Manifestations en France : "Il y a un lien qui s’est cassé entre les forces de l’ordre et l’État"
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« La main ne doit pas trembler au sommet de l'État. »
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Euh Béatrice Gelot, est-ce qu'on sait qui sera présent à ce conseil de sécurité qui doit débuter aux alentours de 10h et comment ça va se passer ? Alors Emmanuel Macron l'a annoncé hier depuis DOA au Qatar, ce qui est quand même pas anodin de dire "Demain, je réunis un conseil de sécurité en France". Euh donc il y aura évidemment tous les services de renseignement, le premier ministre Sébastien Lecornu, il y aura aussi bien évidemment Laurent Nunes, le ministre de l'intérieur.
Ça c'est pour les plus gros, tout simplement parce qu'il veut un compte-rendu du 17 octobre euh Emmanuel Macron parce qu'il reproche en fait au service de renseignement d'avoir sous-estimé l'ampleur de la manifestation et il veut absolument pas que ça se reproduise samedi. D'ailleurs, il l'a dit depuis de la main ne doit pas trembler au sommet de l'État. Donc le mot d'ordre c'est bien euh la fermeté. Donc on voit bien que Emmanuel Macron en fait va tenter ce matin de euh reprendre en main la situation et euh il a pas l'intention de se laisser déborder samedi prochain. Euh euh Bris Sool, qu'est-ce qui peut en sortir ? On connaît plus ou moins déjà les grandes lignes du dispositif de sécurité.
C'est finalement un coup de pression Emmanuel Macron ou c'est justement pour faire redescendre la pression ? Je pense je pense qu'il y a il y a deux raisons. La pr la première raison, c'est que Emmanuel Macron euh a besoin de de reprendre la main euh et de se rattraper peut-être par rapport à aussi à son intervention de dimanche dernier où les gens attendaient de l'autorité et majorité de l'opinion publique a considéré que son discours n'était pas au niveau des événements qu'avaient subi la France. Donc il reprend la main. Euh il s'est exprimé hier à DOA.
Euh on a un conseil de de sécurité, on a on a les partis politiques, certains partis politiques, pas tous, qui vont se retrouver cet après-midi. Différentes mesures ont été euh annoncées bien évidemment des couvre-feux partiels. Euh un certain nombre de collectivités ont pris cette initiative dès pour dès aujourd'hui et pour demain surtout. Ça c'est une première mesure. Les préfets ont été sollicités. Les maires et les préfets ont décidé vraiment de travailler ensemble à l'échelle de leur périmètre et à l'échelle de leur territoire. Euh et puis il y a une petite musique voilà qui on voais qui prend aussi autour de casseur payeur.
On on monsieur Jean-Brin a dit euh souhaitez prendre une circulaire, on pourra en discuter. On sent un désir de reprendre la main sur cette thématique de l'autorité pour peut-être, je pense, rassurer les Français et et dire voilà, l'État est présent à nos côtés et l'État assurera la sécurité des prochaines manifestations. Justement, je disais rassurer les les Français mais surtout rassurer les commerçants et les commerçants parce que c'est surtout eux, on en reparlera après justement des commerçants mais vous vous évoquiez Emmanuel Macron qui veut reprendre la main.
Je vous propose de de l'écouter justement hier à do à ce sujet [grognement] et j'ai donné une feuille de route, c'est celle qui est appliquée et en parallèle de ça, ce que nous faisons ici est important pour nos compatriotes. Donc j'ai décidé de le maintenir d'abord parce qu'il ne doit pas y avoir de fébrilité. La main ne doit pas trembler au sommet de l'État. Ensuite parce que nous avons besoin de ce que nous sommes en train de faire pour les Français dans les semaines et les mois qui viennent. Donc j'assume totalement d'avoir maintenu ce qui était prévu. Je suis dans mon rôle. Je suis à ma tâche. Il y a beaucoup de gens pour commenter.
Il y a très peu de gens pour prendre leur responsabilité. Moi je les prends. Émile Lecler, je prends mes responsabilités. Quand on dit ça, il faut assurer derrière auprès des Français. Oui, exactement. Et ce que ce que vous disiez à l'instant, c'est exactement ça. L'enjeu là, c'est l'autorité de l'État. Celle d'Emmanuel Macron, elle est déjà écornée depuis [grognement] un un bon moment, mais on sent bien que l'État doit reprendre sa place. Il y a un sondage qui est sorti hier qui est quand même extrêmement inquiétant.
On a six français sur 10 qui considèrent aujourd'hui qu'il va quasiment falloir se défendre seul et donc ils ne font plus confiance à l'État et aux forces de l'ordre pour les défendre. C'est extrêmement inquiétant et ça en dit long euh sur l'état d'esprit des Français face au aux menaces sur le les sécurités. Donc il y a un enjeu majeur pour Emmanuel Macron, non pas pour lui-même parce que j'ai envie de dire c'est déjà presque terminé. Il est en fin de mandat sa popularité les les discours de fermeté de la part d'Emmanuel Macron auprès des Français dans son allocution. il a été très ferme aussi. Euh, on sera intraitable auprès des Français, ça marche encore plus. Ça marche.
Ça marche plus pour sa propre image. Euh, on a des indicateurs de popularité qui sont vraiment extrêmement bas. Là, on a on a le le mois dernier, il était à seulement 18 % dans notre baromètre politique. Euh c'était son niveau le plus bas. Et le plus bas de record de ce baromètre politique, c'est François Hollande à 16 %. Donc, il s'en approche dangereusement et j'ai envie de dire, on voit mal comment il pourrait remonter la pente dans les dans les prochains mois. Là, l'enjeu, c'est plus lui, c'est l'État.
et euh finalement presque la présidentielle qui se dessine dans quelles conditions tout ça va se dérouler et et je pense que il a bien ça en tête qu'il va falloir tenir encore les 6 mois qui viennent pour que les choses se passent dans dans le les meilleures conditions possibles. Béatrice Jelot selon nos informations cet après-midi, il enfin il ira aussi visiter un commissariat. Il essaie de de remettre un peu son costume de de chef des armées, Emmanuel Macron.
Euh, il essaie de recréer du du lien avec les forces de l'ordre déjà parce que on l'a vu que les forces de l'ordre euh qui ont été mises en cause ne sont pas il y a un lien qui s'est cassé avec les forces de l'ordre entre l'État et les forces de l'ordre euh qui sont très remontées d'avoir été mis en cause comme ça dans Oui, on a dit que les forces de l'ordre avaient été dépassées dernier. Exactement. Exactement. Alors que les forces de l'ordre, elles sont surmobilisées depuis des semaines et des semaines avec les manifes des lycéens et cetera.
Donc et Sébastien Lecornu l'a l'a reconnu hier ou mardi à l'Assemblée en disant euh effectivement on aurait peut-être dû rappeler des forces de l'ordre qu'on avait mis en congé parce qu'elles avaient besoin de souffler après toutes les tensions qu'il y avait eu avec les lycéens. Et puis il y avait eu avant la visite du pape où tout le monde avait été toutes les forces de l'ordre avaient été euh mobilisé surmobilisé et euh donc euh Sébastien Lecnu en quelque sorte a fait un peu son méakoupa. Mais euh effectivement, Emmanuel Macron a besoin de retisser ce lien avec des forces de l'ordre parce qu'il il a besoin de ses forces de l'ordre samedi parce qu'ils n'ont pas droit à l'erreur samedi.
C'est la entre guillemets, j'ai envie de dire, c'est la dernière chance pour l'exécutif de montrer qu'ils sont en responsabilité. On va y revenir sur le le main sur ce dispositif de de sécurité, mais je voudrais qu'avant ça, on écoute hier Bruno Rota au Sénat qui pose une question. Samedi, le 17 octobre dernier, la France a connu une sorte de débacle. On l'a dit, on a énuméré ce fiasco. D'abord des commerces pillés, sacagés, des bâtiments en public incendié, des policiers souvent agressés brutalement et il faut, chers collègues, leur rendre hommage, rendre hommage à leur courage bien sûr.
[applaudissements]
et des Français totalement sidérés sidérés de voir la République reculer. Tous posent une seule question. Y a-t-il encore un chef ? Y a-t-il encore un état ? Brokol, y a-t-il encore un chef ? C'est c'est un des sujets de de ces événements, c'est que en fait ce qui s'est passé samedi dernier symbolique, les Français ont jugé que l'on avait subi une défaillance de l'État. Une défaillance de l'État pourquoi ? parce que les services de renseignement n'ont peut-être pas jugé que cette manifestation aurait une telle ampleur. Deuxièmement, il a été difficile en effet aux forces de l'ordre de pouvoir gérer sur l'ensemble du territoire l'ensemble de ces manifestations et de ces violences.
Il faut le rappeler, ce sont des même pendant les gilets jaunes, même pendant la crise qui a suivi l'affaire Naël, il n'y a pas eu de telle violence. Tout le monde le dit, les maires le disent, les policiers le disent, les commerçants le disent. Et donc comme vous le disiez justement, c'est que ce qui va se passer samedi va permettre entre guillemets au gouvernement et au chef de l'État de réparer ce qui s'est passé la semaine dernière quand je dis de réparer, c'est d'arriver à gérer cette situation de crise et de montrer que l'État n'est pas défaillant. Voilà, c'est ça l'enjeu parce qu'en fait vous prenez l'école, l'école qui a été à l'origine de ce conflit à travers la des lycées.
Vous prenez l'hôpital, vous prenez la sécurité. Aujourd'hui, une majorité de Français, on le voit dans tous les sondages, considère que ces services publicsl aujourd'hui sont défaillants et donc ça entraîne une défiance à l'égard du politique. Et le sujet, il est là. Cette défaillance là à l'égard du politique à 6 mois de l'élection présidentielle préoccupe une majorité de français, préoccupe le gouvernement et préoccupe le chef de l'État qui, comme vous le disiez justement, un chef de l'État qui progressivement soolle et disparaît et dont dont la parole n'est plus entendue, n'est plus écoutée. On a vu depuis dimanche dernier, c'est le premier ministre qui a la main.
Il s'est exprimé dimanche soir, il s'est exprimé cette semaine à l'Assemblée nationale, on en reparlera certainement. Mais le le chef de l'État a compris ce que lui reprochait beaucoup de Français, c'est un euh il y a une défaillance de l'État la semaine dernière, de vous n'avez pas été présent, 3 vous êtes partis à l'étranger au moment où nous avions besoin d'être euh d'entendre votre parole pour nous rassurer. Et donc c'est une pour lui c'est une semaine de rattrapage qui a commencé hier dans son expression à DOA.
Si justement il y a de nouvelles violences samedi, est-ce que Emmanuel Macron il peut tenir ou alors que ou alors est-ce que certaines figures de l'exécutif on sait que Laurent Nouz avait proposé sa démission à la suite de samedi dernier. Est-ce qu'une nouvelle journée de violence va forcément aboutir à ça ? Bah ça paraît compliqué, délicat au sein même de la majorité. On a entendu Édouard Philippe dire "La France a besoin d'être commandé". Je crois que c'était ça le terme. On sent que il y a vraiment une fragilité du pouvoir qui est extrêmement rêlevée et j'ai envie de dire c'est pas nouveau.
Il y a 1 an, il y avait à peu près les deux tiers des Français qui déjà réclamaient la démission d'Emmanuel Macron. Ça a pas été mesuré là dans les derniers jours, mais j'imagine qu'on est à des niveaux encore plus élevés aujourd'hui. Donc il y a vraiment une fragilité au sommet de l'État et on voit mal comment aucun fusible entre guillemets ne pourrait sauter si on avait un samedi 24 octobre qui était la réédition du 17 octobre. Ça sera très compliqué de tenir et il faudra bien que certaines personnalités prennent leur leur responsabilité.
Alors, est-ce que la question qui se posera évidemment c'est est-ce que la démission d'un président de la République c'est pas ajouter du chaos au chaos ? Donc mais c'est crédible ça. Enfin, combien de fois on a eu on a eu ce débat après d'autres problèmes au sein de la société ou des appels à la démission d'Emmanuel Macron ? Il n'a jamais démissionné. Il en fait presque son mantra de dire j'irai jusqu'au bout. il l'a il l'a redit parce que dans son entourage, certains lui ont suggéré euh euh justement de dire "Bah si euh si les chose dégénère, est-ce que il faudrait pas euh euh éventuellement envisager une démission ? Et il en est même pas question.
Euh il est on sait là-dessus, il est Emmanuel intransigent. il est intransigent là-dessus, sauf qu'il va falloir qu'il ait quand même des actes forts euh pour euh pour essayer euh de de de retisser ce lien avec les Français qu'il a totalement euh perdu. Certains lui ont reproché aussi euh à la veille des euh des manifestations du 17 octobre d'être au concert de Céline Dion par exemple alors que montait justement sur les réseaux cette euh cette force qui qui allait être dans la rue samedi. Et donc on lui a reproché voilà certains lui reprochent bah voilà d'être allé au dernier concert de Sé Lion au lieu d'être au palais l'Élysée.
Édouard Philippe lui a reproché d'être parti faire sa tournée dans le golfe au lieu de rester à l'Élysée. Euh et donc et Bruno Rotaillot lui reproche de pas avoir mis en place l'état d'urgence dès dimanche soir la droite ce qu'il se refuse toujours pour l'instant. Ce qui ce qu'il se refuse de faire toujours pour l'instant mais il se garde cette possibilité. Sébastien Lecornu l'a dit, Gérald Armanin l'a dit. Euh pour l'instant, le couvre-feu c'est la meilleure solution, mais on se garde toujours ce ce potentiel de mettre l'état d'urgence en place si la situation l'exigée et samedi, ce sera véritablement un baromètre pour pour l'exécutif de savoir ben ce qu'il va falloir faire.
Justement pour samedi, on annonce selon des sources de syndicat policier près de 80000 forces de l'ordre mobilisé. euh la BRI, le RAID, euh le GIGN euh tout ça, ce sont des actes forts justement comme parlait euh Béatrice ou sont des actes forts et puis c'est un vraiment c'est un focus du gouvernement euh et qui veut se rattraper par rapport à la semaine dernière. Euh il faut savoir que les forces de la semaine dernière, les forces de gendarmerie, vous savez qu'il y a des zones polices et des zones de gendarmerie notamment à Marseille, mais dans d'autres villes, les forces de gendarmerie sont venues en soutien euh à la police nationale, euh ce qui est assez exceptionnel.
Donc oui, il y a un focus vraiment sur cette manifestation, sachant que euh il va falloir concentrer l'ensemble des forces de l'ordre disponible sur ces événements. J'ai vu ce matin qu'il y avait des matchs notamment des rencontres sportives qui allaient être annulées, décalé. Mais ce qu'il faut savoir que en fait lorsque vous avez des des matchs euh ça mobilise ça mobilise 30 % des effectifs de police. Voilà, ce qui est énorme. Donc ces matchs sont annulés. Il y a en même temps, j'ai vu au Stade de France un événement majeur de football américain, il y aura 80000 personnes.
Il y a le dimanche le congrès du Rassemblement national à Orléan, pardon, samedi, excusez-moi, et dimanche et dimanche. Donc voilà. Donc mais la priorité du gouvernement c'est d'arriver sur l'ensemble des du territoire à sécuriser les différentes manifestations parce que ce n'est pas que Paris, on en parler tout à l'heure, ce sont les villes moyennes qui ont été atteintes. On a vu ce qui s'est passé à Limoge. Ce sont des villes de moins de moins de 20000 habitants. C'est-à-dire que les manifestations et la colère sociale, parce qu' il faut pas oublier que tout ça, l'origine de tout ça, c'est une colère sociale à laquelle le gouvernement devra aussi répondre. C'est c'est aussi ça l'enjeu.
Il y a le volet sécuritaire et puis il a répondre au fond des différents sujets au pouvoir d'achat, à la colère sociale, aux étudiants, aux lycéens. Donc voilà, il va falloir que sur l'ensemble du territoire, les forces de l'ordre de l'ordre soient suffisamment nombreuses pour agir.