Edgar Sabatier, réalisateur du documentaire "Un village sous emprise" est l'invité d'ICI Drôme Ardèche
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Questions et réponses
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Qu'est-ce qui a été difficile dans ce film ?
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C'est l'incapacité de la famille missionnaire à se remettre en question ?
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Qu'est-ce qui vous a surpris dans ce dossier ?
- 4:27OuverteRéponse directe
Ce qui est intéressant dans ce documentaire, c'est que c'est une approche très globale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ils représentent donc au total environ 160 membres. »
- 1:41InvitéChiffre
« sur un village de 380 votants, eh bien, oui, ça fait la différence. »
- 3:47InvitéChiffre
« Un projet d'église à 20 millions d'euros susceptible d'accueillir 3500 pèlerins. »
- 4:04InvitéFait
« une sœur qui plaque un militant écologiste. »
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Un
documentaire sur village Ardéchois de Saint-Pierre-de-Colombier, la famille missionnaire de Notre-Dame a été projetée en avant-première hier soir à Obonat. Son titre, un village sous emprise. La congrégation catholique traditionnaliste veut y construire une basilique de 3500 places et des habitants s'y opposent. Pierre-Jean Pluville, vous avez rencontré le réalisateur.
Bonjour Edgar Sabatier. Bonjour. C'est un film assez complet, un documentaire assez complet. Évidemment, il y
a
le thème de l'emprise que vous montrez bien. C'est un peu votre fil conducteur.
Oui,
l'emprise se manifeste de manière différente. L'emprise sur le village, l'emprise sur l'immobilier, l'emprise sur les membres de la communauté et l'emprise politique qui se joue dans les urnes. à chaque
scrutin.
Alors, vous avez suivi effectivement les élections municipales où on voit bien, j'imagine votre sentiment, en tout cas c'est ce qu'on ressent à l'écran, qu'il y a quelque chose qui cloche dans ces élections municipales.
Oui,
donc à chaque élection municipale, la famille missionnaire convie tous ses membres répartis sur l'ensemble du territoire français à Saint-Pierre-de-Colombier pour voter, alors que seulement 30 d'entre eux y habitent à l'année. Et donc, évidemment, ils pèsent lourd dans les urnes. Ils représentent donc au total environ 160 membres.
Et
sur un village de 380 votants, eh bien, oui, ça fait la différence.
Qu
'est-ce qui a été difficile dans ce film ? On voit, finalement, on entend assez peu la famille missionnaire, les pros, basilic, ils sont assez absents, si ce n'est quelques vidéos YouTube que vous avez récupérées. En fait, on vous a claqué la porte au nez. Je le dis comme ça, parce qu'il y
a
vraiment des portes qui se claquent.
Oui,
il
y a
des portes qui se claquent. J'ai été très bien accueilli le premier jour de tournage. Non, le premier jour où je suis venu à Saint-Pierre-de-Colombier. Puis quand ils ont vu que je donnais la parole aux opposants, ils se sont fermés. Voilà, il y a un climat anti-journaliste à Saint-Pierre-de-Colombier. La communauté vit dans son monde. Elle le répète dans le documentaire. Il y a son monde et celui du péché. L'autre monde, qu'ils appellent l'autre monde, dans lequel se trouvent les médias, la justice, et certains évêques, les évêques qui s'opposent à eux. Donc, effectivement, c'est très difficile de rentrer en contact avec eux.
Ils
sont malheureusement dans une position victimaire. Voilà, le Vatican est contre eux, l'État est contre eux, la mis-villude est contre eux, le président du tribunal était contre eux. Et c'est dommage, car ils auraient plutôt intérêt à peut-être se remettre en question. Et ça, ça a été un problème qui a été évoqué au tribunal.
C
'est l'incapacité de la famille missionnaire à se remettre en question, alors même qu'un certain nombre de dysfonctionnements sont criants.
Vous
ne connaissiez pas ce dossier. Il y a encore quelques mois, vous n'êtes pas hors des choix, d'ailleurs. Qu'est-ce qui vous a surpris dans ce dossier, de ce petit village, pour le moins très divisé aujourd'hui
? Ce
qui surprend, je pense, tout à chacun, c'est d'abord ce projet pharaonique d'église dans un village de 400 habitants. Un projet d'église à 20 millions d'euros susceptible d'accueillir 3500 pèlerins. C'est colossal. Et puis ensuite, évidemment, ça a été cette vidéo d'une sœur qui plaque un militant écologiste. Quand on voit ça, on se demande quel genre de religieux, de religieuse, peut faire preuve d'une telle démonstration de violence. Enfin, démonstration de force. parce que ça questionne et ça montre une ferveur pour défendre les intérêts de la communauté.
Voilà.
Ce qui est intéressant dans ce documentaire, c'est que c'est une approche très globale. Finalement, vous passez peu de temps sur les péripéties judiciaires, mais il y a une globalité. Voilà. Vous regardez le dossier dans sa globalité, dans son ensemble.
Oui,
parce qu'en fait, quand on commence effectivement à se renseigner, à enquêter sur cette communauté religieuse, on se rend compte qu'il y
a
plein de tiroirs. Et c'est une communauté qui est manifestement prête à tout pour répandre la divine miséricorde. Et donc, voilà, c'est en installant son pouvoir sur le territoire, en infiltrant les institutions, puis en limitant la parole de ses membres pour ne
pas
que ça lui cause préjudice. Et donc, si vous voulez, pour raconter l'affaire missionnaire, il ne faut pas que parler d'emprise mentale, d'abus, de faiblesse sur ses membres. Il faut aussi parler de l'emprise qu'elle exerce sur le territoire et sur tout un village. Merci beaucoup, Edgar Sabatier, d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes le réalisateur d'un documentaire qui va bientôt être diffusé sur ici, Rhône-Alpes-Auvergne et qui s'appelle
Un
village sous emprise. Merci beaucoup.
Merci
d'avoir reçu. Et en effet, diffusion jeudi prochain à 22h45, effectivement, Pierre-Jean, sur France 3, Rhône-Alpes-Auvergne. On appelle ça ici aussi, je crois.
Sous-titrage Société Radio
-Canada
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