L'invité politique Sud Radio - Guillaume Lacroix, Président du Parti Radical de Gauche est l'invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 28 %Attaque 52 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Comment vous pourriez vous décrire et vous présenter ?
- 0:46OuverteRéponse partielle
Vous vous définissez souvent comme un lanceur d'alerte ?
- 1:13OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut quelqu'un aussi pour dire la vérité dans un contexte où peu tiennent un langage de vérité ?
- 1:42OuverteRéponse directe
La France est devenue une poudrière. Avez-vous déjà connu un tel niveau de tension en France ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Comment vous mesurez ces pulsions morbides ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Vous avez le sentiment que la concorde est impossible aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« Il faut des gardiens de la République. Quand la République va mal, il faut des gardiens sincères, des gardiens crédibles. »
- 0:33Invité politiqueFait
« Et comme je suis le modeste héritier du parti qui a fondé la République, je crois qu'il est de mon devoir, dans ce moment de chaos, de fragilité, de fébrilité, de parler fort. »
- 0:55Invité politiqueFait
« C'est-à-dire quelqu'un qui considère que, dans l'organisation publique, le régalien compte autant que le progrès social. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Je crois être l'un des rares responsables politiques de ce pays à avoir fait le choix volontaire de ne pas être candidat. »
- 2:01Invité politiqueFait
« Là, le problème, c'est que nous sommes dans des moments de ce que j'ai appelé de pulsions de mort, c'est-à-dire qui ne mènent à rien. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Elles sont motivées par l'envie de détruire. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Ce qui s'est passé à Limoges, est quand même emblématique de cette situation. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Moi j'ai l'impression que la République est en danger, quand la représentation nationale finit de salir et d'humilier, ce qui normalement doit être le ferment d'une société, la dignité dans l'épreuve. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Ce qui s'est passé à Trappes est un crime raciste, c'est un crime raciste avec une pensée derrière, qui est que finalement dans les têtes, la guerre civile est là, chacun veut compter ses morts. »
- 4:30Invité politiqueFait
« C'est terrible, vous avez l'extrême droite qui passe plus de temps à essayer d'expliquer qu'elle n'est pour rien qu'à se morfondre de ce qui s'est produit. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Je trouve que l'irresponsabilité aujourd'hui, elle est particulièrement incarnée par les extrêmes, tous les extrêmes, mais que malheureusement, l'irresponsabilité, elle commence aussi à se dessiner dans le camp des Républicains, des Démocrates. »
- 5:46Invité politiqueFait
« Je déteste les raccourcis. Nous sommes dans une société où chacun a une part de responsabilité. »
- 6:00Invité politiqueFait
« Quand la France a connu des attentats par des islamistes, les mêmes qui aujourd'hui pointent du doigt à l'extrême droite étaient incapables de pointer du doigt, du doigt à ce qu'était l'islamisme et ce qu'était le fanatisme religieux. »
- 26:14Invité politiqueFait
« Pardon, ça n'est pas responsable. »
- 26:16Invité politiqueFait
« Quinze jours après, si vous considérez que vous avez commis une faute que vous n'étiez pas à la hauteur, à ce moment-là, ça peut se poser. »
- 27:28Invité politiqueFait
« Vous savez, si vous avez 40 jours pour organiser l'élection puisque la règle, c'est celle-là, démission du président de la République, 40 jours pour organiser l'élection, je ne suis pas sûr que vous ne provoquiez pas encore un peu plus de chaos dans le chaos. »
Temps de parole
- Guillaume Lacroix70 %
- Présentateur21 %
- ?3 %
- Invité2 %
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. Il est 8h30 sur Sud Radio, bienvenue si vous nous rejoignez. C'est l'heure du grand entretien politique et aujourd'hui, Jacques, vous recevez Guillaume Lacroix, président du Parti Radical de Gauche. Guillaume Lacroix, bonjour. Bonjour. Alors, sans vous faire offense, beaucoup ne vous connaissent pas et se disent, mais à quoi sert le Parti Radical de Gauche ? Comment vous pourriez vous décrire et vous présenter ?
Il faut des gardiens de la République. Quand la République va mal, il faut des gardiens sincères, des gardiens crédibles. Et comme je suis le modeste héritier du parti qui a fondé la République, je crois qu'il est de mon devoir, dans ce moment de chaos, de fragilité, de fébrilité, de parler fort. On ne nous a pas entendu quand tout allait bien, mais il faut qu
'on
soit là quand tout va mal.
Vous vous définissez souvent comme un lanceur d'alerte ?
Je
me définis comme un républicain de gauche, une race en voie de disparition depuis bien longtemps. C'est-à-dire quelqu'un qui considère que, dans l'organisation publique, le régalien compte autant que le progrès social. Il faut être capable de se distancier des modes pour revenir toujours à l'essentiel, les principes, la République, laïque, universaliste, et la capacité à faire avancer le pays dans la solidarité.
Est
-ce qu'il faut quelqu'un aussi pour dire la vérité dans un contexte où peu tiennent un langage de vérité ?
C'est la force d'être non-candidat. Je crois être l'un des rares responsables politiques de ce pays à avoir fait le choix volontaire de ne pas être candidat. Ça me donne effectivement une liberté de ton de parole parce que je crois que l'heure est grave, parce que les Français le sentent, ils le ressentent, ils le vivent. Ils voient des crises multiples se multiplier devant eux, mettre en danger l'avenir de leurs enfants. Et dans ce moment, moi, je ne veux pas qu'on les enfume.
Alors justement, la France est devenue une poudrière. Avez-vous déjà connu un tel niveau de tension en France
?
Rarement. Il y
a
souvent eu dans ce pays des tensions. D'abord, c'est un pays qui a,
depuis
très longtemps,
se
réjouisse très souvent de la Révolution française. Bon, il
y a
quand
même
eu dans ce pays souvent des sous-brosseaux, des moments compliqués. Là, le problème, c'est que nous sommes dans des moments de ce que j'ai appelé de pulsions de mort, c'est-à-dire qui ne mènent à rien.
C'est
-à
-dire
qui ne sont pas motivés par un débouché politique, par un espoir, qui ne sont pas motivés par l'envie d'un autre monde. Elles sont motivées par l'envie de détruire. Et quand vous ne voulez plus que détruire, c'est que vous êtes arrivé à un niveau d'exaspération et donc
une
forme d'absence d'envie d'être ensemble. Et c'est ce qui m'inquiète terriblement.
Comment vous mesurez ces pulsions morbides ?
Par
le fait que quand vous cassez, quand vous détruisez, quand vous attaquez les institutions par principe, sans rien proposer, sans rien imaginer, sans porter même un slogan, « Monde meilleur », sans savoir forcément le définir. Mais quand vous n'êtes plus que dans l'individualisme, ce qu'on a observé ces derniers temps, c'est à la fois des factieux qui voulaient détruire, détruire les institutions, ce qui s'est passé à Limoges, est quand même emblématique de cette situation. Et puis vous avez assisté des gens qui se sont simplement dit, écoutez, tout va mal, alors je vais aller me servir.
Je
vais aller me servir dans les magasins, je vais aller piller, je vais aller casser, je vais aller prendre. Une espèce de pulsion consumériste morbide, et qui donne le sentiment que finalement, il n'y
a
plus d'appartenance commune, et qu
'il
n
'y a
plus d'envie d'aller ensemble,
quelque part. – Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche, vous nous parlez, vous nous faites un constat de ces pulsions morbides et de ce moment que l'on traverse aujourd'hui, et qui se retrouve aussi, j'ai envie de dire, au niveau politique, au niveau des responsables. On a vu une scène quand même assez forte à l'Assemblée nationale avant-hier. Vous avez le sentiment que la concorde est impossible aujourd'hui ?
–
Moi j'ai l'impression que la République est en danger, quand la représentation nationale finit de salir et d'humilier, ce qui normalement doit être le ferment d'une société, la dignité dans l'épreuve, la dignité dans l'épreuve, ce qui s'est passé à
Trappes
est un crime raciste, c'est un crime raciste avec
une
pensée derrière, qui est que finalement dans les têtes, la guerre civile est là, chacun veut compter ses morts. Dans les têtes, chacun se dit, j'ai mon mort, mon mort à moi il est noir, mon mort à moi il est blanc, mon mort à moi il est juif, mais on est dans un monde qui devient dingue et je ne l'accepterai pas, parce que nous ne pouvons aller nulle part, nous ne pouvons emmener nos enfants nulle part, nous ne pouvons autoriser la jeunesse à rien, si nous ne lui offrons rien d'autre que la désolation des détestations.
– Chacun a son mort, c'est ce que vous nous dites, dans les heures qui ont suivi, on a vu à l'Assemblée nationale une forme de compétition entre différentes formations politiques à ce sujet. Mais
c'est terrible, vous avez l'extrême droite qui passe plus de temps à essayer d'expliquer qu'elle n'est pour rien qu'à se morfondre de ce qui s'est produit, l'extrême droite se serait honorée quand même dans ce moment, de dire qu'effectivement l'essentialisme, le fait de généraliser, le fait de dire tous les arabes sont, tous les noirs sont, tous les blancs sont.
– Elle
n
'essaye pas de le faire, on a entendu récemment Marine Le Pen préciser ses pensées, notamment sur ses volontés, contrairement concernant les musulmans, en disant que la préférence nationale, elle s'adresserait à tous les Français et qu'il n
'y
aurait pas de différence précisément entre les religions.
– Monsieur Cardoz, quand vous êtes dans la vie politique depuis 30 ans, que vous en êtes à votre troisième ou quatrième candidature à la présidentielle et que vous êtes obligé de préciser,
c
'est que vous n'avez pas été très très clair sur ce que vous vouliez porter depuis quelques années.
–
Hum, et ?
–
Je trouve que l'irresponsabilité aujourd'hui, elle est particulièrement incarnée par les extrêmes, tous les extrêmes, mais que malheureusement, l'irresponsabilité, elle commence aussi à se dessiner dans le camp des Républicains, des Démocrates.
– Alors on a entendu le maire de Trappes, Ali Rabet, ainsi que de nombreux responsables politiques de gauche accuser Éric Zemmour, l'ERN, la ministre Aurore Berger ou même Bruno Retailleau d'avoir armé idéologiquement le tueur. C'est pas un peu facile ? – Ah mais moi
je déteste les raccourcis. Nous sommes dans une société où chacun a une part de responsabilité. Et l'extrême droite à la sienne, c'est évident, sur la généralisation, la stigmatisation de populations particulières. Mais tout le monde a sa part de responsabilité. Quand la France a connu des attentats par des islamistes, les mêmes qui aujourd'hui pointent du doigt à l'extrême droite étaient incapables de pointer du doigt, du doigt à ce qu'était l'islamisme et ce qu'était le fanatisme religieux. Donc moi je ne choisis pas entre les haines, M. Cardouze. C'est la force des Républicains. Je les combats toutes, je les écrase toutes. Si je dois me radicaliser,
c
'est contre cela. Contre la haine. Contre finalement cette bêtise ambiante qu'on exacerbe au moment où il faut parler à l'intelligence des Français. Et il faut leur dire, vous voyez bien que ça va mal, est-ce que c'est vraiment le moment d'en rajouter nous-mêmes ? – Vous voudriez vous radicaliser contre les radicaux ? – Moi je veux me radicaliser dans la raison, la responsabilité et la République, oui.
–
Alors, certains d'entre eux, de ces radicaux, se sont offusqués que certains hommes politiques désignent Trapp comme un refuge islamiste, mais les faits sont là. Entre 2005 et 2010, Trapp a fait l'objet de nombreuses enquêtes des services de renseignement et de la justice antiterroriste sur ces filières djihadistes. On a également une cinquantaine d'habitants qui sont partis vers Daesh. Est-ce que dans ces conditions, ce n
'est
pas un peu facile de désigner et d'expliquer que dès lors que l'on parle de Trapp, on fait une assimilation avec le racisme ?
–
Non, moi je crois qu'il faut serrer les problèmes. Moi je refuse de dire, il y a ce sujet à Trapp, donc c'est quasiment logique, dans ce que vous me dites, qu'il y ait une réaction armée contre. On ne
peut
pas prendre le problème comme ça. Il faut traiter les problèmes les uns après les autres. Il y a dans ce pays une résurgence, une remontée du fanatisme religieux, notamment, pas seulement, notamment islamiste. Il y a dans ce pays aussi une résurgence et une remontée du racisme.
Ça
n'est pas l'un qui provoque l'autre. Ce sont deux problèmes qui doivent être traités, évidemment directement, en rappelant l'essentiel. Dans ce pays, tous les enfants de France sont protégés par des principes qui sont les mêmes. Et c'est là-dessus qu'il faut tenir. Parce que si vous êtes lâche avec la montée du fanatisme religieux, effectivement vous ne pouvez pas être ferme avec le racisme. Mais si vous êtes lâche avec le racisme, vous ne pouvez pas être ferme contre le fanatisme religieux. Et moi, la fermeté et l'autorité, je crois que c'est ce qui manque vraiment aujourd'hui dans les discours du pays et surtout ceux de la gauche.
Alors, est-ce que les difficultés sociales ne sont pas les principaux moteurs de ces haines en France ? Est-ce que tout ce que vous décrivez là ne se trouve pas finalement dans nos difficultés aussi à donner un avenir
?
Écoutez, moi je viens d'une famille... Mon père était routier, ma mère était instite d'un village de Lens en France.
Je
ne viens pas de la cuisse de Jupiter. Je n'ai pas été élevé dans l'opulence. J'ai connu, j'ai vu des difficultés dans ma famille.
Ça
ne m'a jamais incité à la violence.
Ça
ne m'a jamais incité à considérer que j'avais un droit de revanche.
Ça
m'a incité à considérer qu'il fallait se battre
contre
le mépris.
Il
fallait se battre contre le mépris de classe. Il fallait se battre contre les assignations sociales. Il fallait se battre contre le plafond de verre. Ça, ce sont des bagarres qui sont utiles au pays.
Mais
ça n'est pas la violence. Moi, je ne ferai jamais de lien entre difficulté des uns et droit à la violence des autres.
Alors, vous désignez... Enfin, en tous les cas, vous condamnez les radicaux. Est-ce que vous approuvez la France insoumise qui désigne directement Éric Zemmour comme responsable de la montée du racisme en France ?
Ce
qui est incroyable,
c
'est que Jean-Luc Mélenchon refuse d'être désigné comme le responsable de la montée de l'antisémitisme en France et il trouve logique d'aller désigner quelqu'un, un seul homme, une seule femme qui serait responsable de la montée du racisme en France. Enfin, la France est aux prises avec des gens qui ont décidé de chauffer à blanc les esprits. Ils veulent désigner des bouc-émissaires, des ennemis. Ils se servent l'un des autres ? Mais surtout, ils font en sorte que vous ne regardiez pas le réel parce que pendant qu
'on
se bat pour savoir si M. Zemmour, dont je me moque comme de l'an 40 et dont je hais les thèses, est responsable de quelque chose ou si M. Mélenchon est responsable à lui tout seul des émeutes et de l'antisémitisme en France, on ne parle pas des vrais sujets. On ne parle pas de la crise budgétaire, on ne parle pas de la crise financière, on ne parle pas du pouvoir d'achat. Mais qu'est-ce qui intéresse les gens ? C'est de pouvoir se loger. Qu'est-ce qu'ils en ont à faire ? De savoir si M. Mélenchon pense que M. Zemmour est l'ennemi de la République ou si M. Zemmour pense que M. Mélenchon est l'ennemi de la République
?
Les ennemis de la République, c'est ceux qui refusent le réel. Et là, en l'occurrence,
ils se retrouvent. Sauf que vous savez bien comment ça fonctionne. Il faut des hommes pour porter des idées et pour les défendre dans une campagne électorale. Est-ce qu'Éric Zemmour a sa place dans cette présidentielle ? Il fait ce qu'il veut. Il n'aura jamais ma voix. Concernant les médias, on a assisté ces dernières heures, ces derniers jours à des propos qui sont un peu inquiétants. En tous les cas, ils sont vécus comme tels par un certain nombre de journalistes. On sent que la France Insoumise dresse presque des listes de bons et de mauvais médias. Est-ce que ça vous choque
?
Vous savez,
moi,
dès qu'on rentre dans la théorie du bon et du mauvais chasseur, je commence à sourire. Alors, parfois jaune, quand il s'agit de la démocratie.
Je
ne crois pas qu'il
y ait
de bons ou de mauvais médias. Je crois que la véritable exigence, c'est d'avoir que des médias libres. Qu'on n'ait que des journalistes libres. Et, accessoirement, qu'ils travaillent.
C
'est-à
-dire
qu'ils soient capables, véritablement, d'aller chercher la vérité et de l'opposer à ceux qui viennent raconter n'importe quoi dans les studios. Malheureusement, je trouve que parfois, ça manque. Moi, je défendrais toujours... Vous savez, je suis de linge, je vous l'ai dit,
c
'était une terre de Voltaire. Je crois qu'il faut privilégier la capacité de chacune et chacun à s'exprimer partout. Et que la liberté médiatique, c'est la démocratie.
Comment la France en est arrivée là ? Ce sont les dix ans de macronisme, aujourd'hui, qui l'ont abîmée ? Il y a une
responsabilité par principe de ceux qui gouvernent. Alors, quand vous gouvernez dix ans, votre responsabilité est forcément grande. Mais c'est aussi une somme de lâcheté depuis des décennies. Mais parce que ce pays avait fini par croire que rien ne pourrait jamais lui arriver. Ce pays avait pensé que son niveau de vie, la capacité de pouvoir d'achat du plus grand nombre, son niveau de croissance, lui permettrait finalement de surmonter à peu près toutes les difficultés. Et elle n
'a
pas voulu les regarder. Et puis, on a eu la crise des subprimes sous Sarkozy. Et on s'est dit, finalement, on n
'est
pas si fort. Puis, on a eu la crise des attentats terroristes. Et là, on s'est dit, oulala, on vient nous tuer chez nous. Et puis, on a eu le Covid. Et là, on s'est rendu compte que notre chéquier ne servait à rien. On n'arrivait même pas à acheter des masques. Et je crois que les Français se sont mis à comprendre que ce sentiment qu'ils avaient, que la mondialisation a porté du bon, mais qu
'elle
a porté aussi du mauvais, que l'Europe a porté du bon, mais qu'elle a porté aussi des choses qui n'étaient pas suffisantes est devenues réelles. Et que, dans ce moment-là, les politiques ont continué de faire comme avant. Ils ont continué à, finalement, faire des promesses intenables, à faire croire qu'ils pouvaient tout tenir tout seuls.
Et
là, aujourd'hui, on arrive au moment de l'exaspération. Au moment où tout le monde a ouvert les yeux et où ils voient bien que les gens leur parlent, soit, finalement, en les caricaturant, parce que les extrêmes ne parlent pas à l'intelligence des gens, soit en leur mentant, en faisant des promesses irréalistes. Et c'est avec cela qu'il faut rompre.
Mais ça, c'est une analyse générale, Guillaume Lacroix. Mais est-ce qu'Emmanuel Macron est responsable directement ?
Emmanuel
Macron a une responsabilité. Il a été président de la République pendant 10 ans. Il a une responsabilité essentielle. Emmanuel Macron s'est fait élire sur l'idée qu'il allait tout changer. C'était une forme de symptôme du dégagisme ambiant.
Il
y avait de
l
'espérance,
il y a 10 ans. Et
ce dégagisme-là portait de l'espoir. Moi, je n'ai pas voté Emmanuel Macron, mais beaucoup de mes amis l'ont fait avec sincérité. Avec l'idée que, voilà, on allait en finir avec les institutions bloquées, on allait en finir avec l'esprit de clan politique, on allait en finir avec, finalement, le refus d'affronter le réel et qu'on allait répondre
aux enjeux modernes. Ça veut dire que
2027, c'est 2017 déçu
?
Déçu aussi ? Absolument. Oui. Absolument. Alors, pour 2027, Gabriel Attal, et c'est l'actualité, vient de lancer l'idée d'une primaire. Vous y croyez d'abord à cette primaire qui pourrait aller de Raphaël Glucksmann à Bruno Retailleau,
peut-être ? J'ai déjà assez à faire avec les histoires de ma famille, je ne
vais
pas me mêler les histoires de famille politique des autres, je n
'ai
pas été macroniste pendant 10 ans, je ne
vais
pas embarquer maintenant.
Oui, mais lui ouvre la famille à l'ensemble des démocrates
et à tous ceux dont vous parlez aussi. Oui, alors c'est assez étonnant parce que pendant 10 ans, ils ont refusé de le faire. Donc c'est un peu particulier d'arriver en disant qui n'est pas avec nous et contre nous, ça a été ça pendant 10 ans, pour nous expliquer que maintenant, pour essayer de sauver les uns ou les autres, il faudrait qu'on soit là. Moi, pardon, ma vocation, ce n
'est
pas de venir sauver ce qui n'a pas été capable de démontrer sa puissance politique. Moi, je vais vous dire, dans ce moment un peu dingue, je pense que le vrai sujet, ce n
'est
pas de savoir si on organise des primaires,
c
'est de savoir si on a quelqu'un de responsable. Dans ce pays, quand ça allait mal, on est allé chercher Clémenceau. Dans ce pays, quand ça allait mal, on est allé chercher Mendès. Dans ce pays, quand ça allait mal, on est allé chercher De Gaulle. Dans ce pays, au moment où là, où ça va mal, je ne crois pas qu'on résoudra le problème avec des primaires, je crois qu'on le résoudra avec un peu moins d'égo, un peu plus de sens de l'intérêt général et une capacité à porter un discours politique qui soit autre chose que sauver nous. Parce que moi, je ne
suis
pas là pour sauver qui que ce soit. La France, oui. La République, oui. Quelqu
'un
ou une famille politique, non.
Et la France, Guillaume Lacroix demande aussi de l'autorité. Vous avez dit en début de cet entretien que la gauche manquait d'autorité et de fermeté. Raphaël Glucksmann, il peut incarner cette fermeté ?
Moi, je suis en accord sur la ligne politique avec Raphaël Glucksmann. J'y étais même avant puisque mon parti, depuis 2022, avait refusé la NUPES, l'NFP. Et donc, la ligne anti-LFI ou sans LFI, pour dire les choses, est une ligne assez claire que je partage depuis longtemps.
Je
suis ravi qu'elle l
'ait
emportée. Mais la ligne claire n'est pas un projet. Il ne
faut
pas que ça devienne une ligne trouble parce qu'être sans LFI, ça ne résout pas la crise budgétaire et financière. Être sans LFI, ça ne donne à manger à personne. Être sans LFI, ça ne construit pas du logement. Être sans LFI, ça ne rassemble pas le camp des Républicains. Ce n'est pas un argument en soi. C'est une
posture
pour dire qui l'on est. Le vrai sujet maintenant, c'est d'être capable de dire où l'on va et surtout de démontrer
qu'on a compris le réel.
Raphaël Glucksmann, il est dans la
posture
?
Je trouve qu'aujourd'hui, il parle beaucoup de LFI, moins de la France. Je l'invite à parler un peu plus de la France. Et vous dites que son programme est vide en tous les cas ? Je dis que nous sommes face à des crises budgétaires, à une crise budgétaire et financière majeure qui peut encore s'aggraver. Je ne suis pas sûr qu'un programme qui repose sur uniquement la taxe avec haro sur les milliardaires et de la dépense nouvelle soit parfaitement en rapport avec ce que nous allons devoir affronter.
Pour
le moment, vous avez
l
'intention de faire campagne avec lui ou pas ? Pour l'instant, j'ai l'intention de parler librement de la situation du pays. Je vous l'ai dit, mon rôle, mon devoir, c'est de faire partie des gardiens de la République.
Guillaume Lacroix, président du Parti Radical de Gauche est notre invité ce matin. On vous retrouve dans la deuxième partie de cet entretien avec notamment la question d'un auditeur, votre carte blanche et puis il y aura l'actualité des réseaux.
A
tout de suite.
Guillaume
Lacroix, président du Parti Radical de Gauche est notre invité ce matin.
On
va commencer, Guillaume Lacroix, dans cette deuxième partie avec vos trois minutes pour convaincre votre carte blanche. Vous avez choisi ce thème rompre avec l'impuissance publique. Qu'est
-ce
que ça signifie exactement ?
Ça veut dire de regarder en face la situation budgétaire et financière et d'y répondre de manière soutenable. Parce qu'aujourd'hui, je suis effrayé que chacun constate que tout va mal mais que chacun arrive aussi avec une solution simple à l'évidence qui n'en est
en
fait jamais une et surtout qui n'est pas soutenable. Tout miser sur les retraites,
dire
finalement il suffira de travailler plus pour tout régler, c'est faux. Tout miser sur le moins d'États, comme le font les ultra-libéraux. En disant finalement c'est assez simple, on sabre l'État alors même que le 17 octobre tout le monde a demandé où était la police, quelle longueur de journée tout le monde demande où sont les infirmières et les professeurs, c'est un peu surréaliste. Et puis il y a ceux qui arrivent en disant c'est simple, c'est haro sur les milliardaires, la taxe pour les milliardaires uniquement. Mais sauf que ce n
'est
pas inépuisable comme recette et que s'il faut réinstaurer de la justice fiscale dans ce pays,
c
'est évidemment obligatoire aujourd'hui. Ça ne peut pas tout résoudre. Moi je voudrais simplement alerter les Français sur le fait que dans les moments de crise et de crise grave comme celle que nous rencontrons, celle où nos enfants n'ont plus les moyens de rêver leur avenir et de l'imaginer, il ne faut pas se laisser avoir par des charlatans et leur dire que la solution elle existe,
elle
est surmontable en 5 ans, que ça va demander des efforts sur tous les leviers, qu'il va falloir être capable à la fois, oui, de revoir le régime des retraites. Moi je suis pour faire sauter l'âge plafond, avoir un âge plancher, permettre à ceux qui sont cassés de partir à 60 ans mais ensuite que ça se joue uniquement sur un nombre de trimestres, qu'il va falloir baisser et réformer profondément l'État. De ce point de vue, je suis assez d'accord et souvent d'accord avec Borloo sur la façon dont on peut réformer l'État et puis il va falloir évidemment remettre de la justice fiscale.
Alors justement, je laisse passer le gong, Guillaume Lacroix, vous venez de citer Jean-Louis Borloo, est-ce que vous êtes d'accord avec cette équipe de France des mécanos de la République ? On voit Natacha Polony, Jean-Louis Borloo, Aurélien Pradier, ici même à ce micro il y a quelques jours, pourquoi pas Dominique de Villepin, dire qu'il faut former une équipe de France. Moi,
je suis d'accord avec la coalition des engagés que propose Bernard Cazeneuve, je suis d'accord avec les mécanos de la République que propose Jean-Louis Borloo, je suis en contact et en proximité avec les deux et ses notoriétés publiques. Je crois beaucoup à l'idée que dans les temps qui viennent et pour le mandat qui s'ouvre, qui va être celui du rétablissement de la France et de son redressement si possible, il faut du désintéressement, il faut de la crédibilité,
il
faut du courage. En gros, il va falloir quelqu'un qui accepte
de
se sacrifier, d'être impopulaire et de ne pas vouloir faire gagner un parti mais de vouloir faire gagner la République. Qui
?
Celui qui en aura le courage et celui qui sera capable de rassembler moi.
Jean-Louis Borloo
? Je ne
vais
pas ici vous dire ce matin voilà celui qu'il faut parce que je ne suis personne.
Mais c'est une façon de faire avancer les choses.
N'étant pas moi-même candidat, je vous fais une proposition, je suis d'accord pour tous les invités à Bourg-en-Bresse, chez moi, tous ceux qui veulent agir pour la France dans cet état d'esprit, la redresser, les inviter à Bourg, les enfermer, ne leur donner à manger et à boire que quand on sera sortis avec une solution viable pour le pays, pour la République, désintéressés, crédibles, ceux qui sont en réserve de la République, Bernard Cazeneuve, Jean-Louis Borloo, François Hollande, Xavier Bertrand, ceux qui sont déjà sur la table et qui pourraient être amenés à renoncer parce que ce serait l'intérêt de la France mais se dire que peut-être la solution, elle peut venir d'une intelligence collective
vous leur proposez une forme de love story et c'est le meilleur qui en sortira, qui...
Non,
je leur propose un conclave laïque.
Mais
avec un concours d'idées et l'idée qu'il faut avoir du courage pour se sacrifier.
Oui, parce que je crois que la seule façon de redresser le pays là, c'est le désintéressement et de prendre des mesures courageuses qui seront forcément impopulaires. Et donc on n'est pas dans un moment où on peut jouer à se dire je vais faire gagner mon parti politique parce que c'est désuet et parce que par ailleurs ça ne répond jamais seul à l'ensemble des difficultés des
pays. Mais
quand même sur les noms, est-ce que les noms que l'on cite là sont ceux qui pourraient faire partie et qui pourraient incarner ce que vous désignez ? Jean-Louis Borloo, Natacha Poligny, Aurélien Pradié, Dominique de Villepin par
exemple. Non,
vous ne citez pas Bernard Cazeneuve,
vous
avez Bertrand, François Hollande, je ne
sais
pas pourquoi. Vous avez des partis pris, moi je n'en ai pas. Moi, vous savez, ce qui m'intéresse, je ne suis pas candidat, je n
'ai
pas cherché à l'aide, j'aurais pu aller dans une primaire pour me montrer, Alors,
pourquoi pas
François Hollande, Guillaume Lacroix ? Je vous cite un certain nombre d'acteurs auxquels je pense, il peut y en avoir d'autres, ce n'est pas moi qui fais la règle, je dis simplement aujourd'hui, je crois que nous avons besoin, véritablement, de faire la démonstration d'une équipe et d'un sens des responsabilités, et c'est ce à quoi j'invite ceux qui
veulent
présider
la France. Ça signifie que la messe n'est pas dite, ce ne
sera
pas un duel Mélenchon-Le Pen, vous n'avez pas le sentiment que ce sera forcément ce duel-là ?
Pour
un républicain laïc, je ne sais pas si la messe n'est pas dite, ce que je sais, c'est que la fin du film n
'est
pas écrite.
On va écouter la question d'un auditeur, Guillaume Lacroix.
Bonjour M. Lacroix, vous aviez fait part de votre vertige après une réunion à l'Elysée sur la situation internationale. Pensez-vous que les Français aient pris conscience des conséquences sur leur propre vie d'une telle situation ? Merci.
Je pense que les Français à la pompe à essence, ils ont bien pris conscience de ce qui leur a arrivé, ça, il n
'y a
aucun doute. Après, je pense qu'ils se font aussi en fumée par ceux qui leur expliquent que si on arrête d'aider l'Ukraine, ça va faire baisser le prix de l'essence. Parce qu'il n
'y a
pas de rapport, en fait. Si on arrête d'aider l'Ukraine, ce n
'est
pas pour payer des chèques énergie à tout le monde. Ce serait quand même un peu risible de dire qu'on met en danger notre sécurité en Europe pour pouvoir faire des chèques énergie. Parce que ne pas aider l'Ukraine, ça n'empêche pas l'Iran et Israël de continuer la guerre en Iran. Les Etats-Unis et Israël de continuer la guerre en Iran. Donc, globalement, je crois que les Français ils mesurent surtout...
Et ça
ne joue pas un rôle sur la Russie et donc sur le gaz quand même ?
Surtout qu'on voit bien que les jeux sont faussés depuis que Donald Trump a décidé finalement que Vladimir Poutine était un ami fidèle quand il avait besoin de pétrole. Les gens y comprennent, les Français y comprennent qu'on est dans un désordre mondial terrible dans lequel le rapport de force est immense. Il va falloir que les Français
aient
bien en tête que celui ou celle qu'ils choisiront doit être quelqu'un qui est capable de peser dans ce monde, d'avoir une crédibilité dans ce monde et de ne pas être l'ami d'un des fous de ce monde.
Guillaume Lacroix en passe à l'actualité des réseaux sociaux avec Benjamin Glez qui nous a rejoint.
Bonjour Guillaume Lacroix, vous en parliez des prix des carburants. J'aimerais qu'on revienne sur une formule employée par Roland Lescure qui fait énormément polémique sur les réseaux sociaux. C'était à l'Assemblée nationale à propos des prix des carburants.
Le
ministre de l'Économie qui a rappelé que le gouvernement ne prévoyait ni de bloquer les prix comme le propose la France Insoumise ni de baisser les taxes comme le demande l'ERN. Et pour défendre la position de l'exécutif, Roland Lescure a déclaré que le niveau de fiscalité sur les prix à la pompe ne l'empêchait pas de dormir. C'est vrai, vous avez raison. Les prix de l'essence sont plus élevés en France qu'ailleurs. D'aucuns nous en demandent de les baisser par la baisse des taxes. Je considère moi que la taxation du prix du pétrole c'est une bonne manière. Mais quand vous dites que
les
prix du pétrole sont trop élevés en France, la raison essentielle pour laquelle les prix du pétrole en France sont plus élevés qu'ailleurs, c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs. Moi, ce n
'est
pas une taxe qui m'empêche de dormir. Je sais que ça en empêche d'endormir d'autres. Mais moi, ça ne m'empêche pas de dormir. Ça permet de financer plein d'infrastructures. C'est très bien. Elle vous inspire quoi cette formule de Roland Lescure, Guillaume Lacroix ?
À peu près la même réaction que lorsqu'il avait dit avec 2000 euros, on vit bien, je crois. La déconnexion. La déconnexion et l'incompréhension totale du pays. Voilà ce que ça m'inspire. Il ne
faut
rien comprendre au pays pour ne pas comprendre que le problème de l'essence touche d'abord territoire ruraux et périphériques où les gens ont dû s'éloigner des métropoles pour aller habiter là où ils pouvaient avoir les moyens d'acheter où ils ont dû prendre une voire deux voitures pour aller travailler et que c'est tout le sujet. Ne pas comprendre que l'essence,
ce
n'est pas simplement pour aller se promener le week-end mais que c'est pour aller bosser. Ne pas comprendre que si les gens ne vont plus bosser, c'est tout l'appareil économique qui s'effondre. Alors même qu'on a des prévisions de croissance qui sont extrêmement faibles, c'est ne rien comprendre à la fois au pays mais ne rien comprendre à l'économie.
Ça vous
empêche de dormir vous-même ?
Moi ce qui m'empêche de dormir c'est l'irresponsabilité politique parce que c'est elle qui est en train de
rajouter
de la crise à la crise, du chaos au chaos. Cette irresponsabilité politique, cette incapacité à parler aux Français en fait. Alors est-ce que...
De
vérité.
Parce qu'il ne s'agit pas de
dire moi demain, on rase gratis. Je vous l'ai dit tout à l'heure, on n'a plus les moyens. Donc faire croire aux gens que demain on rase gratis, c'est les prendre pour des idiots. Mais leur dire je ne comprends pas que ce sujet est central et finalement la taxe, dire cette phrase terrible la taxe pour la taxe ne m'empêche pas de dormir, moi ce qui m'empêche de dormir c'est de voir les Français dans un état de préinsurrection, de colère et de désespoir qui n'est pas supportable.
Vous vous appelez à ou en tout cas vous espérez la démission de Roland Lescure après cette formule qui
l'envoyait
? Moi les appels à la démission c'est un grand classique pour faire buzzer sur les réseaux sociaux, ça ne
m'a
jamais intéressé. Chacun prend ses responsabilités. Je viens de vous parler de l'irresponsabilité qui
la gaste. C'est pour ça que je vous pose la question. Moi je
crois que la responsabilité quand on est politique c'est de tirer les conséquences de ce qu'on fait, de ce qu'on dit, de la réaction que ça provoque et de se comporter avec un peu de dignité politique. La démission, il faut aussi qu'elle soit crédible parce que déposer une démission le dimanche soir pour lundi matin en plein milieu d'une crise de sécurité ce n
'est
pas véritablement un acte de courage. Ça ressemble plus à une désertion.
Après
Sébastien Lecornu, Paul Viret aussi,
il n
'y a
pas que la démission. Je pense que ce pays a besoin de remettre de l'autorité,
oui. Emmanuel Macron a en tous les cas refusé la démission du ministre de l'Intérieur après le 17 octobre.
Quand vous déposez votre démission le dimanche soir en plein milieu, quand même, on venait de vivre un week-end effarant.
Ça vous a étonné
qu'il refuse la démission
? Non, mais ce qui m'étonne c'est qu'on la dépose le dimanche soir pour le lundi matin se dire il n
'y a
plus personne. Pardon, ça n'est pas responsable. Quinze jours après, si vous considérez que vous avez commis une faute que vous n'étiez pas à la hauteur, à ce moment-là, ça peut se
poser. Si on me la croit, on va tenir six mois comme ça
? Ah
bah, à cette allure-là, si personne ne remet un peu de raison, de responsabilité dans ce moment, non. Et alors ? Vous
demandez la
démission d'Emmanuel Macron ? Non, moi je demande à ce que chacun prenne ses responsabilités.
Bah si vous nous dites non, c'est la seule
solution. Ouais, j'ai pris les miennes. Je suis
à la tête d'un petit parti. Vous venez de nous dire non, on ne va
pas tenir six mois. C
'est quoi la solution ? Si on ne
remet pas du sens des responsabilités, et je demande à Emmanuel Macron, je demande à Sébastien Lecornu, je demande au candidat à
l
'élection présidentielle, d'agir avec responsabilité, de peser
leurs mots. Mais ça veut dire
quoi agir avec responsabilité
si vous me dites dans le même temps on ne tiendra pas six mois ? Ça veut dire que
quand vous avez un ministre qui, à deux reprises, crée les conditions de, j'allais dire, contracter le pays au moment où il est déjà très contracté, bah vous le montrez que vous avez remis de l'ordre dans votre gouvernement. Mais ça, c'est pas à moi d'appeler des démissions tous les matins et tous les soirs. Parce que ça, c'est appelé au chaos. Moi, j'appelle à ceux qui prennent les responsabilités, qui gouvernent aujourd'hui de se comporter à la hauteur de ce à quoi ils prétendent.
Une
démission, ça permettrait une élection plus rapide et de calmer le pays.
Vous savez, si vous avez 40 jours pour organiser l'élection puisque la règle, c'est celle-là, démission du président de la République, 40 jours pour organiser l'élection, je ne suis pas sûr
que
vous ne provoquiez pas encore un peu plus de chaos dans le chaos.
Guillaume Lacroix a été l'invité de Sud Radio. Merci Guillaume Lacroix. Vous êtes président du parti radical de gauche et on suivra évidemment tous vos voeux et tous ces appels à la raison que vous venez d'exprimer à notre micro. Dans un instant, la vérité en face avec bien sûr les thèmes que l'on a évoqués ce matin, le carburant, cette déconnexion dont on vient de parler et cette phrase qui fait beaucoup polémique et vous nous appelez au 0826 300 300 et puis l'appel de Gabriel Attal à la primaire des démocrates. A tout de suite.
est un
instant. A
tout de suite.
Guillaume Lacroix