Iran : les ressortissants français toujours piégés ? Éléonore Caroit
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Carois. Bonjour. À l'heure où on se parle, on est lundi à la mi-journée, comment s'organise le rapatriement des Français piégés au Moyen-Orient ?
Alors, vous avez un nombre très important de Français qui se trouvent aujourd'hui sur 15 pays qui sont affectés de près ou de loin et parfois de très près par ce conflit. Nous avons une grande majorité de personnes qui sont de transit ou qui étaient en vacances aux Émirats arabes unis et vous avez aussi des Français qui vivent sur place. Ces Français-là ont été tous invités à se signaler soit sur le registre des français de l'étranger pour ceux qui habitent sur place, soit sur le fil d'Arian.
Et nous avons sur le fil d'Arian en ce moment plus de 42500 personnes signalées. Maintenant, ce qu'il faut comprendre, c'est que toutes ces personnes-là n'ont pas demandé à être rapatrié et que la France donc là, disait le ministre Barreu, 7500 qui demandaient à être rapatrié. On a l'impression d'ailleurs que parce que hier c'était moins, donc ça augmente tous les jours.
Donc est-ce que ça risque d'augmenter ? Et pourquoi d'ailleurs il y a un tel écart en 24 heur ? Ce que je voulais vous dire c'est que ces chiffres sont très évolutifs parce qu'il y a des demandes qui sont faites et entre le moment où la demande est faite et le moment où la personne est contactée, des vols sont affrêtés, mis en place, il se peut aussi que la personne soit rentrée par ses propres moyens.
Mais ce que je peux vous dire, c'est que à l'heure où on se parle, vous avez plus de 1500 personnes qui ont pu être amené directement par l'action de la France et ça ce sont des personnes vulnérables. Nous avons mis en place des qu'est-ce qu'on appelle les personnes vulnérables ? des personnes qui euh se trouvent dans une situation de vulnérabilité objective, c'est-à-dire soit des personnes enceintes, soit des personnes qui ont euh une condition euh maladie, une pathologie, euh un handicap, soit des personnes qui ont des très jeunes enfants, soit des personnes qui ont euh des urgences en général médicales.
Et cette ces personnes-là, nous nous efforçons de les rapatrier, de leur proposer des solutions. Et c'est surtout ce que nous avions fait en tout début de crise lorsque vous aviez des espaces aériens qui étaient complètement fermés. Ce qu'il faut savoir, c'est que depuis jeudi, les espaces aériens, notamment avec les Émirats arabes unis se sont réouverts y compris massivement.
Nous avons, je dis, on avait un seul vol qui venait en France, un seul vol commercial. Aujourd'hui, vous en avez sep donc qui peuvent partir, qui peuvent décoller des des Émirats Arabes Unis. Exactement. pas seulement pas seulement qui peuvent traverser l'espace aérien mais qui peuvent décoller également qui peuvent décoller également.
C'estàd que quand on quand moi j'ai reçu le premier groupe de personnes rapatriées par la France en tout début de semaine, il n'y avait pas cette possibilitél maintenant ça existe. Donc vous avez beaucoup de nos compatriotes qui peuvent prendre ces avions qui d'ailleurs sont des gros avions des à 380 qui peuvent transporter jusqu'à 600 personnes. Donc ça s'accélère mais les personnes vulnérables que nous avons pu rapatrier, nous l'avons fait sur des vols commerciaux et sur des vols militaires et en nous adaptant et puis surtout en venant en aide à ceux qui n'ont pas accès justement à des vols commerciaux.
Éléonor Carois, il y a une question qui monte en ce moment. Combien ça coûte et qui paye ? Alors, c'est un c'est une question qui est très pertinente parce qu'effectivement les compagnies aériennes lorsqu'on parle de vols commerciaux pratiquent des prix commerciaux qui sont augmenté du fait d'une très forte demande mais aussi pour on train de connaître sur le plan euh sur le plan des avions ce qu'on est en train de voir sur le plan du pétrole et sur le plan de l'essence.
Et vous avez raison de dire cela parce que il y a une question de marché, d'offre et de demande mais vous avez aussi des assurances qui coûtent plus cher pour les compagnies aériennes. Vous avez aussi des questions de carburant. Donc l'idée n'est pas de jeter la pierre.
Mais en revanche, que fait le ministère en plus des rapatriements que nous organisons en affraitant des avions, en utilisant des avion militaires ou en bloquant des places sur des vols commerciaux, c'est que nous demandons aux compagnies aériennes de bloquer des places pour permettre à nos ressortissants de les réserver, mais aussi de les réserver à des coûts qui soient accessibles, à des coûts de marché normal et pas à des coûts exorbitants. Donc ça fait partie de l'action du ministère. Une des questions qui qui se pose qui est pas explicité comme ça, mais on sembl bien que c'est ça, c'est pas le contribuable qui paye pour les influenceurs de Dubaï.
C'est ça a été explicité comme ça et puis il y a eu toute une polémique autour des influenceurs. Comme je vous le disais, les personnes qui ont été vraiment directement rapatriées par la France avec ses vols militaires, avec ses vols affraités sont des personnes très vulnérables et donc ces personnes-là, pardon, elles ont quand même eu à contribuer mais le la contribution était largement en de ça du prix d'un billet d'avion surtout sur sur certains vols militaires, on peut le comprendre que il y a il y a des réductions. Oui.
C'est gratuit d'ailleurs he pour les vols militaires. Il y a-t-il Alors, tout dépend de la question des avions. Il y en a pas Oui, c'est ça.
Il y a différents types de d'avions militaires et c'est important de le dire parce que tout le monde des grand coucous comme on est comme avec des militaires avec des harnachements au milieu encore c'est beaucoup plus spartiat. C'est sparciat et en plus vous pouvez pas mettre tout le monde dedans. C'estàd que vous pouvez pas mettre tout tous les publics.
Vous avez besoin d'avoir des cases qui doivent être adaptés. Donc donc c'est c'est pour ça que c'est vraiment au cas par cas et que nous notre priorité c'est de venir en aide aux plus vulnérables et à ceux qui n'ont pas accès aussi à d'autres solutions. Y a-t-il des coopérations internationales en ce moment pour rapatrier les Français ou bien pour que la France rapatrie, on l'a entendu d'ailleurs tout à l'heure de la part de la bouche de Jean-Noel Barreau, des personnes d'autres pays ?
Oui, et puis il faut voir les coopérations au sens large. Lorsque nous négocons avec les autorités émiriennes pour que des compagnies émériennes qui sont sur place avec des A380 ou d'autres avions euh conséquents viennent à Paris en priorité, vous êtes en train de parler de coopération euh et de dialogue diplomatique qui permet des euh vols commerciaux à des vols commerciaux de se mettre en place. Mais vous avez aussi des coopérations avec d'autres pays qui commencent à organiser des rapatriments parce que pour les pays de l'Union européenne, ça s'est fait très progressivement.
Et nous avons ainsi par exemple les Belges qui ont ramené dans un de leur appatriment des ressortissants français et cela se fait ça nous permet d'adapter et encore une fois eux aussi ont en tête de permettre au plus vulnérables de rentrer en Europe. Euh les Français travaillant dans aux Émirats ou à Dubaï sont-ils en sécurité ? Aujourd'hui tout est fait pour qu'il reste en sécurité.
C'est pour ça que nous leur demandons comment comment tout est fait pour tout est fait déjà en en leur demandant de s'inscrire et de se signaler en nous permettant de savoir où ils sont et de savoir qu'ils ne sont pas dans des endroits potentiellement dangereux. Ensuite en leur demandant de suivre des consignes de sécurité qui évoluent. Moi, je n'ai pas envie aujourd'hui de créer un mouvement d'inquiétude, mais lorsque j'étais dans la nuit de samedi à dimanche et que j'ai accueilli les Français qui rentraient des Émirats arabes unis de Dubaï, un petit garçon d'une dizaine d'années me dit "Vous savez, madame la ministre, là-bas, c'est la guerre." Et j'ai j'ai réalisé à ce moment-là en parlant avec ce petit garçon qui avait besoin de me dire d'ailleurs vous savez il y a des bombes qui tombent et cetera, qu'en réalité même si les drones et les missiles sont très très largement interceptés, même si la situation est sous contrôle par les autorités myriennes, même s'il y a une vraie coopération, on est en train de parler d'une zone extrêmement instable de bombardement et et du fait qu'il faut suivre des consignes de sécurité, s'informer et et se maintenir en sécurité.
Est-ce que ces pays-là sont sur la liste des pays à éviter du ministère des affaires étrangères ? C'est intéressant ce que ce que vous dites parce qu'aujourd'hui évidemment que la recommandation c'est à tous les Français de s'abstenir, de se déplacer dans ces pays-là temporairement dans la mesure où nous sommes dans une situation, ça c'est une situation qui est très évolutive mais nous ce que nous sommes en train de faire c'est de ramener des concitoyens qui le souhaitent pour venir en France. Nous n'encourageons pas évidemment des voyages dans la zone en ce moment.
Maintenant, l'idée c'est aussi d'adapter, de moduler notre message. Nous avons des communautés de français qui vivent sur place et qui aujourd'hui bénéficient de la protection notamment de la protection aérienne des pays du golf et nous avons une coopération très étroite avec ces pays du golf pour justement permettre aux population de rester sur place en sécurité. Les Français travaillants au Liban sont en sécurité.
La situation au Liban est extrêmement évolutive et la préoccupation principale de la France, c'est de s'assurer que le Liban ne soit pas emporté par ce conflit, qu'il n'y ait pas une extension généralisée. Or, c'est déjà le cas aujourd'hui. Vous avez Est-ce qu'on est plus en sécurité à Dubaï aujourd'hui qu'à Beout ?
C'est une question qui est intéressante. Je pense qu'objectivement, si on regarde le nombre de frappes, les protections, les boucliers antiaériens, on pourrait vous donner une réponse. Moi, je pense que les personnes qui sont aujourd'hui à Beyrout sont pour la plupart des Français, des Libanais, des franco-lbanais qui connaissent la situation, qui ont une habitude des situations de conflit.
Nous avons déjà effectué de très nombreuses euh de très nombreux rapatriments de Français au Liban. Il y a eu énormément de crise dans cette région du monde malheureusement et donc il y a une plus forte résilience de ces communautés et des réflexes aussi euh qui font qu'ils sont euh peut-être davantage en sécurité malgré des situations qui objectivement pourraient laisser entendre le contraire. Euh est-il question que les moyens militaires qui sont déployés dans la région et en Méditerranée orientale, en particulier le Charles de Gaul, puisse être utilisé à des fins de rapatriment ou à des fins humanitaires ?
L'important d'être présent dans la région, c'est justement d'anticiper tous les scénaris possibles. À ce stade, l'aéroport de Beyouth est encore ouvert et des vols commerciaux sont encore disponibles, notamment des vols directs pour Paris. Comme je vous le disais, la situation est critique et évolue d'heure en heure, extrêmement préoccupante, mais ces communautés sont résilientes.
Beaucoup d'ailleurs de Français, de franco-libanais ont pu rentrer, ont eu ce réflexe d'immédiatement prendre des vols commerciaux. Cette situation évolue et c'est important de pouvoir être prêt à toutes les possibilités. Le président Macron a annoncé un contact avec son homologue iranien ce dimanche soir.
Est-ce que la France marchandrait une position pour pouvoir récupérer Cécile Coler et Jacques Paris qui sont actuellement assignés à l'ambassade de France ? Je pense qu'il faut pas parler de marchandage dans un contexte comme celui que nous sommes en train de vivre. Notre priorité, c'est la sécurité des Français partout.
Et la sécurité de ces deux personnes qui ont été pendant si longtemps dans des prisons iraniennes, dans des conditions épouvantables est aussi une priorité du gouvernement. Euh aujourd'hui, la France est une puissance de stabilité, une puissance de dialogue diplomatique dans un moment où les relations se tende, où le dialogue se fait de plus en plus rare. Avoir la capacité de parler à tous et euh permettre la reprise du commerce et de la navigation parce que ça a un impact potentiel sur nous tous.
Permettre la sécurité de nos compatriotes ou qu'ils soient dans les 15 pays de la région. Permettre aussi une désescalade que nous appelons de nos vœux depuis le début du conflit. Ce sont nos priorités.
Est-ce que par exemple en réunion du Kedor, on vous dit que Washington et est et à la vive euh prennent des oreilles attentive à ces demandes ? Je n'ai pas cette cette information dans la mesure où c'est davantage une question qui se traite au niveau de l'exécutif et puis qui évolue à travers le temps. Ce que je peux vous dire c'est que le président de la République, s'il est vrai qu'il s'est entretenu avec le président iranien, il s'est aussi entretenu avec le président israélien. s'entretient avec Donald Trump et ce dialogue diplomatique auquel on peut prêter une importance peut-être moindre dans un moment de de de guerre et de et de conflit ouverts est fondamental car il faut pas oublier que derrière ces bombardements, il y a des victimes civiles, que derrière ces bombardements, il y a des populations auxquelles nous sommes évidemment très attachés.
C'est la raison pour laquelle la France va livrer 20 tonnes de d'aide d'urgence, d'aide humanitaire et puis aussi du matériel militaire pour permettre aux Libanais de justement de lutter contre ce cancer qui est le Hzbola dans sa branche armée. Il y a-t-il des Français encore en Iran ? Il y a des Français en Iran pour la très grande majorité des binationaux qui euh ne souhaitent pas partir ou ne peuvent pas partir pour des raisons familiales et évidemment que nous sommes aussi très attachés à leur sécurité malgré ce contexte extrêmement dangereux.
Au-delà de cette position de principe, comment on peut être concrètement attaché à la sécurité et garantir la sécurité de ces ressortissants ? Déjà en les connaissant, déjà en sachant de qui on parle, on on parle de 978 Français qui sont euh en tout cas signalés euh dont 24 qui se sont inscrits sur le fil d'Arienne. Et je doute que ce soit des touristes qui sont arrivés dans les derniers mois sont des personnes qui ont voulu nous faire part de leur présence de manière plus appuyée en sachant où ils sont, en leur communiquant des consignes qui évoluent et puis en en leur transmettant des messages lorsque cela est possible également dans un contexte qui est extrêmement complexe en ce moment.
Autre aspect qui est capital, on l'évoquait tout à l'heure au début d'entretien, Éléonor Carois euh puis surtout dans ces régionslà et en particulier aux Émirats. Est-ce que les entreprises françaises qui sont installées dans ces pays du golf mais également en Irak, également en Iran ou en Israël subissent un contre-coup économique et sécuritaire ? Il est beaucoup trop tôt pour le dire.
À ce stade, la situation a évolué très rapidement au cours des 10 derniers jours et tout est fait pour qu'il puisse avoir une désescalade en particulier pour que une activité économique normale puisse reprendre dans ces pays qui ne s'attendaient pas à être pris pour cible par l'Iran et surtout pas de cette manière-là. Donc il y a tout ce travail qui est fait. Nous espérons que ça n'aura pas un impact outre mesure sur les sociétés françaises et les intérêts français de la région.
Vous avez parlé de d'intérêt économique mais nous avons aussi des bases militaires. Nous avons aussi des très nombreux ressentiss bas militaires notamment Abou Dhabi qui a été euh touché par une des frappes hein sans sans aucun sans aucune victime heureusement mais vous voyez c'est c'est un sujet qui est très important pour la France et et donc et donc l'idée est de évidemment permettre cette désescalade qui est nécessaire pour pour la sécurité de nos concitoyens. Merci pour toutes ces précisions.
J'avais une autre question parce que la 44e session de l'Assemblée des Français à l'étranger s'est tenu la semaine dernière. Euh est-ce qu'il y a pas une tentation aujourd'hui de l'expatriation qui serait en fait de plus en plus une fuite de nos talents ? Alors je ne pense pas du tout et là vous parlez avec une ministre qui est elle-même française de l'étranger qui est très très profondément attachée à son pays, la France.
Donc je pense que le fait de s'expatrier, ce n'est pas une façon de renoncer à son identité ou de fuir son pays. Bien au contraire, c'est une façon de l'enrichir aussi avec des expériences différentes, avec une perspective différente sur son pays. On a 3,5 millions de Français qui vivent à travers le monde qui ont fait ce choix.
Ils le font temporairement, ils le font pour toujours, ils le font parce qu'ils sont binationaux, trinationaux et c'est une richesse de notre pays. Est-ce que il y a pas une tentation aujourd'hui justement d'aller tenter la chance ailleurs ? en se disant que c'est de plus en plus difficile de le faire en France.
Ça a toujours été le cas. Vous savez, les Français ont toujours été, contrairement à l'image qu'on peut parfois en avoir, aventurier. Vous allez au bout du monde, vous allez en Patagonie, vous allez trouver quand même.
Oui. Non, ça ça c'est c'est une vraie présence. C'est une présence qui est identifiable.
C'est en Patagonie, vous allez trouver une boulangerie française. Et bien ça euh ça montre aussi qu'on est qu'on a cette ouverture d'esprit, qu'on a cette envie de voir le monde et puis qu'on est finalement entrepreneur partout dans le monde. H pas de risque que la France devienne un pays d'immigration des talents.
Merci beaucoup Éléonor Carois. Euh bah on espère vous croire à côté de Merci beaucoup et merci pour toutes les précisions que vous avez bien voulu nous donner nous donner et de répondre avec franchise avec les questions que l'on vous No.
Éléonore Caroit