Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 19 mars 2019 495 minContradictoireFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEnvironnement & énergie

Grand débat des idées, le direct : Emmanuel Macron échange avec des intellectuels

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 58 %Attaque 20 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:34OuverteRéponse directe

    Monsieur le Président, avant de nous interroger sur la crise de la civilisation, nous allons revenir sur ce qui se passe depuis 4 mois dont les événements de samedi semblent à la fois le couronnement et peut-être une simple étape.

  • 13:48OuverteRéponse directe

    Monsieur le président de la République, une réaction ?

  • 16:11OuverteRéponse directe

    Merci, Dominique Médard. Une réaction, M. le Président de la République.

  • 23:45OuverteRéponse directe

    Pour prolonger un peu cette discussion, ce que je vous propose, c'est de prendre peut-être un tout petit peu de recul sur les grandes transformations que le capitalisme contemporain est en train de connaître.

  • 28:41OuverteRéponse directe

    Daniel Cohen, une réponse, M. le Président de la République.

  • 40:29OuverteRéponse directe

    Réaction des économistes sur les idées fiscales et sociales évoquées ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:30InvitéFait
    « ceux qui ont été sur les Champs-Elysées ne disent même... Enfin, ils disent une part, et j'y reviendrai de ce mal, mais ils ne disent pas ce qui a initié cette crise, ou ce qu'il a dit plus profondément, ce sont des gens qui veulent détruire les institutions. »
  • 16:54InvitéFait
    « Je pense par exemple à la note du FMI, du département de la recherche du FMI, en 2016, la note intitulée « Le néolibéralisme est-il surfait ? » »
  • 18:05InvitéFait
    « Vous aviez parlé au moment de la campagne présidentielle d'un très grand plan d'investissement, on a parlé de 57 milliards, et puis on n'en a plus entendu parler. »
  • 18:10InvitéChiffre
    « On sait que les chiffres, c'est à peu près 20 milliards par an qui seraient nécessaires pendant plusieurs années pour passer ce cap. »
  • 19:45InvitéFait
    « ça a été la réponse française de Nicolas Sarkozy à la crise de 2008-2010. Quand je regarde les pays européens, il est le seul, la France est le seul à avoir fait un grand plan d'investissement. »
  • 19:56InvitéFait
    « Je regarde dix ans après, on a plus de chômage que ceux qui ne l'ont pas fait et on a plus de déficit public. »
  • 20:16InvitéFait
    « Le scandale sur le sujet climatique est que nous avons accumulé une dette que nous commençons à payer, que nous allons léguer à nos enfants. »
  • 21:01InvitéFait
    « si c'était ce qui rend plus heureux ou plus fort, ça se serait vu, on est parmi les premiers mondiaux. »
  • 26:48InvitéFait
    « avec une croissance de 1% l'an, par exemple, la part du capital hérité ne va cesser de croître puisque le rendement du capital est beaucoup plus élevé que ce taux de croissance. »
  • 27:02InvitéChiffre
    « aujourd'hui, on est déjà, comme vous le savez, dans un capitalisme quasiment d'héritier puisque les 2 tiers du capital, du patrimoine détenu en France est hérité alors que c'était moins de 45% au début des années 70. »
  • 35:33InvitéFait
    « Pas du tout sur l'idée d'un revenu universel, mais sur les conditionnalités de celui-ci. »
  • 39:09InvitéChiffre
    « Nous, on a à peu près 450 niches pour un total de 100 milliards d'euros. »
  • 42:08PrésentateurChiffre
    « Ce que nous perdons, c'est quelque chose comme 10 milliards là-dessus. »
  • 43:09PrésentateurChiffre
    « Le 1% supérieur a gagné quelque chose comme 5-6 points de revenus dans les mesures qui ont été prises. »
  • 59:14PrésentateurChiffre
    « 2018, c'est la douzième année consécutive dans laquelle la France enregistre un déficit de balance courant. »
  • 1:06:30PrésentateurFait
    « le climat que nous vivons aujourd'hui est vraiment marqué par un réchauffement de 1 du 10ème degré par décennie. »
  • 1:30:40PrésentateurFait
    « le projet commun dont vous parlez, il est à mon avis possible mais il est forcément complexe »
  • 1:32:10InvitéFait
    « notre société est fragmentée, individualiste, beaucoup de solitude »
  • 1:33:51InvitéFait
    « l'image que l'on peut avoir du système politique, c'est bien connu, c'est vous occupez une place forte au centre »
  • 1:35:14InvitéFait
    « tout était vermoulu, c'est un vieux monde »
  • 1:48:27InvitéFait
    « les réformes qu'on a passées en début de quinquennat redonnent un pouvoir extrêmement fort aux organisations syndicales »
  • 1:50:30InvitéFait
    « on doit garder une part d'autorité de rapport à la décision »
  • 1:59:04PrésentateurFait
    « ça coûte de l'argent parce que il va y avoir des gagnants qui prennent l'argent sans rien dire et puis des perdants qui vont hurler »
  • 1:59:07PrésentateurFait
    « ça coûte de l'argent parce que il va y avoir des gagnants qui prennent l'argent sans rien dire et puis des perdants qui vont hurler »
  • 1:59:13PrésentateurFait
    « est-ce que moi j'investis là-dessus mon capital politique »
  • 2:04:15InvitéFait
    « on ne croule pas sous le capital productif »
  • 2:04:32InvitéFait
    « ces 20 dernières années de chômage qui est pour moi la pire des inégalités dans notre pays entre les deux pays grands pays voisins que sont la France et l'Allemagne »
  • 2:07:25PrésentateurFait
    « la France a du chômage la France est endettée moins compétitive »
  • 2:10:49InvitéFait
    « une véritable crise de la démocratie »
  • 2:14:03InvitéFait
    « les enfants juifs ne peuvent pas fréquenter toutes les écoles publiques parce que leur sécurité ne peut pas être assurée »
  • 2:26:45PrésentateurChiffre
    « moyenne d'âge 60 ans 5% de jeunes »
  • 2:27:30PrésentateurChiffre
    « 35% des jeunes considéraient »
  • 2:27:35PrésentateurChiffre
    « 35% des jeunes considéraient étaient d'accord avec l'affirmation suivante : certaines personnes usent de la violence pour défendre leurs intérêts »
  • 2:27:50PrésentateurChiffre
    « 20% de l'ensemble des français mais 35% des jeunes »
  • 2:31:32InvitéFait
    « les jeunes qui ont entre 18 et 25 ans c'est la difficulté de mener des réformes ou de procédure des changements ils sont le fruit d'un système éducatif qui était celui qu'ils ont connu il y a 5, 10 ou 15 ans »
  • 2:32:13InvitéFait
    « notre système scolaire il était surtout formidablement fait pour être déterministe sur le plan des choix c'est-à-dire ces vies empêchées qu'on évoquait tout à l'heure »
  • 2:34:46InvitéFait
    « dans certains départements où on a des élèves qui parce qu'ils sont juifs ne peuvent plus rester à l'école et sont poussés dehors phénomène d'ailleurs qui était insidieux parce qu'on ne le dit pas c'est pas dénoncé »
  • 2:35:16InvitéFait
    « proposition de loi dite gâtel qui nous a d'ailleurs permis lorsque certaines écoles ne respectaient pas ces règles de pouvoir les fermer ce qui n'était pas possible jusqu'alors »
  • 2:35:32InvitéFait
    « 1905 et rien que 1905 »
  • 2:35:56InvitéFait
    « un principe de la République qui assure la liberté de chacun et la protège »
  • 2:38:20InvitéFait
    « certains ont parlé d'insécurité culturelle mais il y a au fond dans notre pays quelque chose qui se vit où on mélange le fait cultuel le fait culturel le fait migratoire »
  • 2:40:14InvitéFait
    « où vous avez un conservatisme croissant au sein de beaucoup de ces religions et même des pays où il y avait autant de musulmans il y a 30 ans et aujourd'hui qui étaient des pays où le voile avait disparu »
  • 2:41:20InvitéFait
    « ce ne sont pas des gens qui vont conduire au terrorisme mais qui ont une vision très conservatrice et de type politique de l'islam »
  • 2:41:51InvitéFait
    « il ne s'agit pas de dire on a enseigné en quelque sorte un catéchisme de la république »

Temps de parole

  • Présentateur37 %
  • Invité37 %
  • ?6 %
  • Invité 25 %
  • Invité 34 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %

≈ 53,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

2:31
Locuteur

On

2:31
Présentateur

est à l'heure, 18h20.

2:36
Locuteur

Moi,

2:37
Présentateur

j'écoute la radio.

3:06
Locuteur

Oui,

3:08
Présentateur

Hervé. Merci beaucoup, Hervé. Merci beaucoup. Effectivement, nous sommes en direct depuis l'Elysée, depuis la salle des fêtes de l'Elysée avec ses 64 intellectuels et un président de la République, des ministres également qui sont autour de nous. C'est quelque chose d'absolument inédit dans le cadre de ce grand débat.

3:39
Locuteur

Un

3:39
Présentateur

exercice absolument inédit qui va pouvoir se prolonger en direct sur l'antenne de France Culture, sur le site de France Culture jusqu'à minuit. Alors, après, on a du temps, mais ça sera uniquement sur le site. Je le précise pour les auditeurs et pour ceux qui sont autour de moi, Hervé. Alors, une seule règle, évidemment, la liberté. C'est évident, mais autant le préciser. Tous les intellectuels, tous les chercheurs, tous les universitaires qui sont autour de moi, chaque catégorie n'étant pas exclusive des autres, sont évidemment libres

4:11
Locuteur

des

4:12
Présentateur

propos qu'ils vont tenir, des remarques, des questions qu'ils vont adresser, ou bien au président de la République, ou bien des commentaires généraux. Et pour commencer, monsieur le président de

4:24
Locuteur

la

4:24
Présentateur

République, bonsoir. C'est vous qui avez eu l'idée de cet exercice, vous qui avez lancé les invitations.

4:31
Locuteur

C

4:31
Présentateur

'est France Culture, donc, qui va retransmettre ce grand débat et l'animer. C'est normal, c'est notre rôle de faire vivre le débat d'idées, mais avant tout, puisque vous êtes un président libre, est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi vous avez souhaité cet exercice

4:46
Locuteur

? Merci

4:49
Invité

beaucoup, et bienvenue, bienvenue à toutes et tous, et merci d'être présent ici.

4:55
Locuteur

J

4:56
Invité

'ai en effet souhaité, en début de cette année, lancer

4:59
Locuteur

ce

5:00
Invité

grand débat national, qui est un exercice un peu inédit,

5:03
Locuteur

au

5:04
Invité

vu de la situation que

5:05
Locuteur

nous

5:06
Invité

vivions. Conscient du fait qu'au fond, cette situation

5:11
Locuteur

n

5:14
Invité

'était que le symptôme de quelque chose de plus profond,

5:17
Locuteur

et

5:18
Invité

qu'on avait besoin d'y réfléchir collectivement, et peut-être de retrouver d'autres formes de vitalité

5:23
Locuteur

dans

5:24
Invité

notre démocratie.

5:25
Locuteur

Et

5:26
Invité

c'est d'ailleurs ce qui vit sur le terrain. Moi, j'ai eu l'occasion d'échanger avec des maires, avec des jeunes, avec différents forums divers et variés, mais nos concitoyens ont eu énormément de réunions entre eux pour faire remonter des idées, des propositions.

5:41
Locuteur

Et

5:41
Invité

au fond, dans ce grand débat,

5:43
Locuteur

il

5:44
Invité

y a évidemment des choses qui en sortiront. Il y

5:46
Locuteur

a

5:46
Invité

une impatience, d'ailleurs, qui est en train aujourd'hui de pointer son nez en disant qu

5:50
Locuteur

'on

5:51
Invité

attend les mesures.

5:53
Locuteur

Mais je

5:53
Invité

dirais que

5:54
Locuteur

ce

5:55
Invité

n

5:55
Locuteur

'est

5:55
Invité

pas ce qui m'intéresse, moi, le plus.

5:57
Locuteur

C

5:57
Invité

'est que je pense qu'on a accumulé beaucoup de choses non dites,

6:01
Locuteur

et

6:01
Invité

qu'on a eu tendance ces dernières années, pour ne

6:04
Locuteur

pas

6:04
Invité

dire ces dernières décennies, à n'avoir un traitement

6:06
Locuteur

que

6:06
Invité

symptomatique des mots qu'on connaissait. Il y

6:09
Locuteur

a

6:09
Invité

un problème, donc il y

6:10
Locuteur

a

6:10
Invité

forcément des décideurs qui ont une solution, qui répond au problème. Le problème étant toujours le problème apparent, c'est-à-dire le symptôme qui se révélait.

6:18
Locuteur

Ce

6:18
Invité

qui est d'ailleurs intéressant, d'un point de vue strictement démocratique, c'est que depuis le début du grand débat, les problèmes ont changé. Le mal a migré. Le symptôme, au début, n'était que le pouvoir d'achat. Ensuite,

6:27
Locuteur

c

6:27
Invité

'est devenu uniquement démocratique, et ce fut le RIC. Et puis, c'est devenu d'autres sujets. Certains ont dit, vous voyez bien que le sujet n'est plus environnemental. Dans le débat, et au-delà même du débat, dans beaucoup d'autres pays, le sujet environnemental revient. Et donc, on voit bien que le mal est plus profond, et que ce qu'il y a derrière les symptômes, c'est quelque chose qu'il nous faut caractériser, qui est une des sources du malheur français. Alors, est-ce qu'il est strictement politique ? Est-ce qu'il est d'ailleurs strictement français ? Je ne crois pas. Est-ce qu'il est peut-être civilisationnel, en tout cas très profond ? Je le crois.

6:59
Locuteur

Et

6:59
Invité

donc, pour moi, ce que nous sommes en train de faire collectivement, c'est de redéfinir un projet national et européen.

7:06
Locuteur

C

7:06
Invité

'est ce que nous devons faire.

7:09
Locuteur

Et

7:09
Invité

donc, dans ce cadre, il me semblait nécessaire qu'il puisse y avoir un échange, comme celui que nous avons aujourd'hui,

7:14
Locuteur

avec

7:15
Invité

vous, donc des intellectuels, on n'ose plus prononcer ce mot parfois, on m

7:19
Locuteur

'a

7:19
Invité

beaucoup reproché de

7:20
Locuteur

l

7:21
Invité

'utiliser, c'est-à

7:22
Locuteur

-dire

7:22
Invité

des femmes et des hommes qui sont à la fois engagés dans leur discipline,

7:25
Locuteur

sur

7:26
Invité

le plan de la recherche, de l'université, de leur activité académique,

7:31
Locuteur

publier,

7:32
Invité

enseigner, chercher, etc., mais qui sont aussi, du coup, dans la cité.

7:37
Locuteur

Et

7:37
Invité

donc, moi, ce qui m'intéressait, c'est qu'on puisse avoir un débat extrêmement ouvert sur,

7:41
Locuteur

non

7:42
Invité

seulement la manière dont vous voyez ce moment que vit notre pays, et avec notre pays, d'ailleurs,

7:47
Locuteur

le

7:47
Invité

continent,

7:48
Locuteur

mais

7:49
Invité

aussi les voies et moyens

7:51
Locuteur

d

7:53
Invité

'en sortir.

7:54
Locuteur

Je

7:54
Invité

ne crois pas que ce soit une crise au sens où on pourrait la borner, c'est-à

7:57
Locuteur

-dire

7:57
Invité

dire qu'il y

7:58
Locuteur

a

7:58
Invité

un début et une fin, non.

7:58
Locuteur

C

7:59
Invité

'est-à

7:59
Locuteur

-dire

7:59
Invité

comment on peut, justement, bâtir les réponses à ces grandes transformations, ces grandes transitions que nous sommes en train de vivre.

8:06
Locuteur

Et

8:06
Invité

donc, moi, ce que j'attends, c'est votre part de vérité à chacun, et je veux ici le dire, pas votre part disciplinaire

8:12
Locuteur

uniquement.

8:13
Invité

Enfin, chacune et chacun a évidemment une légitimité qui s'inscrit dans une discipline académique qui fait qu'il est là au début, mais, enfin, pour moi, vous êtes tous des femmes et des hommes

8:25
Locuteur

qui

8:25
Invité

sont nourris par ce que cette discipline a apporté, donc qui ont un regard sur la société dans laquelle nous vivons. Et donc, ce qui m'importe, c'est d'avoir votre regard sur, voilà, ce que vit aujourd'hui la France, comment vous le caractériseriez profondément

8:38
Locuteur

au

8:38
Invité

-delà des symptômes évidents,

8:40
Locuteur

et

8:41
Invité

surtout, comment tirer les fils qui permettent de reconstruire à vos yeux ce projet national et européen. Voilà. Je ne

8:47
Locuteur

veux

8:47
Invité

pas être plus long, moi,

8:47
Locuteur

je

8:47
Invité

n

8:48
Locuteur

'ai

8:48
Invité

d'ailleurs pas vocation à trop intervenir. Ce qui m'intéresse aussi, c'est qu'il puisse y avoir des débats qui se nouent entre les uns et les autres sur les prises de position qui se feront. Alors, il se trouve que nous tenons ce débat.

9:01
Locuteur

Je

9:01
Invité

me suis d'ailleurs beaucoup posé la question pour vous dire les choses. Deux jours après des violences inédites à quelques mètres d'ici, au fond, je me suis dit,

9:09
Locuteur

est

9:10
Invité

-ce que nos concitoyens vont comprendre qu'on tienne ce débat à l'Elysée alors qu'il

9:13
Locuteur

y

9:13
Invité

a eu

9:13
Locuteur

ces

9:15
Invité

terribles événements sur les Champs-Elysées

9:17
Locuteur

? Au

9:19
Invité

carré, oui.

9:20
Locuteur

D

9:21
Invité

'abord, parce qu'il y a de moins en moins de monde qui est dans la rue le samedi, numériquement. Ensuite, parce que ceux qui ont été sur les Champs-Elysées

9:28
Locuteur

ne

9:29
Invité

disent même... Enfin, ils disent une part, et j'y reviendrai de ce mal, mais ils ne disent

9:33
Locuteur

pas

9:34
Invité

ce qui a initié cette crise, ou ce qu'il a dit plus profondément, ce sont des gens qui veulent détruire les institutions. Ce

9:40
Locuteur

ne

9:40
Invité

sont pas des manifestants.

9:41
Locuteur

Et

9:42
Invité

donc, il y

9:42
Locuteur

a

9:42
Invité

eu une réponse d'ordre public sur laquelle nous avons travaillé. Il y

9:45
Locuteur

a

9:45
Invité

eu d'abord une première réponse qui s

9:47
Locuteur

'est

9:47
Invité

faite en décembre, qui a été complétée. Il y a eu des défauts d'exécution. Le Premier ministre avait eu à s'exprimer tout à l'heure. Il a pris des décisions. Mais il me semblait qu'interrompre,

9:54
Locuteur

en

9:54
Invité

quelque sorte, le débat que nous avions prévu, le différer,

9:58
Locuteur

c

9:58
Invité

'était vraiment donner raison à la violence absolue dans la société et dire quand la violence absolue s'exprime

10:03
Locuteur

un

10:04
Invité

jour, on n'aurait plus le droit de réfléchir le jour d'après.

10:07
Locuteur

Donc

10:08
Invité

j'assume totalement

10:09
Locuteur

le

10:10
Invité

caractère, non pas intempestif, de la discussion qu'on va avoir aujourd'hui, mais profondément essentiel, précisément parce que je ne veux pas réduire la vie de notre société et de notre nation à une simple réponse d'ordre public. Voilà, je ne serai pas plus long, mais je vous remercie infiniment d'être là, d'avoir pris sur votre temps pour certaines et certains, d'avoir aménagé votre agenda alors que vous aviez des contraintes à l'étranger pour être parmi nous ce soir. Merci beaucoup.

10:33
Locuteur

Une

10:34
Présentateur

première intervention, Pascal Bruckner, écrivain et séiste. Monsieur le Président, avant de nous interroger sur la crise de la civilisation, nous allons revenir, j'ai envie de revenir

10:44
Locuteur

sur

10:45
Présentateur

ce qui se passe depuis 4 mois

10:47
Locuteur

et

10:47
Présentateur

dont les événements de samedi semblent à la fois le couronnement et peut-être une simple étape. Donc depuis 4 mois, j'ai le sentiment que nous assistons en France à un coup d'État au ralenti,

10:59
Locuteur

un

11:00
Présentateur

coup d'État que je qualifierais pour ma part d'anarcho-fasciste, puisque dans les événements des Gilets jaunes, les deux grandes familles extrémistes, l'extrême droite et l'extrême gauche, se rejoignent

11:09
Locuteur

dans

11:10
Présentateur

leur même haine de la représentation de la démocratie, des élites, du marché,

11:15
Locuteur

du

11:16
Présentateur

succès, de la réussite et finalement de la France elle-même, même s'ils chantent la marseillaise.

11:21
Locuteur

Et

11:22
Présentateur

cet sentiment de déliquescence,

11:26
Locuteur

pour

11:27
Présentateur

ma part, me paraît très inquiétant.

11:30
Locuteur

Vu

11:31
Présentateur

de l'étranger, notre pays semble en état d'effondrement progressif.

11:38
Locuteur

A

11:38
Présentateur

ces manifestations répétées du samedi s'ajoute maintenant

11:42
Locuteur

un

11:43
Présentateur

autre élément, ce sont les manifestations pour le climat,

11:46
Locuteur

qui

11:47
Présentateur

ont commencé donc samedi dernier devant l'opéra,

11:50
Locuteur

qui

11:51
Présentateur

ont réuni des adultes, des jeunes,

11:53
Locuteur

des

11:54
Présentateur

très jeunes, des très très jeunes, puisque j'y ai vu des bébés en poussette, charmants.

11:59
Locuteur

Et

12:00
Présentateur

pour l'instant, cette manifestation pour le climat est bienveillante, mais rien ne dit qu'entraîné par l'exemple des Gilets jaunes, un certain nombre d'activistes ne vont pas se lancer à leur tour dans la destruction. Et la question qu'on se pose en tant que citoyen,

12:20
Locuteur

c

12:20
Présentateur

'est est

12:20
Locuteur

-ce

12:20
Présentateur

qu'on peut avoir en France, aujourd'hui en 2019, une semaine sans grève,

12:26
Locuteur

une

12:27
Présentateur

semaine sans défiler dans la rue, une semaine sans manifestation, sans voiture incendiée, sans banque

12:34
Locuteur

pillée,

12:35
Présentateur

sans magasin détruit. Et lorsque l'anarchie règne

12:41
Locuteur

dans

12:42
Présentateur

un pays, c'est l'ordre qui paraît alors totalement anormal. Et c'est vrai, on se dit, tiens, aujourd'hui, il n'y a pas eu de mauvaise nouvelle à la radio, que se passe-t-il ? Et donc, ma question, monsieur le président,

12:54
Locuteur

c

12:55
Présentateur

'est que face à cet État, le pouvoir semble impuissant. Quand j'entends monsieur Castaner ou le Premier ministre réagir aux événements, ce que j'entends, c'est, ça n'est pas bien. Oui, ça n'est pas bien. Mais il faudrait peut-être une réaction un peu plus ferme. Et donc, ma question, c'est, premièrement, allez-vous interdire enfin les manifestations le samedi ? Est-ce que Paris sera enfin débarrassée des gilets jaunes

13:24
Locuteur

? Ma

13:25
Présentateur

deuxième question, c'est comment répondre à cette anarchie croissante qui fait de la France un pays en État de quasi-guerre civile larvée

13:36
Locuteur

où

13:37
Présentateur

la haine de tous contre chacun semble désormais triompher ? Et je trouve cette situation, pour ma part, non seulement inquiétante,

13:45
Locuteur

mais,

13:45
Présentateur

je dois dire, assez désespérante. Merci, Pascal Brutner. Monsieur le président de la République, une

13:49
Invité

réaction

13:50
Locuteur

?

13:51
Invité

Oui, écoutez, moi, je suis preneur surtout qu'il y ait d'autres remarques sur ce même sujet, ce que cette crise dit. Les décisions ont été prises et elles ont été annoncées il

14:00
Locuteur

y a

14:00
Invité

quelques heures par le Premier ministre. Je veux simplement faire une distinction très nette par rapport à ce qui vient d'être dit par Pascal Brutner.

14:07
Locuteur

Il

14:07
Invité

y a des manifestations dans toutes les démocraties.

14:09
Locuteur

Et

14:10
Invité

la manifestation, elle est protégée constitutionnellement, je crois qu'on y tient tous, parce qu'elle est

14:13
Locuteur

l

14:14
Invité

'expression libre, mais respectueuse de la liberté des autres, d'une opinion.

14:18
Locuteur

Mais

14:19
Invité

moi, je ne confondrai pas la manifestation et ce qui s'est passé samedi,

14:22
Locuteur

comme

14:22
Invité

ce qui s'est passé parfois dans d'autres villes, ça,

14:24
Locuteur

ça

14:24
Invité

s'appelle une émeute de casseurs. Et il faut faire ce distinguo de manière absolue, parce qu'il est vrai, une manifestation, parce que c'est une liberté protégée constitutionnellement, elle est dans un régime d'autorisation. Et donc les gens qui l'organisent, ils expliquent pourquoi ils le font, ils déposent un tracé, il est autorisé, il est encadré. Là, maintenant, on a des gens qui ne savent plus pourquoi ils sont dehors, sauf détruire, qui ne déposent aucune autorisation. Et donc,

14:48
Locuteur

ce

14:49
Invité

qu'on a décidé de faire, qui n'a pas été appliqué samedi, c'est d'adapter

14:52
Locuteur

le

14:53
Invité

régime

14:53
Locuteur

d

14:54
Invité

'ordre public.

14:55
Locuteur

Et

14:55
Invité

donc la réponse est très différente de celle d'apporter à une manifestation. Elle sera encore renforcée, c'est ce qu'a annoncé le Premier ministre. Mais je ne voudrais pas

15:03
Locuteur

qu

15:04
Invité

'on écrase ces deux réalités, parce que sinon,

15:05
Locuteur

on

15:06
Invité

risque de confondre ce qui est de l'extrême violence politique, je reprends vos termes, qui sont nourries des deux extrêmes,

15:15
Locuteur

c

15:15
Invité

'est vrai, et peut-être d'une forme de nihilisme chez certains, parce qu'il

15:19
Locuteur

y

15:19
Invité

a un nouvel ultra qui s

15:21
Locuteur

'est

15:21
Invité

aussi exprimé dans cette crise, confondre cette réalité

15:26
Locuteur

avec ce

15:26
Invité

que peuvent être les mouvements sociaux dans toute démocratie, ce qui est pour moi profondément différent.

15:31
Locuteur

Et

15:31
Invité

donc, là-dessus, quand je regarde les choses, on doit avoir deux débats, mais je ne voudrais pas écraser l'un pour l'autre. Après, les annonces ont été faites cet après-midi par le Premier ministre, je ne

15:40
Locuteur

vais

15:40
Invité

pas ici les reprendre, mais ce ne sont pas des annonces de commentaires ou d'impuissance, mais de réponses d'ordre public, mais à cette stricte réalité

15:47
Locuteur

qu

15:48
Invité

'est l'émeute de casseurs, ce qui n'est pas la manifestation de citoyens libres.

15:52
Locuteur

Et

15:52
Invité

pour être concret, nous nous donnons donc les moyens d'interdire des périmètres,

15:56
Locuteur

et

15:56
Invité

donc,

15:57
Locuteur

oui,

15:57
Invité

les samedis prochains, les Champs-Elysées, comme d'ailleurs différents quartiers de centre-ville qui ont été beaucoup frappés par cette crise, seront interdits

16:07
Locuteur

à

16:07
Invité

toute forme de rassemblement.

16:09
Locuteur

Autre

16:10
Présentateur

intervention, Dominique Méda, économiste, sociologue.

16:14
Locuteur

Oui,

16:14
Invité

merci pour votre invitation, M. le Président. On est dans une double urgence écologique et sociale, sociale et écologique, et j'ai l'impression que face à ces deux urgences, vous êtes restés attachés, vous et vos conseillers les plus proches, à ce qu'on a appris à l'ENA, moi en 1987, vous en 2003, c'est-à-dire un ensemble de recettes, de dogmes, de croyances qui ont été fondamentalement remises en cause depuis 2008 et qui sont critiquées, y compris par les instances internationales qui avaient pourtant porté ces croyances et ces recettes. Je pense par exemple à la note du FMI, du département de la recherche du FMI, en 2016, la note intitulée « Le néolibéralisme est-il surfait ?

16:59
Locuteur

» Donc

17:01
Invité

ces politiques sont remises en cause, elles ont échoué, et pourtant vous avez continué dans cette voie, vous avez accusé le modèle social français d'avoir mis la France dans cette situation, alors que d'autres travaux montrent, des travaux montrent que notre modèle social français n'est pas coupable, et qu'au contraire, le problème c'est qu'on a eu une série de graves erreurs de politique économique, notamment à la suite de la crise de 2008. Mais vous avez persisté dans cette voie, et la question que je voudrais vous poser, c'est sur la manière de s'en sortir maintenant. Maintenant qu'il y a eu cette crise des Gilets jaunes et cette demande de plus de justice sociale, il y

17:42
Locuteur

a

17:42
Invité

un certain nombre de travaux qui montrent qu'une manière de s'en sortir, c'est de faire, ça aurait été de faire, un très grand plan d'investissement dans la transition écologique et sociale, dans ce que la Confédération syndicale internationale a appelé une transition juste, c'est-à-dire de manière à ce que ça ne soit pas les plus modestes qui supportent le coût de cette transition. Vous aviez parlé au moment de la campagne présidentielle d'un très grand plan d'investissement, on a parlé de 57 milliards, et puis on n'en a plus entendu parler. On sait que les chiffres, c'est à peu près 20 milliards par an qui seraient nécessaires pendant plusieurs années pour passer ce cap.

Donc ma question, c'est, est-ce que vous êtes prêts à mettre ces sommes sur la table, y compris en augmentant les impôts des plus aisés, y compris en creusant le déficit, ce que vous avez fait récemment et qui ne nous a pas entraînés, enfin, on n

18:30
Locuteur

'en

18:30
Invité

est pas morts. Donc voilà, qu'est-ce que vous comptez faire ? Est-ce que vous êtes prêts maintenant ? Alors on pourrait appeler ça un changement de cap, mais moi ce changement de cap me semble absolument nécessaire. Est-ce que vous y êtes prêts

18:39
Locuteur

?

18:39
Présentateur

Merci, Dominique Médard. Une réaction, M. le Président de la République.

18:44
Invité

D'abord, j'entends ce que vous dites, je ne

18:47
Locuteur

suis

18:47
Invité

pas sûr de

18:48
Locuteur

dire

18:50
Invité

que j'applique strictement des règles qui m'auraient été enseignées à l'ENA parce que je ne serais pas sûr de vous dire ce qui m'a été exactement enseigné sur ce volet-là. J'ai eu le sentiment d'apprendre et compris dans la discussion avec beaucoup d'entre vous,

19:02
Locuteur

ni

19:02
Invité

d'appliquer des recettes très strictement françaises. Ce que nous vivons aujourd'hui vient de loin, et il vient y compris d'années où on a beaucoup fait ce que vous êtes en train de me décrire, c'est-à-dire où on a beaucoup traité les problèmes qu'on avait par la dépense publique. La France en a-t-elle été plus heureuse ? Je ne crois pas. Et donc aussi vrai que je ne pense pas que l'avenir de la France soit dans l'adaptation à un modèle néolibéral dont je

19:21
Locuteur

continue

19:22
Invité

à dire qu'il a des excès et qu

19:24
Locuteur

'il

19:24
Invité

ne pense plus à ses externalités et qu'il est très insatisfaisant, aussi vrai que je ne pense pas que la réponse à ce que nous sommes en train de vivre serait de répliquer ce que la France a fait, parfois de manière différente des autres, quelles que soient les majorités, pendant des années.

19:37
Locuteur

Parce

19:37
Invité

que ça n'a pas rendu les Français plus heureux ni rendu l'économie française plus forte.

19:41
Locuteur

Est

19:41
Invité

-ce que la solution est dans un grand plan d'investissement ? J'ai envie de dire,

19:44
Locuteur

on

19:45
Invité

l'a essayé, y compris des gens avec qui vous n'étiez pas d'accord, ça a été la réponse française

19:48
Locuteur

de

19:49
Invité

Nicolas Sarkozy à la crise de 2008-2010. Quand je regarde les pays européens, il est le seul, la France est le seul à avoir fait un grand plan d'investissement. Je regarde dix ans après,

19:57
Locuteur

on

19:58
Invité

a plus de chômage que ceux qui ne l'ont pas fait

20:01
Locuteur

et

20:01
Invité

on a plus de déficit public.

20:02
Locuteur

Donc, je

20:04
Invité

dis ça, no offense, mais c'est simplement, voilà, ce n'était pas non plus la meilleure réponse. Troisième chose, vous avez raison de lier les deux sujets, je les lis avec vous.

20:15
Locuteur

Le

20:16
Invité

scandale sur le sujet climatique est que nous avons accumulé une dette que nous commençons à payer, que nous allons léguer à nos enfants.

20:22
Locuteur

Si

20:23
Invité

la réponse à cette dette est d'en accumuler une sur le plan budgétaire, en considérant que celle-ci pourrait nous donner lieu à moins de responsabilités, je ne comprends pas la logique même morale ou politique

20:32
Locuteur

de

20:33
Invité

cette approche.

20:35
Locuteur

Et

20:35
Invité

donc, très sincèrement, je ne pense pas que la réponse ce soit encore plus de dépenses publiques parce que c'est précisément ce qu'on fait en France, quelle que soit l'orientation politique, la sensibilité ou l'école qu'on a fait depuis des décennies et des décennies dès qu'on a un problème, parce que c'est exactement notre traitement symptomatique des difficultés.

20:54
Locuteur

Premier

20:54
Invité

point.

20:56
Locuteur

Ensuite,

20:56
Invité

augmenter les impôts,

20:58
Locuteur

je

20:58
Invité

regarde aussi et je nous compare, si c'était ce qui rend plus heureux ou plus fort, ça se serait vu,

21:05
Locuteur

on

21:05
Invité

est parmi les premiers mondiaux.

21:07
Locuteur

Et

21:08
Invité

après, le sujet des inégalités du climat.

21:10
Locuteur

Le

21:10
Invité

sujet des inégalités est un vrai sujet, il est au coeur de cette crise et vous avez raison de le souligner,

21:14
Locuteur

et

21:14
Invité

j'y adhère.

21:16
Locuteur

Mais

21:17
Invité

quand je regarde la France, son problème n'est pas les inégalités du système fiscal.

21:22
Locuteur

Ça

21:22
Invité

n'est pas vrai.

21:23
Locuteur

C

21:24
Invité

'est la construction des inégalités dans notre société. Et ça, pour le coup, beaucoup d'analyses le montrent.

21:28
Locuteur

C

21:29
Invité

'est-à-dire que ce qui est injuste dans le modèle français, ce qui est de plus en plus injuste,

21:32
Locuteur

c

21:32
Invité

'est que lorsqu'on est

21:34
Locuteur

dans

21:35
Invité

une famille modeste, dans un quartier de la République stigmatisé, on a encore moins de chances qu'il y a quelques décennies de bouger dans la société. Quand je regarde par rapport à beaucoup d'autres pays, notre système fiscal corrige davantage que dans d'autres. Mais le problème, c'est la formation de ces inégalités primaires. Et donc moi, ce qui m'importe, c'est peut-être d'aller beaucoup plus loin que ce qu'on a fait sur la constitution de ces inégalités primaires. Politique éducative et universitaire, dans notre politique du travail, etc. Je pense que c'est beaucoup plus là que dans la correction de ces inégalités par l'impôt. Enfin, l'urgence climatique,

22:09
Locuteur

vous

22:09
Invité

avez raison, je pense qu'on a apporté des premières réponses. Je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin derrière.

22:14
Locuteur

Et

22:14
Invité

qu'une des sorties, en tout cas de la crise que nous vivons, doit être la conjugaison d'une réponse sociale et environnementale.

22:24
Locuteur

Vous

22:24
Invité

l'avez compris, je ne pense pas que ce soit uniquement en creusant un matin de la dépense sociale en plus. Par contre, ça peut être en réorientant beaucoup d'investissements.

22:32
Locuteur

Ça

22:32
Invité

peut être en changeant profondément aussi de politique européenne, qui, à mes yeux, n'a pas suffisamment changé sur ce point, et en accélérant des transitions que nous sommes en train de faire. Mais là-dessus, je pense que, si on a fait une erreur, c'est d'avoir une transition qui n'était pas assez visible, et en tout cas, qui n'a pas articulé suffisamment clairement les changements productifs ou d'organisations profondes qu'impliquait la réponse climatique avec le social. Et donc, on a placé une catégorie de nos concitoyens

23:00
Locuteur

dans

23:00
Invité

une impossibilité de faire, voire une stigmatisation, ce qui a été une erreur. Et donc, ça, il faut totalement repenser, au fond, un modèle de transition qui est environnemental et social. Mais je ne pense pas que la réponse soit uniquement par l'impôt ou la dépense publique. Elle est par des mécanismes profonds. Et donc, au fond, moi, je pense que ce que nous devons réussir à inventer

23:19
Locuteur

dans

23:19
Invité

notre pays et en Europe par rapport à ça, c'est,

23:21
Locuteur

nous,

23:22
Invité

des réponses de politique publique qui corrigent la formation des inégalités et une organisation de notre modèle productif et du capitalisme qui internalise beaucoup plus

23:32
Locuteur

le

23:32
Invité

fait environnemental

23:33
Locuteur

et

23:34
Invité

donc dans les choix d'investissement qui favorisent la rentabilité de ces derniers beaucoup plus fortement.

23:40
Locuteur

Peut

23:41
Présentateur

-être sur la question des inégalités, Daniel Cohen, économiste.

23:45
Locuteur

M.

23:46
Présentateur

le Président, bonsoir. Merci de votre invitation.

23:48
Locuteur

Pour

23:49
Présentateur

prolonger un peu cette discussion, ce que je vous propose, c'est de prendre peut-être un tout petit peu de recul sur les grandes transformations que le capitalisme contemporain est en train de connaître puisque, au fond, ce dont on parle presque toujours et certainement, quand on essaie de comprendre les origines du malaise politique et social, c'est ce sentiment nouveau d'insécurité économique qui traverse, pour le coup, toutes les sociétés avancées, la France et tous les autres pays qui, aujourd'hui, sont soumis, on va dire, à la tentation populiste.

Pour comprendre les sources de cette insécurité politique, économique, il faut, je crois, essayer de prendre un tout petit peu de recul sur la façon dont le capitalisme contemporain est en train de se transformer. Nous comprenons tous, nous savons tous qu'il est en pleine mutation. Et au fond, la question, si on essaie de se projeter dans les 30 ou 50 prochaines années, qui était l'exercice auquel on m'avait demandé de réfléchir au départ, on voit qu'il y a en réalité deux scénarios et que

24:42
Locuteur

c

24:42
Présentateur

'est très, très difficile de savoir si on pourra avoir l'un ou l'autre et surtout si on pourra piloter l'un

24:47
Locuteur

pour

24:48
Présentateur

éviter l'autre. Le premier scénario, c'est le retour à une croissance inclusive comme celle qu'on a connue dans les 50 années, on va dire, d'après-guerre où tout monte en même temps, au même rythme. Et au fond, tout ce qu'on a à faire, c'est gérer la prospérité et essayer de réfléchir à la meilleure façon d'en faire le meilleur usage. Il y

25:05
Locuteur

a

25:05
Présentateur

un autre scénario qui serait plutôt un scénario de retour qui s'est observé, on va dire, au début du capitalisme, au début du XIXe siècle avec une formidable transition, une formidable mutation du capitalisme et sur fond de croissance très faible. Sans faire une leçon d'histoire économique, les économistes aujourd'hui qui sont revenus sur le taux de croissance de la première moitié du XIXe siècle en Angleterre, par exemple, ont été étonnés de voir que les chiffres étaient très faibles, entre 0,5 et 0,7%, alors même que la société était totalement en train de se transformer.

Alors, lequel des deux choisir, évidemment, tout faire pour avoir le scénario A, mais si on est dans une période de transformation comme celle du scénario B, alors tout devient beaucoup plus compliqué et d'une certaine façon, on pourra toujours, bien entendu, essayer de faire un peu mieux que les autres, mais on sera entraîné dans cette vague irrépressible. Alors, les économistes, évidemment, sont très divisés sur la question de savoir si on peut parier sur le A ou sur le B, mais si on fait juste une observation, que pensent les marchés financiers de ces deux scénarios ?

Si, par exemple, on regarde le coût de la dette à long terme de la France, à 50 ans, la France se finance à 50 ans à 1,7 %, c'est-à-dire moins que l'inflation anticipée.

26:13
Invité

Ça veut dire que les marchés financiers parient plutôt sur le scénario B d'une croissance faible, d'une inflation faible et donc d'une montée de tous les

26:20
Présentateur

déséquilibres que cette croissance faible va entraîner. Alors, la question, au fond, elle est assez simple. Si on doit se préparer à faire face à un scénario

26:29
Locuteur

un

26:29
Présentateur

peu catastrophe de croissance au fil de l'eau, de paupérisation nouvelle, on va dire, du travail et des classes populaires, alors, on ne peut pas se dispenser d'une réflexion en profondeur sur les instruments qu'on pourra mobiliser pour faire face à ce scénario. Et avec une croissance si faible, je reprends les statistiques que Thomas Piketty avait produites dans son livre, avec une croissance de 1% l'an, par exemple, la part du capital hérité ne va cesser de croître puisque le rendement du capital est beaucoup plus élevé que ce taux de croissance.

Et aujourd'hui, on est déjà, comme vous le savez, dans un capitalisme quasiment d'héritier puisque les 2 tiers du capital, du patrimoine détenu en France est hérité alors que c'était moins de 45% au début des années 70. À ce rythme-là, on va converger vers des rythmes où à 80, à 90%, le patrimoine sera hérité parce que la logique de la croissance ne permettra plus l'accumulation de nouvelles richesses. Donc, première question, peut-on faire l'économie d'une réflexion sur la fiscalité du patrimoine ? Peut-on,

27:32
Invité

en comprenant très bien que l'ISF avait beaucoup de défauts et en particulier celui d'inciter en quelque sorte les héritiers à travailler eux-mêmes pour y échapper, peut-on faire l'économie d'une réflexion sur la fiscalité du patrimoine, de sa

27:44
Locuteur

transmission

27:45
Présentateur

? Les économistes ont beaucoup d'idées là-dessus, une flat tax au-dessus d'un certain seuil, grande assiette, petit taux, mais il me semble difficile d'échapper à une réflexion comme celle-là dans la perspective qui pourrait être celle du scénario

27:57
Locuteur

B

27:58
Présentateur

dont je parlais tout à l'heure. Une deuxième, petit deuxième codicile, c'est à l'autre bout de l'échelle sociale, si l'insécurité économique devait rester la norme, alors il faut réfléchir évidemment à d'autres instruments de ce côté-là. Les réflexions ici nous pointent vers le revenu de base, revenu universel pour certains, et j'ai été un peu peiné de voir que les 18 départements qui

28:20
Locuteur

avaient

28:21
Invité

fait une proposition d'expérimentation sociale sur ce terrain n'ont pas pu la mener à leur terme. C'est

28:26
Présentateur

dommage parce que c'était au fond la rencontre d'une expérimentation locale qui peut correspondre à une attente justement de démocratie participative. On essaye quelque chose et je crois que c'est vraiment au cœur de cette question

28:38
Locuteur

de

28:38
Présentateur

l

28:38
Locuteur

'insécurité

28:39
Invité

économique dont je parlais au départ.

28:40
Présentateur

Merci. Daniel Cohen, une réponse, M. le Président de la République.

28:44
Invité

Oui, alors je ne voudrais pas que ça se transforme en dialogue.

28:46
Locuteur

C

28:46
Invité

'est

28:46
Locuteur

à

28:46
Invité

vous, non, mais c'est après, c'est à vous de voir comment vous voulez

28:48
Locuteur

organiser

28:50
Invité

si Daniel...

28:50
Locuteur

Non, non, non,

28:50
Invité

mais je suis très discipliné, donc comme c'est vous qui êtes le maître des cérémonies, je fais ce que vous me dites. D'abord, moi, je prends les deux scénarios de le professeur Cohen. Je ne sais pas s'il n

29:04
Locuteur

'y en

29:04
Invité

a pas de troisième. Si c'est pour m'amener à m'exprimer sur la fiscalité du capital, j'ai envie de dire que j'aurais la même approche que sur le reste. Quand je regarde,

29:12
Locuteur

pour

29:12
Invité

le coup, la situation où on en est par rapport à nos voisins,

29:15
Locuteur

on

29:15
Invité

ne croule pas sous le capital productif.

29:18
Locuteur

Et

29:18
Invité

quand je regarde les faiblesses françaises sur ce sujet par rapport à beaucoup d'autres, c'est qu'on a suffi insuffisamment attiré ou gardé le capital productif en France. Et il n

29:29
Locuteur

'y a

29:29
Invité

rien qui justifie l'écart qu'on a constitué ces 20 dernières années de chômage, qui est pour moi la pire des inégalités dans notre pays, entre les deux grands pays voisins que sont la France et l'Allemagne, c'est

29:39
Locuteur

le

29:39
Invité

fonctionnement du marché du travail et c'est malgré tout la capacité à avoir du capital productif et le développer. Dans ce contexte-là,

29:46
Locuteur

comme

29:47
Invité

il n

29:47
Locuteur

'y

29:47
Invité

a pas que des économistes, mais il y

29:49
Locuteur

a

29:49
Invité

des acteurs économiques

29:49
Locuteur

qui

29:50
Invité

réagissent aussi à des stimulus,

29:53
Locuteur

moi,

29:54
Invité

je trouve qu'ouvrir aujourd'hui en sortie du débat un grand débat sur la fiscalité du capital, à mes yeux, n

30:00
Locuteur

'est

30:00
Invité

pas la bonne réponse.

30:01
Locuteur

La

30:02
Invité

bonne réponse, c'est de savoir comment je consolide du capital productif au maximum pour produire davantage en France.

30:09
Locuteur

Je

30:09
Invité

vous parle de là où je suis, mais c'est ma priorité. Ensuite, ce que je constate, c'est que les inégalités de dessin qui sont constituées, moi, je n'ai pas forcément envie de m'enfermer dans un scénario

30:21
Locuteur

de

30:22
Invité

faible croissance.

30:23
Locuteur

Ce

30:23
Invité

que je sais, c'est que les mêmes scénarios existaient il y a 20 ans sur des tables américaines, que certains ont fait ce choix, que d'autres en ont fait d'autres et qu'on est dans une économie des talents, de l'hyperconcurrence. La question pour moi est aussi de savoir comment je forme en France les gens qui vont réussir dans cet univers de plus en plus compétitif

30:39
Locuteur

à

30:40
Invité

créer le maximum de richesses et en tout cas à construire des destins qui permettront dans notre pays de les construire. Et donc, dire,

30:50
Locuteur

on

30:50
Invité

considère que la priorité,

30:52
Locuteur

c

30:53
Invité

'est encore une fois une réponse de fiscalité, ce qui est notre tropisme collectif, c'est envoyer juste un signal sur la fiscalité du capital et c'est nous mettre potentiellement, alors qu'on est dans un environnement ouvert

31:03
Locuteur

et

31:04
Invité

relativement concurrentiel, de réduire encore l'attractivité de notre capital productif dans le pays.

31:14
Locuteur

Je

31:14
Invité

pense que c'est aujourd'hui pas ce dont souffre principalement l'économie française quand je la compare à ses voisins. Qu'on lance une grande réflexion internationale sur ce sujet, j'y suis totalement favorable. Que ça avance au niveau de l'OCDE si on pense que c'est un sujet international, j'y suis tout à fait favorable. Le faire en France, je pense que ce sera un contre-signal. Moi, je suis un peu pragmatique sur ce sujet du grand débat.

31:34
Locuteur

Je

31:34
Invité

pense que les mots sont profonds.

31:36
Locuteur

Mais

31:36
Invité

sur les sujets en particulier économiques, on adore avoir une réponse qui est fiscale. Je l'ai dit deux, trois fois à nos concitoyens, on est rentrés dans ce débat.

31:44
Locuteur

C

31:44
Invité

'était le déclencheur.

31:47
Locuteur

C

31:47
Invité

'est beaucoup plus profond, le mal. Mais sur une taxe que payaient trop certains.

31:50
Locuteur

Je

31:51
Invité

ne crois pas qu'on en sorte en en faisant payer d'autres.

31:54
Locuteur

Et

31:54
Invité

je ne parle pas des débats qu'on a pu avoir dans notre passé. On est rapidement riches,

31:57
Locuteur

même

31:58
Invité

ceux qui ne pensent pas l'être.

32:00
Locuteur

Et

32:00
Invité

nous sommes dans un pays où sur ces sujets,

32:02
Locuteur

les

32:03
Invité

signaux qu'on peut envoyer sont vite contraires. Donc avoir un débat

32:05
Locuteur

à

32:06
Invité

l'international sur les transformations du capitalisme, faire avancer au niveau OCDE

32:10
Locuteur

un

32:11
Invité

meilleur fonctionnement de la transmission du capital, oui, mettre en France un système qui sur ce sujet soit à la pointe technologique,

32:18
Locuteur

moi,

32:19
Invité

je ne

32:19
Locuteur

suis

32:19
Invité

pas favorable parce que je pense que notre faiblesse aujourd'hui, elle est plutôt dans notre incapacité à attirer, à consolider du capital productif qui crée des emplois.

32:27
Locuteur

Parce

32:28
Invité

que moi, je ne sais pas créer aujourd'hui des emplois autrement qu'en encourageant des gens ou à créer des entreprises ou à développer celles qu'ils ont créées.

32:35
Locuteur

Parce

32:35
Invité

que de l'emploi public, quand je me compare aux voisins, j'en ai déjà aussi beaucoup plus que les autres. Voilà, donc je suis un peu pragmatique sur ce sujet, mais je pense que ce ne soit pas le cœur de la réponse. Par contre, je suis très sensible à la problématique héritage et construction de son destin.

32:51
Locuteur

Mais

32:51
Invité

je ne pense pas qu'on y réponde là encore avant tout par la fiscalité.

32:54
Locuteur

On

32:54
Invité

y répond par l'émergence des talents. Ceux qui ont créé Google n'avaient pas de capital hérité.

33:01
Locuteur

Mais

33:01
Invité

ils ont eu un système où la mobilité

33:03
Locuteur

sociale

33:05
Invité

a mieux fonctionné que peut-être dans le nôtre.

33:07
Locuteur

La

33:08
Invité

question pour moi, c'est comment je vais faciliter la création de nouveaux capitales par des talents, quelles que soient d'ailleurs leur origine sociale.

33:15
Locuteur

Que

33:15
Invité

ce soit d'ailleurs du capital financier, du capital productif, du capital humain, du capital de reconnaissance. Et mon problème aujourd'hui quand je regarde la France, c'est que

33:24
Locuteur

la

33:24
Invité

création de capital nouveau par des personnes qui viennent de milieux défavorisés, qui sont issues de l'immigration, qui viennent de certains quartiers, n'est pas suffisamment importante. Et ça, c'est un problème que j'ai dans mon système éducatif, dans mon enseignement supérieur et dans les représentations et les modes de fonctionnement que j'ai dans la société, y compris d'ailleurs dans le recrutement que

33:41
Locuteur

j

33:42
Invité

'ai au sein de l'Etat. Ensuite, sur le revenu universel de base, la belle affaire, j'ai à l'automne dernier annoncé la stratégie pauvreté.

33:54
Locuteur

J

33:54
Invité

'ai dit que j'étais favorable et que nous allions lancer un revenu universel d'activité.

33:58
Locuteur

Alors,

33:58
Invité

il avait des différences profondes avec ce revenu universel de base qui était en effet l'idée plutôt proposée par Benoît Hamon dans la campagne présidentielle. C'est que

34:06
Locuteur

c

34:07
Invité

'était un système reposant beaucoup plus sur l'ouverture de droits, mais avec des devoirs.

34:13
Locuteur

Et

34:13
Invité

je crois d'ailleurs que notre société en a besoin

34:16
Locuteur

et

34:16
Invité

qu'une partie d'ailleurs de ce qu'on peut voir, lire dans les tensions sociales qui existent aujourd'hui, c'est la tension qui existe entre les actifs pauvres et les non-actifs,

34:26
Locuteur

ce

34:26
Invité

qui est un vrai sujet dans beaucoup d'endroits de la société. Et la proposition qui était faite par les 18 départements ne répondait pas à ce sujet alors que ce que le gouvernement a lancé et va commencer à expérimenter, conformément à un calendrier qui a été donné, il répondait. Et puis après, c'est une question de savoir

34:43
Locuteur

qui

34:43
Invité

est responsable de la politique sociale.

34:46
Locuteur

Et

34:46
Invité

donc, moi, je suis le premier à dire on va, et on a commencé à le faire, on différencie, mais si on commence à dire des départements peuvent rentrer dans cette logique,

34:56
Locuteur

à

34:56
Invité

ce moment-là, je peux aussi laisser ouvert d'autres départements qui vont rentrer dans une logique qui

35:00
Locuteur

est

35:00
Invité

la suppression du RSA de la même manière.

35:03
Locuteur

Je

35:04
Invité

crois que les choix démocratiques dans notre pays font que c'est au niveau,

35:08
Locuteur

pour

35:09
Invité

le coup, de l'Etat-nation et donc du gouvernement et du Parlement qu'avance cette idée.

35:13
Locuteur

Et

35:14
Invité

elle peut être tentée à l'initiative du gouvernement et du Parlement pour être initiée ou testée selon plutôt des engagements qui ont été se retenus par nos consicléaires de manière majoritaire

35:25
Locuteur

que

35:26
Invité

de revenir par le truchement de propositions

35:29
Locuteur

qui

35:29
Invité

ne correspondent pas en effet à la politique qui est aujourd'hui menée par le gouvernement. Pas du tout sur l'idée d'un revenu universel, mais sur les conditionnalités de celui-ci. Donc j'assume ce choix parce que je pense qu'en méthode, sinon,

35:41
Locuteur

sinon, c

35:41
Invité

'est un autre choix.

35:42
Locuteur

On

35:42
Invité

dit qu

35:42
Locuteur

'il

35:42
Invité

y a une décentralisation totale de la politique sociale. Mais ça veut dire que quand on vote aux élections présidentielles ou législatives, on ne vote plus pour la politique sociale dans notre pays. Vous votez pour la politique sociale quand vous votez pour votre président de département et sa liste. Je ne

35:55
Locuteur

crois

35:55
Invité

pas que ce soit ce que nos concitoyens aient retenu aujourd'hui.

35:58
Locuteur

Il

35:59
Présentateur

y a quelques économistes dans la salle. On va les faire réagir peut-être aussi pour qu'ils nous donnent leur diagnostic sur la situation de la France et par rapport à ce que vient de dire à la fois Daniel Cohen et le président de la République, Philippe Aguillon.

36:13
Locuteur

Oui. pendant

36:16
Invité

qu'on a peu de temps. Je crois qu'effectivement pour assurer la progression du pouvoir d'achat malgré une double contrainte démographique et climatique,

36:26
Locuteur

il

36:27
Invité

n

36:27
Locuteur

'y a

36:27
Invité

pas d'autre moyen que d'avoir une économie d'innovation. Il faut créer les moyens d'une économie qui incite à l'innovation

36:32
Locuteur

et

36:33
Invité

le faire d'une manière qui soit inclusive et qui pousse à l'innovation verte. Je crois qu'une des choses qu'on a appris avec le mouvement, c'était que l'approche au vert a été perçue comme un peu punitive avec la façon dont la taxe carbone avait été mise en place et donc ça pousse à se dire voilà, il faut la taxe carbone, il faut peut-être la mettre en place avec des modalités différentes en tenant compte des fluctuations des prix du carburant. Donc là, il y

37:03
Locuteur

a

37:03
Invité

eu des idées qui ont été émises et je crois que de dire aussi des recherches qui ont été développées qui sont alternatives, qui sont complémentaires de la taxe carbone, par exemple, le rôle de l'investissement, de l'aide à l'innovation verte, évidemment, et puis ce qu'on appelle la corporate social responsibility, c'est

37:18
Locuteur

-à-dire

37:18
Invité

que maintenant il y a vraiment cette idée qu'on peut pousser les entreprises à devenir plus responsables et là,

37:25
Locuteur

il

37:25
Invité

y a eu des idées intéressantes qui ont été émises, l'une, c'est l'idée que la concurrence peut aider, combiner la concurrence et le fait que les citoyens sont conscients du danger climatique, la combinaison des deux poussent les entreprises à l'innovation verte. Voilà, donc ça, c'est un mélange de politique de concurrence et de politique d'éducation.

Mais il y a eu aussi des idées très intéressantes par un ami à moi, Patrick Bolton et d'autres, sur l'idée de climate stress test, c'est l'idée de dire eh bien, on propose un scénario climat adverse, par exemple, un réchauffement plus rapide que prévu, une montée des eaux plus rapide que prévu et on regarde pour chaque entreprise qui est cotée, est-ce qu'elle fait face ou pas à ce risque ? Et on peut réglementer les entreprises comme ça, c'est-à

38:09
Locuteur

-dire,

38:09
Invité

voilà, vous faites un certain nombre d'investissements, comment vous répondez à ces stress tests ? Donc l'idée, c'est de dire, je vais utiliser les forces du marché, la concurrence, la réglementation, d'autres forces et on va être très innovant en matière de lutter contre le réchauffement climatique par-delà une taxe carbone qui, elle, serait plus intelligente. Donc je crois que là, c'est une chose qu'on n'avait pas suffisamment réfléchi, je crois, au moment de la campagne, comment pousser au vert, comment pousser à

38:32
Locuteur

l

38:32
Invité

'innovation verte avec toute une série d'instruments qu'on n'avait pas pensé avant. Je voulais quand même dire un dernier mot, je ne

38:38
Locuteur

veux

38:38
Invité

pas de chance sur les niches fiscales,

38:39
Locuteur

je

38:39
Invité

ne veux pas, parce que je veux dire ce mot-là. Quand on était, on était plusieurs impliqués dans le programme et moi, en tout cas, j'avais mal compris, c

38:46
Locuteur

'est

38:46
Invité

-à-dire que j'étais beaucoup poussé pour la flat tax parce que je pensais également qu'il fallait devenir un pays comme les autres en matière d'investissement, pousser à l'innovation, pousser à l'investissement, il fallait qu

38:56
Locuteur

'on

38:56
Invité

se montre qu'on était, même comme la Suède. Moi, mon modèle, c'était la Scandinavie. D'accord ? Ils ont la flat tax, pourquoi on ne l'aurait pas ? Mais il y avait pour moi le en même temps et le en même temps, c'était les niches fiscales. C'est-à

39:06
Locuteur

-dire

39:06
Invité

qu'en Suède, il y a beaucoup moins de niches fiscales que chez nous, par exemple. Nous, on a à peu près 450 niches pour un total de 100 milliards d'euros. Il y a une grande complexité du système des niches, une grande incohérence et dans mon esprit, mais c'était aussi dans l'esprit de gens qui venaient, par exemple, de Rexécode ou d'autres qui ne sont pas particulièrement étiquetés à gauche qui poussaient également pour la flat tax et puis pour eux, il y avait en même temps des niches fiscales. Et il y a une série de l'idées dont on peut penser. On a des plafonnements à 10 000 euros pour les niches individuelles. On peut les baisser. On peut élargir l'assiette de la niche copée.

Il y a des abattements de 10 % pour frais professionnels dont bénéficient beaucoup de hauts salaires, des hauts retraités, etc. On peut peut-être toucher à ça. Je n'en sais rien. Mais quand j'ai vu le ministre de Budget venir avec l'idée « oui, on va s'attaquer aux niches fiscales », j'étais plutôt content parce que j'ai dit « c'est une bonne chose, ce en même temps qu'on aurait peut-être dû faire avant, tout d'un coup, il vient ». Mais après, j'ai eu le sentiment que c'était un peu retoqué, qu'on n'était pas sûr qu'on allait le faire. Et dans mon esprit, il y avait l'idée vraiment de ce en même temps.

On va vers une fiscalité plus simple, mais également, on tient les niches fiscales, on ajuste, on les met à plat, ça ne

40:12
Locuteur

veut

40:12
Invité

pas dire qu

40:12
Locuteur

'on

40:12
Invité

les supprime toutes, mais ça donne un signal,

40:19
Locuteur

et l

40:19
Invité

'exception était de dire « on ne s'en plus l'eux en même temps et ça part trop d'un côté ». Et donc, je voulais un petit peu avoir votre réaction, M. le Président, sur ces idées-là.

40:29
Présentateur

Une autre réaction d'économiste Jean Pisani-Ferry. Merci. Merci d'abord, M. le Président, d'organiser ce débat qui est inédit, qui crée pour nous, je crois, un devoir, un devoir de clarté sur la nature des controverses que nous avons entre nous. Je pense que ça nous impose de

40:48
Locuteur

sortir

40:49
Présentateur

de la

40:49
Locuteur

question de la

40:49
Présentateur

posture qui crée aussi une très grande attente

40:51
Locuteur

puisqu

40:52
Présentateur

'il y a une tradition,

40:55
Locuteur

disons,

40:56
Présentateur

instrumentale dans le débat avec les intellectuels dans ce pays et que l'attente qui naît de ce débat aujourd'hui, c'est justement d'en sortir. Je voudrais revenir sur les sujets fiscaux, non pas parce que c'est l'essentiel, mais parce que la question est ouverte.

41:11
Locuteur

Comme

41:11
Présentateur

Philippe Aguillon doit à la transparence de dire que j'ai contribué à votre programme.

41:17
Locuteur

Je

41:18
Présentateur

crois que dans ce qu'on comprend du grand débat, c'est un sujet qui préoccupe énormément les Français.

41:24
Locuteur

Et

41:24
Présentateur

il y a d'abord le sentiment que le système est inéquitable, qu'il y a trop de gens qui y échappent, qu'il y a trop d'entreprises qui y échappent, et du coup que l'idée que nous avons une contrainte sur les ressources est une idée qui ne passe pas bien. On se dit qu

41:42
Locuteur

'il

41:42
Présentateur

y

41:42
Locuteur

a

41:42
Présentateur

de la ressource, il suffit d'aller taxer ce qui n'est pas taxé.

41:45
Locuteur

Alors

41:46
Présentateur

ce n'est plus vrai

41:47
Locuteur

pour

41:48
Présentateur

les personnes depuis l'accord à l'OCDE sur la levée du secret bancaire.

41:52
Locuteur

Mais

41:53
Présentateur

ça reste vrai pour les entreprises, ça reste vrai pour les entreprises multinationales,

41:57
Locuteur

et

41:57
Présentateur

donc ça crée un sentiment d'illégitimité, ça détruit le consentement à l'impôt comme à l'effort d'économie.

42:05
Locuteur

Et

42:05
Présentateur

probablement, ce que nous perdons, c'est quelque chose comme 10 milliards là-dessus.

42:09
Locuteur

Donc

42:10
Présentateur

la question qui se pose, c'est de savoir jusqu'où nous sommes prêts à aller et comment nous allons faire. Et pour être très concret, est-ce que nous sommes prêts à aller vers un accord international qui conduirait à ce que les multinationales françaises puissent être taxées, y compris sur leur activité en Chine, sur les produits qu'elles vendent. Nous céderions des recettes fiscales à d'autres pays et en contrepartie, nous pourrions taxer des multinationales américaines qui interviennent chez nous. Autrement dit, la taxe GAFA est une toute petite réponse et très partielle à un problème beaucoup plus large.

42:42
Locuteur

Sur

42:42
Présentateur

le point de l'équité que soulevait Philippe Aguillon, je voudrais y revenir parce que, au fond, quand on regarde l'effet sur la répartition des mesures qui ont été prises et qui étaient nécessaires, je partage totalement l'idée que la fiscalité du capital était excessive, qu'elle était confiscatoire, qu'on avait des taux de prélèvement sur les revenus du capital qui pouvaient dépasser 100% et que c'était profondément anti-économique. Néanmoins, l'effet sur la répartition, c'est que le 1% supérieur a gagné quelque chose comme 5-6 points de revenus dans les mesures qui ont été prises. Et donc, traditionnellement, et c'est l'esprit de

43:17
Locuteur

ce

43:17
Présentateur

que disait Philippe Aguillon, les réformes fiscales qui sont conduites dans ces cas-là conduisent à élargir les assiettes en même temps qu'on baisse les taux de manière à compenser cet effet distributif. Ou alors, on considère que le 1% supérieur avait été surtaxé, et effectivement, il avait été beaucoup taxé dans la période 2010-2014, et que c'est une restitution. Mais à ce moment-là, ceux qui sont immédiatement après, et qui n'ont pas bénéficié de ces mesures, ou très peu bénéficié de ces mesures sur l'allègement de la fiscalité du capital, vont demander leur dû en disant « pourquoi pas nous ?

43:50
Locuteur

».

43:51
Présentateur

Donc, il me semble qu

43:51
Locuteur

'il

43:51
Présentateur

y

43:51
Locuteur

a

43:51
Présentateur

une question sur la réponse, non pas sur la philosophie de la taxation du capital, mais sur l'effet distributif. Dernier point sur la fiscalité, je pense qu'il y

43:59
Locuteur

a

43:59
Présentateur

une très grande question aussi sur

44:01
Locuteur

le

44:02
Présentateur

vieillissement de notre système fiscal et la complexité. On a un impôt sur les successions qui, quand même, sent bon le XIXe siècle.

44:10
Locuteur

On

44:11
Présentateur

a un impôt local qui, dans les bases fiscales, date des années 60 ou des années 70.

44:18
Locuteur

On

44:18
Présentateur

a un impôt sur le revenu qui est extrêmement complexe. On a en fait deux impôts sur le revenu avec la CSG et l'impôt sur le revenu, et qui donnent lieu à des débats surréalistes sur le thème « pourquoi est-ce qu'on ne ferait pas payer à tout le monde l'impôt sur le revenu alors que tout le monde paye déjà la CSG ? »

44:32
Locuteur

Donc

44:32
Présentateur

il y

44:33
Locuteur

a

44:33
Présentateur

une question. Je ne crois pas du tout au grand soir fiscal et au fait qu'on puisse lancer les choses pour la prochaine loi de finances. Mais est-ce qu'il ne

44:38
Locuteur

faut

44:38
Présentateur

pas engager quelques chantiers sur la modernisation de notre système fiscal

44:42
Locuteur

? On

44:43
Présentateur

va prendre deux autres interventions d'économistes. Yann Algan. Merci, M. le Président, pour votre invitation. Je ne voudrais pas que la conversation soit mobilisée par les économistes au départ, donc je vais penser une question de non-économistes, M. le Président. Je partage avec vous le constat que cette crise n'est pas spécifiquement française, elle n'est pas uniquement économique, elle est vraiment civilisationnelle.

Et le mouvement des Gilets jaunes montre que, certes, le pouvoir d'achat est une question importante, mais elle est aussi la manifestation d'une très forte solitude, d'une solitude sociale dans les formes de travail, une solitude aussi territoriale et d'un rapport dégradé aux autres, aux institutions, avec de nouvelles formes d'aspiration. Donc comment est-ce qu'on reconstruit des politiques lorsqu'on passe d'une société de classe sociale à une société de masse ou à une société d'individus ? Et je prends deux exemples précis.

Tout d'abord, si la transformation des modes de travail est vers des sociétés de services beaucoup moins encadrées dans des entreprises, dans des formes traditionnelles de sociabilisation, tel que le manifeste les Gilets jaunes, ce n'est pas un hasard si on retrouve surtout des routiers, des aides-soignants. Gagner 2 000 euros en étant routiers, ce n'est pas la même chose que gagner 2 000 euros et être ouvrier chez Michelin ou chez PSA. Donc comment, dans ce contexte, si c'est l'avenir du travail, comment reconstruire des corps intermédiaires et des nouvelles formes de sociabilisation au travail ?

De la même façon, cette solitude territoriale qui s'est manifestée dans la diagonale du vide, du nord-est au sud-ouest, dans les Gilets jaunes et les soutiens aux Gilets jaunes, on constate une solitude pas uniquement vis-à-vis des services publics, mais peut-être aussi vis-à-vis de commerces, de barres PMU, de boucheries, de boulangeries. Et si l'avenir de nos sociétés est d'avoir une plus grande métropolisation, comment est-ce qu'on fait pour maintenir des lieux de socialisation pour ceux qui ne peuvent ou qui ne souhaitent pas vivre dans ces très grandes villes

46:44
Locuteur

? On

46:45
Présentateur

continue sur l'économie Agathe Cagé. Le micro

46:53
Locuteur

doit être ouvert. Merci.

46:54
Invité

Merci beaucoup pour l'invitation. Je m'excuse. Je vais commencer par une évidence. Je pense que quand les choses ne fonctionnent pas, souvent, il faut essayer de faire différemment.

47:03
Locuteur

Quand

47:03
Invité

on parle de mettre des moyens supplémentaires sur l'école, sur la recherche, sur le logement, sur la santé, pour moi, on ne doit plus parler de dépenses publiques mais d'investissements publics. Et ramener une demande et une discussion sur est-ce que je mets et où je mets des moyens supplémentaires sur l'école, sur la recherche, sur un certain nombre d'emplois à de la dépense publique, c'est finalement faire ce qu'on a toujours fait en termes de débat depuis des dizaines et des dizaines d'années, s'interroger sur notre niveau de dépense publique, comparer ce niveau de dépense publique à celui de nos voisins.

Et ça aussi, c'est une technique qui ne fonctionne plus ou qui fonctionne relativement mal quand on dit qu

47:37
Locuteur

'il

47:38
Invité

faut s'interroger aujourd'hui sur la taxation du patrimoine. Je ne pense pas qu'on soit en train d'agiter le joujou de la fiscalité. On est en train de dire, vous disiez, M. le Président, il faut travailler sur les inégalités primaires. La plus forte des inégalités primaires aujourd'hui est en train de devenir la possession au nom de patrimoine. Certes, les inventeurs de Google n'avaient pas de patrimoine à la base, mais aujourd'hui, vous ne pouvez pas inventer Google à Paris parce que vous ne pouvez juste pas vous loger à Paris. C'est une problématique. C'est une problématique extrêmement importante. Alors oui, il faut travailler sur la réduction des inégalités au niveau scolaire.

48:09
Locuteur

Il

48:09
Invité

faut travailler à comment je mets

48:12
Locuteur

plus

48:12
Invité

de mixité sociale, plus de mixité scolaire

48:15
Locuteur

dans

48:16
Invité

l'école. Ça, c'est quelque chose d'important. Il faut travailler à la réduction des inégalités dans l'accès à l'emploi. Il faut travailler sur ce sujet fondamental. Si aujourd'hui, vous avez une partie de la population qui se voit transmettre un capital incommensurable par rapport au capital qu'a la grande majorité de la population, vous ne pouvez pas demander à la grande majorité de la population de créer Google, de créer de l'emploi et d'aller au même niveau qu'une partie de la population qui commence avec tout quand le reste de la population n'a pas grand-chose mais n'a absolument rien.

48:43
Locuteur

Et

48:44
Invité

sur la nécessité de changer, désolé de le dire comme ça, de logiciel, je pense que

48:47
Locuteur

la

48:48
Invité

question du RUE, ce n'est pas de dire est-ce que le RUE qui a été développé dans les 18 départements a été mieux ou moins bien que la mesure qui a été proposée dans le plan de propriété du gouvernement. Pour moi, la question est de dire qu'on avait quelque chose qui était né de l'expérimentation citoyenne.

49:01
Présentateur

RIE, peut-être une

49:02
Locuteur

définition. Le

49:03
Invité

revenu universel d'existence, vous aviez dans la Gironde des citoyens qui avaient travaillé pendant des semaines au niveau du département sur quel type d'expérimentation conduire. Ces citoyens, ensuite, s'étaient réunis dans des conférences de consensus. Vous aviez le laboratoire d'évaluation des politiques publiques qui avait évalué les différents scénarios. Vous avez des politiques qui se sont engagées, qui sont allées jusqu'au Parlement en disant, laissez-nous juste conduire cette expérimentation. Pas pour dire,

49:26
Locuteur

c

49:26
Invité

'est la solution qu'il faudra imposer ensuite au niveau national, juste pour dire, c'est né des citoyens.

49:31
Locuteur

On

49:32
Invité

a les chercheurs avec nous et si on veut faire différemment, je pense qu'aujourd'hui,

49:34
Locuteur

il

49:34
Invité

faut conduire en acceptant d'associer les citoyens, en acceptant d'associer les chercheurs, en conduisant un grand débat de manière occasionnelle, mais en essayant de travailler différemment sur le long terme et en acceptant de dire, oui, bien sûr, la politique sociale, il faut la conduire au niveau de l'Etat, mais si des départements mobilisaient des milliers de citoyens pour essayer de tenter quelque chose, peut-être ne devons-nous pas le balayer de la main parce que c'est né du département et que ce n'est pas né de la ligne qui avait gagné à l'élection présidentielle.

50:02
Présentateur

Une réaction, M. le Président, trois économistes, une politiste,

50:06
Locuteur

des

50:07
Présentateur

thèmes relatifs aux inégalités et à la fiscalité.

50:11
Locuteur

Oui. Je

50:13
Invité

ne reviens pas sur ce qui a été dit sur les différentes réponses

50:20
Locuteur

aux

50:20
Invité

défis climatiques, même si, je pense, et ça rejoint, on n

50:25
Locuteur

'a

50:25
Invité

pas été au bout dans la discussion avec Dominique Médard, je pense malgré tout qu'il faut en effet,

50:32
Locuteur

il

50:32
Invité

faut à un moment des choix d'investissement lourds. Alors,

50:35
Locuteur

je

50:36
Invité

connais les approches en climate stress test, je ne

50:40
Locuteur

suis pas

50:42
Invité

totalement sceptique, mais je ne

50:43
Locuteur

suis

50:43
Invité

pas sûr que ça y réponde pour le coup parce que ça fait payer les gens qui sont les principales victimes des conséquences, mais qui ne sont pas forcément ceux

50:50
Locuteur

qui

50:51
Invité

les ont produites,

50:52
Locuteur

ce

50:53
Invité

qui est un peu l'effet pervers. Et c'est vrai qu'on n'a pas aujourd'hui de mécanisme malgré tout qui impute le coût des externalités négatives climatiques aux acteurs qui les produisent. Et ce n

51:05
Locuteur

'est

51:05
Invité

pas ce que ces stress tests permettent totalement de faire. A la rigueur, ces stress tests, le risque qu'on a collectivement,

51:10
Locuteur

en

51:11
Invité

tout cas, moi, c'est ce que j'en ai compris, c'est qu'ils accélèrent la vulnérabilité de ceux qui vivent les premières conséquences de ces changements. La question, pour moi, c'est de savoir comment, de plus en plus, on fait payer

51:23
Locuteur

aux

51:24
Invité

acteurs économiques, aux investisseurs,

51:26
Locuteur

des

51:26
Invité

choix qui sont contraires aux orientations qu'on donne collectivement.

51:29
Locuteur

Et

51:30
Invité

pas simplement qu'on ait de la dépense publique qui vienne corriger, mais ça va avec, en effet, la réorientation des choix d'investissement privés, publics, donc il en faut aussi, et l'accompagnement des personnes qui sont les plus fragiles. Je ne reviens pas sur ce qui a été dit sur l'innovation. Alors, sur après,

51:46
Locuteur

l

51:47
Invité

'approche, et c'était les deux interventions de Philippe Aguillon et Jean-Pizani-Ferry, sur les réformes du système fiscal, sur flat tax contre niche fiscale, la question est toujours une question d'ajustement, et au fond,

52:03
Locuteur

ça

52:03
Invité

rejoint la modernisation du système fiscal qui était la deuxième interpellation de

52:07
Locuteur

Jean

52:08
Invité

-Pizani-Ferry.

52:10
Locuteur

C

52:10
Invité

'est simple, à la fin, l'économie politique de ces réformes, c'est qu

52:13
Locuteur

'il

52:13
Invité

y a des gagnants et il

52:14
Locuteur

y

52:14
Invité

a des perdants.

52:16
Locuteur

Les

52:16
Invité

gagnants prennent l'argent et ne le disent pas et les perdants hurlent. Je peux vous le dire, j'ai déjà essayé. Et dans le système français, tout particulièrement, ça marche beaucoup. Donc une bonne réforme pour qu'elle soit menée sur tous ces sujets, c'est une réforme qui coûte de l'argent public.

52:32
Locuteur

C

52:33
Invité

'est simple, c'est une réforme où on s'est compensé, en tout cas pendant un temps, les perdants,

52:37
Locuteur

pour

52:37
Invité

accompagner. La question, c'est, est-ce qu'on doit mettre sur ce sujet notre capital politique est budgétaire ou est-ce qu'il faut le mettre sur d'autres sujets

52:44
Locuteur

? Je

52:45
Invité

me dis franchement. Moi,

52:45
Locuteur

je

52:45
Invité

suis tout à fait d'accord, on a un système qui est très vétuste sur le plan de la fiscalité, fiscalité locale en particulier ou autre.

52:52
Locuteur

J

52:52
Invité

'ai pris un engagement qui

52:53
Locuteur

est

52:53
Invité

de supprimer la taxe d'habitation, on transférera notre impôt, mais on va baisser de quelques dizaines de milliards la fiscalité. Là, c'est très classe moyenne. Et donc, quand je regarde l'équation budgétaire qui est faite, des engagements pris et ce qui est en train de se faire, elle est beaucoup plus focalisée sur les classes moyennes que sur les 1%. Parce que si je fais ISF, flat tax plus tax habitation, c'est beaucoup plus que les classes moyennes, beaucoup plus.

53:15
Locuteur

Et

53:16
Invité

quand je regarde d'ailleurs les 15 dernières années, les principales victimes, si je puis dire, des augmentations, c'était les classes moyennes.

53:21
Locuteur

Donc

53:21
Invité

je trouve que c'est assez juste. Est-ce qu'il faut y réfléchir, voir comment on l'améliore, lancer des travaux ? Moi, j'y suis totalement favorable. Est-ce qu'en toute bonne foi, ma 1re réaction à vos interpellations, c'est de dire je vais mettre mon capital politique

53:36
Locuteur

et

53:37
Invité

le coeur de la dépense publique sur ces sujets ?

53:41
Locuteur

Je

53:41
Invité

ne crois pas. Pourquoi ? Parce que je pense que nous devons mettre beaucoup plus sur la transition climatique et les réponses d'investissement, j'y reviendrai parce que j'achète cette terminologie, j'utilise aussi sur quelques politiques publiques, que les mettre sur la modernisation du système fiscal. Si je suis simple, quand je regarde le système fiscal français,

53:59
Locuteur

il

53:59
Invité

faut plutôt essayer de le baisser et de baisser les dépenses en totalité.

54:05
Locuteur

Pardon

54:05
Invité

d'être un peu basique et peut-être insuffisamment sophistiqué sur le sujet.

54:11
Locuteur

Quand

54:11
Invité

je regarde les choses, on est plutôt au-dessus de la moyenne sur tous les sujets et à peu près tous les décis. de

54:18
Locuteur

la moyenne.

54:18
Invité

flat tax contre niche fiscale, la question, c'est comment la baisse de taux vient compenser la baisse de niche. La question, c'est toujours celle des gagnants et des perdants. C'est une question qui est toujours d'économie politique. Donc, plus on a une baisse de taux, plus on arrive à manger les niches. C'est ce qui va être fait sur l'impôt sur les sociétés avec la dynamique qui est prise. Sur la fiscalité du patrimoine, c'est différent parce que sur la partie productive de l'ISF, c'est une suppression même de la part d'impôt. Donc là, en effet, il n

54:51
Locuteur

'y a

54:51
Invité

pas eu d'effet d'auto niche.

54:53
Locuteur

C

54:53
Invité

'est un peu différent. Alors, si je reviens sur ce sujet-là

54:56
Locuteur

tel

54:56
Invité

qu'il a été souligné, j'ai répondu sur le vieillissement du système fiscal,

55:01
Locuteur

l

55:01
Invité

'effet redistributif de la réforme de

55:02
Locuteur

la

55:02
Invité

taxation du capital, c'est vrai.

55:05
Locuteur

Et

55:05
Invité

d'ailleurs, je pense que politiquement,

55:07
Locuteur

c

55:07
Invité

'est

55:07
Locuteur

un

55:09
Invité

des points qu'on n

55:10
Locuteur

'a

55:10
Invité

pas assez bien expliqué sur ce sujet-là, le coeur de la réforme de la fiscalité du capital, c'était de réattirer du capital productif ou de le garder en France.

55:19
Locuteur

Et

55:20
Invité

donc là-dessus, ce qu'il faut faire, c'est qu'il faut pouvoir évaluer l'impact que ça a en termes de redistribution et regarder l'efficacité de la mesure. Et moi, je vais être très clair, si elle n'est...

55:29
Locuteur

S

55:29
Invité

'il est observé qu'elle n'est pas efficace, il faut la corriger. Et il faut peut-être conditionner davantage sur la partie ISF qui a été totalement supprimée la part de réinvestissement. Là-dessus, moi, je suis extrêmement pragmatique. L'objectif n'était pas un objectif de baisse de la fiscalité nette sur les déciles concernés, c'était un objectif d'investissement, de retour ou de maintien du capital productif. Donc là-dessus, ça s'évalue de manière scientifique, ça doit s'évaluer de manière neutre et ça doit alimenter le débat politique pour regarder si l'engagement pris et l'objectif recherché a été atteint

56:03
Locuteur

et

56:03
Invité

de pouvoir séparer l'objectif, si je puis dire, productif, de ses conséquences sociales. Mais je pense qu'il ne

56:09
Locuteur

faut

56:09
Invité

pas écraser l

56:10
Locuteur

'un

56:10
Invité

sur l'autre. Aujourd'hui, moi, je ne sais pas dire l'impact que ça a en termes réels dans un sens ou dans l'autre, mais il faut pouvoir le documenter, qu'il puisse y avoir de la science la plus neutre, la plus transparente qui se fasse sur ce sujet et qu

56:22
Locuteur

'on

56:22
Invité

puisse ajuster les choses et les corriger.

56:24
Locuteur

Ce qui

56:24
Présentateur

veut dire, M. le Président, que s'il est documenté,

56:27
Locuteur

par

56:27
Présentateur

exemple, il peut y avoir un

56:28
Locuteur

retour partiel de l

56:29
Invité

'ISF. Ça veut dire qu'il doit y avoir une évaluation

56:34
Locuteur

qui

56:35
Invité

soit scientifiquement faite et qui alimente d'ailleurs les travaux du Parlement sur ce sujet pour regarder l'efficacité productive de ce choix qui a été fait. Parce que

56:41
Présentateur

cette évaluation, enfin, un certain nombre d'autres économistes, Gilbert Sette, par exemple, sur l'évaluation de l'ISF.

56:49
Locuteur

Non,

56:50
Présentateur

sur ce point-là, je voulais juste dire, M. le Président, que sur les évaluations, le climat, le débat qu'on a à l'heure actuelle en France et celui que nous avons ici ce soir, je dirais, amène peut-être en partie, une bonne partie des effets favorables de ce qui a été engagé par la réforme de l'ISF il y a maintenant 18 mois à ne pas se produire. Pourquoi ? Parce que ça entraîne un sentiment, ça peut entraîner un sentiment d'insécurité. Ce type de réformes, c'est des réformes qui ont un effet favorable sur le temps long, en quelque sorte.

57:22
Locuteur

Et

57:22
Présentateur

si dans le débat économique français, on dit sans arrêt que, eh bien, on peut revenir sur ce type de dispositif et qu'éventuellement, dans un an, dans 18 mois, ces dispositifs pourront être mis en cause au titre d'une efficacité qui ne soit pas assez immédiate, eh bien, je ne suis pas certain que les résultats ne soient pas déjà ce qu'on ne voudrait pas qu'ils soient, en quelque sorte, c'est-à-dire qu'ils ne seront pas au rendez-vous.

57:48
Locuteur

Moi,

57:49
Présentateur

je voulais aussi intervenir sur un autre point, revenir un peu sur ce que vous disiez tout à l'heure. un aspect étonnant dans le mouvement social des quatre derniers mois, je crois que ça a étonné beaucoup d'observateurs, c'est que les mots chômage, les mots emploi n'ont quasiment pas été employés. La France est un des pays qui connaît le niveau le plus élevé des taux de chômage. Parmi les 36 pays de l'OCDE, je crois qu'il y

58:11
Locuteur

en

58:11
Présentateur

a quatre seulement qui ont un taux de chômage harmonisé supérieur à celui de la France. Eh bien, malgré ça, dans ce mouvement social, les mots emploi, chômage ont été quasiment absents. Et sur le domaine, sur le terrain économique, on a surtout parlé de pouvoir d'achat. Quand on voit ce qui s'est passé dans d'autres pays sur les 15, 20 dernières années,

58:31
Locuteur

on

58:31
Présentateur

voit généralement que les séquences sont beaucoup plus claires. Je ne parle pas simplement d'Allemagne, je parle également, par exemple, de la Finlande et de l'accord qui a été signé en 2016 et qui a amené un rétablissement spectaculaire de ce pays-là. Généralement, il y a une séquence qui dit, bon, dans un premier temps, on va privilégier peut-être l'emploi, la baisse du chômage et puis le pouvoir d'achat sera, je ne dirais pas, une priorité seconde, mais en tout cas, la priorité des priorités sera l'emploi et la baisse du chômage.

Tenir les deux en même temps, c'est un challenge pour un pays comme la France puisqu'il y a maintenant le besoin de répondre à des attentes et vous avez commencé à le faire, surtout dans un pays

59:11
Locuteur

qui

59:11
Présentateur

souffre d'un problème structurel de compétitivité. Je rappelle que 2018, c'est la douzième année consécutive dans laquelle la France enregistre un déficit de balance courant, douzième année consécutive dans laquelle la France, pour faire simple et caricaturale, la France vit à crédit et puis dans le contexte, évidemment, de préoccupations environnementales qui nous amènent

59:34
Locuteur

à

59:35
Présentateur

envisager de façon incontournable sur les prochaines années

59:38
Locuteur

des

59:39
Présentateur

dépenses importantes dans le domaine environnemental, sachant que dans ce domaine, on sait que les dépenses sont pour aujourd'hui, mais les rendements, les retours sont très décalés dans le temps, très, très décalés dans le temps. Donc, comment tenir en quelque sorte cette équation miracle qu'on n

59:53
Locuteur

'a

59:53
Présentateur

pas vue de pays qui soit rétabli, qui l'est tenue ? Priorité, pouvoir d'achat et emploi en même temps dans le contexte d'un pays largement, souffrant largement de problèmes de compétitivité et d'ailleurs de, comment dirais-je, de solde public. Comment faire

1:00:09
Locuteur

? On

1:00:10
Présentateur

va poursuivre sur la question écologique. Ami Daan, historienne, mathématicienne,

1:00:15
Locuteur

sur

1:00:15
Présentateur

la question écologique, puis Jean Jouzel, que j'aperçois.

1:00:18
Locuteur

Ami

1:00:18
Présentateur

Daan. Il faut que vous ouvriez votre micro, Ami.

1:00:23
Locuteur

Merci

1:00:24
Présentateur

de votre invitation.

1:00:26
Locuteur

Je

1:00:26
Présentateur

voudrais revenir sur cette période qui semble très paradoxale que nous vivons aujourd'hui, avec d'un côté la révolte populaire qui a démarré contre la taxe carbone,

1:00:37
Locuteur

et

1:00:37
Présentateur

en même temps une mobilisation incroyable, réjouissante, de mon point de vue, inédite, de la jeunesse européenne, celle du monde et la jeunesse de France pour préserver le climat et l'environnement.

1:00:52
Locuteur

Dans

1:00:53
Présentateur

l'expression des uns comme des autres, un même slogan revient et c'était très frappant à Paris samedi dernier.

1:01:00
Invité

Fin du monde, même combat.

1:01:04
Locuteur

Pour

1:01:04
Invité

certains,

1:01:05
Présentateur

cela veut dire que les problèmes sociaux et environnementaux ont une origine commune.

1:01:10
Locuteur

C

1:01:10
Présentateur

'est sans doute, évidemment, un peu trop simple.

1:01:12
Locuteur

Mais

1:01:13
Présentateur

finalement, qu'importe

1:01:14
Locuteur

?

1:01:15
Présentateur

Cela exprime, en tout cas, le sentiment très fort qu'on ne peut avancer sur l'environnement sans s'occuper de social.

1:01:23
Locuteur

Plusieurs

1:01:23
Présentateur

personnes l'ont dit, et vous l'avez dit vous-même. Nicolas Hulot l'avait bien perçu, je crois, en obtenant que son ministère soit celui de la transition écologique et solidaire.

1:01:34
Locuteur

Bien

1:01:35
Présentateur

sûr, il peut y avoir des contradictions entre tous ces objectifs, mais il y a aussi des synergies fortes.

1:01:40
Locuteur

Par

1:01:41
Présentateur

exemple, j'en donne juste un exemple précis, l'isolation thermique des bâtiments, un sujet majeur pour la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, qui réduit aussi la facture énergétique des ménages, notamment les plus démunis, et devrait créer beaucoup d'emplois non délocalisables. Certains de nos voisins européens ont su industrialiser la rénovation thermique des bâtiments sur un rythme beaucoup plus soutenu que le nôtre. Pourquoi pas nous

1:02:10
Locuteur

? La

1:02:12
Présentateur

transition écologique, je crois, qu'il faut vraiment l'affirmer, c'est une transformation matérielle, sociétale, très profonde,

1:02:23
Locuteur

comparable

1:02:24
Présentateur

à la grande transformation de Polanyi qu'il a décrite à propos de la révolution industrielle, et elle nécessite d'offrir un

1:02:32
Invité

projet d'ensemble cohérent, global. Permettez-moi de vous dire, Monsieur le Président, que j'ai trouvé que dans votre

1:02:41
Présentateur

lettre aux Français, ce projet d'ensemble global n'apparaissait pas clairement,

1:02:47
Locuteur

parce

1:02:48
Présentateur

que c'était une question parmi d'autres.

1:02:51
Locuteur

Et

1:02:51
Présentateur

puis, elle ne peut pas être abordée simplement dans le cadre individualiste. la transformation certes souhaitable des habitus et des modes de vie est forcément contrainte par les infrastructures qu'offre le pays et aussi par les valeurs culturelles portées par le pouvoir, la société, etc. Donc, engager cette transformation aujourd'hui, c'est exprimer ce projet et y aller. Engager cette transformation, c'est aussi, bien sûr, et là, on rencontre ce dont on a parlé avant, une affaire d'investissement

1:03:29
Locuteur

dans

1:03:29
Présentateur

l'efficacité énergétique, dans l'énergie renouvelable, dans l'agriculture bio ou l'alimentation saine.

1:03:37
Locuteur

Je

1:03:38
Présentateur

crois qu'il faudrait parvenir à généraliser, par exemple, le prêt à taux zéro pour tous les objets de la transition, que ce soit les pompes à chaleur, le véhicule électrique ou l'isolation.

1:03:49
Locuteur

Des

1:03:49
Présentateur

outils existent, on en a parlé, comme la Banque Centrale d'Investissement, la Banque Européenne ou la Banque du Climat dont Jean Jouzel parlerait sûrement mieux que moi.

1:04:01
Locuteur

Parce

1:04:01
Présentateur

qu'il faut de l'argent pour décarboner l'économie, c'est vrai, beaucoup d'argent.

1:04:05
Locuteur

Alors,

1:04:05
Présentateur

comment le trouver ? En fait, on sait qu'il existe, il faut le flécher vers la transition écologique. Alors, certaines outils et certaines décisions, pardon, ne dépendent que de nous, Français, c'est-à-dire de vous, M. le Président,

1:04:22
Locuteur

et

1:04:22
Présentateur

d'autres doivent être prises au niveau européen.

1:04:25
Locuteur

Il

1:04:26
Présentateur

faudrait parvenir à sortir les investissements de la transition écologique des critères de Maastricht

1:04:31
Locuteur

et

1:04:32
Présentateur

réussir à orienter l'argent de la BCE vers la transition énergétique.

1:04:37
Locuteur

Je

1:04:38
Présentateur

crois que c'est important que ce New Deal vert

1:04:40
Locuteur

s

1:04:41
Présentateur

'est repensé en profondeur ce qu'est une dette

1:04:44
Locuteur

pour

1:04:45
Présentateur

se donner les moyens, les marges de manœuvre de l'investissement et repenser les catégories de la comptabilité publique, comme la commission Stiglitz l'avait suggéré il y a dix ans

1:04:56
Locuteur

pour

1:04:57
Présentateur

répondre au défi majeur de notre temps qui est la question climatique.

1:05:01
Locuteur

Et

1:05:01
Présentateur

en définitive, je voudrais terminer avec cela, il s'agit de relancer le projet européen

1:05:07
Locuteur

par

1:05:08
Présentateur

et pour la transition écologique et énergétique. Le seul thème susceptible peut-être

1:05:15
Locuteur

de

1:05:16
Présentateur

faire consensus en Europe, de lever les réticences de nos voisins les plus puissants

1:05:21
Invité

à l'égard d'une plus grande solidarité européenne.

1:05:25
Locuteur

Et

1:05:26
Invité

aussi, surtout, c'est le thème aujourd'hui parmi tous les

1:05:29
Présentateur

autres qui peut créer dans la jeunesse un nouvel enthousiasme pour le projet européen et faire obstacle au retour des nationalismes et à la montée des populismes. Ma génération, malheureusement, très représentée ici,

1:05:46
Locuteur

a

1:05:46
Présentateur

failli de ce point de vue.

1:05:47
Locuteur

Je

1:05:48
Présentateur

souhaite

1:05:48
Locuteur

que

1:05:49
Présentateur

la vôtre, M. le Président, soit plus lucide et plus responsable.

1:05:53
Locuteur

Merci.

1:05:54
Présentateur

Merci, Amine Dahan. Jean Jouzel,

1:05:56
Locuteur

sur

1:05:57
Présentateur

ce même thème.

1:05:58
Locuteur

M.

1:05:58
Présentateur

le Président, merci de votre invitation. Pas de surprise. Je suis très en face d'ailleurs avec Amine Dahan, même si on n

1:06:04
Locuteur

'a

1:06:04
Présentateur

pas préparé ensemble. Peut-être quand même pas inutile complètement de redire la réalité du réchauffement climatique

1:06:11
Locuteur

que

1:06:12
Présentateur

les 4 dernières années ont été des années records, que si vous voulez identifier les

1:06:17
Locuteur

20

1:06:18
Présentateur

années les plus chaudes, il suffit de remonter de 22 ans.

1:06:22
Locuteur

Et

1:06:22
Présentateur

surtout que

1:06:24
Locuteur

le

1:06:24
Présentateur

climat que nous vivons aujourd'hui est vraiment marqué par un réchauffement de 1 du 10ème degré par décennie, par

1:06:32
Locuteur

une

1:06:34
Présentateur

intensification déjà perceptive et évidemment extrême, mais vraiment celui que notre communauté scientifique envisageait il

1:06:40
Locuteur

y

1:06:40
Présentateur

a une trentaine d'années.

1:06:41
Locuteur

Ça

1:06:41
Présentateur

nous invite, je crois, à prendre au sérieux ce que cette communauté prévoit pour les années 2050 et au-delà. C'est un message très fort et bien sûr les conséquences qui en résulteraient. Alors, prise dans leur ensemble, et c'est un point qui a déjà été évoqué, ces conséquences se traduisent par un risque d'accroissement des inégalités. Entre pays pauvres et pays riches, bien entendu, nous en sommes conscients,

1:07:08
Locuteur

mais

1:07:09
Présentateur

aussi entre populations qui peuvent y faire face et celles

1:07:13
Locuteur

qui

1:07:13
Présentateur

ne peuvent pas le faire,

1:07:16
Locuteur

y

1:07:17
Présentateur

compris dans des pays développés.

1:07:19
Locuteur

C

1:07:19
Présentateur

'est un point que nous avons mis en avant dès 2017, d'ailleurs, dans un avis du Conseil économique, social et environnemental,

1:07:26
Locuteur

en

1:07:26
Présentateur

soulignant les inégalités qui peuvent résulter de certaines mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique.

1:07:32
Locuteur

Un

1:07:32
Présentateur

exemple est celui de l'augmentation des taxes carbone à l'origine du mouvement des gilets jaunes.

1:07:38
Locuteur

Donc,

1:07:38
Présentateur

cette dimension sociale vaut pour l'ensemble des problèmes environnementaux comme l'illustre, je crois, l'analyse des différents objectifs du développement durable.

1:07:48
Locuteur

C

1:07:49
Présentateur

'est d'ailleurs cette dimension post-social que le pape François a mis en avant lors d'une audition qu'il nous a récemment accordée à Pierre Laroutourou et à moi-même en vue de lui présenter l'initiative d'un pacte finance-climat européen. Cette initiative, elle part effectivement d'un constat que Amidén a déjà fait, d'un constat largement partagé, la lutte contre le réchauffement climatique, le respect des objectifs de l'accord de Paris, implique des investissements extrêmement importants. Et là, je ne parle pas uniquement, bien sûr, d'investissements publics, de l'ordre de 1 000 milliards d'euros chaque année au niveau européen.

1:08:24
Locuteur

Et

1:08:24
Présentateur

ce, dans des domaines tels que la mobilité, le bâtiment, l'urbanisme, l'énergie, l'industrie, l'agriculture, l'alimentation. Avec à la clé

1:08:32
Locuteur

de

1:08:33
Présentateur

nombreuses créations d'emplois,

1:08:34
Locuteur

il y a

1:08:35
Présentateur

un dynamisme économique pour les pays qui s'engagent dans cette transition énergétique et écologique.

1:08:39
Locuteur

Et

1:08:40
Présentateur

par rapport, je crois, à Gilles Berset, je dirais quand même que les investissements qu'on fait pour la transition énergétique, ils peuvent aussi rendre tout de suite. Ce n

1:08:47
Locuteur

'est

1:08:47
Présentateur

pas simplement rendre, effectivement, en matière de climat, mais en matière d'activité économique, je crois qu'ils peuvent apporter quelque chose très rapidement. Alors, M. le Président, dans une récente tribune, vous avez proposé la création d'une banque européenne pour le climat qui est mentionnée dans notre pacte. Nous y avons ajouté pour la plus haute diversité.

1:09:09
Locuteur

En

1:09:09
Présentateur

outre, ce pacte inclut un budget européen dédié.

1:09:12
Locuteur

D

1:09:12
Présentateur

'ailleurs, hypothèse que vous aviez évoqué lors d'un discours de la Sorbonne

1:09:16
Locuteur

et

1:09:17
Présentateur

la signature d'un traité européen la mise en place.

1:09:20
Locuteur

Au

1:09:20
Présentateur

niveau mondial, la France est par ailleurs impliquée avec la Jamaïque

1:09:23
Locuteur

dans

1:09:24
Présentateur

la définition de la stratégie de financement de la lutte contre le réchauffement climatique et l'adaptation. Quelles pourraient être, M. le Président, les prochaines étapes conduisant à

1:09:36
Locuteur

la

1:09:36
Présentateur

création de cette banque européenne pour le climat et au-delà

1:09:39
Locuteur

d

1:09:40
Présentateur

'une véritable politique ambitieuse de lutte contre le réchauffement climatique et l'adaptation au niveau européen, évidemment au niveau mondial.

1:09:49
Locuteur

Je

1:09:49
Présentateur

crois qu'il y va d'un développement harmonieux de notre continent à l'horizon des prochaines décennies. Merci, Jean-Joselle. Une autre intervention sur ce même thème par une économiste, Claudia Sénique.

1:10:01
Invité

Merci. Je voulais dire que j'étais très enthousiasmée, je pense que c'est très important cette proposition d'un projet d'ensemble cohérent et global et d'un projet européen, pas seulement à cause de l'importance du sujet lui-même, du réchauffement climatique, bien entendu, mais à cause du fait qu'on est à la recherche en fait de quelque chose qui permette aux gens de se repenser comme étant dans une société assez cohérente avec un objectif ou un projet commun. Et je dis ça parce que dans les travaux que nous menons sur le bonheur ou le malheur des Français, avec Yann Abdel notamment, on s

1:10:32
Locuteur

'est

1:10:32
Invité

rendu compte avant le mouvement des Gilets jaunes qu'il y avait un certain signe de fragmentation sociale, notamment dans les petites agglomérations, les villes moyennes, des gens qui se déclaraient particulièrement anxieux, pas seulement pour des raisons de leur vie économique, mais insatisfaits de leurs relations amicales, familiales, vraiment de leur entourage, un véritable symptôme d'isolement social. Et on sait que cette question du lien social, avez-vous quelqu'un sur qui comptez ? C'est vraiment une des questions qui fait la différence

1:10:57
Locuteur

du

1:10:58
Invité

point de vue du bonheur des gens dans les grandes enquêtes. Et on sait en retour que le bonheur, l'optimisme, le pessimisme a une grande influence sur le comportement des gens et notamment leur comportement politique et électoral. Et donc, quand il y a une perte de représentation de soi comme étant intégré dans une instance intermédiaire qui, elle-même, après, va se composer avec d'autres pour former société. Donc, dans ce cas-là, qu'est-ce qui permet de nouveau de se représenter comme étant un membre d'une société qui...

1:11:38
Présentateur

Merci, Claudia Séni. Pardonnez-moi.

1:11:41
Invité

...qui varie. L'idéal, évidemment, est d'avoir un projet commun. Ça a

1:11:45
Locuteur

pu

1:11:45
Invité

être l'émancipation, la croissance, la social-démocratie. Ça ne marche plus très bien parce que la croissance économique n'est plus là pour soutenir tout ça.

1:11:52
Locuteur

Alors,

1:11:53
Invité

maintenant, soit on retrouve effectivement, comme dans le plan 1 de Daniel Cohen, une croissance, par exemple, verte, ça serait idéal, soit, en fait, l'alternative aussi, c'est un ennemi commun. Donc, par exemple, cet ennemi commun, ça peut être le réchauffement climatique, ça peut être la concurrence fiscale qui détruit l'État-providence européen, ça peut être la guerre des identités, le séparatisme social. Mais, en tout cas, ce projet global écologique, s'il est vraiment présenté en tant que tel et on voit à quel point la jeune génération y adhère, ça peut fédérer, justement, ce sentiment d'appartenir à une collectivité. Je pense que c'est vraiment très important.

C'est l'absence de ça qui nourrit ce populisme où on a l'impression qu'il

1:12:31
Locuteur

y a

1:12:31
Invité

d'un côté les élites et de

1:12:32
Locuteur

l

1:12:32
Invité

'autre côté le peuple et que, désormais, ils sont totalement séparés.

1:12:34
Locuteur

Merci,

1:12:36
Présentateur

Claudia Sénic. Sur ces trois interventions, M. le Président, autour de l'écologie et d'un projet européen d'inclusion.

1:12:46
Invité

Je pense que ce que vous venez de dire,

1:12:48
Locuteur

et

1:12:48
Invité

ça rejoint d'ailleurs en quelque sorte l'approche

1:12:50
Locuteur

presque

1:12:52
Invité

micro qui était celle de Yann Algan, c'est celle de cette solitude et de la perte de sens.

1:12:59
Locuteur

Et

1:12:59
Invité

ça, je pense que vous avez parfaitement raison et que c'est le défi qui est le nôtre. C'est pour ça que je disais en préambule que la question qu'on a à traiter est plus grave que de dire que

1:13:09
Locuteur

c

1:13:09
Invité

'est simplement une réponse symptomatique à tel ou tel sujet.

1:13:12
Locuteur

c

1:13:12
Invité

'est de savoir quel est

1:13:13
Locuteur

le

1:13:15
Invité

commun et comment je construis mon destin individuel dans un destin collectif.

1:13:18
Locuteur

Et

1:13:18
Invité

d'ailleurs, quelque part, le moment cathartique que vit notre société le dit

1:13:24
Locuteur

parce

1:13:24
Invité

que beaucoup y répondent par du malheur individuel

1:13:28
Locuteur

ou

1:13:29
Invité

des problèmes individuels, mais disent quelque part beaucoup du délitement de ce lien politique-social. Et donc, ils se retrouvent, vous l'avez très bien dit, dans des combats. Alors à la question, on peut les tourner positivement, certains de ces combats. Le sujet sur le climat, on peut le tourner positivement. Et d'ailleurs, aujourd'hui, il est assez positif, si je puis dire. Il est une impatience, il est une exigence, mais il est dans cette traduction relativement positif. Néanmoins, sur ce qui a été dit justement sur cette solitude sociale, territoriale et ce besoin, comme vous venez de le dire, de commun, de lien social, je pense que ça, c'est un de nos défis. Alors, il y a des...

1:14:07
Locuteur

Il

1:14:07
Invité

y

1:14:07
Locuteur

a

1:14:07
Invité

plusieurs strates de réponse.

1:14:09
Locuteur

Il

1:14:10
Invité

y

1:14:10
Locuteur

a

1:14:10
Invité

une réponse qui est dans l'aménagement qu'on peut faire de ce commun. La puissance publique, elle a des choses à sa main. Elle aménage justement des politiques publiques. Elle peut créer ce commun,

1:14:21
Locuteur

ce

1:14:21
Invité

social. Elle peut créer des services publics, comme on

1:14:24
Locuteur

dit,

1:14:24
Invité

de proximité, qui sont une façon de remettre cela. Mais

1:14:26
Locuteur

plus

1:14:27
Invité

largement, on a à penser, à mon avis,

1:14:29
Locuteur

à

1:14:29
Invité

organiser aussi notre façon d'être

1:14:32
Locuteur

dans

1:14:32
Invité

le travail et autour du travail. Et je ne parle pas là, forcément, de la notion d'emploi.

1:14:36
Locuteur

Mais

1:14:37
Invité

il

1:14:37
Locuteur

y a

1:14:37
Invité

quelque chose de la solitude des destins individuels dans notre société aujourd'hui et qui va avec leur dématérialisation. Et ça, ce n

1:14:44
Locuteur

'est

1:14:44
Invité

pas une réponse qui est univoque. Elle ne se pense pas d'ailleurs toute seule. Elle dépasse largement ce qui est à la main d'un gouvernement ou de quelques dirigeants politiques que ce soit. Mais elle fait partie de la réponse très profonde qu'on a collectivement à apporter.

1:14:56
Locuteur

Et

1:14:56
Invité

puis, il y a le projet commun.

1:14:59
Locuteur

Alors,

1:15:00
Invité

à dessein, la lettre que j'ai écrite n'avait pas vocation à expliquer un projet puisqu'elle était ouverte. Vous ne demandez pas aux gens de délibérer librement si vous leur dites voilà mon projet. Il se trouve qu'on a eu un moment démocratique où on dit quelque chose d'un projet qui est l'élection présidentielle. Je pense que là, paradoxalement, on vit quelque chose

1:15:14
Locuteur

de

1:15:15
Invité

plus profond que ce qu'on connaît dans une élection présidentielle, de moins normé. Donc, on a inventé cette maillotique à ciel ouvert, si je puis dire. Mais c'est la définition d'un projet. Mais

1:15:27
Locuteur

l

1:15:28
Invité

'aurais-je défini qu'on m'aurait dit qu'il est bien sympathique. Il nous demande de venir débattre et il a déjà son projet.

1:15:35
Locuteur

Je

1:15:35
Invité

nous connais maintenant. Donc, je pense qu'il était important d'assumer cette part d'indétermination et de continuer à l'assumer. Et d'ailleurs, on voit bien dans ce qu'on est en train de se dire, moi j'assume la part approximative de certaines réponses. Tout n'est pas réductible à des réponses de politique publique. Néanmoins, je l'ai dit en introduction, je crois qu'il

1:15:55
Locuteur

y a

1:15:55
Invité

un besoin de projet national européen, c'est-à-dire

1:15:58
Locuteur

de

1:15:58
Invité

dire notre part de sens

1:16:01
Locuteur

du

1:16:01
Invité

moment que nous vivons.

1:16:03
Locuteur

Et

1:16:03
Invité

ce qui est vrai, c'est que nous sommes une nation éminemment politique et donc,

1:16:07
Locuteur

je

1:16:08
Invité

pense que nous sommes un pays où nos concitoyens au fond sont heureux quand ils bâtissent leur destin individuel sur quelque chose du destin collectif.

1:16:15
Locuteur

Et

1:16:15
Invité

donc, le fait de ne pas comprendre où on va collectivement,

1:16:18
Locuteur

de

1:16:18
Invité

se dire, au fond, demain sera moins bien qu'aujourd'hui,

1:16:22
Locuteur

pour

1:16:23
Invité

moi-même et pour mes enfants, et nourrit ce malheur.

1:16:26
Locuteur

Et

1:16:26
Invité

donc, la question, c'est comment on arrive non seulement à définir les objectifs vers lesquels on va, mais à montrer qu'on a suffisamment de monde qu'on emmène vers ces objectifs,

1:16:34
Locuteur

mais

1:16:34
Invité

à construire le chemin de crédibilité, la philosophie qui emmène tout le monde sur ce point. Alors, dans ce contexte-là, il est évident que

1:16:41
Locuteur

le

1:16:42
Invité

climat, il est aujourd'hui pris, vous l'avez dit, mais même dans nos débats, dans la manière, on l'aborde d'une manière anxiogène. Alors, elle est anxiogène pour faire réagir les décideurs,

1:16:52
Locuteur

mais

1:16:53
Invité

il est clair que

1:16:53
Locuteur

le

1:16:55
Invité

concitoyen qui nous écoute sur ce sujet ne peut pas dire que ça va être quelque chose de super, je vais me projeter, ça va me permettre de construire mon bonheur individuel et collectif.

1:17:03
Locuteur

Vous,

1:17:03
Invité

vous le voyez, moi je pense que je l'entrevois et ça suppose de contrecarrer beaucoup d'intérêts en place, mais je pense qu'on a nous-mêmes à reconstruire une forme de projection politique et de discours, du coup, peut-être plus positif de ce qu'est justement ce combat climatique. Si on dit juste qu'on est tous foutus, on va mourir et ça ne

1:17:21
Locuteur

va

1:17:21
Invité

pas assez vite, et moi je suis un combattant encore plus vrai de ce sujet parce que vraiment je trouve que vous n

1:17:28
Locuteur

'allez

1:17:28
Invité

pas assez vite,

1:17:29
Locuteur

à

1:17:29
Invité

la fin, tout le

1:17:30
Locuteur

monde

1:17:30
Invité

se dit on n'y arrivera pas. Moi je crois profondément qu'on peut le réussir,

1:17:35
Locuteur

qu

1:17:36
Invité

'on ne va aujourd'hui pas suffisamment rapidement dans cette transition et donc pour reprendre ce que vous avez dit l'un et l'autre, qu'on a une dynamique en effet

1:17:43
Locuteur

nationale,

1:17:45
Invité

européenne et internationale. Sur le national, on a commencé, moi je partage vos points très pragmatiques sur ce qui ne va pas assez vite et qui sont des vrais leviers de cette écologie totalement positive, c'est-à-dire que c'est un levier de création d'emplois, de secteur d'activité, simplement il faut pivoter une partie du modèle.

1:18:02
Locuteur

Et

1:18:02
Invité

donc c'est ça qui prend

1:18:03
Locuteur

un

1:18:04
Invité

peu de temps mais qui suppose donner, je crois ce qui a été dit, de la visibilité et de la confiance aux gens. C

1:18:09
Locuteur

'est

1:18:09
Invité

la grande difficulté du moment, c'est qu'on

1:18:11
Locuteur

a

1:18:11
Invité

un moment où on est, on reconçoit à ciel ouvert un modèle mais on doit donner suffisamment de confiance à un moment de sortie même s'il n

1:18:18
Locuteur

'y a

1:18:18
Invité

pas l'unanimité

1:18:19
Locuteur

pour

1:18:20
Invité

que les gens qui s'engagent sur ces nouveaux choix disent qu

1:18:22
Locuteur

'ils

1:18:22
Invité

vont les tenir

1:18:24
Locuteur

et

1:18:24
Invité

que ça ne bascule pas en permanence. Après, moi je pense que

1:18:30
Locuteur

le

1:18:31
Invité

coeur de cette bataille aujourd'hui est européen parce que

1:18:35
Locuteur

c

1:18:35
Invité

'est un espace pertinent, je pense que c'est là où on a réussi à inventer l'économie sociale de marché, des équilibres sociaux et économiques qui ont structuré justement ces derniers siècles et donc je pense que c'est là qu'on peut inventer cet espace justement d'une transition environnementale accélérée. Alors, la banque

1:18:55
Locuteur

du

1:18:56
Invité

climat en est une, c'est votre idée, je ne fais que moi la reprendre, je pense que l'idée de cette banque du climat au fond c'est d'appuyer sur deux instruments qu'on a.

1:19:04
Locuteur

On

1:19:05
Invité

a la BEI

1:19:05
Locuteur

qui

1:19:06
Invité

doit être transformée, la banque européenne d'investissement qui doit être beaucoup plus mobilisée sur ce type d'investissement et donc ça c'est un choix on revient sur ce qu

1:19:14
Locuteur

'on

1:19:14
Invité

disait de là où on met le capital public, les systèmes de garantie de subvention publique pour orienter ensuite des choix privés

1:19:21
Locuteur

et

1:19:22
Invité

puis on a un vrai débat à avoir

1:19:23
Locuteur

qui

1:19:24
Invité

est qu'est-ce qu'on met comme objectif au sein

1:19:26
Locuteur

de

1:19:27
Invité

notre banque centrale

1:19:28
Locuteur

et

1:19:29
Invité

est-ce qu'on pense et

1:19:29
Locuteur

est-ce qu'on pense qu

1:19:29
Invité

'il y a un débat à avoir sur la bonne orientation de certains mécanismes de financement et donc comment dans les critères même du système bancaire on décide d'orienter justement les différents modèles et la bonne allocation du capital et des financements est-ce qu

1:19:44
Locuteur

'on

1:19:44
Invité

veut favoriser certains types de financements en considérant qu'ils sont préférables c'est un débat là qu'il faut avoir. Ensuite au niveau européen

1:19:51
Locuteur

ce

1:19:52
Invité

qui nous permettra d'accélérer c'est de monter le prix du carbone beaucoup plus fortement moi j'y suis très favorable c

1:19:58
Locuteur

'est

1:19:58
Invité

la position qu'on défendra sur ce sujet c'est-à-dire que c'est d'accepter qu'on va vers un modèle où l'investissement productif doit prendre en compte ses impacts sur le climat et donc quand on investit dans quelque chose qui produit du CO2 on doit être taxé beaucoup plus qu'on ne l'est aujourd'hui. Alors il y a énormément là d'intérêts constitués qui sont contre il n

1:20:16
Locuteur

'y a

1:20:16
Invité

pas de consensus européen sur ce point il ne

1:20:18
Locuteur

faut

1:20:18
Invité

pas se tromper mais je pense que

1:20:19
Locuteur

c

1:20:19
Invité

'est un combat qu'on doit mener et qu'on doit mener là aussi à ciel ouvert si on veut pouvoir le gagner parce que c'est un vrai levier de transformation et il doit s'accompagner d'une taxe aux frontières sur le CO2

1:20:27
Locuteur

parce

1:20:27
Invité

que si on veut préserver et articuler les deux c'est pour

1:20:30
Locuteur

ça

1:20:30
Invité

que je serais moins pessimiste que Gilbert Sette

1:20:31
Locuteur

il

1:20:32
Invité

faut avoir des bons mécanismes et en effet on ne

1:20:34
Locuteur

peut

1:20:34
Invité

pas dire on emmène nos entreprises et nos citoyens dans une transformation

1:20:37
Locuteur

mais

1:20:38
Invité

on considère qu'on reste un espace totalement ouvert et aveugle sur nos préférences commerciales.

1:20:45
Locuteur

Je

1:20:45
Invité

crois que si on rentre dans cette logique de transition on doit dire dans ces cas-là on fait payer cette taxe aux frontières aux acteurs industriels chinois, indiens, russes qui eux ne taxent pas leur production comme nous on la taxe sur le CO2.

1:20:57
Locuteur

Et

1:20:57
Invité

puis après moi je pense qu'au niveau international on peut bouger les choses vous avez parlé de combats à mener sur la biodiversité on a des échéances importantes en 2020 et on a la réorientation de notre modèle. Le rendez-vous qu'on a en septembre prochain avec le Premier ministre américain sur le mandat qui nous a été donné par le secrétaire général des Nations Unies c'est au fond comment réussir à articuler au niveau mondial la justice sociale et contributive à la justice climatique.

1:21:26
Locuteur

Il

1:21:26
Invité

y aura une partie d'argent public là aussi mais la clé c'est comment on réoriente les vrais investisseurs internationaux

1:21:31
Locuteur

sur

1:21:32
Invité

des choix

1:21:33
Locuteur

qui

1:21:33
Invité

permettent cette réorientation

1:21:34
Locuteur

parce

1:21:35
Invité

que le cœur des liquidités et des capacités d'investissement ils sont dans le système financier dans les assets managers dans les fonds

1:21:42
Locuteur

et

1:21:43
Invité

donc ça on commence à le faire

1:21:45
Locuteur

et

1:21:45
Invité

on a eu des résultats ces derniers mois c'est ça qu'il faut pouvoir accélérer et au fond ça n

1:21:49
Locuteur

'est

1:21:49
Invité

rien d'autre que changer le cœur du modèle

1:21:52
Locuteur

c

1:21:52
Invité

'est-à-dire de se dire que le climat n'est pas une réalité dont on ne traite qu'en quelque sorte dont la puissance publique vient corriger les impacts négatifs d'un système productif qui continue à fonctionner de la même manière

1:22:03
Locuteur

mais

1:22:04
Invité

qu'il faut remettre ces objectifs au cœur de celui-ci on a quelques leviers et on a quelques moyens donc moi je pense que

1:22:10
Locuteur

c'est

1:22:10
Invité

le combat qu'on doit là-dessus mener

1:22:13
Locuteur

mais

1:22:14
Invité

ça ne répond que partiellement au sujet du projet collectif et du bien commun qui est à mon avis au cœur de la définition du projet national

1:22:21
Présentateur

Justement on va avoir avec quelques philosophes qui sont présents ici

1:22:27
Locuteur

on

1:22:27
Présentateur

va prendre quelques interventions sur ce thème la place de l'homme Périne Simon Naoum vous êtes directrice de recherche au CNRS

1:22:34
Locuteur

Oui

1:22:35
Invité

merci monsieur le président pour cette invitation alors c'est embêtant parce que vous avez pris une partie de mon discours donc Guillaume Erner sera content je serai beaucoup plus beaucoup plus brève mon idée était de vous demander de réfléchir sur l'histoire c'est à dire qu'effectivement je suis d'accord avec vous il me semble que l'histoire qu'on nous raconte depuis 30 ans c'est une histoire dont on nous dépossède c'est à dire c'est une histoire dont l'homme n'est plus acteur la catastrophe va arriver et pendant longtemps donc

1:23:05
Locuteur

quoi

1:23:06
Invité

qu

1:23:06
Locuteur

'on

1:23:06
Invité

fasse on disait ben finalement l'apocalypse est là que ce soit à droite ou à gauche on ne pouvait rien faire pour changer à droite la destruction du modèle familial et de la société le problème de l'immigration à gauche la mondialisation et en fait l 'explication de l'histoire par ce modèle d'économie qu'on ne pouvait jamais dépasser et puis l'Europe réunissant quand même je dois dire que l'ensemble des deux camps puisque

1:23:35
Locuteur

l

1:23:36
Invité

'Europe c'est l'impuissance de l'état gouverné par Bruxelles donc c'est vraiment la théorie du complot alors je suis tout à fait d 'accord avec vous il faut réinventer le récit et je dois dire que je serai un tout petit peu moins optimiste mais je suis beaucoup moins spécialiste que donc nos deux interlocuteurs précédents ce que j'ai entendu donc dans les rues de Paris dans la manifestation des jeunes pour le climat n'était pas très encourageant parce que d'une certaine façon ils refusent le monde dans lequel nous sommes c'est à dire que ils font la grève des classes mais ils refusent d'entrer dans le monde dans lequel nous sommes alors la question qui se pose c'est de savoir quoi faire et vous l'avez dit comment est-ce que on peut remettre l'homme au coeur de l'histoire et vous dites que les gens ont besoin réclament du sens mais je dirais que d'une certaine façon ils réclament aussi de l'existence et je le dis en présence de

1:24:34
Locuteur

Dominique

1:24:35
Invité

Schnapper parce que c'est aussi notre chance de pouvoir discuter avec de grands penseurs Raymond Aron plaçait l'individu historique au point de croisement entre de la liberté et des déterminations en expliquant qu'il a toujours le choix il a le choix d'agir en fonction des valeurs auxquelles il croit et donc je pense que ce qu'il faut donner aux gens ça n'est pas seulement du sens et ça n'est pas seulement un sens collectif mais c'est aussi la possibilité pour eux de choisir or il me semble qu'il y a quelques domaines et l'environnement en fait partie dans lesquels on voit maintenant émerger la possibilité d'un choix individuel mais ce sont aussi les domaines les plus

1:25:16
Locuteur

paradoxaux

1:25:17
Invité

et je pense alors je parle aussi en présence du professeur René Friedman ou de Frédéric Worms mais aux questions bioéthiques c'est pas pour rien que les questions bioéthiques et les questions de la vie se sont trouvées au centre de nos interrogations aujourd'hui c'est parce que dans cette situation paradoxale dans laquelle se trouve par exemple l'individu en fin de vie donc là où il est le plus vulnérable il est en même temps le moment où il peut faire le choix de sa vie ou peut-être le choix de sa mort alors il me semble qu'il faudrait identifier un certain nombre de domaines dans lesquels on voit émerger la possibilité d'un choix vous l'avez dit c'est l'environnement c'est le travail c'est la bioéthique c'est la fin de vie et la dernière chose que je voudrais vous dire c'est que là les décideurs publics et les intellectuels ont affaire ensemble ils ont un combat commun ça suppose néanmoins que soit rétabli un certain nombre de choses qu'on a peut-être oublié l'importance du savoir l'importance de la connaissance l'importance du débat l'importance des médiations

1:26:29
Locuteur

et

1:26:30
Invité

c'est là me semble-t-il que nous avons à relever nos manches ensemble

1:26:34
Locuteur

on

1:26:35
Présentateur

va poursuivre avec un autre philosophe de l'école normale supérieure Frédéric Worms merci bonsoir merci de votre invitation monsieur le président

1:26:47
Locuteur

je

1:26:47
Présentateur

voudrais revenir pour rejoindre en fait des choses qui viennent d'être dites de la situation où nous sommes ici ce soir

1:26:52
Locuteur

qui

1:26:53
Présentateur

n'est quand même pas habituelle pour nous

1:26:55
Locuteur

et

1:26:56
Présentateur

au fond finalement nous sommes pris dans un contexte doublement inhabituel avec des débats qui ont essaimé spontanément hors de tout cadre qui ont donné lieu à de la violence qu'il justement qu'il faut refuser mais qui ont suscité aussi des questions et comme vous le disiez vous-même il ne faut pas confondre les questions de fond et la violence qui a entouré ces débats hors de tout cadre et puis ce soir face à la gravité de ce débat nous sommes aussi dans un débat atypique finalement puisqu'il est extrêmement rare et important et ça signale la gravité du moment aussi que les intellectuels débattent à l'invitation et avec à l'invitation d'eux et avec le président de la république

1:27:39
Locuteur

et

1:27:40
Présentateur

c'est là dessus que je voudrais partir parce qu'il me semble quand même que dans cette invitation faite aux intellectuels il y a à la fois peut-être la nostalgie j'espère que ça n'est pas condamné mais surtout le désir d'une médiation

1:27:52
Locuteur

et

1:27:53
Présentateur

c'est finalement la fonction principale des intellectuels et c'est une petite introduction pour rejoindre ce que vient de dire Périne et ce que

1:28:00
Locuteur

nous

1:28:00
Présentateur

discutons ici

1:28:01
Locuteur

je

1:28:02
Présentateur

pense que dans la tradition française l'intellectuel c'est celui qui articule la science et les principes

1:28:08
Locuteur

et

1:28:09
Présentateur

aussi évidemment dans des institutions qui permettent une discussion et avec les citoyens auxquels il faudra revenir au-delà de ce débat donc la question c'est aussi au-delà de ce débat qui n

1:28:19
Locuteur

'est

1:28:19
Présentateur

pas un épilogue mais quelle relance pour le débat

1:28:22
Locuteur

dans

1:28:23
Présentateur

la science et c'est vrai que la science est menacée aujourd'hui il y a des conditions de nos vies aujourd'hui et comment les améliorer non seulement comment lutter contre les régressions mais comment quand même améliorer nos conditions de vie

1:28:33
Locuteur

mais

1:28:34
Présentateur

ça ne s'améliorera plus non plus sans les principes les intellectuels au fond et il y en a de nouveau dans le monde qui payent cela de leur vie aujourd'hui je pense qu'il faut rappeler les intellectuels ça a toujours été ceux qui plaident pour l'universel

1:28:45
Locuteur

pour

1:28:46
Présentateur

les libertés également pour des limites aux inégalités je pense qu'aujourd'hui l'un des grands thèmes sur lesquels nous devons travailler c'est comment finalement apporter des limites des limites à nos dangers vitaux mais aussi à nos dangers sociaux c'est en réalité le vrai progrès

1:29:03
Locuteur

et

1:29:04
Présentateur

comment il n'y a pas de progrès aujourd'hui qui ne soit complexe comment faire progresser à la fois les conditions de vie et les conditions sociales la fin de vie et la fin du mois la condition les inégalités également les discriminations on n'a pas encore parlé du rapport entre les hommes et les femmes ça me paraît fondamental aussi comment faire progresser en effet ces sujets c'est vraiment le rôle des intellectuels qui l'ont toujours incarné et je crois que c'est vraiment important de penser à la fois la totalité parfois les contradictions entre

1:29:34
Locuteur

nos

1:29:35
Présentateur

exigences et c'est le dernier point sur lequel je voudrais dire un tout petit mot

1:29:39
Locuteur

c

1:29:40
Présentateur

'est que finalement si vous nous invitez c'est aussi parce qu'il y a une inquiétude sur les intellectuels

1:29:46
Locuteur

et

1:29:47
Présentateur

sur nos institutions intellectuelles quels sont les cadres où nous pouvons aujourd'hui alors que la science s'est attaquée alors que les intellectuels sont parfaits les principes de justice que défendent les intellectuels sont également menacés

1:29:58
Locuteur

comment

1:29:58
Présentateur

est-ce qu'on peut faire pour renforcer les institutions qui permettent ce débat

1:30:02
Locuteur

qui

1:30:03
Présentateur

permettent ce débat critique au niveau national et international et je crois que là il faut véritablement insister sur les médiations on ne peut pas

1:30:10
Locuteur

entre

1:30:11
Présentateur

les ronds-points et l'Elysée il va y avoir des institutions qui nous permettent de discuter et je ne parle pas de la violence je parle juste de la parole publique

1:30:21
Locuteur

des

1:30:21
Présentateur

institutions qui nous permettent de discuter je pense à l'école à l'université aux universités aussi en Europe

1:30:28
Locuteur

comment

1:30:28
Présentateur

faire pour que ces sujets soient pris en charge de manière critique que la critique soit possible sachant que

1:30:35
Locuteur

le

1:30:35
Présentateur

projet commun dont vous parlez il est à mon avis possible mais il est forcément complexe et je prendrai l'exemple de la bioéthique et Jean-François Delfraissy est ici qui a animé un grand débat sur la bioéthique qui a été exemplaire à bien des égards

1:30:45
Locuteur

et

1:30:46
Présentateur

je crois qu'il doit continuer c'est qu'il

1:30:48
Locuteur

y a

1:30:48
Présentateur

des contradictions

1:30:49
Locuteur

on

1:30:49
Présentateur

veut à la fois être soigné et être libre et parfois la contradiction entre les deux entre la vulnérabilité et la liberté n'est pas simple les progrès d'aujourd'hui seront

1:31:00
Locuteur

des

1:31:00
Présentateur

progrès divergents en apparence qu'il va falloir faire converger mais pour cela il faut en effet cette responsabilité des intellectuels et il faut je crois alors en France on n'est pas menacé dans nos vies il

1:31:12
Locuteur

y

1:31:12
Présentateur

a un anti-intellectualisme extrêmement grave malgré tout

1:31:14
Locuteur

une

1:31:15
Présentateur

idéologie anti-intellectualiste qui s'est développée contre la science contre les principes universels contre nos institutions d'enseignement d'information de recherche de débat y compris les cafés

1:31:26
Locuteur

comment

1:31:27
Présentateur

est-ce qu'on fera pour travailler sur tout ça je crois vraiment que c'est en effet un modèle anthropologique mais que toutes les inquiétudes il faut les traiter tous ensemble et dans la discussion critique et on n'est pas forcément d'accord entre nous c

1:31:37
Locuteur

'est

1:31:37
Présentateur

ça qui est important mais il ne

1:31:38
Locuteur

faut

1:31:38
Présentateur

pas discuter seulement entre nous je ne crois pas que vous nous avez convoqué pour un débat d'experts mais pour ensuite rayonner dans le débat social qui doit continuer ensuite

1:31:45
Locuteur

une

1:31:46
Présentateur

dernière intervention cette fois-ci d'un sociologue Michel Viviurka vous avez la parole

1:31:49
Locuteur

je

1:31:51
Invité

remercie monsieur le président pour cette invitation on imagine mal une telle rencontre aujourd'hui à la maison blanche

1:31:59
Locuteur

je

1:31:59
Invité

voudrais me situer sur deux registres de façon très simpliste mais pour bien vous poser une question

1:32:04
Locuteur

premier registre et

1:32:07
Invité

disons relève de la sociologie

1:32:09
Locuteur

nous

1:32:09
Invité

savons tous notre société est fragmentée individualiste beaucoup de solitude on se demande comment faire France les médias sociaux enferment bien plus qu'ils n'ouvrent les discussions les débats d'un côté et d'un autre côté notre système politique est décomposé

1:32:29
Locuteur

je

1:32:29
Invité

pense que ce que nous venons de vivre avec les gilets jaunes ce n'est pas toute la société qui s'est cabrée

1:32:35
Locuteur

c

1:32:35
Invité

'est

1:32:35
Locuteur

une

1:32:36
Invité

partie

1:32:37
Locuteur

ce

1:32:37
Invité

n'est pas les chômeurs très peu ce n'est pas les syndiqués ou très peu et quand ils se sont cabrés c'était je dirais en marge et à côté ce n'est pas les lycéens même s'ils se sont parfois mobilisés etc mais c'est une partie de la population et ce genre de groupes sociaux ce sont des groupes qui sont sensibles aux discours qui les flattent et donc qui vont croire les fake news qui vont accepter les discours mensongers les plus éhontés pour peu qu'ils viennent de gens qui savent leur parler et qui les touchent et qui symétriquement ça vient d'être dit développent beaucoup de méfiance par rapport à ceux qui ne sont pas du même groupe

1:33:19
Locuteur

les

1:33:20
Invité

politiques les journalistes les scientifiques les médecins qui leur parlent de vaccins et comme vient de le dire mon ami Frédéric aussi les intellectuels donc d'un côté des logiques de rupture des logiques dans lesquelles notre société n'est plus capable de mettre ensemble sur des débats un certain nombre de personnes

1:33:39
Locuteur

je

1:33:40
Invité

vais simplifier maintenant tout autant la dimension politique de cette rapide analyse politiquement l'image que l'on peut avoir du système politique c'est bien connu c'est vous occupez une place forte au centre vous le parti qui vous soutient ensuite à gauche et à droite c'est presque le vide pas complètement mais presque et puis au bout du chemin les extrêmes c'est ça un peu l'image qu'on peut avoir de ce système politique vous êtes souvent critiqué pour votre verticalité c'est le mot qui est souvent utilisé une verticalité descendante comme si entre l'exécutif et la population il n

1:34:19
Locuteur

'y

1:34:19
Invité

avait rien ou il ne pouvait rien avoir et j'en arrive à ma question en notant auparavant simplement que cette verticalité elle est aussi ascendante les gilets jaunes se sont comportés aussi

1:34:31
Locuteur

avec

1:34:31
Invité

une certaine verticalité c'est à vous qu'ils voulaient parler et j'allais dire à personne d'autre ou presque

1:34:36
Locuteur

et

1:34:37
Invité

donc verticalité il y

1:34:39
Locuteur

a

1:34:39
Invité

aussi beaucoup d'horizontalité donc là c'est des univers qui ne se parlent pas le monde des gilets jaunes est très horizontal d'une certaine façon même s'il est très diversifié

1:34:46
Locuteur

et

1:34:47
Invité

ma question elle est la suivante on vous a beaucoup reproché j'ai même fait partie de ceux qui vous critiquaient un peu là-dessus de ne pas écouter la CFDT ou de ne

1:34:55
Locuteur

pas

1:34:55
Invité

avoir envie d'avoir affaire avec

1:34:56
Locuteur

elle de

1:34:57
Invité

ne pas comme on a dit parfois aussi vous intéresser beaucoup aux corps intermédiaires alors moi ma question elle est très simple mais c'est une question de fond

1:35:06
Locuteur

est

1:35:06
Invité

-ce que cette image que j'ai de votre positionnement

1:35:09
Locuteur

elle

1:35:10
Invité

est le fruit simplement d'une analyse d'un héritage qui est celui-là tout était vermoulu c'est un vieux monde tous ces corps intermédiaires représentent des choses qui n'ont plus tellement leur place aujourd'hui il n'y

1:35:22
Locuteur

a

1:35:22
Invité

aucune raison d'essayer de revitaliser tous ces univers

1:35:27
Locuteur

ou

1:35:27
Invité

bien

1:35:27
Locuteur

ce

1:35:28
Invité

qui vous rapprocherait parfois de ce que dans d'autres traditions intellectuelles on appelle aujourd'hui la démocratie illibérale

1:35:34
Locuteur

ou

1:35:35
Invité

bien vous pensez que le seul modèle possible à terme de façon durable

1:35:39
Locuteur

est

1:35:40
Invité

un modèle dans lequel il faut un pouvoir exécutif fort

1:35:44
Locuteur

suivi

1:35:45
Invité

par son

1:35:46
Locuteur

son

1:35:47
Invité

parlement si je peux dire et puis une capacité de dialogue direct avec la société mais sans

1:35:53
Locuteur

les

1:35:53
Invité

médiations autrement dit est-ce que vous êtes l'héritier

1:35:56
Locuteur

d

1:35:57
Invité

'une longue décomposition que tout le monde peut percevoir ou est-ce que vous pensez que le modèle durable politique c

1:36:05
Locuteur

'est

1:36:06
Invité

des systèmes qui disparaissent ou qui s'étiolent ou qui n'ont pas beaucoup à agir voilà j'aimerais avoir votre vision de ces choses là

1:36:12
Locuteur

avant

1:36:13
Présentateur

une réaction du président de la république j'aimerais avoir l'intervention de Monique Cantos perpère philosophe également ces suggestions et propositions sont passionnantes mais je crois comme vous l'avez dit monsieur le président

1:36:28
Locuteur

que

1:36:28
Présentateur

le mal vient de plus loin du moins en partie car ce à quoi nous assistons depuis plusieurs mois et l'expression désordonnée de revendication de frustration

1:36:39
Locuteur

d

1:36:40
Présentateur

'un sentiment de dépossession parfois même de rélégation est quelque chose qu'on ne peut pas ignorer indépendamment des manifestations de violences qui sont elles tout à fait inadmissibles

1:36:50
Locuteur

mais

1:36:51
Présentateur

par ailleurs le grand débat national a montré une extraordinaire aspiration des français à la participation politique

1:36:57
Locuteur

et

1:36:59
Présentateur

celle-ci ne se limite pas à émettre un avis

1:37:01
Locuteur

mais

1:37:02
Présentateur

elle doit également donner aux citoyens la conviction que leur perspective leur point de vue leur condition d'existence sont d'une certaine façon prises en compte

1:37:11
Locuteur

c

1:37:12
Présentateur

'est une aspiration à laquelle on ne peut pas absolument pas ignorer aujourd'hui

1:37:15
Locuteur

alors

1:37:16
Présentateur

évidemment le parlement est le lieu naturel où la pluralité politique la pluralité sociale doit s'exprimer

1:37:22
Locuteur

car

1:37:22
Présentateur

le parlement représente tous les français et pas simplement les électeurs du parti majoritaire

1:37:28
Locuteur

mais

1:37:29
Présentateur

il est clair qu'aujourd'hui ça ne suffit pas

1:37:31
Locuteur

alors

1:37:32
Présentateur

ce que je voudrais souligner c'est que ce dont nous avons besoin en plus dans nos démocraties modernes c'est-à

1:37:39
Locuteur

-dire

1:37:39
Présentateur

d'une véritable participation politique d'un engagement des citoyens

1:37:43
Locuteur

n

1:37:43
Présentateur

'est pas si facile à réaliser

1:37:45
Locuteur

c

1:37:45
Présentateur

'est même d'une certaine façon un peu contradictoire

1:37:47
Locuteur

parce

1:37:48
Présentateur

que un certain nombre d'évolutions caractéristiques du monde d'aujourd'hui ont fait ce besoin de participation va à contre-courant de pratiques de gouvernement qui sont de plus en plus concentrées

1:38:03
Locuteur

pour

1:38:04
Présentateur

un souci légitime d'ailleurs d'efficacité et nul ne songerait à le reprocher à un gouvernement et aussi un souci de lisibilité de l'action politique

1:38:14
Locuteur

donc

1:38:15
Présentateur

on a en quelque sorte deux tendances contradictoires en tout cas à première vie incompatibles entre une demande de participation politique de plus en plus forte et puis des pratiques gouvernementales en France et dans d'autres pays c'est une tendance générale qui semble aller dans une direction opposée je crois qu'il ne faut pas sous-estimer cette difficulté parce que sinon les solutions que l'on propose risquent d'être peu praticables or l'enjeu est de taille restaurer et fortifier la participation politique pour revenir au fond à un exercice de la liberté politique qui hante la tradition libérale en démocratie depuis très longtemps est quelque chose d'essentiel parce que ça permet de résister à la fiction d'une société homogène d'un peuple sans différence qui est souvent une condition malheureusement favorable à l'émergence de gouvernements autoritaires et populistes

1:39:07
Locuteur

et

1:39:08
Présentateur

puis la participation politique la participation des citoyens est une façon d'améliorer la décision politique qui ne peut être qu'enrichie par le fait d'être opposée ou même confrontée à des points de vue différents en politique il y a rarement une seule solution il y a une proposition avec un classement des priorités qui peut diverger selon les valeurs que l'on a ou la conception du bien public que l'on a

1:39:31
Locuteur

et

1:39:31
Présentateur

puis enfin c'est sur ça que je voudrais insister renforcer la participation politique c'est d'une certaine façon créer les conditions favorables à une acceptabilité des réformes et à la cohésion sociale car la conviction que son point de vue a été entendue même s'il n'a pas été suivi incite au ralliement

1:39:52
Locuteur

aux

1:39:53
Présentateur

décisions prises

1:39:54
Locuteur

et

1:39:55
Présentateur

il me semble que sur des questions essentielles comme ceux auxquelles les citoyens d'aujourd'hui comme celles qui vont se poser à nos gouvernements l'arbitrage entre les impératifs de la sécurité les exigences de la liberté

1:40:08
Locuteur

la

1:40:08
Présentateur

question énorme de comment remédier à la misère à l'impuissance humaine à la forme de dépossession qui encore une fois s'est exprimée de manière un peu chaotique ces dernières semaines comment remédier à l'injustice scolaire sur toutes ces questions fondamentales les citoyens doivent pouvoir s'exprimer alors ma question vous la devinez

1:40:27
Locuteur

c

1:40:27
Présentateur

'est quelle piste

1:40:29
Locuteur

pour

1:40:30
Présentateur

répondre d'en haut

1:40:31
Locuteur

à

1:40:32
Présentateur

partir de l'exécutif à cette difficulté la société a elle-même ses propres réponses et évidemment on peut imaginer une véritable mise en dialogue de ces deux types de réponses mais comment répondre d'en haut à partir de l'exécutif avec le parlement avec les corps intermédiaires il y a une véritable créativité politique à mettre en oeuvre pour réformer les institutions fortifier les droits de l'opposition créer des véritables lieux de débat de communication des arguments la société peut débattre elle peut débattre de manière argumentée dans certains dans certains pays d'Europe un exemple souvent cité et celui des débats qui ont été organisés sur l'avortement en Irlande on a eu

1:41:16
Locuteur

une

1:41:17
Présentateur

démonstration exemplaire de ce que pouvait être la capacité d'information et de délibération des citoyens qu'on pourrait dire ordinaires en aucun cas des experts bref il me semble qu'arrivée à répondre à ces questions et je crois que le champ est ouvert pour toutes sortes de propositions

1:41:32
Locuteur

et

1:41:33
Présentateur

le meilleur moyen de remédier au risque d'anomie sociale et de préserver les valeurs de nos démocraties

1:41:39
Locuteur

merci

1:41:40
Présentateur

monique canto une réaction monsieur le président de la république avant une première pause

1:41:49
Locuteur

sur

1:41:49
Invité

ce qui a été dit sur

1:41:50
Locuteur

la

1:41:51
Invité

notion de choix

1:41:52
Locuteur

la

1:41:53
Invité

salle de sens je partage totalement

1:41:54
Locuteur

et

1:41:55
Invité

la difficulté c'est à la fois ce besoin d

1:41:58
Locuteur

'avoir

1:41:59
Invité

ses respirations et de pouvoir choisir sa vie

1:42:01
Locuteur

et

1:42:02
Invité

je veux dire que ça c'est un point sur lequel j'avais moi-même construit

1:42:05
Locuteur

ma

1:42:05
Invité

campagne parce qu'on avait mené cette grande marche et ce qui ressortait le plus c'était ses vies empêchées

1:42:09
Locuteur

et

1:42:10
Invité

c'est vrai que c'est ce qui s'est exprimé le plus et d'ailleurs moi je le prends 18 mois après être entré en fonction comme n'ayant pas réussi à donner à toute une catégorie de la population des perspectives sur ces vies qui étaient vécues comme empêchées soit par le sens soit par l'insuffisante rapidité d'exécution de certaines décisions

1:42:35
Locuteur

alors

1:42:35
Invité

après ça relève de choix de sujets éducatifs économiques ou éthiques comme vous l'avez dit mais je dirais que cette difficulté qui est liée au choix

1:42:44
Locuteur

elle

1:42:44
Invité

se double d'une tension qu'il y a entre les libertés individuelles qu'on donne et l'idée qu'on se fait du collectif

1:42:50
Locuteur

et

1:42:51
Invité

des grandes valeurs de la société et on voit d'ailleurs cette tension au coeur des débats bioéthiques qu'on a sur beaucoup de ces sujets le débat c'est pourquoi je ne donne pas la liberté de choisir à l'autre alors qu'elle ne m'enlève rien à ma liberté de choisir

1:43:03
Locuteur

parce

1:43:04
Invité

qu'au fond ça ne renvoie pas à l'idée que je me fais

1:43:07
Locuteur

du

1:43:07
Invité

modèle de civilisation dans lequel je veux vivre

1:43:09
Locuteur

ce

1:43:10
Invité

qui est une tension nouvelle parce qu'on arrive à la frontière en quelque sorte des choix qu'on estime possibles ou décent

1:43:16
Locuteur

et

1:43:17
Invité

donc on a me semble-t-il au moment où nous nous parlons à la fois à redonner de la possibilité de choix à nos concitoyens et donc de cette part de liberté mais à redéfinir cette part de commun qui permet à ce choix de s'exprimer librement et nous n'y sommes pas aujourd'hui

1:43:34
Locuteur

parce

1:43:34
Invité

qu'il y a des tensions de représentation qui peuvent relever du religieux du civilisationnel qui sont là et qui disent non ce choix me pose un problème parce qu'il est attentatoire à la vision que je me fais du commun que nous devons partager

1:43:47
Locuteur

et

1:43:47
Invité

donc dans ce contexte-là pour faire le lien avec la remarque de Frédéric Vormes

1:43:52
Locuteur

je

1:43:52
Invité

crois à cette médiation et c'est ce pourquoi d'ailleurs vous êtes là

1:43:57
Locuteur

et

1:43:57
Invité

ce qui fait dire que je crois en effet j'aime pas tellement ce terme de corps intermédiaire

1:44:02
Locuteur

après

1:44:03
Invité

chacun se vit non non non je sais bien je sais bien et c'est pas le mien non plus mais je crois qu'il y a besoin en tout cas de passeurs en tout cas de personnes qui sont identifiées comme des références mais la question qui est posée derrière tout ça et qui est aussi la vôtre implicitement

1:44:17
Locuteur

c

1:44:17
Invité

'est celle de l'autorité de la décision en démocratie

1:44:20
Locuteur

et

1:44:20
Invité

c'est celle qui est d'ailleurs au coeur la manière la plus profonde de la crise qu

1:44:23
Locuteur

'on

1:44:23
Invité

vit c'est que derrière les gilets jaunes comme on dit les plus radicaux il y a une volonté

1:44:28
Locuteur

de

1:44:29
Invité

nier toute forme de représentation et de légitimité de représenter et toute forme d'autorité

1:44:34
Locuteur

quelqu

1:44:34
Invité

'un émerge en disant on va se structurer non toi tu n'es pas légitime

1:44:38
Locuteur

qui

1:44:38
Invité

es-tu et là ça c'est l'évanouissement c'est-à-dire c'est l'individu qui ne se reconnaît plus dans rien dans aucun sens collectif

1:44:47
Locuteur

et

1:44:47
Invité

donc moi je crois malgré tout dans des formes d'organisation de collectif je pense qu'il y en a une les maires le sont au niveau local c

1:44:53
Locuteur

'est

1:44:53
Invité

pour ça que j'ai voulu rassembler ça parce qu'ils sont cette forme justement de médiation démocratique citoyenne à une échelle territoriale qui est palpable perceptible ma commune j'en connais le centre généralement ça va être la mairie le Beffrois ou l'église selon les lieux et la tradition qui y sont et puis je connais les confins et je sais qui est responsable et qui organise la discussion

1:45:19
Locuteur

moi

1:45:19
Invité

je pense que les intellectuels ont cette responsabilité parce qu'ils ont une autorité dans la société qui est académique ils savent plus de choses si je devais parler simplement ils ont le plus de livres

1:45:29
Locuteur

et

1:45:29
Invité

c'est une autorité

1:45:31
Locuteur

qui

1:45:31
Invité

me semble importante et que je reconnais parce que quand il y

1:45:33
Locuteur

a

1:45:33
Invité

un rapport à la vérité ou au débat qui doit être éclairé ça vaut quelque chose et donc il y

1:45:40
Locuteur

a

1:45:40
Invité

une échelle de valeur et la question c'est comment on remet des échelles de valeur et ça peut pas être l'infini et les zéros pour reprendre une forme de verticalité qui n

1:45:47
Locuteur

'aurait

1:45:47
Invité

pas de sens

1:45:48
Locuteur

et

1:45:48
Invité

donc je pense qu'il faut qu

1:45:49
Locuteur

'on

1:45:49
Invité

remette ces échelons là en disant que tout ne se vaut pas

1:45:53
Locuteur

et

1:45:53
Invité

ce que m'a reproché parfois comme étant de la verticalité c'était simplement de reconnaître que tout ne se valait pas et que toutes les paroles ne se valent pas à tout moment sur tout sujet

1:46:03
Locuteur

quand

1:46:03
Invité

bien même elle peut être respectueuse et considérer la part d'humanité absolue qu'il y a dans l'autre à qui on parle mais selon d'où on parle et qui on est on n'a pas la même légitimité sur tel ou tel sujet et donc c'est pour ça qu'on a à rebâtir et que là les intellectuels ont une responsabilité très importante la réalité des débats sur les valeurs et autres et sur la part de vérité

1:46:23
Locuteur

y

1:46:23
Invité

compris de son caractère falsifiable ou non et de ce autour de quoi le débat peut se faire

1:46:29
Locuteur

et

1:46:29
Invité

c'est là où je pense et je souhaitais d'une part qu'il y

1:46:31
Locuteur

ait

1:46:31
Invité

ce moment mais au-delà de ça où je fais ce qu'on a fait sur la bioéthique parce que j'ai voulu que sur la bioéthique ce ne soit pas un débat politique j'ai assumé en effet confié à monsieur le professeur et à l'ensemble de ceux qui l'ont accompagné dont vous êtes la responsabilité de structurer un débat qui était instruit par la science où on disait quel est le discutable le non discutable et de lui donner un cadre avec des gens qui savent et d'autres qui représentent

1:46:57
Locuteur

et

1:46:57
Invité

ça je pense que ça a une vraie valeur et elle est irréductible et donc par rapport à la question donc je crois en effet à cette forme de médiation et je pense qu'au-delà du moment qu'on vit elle doit se poursuivre et reprendre le cœur de la cité et pas du tout dans des logiques instrumentales et c'est vrai qu'elles l'ont parfois été dans des vraies logiques de controverses mais avec des éléments de légitimité donc par rapport à la question qui était posée par

1:47:19
Locuteur

Michel

1:47:20
Invité

Vivorca

1:47:23
Locuteur

ce

1:47:23
Invité

qui a été beaucoup dit sur les corps intermédiaires moi je pense qu'il y a une erreur d'analyse

1:47:27
Locuteur

qui

1:47:27
Invité

a été faite quand on m'a accusé de les marginaliser corps intermédiaires ou partis politiques s'ils avaient été très structurés très forts je ne serais pas devant vous

1:47:38
Locuteur

je

1:47:39
Invité

suis le symptôme le plus avancé du fait qu'ils ne structuraient plus la société puisque la démocratie s'est exprimée en dehors de leur cadre donc il

1:47:49
Locuteur

y

1:47:49
Invité

a quelque chose de toute façon qui dysfonctionnait qui a fait que je suis là

1:47:52
Locuteur

c

1:47:52
Invité

'est que ce qui était censé articuler structurer le cadre politique à un moment donné était tellement en décalage avec la manière dont les gens le vivaient qu'il y

1:47:59
Locuteur

a

1:47:59
Invité

pu avoir une émergence qui semblait impossible complètement baroque à tous les gens qui connaissaient le système

1:48:10
Locuteur

et

1:48:11
Invité

ça c'est une constante il faut essayer de comprendre pourquoi on a un système politique qui s'est construit par l'état-nation qui n'est pas l'émanation différencie en effet de l'Allemagne ou de plusieurs autres

1:48:25
Locuteur

moi

1:48:25
Invité

je pense que les réformes qu'on a passées en début de quinquennat redonnent un pouvoir extrêmement fort aux organisations syndicales parce qu'elles donnent la possibilité de faire la

1:48:38
Locuteur

mais

1:48:39
Invité

je pense qu'on a besoin de ces médiations simplement elles doivent se réinventer

1:48:43
Locuteur

au

1:48:43
Invité

vu des débats qui nous traversent

1:48:45
Locuteur

et

1:48:45
Invité

je pense que c'est pour ça que même par rapport à ce que disait tout à

1:48:48
Locuteur

l

1:48:48
Invité

'heure Dominique Méda moi je n

1:48:50
Locuteur

'ai

1:48:50
Invité

jamais dit que le modèle français était la cause de tous nos mots je pense que la rigidité

1:48:55
Locuteur

de

1:48:56
Invité

nos classifications syndicales à travers le temps et de la manière dont on avait structuré ne s'était pas n'avait pas bougé aussi vite

1:49:08
Locuteur

que

1:49:09
Invité

les problématiques que ce que vivaient nos concitoyens et que les grandes transitions du monde et qu'à un moment ce décalage et donc là on a à rebâtir en quelque sorte pour reprendre cette terminologie les bons corps intermédiaires qui correspondent à ces débats

1:49:20
Locuteur

mais

1:49:21
Invité

je pense absolument

1:49:22
Locuteur

que

1:49:23
Invité

la société pour vivre a besoin de ces médiations à la fois territoriales

1:49:28
Locuteur

d

1:49:29
Invité

'intérêt et de rapport à la vérité absolument

1:49:32
Locuteur

et

1:49:33
Invité

donc ça rejoint pour finir le point que faisait Monique quant au Sperber c'est-à-dire

1:49:38
Locuteur

qui

1:49:38
Invité

touche aussi la question de la décision et de l'autorité en démocratie parce qu'au fond c'est ça la question qui est posée

1:49:44
Locuteur

et

1:49:44
Invité

aujourd'hui c'est d'ailleurs une question qui est posée à toutes les démocraties occidentales

1:49:49
Locuteur

on

1:49:49
Invité

a un modèle absolu qui répond par l'imprédictibilité de l'autorité si je puis dire outre-Atlantique

1:49:55
Locuteur

et

1:49:55
Invité

on a aujourd'hui une Europe où ce qui est plutôt en train de s'installer c'est

1:50:00
Locuteur

les

1:50:00
Invité

dirigeants impuissentés

1:50:02
Locuteur

le

1:50:02
Invité

nombre de gouvernements minoritaires en Europe ne cesse de grandir et la capacité à bouger ou à prendre des décisions semblent se rétrécir

1:50:11
Locuteur

alors

1:50:12
Invité

même que partout dans le reste du monde émergent

1:50:14
Locuteur

des

1:50:15
Invité

régimes plus ou moins illibéraux certains résolument illibéraux d'autres qui existent en tout cas des systèmes qui vont beaucoup plus beaucoup plus vite où la part d'autorité est installée c'est un défi pour nous

1:50:24
Locuteur

la

1:50:25
Invité

question c'est comment nos démocraties européennes vont évoluer moi je pense qu'on doit garder une part d'autorité de rapport à la décision mais qui vaut pour

1:50:35
Locuteur

toutes

1:50:35
Invité

les échelles de la société

1:50:37
Locuteur

parce

1:50:37
Invité

que quand on a la légitimité politique il faut pouvoir prendre la décision qui va avec quand on a la légitimité intellectuelle il faut pouvoir dire d'où on parle et

1:50:44
Locuteur

dire

1:50:45
Invité

des choses qui ne sont pas la même chose qu'un citoyen donc je crois à cela et je pense que si on pensait que ce serait une progression favorable de notre démocratie de tout niveler et de dire en quelque sorte la démocratie c'est un débat permanent entre toutes paroles qui se valent sans décision ce serait dramatique donc il faut remettre la capacité à décider et trancher

1:51:04
Locuteur

il

1:51:05
Invité

faut simplement reconstruire des processus de légitimation

1:51:08
Locuteur

et

1:51:08
Invité

au fond ça revient avec ce sujet justement d'articulation

1:51:14
Locuteur

je

1:51:14
Invité

ne crois pas que ce soit le référendum permanent

1:51:17
Locuteur

je

1:51:18
Invité

pense que c'est la capacité à faire

1:51:20
Locuteur

vivre

1:51:21
Invité

structuré de la délibération décision

1:51:24
Locuteur

et

1:51:24
Invité

donc à bâtir

1:51:25
Locuteur

des

1:51:26
Invité

formes de consensus démocratique qui ne sont pas simplement dans le temps de l'élection

1:51:29
Locuteur

c

1:51:29
Invité

'est ça ce que nous sommes un peu en train de faire en tout cas d'essayer de faire et qu'il nous faut bâtir et donc ça n'est ni

1:51:35
Locuteur

l

1:51:35
Invité

'épuisement de toute la forme démocratique et de décision dans la démocratie représentative

1:51:40
Locuteur

ni

1:51:40
Invité

la démocratie directe permanente c'est une forme de démocratie délibérative mais qui suppose qu'à un moment donné où le consensus est estimé on prend la décision

1:51:50
Locuteur

et

1:51:51
Invité

donc

1:51:52
Locuteur

qu'on

1:51:52
Invité

ne peut pas s'arrêter à la tyrannie d'une irréductible minorité

1:51:57
Présentateur

Merci Monsieur le Président de la République on va marquer une première pause d'une dizaine de minutes Hervé bonsoir est-ce que vous m'entendez

1:52:06
Locuteur

et

1:52:07
Présentateur

ben voilà donc vous avez l'antenne à tout à l'heure Hervé merci

1:55:10
Invité

Lucidité c'est une preuve de

1:55:11
Présentateur

lucidité et puis ça peut être une preuve ça peut être aussi quelque chose d'un peu inquiétant pour tous ceux qui sont extrêmement attachés au parti politique à la démocratie représentative à un type de fonctionnement qu'on n

1:55:25
Locuteur

'a

1:55:25
Présentateur

pas forcément envie de laisser partir comme ça aussi facilement donc oui il y a ça et alors l'autre chose que j'ai trouvé extrêmement frappante c'est si on écoute le lexique du Président de la République qui tranche avec celui de la plupart des chercheurs qui se sont exprimés parce que la plupart d'entre eux sont des chercheurs on a entendu un Président de la République au fond qui peut donner le sentiment ça sonne un peu parfois comme Nicolas Sarkozy mais Nicolas Sarkozy c'était la version chef d'entreprise ou chef de PME c'est-à

1:55:55
Locuteur

-dire

1:55:55
Présentateur

je gouverne la France comme une petite entreprise là on a plutôt l'impression d'un joueur vous savez ce jeu SimCity d'un joueur qui gère une ville alors j'ai mon problème d'éducation j'ai mon problème de ceci là il y a la classe moyenne enfin des grands schémas il faut faire pivoter le schéma le logiciel ceci c'est pas du tout le vocabulaire qu'utilisent les chercheurs qui lui posent des questions moi je suis frappé par ce contraste dans les termes qui n

1:56:22
Locuteur

'est

1:56:22
Présentateur

pas seulement un contraste dans les termes employés mais qui est probablement aussi un contraste très très fort en termes de représentation du monde c'est-à

1:56:30
Locuteur

-dire

1:56:30
Présentateur

comment on se représente les problèmes auxquels il faut faire face d'un côté on a des gens dont le travail est de décrire finement ces problèmes éventuellement de formuler des solutions et dans l'autre on a quelqu'un qui est dans un agenda à gérer voilà des grandes masses qui ne peut pas s'embarrasser du coup il y

1:56:47
Locuteur

a

1:56:47
Présentateur

quelque chose de frustrant parce qu'évidemment le président de la République ne répond pas très précisément aux questions qui lui sont posées sur la taxation du capital sur le revenu minimum d'existence enfin bref des questions il

1:57:00
Locuteur

répond pas précisément

1:57:00
Présentateur

enfin en tout cas il dit quand même qu'il n'y est pas favorable et sur le revenu minimum d

1:57:04
Locuteur

'existence c'est l'autre chose c'est qu

1:57:07
Présentateur

'on a eu quand même sur toute la

1:57:08
Locuteur

première séquence il reste sur ses positions pour le coup il n'y a pas de surprise de ce point de vue toute

1:57:10
Présentateur

la première séquence économique sur les inégalités clairement le sentiment de quelqu'un qui défend une politique qu'on pourrait dire allez de droite enfin je veux dire par exemple même des économistes qui ne sont pas franchement des économistes d'extrême gauche qui ont été des gens qui ont écrit une partie de son programme je pense à Pizani Ferry et à Guillaume par exemple ont été assez critiques enfin lui disant qu'il faudrait peut-être penser à taxer autrement les multinationales par exemple disait Pizani Ferry et c'est fin de non recevoir à tous ces discours là donc là il y a vraiment un clivage très net c'est vrai que c'était assez intéressant d'entendre cette confrontation entre deux des économistes qui ont bâti le programme d'Emmanuel Macron vous disiez Sylvain Bourmeau Philippe Aguillon et Jean-Pizani Ferry en disant ben voilà finalement la direction qui a été prise elle nous semblait plutôt bonne sauf qu'on n'est pas allé jusqu'au bout et que s'agissant des niches fiscales s'agissant des politiques de redistribution il manque on va dire un élément à ce que vous avez tenté de bâtir depuis le début du quinquennat pour vous Stéphane Robert qu'est-ce qui vous a le plus surpris pour l'instant depuis ces deux heures de discussion

1:58:11
Locuteur

moi

1:58:12
Présentateur

je vais revenir sur une chose qu'a dit Sylvain Bourmeau qui me paraît particulièrement intéressante quand il parle d'un président dont on a l'impression qu'il joue à SimCity et qui calcule un petit peu tout ce qu'il fait alors donc rappelons un jeu vidéo qui permet de bâtir une ville et ensuite de la gérer

1:58:27
Locuteur

jeu

1:58:27
Présentateur

très

1:58:27
Locuteur

populaire ce que je trouve

1:58:28
Présentateur

très intéressant dans cet échange qu'il peut y avoir et ce que met en valeur finalement on a des intellectuels là qui posent tout un tas de questions qui mettent au jour des problématiques qui les exposent qui les soumettent au président à travers soit des constats soit des questions qu

1:58:44
Locuteur

'il

1:58:44
Présentateur

pose et puis finalement on a un Emmanuel Macron qui répond en fonction des décisions qu'il prend il y a un exemple notamment sur les réformes du système fiscal puisque je ne sais plus qui lui a si c'est Jean Pisani Fieri qui lui a pointé le vieillissement de notre système fiscal sa complexité et sur la nécessité de le réformer qu'est-ce qu'a répondu Emmanuel Macron sur cette question là

1:59:04
Locuteur

que

1:59:05
Présentateur

ça coûte de l'argent parce que il va y avoir des gagnants qui prennent l'argent sans rien dire et puis des perdants qui vont hurler et donc qu'est-ce qu'il a dit là est-ce que moi j'investis là-dessus mon capital politique

1:59:17
Locuteur

je

1:59:18
Présentateur

ne crois pas voilà la réponse qu'il a fait et c

1:59:19
Locuteur

'est

1:59:19
Présentateur

là où vous dites effectivement il est en train de jouer à SimCity alors moi ce que je trouve

1:59:23
Locuteur

que

1:59:23
Présentateur

ça met en valeur cette affaire là c'est qu'on a des intellectuels qui pensent la société mais qui la pensent pas en termes d'action lui il pense la société en termes d'action politique il a un agenda il a 5 ans il a un quinquennat pour faire ça et il a un capital politique sur lequel il a investi voilà il dit là je vais faire ça je vais faire ça je vais pas pouvoir tout faire en quelque sorte donc on a vraiment cette confrontation entre quelque chose qui pourrait être imaginé de façon un peu idéale par des intellectuels qui pensent véritablement la société et lui qui récupère un petit peu cette façon de penser en disant ouais mais moi je vais faire quoi je vais faire ça ça ça et je vais investir et c'est peut-être ce qui donne l'impression finalement mais on voit bien là le fait qu'ils sont pas du tout dans la même position on a des intellectuels qui pensent et un responsable politique qui est nécessairement dans l'action et dans la réponse à apporter à une société et c'est ce que je trouve le mérite de ça c'est que ça met en valeur le positionnement du président de

2:00:19
Locuteur

la

2:00:19
Présentateur

république et des intellectuels voilà il

2:00:21
Locuteur

n'y a

2:00:21
Présentateur

pas la même temporalité c'est vrai que cette expression je gère mon capital si je veux mettre mon capital politique sur quelque chose je le fais sur l'innovation pas sur la fiscalité mais cette idée de capital politique ça rejoint finalement ce que vous dites Sylvain Bourmeau avec cette comparaison avec le jeu vidéo Sims on pourrait aussi parler de Monopoly à la limite c'est-à-dire qu'on a finalement ce capital à gérer lui il a 5 ans pour le faire enfin il lui reste pas tout à fait 5 ans peut-être davantage si jamais il fait un deuxième quinquennat et donc il gère aussi les affaires du pays en fonction du temps dont il dispose là évidemment quand on est un intellectuel on ne pense pas du tout la temporalité de la même manière mais c'est quand même intéressant finalement de voir cette confrontation entre deux temps différents oui même si quand même un certain nombre des intellectuels qui sont intervenus sont des gens qui ont un petit peu l'habitude des réalités du pouvoir d'ailleurs j'ai été frappé par le fait que deux de celles qui sont intervenues qui sont des énarques je pense à Dominique Méda et à Agathe Cagé ont expressément posé la question ainsi Dominique Méda faisait remarquer au président de

2:01:20
Locuteur

la

2:01:20
Présentateur

République que tout ce qu'elle avait appris à l'ENA et que probablement lui aussi avait appris à l'ENA n'était plus pertinent pour comprendre les défis auxquels nous étions confrontés pour trouver les bonnes politiques publiques adaptées Agathe Cagé n'a rien dit d'autre et elle travaille précisément sur cette question de l'articulation entre les connaissances et les politiques publiques donc là il y a évidemment un décalage du fait de la position je suis d'accord avec Stéphane Robert mais il y a aussi un décalage je pense perçu comme tel par des chercheurs dans la temporalité c'est à dire qu'un certain nombre de ces intellectuels pense qu'Emmanuel Macron continue de fonctionner avec des catégories qui ne sont plus opératoires aujourd'hui si tant est qu'on se donne la peine de lire les travaux des chercheurs on peut peut-être justement écouter un extrait de l'intervention d'Agathe Cagé qui est politiste c'est peut-être un des moments où le débat entre Emmanuel Macron et les intellectuels n'ont pas basculé mais en tout cas s'est orienté vers des interpellations peut-être beaucoup plus politiques qu'elles ne l'étaient jusqu'à présent elle revient Agathe Cagé sur la question de la transmission du capital on l'écoute et puis on écoutera ce qu'on disait ensuite Emmanuel Macron

2:02:29
Locuteur

Quand

2:02:29
Invité

on dit il faut s'interroger aujourd'hui sur la taxation du patrimoine je ne pense pas qu'on soit en train d'agiter le joujou de la fiscalité on est en train de dire vous disiez monsieur le président il faut travailler sur les inégalités primaires la plus forte des inégalités primaires aujourd'hui est en train de devenir la possession ou non de patrimoine certes les inventeurs de Google n'avaient pas de patrimoine à la base mais aujourd'hui vous ne pouvez pas inventer Google à Paris parce que vous ne pouvez juste pas vous loger à Paris c'est une problématique c'est une problématique extrêmement importante alors oui il faut travailler sur la réduction des inégalités au niveau scolaire il faut travailler à comment je mets plus de mixité sociale plus de mixité scolaire dans l'école ça c'est quelque chose d'important il faut travailler à la réduction des inégalités dans l'accès à l'emploi mais il faut travailler sur ce sujet fondamental si aujourd'hui vous avez une partie de la population qui se voit transmettre un capital incommensurable par rapport au capital qu'à la grande majorité de la population vous ne pouvez pas demander à la grande majorité de la population de créer Google de créer de l'emploi et d'aller au même niveau qu'une partie de la population qui commence avec tout quand le reste de la population n'a pas grand chose mais n'a absolument rien

2:03:33
Locuteur

voilà

2:03:33
Présentateur

la politiste Agathe Cagé qui je le précise sera en notre compagnie demain soir dans le cadre du grain à moudre on débriefera ce débat et elle sera avec nous également en compagnie de Sylvain Bourmeau de François Doss et également elle s'est déjà exprimée elle aussi depuis le début de la discussion avec la philosophe Perrine Simon-Naoum mais cette question de la transmission du capital de la fiscalité du patrimoine Agathe Cagé n'a pas été la première à l'aborder ça a été aussi le cas de l'économiste Daniel Cohen qui faisait le constat d'une société devenue une société d'héritiers en remettant un petit peu aussi sur le tapis l'idée d'un revenu de base écoutez la réponse que lui fait Emmanuel Macron

2:04:13
Locuteur

quand

2:04:13
Invité

je regarde pour le coup la situation on en est par rapport à nos voisins

2:04:16
Locuteur

on

2:04:17
Invité

ne croule pas sous le capital productif

2:04:19
Locuteur

et

2:04:19
Invité

quand je regarde les faiblesses françaises sur ce sujet par rapport à beaucoup d'autres c'est qu'on a suffis insuffisamment attiré ou gardé le capital productif en France

2:04:28
Locuteur

et

2:04:29
Invité

il n

2:04:29
Locuteur

'y

2:04:29
Invité

a rien qui justifie l'écart qu'on a constitué ces 20 dernières années de chômage qui est pour moi la pire des inégalités dans notre pays entre les deux pays grands pays voisins que sont la France et l'Allemagne c'est

2:04:39
Locuteur

le

2:04:40
Invité

fonctionnement du marché du travail et c'est malgré tout la capacité à avoir du capital productif et de développer

2:04:44
Locuteur

dans

2:04:45
Invité

ce contexte là

2:04:46
Locuteur

comme

2:04:46
Invité

il n'y a pas que des économistes mais il y

2:04:48
Locuteur

a

2:04:48
Invité

des acteurs économiques

2:04:49
Locuteur

qui

2:04:50
Invité

réagissent aussi à des stimulus

2:04:52
Locuteur

moi

2:04:52
Invité

je trouve qu'ouvrir aujourd'hui en sortie du débat un grand débat sur la fiscalité du capital à mes yeux n'est pas la bonne réponse la bonne réponse c'est de savoir comment je consolide du capital productif au maximum pour produire davantage en France

2:05:06
Locuteur

je

2:05:07
Invité

vous parle de là où je suis

2:05:08
Locuteur

mais

2:05:09
Invité

c'est ma priorité ensuite ce que je constate c'est que les inégalités de dessin qui sont constituées moi j'ai pas forcément envie de m'enfermer dans un scénario

2:05:17
Locuteur

de

2:05:18
Invité

faible croissance ce que je sais c'est que les mêmes scénarios existaient il

2:05:21
Locuteur

y

2:05:21
Invité

a 20 ans sur des tables américaines que certains ont fait ce choix que d'autres en ont fait d'autres et qu'on est dans une économie des talents de l'hyper concurrence la question pour moi est aussi de savoir comment je forme en France les gens qui vont réussir dans cet univers de plus en plus compétitif à créer le maximum de richesses et en tout cas à construire des destins qui permettront dans notre pays de les construire

2:05:40
Locuteur

et

2:05:40
Invité

donc dire on considère que la priorité

2:05:44
Locuteur

c

2:05:45
Invité

'est encore une fois une réponse de fiscalité ce qui est notre tropisme collectif

2:05:48
Locuteur

c

2:05:49
Invité

'est envoyer juste un signal sur la fiscalité du capital et c'est nous mettre potentiellement alors qu'on est dans un environnement ouvert et relativement concurrentiel de réduire encore l'attractivité de notre capital productif dans le pays

2:06:01
Présentateur

sur cette question de la fiscalité Stéphane Robert rien de nouveau sur le soleil j'ai envie de dire c'est à dire Emmanuel Macron dit et répète ce qu'il a dit depuis le début ce qu'il a fait même et ce qu'il a fait d'ailleurs depuis le début et en même temps avec cette contradiction qui est d'avoir placé dans les thèmes du grand débat national qui est en train de s'achever cette question de la fiscalité c'est à dire on les met en débat mais on n'y touche pas oui alors oui voilà c'est là où peut-être on peut reprocher à Emmanuel Macron d'avoir peut-être une idée cachée de ce qu'il faut faire et en donnant l'impression de laisser le débat ouvert en tout cas

2:06:39
Locuteur

il

2:06:39
Présentateur

montre bien qu'il fait un constat qui n'est pas tout à fait le même que ce qui lui a été posé par les chercheurs notamment par Agathe Cagé et par Daniel Cohen c'est que finalement la réponse qui serait d'avoir une réponse fiscale d'augmentation de la fiscalité ou de taxation du patrimoine puisque c'est ça qui était la question ce serait apporter une réponse nationale en quelque sorte et que lui il fait le constat qu'on est dans un monde ouvert comme il le dit un monde ultra concurrentiel et son pari à lui c'est que de mettre en place une politique fiscale un peu plus forte que ce qu'on a aujourd'hui ce serait finalement plus handicapé le pays par rapport à une compétition qui est devenue aujourd'hui mondiale il dit voilà ce qu'on a fait pendant 30 ans ça marche pas ça marche de moins en moins la France a du chômage la France est endettée moins compétitive donc ce qu'il faut faire et sa solution à lui c'est ça c'est avoir du capital faire venir du capital productif c'est le mot qu'il emploie productif en France et puis plutôt que de taxer de façon des gens qui ont un certain patrimoine une certaine fortune qui sont susceptibles de sortir de nos frontières finalement alors là pour l'instant à l'Elysée il a fait venir du patrimoine intellectuel 65 peut-être 67 on n'a pas fait le décompte on le saura être un petit peu plus tard dans la soirée Sylvain Bourmeau c'est quoi l'intérêt pour Emmanuel Macron d'avoir cette discussion et de la rendre à ce point public puisque je rappelle que nous la retransmettons jusqu'à son terme on verra bien où va nous mener le terme s'ils sont 65 ils sont 15 à être passés ça veut dire que si je fais un calcul très rapide ils

2:08:13
Locuteur

sont encore

2:08:13
Présentateur

50 donc voilà n

2:08:15
Locuteur

'êtes pas couché

2:08:15
Présentateur

en tout cas Guillaume Herner n

2:08:17
Locuteur

'est

2:08:17
Présentateur

pas couché ni le président de la République ni tous ses invités mais c'est quoi l'intérêt pour le chef de l'État et c'est quoi aussi peut-être l'intérêt pour les intellectuels que d'avoir cette possibilité qui n'est quand même pas finalement si absurde que ça d'avoir quelques minutes pour s'exprimer face au président de la République Pour comprendre pourquoi le chef de l'État a intérêt à ça il suffit d'écouter ce qu'il a dit à l'instant à la fin de cette dernière intervention il a parlé de nécessité de relégitimation du politique et il a expliqué aussi qu'il devait y avoir des échelles qu'il y a des légitimités différentes qu'il y a des gens dont l'avis est important parce que cet avis repose sur du temps passé à lire des livres par exemple c'est l'exemple qu'il a pris donc c'est vrai que du coup il a là face à lui un public qui est un public particulier non pas parce que je pense qu'il croit à une forme de pouvoir qu'on donnerait aux savants sinon ça se verrait autrement dans sa politique mais voilà je pense qu'il a tout intérêt à montrer à donner des signes du fait qu'il écoute en tout cas ce qu'ont à lui dire ces gens qui sont là ce soir après quel est l'intérêt pour les intellectuels de venir alors certains ont estimé qu

2:09:35
Locuteur

'il

2:09:35
Présentateur

n

2:09:35
Locuteur

'y en

2:09:35
Présentateur

avait pas et ont refusé de participer pour des raisons d'ailleurs diverses d'ailleurs venant de différents horizons du spectre politique ou des disciplines concernées mais certains d'entre eux en fait ont estimé qu'ils n'avaient pas le temps par exemple tout simplement de parler correctement moi ce que je trouve intéressant c'est de parler en public devant tous ceux qui écoutent et d'entendre les réponses du président de la république et ben voilà on va continuer à le faire justement avec vous guillaume herner on

2:10:05
Locuteur

vous retrouve à l'élysée

2:10:07
Présentateur

merci beaucoup hervé gardette nous sommes effectivement en direct et de retour depuis l'élysée depuis la salle des fêtes un exercice inédit 64 intellectuels chercheurs universitaires et un président de la république pour un grand débat et je vais immédiatement donner la parole à une sociologue Dominique Schnapper

2:10:26
Locuteur

Dominique

2:10:27
Présentateur

vous avez la parole

2:10:28
Locuteur

merci

2:10:30
Invité

je voudrais reprendre le propos qui avait été tenu par Pascal Pruckner au début de la séance avant qu'on dérive vers l'économie et la climatologie et toutes sortes de problèmes très intéressants alors c'est pas facile de parler parce qu'on a déjà dit beaucoup de choses mais ce qui m'a frappé au cours des derniers mois c'était l'expression particulière d'une crise de la représentation vous en avez parlé d'ailleurs et d'autres aussi du fait que la remise en question de toute forme de délégation à un autre qu'à soi

2:11:03
Locuteur

et

2:11:04
Invité

du coup et son revenu à travers cette crise de la représentation une véritable crise de la démocratie

2:11:13
Locuteur

puisque

2:11:13
Invité

la démocratie c'est de respecter les institutions démocratiques

2:11:17
Locuteur

et

2:11:18
Invité

de respecter l'état de droit et vous avez distingué en répondant à Pascal Pruckner le problème disons des gilets jaunes et d'autre part le problème des casseurs mais les deux ne sont pas tout à fait indépendants l'un de l'autre puisque une remise en cause des institutions de la démocratie le refus d'avoir des manifestations organisées qui était une remise en cause des lois communes a favorisé le développement par ailleurs de l'autre mouvement et en même temps sont arrivés du coup les mythes de la démocratie totale directe absolue

2:11:54
Locuteur

qui

2:11:54
Invité

a toujours existé en même temps que celui de la république représentative mais dont on sait qu'aucune expérience n

2:12:01
Locuteur

'a

2:12:01
Invité

montré qu'elle débouchait sur la véritable démocratie la véritable démocratie étant comportant le respect des institutions

2:12:12
Locuteur

et

2:12:13
Invité

alors à cette occasion je voudrais faire appel à votre à votre jugement si nous pensons qu'il est essentiel

2:12:24
Locuteur

de

2:12:26
Invité

défendre les principes de la citoyenneté

2:12:29
Locuteur

qui

2:12:30
Invité

sont à la fois le fondement de la légitimité politique la source du lien social il faut travailler auprès des jeunes générations parce que je suis très frappée que des principes qui vraiment allaient de soi pour nous n'ont pas été transmis aux générations suivantes et parmi ces principes il y en a un qui pour ma génération était de l'ordre de l'évidence sur lequel on ne discutait même pas parce qu'il allait de soi qui était celui de la laïcité désormais nous nous trouvons devant une série de

2:12:59
Locuteur

problèmes

2:13:00
Invité

qui sont liés à des atteintes à la laïcité et alors le ministère de l'éducation nationale lutte vaillamment pour que désormais on cesse sur la formule du ministre

2:13:11
Locuteur

de

2:13:11
Invité

mettre la poussière sous le tapis

2:13:13
Locuteur

mais

2:13:14
Invité

malgré tout il semble que ces règles essentielles de la laïcité républicaine

2:13:19
Locuteur

soient

2:13:20
Invité

mal transmises aux jeunes générations et il y a un certain nombre de résultats de nos amis politistes

2:13:24
Locuteur

sur

2:13:25
Invité

la non-croyance des jeunes générations à la démocratie qui est inquiétante et donc il me semble qu'il est de notre responsabilité et donc de votre responsabilité aussi

2:13:38
Locuteur

de

2:13:39
Invité

rappeler ces principes essentiels parce qu'ils assurent la liberté et la protection de tous

2:13:46
Locuteur

qu

2:13:46
Invité

'ils soient religieux ou non

2:13:48
Locuteur

or

2:13:49
Invité

c'est seulement si on se tient à ces principes qu'on pourra lutter contre le racisme

2:13:54
Locuteur

la

2:13:55
Invité

xénophobie l'antisémitisme je vous rappelle

2:13:58
Locuteur

ce

2:13:59
Invité

que vous savez monsieur le président c'est que les enfants juifs ne peuvent pas fréquenter toutes les écoles publiques parce que leur sécurité ne peut pas être assurée dans toutes les écoles publiques

2:14:09
Locuteur

et

2:14:10
Invité

donc il faut s'en tenir à ces principes fondateurs et essentiels il faut les comprendre il ne faut pas évoquer des modèles du monde anglo-saxon qui valent pour des pour des sociétés

2:14:26
Locuteur

qui

2:14:27
Invité

ont une autre tradition libérale que la nôtre nous n'avons pas la même histoire que nous n'avons pas la même conception de la république

2:14:33
Locuteur

et

2:14:34
Invité

il ne faut pas qu'au nom d'une imitation d'autres pays on en vienne à oublier les problèmes essentiels

2:14:42
Locuteur

de

2:14:43
Invité

la citoyenneté républicaine et donc nous aimerions

2:14:46
Locuteur

que

2:14:47
Invité

vous appuyez de votre autorité de votre engagement ceux qui luttent pour qu

2:14:52
Locuteur

'à

2:14:52
Invité

l'école d'abord mais ensuite dans toutes les autres institutions la liberté et l'égalité des hommes et des femmes de tous les individus ne soient pas mis en cause par des formes de communautarisme qui sont contraires à notre histoire et à notre tradition

2:15:05
Locuteur

et

2:15:06
Invité

je voudrais dire un dernier mot sur l'appel au sens on ne cesse de dire on ne sait pas le sens on a besoin du sens alors j'ai le triste privilège d'être sans doute la doyenne de cette réunion et donc j'ai encore vécu ce qu'a été le combat des résistants les plus héroïques et les plus oui les plus héroïques en entrant dans la résistance ça a été pour assurer exactement la société que nous avons c'est à dire une société libre assez prospère

2:15:37
Locuteur

qui

2:15:38
Invité

nous permet de donner le sens que nous voulons à notre vie certains d'entre eux sont morts pour cette idée

2:15:43
Locuteur

et

2:15:43
Invité

donc dire qu'il n

2:15:44
Locuteur

'y

2:15:44
Invité

a plus de sens ce serait peut-être rappeler regarder le monde en dehors de notre propre pays rappeler le passé et montrer que nous sommes dans des libertés qui sont exceptionnelles par la liberté qu'elle nous accorde

2:15:58
Locuteur

et

2:15:58
Invité

c'est un honneur de la démocratie de ne pas nous imposer le sens que nous voulons donner à notre vie mais simplement de nous laisser libre de donner à notre vie le sens que nous voulons alors je n'ignore pas

2:16:08
Locuteur

qu

2:16:09
Invité

'en même temps ceux qui pour des raisons personnelles ou pour des raisons sociales ont de la difficulté à donner un sens à leur propre vie donc ont l'impression d'être dans le vide

2:16:18
Locuteur

c

2:16:18
Invité

'est vrai

2:16:19
Locuteur

c

2:16:19
Invité

'est vrai en même temps et c'est un des grands dangers c'est que la liberté soit aussi le vide pour certains pour certains d'entre nous mais là encore si nous voulons essayer de remplir ce vide c'est en nous raccordant c'est en nous raccordant en réaffirmant

2:16:34
Locuteur

les

2:16:34
Invité

valeurs bon fondamentales qui depuis les lumières créent le monde démocratique le moins mauvais possible

2:16:42
Locuteur

merci

2:16:43
Présentateur

Dominique Schnapper Rachid Benzin islamologue historien une réaction aussi

2:16:50
Locuteur

monsieur

2:16:50
Invité

le président bonjour j'aimerais vous entendre parce que depuis un certain nombre de temps on entend la question de l'organisation du culte notamment et la question des rapports entre la république et les autres cultures notamment ce qui concerne l'islam et parmi les bruits de couloir avait circulé cette idée qu'on en toucherait peut-être à cette loi de la loi de 1905

2:17:11
Locuteur

qu

2:17:12
Invité

'en est-il si vous allez la toucher qu'est-ce que vous voulez changer dans cette loi

2:17:17
Locuteur

s

2:17:17
Invité

'agit-il d'améliorer les relations entre la république

2:17:21
Locuteur

et

2:17:21
Invité

les religions dans quel sens ou s'agit-il simplement de faire une place à l'islam et comment vous voyez cette place et avec qui quels interlocuteurs ça ça me semble en tout cas important de le dire et dans la mesure où puisque l'état n'a pas à s'immiscer dans l'organisation je dirais du culte comment vous voyez cette articulation

2:17:41
Locuteur

avec

2:17:42
Invité

ce principe de laïcité au sens de Paul Ricoeur c'est-à-dire que l'état

2:17:46
Locuteur

est

2:17:47
Invité

amené à avoir une laïcité de neutralité

2:17:50
Locuteur

par

2:17:51
Invité

rapport à la laïcité de combat qui doit être dans l'espace public et dans cet espace public comment organiser au mieux la discussion publique pour qu'elle ne vire pas à la question de l'hystérie telle que nous la voyons aujourd'hui avec la question des stigmatisations

2:18:03
Locuteur

ma

2:18:04
Invité

deuxième question elle est beaucoup plus politique elle concerne un problème que nous rencontrons actuellement en ce qui concerne le retour des enfants de Syrie

2:18:13
Locuteur

et

2:18:14
Invité

d'Irak

2:18:14
Locuteur

est

2:18:15
Invité

-ce que la doctrine actuelle de l'état français

2:18:17
Locuteur

de

2:18:18
Invité

traitement au cas par cas de retour des enfants djihadistes

2:18:21
Locuteur

qui

2:18:22
Invité

sont pour une grande part

2:18:23
Locuteur

je

2:18:24
Invité

dirais des enfants en bas âge voire des bébés

2:18:26
Locuteur

n

2:18:27
Invité

'est pas un recul sur nos valeurs les plus fondamentales lesquelles valeurs voudrait qu'on abandonne aucun de ces enfants

2:18:32
Locuteur

qui

2:18:32
Invité

se retrouvent finalement

2:18:35
Locuteur

dans

2:18:35
Invité

ce cas-là et est-ce qu'il n'est pas temps me semble-t-il d'affirmer le principe de retour de tous les enfants

2:18:41
Locuteur

sans

2:18:42
Invité

aucune distinction est-ce que si on ne fait pas est-ce que c'est pas quelque part une reddition en termes de valeurs ce qu'il ne faut pas oublier

2:18:49
Locuteur

c

2:18:50
Invité

'est que ces enfants n'ont pas seulement leurs parents qui peuvent être là-bas

2:18:52
Locuteur

mais

2:18:53
Invité

ils ont des oncles des grands-pères et si la France renonce à ces principes notamment par rapport aux enfants nous risquons

2:19:00
Locuteur

d

2:19:00
Invité

'augmenter la question du ressentiment vis-à-vis de la société française et la question du ressentiment aujourd'hui dans la société française est un élément fondamental et c'est là où je vous renvoie à un certain nombre d'ouvrages que vous avez lu notamment de Paul Ricoeur sur le parcours de la reconnaissance comment faire que chaque individu soit reconnu dans cette société avec sa propre histoire et que la mémoire soit finalement reconnue et surtout comment traiter pas simplement soi-même comme un autre mais l'autre aussi comme soi-même et c'est ce qui nous est demandé aujourd'hui pour apaiser

2:19:31
Locuteur

la

2:19:31
Invité

société parce que nous avons besoin d'apaiser ces questions sur la question politique c'est la question religieuse et la société est loin d'être apaisée sur ces questions-là je vous remercie

2:19:43
Présentateur

Merci Rachid Benzine on continue sur ces mêmes thèmes avec Valentine Zuber vous êtes historienne et spécialiste de la liberté religieuse

2:19:51
Locuteur

Oui

2:19:51
Invité

monsieur le Président dans la poursuite de ce que vient dire mon collègue dans le cadre de la défense des droits de l'homme de la prévention des libertés publiques et dans le maintien voire le renforcement de la laïcité de l'Etat comment lier cette exigence de neutralité du bon gouvernement démocratique mais qui doit être équitable et juste envers tous avec cette pluralisation croissante des expressions identitaires et des convictions religieuses tant politiques d'ailleurs aussi que religieuses qui est la marque de nos sociétés libérales

2:20:23
Locuteur

comment

2:20:23
Invité

faire droit à un projet de société commun si ce sont toujours les mêmes et là je pense aux croyants en général ou aux porteurs de convictions affirmés toujours les mêmes qui se trouvent pointés du doigt et assignés à devoir rentrer dans le moule commun

2:20:38
Locuteur

comment

2:20:39
Invité

maintenir l'égalité dans la diversité sans risquer l'uniformisation et la standardisation comment produire enfin une société inclusive sans écraser les différences

2:20:51
Locuteur

il

2:20:52
Invité

me semble que plus que le dressage civique

2:20:55
Locuteur

de

2:20:56
Invité

l'apprentissage de la défense de la laïcité telle qu'elle est envisagée actuellement dans certains programmes il me semble qu'il faut plutôt cultiver apprendre le débat le débat argumenté savoir utiliser la raison pour proposer son propre projet et pour le confronter à ceux des autres et dans ce sens le danger d'un durcissement du débat autour de la laïcité me paraît extrêmement dangereux parce que il n'est pas adapté à la réalité de notre société et il risque surtout de catégoriser les citoyens selon leurs croyances leurs convictions ou leurs pratiques et de permettre ainsi des discriminations insidieuses qui ne feraient que continuer à diviser je vous remercie

2:21:43
Présentateur

alors toujours si on continue sur ces questions de laïcité et également de discrimination soit d'Ayada vous êtes présidente du conseil supérieur des programmes mais vous êtes également philosophe et spécialiste de spiritualité islamique

2:21:58
Locuteur

je

2:21:58
Invité

vous remercie je vous remercie monsieur le président de votre invitation

2:22:01
Locuteur

je

2:22:02
Invité

m'inscrirai dans la perspective ouverte par Rachid Benzin autour des questions de l'organisation de l'islam de France

2:22:11
Locuteur

sans

2:22:12
Invité

doute en lien avec votre conception de la laïcité plus attentive aux religions vous souhaitez organiser l'islam de France lui donner un cadre et des règles qui soient en conformité avec les lois de la république

2:22:24
Locuteur

si

2:22:26
Invité

les deux enjeux majeurs de votre projet sont le financement du culte et la formation des imams beaucoup d'autres ambitions plus ou moins clairement formulées dressent me semble-t-il un très vaste programme

2:22:37
Locuteur

pour

2:22:38
Invité

lequel je vous souhaite bon courage sortir les fidèles musulmans vivant en France de l'influence des puissances étrangères

2:22:46
Locuteur

construire

2:22:47
Invité

une nouvelle structure de représentation des musulmans de France

2:22:51
Locuteur

réguler

2:22:52
Invité

l'islam de France casser les maillons de la chaîne qui vont de la foi au terrorisme islamiste

2:23:00
Locuteur

rendre

2:23:00
Invité

l'islam compatible avec la république

2:23:03
Locuteur

et

2:23:04
Invité

enfin rien que cela séparer en islam la religion et la politique

2:23:10
Locuteur

un

2:23:11
Invité

tel projet peut-il se satisfaire du cadre juridique actuellement en vigueur

2:23:16
Locuteur

on

2:23:17
Invité

dit que vous réfléchissez à amender la loi de 1905 en introduisant un label d'état pour les associations religieuses

2:23:25
Locuteur

et

2:23:26
Présentateur

en renforçant l'encadrement du financement

2:23:29
Locuteur

de

2:23:30
Présentateur

ces associations

2:23:32
Locuteur

je

2:23:33
Présentateur

souhaite monsieur le président attirer votre attention sur quelques-unes des difficultés qui procéderaient

2:23:38
Locuteur

me

2:23:40
Présentateur

semble-t-il de la volonté de

2:23:41
Locuteur

rejouer

2:23:42
Invité

avec l'islam ce qui s'est joué historiquement

2:23:45
Locuteur

autour

2:23:46
Invité

de la laïcité entre l'état français et l'église catholique la première difficulté c'est que l'islam ne s'est pas pensé ne s'est pas constitué historiquement dans la forme d'une église même dans l'islam chiite où existe une forte cléricature

2:24:05
Locuteur

nous

2:24:06
Invité

n'avons pas affaire à l'équivalent du phénomène église

2:24:10
Locuteur

cela

2:24:11
Invité

invite me semble-t-il à envisager patiemment la nature et la fonction des imams et le rôle que nous voulons les voir assumer

2:24:20
Locuteur

cela

2:24:20
Invité

appelle aussi une réflexion sur la représentation

2:24:23
Locuteur

et

2:24:24
Invité

l'autorité en islam et exige de reconnaître ceci

2:24:29
Locuteur

dès

2:24:30
Invité

ses origines l'islam s'est heurté à cette double question de l'autorité

2:24:34
Locuteur

et

2:24:35
Invité

de la représentation sans jamais je crois la résoudre

2:24:39
Locuteur

on

2:24:40
Invité

peut dire que les débats continu sur cette question ont formé et forment encore la matrice du développement historique de l'islam

2:24:49
Locuteur

nous

2:24:50
Invité

le voyons dans les agissements les plus violents

2:24:54
Locuteur

la

2:24:56
Invité

deuxième difficulté me semble tenir à l'idée même de la religion

2:25:01
Locuteur

qui

2:25:02
Invité

anime l'islam

2:25:03
Locuteur

l

2:25:04
Invité

'attention exclusive que nous portons aux agissements terroristes et aux manifestations ostensibles

2:25:10
Locuteur

de

2:25:11
Invité

certains musulmans ne doit pas nous faire oublier nous faire

2:25:13
Présentateur

rater les formes spirituelles

2:25:16
Locuteur

qui

2:25:17
Présentateur

en islam dessinent une religion intérieure

2:25:19
Locuteur

mais

2:25:21
Présentateur

là encore je crois qu'il faut éviter les rapprochements rapides

2:25:24
Locuteur

cet

2:25:25
Invité

islam spirituel qui configure une religion intérieure n'est pas tout à fait un islam sécularisé

2:25:31
Locuteur

s

2:25:32
Invité

'inscrivant dans le mouvement

2:25:34
Locuteur

de

2:25:35
Présentateur

sortie de la religion

2:25:36
Locuteur

voilà

2:25:38
Présentateur

donc je crois que c'est un sujet extrêmement embarrassant merci il

2:25:45
Locuteur

y

2:25:45
Présentateur

a beaucoup de personnes qui souhaitent réagir sur ce thème Olivier Galland vous êtes sociologue vous avez mené une enquête récemment à ce sujet voilà

2:25:54
Locuteur

oui

2:25:54
Présentateur

je voudrais d'abord réagir à l'intervention excellente de Dominique Schnapper

2:25:59
Locuteur

et

2:26:00
Présentateur

la prolonger peut-être de façon un peu plus large sur le rapport des jeunes à la citoyenneté

2:26:06
Locuteur

alors

2:26:07
Présentateur

bien sûr on a eu un signe favorable avec la participation des jeunes à cette manifestation pour le climat mais il y a d'autres signes qui sont moins favorables on voit que la participation des jeunes à la vie citoyenne est relativement faible ils participent peu aux élections ils ont un très faible engagement dans les partis et les syndicats ils montrent un grand désintérêt pour la politique leur engagement associatif est relativement modéré et plutôt récréatif

2:26:38
Locuteur

et

2:26:38
Présentateur

puis d'ailleurs à propos du grand débat le Cévipof a fait un sondage un peu aléatoire et a regardé la sociologie un peu des participants au grand débat moyenne d'âge 60 ans 5% de jeunes

2:26:53
Locuteur

donc

2:26:53
Présentateur

je sais que vous avez eu un débat avec les jeunes monsieur le président qui était d'ailleurs excellent je l'ai regardé de bout en bout et j'ai trouvé ces jeunes d'ailleurs formidables ils avaient beaucoup de choses à dire mais en fait dans la société française on les écoute peu on les écoute peu ces jeunes

2:27:06
Locuteur

mais

2:27:07
Présentateur

on voit aussi d'autres signes plus inquiétants

2:27:09
Locuteur

on

2:27:10
Présentateur

voit monter des signes de radicalité

2:27:12
Locuteur

de

2:27:13
Présentateur

radicalité religieuse alors Gilles Kepel ici présent pourra en parler mieux que d'autres

2:27:19
Locuteur

mais

2:27:20
Présentateur

aussi de radicalité politique on en a des exemples malheureusement aujourd'hui et un certain attrait pour la violence j'ai été frappé par un sondage de l'Ipsos récemment qui montrait que 35% des jeunes considéraient étaient d'accord avec l'affirmation suivante certaines personnes usent de la violence pour défendre leurs intérêts 35% des jeunes étaient d'accord avec ça 20% de l'ensemble des français mais 35% des jeunes donc voilà il y

2:27:52
Locuteur

a

2:27:52
Présentateur

une sorte de légitimation de la violence qui commence à apparaître dans notre société

2:27:57
Locuteur

et

2:27:58
Présentateur

d'autres jeunes par contre sont tentés plutôt par une sorte de repli identitaire sur la classe d'âge et sur les réseaux sociaux

2:28:06
Locuteur

donc

2:28:07
Présentateur

tout ça pose de graves problèmes je pense pour notre vie en société et pour le débat démocratique

2:28:12
Locuteur

alors

2:28:13
Présentateur

moi je voudrais faire une proposition il n

2:28:15
Locuteur

'y a

2:28:15
Présentateur

pas eu beaucoup de propositions jusqu'à présent dans ce débat je voudrais faire une petite proposition très pragmatique

2:28:20
Locuteur

je

2:28:21
Présentateur

pense que pour lutter contre ce déficit de citoyenneté l'école française aurait un rôle à jouer

2:28:28
Locuteur

or

2:28:29
Présentateur

c'est pas du tout dans sa culture la culture de l'école française c'est de délivrer des connaissances c'est de délivrer des compétences cognitives mais ce n'est pas de former le citoyen alors que c'est tout à fait la mission que s'assignent les écoles dans les pays du nord de l'Europe qu'on prend souvent en exemple

2:28:49
Locuteur

donc

2:28:49
Présentateur

je pense que l'école devrait prendre en charge cette mission alors évidemment il ne s'agit pas de faire des cours magistraux d'éducation civique ça ce serait tout à fait contre-productif

2:29:01
Locuteur

mais

2:29:01
Présentateur

il s'agit d'avoir des débats argumentés je crois que le terme d'ailleurs a été employé par une intervenante précédente il s'agit d'avoir des débats argumentés avec ces jeunes d'abord d'écouter ce qu'ils ont à dire même si ça dérange et ça dérange souvent mais il faut les écouter on ne les écoute pas assez on a une culture scolaire qui est très verticale où les élèves sont passifs

2:29:22
Locuteur

il

2:29:22
Présentateur

faut faire rentrer la culture participative qui est si à la mode aujourd'hui dans le système scolaire donc écouter ce que ces jeunes ont à dire ils ont des choses à dire qui parfois dérangent qui parfois sont stupides mais il faut débattre avec eux les écouter et je pense qu'il y

2:29:37
Locuteur

a

2:29:37
Présentateur

un véhicule pour ça alors je ne sais pas ce qu'en pense monsieur Blanquer Payon avait inventé l'enseignement moral et civique je n

2:29:44
Locuteur

'ai

2:29:44
Présentateur

pas l'impression que ça fonctionne très bien mais ça pourrait être le véhicule pour faire ça et puis il y aurait un avantage subsidiaire c'est qu'on sait bien il y

2:29:53
Locuteur

a

2:29:53
Présentateur

des travaux de psychologues de sociologues d'économistes qui l'ont montré

2:29:56
Locuteur

que

2:29:56
Présentateur

d'acquérir des compétences cognitives dans la vie c'est très bien pour réussir mais ça ne suffit pas

2:30:01
Locuteur

il

2:30:02
Présentateur

faut aussi acquérir des compétences sociales

2:30:04
Locuteur

et

2:30:05
Présentateur

l'école devrait jouer un rôle parce que ces compétences sociales malheureusement certaines familles n'arrivent pas à les fournir à leurs enfants et l'école devrait prendre en charge ce rôle éducatif des jeunes citoyens

2:30:18
Locuteur

on va faire

2:30:19
Présentateur

réagir merci Olivier Galland on va faire réagir monsieur le président de la République

2:30:25
Locuteur

oui

2:30:25
Invité

et je laisserai d'ailleurs les ministres de l'éducation nationale la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche réagir sur les sujets scolaires je trouve que c

2:30:33
Locuteur

'est

2:30:33
Invité

important qu'ils apportent d'abord ce qu'ils font et

2:30:38
Locuteur

puis

2:30:38
Invité

leur part de vérité sur ce qui vient d'être dit je le dis comme vous je parle jeunesse citoyenneté je vais remonter sur

2:30:47
Locuteur

la

2:30:47
Invité

problématique laïcité et islam

2:30:51
Locuteur

ce

2:30:51
Invité

que je les distingue sur ce que vous venez de dire je crois qu'on a

2:30:56
Locuteur

bien

2:30:56
Invité

vu le sujet et au fond la jeunesse d'aujourd'hui elle est les résultats de l'école d'hier les jeunes qui ont entre 18 et 25 ans c'est

2:31:05
Locuteur

la

2:31:06
Invité

difficulté de mener des réformes ou de procédure des changements ils sont le fruit d'un système éducatif qui était celui qu'ils ont connu il y a 5, 10 ou 15 ans

2:31:15
Locuteur

et

2:31:15
Invité

je crois que ce qu'on veut vraiment bâtir avec cette notion d'école de la confiance correspond pour partie et d'ailleurs à ce que vous dites c'est à dire en faisant rentrer l'éducation artistique culturelle

2:31:26
Locuteur

en

2:31:27
Invité

faisant

2:31:27
Locuteur

commencer pour la plus

2:31:32
Invité

petite enfance en valorisant justement les échanges avec des modules conçus de manière adaptée on cherche justement non seulement à avoir une école qui apprend

2:31:43
Locuteur

pour

2:31:44
Invité

les plus petites classes à lire, écrire compter mais aussi se comporter et ensuite progressivement former le citoyen donc l'idée c'est vraiment d'aller dans ce sens de donner de la confiance jusqu'à d'ailleurs la politique d'orientation c'est tout le lien qui est fait entre l'école

2:32:01
Locuteur

en

2:32:02
Invité

tout cas le lycée et le supérieur avec ce fameux débat qu'il

2:32:04
Locuteur

y a

2:32:04
Invité

eu autour de Parcoursup et ce qu'on prévoit dans l'école pour aider les élèves puis les étudiants à s'orienter et à choisir parce que notre système scolaire il était surtout formidablement fait pour être déterministe sur le plan des choix c'est-à-dire ces vies empêchées qu'on évoquait tout à l'heure elles allaient jusqu'au choix ultime on en parlait avec les ministres l'école

2:32:27
Locuteur

dans

2:32:28
Invité

laquelle on vivait c'est une école où

2:32:30
Locuteur

un

2:32:31
Invité

jeune en sortant de terminale la plupart du temps il choisissait les choses en regardant ce que ses parents faisaient ou les offres éducatives qu'il y avait autour de la maison c'est-à-dire dans la ville la plus proche

2:32:42
Locuteur

quand

2:32:42
Invité

on regarde les éléments statistiques ce qui est vraiment le coeur du faible choix donc

2:32:47
Locuteur

moi

2:32:47
Invité

j'ai bien conscience de ce que vous dites je serai les ministres complétés mais l'idée de former des citoyens et en quelque sorte progressivement d'amener les collégiens lycéens puis les étudiants pleinement à cette part de sortie de l'état de minorité si je puis dire

2:33:01
Locuteur

ce

2:33:02
Invité

qui correspond à la philosophie qu'on a pour toute la société

2:33:06
Locuteur

est

2:33:06
Invité

au coeur de ce qu'on veut faire et de reconnaître qu'il

2:33:07
Locuteur

n'y a

2:33:07
Invité

pas que des compétences cognitives alors après

2:33:09
Locuteur

vous

2:33:10
Invité

avez ouvert un continent

2:33:14
Locuteur

et

2:33:14
Invité

donc je vais essayer de dire comment

2:33:16
Locuteur

à

2:33:17
Invité

titre personnel je vois les choses au-delà de la titre personnel les engagements que j'ai pris

2:33:20
Locuteur

et

2:33:21
Invité

ce à quoi je crois

2:33:24
Locuteur

la

2:33:25
Invité

crise de la représentativité

2:33:27
Locuteur

et

2:33:28
Invité

au fond cette crise de l'état de droit elle a évidemment beaucoup d'autres composantes que simplement le sujet des atteintes à la laïcité on l

2:33:37
Locuteur

'a

2:33:37
Invité

bien vu c'est au fond le respect de l'autre et je le dis parce que la laïcité n'est qu'une part de cela et dans les tensions que nous vivons aujourd'hui

2:33:45
Locuteur

il

2:33:46
Invité

y a au fond l'idée que

2:33:48
Locuteur

la

2:33:49
Invité

frustration que je ressens

2:33:50
Locuteur

ou

2:33:51
Invité

mon désaccord avec une décision

2:33:53
Locuteur

ou

2:33:53
Invité

une situation que je vis justifie la violence politique et le non-respect de l'autre

2:33:58
Locuteur

et

2:33:59
Invité

ça en effet c'est un des principes même de la société dans laquelle nous vivons

2:34:03
Locuteur

et

2:34:04
Invité

qui fonde la citoyenneté c'est-à-dire le fait qu'on reconnaisse en même temps des droits et une protection et donc ça on ne peut l'accepter on voit là qu'il y a à reconquérir à la fois des principes des actes une éducation et à faire respecter cette part d'ordre sans laquelle la liberté ne peut plus s'exercer dans ce contexte-là comment moi je vois la laïcité d'abord sans naïveté et ce que vous avez dit je le partage je l

2:34:30
Locuteur

'ai

2:34:30
Invité

d'ailleurs même dit il

2:34:31
Locuteur

y a

2:34:31
Invité

quelques semaines de manière aussi crue que vous l'avez fait pour les élèves d'écoles juives en demandant un audit systématique aux ministres de toutes les écoles où on observait ce phénomène phénomène lancinant depuis des années et des années dans certains départements où on a des élèves qui parce qu'ils sont juifs

2:34:47
Locuteur

ne

2:34:48
Invité

peuvent plus rester à l'école et sont

2:34:49
Locuteur

poussés

2:34:51
Invité

dehors phénomène d'ailleurs qui était insidieux parce qu'on ne le dit pas c'est pas dénoncé et ils rejoignent d'ailleurs l'enseignement privé sous contrat la plupart du temps plutôt catholique qu'autre chose avec des phénomènes de recomposition du coup et de désagrégation dans certains endroits de l'école de la République donc

2:35:06
Locuteur

je

2:35:07
Invité

suis totalement sur cette ligne nous avons d'ailleurs sur la base une proposition sénatoriale aussi durci les choses et les contrôles sur les écoles

2:35:16
Locuteur

proposition

2:35:16
Invité

de loi dite gâtel qui nous a d'ailleurs permis lorsque certaines écoles ne respectaient pas ces règles de pouvoir les fermer ce qui n'était pas possible jusqu'alors et donc de ramener des enfants dans le giron de l'école de la République et de lutter contre

2:35:28
Locuteur

le

2:35:29
Invité

communautarisme moi ma vision est claire

2:35:31
Locuteur

c

2:35:32
Invité

'est 1905 et rien que 1905

2:35:37
Locuteur

la

2:35:37
Invité

laïcité n'a pas d'adjectif

2:35:40
Locuteur

qu

2:35:40
Invité

'on doit lui accoler moi je n'y en ai pas accolé

2:35:43
Locuteur

mais je

2:35:44
Invité

n'en ai jamais fait non plus

2:35:46
Locuteur

une

2:35:47
Invité

forme de religion de la République contre une autre la laïcité

2:35:52
Locuteur

c

2:35:52
Invité

'est toujours dit tel que je le vois

2:35:56
Locuteur

un

2:35:56
Invité

principe

2:35:56
Locuteur

de

2:35:57
Invité

la République

2:35:58
Locuteur

qui

2:35:59
Invité

assure la liberté de chacun et la protège

2:36:02
Locuteur

et

2:36:02
Invité

donc permet à chacun de croire

2:36:05
Locuteur

ou

2:36:05
Invité

de ne pas croire de le faire librement

2:36:11
Locuteur

et

2:36:12
Invité

n'a à s'immiscer dans la vie d'aucune religion

2:36:14
Locuteur

s

2:36:14
Invité

'en décline évidemment la neutralité des services publics

2:36:18
Locuteur

et

2:36:19
Invité

de ce fait

2:36:20
Locuteur

elle

2:36:20
Invité

est un cadre la difficulté qu'on a

2:36:22
Locuteur

c

2:36:23
Invité

'est qu'on met derrière la laïcité

2:36:24
Locuteur

des

2:36:25
Invité

peurs

2:36:27
Locuteur

qui

2:36:27
Invité

ne sont pas directement liées à ce principe

2:36:29
Locuteur

et

2:36:29
Invité

qu'on met

2:36:30
Locuteur

la

2:36:31
Invité

peur de l'immigration parfois la peur de l'autre tout court

2:36:34
Locuteur

et

2:36:35
Invité

la volonté d'imposer un modèle qu'on verrait comme dominant par rapport à un autre

2:36:38
Locuteur

donc par

2:36:39
Invité

rapport à ce que je viens de dire

2:36:42
Locuteur

je

2:36:42
Invité

ne souhaite pas qu'on change la loi de 1905

2:36:45
Locuteur

et

2:36:46
Invité

ce qu'elle représente et ce qu'elle permet de préserver

2:36:49
Locuteur

et

2:36:49
Invité

je n'en ai jamais fait non plus une interprétation qui me semble aller au-delà de ce que

2:36:54
Locuteur

ces

2:36:55
Invité

pères

2:36:57
Locuteur

j

2:36:57
Invité

'allais dire pour être

2:36:59
Locuteur

pour

2:37:00
Invité

apporter une touche d'humour spirituel lui ont à apporter

2:37:06
Locuteur

une

2:37:06
Invité

fois qu'on a dit ça

2:37:07
Locuteur

j

2:37:08
Invité

'ai souvent dit je ne demande à personne en république

2:37:11
Locuteur

de

2:37:11
Invité

croire modérément

2:37:12
Locuteur

ou

2:37:13
Invité

pas cela ne m'intéresse pas

2:37:15
Locuteur

je

2:37:16
Invité

veux que chacun puisse croire ou ne pas croire librement

2:37:19
Locuteur

que

2:37:20
Invité

dans le cadre de sa foi ça puisse être aussi absolu

2:37:23
Locuteur

qu

2:37:24
Invité

'il ait besoin de la vivre

2:37:25
Locuteur

mais

2:37:26
Invité

je demande aux mêmes citoyens de respecter absolument toutes les règles de la république

2:37:31
Locuteur

c

2:37:31
Invité

'est comme ça que je vois les choses

2:37:33
Locuteur

et

2:37:33
Invité

je pense que dans nos débats nous avons souvent d'ailleurs entremêlé les notions en demandant d'être modérément musulman par exemple de vouloir construire une forme de modération on

2:37:44
Locuteur

ne

2:37:44
Invité

demande aucun protestant ou catholique d'être modéré

2:37:47
Locuteur

on

2:37:47
Invité

lui demande

2:37:48
Locuteur

à

2:37:49
Invité

la rigueur je dirais même que de là où on est on se fiche de savoir ce qu'il est on lui donne la possibilité

2:37:55
Locuteur

de

2:37:55
Invité

l'être comme il veut

2:37:57
Locuteur

mais

2:37:58
Invité

de ne respecter absolument toutes les règles de la république c'est ça la laïcité

2:38:02
Locuteur

c'est

2:38:03
Invité

ça la laïcité alors ensuite

2:38:06
Locuteur

tel

2:38:07
Invité

que nous le vivons aujourd'hui on a un sujet avec l'islam

2:38:12
Locuteur

et

2:38:12
Invité

donc de la même manière qu'il ne

2:38:13
Locuteur

faut

2:38:13
Invité

pas dire le problème c'est la laïcité il y a un sujet avec l'islam qui a

2:38:17
Locuteur

multiples

2:38:18
Invité

facettes parce qu'il y a

2:38:20
Locuteur

certains

2:38:20
Invité

ont parlé d'insécurité culturelle mais

2:38:22
Locuteur

il

2:38:23
Invité

y a au fond dans notre pays quelque chose qui se vit où on mélange

2:38:28
Locuteur

le

2:38:28
Invité

fait cultuel le fait culturel le fait migratoire

2:38:33
Locuteur

et

2:38:33
Invité

tout ça s'entremêlant on veut dire que ça s'écraserait sur la laïcité

2:38:37
Locuteur

pour

2:38:37
Invité

moi ça n'est pas la laïcité

2:38:38
Locuteur

c

2:38:39
Invité

'est une question de savoir comment on construit le cadre de vie en commun ensemble quand on a des débats sur le burkini ou que sais-je ça n'a rien à voir avec la laïcité c'est pas cultuel

2:38:51
Locuteur

c

2:38:51
Invité

'est un débat qui a la rigueur à avoir avec l'ordre public et la capacité à garder le calme dans un espace social à se dire est-ce que c'est acceptable par les uns et les autres et comment on veut vivre ensemble mais ce n

2:39:01
Locuteur

'est

2:39:01
Invité

pas la même chose que la laïcité je veux faire poser ce cadre parce qu'il me semble que c'est fondamental si on veut pouvoir progresser et donc nous avons aujourd'hui dans notre société à réussir

2:39:14
Locuteur

à

2:39:15
Invité

installer

2:39:17
Locuteur

la

2:39:17
Invité

place de l'islam qui est une religion qui n'était quasiment pas présente au moment de la loi de 1905

2:39:22
Locuteur

qui

2:39:22
Invité

compte tenu des migrations

2:39:24
Locuteur

des

2:39:25
Invité

dernières décennies a pris plus de place dans notre société et

2:39:29
Locuteur

qui

2:39:30
Invité

a fait jouer des tensions qui sont à la fois migratoires de représentation et qui fait vibrer toutes les cordes que je viens d'évoquer

2:39:40
Locuteur

et

2:39:40
Invité

je pense que ça il faut le regarder en face ce défi

2:39:43
Locuteur

et

2:39:43
Invité

donc il faut y apporter une réponse et c'est le coeur de ce que je veux faire donc pas en disant il faut affaiblir 1905 où il faudrait faire

2:39:50
Locuteur

avoir

2:39:51
Invité

une approche concordataire pour cette religion non mais il faut dire maintenant

2:39:55
Locuteur

nous

2:39:55
Invité

avons des françaises des français ou des binationaux dont c'est la religion

2:40:00
Locuteur

et

2:40:01
Invité

c

2:40:01
Locuteur

'est

2:40:01
Invité

un peu plus nombreux et elle doit pouvoir

2:40:03
Locuteur

trouver

2:40:04
Invité

sa place plein et entière on doit pacifier

2:40:06
Locuteur

cette

2:40:06
Invité

relation et qui plus est notre défi est au carré parce qu'on le fait à un moment où l'islam vit une crise qui est mondiale

2:40:14
Locuteur

où

2:40:14
Invité

vous avez un conservatisme croissant au sein de beaucoup de ces religions

2:40:19
Locuteur

et

2:40:19
Invité

même des pays où il y avait autant de musulmans il

2:40:22
Locuteur

y

2:40:22
Invité

a 30 ans et aujourd'hui qui étaient des pays où le voile avait disparu

2:40:26
Locuteur

beaucoup

2:40:26
Invité

de pays du Maghreb du Proche et du Moyen-Orient voient le voile réapparaître donc c'est je dirais un mouvement qui est lié à l'islam lui-même qui n

2:40:32
Locuteur

'est

2:40:32
Invité

pas lié à notre société à nous donc il y a un conservatisme qui monte des tensions qui montent au sein de l'islam et où

2:40:38
Locuteur

l

2:40:40
Invité

'expérience de cette religion entre le fait spirituel et le fait politique n'est pas la même que celle que nous vivons et donc

2:40:47
Locuteur

dans

2:40:47
Invité

ce contexte-là nous devons penser un cadre où on ne doit rien transiger

2:40:53
Locuteur

de

2:40:53
Invité

cette séparation et ça je pense c'est un fait absolument essentiel rien ne peut être transigé et donc cette séparation entre l'église et l'état il faut réussir à la penser et

2:41:03
Locuteur

l

2:41:03
Invité

'articuler pleinement et donc toute émixion

2:41:05
Locuteur

dans

2:41:06
Invité

ce qui est de l'ordre de l'état ou de l'organisation de la société du fait d'une religion ne peut être acceptée et c

2:41:11
Locuteur

'est

2:41:11
Invité

là où il y

2:41:11
Locuteur

a

2:41:11
Invité

un point de tension très fort avec certaines personnes qui organisent ce culte le font vivre et qui sont sur des mouvements plus conservateurs et là-dessus il s'agit de distinguer aussi les choses ce ne

2:41:22
Locuteur

sont

2:41:22
Invité

pas des gens qui vont conduire au terrorisme mais qui ont une vision très conservatrice et de type politique de l'islam on l'a chez certains frères musulmans chez certains salafistes qui considèrent que leur rôle

2:41:33
Locuteur

est

2:41:33
Invité

d'avoir des formes d'organisation qui relèvent du politique et plus simplement du religieux ça ça n'est pas compatible avec pour le coup la laïcité et la vision que nous avons de la société et donc

2:41:43
Locuteur

pour

2:41:44
Invité

faire vivre tout le monde ensemble nous devons progressivement

2:41:47
Locuteur

d

2:41:48
Invité

'abord commencer à l'école et donc je reprends par rapport à votre point vous avez raison il ne s'agit pas de dire on a enseigné en quelque sorte un catéchisme de la république mais on a à expliquer ce qu

2:41:57
Locuteur

'est

2:41:57
Invité

le cadre de la laïcité

2:41:59
Locuteur

tel

2:41:59
Invité

que je viens d'essayer de le faire rapidement et c'est d'ailleurs dans le projet du ministre à expliquer

2:42:04
Locuteur

ce

2:42:05
Invité

que j'appellerais l'histoire des civilisations

2:42:07
Locuteur

et

2:42:08
Invité

d'expliquer pour que chacun puisse se faire justement son opinion et soit instruit des éléments d'histoire qu'il y a derrière parfois les croyances des uns et des autres mais à l'école on ne doit rien céder de ce que certains aujourd'hui ce sur quoi certains voudraient nous faire reculer

2:42:23
Locuteur

le

2:42:24
Invité

relativisme sur les théories de l'évolution l'impossibilité d'enseigner tel ou tel événement historique parce qu'il ne relève pas de ce que la religion accepte ça

2:42:35
Locuteur

c

2:42:35
Invité

'est une ligne rouge absolue ensuite quand on regarde l'islam et plusieurs dans cette salle ont mené des enquêtes et des travaux très nourris sur ce sujet et sont beaucoup plus complets que moi on regarde on peut voir qu'on a un vrai problème en effet d'organisation et vous avez raison c'est lié au fait que

2:42:51
Locuteur

l

2:42:52
Invité

'islam ne s'est pas pensé de la même manière que les autres religions du livre qui sont présentes de plus longue date néanmoins d'autres religions ont à vivre ce durcissement

2:42:59
Locuteur

on

2:43:00
Invité

pourrait parler de

2:43:00
Locuteur

l

2:43:00
Invité

'évangélisme si on était sur d'autres continents nous serions au Brésil je pense qu'on serait plus soucieux d'une plus grande radicalité de l'évangélisme que de l'islam

2:43:08
Locuteur

donc