L’océan, une richesse abyssale / L'IA va-t-elle détrôner les génies des maths ? | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:17OuverteRéponse directe
Pourquoi parler de 'planète noire' plutôt que 'planète bleue' ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Quels sont les enjeux géostratégiques des océans ?
- 3:38OuverteRéponse directe
L'humanité va-t-elle piller les océans comme elle a pillé la terre ?
- 15:13OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez pleuré comme Hugo Duminil-Copin face à ces résultats ?
- 15:56RelanceRéponse directe
Les mathématiques consistent-elles seulement à apporter des réponses ?
- 16:33OuverteRéponse directe
Les mathématiciens vont-ils être remplacés par l'IA ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:03Guillaume PitronFait
« Chaque jour, chaque heure, on consomme en fait la mer sans forcément le savoir. »
- 6:26Guillaume PitronFait
« Les méduses bioluminescentes sont en train de révolutionner la façon dont la médecine observe le corps humain. »
- 7:45Guillaume PitronFait
« On va verdir nos modes de consommation mais en fait on est en train aussi d'azurer, de bluir si je puis dire, nos modes de consommation. »
- 22:43David LarousserieChiffre
« Sur les 719 articles, trois ont déjà été retirés. »
- 39:08Chiffre
« Jusqu'à 45 % des commentaires sur internet peuvent provenir de personnes n'ayant jamais utilisé le service concerné. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Bonsoir à tous et bienvenue dans 28 minutes. Bonsoir les amis. Quel plaisir de vous retrouver. L'actualité, c'est un tremblement de terre sur la planète des mathématiques. L'entreprise américaine Openia a annoncé avoir résolu des centaines d'équations jusque là insoluble grâce à l'intelligence artificielle. Des mathématiciens redoutent que cette révolution pay leur domaine de recherche et les prive de boulot. On a vu ici des outils intelligence artificielle qui ces derniers mois sont devenus si efficaces en mathématiques qu'ils en arrivent à résoudre en rien de temps des problèmes pour lesquels l'échéance, l'échelle était en décennies. On se retrouve avec des outils qui sont si efficaces qu'il y a un risque d'assèchement des problèmes.
Alors, l'intelligence artificielle menace-telle la recherche mathématique ou s'agit-il, au contraire d'un formidable outil démocratique pour mettre les énigmes les plus complexes à la portée de tous ? On en débattra avant de vous retrouver en fin d'émission. Théophile Cossa et Xavier Mau sans Ia en vrai. Oui. Et avec une cyberattaque Renault contre des centaines de supermarchés contre les installations frigorifiques qui a fait qu'il y a une quantité considérable de denré qui ont été perdues. Bah oui, ça devait être froid et ça a fait chaud. Renault, je vous propose une histoire où je vous préviens tout de suite, il va faire un peu frisquet. Une information qui fait froid dans le dos. Vous avez raison. Et vous Théophile. L'histoire d'un propriétaire d'un
château en Bourgogne qui guéroit depuis 8 ans contre Google. au centre du litige des avis Google bidon qui disent grosso modo que son château est nul. Il attaque Google en justice le géoaméricain. Bref, c'est le David Bourguignon contre le Goliath américain. Je vous raconte en fin d'émission et vous verrez mon avis sur votre chronique tout à l'heure les amis. Mais pour commencer, nous allons plonger dans l'océan à la recherche des trésors de cette caverne d'Alibaba sous-marine qui suscite bien des convoitises. Les pays s'y livrent une compétition féroce aux lourds enjeux géopolitiques et économiques. Un nouveau partage du monde que le journaliste Guillaume Pitron nous dévoile dans un instant.
Bonsoir Guillaume Pitron. Bonsoir René, je vous présente Valérie Brochard et Anan Dia. Bonsoir Guillaume Pitron, vous êtes donc journaliste, chercheur associé à l'IRIS et vous publiez océan le nouveau partage du monde aux éditions Les liens qui libèrent et cet océan vous inspire une enquête fouillée approfondie. On parle d'ordinaire de la planète bleue. C'est une image qu'on a tous en tête et vous dites dès le début de votre enquête qu'en fait on devrait parler de la planète noire. Pour quelle raison la planète noire ? parce que passer 150 m de profondeur, on ne voit quasiment plus rien. La lumière ne parvient pas plus loin que cette que cette profondeur là et à forceurie jusqu'aux abis. Et donc en fait, on ne voit rien de ce qui se passe au fond des mers. On ne
soupçonne rien de des grands enjeux géostratégiques qui signent. Donc autant les nouveaux mondes colonisables, cyberpace, espace sont évidemment très médiatisés mais autant le fond des mer on ne le voit pas donc on en parle pas beaucoup. Et c'est tout ce que vous montrez d'ailleurs avec votre enquête, c'est qu'on a eu tendance jusqu'à présent à rester à la surface des océans. Avec vous, on va plonger tout au fond et si on peut tenter cette exploration avec vous, c'est parce que vous avez le profil idéal. Il est signé Ga Legram. Guillaume Pitron, vous êtes journaliste et chercheur, spécialiste des matières premières critiques, soit celles pour lesquelles il existe un risque de rupture d'approvisionnement. Aujourd'hui, vous vous intéressez à l'exploitation des ressources
océaniques. Alors, après avoir pillé la terre, l'humanité va-t-elle également siphoner les océans ? Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal. Reporter, documentariste, vous parcourez le monde depuis une vingtaine d'années. La face cachée des énergies vertes pour Rareté, la salle guerre des terres rares pour France 5 ou encore le côté obscur de la barre chocolatée pour Canal Plus en 2013 où vous constatez que la culture d'huile de palme a détruit un/ers de la forêt indonésienne en 20 ans. En 2018, après 6 ans d'enquête, vous publiez la guerre des métaux rares. Le cobalt, le germanium, le galium, le tanksten ou encore le graphite nécessaire pour produire des voitures électriques constitue des éléments indispensables à la transition écologique. Et pourtant,
leur exploitation occasionne des conséquences environnementales catastrophiques. Il faut séparer ce miner de la roche et il faut utiliser tout un tas de produits chimiques pour parvenir à ce processus de raffinage. Vous avez besoin de beaucoup d'eau. Moi ce que j'ai vu c'est que les eaux ne sont pas retraitées et elles sont rejetées directement dans l'environnement. En 2021, vous poursuivez vos investigations avec l'enfer numérique. Livre dans lequel vous évoquez les 183 kg de matière première utilisé pour un seul smartphone ou encore les 3 millions de data centers climatisés dans le monde. On ne sait pas où sont les infrastructures de Facebook faites notamment de câbles et de centres de stockage de données et l'industrie tend à s'invisibiliser pour finalement se
rendre inattaquable quand il est question de la pollution qu'elle génère. Dans Oéan, le nouveau partage du monde, vous revenez sur les enjeux géopolitiques de l'extraction des ressources océaniques, mais aussi sur le sacage qui ne fait que commencer. Et vous concluez, la débauche technologique a permis d'étendre au mer, source de richesse encore relativement intacte, le rapport de domination démiurgique que nous entretenons depuis plus de 3 siècles avec les terres émergées. Guillaume Pitron, vous dites que dans notre rapport d'ailleurs à la planète, il y a un invariant historique, c'est la quête de matière première et on voit, on apprend dans votre livre à quel point sans le savoir nos modes de consommation les plus quotidiens d'ailleurs dépendent de quantités de matières premières qui
sont issues des océans, issus du grand large comme vous dites, y compris pour se nourrir pour se nourrir mais également pour se loger, pour se désaltérer l'eau dessée, pour se loger, le le le sable qui est notamment extrait des fonds marins pour se déplacer placer les énergies marines renouvelables pour se soigner les ressources génétiques marines. J'adore les ressources naturelles. Je trouve ça fascinant de regarder les grands récits technologiques au prisme des ressources naturelles stupéfiantes pour se nourrir par exle y compris pour la charcuterie. Il y a des il y a des éléments de matière première marine pour qui sont indispensables pour composer des yaourts ou de la charcuterie. En fait certaines algues sont des conservateurs qui permettent de conserver donc les aliments que l'on
trouve dans tous les jours en fait au supermarché. Donc chaque jour, chaque heure, on consomme en fait la mer sans forcément le savoir. Et on a besoin aussi de consommer la mer comme vous dites pour se soigner. Il y a aussi des molécules qui ont une portée médicale, une visée médicale. Oui. Alors, par exemple, les méduses bioluminescentes sont en train de révolutionner la façon dont la médecine observe le corps humain. Mais les ressources génétiques marines, une algue également, une méduse, j'en ai parlé, mais un oursin également transmué en médicaments, c'est très compliqué mais on sait le faire aujourd'hui permet de traiter des cancers par exemple. Donc en fait le futur de l'humanité pour toutes ces usages qu'on a évoqué se trouve dans la mer et on s'y intéresse de plus en
plus. Alors vous écrivez dans votre ouvrage, nous faisons progressivement nôtre le mode de vie du capitaine euh Nemo, ce héros de Jul Verne qui vivait dans son util en profitant euh des ressources de l'océan. Est-ce qu'aujourd'hui concrètement on pourrait vivre en parfaite autonomie grâce à l'océan ? Non, il faut on pourrait pas vivre en parfaite autonomie face à l'océan. Grâce à l'océan. En revanche, ce que l'on voit, c'est que dans nos modes de consommation, il y a de plus en plus une hybrid une hybridation pardon termaire. C'est-à-dire que dans nos modes de consommation, nous consommons des ressources terrestres mais de plus en plus on consomme des ressources issues de la mer. Protéines, méta minerais, je l'ai évoqué, mais également énergie issue du large et et des médicaments
également. Donc en fait souvent, on parle, vous savez, de ce mix énergétique. On va verdir nos modes de consommation mais en fait on est en train aussi d'azurer, de bluir si je puis dire, nos modes de consommation. un un un cochon élevé en batterie mais qui a été nourri euh aux farines de poisson. Est-ce que ce n'est pas déjà une ressource de la mer ? Hm hm. Et cette cet océan et toutes ces ressources qui sont dans l'océan alimentent aussi évidemment euh des des rivalités géopolitiques. Il y a une toute une dimension géopolitique dans cette quête justement de matière première dans l'océan. Mais vous dites par exemple que euh la France avec ces territoires ultramarins est la deuxème puissance maritime du monde parmi ces ces empires bleus, nous avons un immense
empire bleu et nous n'en avons pas du tout conscience. On se vit uniquement comme un un pays continental européen. En fait, c'est vraiment un nouveau partage du monde dont il est question. On est en train de se partager les mères depuis une cinquantaine d'années. Ce partage est toujours en cours actuellement. On se continue de se partager des frontières en mer sous la forme de frontière de zones économiques exclusives de plateaux continentaux étendus. comme on sait partager, on conduit de se partager les terres, l'enjeu, c'est les ressources. Et c'est là que l'on voit dans cette dans ce partage du monde, des mondes liquides, des États plutôt gagnants, des États perdants et à la faveur de la création des zones économiques exclusives. En 1982, la France va hériter en fait du
2uxè territoire marin euh frait notamment de ces confétis d'empire, de ces poussières d'empire pas forcément rendu lors des colonisations, des processus de décolonisation et qui en fait octroi permettent à la France de s'octroyer en fait de gigantesques territoires marins. La France est un peu un empire bleu deè les États-Unis mais devant l'Australie, la Russie, la Nouvellezélande et devant tout le reste du monde. Alors Anna, la phune occanique qu'on vient d'évoquer en partie, elle peut aussi jouer un rôle assez inattendu, le rôle d'agent secret. Ben oui, des James Bond version poisson ou tortue équipé de capteur dernier cri sillonnerait les eaux territoriales de la Chine. Si l'on en croit une publication du ministère de la sécurité chinois, Pékin soupçonne en
fait ses animaux de cartographier les fonds marins et d'envoyer ensuite par satellite tout un tas de données à l'étranger comme par exemple la température de l'eau, la salinité ou bien les courants oclaniques qui pourraient montrer d'éventuelles vulnérabilités des côtes chinoises. Et surtout, la Chine s'inquiète qu'au prétexte de la protection de la faune marine, les capteurs qui permettent de suivre l'itinéraire d'une tortue comme celle-ci par exemple soit en réalité détourner de leur usage à des fins d'espionnage. Alors, est-ce que ça paraît plausible quand même que des poissons ou des tortues soient de vrais espions ? La mer ni l'espion et vousz bien, j'ai enquêté dessus. J'ai enquêté dessus et c'était fascinant de découvrir que en fait les animaux bioluminescents notamment et bien
émettent et bien une lumière qui peut-être capté par les armées adverses pour pouvoir potentiellement repérer le déplacement d'un sous-marin. C'est ce qui était beaucoup cru notamment pendant la guerre froide et les soviétiques d'un côté et les Américains de l'autre se sont lancés dans une cartographie mondiale et bien des phénomènes de bioluminescence. Je mets ça en annexe du livre pour essayer de repérer le sous-marin ennemi. Et ceci est progressivement étendu à d'autres sources. Un mérou, un mérou Goliath comme on dit au large de la Floride a fait l'objet de toutes les attentions de la DARPA, l'agence américaine euh en charge euh de la du ministère de la défense en charge des de la recherche parce que ce mérou en fait émet un certain son contact de de de d'engins
euh fabriqués par l'homme. Et donc si on est capable d'écouter le mérou qui écoute ces engins, alors les armées peuvent savoir qui se promènent dans les eaux territoriales. Euh en terme de gestion des ressources et notamment des ressources maritimes, vous parlez de l'initiative 100 % fiche. Vous pouvez nous en dire deux mots ? En fait euh tout est bon dans le poisson, mais en fait il y a pas que de la protéine dans le poisson. les Islandais. Donc je me suis rendu en Islande, j'ai pêché la morue au large de l'Islande, j'ai le mal de mer, c'était impouventable. et j'en suis revenu avec donc on est revenu avec du cabillot, la fameuse morue. Et ce cabillot en fait génère de la valeur au-delà de sa viande puisque'en fait sa peau peut faire du cuir mais également des compl enfin le
le poisson peut faire aussi des compléments alimentaires. qu'en fait les Islandais ils ont été capables en fait de valoriser au maximum la valeur poisson de façon à pouvoir déplacer la création de valeur vers en fait les parties non utilisées du poisson et tirer le meilleur avantage des ressources de la mer jusqu'à 100 % de la morue he jusqu'à 100 % de la morue. Parce que la question c'est pas seulement d'avoir le territoire marin, le méritoire. La question c'est d'avoir la technologie et le savoir-faire pour pouvoir valoriser ces ressources. Et là tout le monde ne part pas égal. Évidemment, vous évoquez, vous explorez la valorisation de ces ressources pour la vie quotidienne, pour les les médicaments, pour la nourriture et cetera et la dimension géopolitique
aussi de ce nouveau partage du monde. Il y a aussi une vraie industrialisation des mers. Aujourd'hui, on peut parler d'une industrialisation des mers avec aussi les questions que ça peut poser sur la finitude évidemment sur la limite sur les limites de ces ressources. C'est vraiment le mot en fait, c'est le mot nouveau industrialisation. C'est des mots qui sont apparus dans des rapports ces dernières années, des rapports passés totalement inaperçus. On parle vraiment d'une accélération bleue, c'est-à-dire d'un volume colossalement beaucoup plus important aujourd'hui qui était hier d'exploitation de ressources quelle qu'elle soit. La révolution technologique actuelle, drone sous-marin, facilement drone sous-marins autonomes exploités par les Norvégiens mais satellites, biotechnologies
permettent l'accès à ces ressources. Évidemment, tout d'un coup, la question qui se pose, c'est jusqu'où peut-on aller sans que l'océan source de solution ne devienne une source de problème si jamais on le surexploite ? Tout ça, on le comprend à la lecture de votre enquête Guillaume Pitron, le océan, le nouveau partage des mondes aux éditions Les liens qui libèrent. Merci à vous d'être passé ce soir par le plateau de 28 minutes. Merci à vous. On passe maintenant à notre débat sur une révolution dans le monde des mathématiques, celle de l'intelligence artificielle qui parvient désormais à résoudre des énigmes sur lesquelles les mathématiciens les plus brillants se casseraient les dents depuis des siècles. Ce basculement annoncé par l'entreprise américaine Openia est-il
une menace qui pourrait annoncer la disparition de la recherche mathématique ou au contraire un progrès qui met enfin les équations à la portée de tout le monde ? On en débat juste après la mise au point de S le Calvez.
Les problèmes eux, ils adorent ça. Mais avec le développement de l'intelligence artificielle, les mathématiciens traversent une crise existentielle. Plusieurs centaines d'énigmes mathématiques complexes viennent d'être résolu par Openai, le créateur de chat GPT. Hugo Duminil Copain, récompensé en 2022 de la prestigieuse médaille Fields, le prix Nobel des maths, a découvert la semaine dernière que Lia avait travaillé sur ses propres recherches. Par visconférence, il confie en avoir pleuré. On est face à un jour nouveau. Je vais juste vous montrer l'ampleur des dégâts dans mon cas. Tous ces problèmes là sont des problèmes que j'ai mentionné dans mes exposés, dans mes demandes de financement et ils ont tous été résolus.
Il a pas un qui n'a pas été résolu. En septembre déjà, Open avait secoué le monde feutré des mathématiques en annonçant avoir résolu l'équation dite de Navier Stocks vieille de deux siècles en 4 jours seulement. Moqué il y a encore 3 ans pour ses piètres résultats, Lia a désormais la bosse des maths. Il y a trois été, nous étions plutôt bons en math niveau école primaire, mais pas tant que ça. On était dans la moyenne. Et cet été, nous avons résolu l'un des problèmes du prix du millénaire. Cette progression est folle et c'est ça, je pense qui inquiète les gens. 25 médaillé fields parmi lesquels Cédric Vilani alerte effectivement dans une
tribune sur l'effet destructeur de l'IA dans la recherche mathématique. Attention, on prend le temps de réfléchir à ce qui est important dans notre métier à éviter le spectre d'une génération perdue de jeunes mathématiciens et d'un assèchement culturel qui serait dommageable à l'humanité entière. Alors Lia va-t-elle remplacer les génies des mathématiques ou l'intelligence artificielle ? peut-elle faciliter l'enseignement de fastidieux théorem ? Alors, nous allons essayer de répondre à ces questions tous ensemble. Merci à tous les trois de nous avoir rejoint sur ce plateau. À mes côtés, Isabelle Galager, bonsoir. Bienvenue à vous. Mathématicienne, présidente de la société mathématique de France, enseignante chercheuse à l'université Paris Cité. Selon vous, il y a de quoi
être déprimé par les annonces de PAN IA car les mathématiques, ça ne consiste pas simplement à apporter des réponses à des questions. Ce qui compte, c'est d'avancer, de réfléchir, d'explorer et c'est d'ailleurs ce que font les mathématiciens. À vos côtés, François Charles. Bonsoir, bienvenue. Bonsoir. Directeur du département de mathématiques de l'SPSL. Vous êtes membre du groupe consultatif en mathématiques et intelligence artificielle chargé en quelque sorte d'aiguiller les laboratoires d'IA sur la vérification des résultats mathématiques. Et selon vous, les mathématiciens ne vont pas être remplacés par l'intelligence artificielle. Ça leur ouvre simplement de nouveaux horizons, de nouvelles pratiques et ça va appeler à faire preuve de créativité, même si c'est vous
le dites, une révolution pour votre discipline. Et à vos côtés, David Larouserie. Bonsoir. Bonsoir. Bienvenue journaliste au monde, au service sciences. Et pour vous, ça fait déjà longtemps que les mathématiques sont concernées, hein, par les effets de l'intelligence artificielle. D'ailleurs, ce sont les mathématiciens qui ont développé l'intelligence artificielle. Ils ont à la fois construit les outils qui allaient les aider mais aussi désormais les perturber. Tout de suite pour ouvrir le débat, Valérie, vous avez un chiffre du jour. Oui, ce chiffre retour c'est 719 ou le nombre d'articles de problèmes rentrés dans la machine d'open AI que tout le monde connaît mieux sous le nom de chat GPT. Alors des énigmes sur les nombres premiers de la géométrie, des
probabilités soumises à une intelligence artificielle toute résolu par la machine. Quand vous avez vu ces résultats Isabelle Galager, est-ce que vous aussi vous avez versé une larme pleurée comme Hugo Dumini le copain qu'on a vu juste avant dans le reportage ? Alors, j'avoue non pas cette fois, j'avais pleuré un mois avant avant quand l'équation de la vie stock avait été résolu peut-être. En tout cas, tout ça, ce sont des annonces encore vérifié bien entendu. Donc là, ma larme est tombée à ce moment-là parce que c'est un sujet que qui mettait cher l'équation de la viox. Donc là, quand cette série d'articles est tombé, on s'y attendait hein, c'était c'était voilà donc il y en a beaucoup énormément. C'est un petit peu voilà, on est un peu à bassourdi sur le
nombre d'articles mais voilà, ma larme est tombée avant. Et vous François Charles plutôt abassourdi ou au contraire émerveillé face à ces résultats ? Je pense que c'est des sentiments un peu mêlés. Déjà comme dit Isabelle, c'est des choses qu'on comprend pas encore. Ça fait une semaine juste que ces annonces sont sorties. Il y a un nombre de pages pharamineux. Il faut comprendre, il faut c'est des choses qui sont parfois très très dures à lire. Après euh dedans comme dit Isabelle, bon, il y a des problèmes qui me tiennent beaucoup à cœur que je trouve tout à fait fascinant et à à ce titre, je suis très curieux de de comprendre euh ce qui se passe et effectivement ça interroge sur je suppose qu'on parlera beaucoup de des interrogations que ça suscite évidemment. Euh
David Larousserie, on on on comprend en écoutant vos voisins. On pleure, on s'émerveille, on s'inquiète. Est-ce que c'est simplement parce que les mathématiciens finalement sont de grands émotifs un peu fragiles ou est-ce que c'est parce que comme le dit Cédric Vilani lui-même Médaille Fields, ce changement ce serait d'après lui le changement le plus radical en math depuis au moins 4 siècles et peut-être même depuis 1000 ans. Oui, quand même le il est assez clair que depuis 1 an euh beaucoup de barrières ont été franchies et euh là on atteint des seuils effectivement jamais vu et on comprend assez vite que toute la chaîne du métier va être impactée. En fait, c'est trop tôt pour savoir si vraiment ça n'a pas eu lieu depuis 400 ans, mais on voit effectivement mal comment les maths de
demain seront comme celle d'aujourd'hui. Donc oui, c'est quand même un changement majeur. Isabelle Galager, vous les avez regardé euh ces résultats euh vous les avez scrutés. Est-ce que vous y avez vu euh des erreurs ou tout est juste ? C'est beaucoup beaucoup trop tôt pour répondre à cette question hein. Euh les articles sont très longs. Un article de mathématiques, c'est souvent difficile à lire quand c'est pas soi-même qui l'a écrit. En général, que ce soit des humains, quel que soit l'humain qui écrit un article de math, relire les math de quelqu'un d'autre, ça prend du temps toujours. D'accord. Et là, en l'occurrence, ce ne sont pas des humains qui l'ont écrit et ça rend la chose beaucoup plus difficile encore. Euh la terminologie inhabituelle, voilà, il y a beaucoup de
choses où il faut il faut qu'on s'habitue. Mais au premier coup d'œil, ce que vous avez fait, vous vous en avez pensé quoi ? Premier coup d'œil, disons que les c'est plausible. Les résultats de toute façon, souvent un résultat de mathématique. En tout cas, dans mon domaine he c'est pas toujours le cas, mais dans mon domaine, c'est ce qui est étonnant, c'est pas le résultat. On sait à peu près où est-ce qu'on veut aller. On a des des des théorèmes qui qu'on a envie de démontrer et ce qui est plutôt étonnant, c'est comment on y arrive. Enfin voilà la démonstration qui souvent prend des chemins très très détournés et des fois on démontre autre chose qu'on attendait mais voilà donc le théorème dès qu'il est écrit c'est tout à fait ce qu'on attend euh après la démonstration pour
l'instant j'avoue je m'y retrouve pas du tout mais j'ai pas passé suffisamment de temps. François Charles, est-ce qu'il y a aussi dans les réactions suscitées par exant on évoquait les propos de Cédric Villani, est-ce qu'il y a une forme de blessure narcissique aussi qui serait compréhensible d'ailleurs mais c'estàd en quelque sorte que des grands mathématiciens des médailles files soient en quelque sorte vexés un peu d'être concurrencé si ce n'est dépassé désormais par l'amen des réactions très très intimes à la recherche scientifique. C'est des choses sur lesquelles on investit beaucoup de nous-même. On on passe beaucoup de temps et donc c'est tout à fait normal et je me retrouve complètement dans dans les réactions qu'on qu'on a pu entendre. Après euh les mathématiques, c'est quand
même un champ qui est toujours en mouvement. Les mathématiques qu'on fait maintenant euh c'est peut-être la la continuité des mathématiques d'après la 2e guerre mondiale, mais les mathématiques même il y a un siècle étaient très très différents, structuraient différemment, on faisait des matthes différemment, on faisait pas euh même la la formulation très euh par axiome, par démonstration très rigoureuse, c'est quelque chose qui est aussi historique qui date finalement il y a pas si longtemps. Donc il y a des évolutions, c'est normal que les évolutions soient très difficiles pour nous émotionnellement à gérer, c'est normal aussi. Alors, l'intelligence artificielle est et particulièrement à travers le le prisme des mathématiques très précisément, cette intelligence
artificielle, elle le toqueur he d'une bataille mondiale entre les géants euh de la tech. Et pour Arthur Mench qu'on va suivre, l'Europe risque de dépendre des géants américains jusque dans ses laboratoires. C'est l'avertissement euh qu'il a lancé le 8 octobre et qu'on va entendre tout de suite le cfondateur et directeur général de Mistral AI. Une fois que vous avez débloqué les capacités agentiques et capacités autonomes, vous pouvez mettre les modèles sur les mathématiques et puis ça commence à à vous les résoudre de manière assez assez efficace. Et ce qu'on voit avec des sociétés comme Open et c'est qui choisissent de garder leur modèle en interne et de faire leur recherche en mathématique de manière complètement opaque et sans tellement passer par la
communauté. Donc en fait si on veut une recherche fondamentale en Europe, il faut absolument produire l'intelligence artificielle. David Lausserie, c'est quoi l'intérêt pour une entreprise d'intelligence artificielle de résoudre des problèmes mathématiques ? c'est de montrer qu'ils ont cette superpuissance là. Euh oui, le je pense que quand même la le l' premier intérêt, c'est un intérêt quand même assez publicitaire, c'est montrer ses capacités et la manière dont ils ont présenté les résultats de mathématiques montre que c'est pas vraiment le progrès des maths qui est qui est concerné. Ça ça ça a été voilà, ça a été dit, c'est mal les articles sont mal écrits. Donc il y a des erreurs sur les 719, il y en a déjà trois qui ont été retirés. Si c'est pas du prem, c'est quoi qui les
motive ? Qu'est-ce qui les motive ? Qu'est-ce qui les concerne ? le de démontrer que ils ont des programmes qui sont très performants et donc sur le une dimension commerciale, vous dites qui qui domine. Bah oui, pour justifier le fait que lorsqu puissants et bien par exemple le jeu de go montrait que voilà, on peut battre on peut battre l'humain et ils se sont remparés quand même des maths comme un un terrain de de jeu puisque depuis plusieurs mois, ils avaient ces étalons qui montraient qui qui progressaient. Ça a commencé par les médailles d'or par exemple au des olympiades. Donc pour les niveaux lycéens, enfin moins de 20 ans en tout cas puis des des petits problèmes puis des problèmes plus difficiles. Et là des des centaines d'un
seul coup la la et puis s'il y a un comité d'éthique a été créé, c'est bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas dans la diffusion des maths. Or ils auraient très bien pu discuter de de ça et si c'était faire progresser les mathématiques, ils auraient sans enfin fait les choses différemment. Euh François Charles, du coup, qui va vérifier ces résultats ? On on le disait hein, sur les 719 articles, trois ont déjà été retirés. Je crois qu'il y en a 14 qui sont voilà soumis à à correction. Euh c'est quoi ? C'est l'humain qui va vérifier le travail de la machine. Moi moi je pense que de toute façon les mathématiques elles sont infinées faites par des humains. Donc là on a un matériau très long qui est mis qui est comme ça qui est mis en ligne sur un site internet quelque part. Moi, de
toute façon, les mathématiques, elles existent pas tant que la communauté des scientifiques s'en parle pas. Et quelque part, là, c'est du matériaux brut, il y a il y a peut-être des parties qui nous qui nous intéressent, des parties qui nous intéressent pas, des choses intéressantes à extraire ou pas. Et ça c'est vraiment la communauté des mathématiciennes, des mathématiciennes de de décider de faire ce travail et sous quelle forme ? Ça c'est quelque chose très important. Isabelle Galag, on entendait tout à l'heure dans le le sujet diffusé Hugo du mil copain euh dire "Ils ont annilé mon domaine de recherche en versant une larme". Donc justement sur les conséquences de cette révolution de l'IA. Est-ce que ça veut dire qu'avec l'A c'est la fin de la recherche fondamentale en mathématiques
? Non, non, je crois pas du tout pour euh Dites ça pour vous rassurer. Mais non, mais non, j'y crois très fort. Euh non, je ne crois pas pour plusieurs raisons. Euh il y a une des raisons effectivement comme l'a dit David la rousserie, c'est que Opena, il a fait cette ce c espèce de voilà de d'attaque à beaucoup de problèmes. Je pense pas qu'ils vont passer leur leur temps euh à s'occuper des mathématiques. Ça, je pense qu'ils ont ils ont prouvé leur point s'occuper des journalistes, tout ça aussi. Voilà, ça vous rassure. J'espère pas pour vous, mais enfin je vraiment autant qu'il ailleurs maintenant. Ils ont montré ce qu'il savaient faire. Donc pour moi, c'est c'est un c'est un problème réel évidemment, il va falloir y réfléchir, savoir comment traiter ce
problème, mais ce qui reste, c'est l'usage aussi de l'intelligence artificielle générative pour notre propre recherche. Et ça donc je pense pas que notre recherche soit du tout terminée. Ça c'est sûr que non. Quand quand Hugo dit que son domaine est anilé, ça veut dire qu'effectivement c'est les résultats qu'il cherchaient maintenant il y a des réponses mais il reste plein de choses à faire et bien sûr. Sû et rassurez-vous d'ailleurs puisque les mathématiques continuent d'attirer en l'occurrence l'école polytechnique a décidé d'investir massivement dans les mathématiques oui avec l'aide d'un messe de choix le patron de LVMH Bernard Arnaud va injecter 50 millions d'euros dans un nouvel institut de mathématique et de sciences fondamentales qui portera son
nom au sein de l'école polytechnique. Ce nouveau centre, il doit voir le jour en 2030 sur le campus de Palaiso en région parisienne et accueillir 400 chercheurs. L'enjeu est triple. Non seulement c'est de devenir un centre d'excellence à rayonnement international en recherche mathématique puisque c'est la spécialité de Polytechnique qui dialogue avec d'autres disciplines, l'informatique, la biologie et la physique. Et puis c'est aussi un lieu qui doit permettre de transformer le raisonnement mathématique en application concrète. Bernard Arnaud en est convaincu, les mathématiques et les sciences fondamentales peuvent façonner le monde en inventant demain ce que personne n'imagine aujourd'hui. Et puis dernier point, il est question avec cet institut de faire émerger de
nouveaux talents scientifiques et de les fidéllys en France. En somme, renforcer la souveraineté scientifique de la France et éviter la fuite des cerveaux. En attendant la construction de ce centre, un programme de résidence de mathématiques doit rassembler prochainement des chercheurs de très haut niveau sur le campus. Alors François Charles, à quoi ça sert, dites-nous, de mettre de l'argent encore dans la recherche mathématique quand on sait que l'IA peut déjà tout faire ? Non, mais ça c'est absolument alors ça je m'inscris en faux sur cette déclaration, sur le fait que l'IA peut déjà tout faire. Même quand on voit les déc même dans ce qu'a dit Hugo tout le monde retient les phrases un peu choc comme ça mais la deuxième chose qu'il dit dans ses entretiens c'est qu'en fait
il a du travail à faire il va comprendre il va aller plus loin donc vraiment toutes les questions auxquelles on pense avoir des réponses en fait c'est c'est c'est c'est très petit par rapport à l'horizon des mathématiques. En fait, il faut penser, on a une révolution scientifique, on a des des progrès alors sous des formes très compliquées parce que toutes les questions de souveraineté, toutes les questions de concentration du pouvoir sont très importantes pour nous. Mais de tout mais il y a des progrès sous une sous quelque forme que ce soit en mathématiques, ça donne du travail en fait, faut penser ça, faut on a beaucoup de choses à comprendre en fait. On a des portes qui s'ouvrent comme comme c'était mentionné en début d'émission, ces outils de toute façon d'intelligence
artificielle, c'est fait avec des mathématiques, avec de l'informatique théorique. Tout ce qu'on veut comprendre dans cette révolution scientifique, ça vient des mathématiques appliquées et fondamentales. Et c'est à non sens pour moi de se dire qu'on a ce type de révolution scientifique et technologique sans avoir besoin d'investir dans le potentiel humain en fait dans le de la recherche. David Larousrien, un jeune mathématicien aujourd'hui, il poursuit plutôt en thèse ou il envoie son CV à Openai ? C'est encore un peu un peu tôt pour le dire mais mais déjà il y a beaucoup de beaucoup de jeunes mathématiciens docteurs travaillent dans ces entreprises. C'est un recrutement assez enfin c'est une voix bah tout le monde fait pas de la recherche et pour faire carrière ça offre des
opportunités assez alléchantes. Ah bah c'est c'est c'est clair. Je pense que vous avez eu beaucoup d'étudiants qui sont maintenant dans ces dans ces entreprises. Mais là la quand même la la question se pose et avec une réponse qui peut être aussi parfois un peu inquiétante, c'est que le si le si le programme de thèse peut être résolu rapidement par une machine, jusqu'à quel point on peut le communiquer à des à des collègues ou ou à l'extérieur ? parce que à ce moment-là, bah la compétition sera un peu plus dure que d'habitude entre entre humains, il y a toujours un peu de compétition sur les sujets. Mais si là quelqu'un apprend que ce sujet est intéressant et qu'il lance sa machine, le l'étude aura vite plus de travail. Effectivement, Galager, si l'IA offre
des perspectives de carrière assez attractives, est-ce que vous redoutez une crainte pardon, une crise d'évocation ? Est-ce que en matière de chercheur, est-ce que les jeunes chercheurs finalement vont se rar ? Je je crois pas. On verra la moi ce que je pense en ce moment, ce que je constate aujourd'hui tout ça c'est très très récent donc c'est difficile de de se projeter dans l'avenir mais ce que je constate c'est une inquiétude effectivement des doctorants et doctorantes plutôt sur ce que ce que mentionne David c'est-à-dire qu'est-ce que c'est qu'une thèse aujourd'hui ? Est-ce que quelqu'un va aller plus vite que moi pour la résoudre ? Donc je pense que ce qui est intéressant dans ce qui se passe aujourd'hui, si on veut être vraiment positif, c'est il faut qu'on
rééfléchisse à notre métier. Qu'est-ce que ça veut dire que de faire des mathématiques à l'heure des LLM ou de l'IA générative ? Comment est-ce qu'on s'en sert ? Voilà, donc je pense c'est plutôt ça. Après évidemment, il y aura toujours des personnes qui vont aller travailler dans ces entreprises comme toujours. François Charles, vous vous conseillez certains laboratoires en en intelligence artificielle. Est-ce que vous n'avez pas peur de cette concurrence justement entre les différentes entreprises qui vont peut-être euh bah maintenir, garder secrètes leurs informations ? plutôt que de les partager comme normalement les mathématiciens du monde entier le font. Donc ça absolument ça c'est un vrai c'est c'est une vraie crainte. Nous nous on on toit comme communauté de
scientifiques, je pense vraiment que les mathématiques et les sciences en général sont le mieux faites quand elles sont ouvertes, quand elles sont partagées. Donc ça ça fait complètement partie des recommandations qu'on donne au laboratoire que il faut pas laisser absolument pas se laisser développer un système à deux vitesses où des modèles propriétaires et internes permettraient de faire de la science sans les scientifiques quelque part. Donc ça c'est très très important. pour nous sur pour rebondir sur sur ce qui a été dit par David Isabelle au sujet des doctorats. Ça, je pense que c'est vraiment une responsabilité de à nous les scientifiques seiors de savoir quel travail, quelle formation proposer auprès des jeunes. Et ça c'est vraiment un sujet dans le dont toute la
communauté s'empare de manière extrêmement active, y compris par la société mathématique de France et auquel je j'ai pas de doute qu'on va apporter des réponses. En fait, il faut être créatif, faut faut trouver ce qu'on à quoi on veut former les chercheurs de demain. Et comme je disais, l'horizon est très très vaste. Donc on va Isabelle Galager, est-ce que aujourd'hui on utilise déjà l'intelligence artificielle pour enseigner les mathématiques et est-ce qu'on sait si ça facilite ou non l'apprentissage ou pas ? C'est une très bonne question. Peut-être que d'abord il faut savoir ce queon entend par apprentissage. L'apprentissage c'est d'abord on pense à mémoriser quelque chose, faire des exercices ensuite pour vérifier que c'est correct. Et donc pour ça je pense que
l'intelligence artificielle pourrait être utile de manière ponctuelle pour des individus en à l'école, au collège par exemple. Mais oui, mais attention, l'apprentissage c'est pas seulement ça. Je crois qu'apprendre, quel que soit le domaine, pas que les mathématiques, c'est aussi savoir transposer quelque chose qu'on a appris sur un sujet ailleurs, savoir communiquer avec ses pères, que ce soit des d'autres élèves et cetera. Et ça, je ne crois pas en tout cas aujourd'hui que l'intelligence artificielle puisse le faire. Donc, je pense c'est important de voir cette différence. On peut s'en servir probablement ponctuellement mais attention à ne pas généraliser David La Rouserie, il y a un espoir justement que grâce à l'IA, les les maths qui sont pas forcément une matière
très accessible pour tout le monde hein voilà, on va pas citer de nom, je vais pas me flageller mais est-ce qu'il y a un espoir que grâce à Lia, les maths deviennent justement accessibles à tout le monde et soit beaucoup plus beaucoup moins ardu ? Oui, mais je suis pas sûr que ça soit effectivement la solution de la pe soulager quelques élèves quand même, non ? Oui, mais ce que dit Isabelle Galag est intéressant, c'est la question est pas de savoir si on doit avoir une bonne note, c'est de savoir ce qu'on a compris et donc se tromper c'est important, aller dans des impasses, c'est important, appliquer quelque chose d'un sujet d'un autre, c'est important le les élèves en discutant peuvent y arriver mais si c'est simplement avoir la réponse à sa question. Oui. Oui. Et
puis l'attitude, la créativité et donc juste la la réponse c'est pas c'est pas suffisant quoi. François Charles de Lien dans tous les cours de math maintenant. Mais je pense qu'il y a une énorme différence entre le primaire, le secondaire où je pense qu'on est j'espère je pense qu'autour de cet on est tous d'accord que le processus d'internalisation en fait que que les élèves arrivent à internaliser de la science, du raisonnement, du questionnement, c'est très très important et ça la machine remplace pas ce processus qui est très très humain. Après, il y a d'autres façons je pense d'être créatif avec LIA. LIA, c'est pas que poser une question à chat GPT. Aujourd'hui, un élève, même un lycéen peut euh créer son créer un réseau de jouet avec de l'informatique euh
ouverte, créer des des intelligences artificielles soi-même avec des avec du logiciel libre. On peut essayer de faire des choses comme ça. On peut aujourd'hui faire des choses très très créatives, des ateliers. On peut apprendre à un lycéen à construire son propre réseau de neurone qui va apprendre à jouer à son jeu de société favorie. On peut essayer d'autres choses. Il y a d'autres axes. C'est comme l'ordinateur, c'est c'est des les compétences informatiques sont très importantes même au collège et au lycée. Euh ça veut pas dire qu'on Google les réponses à ces questions. Pas toujours voilà, pas toujours. Essayer donc je pense d'autres choses. En tout cas, Li c'est pas la première machine qui déboule en quelque sorte dans le champ des mathématiques. Nous allons
remonter 51 ans en arrière avec notre archive du jour et une autre révolution technologique en quelque sorte qui a bouleversé notre façon de compter. Souvenez-vous les sort des calculettes électroniques. Crayon, la feuille de papier, les retenus, la racine carrée à extraire. Il suffit d'effleurer des touches pour que le résultat s'affiche. Au début, c'est amusant et à la fin, on ne peut plus s'en passer. Il y a par exemple celle-ci, la Rollse du calcul, qui est capable de réaliser des opérations scientifiques dignes d'un ordinateur. Et puis celle-ci, la de chevaux, quatre opérations pour ménagères et ce pour moins de 100 francs. Cette démographie galopante de la machine à calculer de poche pose tout de même un certain nombre de problèmes. Le premier, c'est de se demander si un jour
ou l'autre ces machines seront autorisées pour les examens. Et le deuxième, c'est de se demander si finalement dans quelques années, nos enfants ou nous-mêmes saurons encore compter. Et là-dessus, le verdict des pédagogues est formel. Ils disent que finalement ce qui compte le plus dans la vie, c'est de savoir pourquoi on fait une opération et non pas comment on l'a fait. Alors tout le monde évidemment a reconnu Michel Chevallet. David, la rousserie 50 ans après l'arrivée des des calculettes, est-ce qu'aujourd'hui on peut dire que nos enfants ne savent plus du tout compter ou ils ont simplement appris les mathématiques à utiliser cet outil comme un autre finalement ? Alors, je suis pas spécialiste de l'éducation, je me garderai de juger si les de dire si les
enfants savent compter ou pas, mais en tout cas, il a ça pas été la catastrophe forcément annoncée, mais pas été un progrès oui. Mais après voilà, on peut pas non plus réduire les maths au calcul donc ça on n'est pas encore sûr de ce que donneront ces outils qui sont quand même un peu plus polyvalents. Donc si je peux rebondir là-dessus, il y a une grosse différence entre la calculatrice je pense et il a générative. Euh effectivement, j'avais vu des photos aussi de manifestation d'enseign d'enseignants à l'époque qui disaient "Non, c'est terrible, nos nos élèves vont devenir bêtes." Donc euh c'était très exagéré. Mais quand même, je pense qu'il y a un point qu'on a pas encore soulevé, c'est aussi le le coût financier euh écologique de des de l'IA générative qui est qui est
réel et ce qui est souvent un petit peu occulté, je trouve, dans dans les débats sur ce sur ce sujet et je pense que c'est assez différent quand même de la calculatrice de ce point de vue là. Donc, faut aussi faire attention à ça. Élorment consommation. Exactement. Et c'est un social aussi qui est qui est réel. François Charles, ça signifie que de toute façon avec Lia et peut-être même plus encore qu'avant, il y a tout un travail de pédagogie qui sera encore plus important et tout à jamais indépassable en matière de mathématique et qui entoure le l'utilisation de cette machine de toute façon qui l'accompagne. Donc je pense que un outil de toute façon, il existe pas sans sans la personne qui utilise cet outil là. Donc effectivement, je je pense donc comme
comme Isabelle le dit, il y a un cet outil là est particulier parce qu'il s'inscrit dans un contexte politique très général avec toutes les externalités que que que Isabelle a pu mentionner. Donc ça c'est quelque chose sur lequel on doit travailler comme communauté bien sûr. Et ensuite oui, c'est c'est tout à fait à nous scientifique dans de comprendre quelles sont les limitations, les usages de cet outil et vers où on veut emmener cette technologie là pour notre usage précis. Et bien euh le compte est bon. Merci à tous les trois d'être venu sur le plateau de de 28 minutes ce soir pour ce débat. On reste dans l'actualité maintenant vu par Xavier Moduit et Théophile Cossa des centaines de supermarchés attaqués en France par des hackers qui s'en sont pris à leurs
installations frigorifiques qui ont causé de lourds dégâts. Et puis une version revisitée du combat de David contre Goliath, un propriétaire de maison d'ut bourguignon qui intente un procès au géant Google. Mais d'abord le mauve vedette du jour, méga prison, un établissement pénitentiaire d'un nouveau genre dont l'inauguration aura lieu demain au Costa Rica et c'est entendu. Cette méga prison unique au monde. Des cuillé prisons. Une méga prison pour gangster. Qu'est-ce que ça veut dire ? Exactement ce que ça dit. Merci de m'en dire un peu plus. Entendu la vie secrète des mots vedettes. Méga prison du grec ancien Megas immense et du latin préendré saisir est un terme non officiel qui désigne une prison
gigantesque pouvant accueillir des milliers de détenus. Mercredi 14 octobre est prévu l'inauguration d'une méga prison au Costa Rica construite d'après des plans offerts par le président salvadorien champion S méga prison. Le CACO Costa Ricain est une mégaprison prévue pour 5100. Elle se présente en vitrine régionale du modèle carcéral punitif et délirant mise en place au Salvador où règne l'état d'urgence depuis 2022 après une vague de meurtre liée au gang qui a conduit les autorités à incarcérer 1,4 % de la population et à construire le CCOT. Construite en zone rurale isolée à 75 km de la capitale, cette méga prison est la plus grande jaôle du monde. Elle offre depuis 2023 une capacité de 40000
détenus, la population de 7. Il y ont été documentés de nombreux services en tout genre, la tenue de procès de masse avec preuvé et présomption systématique de culpabilité. Mais la baisse de la criminalité au Salvador valide le modèle méga prison aux yeux enamourés des punisseurs de tout le continent. Costa Rica donc, mais aussi Colombie, Équateur, Pérou, Panama, Paraguay, Guatemala ont ou auront bientôt leur méga prison. Celui-ci et celui-là ont également admiré cette gestion industrielle du crime. Cette ultime méga prison est aussi un outil de propagande. Les détenus sont abondamment montrés crâne rasé, en blanc clinique, masqué, agenouillé, entassés. Un chercheur américain voit cet
amalgarme de corps racialisé présenté comme une masse criminelle contagieuse et chaotique dont l'État protège le zoau du zo et ben c'est entendu. Merci Tibonol. Salut les amis Théophile Cossa, Xavier Modué. Bienvenue à tous les deux. Xavier, une cyberattaque a frappé les installations frigorifiques de centaines de supermarchés en France avec la perte de millions de tonnes de marchandise et vous vous renouez avec la chaîne du froid. Oui. Et sur la mer Renault parce que le 20 septembre 1876, un navire quitte Rouan en Normandie. Il se rend à Buenos ARS en Argentine avec à son bord 30 tonnes de viande fraîche. La traversée est longue, elle est difficile. Il y a
des escales Lisbon Dakar Rio de Janero Monte vidéo et le 25 décembre 1876 le Narrive arrive à Bonport et là dans les jours qui suivent un grand banquet est organisé avec les autorités de l'Argentine avec la presse avec le représentant français en Argentine et l'on serre cette viande qui normalement devrait être avarié et qui s'avère exceptionnel. Mais comment est-ce possible Xavier ? Et bien il suffit de regarder le nom du navire pour comprendre combien il est innovant. Il s'appelle le frigorifique. Il est équipé d'une machine, d'une invention de l'ingénieur français Charles Tellerlier, spécialiste dans la production de froid et de glace. Parce que attention, nos ancêtres ont toujours eu de la glace, même en été, grâce aux glacières. Vous savez, c'est ces
constructions comme ça maçonné au-dessus d'un grand. On entasse de la glace pendant tout l'hiver. On la protège de l'air, on la protège de l'eau et puis on peut l'utiliser. Alors, on l'utilise surtout pour des sorbets, pour des glaces, pour rafraîchir des boisson. Avec la machine de Charles Tellier, ça va un petit peu plus loin. Il peut faire de la glace s'il veut, mais surtout il peut rafraîchir à basse température toute une pièce. Il peut donc la transporter. C'est pourquoi le frigorifique a toute une partie de ses cales donc à basse température. Comprenez bien, ce n'est pas de la congélation. Et bah faut revenir à un moment et en mai 1877, ça y est, on bourre les cales du frigorifique de viande. Alors cette fois-ci c'est du bœuf argentin, direction la France, Rand
Paris. Et là on déballe. Al on se rend compte que la viande a un aspect un peu noir mais dès qu'on la découpe, c'est merveilleux. Elle est toute rouge, elle est saignante et on comprend que désormais le commerce international ne pourra plus jamais être le même. Donc merci à Charles Teller, merci au frigorifique. Le frigorifique, un fameux 3 oui, il a 3 mfin comme un oiseau, vous vous en doutez, il au Renault à vapeur 1200 tonneaux. Et voilà, un navire grâce auquel la nourriture peut-être conservée comme dirait Hug au frais. Celle-là, j'ai senti venir hein, mais je commence à vous connaître. Bravo ! Chapeau, vous mpatez comme toujours Xavier. Merci à vous. Théophile, c'est à vous ce soir Théophile. Vous nous racontez l'histoire d'un propriétaire de château en Bourgogne en croisade contre
les commentaires sur Google. Il s'appelle Raoul Salama et sa bicoque la voici hein. Vous la voyez pas mal hein. C'est c'est français hein. Le château de de Baleur à Étrini en Sonloir forteresse du 14e transformé en chambre d'ut 5 étoiles. He Renault vous pouvez pour quelques centaines d'euros la nuit y vivre la vie de seigneur un peu comme ici quoi. Et si ça vous plaît laissez un avis sur Google. Mais attention là aussi 5 étoiles parce qu' parce qu'avec le le proprio sujet sensible. Lui, il a dû être chevalier dans une autre vie parce que ça fait 8 ans qu'il guerroit. Tout commence en 2018 quand quelques mois après l'ouverture des chambre d'ut, il reçoit un avis pourri sur Google, une étoile puis un autre en pauvre Raoul Salaman ne comprend pas.
Normalement, il a que des cinq étoiles et ça le peine d'autant plus que ça un impact sur son chiffre d'affaires. Mo- 30 % dit-il. Alors qui sont ces clients anonymes insatisfaits ? le châtelin sans l'imposture. Pour lui, ils ont été laissés par des félons qui ne sont jamais venus. Il contacte Google pour demander à ce qu'on retire ses avis ou qu'au moins on lui dise qui c'est. Voilà. Alors, on lui dit "Contacte les États-Unis, ah non, voyez ça avec Google Irrande." Bref, aucune réponse. Il saisit la justice, il gagne en appel. Google est condamné à lui balancer les noms et c'est là que Raoul Salama a sa réponse. Les auteurs n'ont jamais séjourné chez lui. Ce sont des randonneurs qui passaient devant qui ont reçu une notification de Google sur leur
téléphone pour noter l'endroit. Ça les a agacé. Ils ont laissé des avis bidons. Et l'histoire ne s'arrête pas là. Théophile. Non parce que des faux avis il va y en avoir d'autres. 17 en tout. Certains toujours en ligne. Alors Google se presse pas euh pour les retirer. Le premier a disparu 3 ans et demi après sa publication. Raoul Salama et le géant américain avaient donc rendez-vous hier pour la 4e fois devant un tribunal. Alors le proprio réclame des centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts, mais plus largement, il souhaite que le jugement rendu, ce sera le 12 janvier, fasse jurisprudence pour qu'à l'avenir les démarches des petits hôeliers et commerçants comme lui soient plus faciles pour faire retirer ses faux avis. Et c'est pas selon une étude
récente HFOP, 93 % des Français consultent des avis en ligne. Or, selon une autre étude américaine cette fois jusqu'à 45 % des commentaires sur internet peuvent provenir de personnes n'ayant jamais utilisé le service concerné. Alors Raoul Salama aimerait lui qu'on s'inspire de l'Allemagne hein où là-bas les commerçants peuvent demander rapidement aux tribunaux le retrait d'un avis lorsqu'il y a un doute à la personne qui l'a publié de prouver qu'elle a bien fréquenté le lieu. Alors obtiendra-t-il Gun cause la tyrannie des avis Google sera-t-elle vaincue vaincu David ve fera-t-il plier Goliath ? Vous le serez au au prochain épisode le 12 janvier prochain. Merci Théophile. Comme je vous sais un peu procédurier Théophile, je vais vous mettre 5 étoiles tout de suite hein.
Voilà comme ça on en parle plus. C'était c'était formidable hein. C'était formidable. Voilà tout le monde vous met 5 étoiles à vous aussi Xavier. Bien sûr, bien sûr. Merci à tous. Merci les amis. On se retrouve quand ? Bah demain en fait à la même heure. Où ça ? Bah ici. Voilà. À demain. Tchus.