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interviewfranceinfo· 22 février 2026 24 min

Clémentine Autain est l'invitée de "Tout est politique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Clémentine Autain. Bonsoir. Merci d'être là sur France Info dans Tout est politique. Vous êtes députée de Seine-Saint-Denis, cofondatrice de l'après et candidate à la primaire de la gauche, donc à la présidentielle. D'abord votre réaction à cette manifestation d'ultra-droite hier dans les rues de Lyon en hommage à Quentin de Ranque, ce jeune homme de 23 ans qui a été battu à mort, militant nationaliste. On a vu des saluts nazis, on n'a pas vu de débordement violent non plus. Quelle est votre réaction ?

0:29
Clémentine Autain

C'était assez effrayant comme manifestation. On a entendu des slogans choquants. Blanc, blanc, blanc, réveille-toi, Mélenchon tue. On a vu des figures qui sont des figures antisémites, des figures négationnistes, des figures de groupuscules dissous de l'extrême droite, avec beaucoup de personnalités qui ont été condamnées pour propos racistes, pour des...

0:57
Présentateur

Il y a des enquêtes judiciaires après ces propos.

0:59
Clémentine Autain

Bien sûr, c'est pour moi une manifestation qui n'était pas de recueillement, après l'émotion qu'a pu susciter la mort de Quentin de Ranque, mais une manifestation ultra-politique et qui a permis de ressouder des groupuscules d'extrême droite violents, haineux. Elle a respectabilisé ces gens-là, cette manifestation et les comédiatiques qu'elle a eues ? Elle a existé. Elle a permis à ces gens de s'exprimer. Il fallait l'interdire ? Je n'ai pas de facilité à vouloir interdire les manifestations, je le dis d'emblée.

Je pense que c'est toujours une pente assez complexe, potentiellement dangereuse pour les libertés et la démocratie, mais en l'occurrence, je crois en effet que cette manifestation n'aurait pas dû avoir lieu. Donc l'ordre public pour vous, avec ce qui s'est passé, a été troublé ? Oui, c'est l'ordre républicain qui est troublé par cette manifestation, assurément.

1:50
Présentateur

Je voudrais vous interroger sur Jean-Luc Mélenchon, avant de donner la parole à Laurent Joffrin. Et au fond, une semaine après, toujours pas de remords, toujours pas de regrets du leader insoumis qui n'a pas voulu prendre ses distances avec son député Raphaël Arnaud et avec la jeune garde fondée par ce député. Il y a des mises en examen, notamment celle de l'assistant parlementaire, Jacques-Yves Favreau de Raphaël Arnaud. Est-ce que vous comprenez que Jean-Luc Mélenchon n'est pas au moins un mea culpa ? Il a condamné les violences, mais sur ce lien avec la jeune garde qu'il revendique toujours aujourd'hui ?

2:31
Clémentine Autain

Je vais absolument vous répondre, mais permettez-moi de commencer par ce que j'observe depuis une semaine, c'est-à-dire un déferlement, une démesure contre la France insoumise et qui, moi, me révolte. Je pense que là, on atteint des sommets de délire, de chasse à LFI avec un agenda politique qui banalise l'extrême droite en même temps qu'est installé un cordon sanitaire déplacé contre la France insoumise.

3:00
Présentateur

L'agenda politique de qui ? Qui fait ça, selon vous ?

3:03
Clémentine Autain

D'abord, c'est l'agenda politique de l'extrême droite et ensuite, je pense que c'est un nouvel agenda, enfin, pas tout à fait nouveau, mais qui s'affirme, du pouvoir en place, qui est aux abois et qui devait être un rempart à l'extrême droite et qui, aujourd'hui, enfourche d'une certaine manière, s'est présupposée et marche avec lui pour modifier, brouiller, en fait, les repères politiques entre la gauche et la droite, et en particulier l'extrême droite.

3:33
Invité

Mais vous ne croyez pas qu'il y avait un moyen tout simple d'éviter ça ?

3:37
Clémentine Autain

Et après, je vais répondre à votre question. Oui, la relance de Laurent.

3:39
Invité

Un moyen tout simple pour LFI d'éviter ça ou de le limiter, en tout cas, qui aurait été de se désolidariser, franchement, du comportement de cette jeune garde. C'est des liens organiques qu'ils entretiennent avec elle, alors qu'ils les ont, au contraire, défendus et même glorifiés.

3:56
Clémentine Autain

Alors, moi, je dis les deux choses parce que je ne veux pas être prise en étau. C'est-à-dire, à la fois, je n'hurlerai pas avec les loups et je trouve même qu'à gauche, ils s'en trouvent pour hurler avec les loups. Ça m'inquiète énormément.

4:07
Invité

C'est un peu normal qu'ils se désolidarisent.

4:09
Clémentine Autain

Non, ce n'est pas se désolidariser. Quand on dit qu'on n'a plus rien à voir avec la France insoumise, ce n'est pas simplement se désolidariser. C'est une position politique, oui. Non, on n'est pas dans un contexte classique. On est dans un contexte où il y a la trumpisation à l'échelle internationale, où il y a la bolorisation des médias, et où il y a un MEDEF qui, de plus en plus, soutient l'extrême droite.

4:34
Invité

Le comportement de l'EFI favorise le RN.

4:36
Clémentine Autain

Je pense que, de ce point de vue-là, il y a une irresponsabilité d'un certain nombre de prétendus responsables politiques. Que la France insoumise n'aide pas dans la séquence, je pense en effet qu'il faut s'interroger sur l'attitude et la stratégie. Donc la brutalisation du débat est une erreur politique ? Contribue à brutaliser ? En tout cas, je n'accepte pas. Ce n'est pas votre genre, vous ? Non, ce n'est pas mon genre. Et j'ai un désaccord stratégique avec la France insoumise, qui n'est pas nouveau. Je ne vous apprends rien, Laurent Joffrin.

5:08
Invité

Oui, mais là, il donne des verges pour se faire battre. Admettez-le, quand même.

5:12
Clémentine Autain

Je pense que nous attendons des gestes, des mots qui permettent d'apaiser et non pas de contribuer à, quelque part, simplement satisfaire un pôle très radical, d'essayer de conforter ce bloc radical. Ce que fait Jean-Luc Mélenchon à vos yeux ? Au mépris de la recherche. Mais ils n'ont aucune forme de responsabilité. Parce que la question, elle est celle de comment on combat l'extrême droite. Moi, je pense qu'on ne combat pas l'extrême droite par la satisfaction d'un simple pôle radicalisé. Ce qu'il faut chercher, c'est la majorité. Ce qu'il faut chercher, c'est la mobilisation populaire. Ce qu'il faut chercher, c'est l'union des forces sociales, politiques, de gauche et écologiste.

Est-ce que c'est ce que fait Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui ?

5:55
Invité

Oui ou non ? Non, manifestement non.

5:57
Clémentine Autain

Je ne pense pas que l'attitude actuelle qui est circulée, il n'y a rien à voir, est la meilleure pour atteindre cet objectif, pour combattre l'extrême droite. A-t-il une part de responsabilité morale, indirecte ? Mais vous insistez beaucoup sur sa responsabilité. Non, mais c'est une question que je vous adresse. Je l'entends, je l'entends, vous assistez beaucoup sur sa responsabilité. On va venir aussi à l'extrême droite après. Et je ne veux pas le dédouaner, mais je n'entends pas beaucoup dans les médias de propos qui permettent aussi de prendre bien la mesure de ce qui est en train de se passer. C'est l'extrême droite qui est aux portes du pouvoir.

C'est l'extrême droite qui est aux portes du pouvoir. Oui, mais justement. Ce n'est pas la France insoumise aujourd'hui. Justement. Et donc quand je vois les unes des journaux, y compris un qui est cette semaine, Le Poison Mélenchon, La Tribune du Dimanche, L'Express, LFI, Danger Public, Marianne, les nouveaux fascistes, carrément pas antifascistes, les nouveaux fascistes, avec JLM, Rima Hassan et Raphaël Arnaud, j'estime que la démesure est de ce côté-là, aujourd'hui. Alors, ça ne balaie pas, encore une fois, ça ne balaie pas toute critique de ma part, et tant s'en faut, à l'égard de la stratégie aujourd'hui de la France insoumise.

Vous avez le droit et c'est votre droit et c'est votre droit et c'est votre légitime de attaquer la presse.

7:08
Invité

Non, ce n'est pas attaquer la presse. Non, mais de considérer qu'elle est outre-soussine, la presse, vous nous dites. Oui, mais ce n'est pas la presse, ce n'est pas toute la presse. Vous avez cité trois titres. Ce n'est pas les journalistes comme un bloc. C'est bien clair. Je veux faire attention à ça. C'est pour ça que vous avez cité des médias particuliers. Je vous écoute. Excusez-moi. Je vous en prie. Non, mais il y a une chose qui me paraît claire dans les effets politiques de cette affaire. C'est qu'il y a un certain nombre d'électeurs de droite républicaine qui ne pourront pas, à temps, on a raison, je ne juge pas, mais qui ne voteront pas pour LFI, pour un candidat LFI face au RN.

Ils ne le feront plus. Et ça, c'est ce qui s'était passé, ce qu'on appelle le Front républicain, c'est ça. Et c'est ce qui avait empêché, en fait, et contribué, en tout cas, à empêcher le RN de gagner les dernières législatives. Au prochain, ça ne se produira plus. Donc, j'en déduis, je ne sais pas si vous êtes d'accord, que ce qu'a fait LFI facilite la propagande du RN, évidemment, puisque les gens de droite...

8:06
Présentateur

Le Front républicain a du plomb dans l'aile.

8:08
Invité

Le Front républicain est privé de sa composante de droite.

8:11
Clémentine Autain

Oui, mais...

8:12
Invité

Vous êtes d'accord ou pas avec cette analyse ?

8:14
Clémentine Autain

Bien, oui et non. C'est-à-dire que, quand j'entends aux questions d'actualité, M. Darmanin nous expliquer que la jeune garde tuée et que la France insoumise devrait être condamnée. Non, mais ça, c'est pas ce que je dis, oui. Non, je vous parle des responsabilités du pouvoir, qui, eux aussi, fracassent ce Front républicain. C'est-à-dire qu'on ne peut pas juste dire que c'est l'attitude stratégique de la France insoumise qu'on peut questionner et que je questionne qui serait responsable de cette situation. C'est-à-dire que c'est aussi cette espèce d'ambiance de ce que moi j'appelle le club des charognards, c'est-à-dire des gens qui profitent tristement de ce drame pour...

8:48
Invité

Je parlais des électeurs, parce que ça, c'est les responsables politiques.

8:50
Clémentine Autain

Bien sûr, mais les électeurs, vous savez, ils écoutent aussi les responsables politiques. Et d'ailleurs, même si vous parlez de la France insoumise, je pense que Jean-Luc Mélenchon a une responsabilité et qu'à des moments, il m'éduque au lieu, justement, y compris de s'adresser correctement aux militants, à la sphère, aux sympathisants insoumis pour être extrêmement clair sur un certain nombre de principes. Parce qu'il y a une dissonance aujourd'hui, et je suis d'accord. Il y a une dissonance entre nous condamnons la violence et la minute d'après, la jeune garde s'est formidable, il n'y a rien à voir.

9:21
Présentateur

Vous parlez ou pas dans ce qui s'est passé à Lyon ou pas ? Ce n'est pas très clair. Vous parlez de responsabilité sur la brutalisation en général.

9:28
Clémentine Autain

Responsabilité morale des filles, vous dites non ? Il n'y a pas de responsabilité pénale. Il n'y a pas de responsabilité pénale. Je ne suis pas d'accord avec l'idée. Ce drame, en fait, c'est à cause de Jean-Luc Mélenchon ou de la France insoumise. Ça, ça ne va pas du tout, d'accord ? Mais pas du tout. En revanche, je pense qu'il y a en effet une attente légitime à l'égard de la France insoumise et en particulier de son leader, Jean-Luc Mélenchon, pour poser les mots, pour poser les gestes qui sont ceux de l'apaisement et de la clarté vis-à-vis de la violence politique.

10:00
Présentateur

Pour l'instant, ces mots d'apaisement, il les a prononcés en partie lors d'un meeting à Perfignan en étant très clair sur la condamnation de ce qui s'est passé. Non, mais c'est vrai, il faut être totalement juste. Mais c'est vrai qu'en même temps, concernant son député et son mouvement La Jeune Garde, rien n'a été dit d'une prise de distance. On ne parle même pas de condamnation, de désolidarisation. Ça n'a pas été fait. Et pour François Hollande, il le dit très clairement, cette stratégie est un suicide politique. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui, concernant Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce qu'il y aura un avant et un après, cette affaire ?

10:33
Clémentine Autain

Il y a un avant et un après du positionnement de François Hollande, qui aujourd'hui renvoie dos à dos l'extrême droite et la France insoumise. Et pour moi, ça, c'est gravissime. Il a dit ça ? Bien sûr, sa vidéo ne dit que ça. Il a dit qu'on ne peut plus s'allier avec les filles. Oui, mais il a renvoyé dos à dos l'extrême droite et la France insoumise. Et ça, je pense que c'est une erreur politique absolument gravissime. Vraiment gravissime. Cela n'empêche pas d'avoir aussi, encore une fois, des attentes. Moi, j'aimerais par exemple que Raphaël Arnaud puisse s'expliquer. On ne l'a pas entendu.

Il a fait partie des fondateurs de la Jeune Garde, y compris son assistant parlementaire qui a porté des coups contre ce militant fasciste. Bon, peut-être qu'il a quelque chose à nous dire. Parce que c'est une question politique importante. D'ailleurs, elle est assez vieille. Dans les années 70, elle se posait déjà comment on fait face à des milices d'extrême droite. Qu'est-ce que c'est qu'une autodéfense pacifiste ? Moi, j'ajouterais féministe, parce qu'il y a beaucoup de testostérone, il y a beaucoup de virilisme aussi dans ces affrontements.

11:40
Présentateur

Mais ce concept d'autodéfense populaire, vous le revendiquez comme Jean-Luc Mélenchon ?

11:43
Clémentine Autain

À partir de quand vous êtes à Lyon et que vous avez un tel défernement de milices d'extrême droite, par ailleurs, juifs de l'impunité, bien sûr, mais l'impunité, vous la connaissez, Laurent Geoffrin. Elle existe, malheureusement.

11:55
Invité

Ils ont dissous plusieurs groupes et ils essayent, c'est difficile.

11:58
Clémentine Autain

Vous savez très bien que quand on dissous, ça ne suffit pas. Donc, pour protéger, il faut un peu plus que ça. Mais la violence, elle a sa place ? On sait très bien que les groupes peuvent se constituer autrement, même s'ils ne sont plus légaux. Est-ce qu'elle a sa place ? L'autodéfense, il faut bien se défendre. Je suis en train de dire, mais là, ce n'est pas de l'autodéfense. Moi, les images que j'ai vues, ce n'est pas de l'autodéfense. On a un homme dont on peut onir les idées absolument, mais qui est à terre. D'accord ? Il est à terre. Et ce qu'on voit, ce sont des images qui violentent jusqu'à la mort. Un homme à terre. Moi, je suis contre la peine de mort.

Je pense que même quand on veut combattre des idées et qu'on les déteste. Et je ne prends pas Quentin de Rang pour un enfant de cœur. Tant s'en faut. On a maintenant son CV. On sait aussi les images qui ont mis bien du temps à être diffusées, qui ont précédé cet acte, où on voit le groupe fasciste qui vient, qui a des battes de baseball. Donc tout ça se fait aussi dans un climat qu'il faut rappeler. Mais moi, je le dis, la gauche, ça ne peut pas être ça. La gauche, ça n'est pas ça.

12:56
Invité

On ne combat pas le fascisme avec des armes fascistes.

12:59
Présentateur

La gauche peut-elle s'allier avec LFI ? C'est dans moins d'un mois le premier tour des municipales. Par endroit dans certaines villes après ça.

13:05
Clémentine Autain

Oui, moi, je ne vois pas. Je vais vous dire, c'est très simple. Est-ce qu'on veut que Paris bascule dans les mains de Rachida Dati ? Est-ce qu'on veut qu'à Marseille, ce soit carrément l'extrême droite avec Alizio qui prenne la ville ? Est-ce qu'on veut à Toulouse laisser les clés à M. Moudinque ? Parce que s'il n'y a pas d'alliance, évidemment qu'on ne peut pas gagner la ville.

13:24
Invité

Eux, ils pensent que si, qu'ils n'ont pas besoin de faire une alliance d'appareils. Je peux vous dire que là, je donne des grandes villes visibles. C'est plus risqué.

13:31
Clémentine Autain

Mais il y a énormément de villes en France pour lesquelles ça n'est pas raisonnable. Donc je veux dire à la France insoumise... Donc il y a une forme de nécessité électorale qui fait loi.

13:40
Invité

Est-ce qu'on peut condamner de manière raide la France insoumise et ensuite s'allier avec elle ? Ce n'est pas clair comme position.

13:46
Clémentine Autain

Et réciproquement, j'ai envie de vous dire, parce que tout le monde met une pelletée. Là pour le coup, chaque jour qui se passe, je vois à la fois l'aile droite du PS et la direction de la France insoumise mettre une brique, puis encore une autre, puis encore une autre pour reconstituer le mur de gauche irréconciliaire.

14:04
Présentateur

Que perdre son âme, c'est ce que dit Jérôme Gage.

14:06
Clémentine Autain

Eh bien moi, je pense qu'on perd son âme si on n'est pas capable, dans ce moment politique tragique que nous traversons, c'est-à-dire, je le rappelle, avec la menace de l'extrême droite pour prendre le pouvoir en France, perdre son âme, c'est ne pas comprendre que si nous n'avons pas le rassemblement des gauches et des écologistes, alors ça veut dire que nous laissons un boulevard à nos adversaires. Et nos adversaires, on n'est pas partant calme. On est face à des adversaires qui, si le gagner, empêcheraient même le mouvement social, nous militants politiques, de pouvoir simplement faire notre travail d'opposition.

14:39
Invité

Mais c'est le Front Républicain qui empêche le... C'est quoi le Front Républicain aujourd'hui ? Qui est devenu le Front Républicain aujourd'hui ? Il y a un sophisme là, parce que la gauche, elle fait 30%. De toute façon, ce n'est pas avec 30%.

14:47
Présentateur

Avec LFI, tout à fait.

14:49
Invité

Vous allez l'empêcher. Donc il faut trouver des électeurs plus au centre et plus à droite. Et donc faire un Front Républicain. Ce n'est pas du tout la même chose que de faire l'Union de la Gauche. Qu'il y ait l'Union de la Gauche ou pas au premier tour, qu'est-ce que ça change au deuxième tour ? Ce qui compte, c'est qu'au deuxième tour, ça se rend un candidat non RN qui gagne. Et là-dessus, la gauche divisée ou la gauche unie, il vaut mieux qu'elle soit unie en général, d'accord ? Mais c'est secondaire.

15:12
Clémentine Autain

Alors Laurent Joffrin pose, je pense, la vraie bonne question et qui est le débat aujourd'hui important que nous avons à gauche. Non mais je le dis parce que l'autre jour, sur les bancs de l'Assemblée nationale, j'ai passé une heure à discuter avec Jérôme Guedj et Boris Vallaud, puisque je veux que le dialogue continue. C'était un dialogue un peu ferme. Nous avons de vraies divergences. Et à la fin, ça portait en fait sur ça. C'est-à-dire que moi, je pense que pour gagner, il faut au premier tour rassembler son camp. Et son camp, c'est toute la gauche et les écologistes.

Alors, ce n'est pas suffisant pour faire une majorité, mais je pense que c'est sine qua non pour réussir à accéder au second tour et pour pouvoir améliorer les conditions de vie des gens. Et pour ensuite, au second tour, réussir à passer des 30%, en gros, que pèse la gauche, aux 50%, c'est l'évidence qu'il faut être crédible auprès d'un certain nombre de gens qui nous regardent et qui ont des habitudes de vote plus au centre, mais qui sont des démocrates, qui ne veulent pas de l'extrême droite. Eh bien, il faut qu'ils aient la conviction que nous serons les garants de l'ordre républicain, si on peut dire.

16:20
Invité

Oui, mais l'alliance avec les filles au premier tour est un handicap pour le deuxième, à mon avis.

16:25
Clémentine Autain

Je pense qu'il serait important que la France insoumise...

16:27
Invité

Oui, il n'y aura pas d'alliance, parce que Mélenchon, il se présente de toute façon.

16:29
Clémentine Autain

...contribue dans son attitude et dans ses mots à construire ce front.

16:33
Présentateur

Oui, mais Clémentine Otain, vous nous parlez d'unité de la gauche dès le premier tour. On comprend vos convictions en valeur et en tactique, parce que c'est aussi de la bataille politique, les élections. Il y a une primaire de la gauche. Tout à fait. Sans Jean-Luc Mélenchon, donc déjà il n'y a pas d'unité de la gauche, il n'en veut pas. Mais sans Raphaël Glucksmann, qui ne veut pas y participer. Il y a énormément de critiques au sein du Parti Socialiste sur cette primaire. Elle ne m'a pas échappé. Donc, cette unité de la gauche que vous prenez, on n'y est pas du tout ?

17:05
Clémentine Autain

Je veux juste rappeler un élément du débat, qui n'est pas le moindre. Plusieurs enquêtes d'opinion ont été faites sur cette union des gauches et des écologistes. Et on n'est pas très loin de 8 électeurs du nouveau Front populaire sur 10 qui veulent une candidature unique en 2027. Donc j'entends que les appareils, les égaux, les uns et les autres ont décidé qu'ils en seraient autrement. Mais vous ne pouvez pas les forcer. Moi, je me bats pour ce que je crois juste et pour la solution qui me paraît la plus opérante pour faire face à l'extrême droite.

17:34
Présentateur

On a l'impression que cette primaire, elle est mornée. Il va y avoir un vote au sein du Parti Socialiste. Les militants vont devoir trancher. On le sent très divisé. Est-ce que cette primaire, elle aura lieu ?

17:44
Clémentine Autain

Écoutez, vous venez de le dire, les militants socialistes vont voter. Donc on va voir ce qu'ils vont voter. On n'est pas obligés de faire la fin du vote quand même que le débat ait commencé. Et vous verrez qu'après les élections municipales, peut-être qu'on aura un paysage politique qui nous fera réatterrir. Et encore une fois, vous disiez, la France insoumise, c'est la direction de la France insoumise qui ne veut pas venir dans ce cadre qui a été impulsé par Lucie Casté, qui avait invité également la France insoumise. C'est elle qui a décidé de ne pas venir.

Mais les militants insoumis, les sympathisants insoumis, les électeurs insoumis, ils n'ont pas forcément signé pour l'ambiance politique dans laquelle la direction insoumise nous met aujourd'hui. Ils n'ont pas forcément signé pour cette stratégie d'isolement. Donc il y a une gauche, un peuple de gauche, comme on dit, qui pousse pour l'Union. Moi je dis que ce peuple insoumis, il aura sa candidate dans le cadre de la primaire. Croyez bien ça.

18:38
Présentateur

Il nous reste peu de temps, je voudrais qu'on parle un peu de votre programme. Laurent Joffrin sur la primaire. Il y a une candidate en face de vous qui a des propositions.

18:46
Invité

Je suis frappé du fait que les gens qui sont dans la primaire, d'abord ils ne sont pas très nombreux parce qu'il n'y a pas le PC non plus. Mais ça pourrait venir. Comment ?

18:55
Clémentine Autain

Ça pourrait venir. Ils ont leur congrès au mois de juillet.

18:56
Invité

Oui, peut-être. Vous n'êtes pas d'accord en fait, quand on regarde bien. Par exemple, je lis dans le programme écologique la décroissance. Mais les autres, ils ne sont pas pour la décroissance du tout. Les socialistes, ils sont pour la croissance. Et d'ailleurs, le programme du Fonds populaire, du nouveau Fonds populaire, quand on le regarde, il ne tient économiquement que s'il y a de la croissance. Il n'y en a pas, ça ne marche pas. Alors les écolos, ils font la décroissance. C'est antinomique. De la même manière, dans le programme du NFP, il y a marqué « Retraite à 60 ans ». Les socialistes sont déjà à 62, ils sont prêts à négocier même à 63. Et probablement, on ira à 64.

Donc là, il y a des accords complets. Et des accords tactiques également. Si vous regardez le comportement des composantes de cette prochaine primaire, il y en a qui votent la notion de censure. Et les autres ne la votent pas sur un sujet qui n'est pas négligeable. C'est sur le budget. Or, il y aura un deuxième budget en septembre prochain.

19:52
Présentateur

Donc l'unité n'est pas sur les idées.

19:54
Invité

Au sein de la même primaire, il y a des gens qui vont faire une chose et l'autre qui vont faire exactement le contraire. Et je termine.

19:59
Présentateur

Le nucléaire.

20:00
Invité

La gauche, il y a le nucléaire aussi. Il n'y a rien qui veut le sortir du nucléaire, d'autres qui veulent y rester. C'est compliqué. Mais enfin bref, indépendamment des programmes. La gauche a toujours gagné quand il y avait plusieurs candidatures. Elle a toujours gagné. Mais oui, mais c'est parce qu'elle a gagné. C'est parce qu'elle a eu plusieurs candidatures. Et là, c'est pareil. Ce qui compte, c'est d'avoir un bon candidat ou une bonne candidate et qui fasse jouer le vote utile au premier tour.

20:22
Clémentine Autain

Alors attention, question trop longue. Après, il n'y a plus… Il y a beaucoup de choses. Mais je réponds déjà sur le dernier point. La gauche a toujours gagné avec plusieurs candidats. Sauf que le paysage politique n'a jamais été tripolarisé. Si on prend depuis 1945, ce n'est pas le champ politique d'aujourd'hui. Il n'y a pas une menace d'extrême droite comme il y a aujourd'hui. Et il n'y a pas trois pôles. Moi, je ne dis pas des blocs. C'est trois pôles. C'est-à-dire, vous avez l'extrême droite. Vous avez en gros le centre qui est très à droite. Enfin, le bloc central qui n'est ni un bloc ni un centre. Mais enfin, vous voyez, la Macronie et ses alliés. Et la gauche.

Donc, ça fait trois pôles. Donc, si on veut accéder au second tour, je rappelle que la gauche, les deux dernières fois… Ça dépend s'il y a un bon candidat ou pas. Exactement. Il faut une dynamique. Je suis bien d'accord avec vous. Et le nouveau Front populaire, qui s'est créé en quatre jours, donc on a quand même réussi à se mettre d'accord. Mais vous gardez le programme ? Malgré nos désaccords, précisément, malgré nos désaccords, nous avons réussi à mobiliser 9 millions d'électeurs et d'électeurs.

21:12
Présentateur

Est-ce que vous gardez ce programme du nouveau Front populaire dans le cadre de la primaire, de la gauche ?

21:16
Clémentine Autain

Moi, je suis favorable à ce qu'on le garde. D'autres disent qu'on ne peut pas le garder. Et la question que je pose, c'est qu'est-ce qu'on ré-ouvre comme débat ? Donc, dites-nous, je parle en particulier aux socialistes, dites-nous ce qui ne convient pas dans ce projet, ce programme. De toute façon, il faut l'actualiser. C'est normal. Il y a une nouvelle séquence. Il faut le chiffrer sur un quinquennat. C'est tout à fait normal. Et bien sûr que nous avons des divergences. Mais souvenez-vous, les années Jospin. Vous vous rendez compte que les années Jospin, ils ont gouverné ensemble. Et ils n'ont pas fait que des choses horribles, quand même. Vous serez d'accord avec moi.

Il y a eu un certain nombre d'avancées sous Lionel Jospin. Et on a réussi à mettre dans un même gouvernement, laissez-moi juste dire ça, Jean-Pierre Chevènement. Et Dominique Voinet, autant vous dire que ce n'est pas tout à fait la même gommée. Vous pensez qu'on peut faire gouverner ensemble des gens qui sont... On ne s'unit qu'avec des gens qui ne sont pas comme nous. Il n'y a pas... Si on veut l'union avec soi-même,

22:08
Invité

alors ce n'est pas l'union. C'est la branche réformiste qui dominait. C'est ça la grande différence.

22:12
Présentateur

Alors justement, aujourd'hui, c'est moins le cas. On verra comment ça évolue d'ici là.

22:16
Invité

Pour gagner, il faut que la branche réformiste dominie.

22:17
Présentateur

Oui, mais j'entends que vous avez du mal à citer le fait.

22:19
Clémentine Autain

En effet, le curseur aujourd'hui de la gauche s'est déplacé vers la gauche. Alors, s'il vous plaît, il ne nous reste pas du temps. Je pense que je me situe aujourd'hui au cœur de la gauche.

22:29
Présentateur

Qu'est-ce que c'est la vie meilleure, Clémentine Autain ? Juste pour ceux qui nous regardent, qui voudraient voter à cette primaire, si elle a lieu, ça fait beaucoup de ci, mais quand même, qu'est-ce que c'est que ce manifeste pour la vie meilleure ?

22:38
Clémentine Autain

Alors, c'est ma proposition politique, mon projet, ce n'est pas un programme chiffré à ce stade. C'est là où je veux aller. Je souhaite que nous puissions reprendre la main, la main notamment sur le pouvoir des marchés financiers, pour sécuriser nos vies. C'est très important aujourd'hui de sécuriser nos vies. Alors, sécuriser nos vies, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, par exemple, nous devons sortir de la précarité généralisée, nous devons pouvoir avoir confiance de ce qu'il y a dans nos assiettes, nous pouvons aussi se sentir sécurisés dans nos maisons, où il y a énormément de violences intrafamiliales.

Il faut se donner les moyens, et c'est pourquoi je propose une grande réforme fiscale et une nouvelle conduite des politiques publiques. Et pour la mener, il faut que, justement, cette notion d'esprit public, de bien commun, gouverne au sommet de l'État. C'est ça, ma proposition politique.

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Présentateur

Merci. On aura l'occasion d'y revenir. La vie meilleure, candidate à la primaire de la gauche, pour la présidentielle de 2027. Merci beaucoup.