection sociale. La ministre du travail et de la santé a dévoilé un plan pour recouvrir 13 milliards d'euros de fraude. Est-ce que c'est un mot que vous aurez employé Mathieu Le Fèvre ?
Le terme de trahison, c'est un mot très fort. Bah, incontestablement parce qu'on peut pas avoir un système dans lequel on a des gens qui resquillent. qui grugent et d'autres qui travaillent deux fois plus pour le financer.
Ça ça ne fonctionne pas. La fraude c'est un coup de poignard au pacte social. Il y a ceux qui profitent et ceux qui payent.
Et donc le gouvernement a raison de mettre de la justice sociale là-dedans. Il a raison de prendre des mesures qui sont des mesures de bon sens et je pense que tous ceux qui sont attachés à la pérénité de notre modèle social devraient soutenir. Alors vous parlez de mesures de bon sens, on va détailler rapidement.
On parle de lutter pour contre le travail dissimulé. On parle de lutter contre les prestations indues, des bénéficiaires d'allocation qu'il ne devrai pas percevoir, des actes médicaux fallacieux, des arrêts maladies abusifs, des transports médicaux qui seraient exagérés. Cela fait partie du plan donc de la ministre pour recouvrir 13 milliards d'euros.
Mathieu Lefèvre, ce n'est pas la première fois qu'on entend le gouvernement vouloir lutter contre la fraude sociale. Pourquoi ça marcherait cette fois ? Ça a déjà marché.
On récupère beaucoup d'argent aujourd'hui mais forcé de constater que les fruits évoluent. Alors aujourd'hui pour être précis il y a 2 milliards 100 millions d'euros qui sont identifiés comme fraude. Mais sur ces 2 milliards 100 millions d'euros, il y a seulement 600 millions d'euros qui sont effectivement perçus. 600 millions d'euros, c'est une goutte d'eau dans les 13 milliards estimés.
Ouais, vous avez raison. C'est la raison pour laquelle il faut aller plus loin. Mais quand on a interdit par exemple avec Gabriel Atal le versement des prestations sociales sur les comptes à l'étranger, c'était une bonne mesure et il faut aujourd'hui déployer un arsenal qui est encore plus important.
On a une délinquence sociale qui évolue également d'année en année sur la question des transports sanitaires que auquels la ministre veut s'attaquer. Par exemple, on a une dépense qui a évolué de plus de 45 % depuis 4 ans. C'est donc qui a là de la fraude manifeste et qu'il faut s'y attaquer avec des méthodes nouvelles.
Elle propose notamment la géolocalisation. C'est me semble-t-il bienvenu. Mais on peut pas commencer à demander des économies aux Français si ceux qui doivent payer leur cotisation sociale ne le font pas.
Il peut pas y avoir une France à deux vitesses. Et donc moi, je pense que Catherine Vrain a raison de s'attaquer à ce problème qui permettra d'aller chercher près de 13 milliards d'euros si on y parvient. 13 milliards d'euros, c'est plus que le budget du ministère de la justice.
Les services publics, ça nécessite un consentement à l'impôt.
Mathieu Lefèvre