ATTAL : UN 1ER MINISTRE AUX MÉTHODES TOXIQUES ? / NOUVELLE-CALÉDONIE : LES RÉVOLTES S'INTENSIFIENT
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- 1:52OuverteRéponse directe
On fera le point sur l'actualité du jour, assez chargée comme actualité aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale.
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On démarre avec un rapport alarmant sur les prisons. Encore un, la contrôleur générale des lieux de privation de liberté dénonce dans son rapport annuel des failles inquiétantes pour les prisons françaises et l'état alarmant de la pédo-psychiatrie.
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Des manifestants se sont invités à l'Assemblée générale du groupe de technologie et d'armement Thalès, un rassemblement en ce jour du 76e anniversaire de la NACBA.
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Les actionnaires ont donc expliqué qu'ils ne peuvent rien y faire, que c'était le choix du gouvernement et non le leur.
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Pour en venir à cette actualité de la Palestine, la ville de Rafa est toujours menacée d'une offensive d'envergure.
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On reste dans l'actualité pour parler des mobilisations en faveur de Palestiniens, des mobilisations d'étudiants.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Certaines cellules collectives prévues pour 4 personnes sont occupées par 7 personnes. »
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« Thalès est accusé de financer Israël en armement. »
- 7:52InvitéFait
« C'est entièrement faux. Thalès a complètement le choix de signer ou non des contrats avec tel ou tel client. »
- 10:37InvitéChiffre
« Littéralement, la catastrophe en arabe, la Nakba a donc débuté en 1948, où plus de 800 000 Palestiniens ont dû quitter leurs maisons et leurs terres de force. »
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« L'État hébreu a adopté en 1950 la loi dite des absents. Avec ce texte, les propriétés des Palestiniens déplacés ont été saisies. »
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« Le ministre israélien de l'Agriculture a même qualifié lors d'une interview de Nakba 2023 le déplacement de la population palestinienne du nord de Gaza vers le sud. »
- 11:26InvitéChiffre
« Environ 1,5 million d'habitants de la bande de Gaza ont été obligés de se déplacer vers le sud sur ordre israélien d'évacuation. »
- 18:05InvitéFait
« C'est quand même, je ne sais pas, c'est comme si la moitié de la rédaction du Média démissionnait d'un coup. »
- 21:54InvitéFait
« Elle a annoncé un attentat qui n'avait pas eu lieu il y a deux semaines, pendant le week-end de Pâques. »
- 26:00InvitéFait
« On n'en peut plus, on se fait insulter, on se fait maltraiter, on se fait harceler sur notre vie privée. »
- 31:56InvitéChiffre
« On dénombre plusieurs victimes, que ce soit du côté des manifestants, mais également un gendarme qui est décédé, plusieurs blessés, plusieurs commerces qui sont aujourd'hui fermés parce qu'ils ont brûlé. »
- 45:54InvitéChiffre
« ils représentent 40% de la population »
- 48:48InvitéChiffre
« ils ont mis plus de 2 milliards de francs CFP pour les touristes »
- 52:36InvitéFait
« il va prendre le temps de rencontrer les responsables politiques carédoniens et qu'il ne convoquera pas le congrès à Versailles pour permettre un accord »
- 53:37InvitéChiffre
« ça fait 171 ans que ça ne fonctionne pas »
- 55:14PrésentateurChiffre
« 140 personnes ont été interpellées dans la seule agglomération de Nouméa »
- 58:50InvitéFait
« la Nouvelle-Calédonie depuis 30 ans est inscrite sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser »
- 1:00:31InvitéFait
« la colonisation c'est un fait de l'histoire qui n'appartient plus aujourd'hui qui est du passé »
- 1:03:39InvitéFait
« le FLNKS a demandé une mission de médiation lors de son dernier congrès »
- 1:05:35InvitéFait
« la fierté du président de la République de continuer avec la Nouvelle-Calédonie l'accès à nos Pacifiques dans des heures les plus critiques pour le pays »
Temps de parole
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Bonsoir, Fabrice.
On fera le point sur l'actualité du jour, assez chargée comme actualité aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale.
Oui, tout à fait.
Et nous recevrons par la suite Nils Huilk en visio pour parler de son enquête parue dans l'hebdomadaire Politis, le journaliste Nils Huilk, qui a intitulé sommairement cette enquête. Gabriel Attal, premier manager toxique de France, avec un point d'interrogation. Des révélations qui font suite à la vague de démissions au sein du cabinet de Prisca Tevenot. On vous en a parlé ces dernières semaines dans nos émissions. Et dans la seconde partie de cette émission, cap sur la Nouvelle-Calédonie, où la situation a continué de se détériorer ces dernières 24 heures.
Les violences et les violentes révoltes urbaines se poursuivent alors que, après que le vote hier soir à l'Assemblée nationale de la réforme constitutionnelle, contesté, désormais donc contesté par les indépendantistes, pour en parler, je recevrai, Témataï, le gaïque député de la première circonscription de la Polynésie française, ainsi que Dominique Fauchy, secrétaire général de l'Union calédonienne. Nous essaierons avec eux d'y voir plus clair dans le tumulte qui s'est emparé de la Nouvelle-Calédonie, alors que les indépendantistes et la gauche exigent le retrait du texte voté sous la houlette du gouvernement.
Sur l'archipel, les révoltes ont doublé d'intensité à la suite de ce scrutin public, et le bilan fait état désormais de 4 morts et plusieurs centaines de blessés. On parle plus en longueur après le bulletin d'information, donc présenté par Amina Kalash. Alors Amina, donc pour le bulletin d'information, on démarre avec un rapport alarmant sur les prisons. Encore un, la contrôleur générale des lieux de privation de liberté dénonce dans son rapport annuel des failles inquiétantes pour les prisons françaises et l'état alarmant de la pédo-psychiatrie.
Oui, Fabrice Dominique Simonot, contrôleur général, a présenté aujourd'hui son rapport annuel où elle s'indigne du niveau de surpopulation carcérale en France. Elle y dénonce les failles au sein des prisons et le nombre de centres éducatifs fermés. Selon elle, c'est toute une chaîne qui déraille depuis trop longtemps. C'est au cours des 110 visites effectuées en 2023 qu'elle alarme les ministres concernés dans son rapport. Il y a une surpopulation carcérale qui a atteint un niveau record avec 67 450 détenus au 1er avril 2024, soit 4370 personnes de plus que l'année dernière.
Il s'agit du nombre de détenus le plus élevé jamais enregistré selon les statistiques de l'administration pénitentiaire, avec une très forte augmentation du nombre de personnes contraintes de dormir sur un matelas au sol, faute de place. Certaines cellules collectives prévues pour 4 personnes sont occupées par 7 personnes, explique la contrôleur générale dans son rapport. L'hygiène au sein des prisons est également pointée du doigt, ou encore les risques d'incendie en détention dans des établissements gravement touchés par la surpopulation, une situation à laquelle elle a été confrontée à deux fois en deux ans au cours de ses visites.
Les établissements visités souffrent de graves problèmes de recrutement de médecins et de personnels soignants. Enfin, le rapport insiste sur l'état alarmant de la pédopsychiatrie, qui conduit souvent à l'hospitalisation de mineurs en psychiatrie pour adultes. Au printemps 2023, en pleine contestation de la réforme des retraites, Dominique Simono avait envoyé un courrier au ministre de l'Intérieur pour dénoncer des conditions d'hygiène indignes en garde à vue et des irrégularités après avoir contrôlé 9 commissariales les 24 et 25 mars ce dernier.
Des manifestants se sont invités à l'Assemblée générale du groupe de technologie et d'armement Thalès, un rassemblement en ce jour du 76e anniversaire de la NACBA.
Oui Fabrice, aujourd'hui une action menée par Stop Arming Israël s'est déroulée devant l'Assemblée générale des actionnaires de Thalès afin de dénoncer sa collaboration avec Israël, jour des 76 ans de la NACBA, la catastrophe en arabe. Le collectif dénonce la complexité du groupe dans la guerre en cours en Palestine. Thalès est accusé de financer Israël en armement. Le groupe produit des composants pour des drones utilisés contre les Palestiniens ou encore ils sont accusés de développer leur activité en Israël. L'Isalap et André Manivit étaient sur place pour suivre la mobilisation. Ils en ont profité pour demander aux actionnaires s'ils comptaient demander des comptes à Thalès à ce sujet.
On écoute les réponses. Et vous en tant qu'actionnaire, est-ce que vous allez demander des comptes par rapport à l'armement d'Israël ? Mais non, mais non, je ne sais pas, ce n'est pas notre rôle. Et puis encore qu'on le demande, on nous répondra. Ce qu'on a envie de nous répondre, c'est-à-dire rien. Donc non, on ne demandera rien du tout. Moi, personnellement, je m'en fous. Je vous le dis, il peut filmer le collègue là. Je m'en fous, royalement. Je m'en fous. Par contre, ce que je ne me fous pas, c'est que Thalès, c'est une grande boîte française qui fait de l'armement et qui vend et c'est son boulot. Et il le fait très bien.
Alors après, pour le reste, ce n'est pas mon boulot, je n'en sais rien. Et en plus, je m'en fous. Donc actionnaire, vous avez quelque chose à dire sur l'armement de Thalès à Israël ?
Non, non, je n'ai rien à dire de spécial.
On n'a pas besoin d'armée Israël. Les États-Unis sont en charge déjà, au-delà du raisonnable. Donc nous, je ne vois pas ce qu'on a à faire là-dedans. En plus, quand on voit l'usage qu'en effet, de bombarder des zones urbaines, c'est une absurdité. Après, les décisions de vendre à tel ou tel, ça relève du gouvernement, ça relève pas de Thalès.
Bonjour, il y a une manifestation par rapport à l'armement d'Israël ? Aucune.
Les actionnaires ont donc expliqué qu'ils ne peuvent rien y faire, que c'était le choix du gouvernement et non le leur. Laura du collectif Stop Arming Israël nous explique que c'est entièrement faux. C'est entièrement faux. Thalès a complètement le choix de signer ou non des contrats avec tel ou tel client. Les actionnaires, justement, ils vont maintenant à une assemblée générale. Une assemblée générale, c'est bien un lieu où ils peuvent exprimer leur volonté sur les choix commerciaux de Thalès. Le gouvernement, effectivement, a un rôle dans le commerce d'armement avec Israël, bien sûr, parce qu'il autorise les licences d'exportation.
Mais les licences d'exportation, elles sont demandées par les entreprises pour répondre à des besoins commerciaux, des besoins économiques. Et Thalès fait le choix de coopérer avec Israël comme il le fait. Il y a des entreprises qui ne le font pas. Thalès le fait volontairement et sur la durée depuis plus d'une vingtaine d'années. Et ces actionnaires sont complètement hypocrites. Ils possèdent des parts dans cette entreprise. Ils ont un poids économique, ils ont un poids moral. Ils ont du sang sur les mains en faisant ça.
L'action a été rapidement réprimée par les forces de l'ordre, comme on peut le constater sur les images qui ont été prises par nos journalistes sur place d'Isalap et Andrie Manivit. Les manifestants ont été bousculés pour laisser passer les actionnaires de Thalès. Une manifestance a été bousculée par les forces de l'ordre. Elle est tombée et elle a été interpellée par la police. Malgré tout, il demande la fin du génocide et de stopper d'armer Israël. Pour rappel, un milliard de dollars d'armement a été accordé aujourd'hui par les Etats-Unis à Israël.
Et donc, pour en venir à cette actualité de la Palestine, la ville de Rafa est toujours menacée d'une offensive d'envergure. La population civile déplacée de force plusieurs fois est de nouveau sur les routes pour tenter de trouver un refuge. Et ce, 76 ans, donc on le disait jour pour jour après la toute première Nakba, c'était le 15 mai 1948, au lendemain de la création de l'Etat d'Israël.
En effet, Fabrice, les Palestiniens commémorent le 76e anniversaire de la Nakba en pleine guerre à Gaza. Les bases de la Nakba se sont mises en place en 1799 lors de l'invasion française du monde arabe, au cours de laquelle Napoléon a publié une proclamation offrant la Palestine comme patrie aux Juifs sous la protection de la France. À partir de 1882, des milliers de Juifs d'Europe de l'Est et de Russie ont commencé à s'installer en Palestine. En novembre 1947, les Nations Unies ont voté pour diviser la Palestine en deux Etats, un pour les Juifs et un pour les Palestiniens.
Le plan de division attribuait 56% du territoire au futur Etat juif, alors qu'il ne détenait que 7% des terres en Palestine et ne constituait que 33% de la population. L'Etat palestinien se voyait octroyer 42% du territoire, même si les Palestiniens, musulmans et chrétiens formaient la majorité de la population et étaient présents depuis toujours sur le territoire. Littéralement, la catastrophe en arabe, la Nakba a donc débuté en 1948, où plus de 800 000 Palestiniens ont dû quitter leurs maisons et leurs terres de force. Ils se sont réfugiés dans les pays voisins, comme le Liban, la Syrie, la Jordanie, mais aussi l'actuelle Cisjordanie et à Gaza.
L'Etat hébreu a adopté en 1950 la loi dite des absents. Avec ce texte, les propriétés des Palestiniens déplacés ont été saisies. Israël a également rasé à l'époque plus de 500 villages palestiniens. Depuis, les Palestiniens réclament un droit au retour sur leur terre. 76 ans après leur départ, l'exil et le déracinement des Palestiniens est encore d'actualité avec le génocide en cours à Gaza. Le ministre israélien de l'Agriculture a même qualifié lors d'une interview de Nakba 2023 le déplacement de la population palestinienne du nord de Gaza vers le sud. Environ 1,5 million d'habitants de la bande de Gaza ont été obligés de se déplacer vers le sud sur ordre israélien d'évacuation.
Aujourd'hui, près de 80% des Gazaouis sont les descendants de ces déplacés. La guerre fait craindre aux Palestiniens une nouvelle perte de ce qu'il leur reste comme territoire. Aujourd'hui, mercredi 15 mai 2024, des dizaines de milliers de civils continuent de fuir la ville de Rafa et ils sont menacés d'une offensive terrestre d'envergure.
Merci beaucoup Amina pour ce point sur l'actualité. On reste dans l'actualité pour parler des mobilisations en faveur de Palestiniens, des mobilisations d'étudiants. Le mouvement se poursuit devant Sciences Po, devant la Sorbonne. Devant la Sorbonne, nous on rejoint notre reporter Lisa Lapp, accompagnée d'André Manivit. Bonsoir Lisa, vous m'entendez ?
Oui, bonsoir Fabrice, j'espère que vous m'entendez bien.
On vous entend parfaitement Lisa Lapp. Est-ce qu'on peut parler un petit peu de l'ambiance sur place ? Je vois qu'il y a quelques bourrasques de vent et de la pluie. Est-ce que les manifestants sont quand même, les étudiants qui sont réunis devant la Sorbonne, donc sont quand même déterminés à manifester, continuer à apporter leur soutien à la population palestinienne ?
Oui, on est donc place de la Sorbonne, là où il y a un rassemblement, en fait, notamment pour commémorer la NACBA, tu l'avais dit, tu l'as bien expliqué Amina. Donc en fait, il y a plusieurs centaines d'étudiants, mais il n'y a pas que des étudiants, il y a aussi des syndicats comme la CGT, il y a des partis politiques comme Révolution Permanente ou le NPA, il y a l'UNEF qui est un syndicat étudiant. Juste avant qu'on arrive place de la Sorbonne, on était devant Sciences Po, il y a eu une petite manifestation de, je dirais, 30-40 étudiants qui ont été tout de suite massés par la police. Après, ils ont été libérés un par un et ils ont rejoint ce rassemblement-là qui est derrière moi.
Donc malgré la forte pluie, on vient de se prendre une grosse, grosse averse, tous ont dit que la pluie ne les arrêterait pas, comme la police ne les avait pas arrêtés la semaine dernière. Donc tout le monde est sous les arbres, on s'est un peu abrité, mais il y a quand même un petit peu de monde sur la place. Alors il y a plusieurs revendications aujourd'hui à la Sorbonne. Il y a bien sûr la commémoration de la Nakba, tout le monde dénonce la colonisation d'Israël en Palestine.
Et il y a aussi d'autres revendications, comme le fait que les universités arrêtent de collaborer avec des entreprises ou avec l'État d'Israël directement, qui collaboraient dans le génocide en cours, je les cite, pour toujours faire reconnaître aussi à l'État français le fait qu'il soit un génocide et pas une guerre. Et dans les revendications, il y a aussi le fait que la semaine dernière, il y a des étudiants qui ont été arrêtés lors des mobilisations étudiantes, que ce soit devant la Sorbonne ou devant Sciences Po. Donc il y a tout ça qui se mêle toujours en faveur du peuple palestinien, contre ce qui se passe actuellement à Gaza.
Et ils sont totalement déterminés à ce que ça ne les arrête pas. Et il y a aussi un rassemblement qui est prévu à République. Et les personnes qui sont rassemblées ici vont toutes aller ensemble, si c'est possible, à République. Il y a un peu de présence de force de l'ordre. Ils sont quand même, pour l'instant, plutôt loin du rassemblement. Mais ils sont en nombre, je dirais, pour l'instant, une cinquantaine de personnes. Mais moi, je vois que ça a peut-être qu'il y a d'autres camions derrière.
– Lisa, on le disait dans le flash, tu as couvert aussi ce matin le rassemblement devant le siège du groupe Thalès, le soutien à la Palestine qui concerne aussi, évidemment, ceux qui réprouvent en quelque sorte l'armement d'Israël par le groupe technologique.
– Oui, c'est ça. Donc ce midi, c'était une action de Stop Army Israël. C'est un collectif qui se bat depuis plusieurs mois pour, comme son nom l'indique, arrêter d'armer Israël et va viser des entreprises. Alors aujourd'hui, on le disait, c'est les 76 ans de la NACBA. Et donc il y a eu un appel des syndicats palestiniens, des syndicats de travailleurs palestiniens, à dire à tous les travailleurs du monde de se soulever pour tout ce qui est complice de ce qui se passe actuellement en Palestine par Israël. Et donc ce midi, Stop Army Israël a profité, entre guillemets, des 67 ans de la NACBA, qui était le même jour, c'est un comble de l'AG de Thalès, qui était à côté des Champs-Elysées.
Et donc ils étaient devant cet AG-là et ont essayé de bloquer, mais ça n'a pas pu durer longtemps parce que les forts de l'ordre ont tout de suite réprimé le rassemblement. Et donc oui, c'était pour dénoncer la collaboration de l'entreprise Thalès qui arme Israël. Donc voilà.
Merci beaucoup, merci Lisa pour ce point exhaustif, mais très riche aussi, sur la mobilisation contre le soutien ou le financement d'Israël de la part de Thalès, mais aussi donc en ce moment le soutien aux universités israéliennes, le tout soutien que peut apporter l'éducation, donc les écoles comme la Sorbonne et Sciences Po. Merci beaucoup Lisa et André Imanivit. Et on continue, on poursuit notre émission avec le journaliste Nils Wilk, auteur de cette enquête dont je vous parlais il y a quelques minutes, paruche nos confrères de Politis, Gabriel Attal, premier manager toxique de France.
Le gouvernement qui se retrouve dans la tourmente après les départs, les départs de nombreux collaborateurs. C'est le sujet de notre rubrique « Le combat de l'info ». On passe donc à cette rubrique tout de suite. Bonsoir Nils. Bonsoir, merci de m'accueillir. Merci à vous d'avoir accepté notre invitation. Alors vous avez intitulé cette enquête, donc Gabriel Attal, premier manager toxique de France. Mais dans les détails, c'est l'attitude de certains ministres qui est remise en question, en cause, notamment l'attitude de Priska Thévenot, la porte-parole du gouvernement.
Exactement. Alors pour être le... En réalité, il y a d'autres enquêtes qui sont parues au préalable dans la presse. D'abord, c'est Politico et Marianne qui ont donné le signal de départ, où l'on apprenait que des démissions en série avaient lieu au sein du cabinet de la porte-parole du gouvernement. Ce qui est... Alors bon, les départs de conseillers, de collaborateurs au sein des cabinets, ce n'est pas quelque chose, disons, de rare. Ça peut arriver qu'un collaborateur quitte un cabinet pour des raisons de santé, parce qu'il a trouvé une autre mission, parce que son ministre est débarqué aussi. Donc dans ce cas-là, les conseillers se retrouvent également au chômage.
Là, vraiment, ce qui a attiré l'attention de mes confrères et de moi-même, c'est le nombre de conseillers démissionnaires, c'est-à-dire qu'ils sont quand même sept. Le porte-parole du gouvernement, ce n'est pas un grand cabinet, si vous voulez. C'est une quinzaine de personnes au maximum, dimensionnées, disons, par rapport aux besoins du ministre. Donc c'est quand même, je ne sais pas, c'est comme si la moitié de la rédaction du Média démissionnait d'un coup. Vous voyez, ça fait quand même un vide.
Et donc on s'est posé la question de comprendre ce qui se passait au sein du gouvernement, sachant que dans d'autres cabinets, puisque le cas Thévenou a un petit peu libéré la parole, il a été fait état également de souffrance au travail.
Les collaborateurs dont vous avez recueilli les témoignages en off racontent des violences. Vous parlez de souffrance au travail, des violences psychologiques, des cadences infernales. On est loin de la vie de rêve de conseiller ministériel, par exemple.
Oui, parce que c'est vrai que dans l'esprit du grand public, et j'en ai fait longtemps partie avant d'être journaliste politique, on pense aux berlines de fonction dans lesquelles se déplacent les ministres, donc les conseillers les accompagnent, les accès privilégiés lors de grands événements, le traitement qui n'est quand même pas à négliger, c'est-à-dire qu'en fonction de la taille du cabinet, des responsabilités qui sont les vôtres, vous pouvez toucher quand même jusqu'à 7 000 euros mensuels, donc c'est quand même important. Et puis vous travaillez quand même dans des lieux d'exception, sur des sujets d'exception au service du ministre et des Français tous les jours.
Pour les personnes qui évoluent dans ce milieu-là, c'est quand même un sacré bond en avant, à la fois social, professionnel, et donc c'est vraiment quitter un cabinet comme ça en masse à un moment aussi crucial en plus, parce que le gouvernement, et vous en avez parlé au début de l'émission, ne chôme pas en ce moment, les sujets ne manquent pas, c'est tout à fait exceptionnel.
Parmi les témoignages que vous rapportez, une ancienne directrice du cabinet de la ministre Thévenot dresse un parallèle assez étonnant avec Christiane Taubira, avec qui elle a également travaillé. Christiane Taubira, qui est réputée aussi pour un petit peu essorer ses équipes, mais à la différence de Thévenot, elle savait, dites-vous, ou alors dit le témoignage, être exigeante d'abord avec elle-même.
Oui, Christiane Taubira, on peut le dire, est totalement incontrôlable, je pense que ce n'est pas, dans le milieu politique et journalistique, ça se sait, c'est un esprit brillant, c'est une dame brillante, c'est une figure emblématique de la gauche, c'est le visage du mariage pour tous, de la réforme du mariage en 2013 sous François Hollande, donc c'est vraiment quelqu'un de brillant. En revanche, au quotidien et en termes de travail, c'est quelqu'un qui est insomniaque, qui travaille la nuit, qui envoie des SMS à pas d'heure.
En revanche, ce que disent les gens, alors pas la directrice de cabinet adjointe directement, mais ce que dit l'entourage et d'anciens collaborateurs de cette ministre, c'est que travailler avec Christiane Taubira, c'est travailler pour un projet d'excellence, en fait. C'est-à-dire qu'en travaillant pour elle, on a l'impression de participer à améliorer les conditions de vie dans le pays. Là, en l'occurrence, c'était pour les couples de même sexe à travers la réforme du mariage. Le problème avec Priscate et Venot, c'est que ses démissions révèlent aussi, si vous voulez, les limites de ses compétences professionnelles.
Et je ne parle pas de manière personnelle, ce sont ses anciens collaborateurs et leurs entourages qui le disent. C'est-à-dire qu'elle est quand même accusée d'être très dilettante dans son travail. Ça s'est révélé, notamment publiquement, puisque je pense que vous en aviez peut-être parlé, mais en conférence de presse, elle a annoncé un attentat qui n'avait pas eu lieu il y a deux semaines, pendant le week-end de Pâques. Donc, c'est quand même hallucinant.
Je veux dire, le porte-parole du gouvernement, à la sortir du Conseil des ministres, c'est quand même la conférence de presse gouvernementale qui est la plus suivie, il y a tout gratin du journalisme politique, dont l'un de vos journalistes, d'ailleurs, qui la suit religieusement. Et donc, vous voyez, ça a fait le tour de tous les médias, d'ailleurs. Donc, ça, c'est quand même un signe que les dossiers ne sont pas gérés au mieux.
Que vous répondz, j'imagine que vous avez contacté le cabinet de la ministre, que vous répondz Prisca Tevenou, conseil ? On la connaît très habile pendant ces conférences, de ces comptes rendus de conseils, de ministres très habiles pour faire un peu de la langue de bois.
Ah non, mais elle n'est pas ses maîtresses. Alors, elle n'est pas la seule. Ceci dit, c'est quand même un trait dominant, disons, de l'administration, de l'exécutif version Macron. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a de toute façon un problème avec la presse indépendante depuis qu'il arrive au pouvoir. On a beaucoup de mal à se faire communiquer des éléments par l'Élysée ou par Matignon. Je l'ai moi-même expérimenté et on en parle même entre confrères et consœurs.
Il y a un verrouillage à tous les niveaux de la communication qui ne s'était pas vu sous François Hollande ou même sous Nicolas Sarkozy, qui traduit une méfiance envers les médias et puis une volonté un peu control freak de vouloir sauvegarder son image. Dans le cas de Prisca Tevenou, je n'ai pas contacté son cabinet, je l'ai contacté elle directement, puisqu'auparavant elle était simple députée. Et donc j'avais son numéro, je lui ai envoyé un SMS en lui indiquant qu'on publiait une enquête. Donc je crois que c'était 12 heures avant la publication, en lui disant qu'il y a des éléments assez graves qui sont remontés.
Et bon, elle n'a pas répondu à ce SMS alors qu'elle le faisait sur d'autres sujets. Donc je pense qu'elle n'a pas voulu remettre une pièce dans la machine. C'est déjà suffisamment humiliant pour elle. Voilà, elle n'a pas voulu réagir. Et Matignon n'a pas non plus souhaité réagir.
Justement, vous écrivez que malgré tout, la responsabilité serait plus à chercher du côté de l'incurie, dites-vous, du Premier ministre et de ses proches. Gabriel Attal est un peu en contradiction avec ses prises de parole de ces derniers mois, de ces dernières semaines. On sait qu'il a lancé un plan contre le harcèlement quand il était ministre de l'Éducation. et que le sujet, en tout cas c'est le storytelling qui a eu lieu autour de son profil, de son personnage de Premier ministre, c'est que le sujet du harcèlement lui tient à cœur. Mais la responsabilité serait à chercher de son côté aussi.
Absolument. Gabriel Attal a fait du harcèlement, et notamment le harcèlement scolaire, un grand axe de sa politique. Il s'est mis lui-même en scène, courageusement d'ailleurs, en racontant qu'il avait été victime de harcèlement lui-même lors de son parcours scolaire. Ce qui est plutôt inédit pour un Premier ministre. Simplement, force est de constater que dans la réalité, il ne respecte pas, il n'est pas à l'écoute des différents collaborateurs des ministères.
Et vous savez, pour le grand public, pour les spectateurs qui nous regardent, pour les internautes qui nous regardent, il faut savoir que c'est Matignon, évidemment, qui pilote l'ensemble, la gestion, entre guillemets, des différents ministères. Et notamment des cabinets ministériels. Et quand, si vous voulez, il y a des problèmes qui sont remontés, alors que ce n'est pas forcément avec le ministre. Ça peut être entre collaborateurs, ça peut être entre deux directeurs de cabinet, de deux ministères différents qui ne s'accordent pas, qui n'arrivent pas à s'écouter. Il y a des problèmes pendant les réunions, des problèmes de calage, d'agenda.
Tout ça remonte à ce qu'on appelle le secrétariat général du gouvernement. C'est le SGG. C'est un peu la tour de contrôle du gouvernement en matière de gestion de ressources humaines. Et donc, les alertes ont été faites. C'est-à-dire que ces collaborateurs ont quand même envoyé des mails. Il y a des traces écrites. Ils en ont parlé directement. Ils ont tiré la sonnette d'alarme en disant « On n'en peut plus, on se fait insulter, on se fait maltraiter, on se fait harceler sur notre vie privée. » C'est quand même allé très, très loin. Et c'est ce que je décris dans mon enquête.
C'est-à-dire que Mme Thévenot s'est servie d'éléments personnels de ses collaborateurs pour instaurer une sorte de chantage affectif ou pour leur mettre une pression, pour les obliger à travailler pour elles, alors que certains avaient envie déjà de démissionner il y a plusieurs semaines. Et donc, Matignon n'a pas joué son rôle de vigie. C'est à Matignon, évidemment, de convoquer soit ses collaborateurs, soit la ministre elle-même, pour qu'elle s'explique sur ces problèmes de souffrance au travail qui sont récurrents et qui mettent à mal quand même l'image de l'ensemble du gouvernement. Et d'autant qu'il y a d'autres cas qui sont révélés dans les autres cabinets.
Horreur Berger, elle est surnommée Horreur Berger. Dans le petit monde politique et médiatique. Catherine Vautrin, son directeur de cabinet, apparemment, aurait tenu des propos totalement déplacés, pareil, en réunion de cabinet. Hervé Berville, qui est le ministre chargé de la mer, c'est une catastrophe également. Il n'est jamais à l'heure, il ne respecte pas ses rendez-vous, il ne respecte pas ses collaborateurs. Donc vous voyez que c'est un problème plus large que Prisca-Tévenot et qui touche un peu tous les ministères.
Merci beaucoup, Nils Vilk, d'avoir répondu à nos questions. Je rappelle donc que vous êtes l'auteur de cette enquête parue dans Politis. Gabriel Attal, premier manager toxique de France. Et cette enquête qui décrit la gestion humaine exégrable dans les services du Premier ministre, notamment de la porte-parole du gouvernement Prisca-Tévenot et des autres responsables politiques que vous venez de mentionner. Merci encore, Nils, et à bientôt.
Si vous me le permettez, je voulais juste vous féliciter pour votre dossier déposé à l'ARCOM pour aller sur la fréquence TNT. Et j'espère vraiment que le dossier aboutira. Bravo à toute l'équipe.
Merci beaucoup, Nils, et merci pour ces mots d'encouragement. On passe dans un instant à la seconde partie de cette émission consacrée à la situation en Nouvelle-Calédonie suite au vote hier soir à l'Assemblée nationale d'une révision constitutionnelle visant à élargir le corps électoral. On se retrouve après ce clip. La situation politique est inédite, urgente. Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue sur Le Média.
Deux directs par jour. Une situation de crise alimentaire sans précédent. Du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête. Le Média est aujourd'hui la seule télévision résolument de gauche, engagée et indépendante des pouvoirs financiers et politiques. Le Média, c'est 25 travailleurs qui produisent de l'information au quotidien. Nous devons faire plus. Pour cela, nous devons nous développer. Développer la chaîne de télévision, développer nos programmes, notre présence sur le terrain, enquêter sur les puissants qui nous gouvernent. Le tout en libre accès. Développer cette chaîne unique dans le paysage audiovisuel français implique de faire grandir nos équipes, d'investir dans du matériel.
Sans ça, pas d'émissions, pas de reportages, pas d'enquêtes et le champ libre pour les grands médias. Macron, son monde et l'extrême droitisation des débats. Menez cette bataille avec nous. Abonnez-vous aux médias à partir de 5 euros par mois. L'abonnement, c'est notre moyen de financement le plus pérenne, le plus solide. Être abonné, c'est faire vivre une chaîne TV d'information indépendante et engagée, accessible à toutes et tous en francophonie. Être abonné, c'est faire vivre le pluralisme et le débat dans le très petit monde de la TV. Offrez-vous une alternative TV. Abonnez-vous. Le Média, reprenez goût à l'info.
Rebonsoir à tous et à toutes et bienvenue sur le Média. Si vous nous rejoignez, on passe à la seconde partie de notre émission Toujours debout, c'est le moment d'entamer cette seconde partie consacrée à la Nouvelle-Calédonie. Et j'accueille sur ce plateau Thémataï Le Gaïc, député de la première circonscription de Polynésie française et Dominique Fauchy, secrétaire général de l'Union calédonienne. On essaiera, avec mes invités, de comprendre les tenants et les aboutissants de cette situation de plus en plus critique en Nouvelle-Calédonie après le vote d'hier soir à l'Assemblée nationale.
Un vote très contesté et controversé dans lequel figure l'élargissement du corps électoral propre au scrutin provincial de Nouvelle-Calédonie à tous les citoyens résidant sur place depuis dix ans. On en parle donc et on en débat tout de suite dans l'entretien d'actu. – Bonsoir messieurs, merci d'avoir accepté notre invitation pour parler de la Nouvelle-Calédonie, donc sur le média. Je le disais, la situation s'est beaucoup détériorée depuis hier à Nouméa notamment. Le bilan fait état de quatre morts dont un gendarme et des centaines de blessés. Je voudrais d'abord avoir votre réaction à tous les deux après ce tournant plutôt macabre. Je commence par vous, Témataï Le Gaïc.
Votre réaction après tout ce qui s'est passé à Nouméa depuis hier ?
– Merci beaucoup de nous avoir invités dans les médias et adressé les pensées les plus chaleureuses, de solidarité à l'ensemble des familles qui sont endeuillées. On dénombre plusieurs victimes, que ce soit du côté des manifestants, mais également un gendarme qui est décédé, plusieurs blessés, plusieurs commerces qui sont aujourd'hui fermés parce qu'ils ont brûlé. Et à l'ensemble du peuple kanak et de l'ensemble des populations qui vivent en Kanakie-Nouvelle-Calédonie, cette pensée fraternelle. La situation impose plusieurs réponses. D'abord une remise en question de tous les parties prenantes, que ce soit des responsables politiques sur place, mais aussi l'État.
Parce qu'on a tous une part de responsabilité, moi-même, en tant que député, ayant participé à l'examen du projet de loi constitutionnelle hier soir où j'ai voté contre. Quel que soit le vote que nous avons eu, on a une part de responsabilité. Dans ce qui se produit et continue de se produire en Kanakie-Nouvelle-Calédonie parce que dès lors où on pose les mots, dès lors où on parle par nos votes, on a des actes sur ce territoire, on a une part de responsabilité. Aujourd'hui, au vu de la situation, chacun doit faire une introspection des mots qu'on a dit, des actes qu'on a pu prendre afin de, en urgence, trouver une solution de sortie.
Dominique Fauchy, on vous a reçu hier soir sur ce plateau pour parler de ce vote qui n'avait pas encore livré son résultat. Depuis hier, la situation a encore pris, je le disais, un tournant assez marquant, assez macabre, sanglant même. Comment vous réagissez aujourd'hui à tout ce qui s'est passé ?
C'est vrai que c'est regrettable. Ce soir, on a une pensée pour toutes nos familles qui sont là-bas. De quelques bords qui soient, de quelques couleurs de peau qui soient, la situation n'est pas, comment dire, n'est pas au beau fixe. Aujourd'hui, j'ai une pensée pour toutes les familles qui ont été touchées par les deuils qui se sont déroulés, les personnes décédées, que ce soit du côté des gendarmes ou du côté des jeunes, des jeunes militants, des jeunes qui se sont levés pour leur pays et qui ont tout simplement affiché leur drapeau, affiché leur couleur et dire qu'en Russie, il y a un peuple qui est là.
On n'est pas en train de combattre dans le cadre d'un mouvement de grève ou d'un syndicat. On est en train de combattre pour notre dignité. Et c'est ça la difficulté que le gouvernement ne veut pas entendre. Mais la situation aurait pu être évité. On a lancé des appels. Aujourd'hui, la situation est telle qu'elle est. Et il va falloir relever la tête pour avoir un avenir meilleur. Et aujourd'hui, c'est vrai que la situation est critique, très critique.
Alors vous le disiez, Thémataï, hier, le vote a eu lieu. Vous y avez pris part. Et c'est ce vote qui cristallise un petit peu les tensions puisqu'il a déjà été adopté au Sénat et que maintenant, l'Assemblée nationale vient donc de le valider. Je vous propose d'écouter l'annonce du résultat du vote à l'Assemblée nationale.
Voici le résultat du scrutin. Votant 507, exprimé 504, majorité 253. Pour 351, contre 153. L'Assemblée nationale a adopté.
Alors en réaction un petit peu à tout ce grabuge qui s'est produit depuis hier, il y a eu un conseil de défense et de sécurité nationale qui s'est déroulé ce midi à l'Elysée. Et le gouvernement a déclenché l'état d'urgence. Est-ce que la réponse jusqu'ici vous est satisfaisante ?
Comme l'a dit Dominique, secrétaire générale de l'UCE, l'Union calédonienne, cette situation était prévisible. Ce n'est pas nous, militants indépendantistes, qui le disons. C'est plusieurs spécialistes de la Nouvelle-Calédonie qui, depuis quelques jours et surtout depuis quelques heures après le vote à l'Assemblée nationale qui le dit, ça fait plusieurs années, notamment depuis le troisième référendum contesté qui a été unilatéralement poursuivi par l'État alors qu'il y avait une demande des indépendantistes de le repousser afin de permettre au peuple kanak de poursuivre son deuil suite aux centaines de décès qu'il y a eu durant la crise de Covid-19.
Jusqu'à aujourd'hui, l'État ne souhaite pas essayer de trouver une issue à ce troisième référendum. Et voilà, mois après mois, ils ont enchaîné les décisions unilatérales.
Aujourd'hui, on le voit à l'échelle internationale, le Premier ministre australien, le Premier ministre des Îles-Cook, le secrétaire général du Forum des Îles du Pacifique apportent leur soutien, notamment à la question de la souveraineté du peuple kanak, réaffirment l'importance du processus de décolonisation et explique que la situation actuelle n'est pas une situation de ce jour car depuis 2021, dès lors que l'État est sorti de sa position de neutralité, de médiateur, dès lors qu'il a pris position du côté des non-indépendantistes, il a commencé à y avoir une fracture dans le dialogue. 30 ans d'accords, de paix, d'équilibre politique pour finir par un État qui n'est pas médiateur.
Et c'est la raison pour laquelle, pendant ces débats, nous avons réaffirmé deux choses. L'État doit reprendre sa place de médiateur parce qu'elle a sa part de responsabilité, l'État. Et enfin, la poursuite des accords doit se faire autour de la question du vivre-ensemble, du destin commun. Et donc, lorsqu'on parle du corps électoral, il faut parler de la question de la citoyenneté parce que c'est la citoyenneté qui fait peuple dans ce pays. Et il faut parler de toutes les modalités qu'il y a dans les accords et pas détricoter les accords. Donc, cette situation est prévisible.
Et comme je l'ai dit au démarrage de notre entretien, chacun doit faire une introspection pour prendre sa part de responsabilité.
Dominique Fauchy, sur la réaction du gouvernement, elle vous semble satisfaisante ?
C'est vrai que par rapport à l'invitation du gouvernement pour venir à Paris après, c'est ça, votre question ? C'est vrai qu'on avait eu vent de ça. Mais suite au congrès du FLNKS, nous, on aurait souhaité que, c'était la demande qui a été formulée deux fois par courrier par le bureau politique de FLNKS, que la procédure soit suspendue et qu'une rencontre se fasse avant le passage à l'Assemblée nationale.
Le FLNKS, qui est le mouvement indépendantiste ?
Le mouvement indépendantiste, le regroupement de toutes les organisations indépendantistes en Kanakie. Donc, on avait fait deux courriers. Et il n'y a pas eu de réponse officielle. La réponse, c'était celle-ci que le président et le gouvernement nous ont transmis par voie médiatique, c'est-à-dire des invitations à Paris, après le passage à l'Assemblée nationale et de trouver un accord auquel cas, le président de la République convoque le congrès de Versailles. C'est un petit peu ça, la situation aujourd'hui. C'est que le pays est en feu. Le gouvernement nous appelle les responsables à venir à Paris, à trouver un accord. Sinon, ils convoquent le congrès de Versailles.
C'est un petit peu le message qui est passé. Et c'est un mauvais signal encore.
Vous trouvez qu'il y a une espèce de double jeu de la part du gouvernement qui donne l'impression de vouloir dialoguer, mais, en fait, a son plan en tête déjà ?
Il a son plan et il menace de, comment dire, le président menace de convoquer Versailles s'il n'y a pas d'accord. Du coup, il nous force à discuter un peu sous la contrainte. C'est un petit peu ça, là. Comment on pourrait être perçu les choses ? Mais de toute façon, l'histoire de notre pays nous a démontré que c'est par le dialogue qu'on a réussi à sortir. Sortir toujours la tête haute. Il faut savoir que dans l'histoire du pays, l'histoire de la colonisation, les relations entre la France et le peuple kanak ont toujours été conflictuelles. On a fait un petit peu... Pour réciter toutes les révoltes qui se sont déroulées dans l'histoire du pays jusqu'aux événements de 1984.
Mais en gros, tous les 30-40 ans, le peuple kanak s'est révolté. Et là, malheureusement, on y est.
On va prendre un peu la température de la volonté un peu présidentielle, macroniste notamment. Après ces 24 heures agitées, on a écouté ce matin le député Renaissance, donc le mouvement présidentiel, Nicolas Metzdorff. Il parle, lui, d'une hystérisation des débats. Pour lui, ce serait la faute au débat public qui serait hystérisé par les indépendantistes. On écoute Nicolas Metzdorff.
Personne ne souhaite et n'a souhaité la mort de qui que ce soit au Nouvelle-Calédonie. La perte d'un Calédonien, c'est toujours quelque chose de tragique. J'en veux beaucoup à l'hystérisation des débats du côté de la branche la plus radicale des indépendantistes, qui, depuis 30 ans, ne respecte pas la parole des accords numéas, qui étaient des accords de paix et de vivre ensemble et de destin commun. Il y a une frange indépendantiste radicalisée qui a continué de considérer qu'il y avait des gens plus légitimes que d'autres en Nouvelle-Calédonie. Donc c'est leur faute à eux ? C'est leur faute à eux ? Si ça a des génériques comme ça sur le territoire calédonien ?
Aujourd'hui, je ne crois pas qu'on puisse dire que c'est la faute de quelqu'un ou de quelqu'un d'autre. Je dis juste qu'on est dans une situation en Nouvelle-Calédonie où on n'a pas tranché la question de savoir si on considérait que tous les Calédoniens naissaient libres et égaux en droit ou si on considérait que parce qu'il y avait une colonisation il y a 200 ans, il y avait des gens plus légitimes que des autres.
Une réaction à ce que vous venez d'entendre, Thémataï ?
Si on fait un parallèle avec la situation actuelle. Parce que, encore une fois, moi, mon objectif de passer dans les médias, c'est de faire en sorte qu'on puisse trouver des solutions de sortie à la situation dans laquelle nous sommes. lorsqu'on voit la situation actuelle en Kanaké-Nouvelle-Calédonie, la plupart des lieux où il y a eu une aggravation des relations, c'est dans Nouméa et dans le Grand Nouméa, c'est-à-dire dans les zones urbaines. Que ce soit en Promesse-Nord, en zone rurale ou dans les îles, les indépendantistes comme les non-indépendantistes continuent de dialoguer. Ça veut dire quoi ?
Lorsqu'on entend certains responsables politiques calédoniens sur Nouméa, c'est là où il y a le plus de radicalité. Radicalité dans les propos, mais même radicalité dans le mode de vie. C'est-à-dire que la majorité, il faut le répéter, la majorité des personnes qui sont en situation de précarité, ce sont des Kanaks. 90% des personnes qui sont dans le camp Est de la prison de Nouméa, ce sont des Kanaks. Alors que les Kanaks représentent 40% de la population. C'est pour ça qu'on parle de décolonisation. Et il faut faire attention. Décolonisation et autodétermination, ce n'est pas la même chose.
Autodétermination, c'est comment est-ce qu'un peuple, d'abord le peuple colonisé, le peuple premier, ensuite les Kanaks ont ouvert la possibilité aux victimes de l'histoire, c'est-à-dire toutes celles et ceux qui sont arrivés après, qui sont victimes de la colonisation, de participer avec eux au droit à l'autodétermination. Le droit à l'autodétermination, c'est la possibilité pour une population de décider son avenir statutaire. Soit l'indépendance, soit l'indépendance d'association, soit le statu quo, soit l'entrée complètement dans la puissance coloniale, c'est-à-dire la départementalisation.
Le processus de décolonisation, c'est un système qui permet au peuple colonisé, lui qui a subi des centaines d'années de colonisation, lui permettre de revoir du soleil. Et lorsqu'on dit de revoir du soleil, c'est un rééquilibrage politique et économique. Aujourd'hui, la décolonisation n'est pas terminée. Ce n'est pas parce qu'il y a eu deux référendums et un contesté que la décolonisation est terminée. Quand il y a 90% des Canaques qui sont en prison, alors qu'ils représentent 40% de la population, la décolonisation n'est pas terminée.
Quand la majorité des Canaques sont en situation de précarité, quand c'est eux qui sont le plus dans les quartiers populaires, c'est que la décolonisation n'est pas terminée parce que le rééquilibrage économique n'est pas terminé. C'est la raison pour laquelle il faut continuer le processus de décolonisation, la discrimination positive en faveur du peuple colonisé.
Dominique Fauchy, on a entendu ce député Renaissance de Nouvelle-Calédonie. Il est un peu hors sol quand il dit que le problème c'est l'hystérisation du débat plus que le fond de ce qui est revendiqué aujourd'hui par le peuple Canaques.
C'est ça. Aujourd'hui, la situation est trop grave pour tenir des propos comme ça. Elle est trop grave. Nous, on n'a fait que de prévenir. ça fait déjà depuis quelques années que les responsables indépendantistes disent qu'il faut faire attention, on a la sortie des accords, on ne veut pas revivre ce qu'on a vécu durant les années 80, on a construit un accord de paix. Mais ça, ça nécessite l'écoute. L'écoute, le dialogue, le consensus. et là, le projet de loi, il a été fait sans consensus. Et ça, c'est des règles qui bâtissent la paix en Nouvelle-Calédonie. Il y a aussi l'impartialité de l'État. Il y a des messages, des mauvais messages qui ont été envoyés depuis le 12 décembre.
le peuple a l'impression qu'on est en train de lui marcher dessus. C'est toute cette frustration-là et notamment la marginalisation, Témata, il en parlait un petit peu tout à l'heure, la marginalisation de la jeunesse dans les quartiers populaires, dans le grand Nouméa, qui fait qu'arriver à un moment toute cette addition de choses, il faut que les choses
se réveillent. Il y a des soucis d'inégalité aussi qui ne sont pas pris en compte par la métropole, par le gouvernement qui, aujourd'hui, va mener une politique répressive alors que quand, en temps de paix, de pacification, les mesures pour favoriser l'essor de cette population ne sont pas prises.
C'est ça. Aujourd'hui, il y a un contraste. On arrive à Nouméa, on passe par les squats, les populations canac et océaniennes nissan, tous les quartiers sociaux, les canacs et les populations océaniennes nissan sur la même commune de Nouméa. Les quartiers nord, les quartiers sud, vous allez dans les quartiers sud, il y a les plages, il y a des aménagements de baies qui sont faits. Dernièrement, pour lutter contre l'érosion, ils ont mis plus de 2 milliards de francs CFP pour les touristes. Alors qu'il y a des gens qui vivent dans les squats, ils n'ont pas d'eau, pas d'électricité sur la même commune. Ça, c'est un exemple qu'on cite pour expliquer un petit peu la situation.
Aujourd'hui, c'est vrai que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, les provinces, les mairies sont compétentes, mais dans le Grand Nouméa, les mairies et la province sont dirigées par les non-indépendants. Je ne suis pas en train de les incriminer, mais voilà. Des fois aussi, il faut essayer de prendre en compte tout le monde dans les politiques publiques qui sont faites, notamment par rapport à l'insertion. Beaucoup de jeunes ne travaillent pas. Beaucoup de jeunes sont à l'écart de tout.
Ça nourrit cette colère qui monte et finalement qui explose à la face du gouvernement aujourd'hui.
Ça n'a pas joué en faveur de la paix. C'est vrai que le processus de colonisation doit continuer justement pour résorber justement toutes ces inégalités-là aussi. Il y a aussi le rôle des institutions dans le cas de Nouvelle-Calédonie.
Pourtant, le président de la République, Emmanuel Macron, était à Nouméa l'année dernière et il avait apparemment donné des gages en tout cas dans sa famille pour sa façon de se présenter en défenseur du pacte comme il a appelé qui liait Nouméa au gouvernement. Il voulait donner des gages de confiance. On va écouter un extrait du discours qu'il avait donné lors de sa visite en juillet 2023.
Ce pacte de Nouméa que nous scellons aujourd'hui, je m'y engagerai comme je me suis engagé à vos côtés il y a 5 ans. Et donc, vous me verrez parfois vous presser de décider et de choisir. Je sais que parfois cela vient contrarier le besoin de temps que certains expriment. Je respecterai toujours le temps qu'il faut pour une discussion sincère et loyale. Mais il nous faut avancer. Ce pacte, c'est celui qui vous donne et vous donnera la stabilité dans la République et la France, la stabilité pour l'avenir, la force pour demain en respectant chacun et sans rien abandonner. Ce pacte d'aujourd'hui, ce pacte de Nouméa, c'est celui qui permet nos rêves respectant la part singulière de chacun.
Ce pacte d'aujourd'hui, c'est celui que nous scellons. Vous pouvez compter sur moi parce que je sais aussi que je pourrais compter sur vous.
Et Mataille Le Gaïc, au-delà des grandes envolées lyriques d'Emmanuel Macron, on a l'impression que la politique a été creuse en fait depuis un an, depuis un peu, plus de six mois et ce discours.
C'est... Alors, encore une fois, les mots qui sont posés aujourd'hui et ces prochaines heures doivent être des mots pris avec beaucoup de prudence au vu de la situation. Lorsqu'on entend le président de la République, là, dans les propos qu'il vient de tenir et lorsqu'on voit le déroulement de ce qui s'est passé depuis dimanche, dimanche, il a... il a dit que à l'issue des votes, il va prendre le temps de rencontrer les responsables politiques carédoniens et qu'il ne convoquera pas le congrès à Versailles pour permettre un accord.
Ce matin, très tôt, les responsables politiques carédoniens reçoivent un courrier du président de la République leur signifiant qu'ils doivent prendre leur responsabilité, en tout cas, lui, il prendra sa part de responsabilité. S'ils ne le font pas, il va convoquer le congrès d'ici fin juin. La politique du en même temps du président Macron est un échec, ça ne fonctionne pas. Dire, on va discuter, mais je vous force, c'est un peu ce qu'il dit, je respecte le principe de donner le temps parce que c'est le principe océanien, mais je vais quand même vous pousser à avancer.
C'est une politique qui, on le voit que ça ne fonctionne pas dans les pays occidentaux, on voit que ça ne fonctionne pas en France, n'importe et pas dans un pays océanien où on voit que ça fait 171 ans que ça ne fonctionne pas. Maintenant, encore une fois, la sortie de crise, elle, il y a plusieurs tempos. Aujourd'hui, l'État a sa part de responsabilité parce que c'est l'État qui a la compétence et qui est le garant de l'ordre. Aujourd'hui, oui, l'État doit maintenir l'ordre. Maintenir l'ordre, ce n'est pas forcément envoyer 2000 militaires et faire une pression active sur les manifestants, sur les militants. 140 personnes
ont été interpellées dans la seule agglomération de Nouméa.
Maintenir l'ordre, oui, il faut protéger les personnes, donc oui, il faut qu'il y ait des forces de l'ordre.
Oui, il faut protéger les biens, donc il faut des forces de l'ordre, mais il faut avoir un dialogue, il faut avoir un dialogue avec les manifestants, avec tous les mouvements indépendantistes comme non-indépendantistes, et il faut condamner, moi je le dis, il faut condamner des milices armées actuellement, que certaines personnes appellent des milices citoyennes ou des quartiers qui s'organisent, que les quartiers s'organisent pour protéger leur maison, je comprends, pour protéger leur famille, je comprends, mais qu'on voit ici et là des personnes cagoulées qui s'organisent, qui sont armées et qui vont jusqu'à tirer sur des manifestants, sur des militants indépendantistes, moi je ne comprends pas pourquoi ce n'est toujours pas condamné.
Le haut-commissaire nous dit qu'il y a plusieurs morts aujourd'hui, dont un gendarme, il nous explique que les morts aujourd'hui ne sont pas du fait des forces de l'ordre. Donc ça vient bien de ces militants indépendantistes qui ont bien été tués par quelqu'un, par des milices armées qui aujourd'hui contribuent à la montée des tensions. Ce n'est pas des milices armées de faire le maintien de l'ordre, c'est aux forces de l'ordre qui ont été formées pour faire du maintien de l'ordre et pas des milices armées. Et l'État doit aussi prendre ses responsabilités. Alors aujourd'hui, on voit que des milices sont aux côtés des forces de l'ordre pour faire du maintien de l'ordre. Ce n'est pas bien ça.
L'État doit prendre ses responsabilités et c'est la raison pour laquelle je dis les mots comme les actes de l'État aujourd'hui, toutes les heures, c'est l'État qui a sa part de responsabilité parce que c'est lui qui est garant du maintien de l'ordre. Dominique Fauchy ? Oui, c'est vrai que la situation n'est pas facile mais il va falloir trouver des solutions en tout cas le faire par la répression je pense que c'est un mauvais message. C'est un très mauvais message qui est envoyé. Et comme ce matin il le disait la formation de milices qui viennent aider la police et les forces de l'ordre pour tirer à vue sur les jeunes. On a vu des vidéos c'est... Comment dire ? Il n'y a pas de mots.
Il n'y a pas de mots. Aujourd'hui, on a laissé les responsables indépendantistes même de tous bords tous les responsables politiques du pays ont lancé un appel au calme. Mais voilà les choses sont parties il va falloir trouver des solutions mais aussi par le dialogue pas seulement par la répression parce que les choses risquent de s'en venir mieux en plus.
Thémataï Le Gaïc vous avez reçu le soutien de groupes politiques de gauche principalement. On a vu le groupe par exemple de la France insoumise demander la suspension de ce projet de réforme constitutionnelle également le groupe du parti socialiste est-ce que vous pensez qu'avec cette convergence à gauche on pourra forcer ou pousser le gouvernement à faire marche arrière vu la gravité de la situation à peut-être revenir sur ce qui a été voté hier.
Depuis le début ce qu'on demande c'est qu'il y ait le retrait du texte qu'il y ait le retrait du texte parce qu'il faut qu'il y ait un accord global.
Et encore une fois on nous explique qu'il faut tenir les élections au rendez-vous je rappelle que lors de la crise Covid on a repoussé les élections municipales donc on peut également là pour des raisons de crise je l'ai rappelé à l'Assemblée nationale la France a connu des heures sombres et la France s'est adaptée un Conseil national de la résistance un gouvernement provisoire essayé de trouver les voies et moyens et ça a duré plus en moins plusieurs années pour mettre tout le monde autour de la table pourquoi est-ce qu'en Nouvelle Calédonie il faudrait que ce soit un état extérieur qui vienne décider de comment est-ce qu'on fait pour renouveler les institutions je rappelle que la Nouvelle Calédonie depuis 30 ans est inscrite sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser donc toutes les évolutions statutaires et institutionnelles de la Nouvelle Calédonie doivent être prises au regard des conventions internationales dont la France est signataire notamment auprès des Nations Unies aujourd'hui lorsque la France nous parle de démocratie elle nous dit qu'elle doit honorer ces conventions internationales en matière de démocratie mais elle doit aussi honorer ces conventions internationales en matière de décolonisation notamment en matière auprès des Nations Unies et c'est la raison pour laquelle encore une fois la précipitation dans laquelle le gouvernement a souhaité nous envoyer pour voter le texte et ensuite aujourd'hui nous dire maintenant qu'on a voté le texte on peut prendre notre temps discuter mais faites attention dans un mois et demi si vous n'y arrivez pas on réprime on précipite encore les choses pour aller voter et nous on pense qu'aujourd'hui les interlocuteurs notamment le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer n'est pas la personne qu'il faut privilégier on ne peut pas être ministre de l'Intérieur et en même temps négociateur on demande à ce qu'il y ait une mission de contact un groupe de contact une mission de dialogue comme ça a été fait par tous les premiers ministres à l'époque Michel Aurocard Lionel Jospin avec des personnes qui sauront aller discuter et qui n'ont pas d'intérêt quand j'entends le ministre de l'Intérieur pendant les débats nous dire que la colonisation c'est un fait de l'histoire qui n'appartient plus aujourd'hui qui est du passé quand il nous explique que c'est parce qu'il est petit-fils d'un colonisé et qu'il sait ce que c'est et qu'il est fier d'appartenir à la France très bien il est déconnecté vous trouvez de la réalité c'est du négationnisme oui ce n'est pas parce que il est fier d'être français parce qu'il est petit-fils de colonisé que moi je dois l'être moi je suis français par la force mais je ne veux pas je ne veux pas l'être et je ne veux pas le rester et c'est ce qu'il y a en Nouvelle-Calédonie la moitié du peuple de Nouvelle-Calédonie par deux fois et si ça s'était fait en bon terme par trois fois peut-être en majorité voudront dire je ne souhaite pas être français je souhaite être libre dans mon pays qu'est-ce qu'on en fait ?
aujourd'hui c'est bafoué d'un revers de la main donc il faut qu'il y ait des interlocuteurs qui comprennent ça parce qu'encore une fois que ce soit du côté des indépendantistes comme des non-indépendantistes il nous faut de la part de l'État des personnes qui puissent dialoguer et comprendre les deux parties pas juste une seule partie les deux parties et ça prendra le temps qu'il faut parce que la paix nécessite du temps et c'est ce qui est dit depuis le début
Dominique Fauchy sur les perspectives pour une sortie de crise comment vous pensez qu'on peut y arriver aujourd'hui dans la discussion qui se noue éventuellement entre le mouvement indépendantiste et le gouvernement
c'est vrai que aujourd'hui le gouvernement et l'État français peut-être découvre que la paix elle est fragile dans le Nouvelle-Calédonie et se déconnecter de l'histoire c'est répéter les mêmes erreurs qui passent c'est quelque chose qui a été qui a été fait lors de ce vote aujourd'hui en termes de perspective c'est vrai que les choses sont difficiles les choses sont difficiles mais il va falloir trouver les voies et moyens remettre les deux règles qui ont fait fonctionner la paix pendant 35 ans le consensus par le dialogue et l'impartialité de l'État c'est sur ces deux rails qui ont été construits les 35 ans de paix et le gouvernement il est sorti de ces rails depuis le 12 décembre on a le discours on a vu le discours du président de la république la gna gna à nos mères même s'il reconnaît l'histoire il dit que les trois noms scellent l'avenir de la Nouvelle-Calédonie et ça on ne peut pas faire fi de l'histoire on ne peut pas faire fi de l'histoire et pour c'est déjà un des éléments à prendre en compte si l'État ne prend pas en compte ça ça va être difficile c'est pour ça que le FLNKS a demandé une mission de médiation lors de son dernier congrès mission de médiation mission de dialogue avec des personnes neutres pour justement rétablir les conditions d'un dialogue serein apaisé et surtout équilibré surtout équilibré je ne sais pas c'est quoi la décision qui va être prise concernant l'invitation du président mais voilà il va falloir respecter ces trois principes
merci beaucoup le mot de la fin Témataïle Gaïque
on a besoin de soutien partout où le colonialisme le néocolonialisme fait rage il faut unir nos forces je me rappelle il y a beaucoup de vieux comme ça dans tous les pays du monde qui ont été colonisés qui ont porté cette parole je reprends celle de Nelson Mandela Nelson Mandela a été accusé par des médias occidentaux tout le monde se rappelle de cette fameuse interview où on lui dit comment ça se fait que vous avez des relations avec Kadhafi ou avec Fidel Castro la réponse a été simple lorsque il y avait l'apartheid et que nous étions mis de côté pas de droit de vote marginalisé et moi en prison qui était là les occidentaux n'étaient pas là aujourd'hui comme l'a dit Dominique il ne faut pas faire les erreurs du passé la colonisation n'est pas terminée le néocolonialisme n'est pas terminée et moi ce qui m'a peiné lorsque j'ai vu la lettre du président Emmanuel Macron au responsable politique le premier chapeau de la lettre c'est la fierté du président de la République de continuer avec la Nouvelle-Calédonie l'accès à nos Pacifiques dans des heures les plus critiques pour le pays il pense encore aux questions de géopolitique de la France on ne doit pas faire les erreurs du passé et on a besoin de soutien partout ailleurs partout dans le monde que ce soit ici de la part des français françaises et des français sensibiliser vos responsables politiques vos députés vos sénateurs vos maires pour apporter soutien à la Canaqui Nouvelle-Calédonie et partout ailleurs tous ceux qui nous entendent remercier le média de nous permettre d'avoir parole alternative par rapport à tout ce qui est dit sur les médias contrôlés par par les puissants qu'on puisse relayer des mots de paix et ses valeurs de liberté
ça donne un peu aussi le temps du fait que la médiatisation vous le disiez de la situation en Nouvelle-Calédonie peut être parfois un peu partielle et sélective et que les indépendantistes sont présentés comme des personnes qui veulent juste le conflit je vous ai donné le mot de la fin pour vous je vous redonne quand même le mot de la fin à vous Dominique le vrai mot de la fin à vous Dominique Fauchy sur le soutien que vous attendez éventuellement de la part de la population hexagonale qui peut-être malheureusement peut vous percevoir parce que c'est ainsi que vous êtes décrit les indépendantistes dans les médias mainstream comme des fouteurs de troubles en fait
c'est l'image qui est perçue mais ça fait des mois des années qu'on lance des appels nos appels pas voir médiatiques d'ailleurs nos appels ils sont très peu relayés aujourd'hui parce qu'il y a le feu tout le monde parle de la Nouvelle-Calédonie à l'âge j'étais avec des associations ici sur Paris et il y avait des sujets qui concernaient la Nouvelle-Calédonie je faisais des conférences de presse personne ne venait ils n'ont jamais été appelés comme ça par tous les médias depuis hier ils n'ont jamais été sollicités comme ça et on n'a fait que d'alerter on n'a pas été attendu peut-être c'est voulu aussi par certains médias que le message ne passe pas mais en tout cas on relance l'appel du soutien du peuple français même à l'international de venir nous soutenir parce que la situation elle est grave et on a on a besoin on a besoin de tout le monde pour pouvoir sortir de cette situation qui est aujourd'hui pénible et qu'on ne veut pas qu'elle perdure
merci beaucoup Dominique Fauchy secrétaire générale de l'union calédonienne et à vous Thémataï Le Gaïc vous êtes député de la première circonscription de Polynésie Polynésie française et merci à vous d'avoir suivi cette émission toujours debout c'est fini pour ce soir mais nos programmes se poursuivent ici même à cette antenne que vous nous suiviez sur le flux 24-7 de YouTube ou sur le canal 350 de la Freebox et peut-être vous l'avez entendu quelquefois durant cette émission peut-être dans le futur sur la TNT puisque le média a officiellement déposé son dossier de candidature auprès de l'ARCOM pour faire partie donc de la télévision numérique terrestre le média tient par ailleurs à exprimer ses plus profonds remerciements aux donateurs de la campagne Kiss Kiss du mois de septembre dernier des noms qui s'affichent dans le bandeau en bas de votre écran et sans qui ces personnes donc sans qui les programmes que vous appréciez n'existeraient tout simplement pas vous le savez nos programmes sont financés ne sont financés que par vous vos dons vos abonnements alors profitez et offrez-vous à partir de 5 euros par mois un véritable média libre et indépendant un média foncièrement différent à la télévision chaque euro recolté va au développement de la chaîne et renforce les équipes ainsi que notre grille de programme quant à moi je vous remercie de votre fidélité et vous donne rendez-vous pour la prochaine émission je vous souhaite une très belle soirée une bonne soirée sur le média à la prochaine émission
à la prochaine émission