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Visite Emmanuel Macron dans les Vosges - 18 avril 2018

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Alors, cher Président, je suis aussi premier vice-président des maires ruraux. Je vais donc quand même vous parler ruralité d'une façon plus générale. Bien entendu, je partage totalement ce que vient de dire le Roussineau et Michel Évriche.

Et le projet TIGA pour nous, je suis aussi, je suis un maire rural, mais je suis aussi vice-président de la communauté de la Closée Finale. Donc, j'ai conscience que les territoires doivent être beaucoup plus larmes que le simple fait du clocher. On est d'accord là-dessus.

Et on sait que ce projet-là, il tient beaucoup à cœur. Je vous ai fait...

Alors, bien entendu, je l'ai coupé, hein. Donc, je vais le faire simple, Monsieur le Président. Mais je vais quand même...

Je tiens quand même...

Vous voyez, je suis un peu chez moi. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, en fonction de vos responsabilités, et vous voyez, je balaie toutes les...

Et oui, et je dis, ouf, vous êtes arrivés. Bienvenue à les voir, bienvenue dans la Vosges, bienvenue dans les Vosges. Vous vous étiez engagés à répondre à mon invitation lors de notre entretien du 17 juillet dernier.

Vous l'avez fait. Ben voilà un engagement tenu. Donc, merci à vous.

Pour notre village, cet événement restera exceptionnel, vous vous en doutez. Quelle que soit la sensibilité de chacun, ben vous représentez la France. Vous êtes la France.

Et les voir, aujourd'hui, c'est la France. Vive la France. Après ces mots d'accueil, Monsieur le Président, je tiens à vous exprimer mon sentiment qui est partagé également par beaucoup de Vosges.

Alors, j'ai balayé tout ce qui fâche. Vous avez eu le contact direct toute la journée. Donc, voilà, on a balayé tout ça.

Par contre, il y a un sentiment partagé. Et celui-là, je vais vous en faire part. Depuis de nombreuses années, je dis une certaine élite administrative, vivant le plus souvent dans un, j'appelle ça un bocal parisien, se persuadent que la vie économique ne peut avoir de sens que dans le cadre urbain ou ne pas dire métropolitain.

Et on a vu qu'en s'associant, les choses peuvent être possibles. Un peu ça, ça fait trois. Exactement.

Mon invitation à venir nous rencontrer dans ce territoire du Val-de-Vosges, dans ce village de Lévoivre, a tout son intérêt, dans le sens où des élus locaux, des entrepreneurs, des agriculteurs, je ne les oublie pas, enfin, en quelque sorte des faiseux, voilà, peuvent démontrer que l'imagination, l'esprit d'entreprendre, la recherche du développement et la créativité ne sont en aucun cas liés à la densité de la population du lieu. C'est donc avec une approche spécifique, analysée, raisonnée, que l'on pourra éviter, parfois, la ruralité, représentant, je le rappelle, 80% du territoire français, 30% de la population, il ne faut pas l'oublier, de se rétracter, malheureusement, sur elle-même. C'est un message.

Et vous le connaissez certainement. Se sentir oublié, voire délaissé. Et le seul résultat, quelquefois, c'est de sombrer dans un rejet profond du politique d'une façon globale et de trouver refuge dans les courants populistes et extrémistes.

Je vous le dis, M. le Président, même chez moi, j'ai parfois mal pour mon village. J'ai parfois mal pour ma ruralité.

J'ai parfois mal pour mon pays. Nous ne sommes en aucun cas, ici, ce ne sont pas des zadistes. Nous ne sommes tout simplement, mais profondément, et viscéralement attachés à nos valeurs rurales, à nos villages et à nos communes.

Alors, j'ai deux propositions à faire. Voilà, ça sera simple, deux propositions. Vous pouvez noter, là.

La première, c'est de construire ensemble, vous, M. le Président, le gouvernement, l'Assemblée nationale, le Sénat, les élus locaux et les forces vives, une véritable loi cadre sous la ruralité, mais pas un rafistolage ou des rustines sur jambes de bois, mais une formalisation de la nécessité de tenir compte de la diversité des territoires. Le mot territoire.

À ce propos, nous pensons que lors de la prochaine réforme constitutionnelle que vous souhaitez, et au même titre que, par exemple, la Corse, avec ses spécificités, liées à des difficultés insulaires, mais également avec des atouts incontestables, eh bien, il serait pour nous déterminant que la notion de territoire soit inscrite dans cette réforme constitutionnelle. Le mot territoire, et pas seulement le mot population. Pas uniquement collectivité locale.

Ou pas uniquement collectivité locale. Eh bien, vous voyez, on le fera ensemble. C'est aujourd'hui, avec votre détermination, votre volonté de moderniser le pays, vos engagements courageux, que ces notions doivent être affréhendées.

Alors, je vous en remercie par avance, car bien entendu, je compte sur vous. Ma deuxième demande. Elle ne s'adresse pas à vous.

Elle s'adresse à tous les jeunes de France, qu'ils soient urbains ou ruraux. Je leur dis, n'ayez pas peur. N'ayez pas peur de venir investir.

Investir les territoires. Inbo. Tu te souviens au début ?

Nous saurons vous accueillir. Nous connaissons vos besoins économiques, culturels, environnementaux. Nous saurons trouver des solutions à vos demandes.

Et comme dans l'esprit de couveuse, ce ne sera en aucun cas d'assistanat. Ce ne sera en aucun cas d'assistanat, mais au contraire, de l'accompagnement, de l'encouragement et de la détermination que nous saurons vous offrir. Vous ne serez jamais chez nous de simples numéros, mais tout simplement des femmes et des hommes qui apporteront une énergie à nos territoires.

Et nous en avons besoin. Encore une fois, merci, M. le Président.

En avant-marche pour la ruralité. D'abord, je vous remercie. Je m'étais en effet engagé à venir, mais au-delà de ça, je suis ravi de pouvoir partager ces quelques heures ici, à les voir, d'abord voir les projets qui y sont portés.

Et puis, dans le cadre de cette pérégrination que je fais depuis hier avec nombre d'entre vous dans ce beau département des Vosges, vous la partagez avec vos élus, la population, les entrepreneurs, et, je dirais, l'ensemble de nos concitoyens, ces quelques journées. D'abord, je veux avoir un mot pour salut. On va continuer à en parler et travailler.

Cette filière bois que nos jeunes entrepreneurs, là, qu'on a vus à l'instant, ont formidablement illustré, donnant d'ailleurs une image de la ruralité qu'il faudrait plus souvent avoir. C'est-à-dire celle de filières nouvelles qui s'installent sur une grande tradition, de jeunes qui prennent des risques. Et quand on me parle de start-up que j'ai toujours défendu, les start-up, elles n'existent pas que dans les métropoles, dans des secteurs qui relèvent du numérique.

C'est la capacité à entreprendre. C'est partout sur le territoire. Ces projets qui sont là, accompagnés par des belles maisons comme l'ONF, et je salue l'ONF qui nous a d'abord montré ses propres innovations et son engagement, une partie de cette filière bois.

Nous allons continuer à y travailler, mais c'est une filière qui est en train d'innover, qui va continuer à innover, que je veux profondément développer, et dont nous devons doubler dans les prochaines années la capacité à créer des emplois. On l'évoquait tout à l'heure en passant dans une série exemplaire du département. Il est clair qu'aujourd'hui, nous avons une forêt qui est plus étendue que la forêt de nos voisins allemands, et nous avons plus de deux fois moins d'emplois dans la filière bois.

Donc on doit planter davantage, on doit investir davantage dans nos siries, et on doit surtout beaucoup plus valoriser sur l'aval, parce qu'on est aujourd'hui complètement handicapés sur ce plan-là. Et à mesure que nous développons la construction, j'en parlais avec certains d'entre vous tout à l'heure, c'est la construction avec du bois français, si possible, mais déjà français, que nous devons pouvoir promouvoir. Et tout ça, c'est à la fois un investissement, une organisation de filière, une organisation de territoire, et c'est de la coordination des acteurs.

Et évidemment, on commencera par faire notre part en reboisant aussi davantage et en ayant un bilan très clair sur le stock disponible, parce que c'est une des craintes qui existent. Et à ce titre, je veux saluer le projet que vous nous avez présenté, Madame, et qui a été soutenu par nos élus et les deux présidents, parce que c'est l'exemple même d'un projet territorial extrêmement large qui implique justement au sein de cette belle région Grand Est à laquelle nous tenons plusieurs territoires qui ont décidé de s'organiser ensemble, plusieurs écoles, des entrepreneurs, et en effet un investissement qui accompagne ce projet. Et donc, nous serons derrière, je sais qu'il reste quelques étapes encore à franchir, mais je pense que c'est un élément essentiel du développement de la région de ce Sillon et en particulier de l'intercommunalité.

Et donc, à ce titre, nous serons à vos côtés. Mais je voudrais, ce faisant, c'est une transition parfaite, vous répondre sur la ruralité. D'abord, pour vous dire, je ne crois pas, moi, que le problème se soit qu'il y ait des fonctionnaires à Paris et des territoires.

D'abord, parce qu'il se peut que j'ai été un fonctionnaire à Paris, mais je ne m'étais pas pour autant né à Paris et je ne suis pas resté fonctionnaire. Ce n'est pas le fait d'être fonctionnaire. Non, mais c'est le bocal.

C'est le bocal. Et à la fin, notre responsabilité, moi le premier, c'est d'ouvrir le bocal. Donc, moi, je défends toujours nos fonctionnaires.

Soit ils sont bien dirigés, soit ils sont mal dirigés. Et donc, à la fin, ce sont les ministres, le Premier ministre, le Président de la République et qu'il faut faire des reproches. Il n'y a que des gens dévoués.

Par contre, nous avons un problème collectif dans le pays. C'est que, et ça, il n'y a pas besoin d'être dans un bocal à Paris, partout sur le territoire. Partout.

Et même dans le rural. Ça existe. Il y a un esprit qui s'est pas trop installé.

C'est l'esprit de la procédure et du formalisme. Il y a beaucoup de gens partout sur le territoire et il y en a aussi dans la ruralité qui pensent qu'on fait son métier quand on a rempli le formulaire, quand on a répondu à la bonne procédure et qu'au fond, voilà, on arrive le soir, on a réglé des tas de procédures et des formulaires et tout va bien. Et de l'autre côté, il y a les gens qui voient des êtres humains qui veulent porter des projets et apporter des solutions.

Et au fond, ne faisons pas un sujet de bocal, de lieu ou d'autre. Décidons que le beau d'or pour le pays, ce sont les projets et les solutions. Moi, ce que je demande à nos fonctionnaires, c'est d'accompagner les projets et de trouver des solutions pour les gens.

Qu'ils soient concitoyens, entreprises, élus. C'est ça la cause. Et c'est pour ça qu'on a porté ce projet de loi du droit à l'erreur.

C'est l'idée de dire, quand on est fonctionnaire, il fait son travail, qu'il soit aux impôts, au travail, autre, mais si c'est juste faire des procédures et penser que les gens sont en quelque sorte des numéros, ça ne marche pas. Si ce sont des gens qu'on a à accompagner, parfois à sanctionner quand ça ne va pas et qu'il y a une fraude évidente, mais à accompagner et qu'on a des solutions à apporter, tout change. Et donc, je veux vraiment faire passer ce message parce que le seul moyen de faire réussir quelque territoire que ce soit, c'est de passer à cette logique de projet et de solution.

Et c'est pour ça que moi, je suis prêt à faire une loi 4 des ruralités. Je ne suis pas sûr qu'elle serve à quelque chose. C'est-à-dire que si vous me dites qu'il faut changer tel ou tel élément, j'ai un projet, telle ou telle solution relève de la loi, je suis prêt à le faire.

Ce que je constate, c'est que ça fait des décennies qu'on fait des lois dans tous les sens sur les décentralisations, les lois Nôtes, les lois MAPTAM, les ceci, les cela, et qu'on se bat comme des chiffonniers pour savoir si ça doit être la compétence de l'État ou de la région ou du département ou de la métropole ou de la ruralité. J'ai constaté une chose, bien souvent, les élus se mettent tous d'accord pour dire parfois, c'est pas l'État, c'est nous. Mais quand vous voulez vous en sortir et que vous êtes dans ma situation, commencez à ouvrir le sujet entre une métropole et une région.

Et puis vous pouvez repartir tranquillement. Donc, mais si, tu le sais bien. Et donc, sur ce sujet, pour vous mettre à l'aise, et je le dis d'autant plus facilement qu'on est ici dans une région et vous l'avez parfaitement illustré avec une métropole, vous savez travailler.

La clé sont les projets. Moi, je crois à cette décentralisation et la décentralisation des projets. On est parfois confronté à des gens qui ont des volontés de recréer de l'institution ou d'ouvrir des débats institutionnels nouveaux.

Moi, j'ai déjà dit ce que j'en pensais. Je n'y crois pas et je pense qu'on perdra beaucoup de temps. Mais à chaque fois qu'il y a des projets à accompagner et des facilités à donner, on sera là.

Moi, je pense que ce qu'on a proposé dans le cadre de la réforme constitutionnelle, l'article 72, va dans ce sens. tout ce qui peut être amélioré et qui donnera plus de flexibilité pour les projets et en particulier pour la ruralité bancaux. Les territoires bancaux.

Et donc, ne perdons pas forcément de temps dans des lois-cardes qui ne régleront pas la vie des gens. Donnons toutes les latitudes pour que quand un projet est porté au plus près du territoire et d'ailleurs de manière partenariale comme vous l'avez fait entre les différentes collectivités, il puisse aller le plus vite possible, avec le plus de clarté possible et avec des financements qui soient tout de suite donnés. Et à ce titre, j'adhère pleinement à cette idée de République des territoires qui est pour moi une République des projets.

C'est ça ce qu'on doit faire. La Caisse des dépôts est ici mobilisée et ce qu'on a fait ce matin avec le maire de Saint-Dié-des-Vous, j'étais à ce titre un très bel exemple pour les villes intermédiaires. Vous faites aussi à Epinal et vous avez ces projets.

C'est l'idée de dire on a un projet qui peut être modulé, on ne fait pas de bureaucratie, on ne fait pas des dossiers qui durent trois ans et qui demandent une procédure absolument inouïe. Il y a un élu qui s'engage, des commerçants qui s'engagent derrière lui, des promoteurs, des bailleurs, la Caisse des dépôts, Action Logement, l'État, Finance. Ce sont ce type de projet qu'on va développer avec vous dans la ruralité.

On a commencé à le faire sur le numérique en passant, et je sais, le travail des ministres, il m'y dit, la région est formidablement organisée, elle a constitué le plus grand réseau entre les départements de numérique, mais là, sur la partie qui est Internet mobile, c'est un accord que nous avons passé avec les opérateurs qui va nous permettre d'accélérer par trois le déploiement et qui est un complément à ce projet de fibre qui est porté par la région. Ça, c'est du concret. Donc ça, on l'a fait.

Je me souviens de votre engagement en tant que ministre vis-à-vis de la téléphonie mobile. Donc ça, c'est la ruralité. On continuera.

La mobilité de proximité, une loi arrive en juin pour la porter. Partout dans la ruralité, on l'a vu ce matin aussi avec le maire de Saint-Dié et avec le président de la région, sur les petites lignes où il faut réinvestir parce qu'il y a une pertinence et du trafic, on sera là. Mais je l'ai dit aux cheminots ce matin.

Partout où sur, justement, des trajectoires de proximité, il faut réinvestir intelligemment, on sera là. Et donc, moi je dis chiche. Vous avez noté, pour notre ligne de porte.

On a noté. Vous avez noté. C'est une nouvelle là.

Non, non, elle est dedans. C'est sur la finale, ça dit Strasbourg. Ah oui, ah ben non.

Mais vas-y, on a aussi une coupe vitaine, le fonds de finale. Si, si, si, c'est bon. C'est un serment des voivres.

C'est que c'est une responsabilité à chaque fois partagée. C'est-à-dire, il y a un projet. Sur le territoire, les élus savent me dire on est pris à fermer parce que si c'est pas menacé, parce qu'on a créé trop de desserts.

On le sait très bien. Et donc, si les élus, c'est à eux de prendre la responsabilité de dire on réduit, on ne met que deux ou trois desserts, nous on y va, on est prêt à porter ça. On met un peu de financement.

On l'accompagne. Et donc, ce que je veux vous faire passer comme message, c'est qu'il faut sortir par vous. Le monde dans lequel on est, suppose, et je le dis dans cette région comme la mienne, ça résonne, nous ne sommes plus dans des guerres de tranchées.

On est dans de la guerre de mouvements. Et la guerre de mouvements, elle se règle par des projets et des solutions par une mobilisation des acteurs. Il n'y a aucun territoire perdu dans la République.

Il y a des territoires où il n'y a plus de projets, parfois, parce que le doute s'est installé. Et là, il faut aller les réveiller. Et il y a des territoires où il y a énormément de projets, des gens qui veulent faire.

Et eux, il faut les aider, accélérer, accompagner. Moi, c'est comme ça que je vois les ruralités. Donc la loi cadre, je ne suis pas convaincu à ce stade, parce que je vous dis toujours franchement les choses, mais si vous m'expliquez qu'il faut changer la loi pour améliorer, on le fera.

Et vous avez ici beaucoup de parlementaires, mais ils savent aussi que parfois, la loi ne règle pas tous les problèmes. Donc moi, j'ai envie d'aller plus vite. Donc, simplification extrême, changement, et ça, ce sera notre boulot, réforme en profondeur de l'État et de sa mentalité.

Mais moi, je vous demande aussi cette petite révolution culturelle de votre côté. Et donc, passons au projet, aux solutions, et allons dans cette République des territoires que vous m'aurez à vos côtés. Ensemble.

Merci, M. le maire. Oui, oui.

Visite Emmanuel Macron dans les Vosges - 18 avril 2018 — Emmanuel Macron · Pourquijevote