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interviewLCP - Assemblée nationale· 12 juin 2026 24 min

Affaire Lyhanna : après l’émotion, le gouvernement sous pression | Bourbon hebdo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je suis Clément Mic et vous écoutez Bourbon Hebdo, le podcast de la rédaction d'CP qui vous fait revivre l'actualité de la semaine et vous dévoile les coulisses de l'assemblée. La séance est ouverte. Bonjour et bienvenue dans Bourbon Hebdo.

Au sommaire de notre podcast cette semaine, l'onde de choc de l'affaire Liana à l'assemblée. Et pour en parler, je suis aujourd'hui avec Elsa Mondingava et Stéphanie Despierres. Bonjour à toutes les deux.

Bonjour Clément. Je rappelle à nos auditeurs que vous êtes nos spécialistes de l'actu parlementaire à ALCP. Elsa, tu présentes les questions au gouvernement sur notre antenne et puis toi Stéphanie, tu es notamment aux commande de l'émission Parlement hebbo.

On commence avec un petit aperçu de la séance de questions au gouvernement de mardi dernier. Combien de Jérôme Barella sont à cette heure libre dans nos écoles, dans nos foyers, de l'aide social à l'enfance, dans nos services publics ? Est-ce que vous vous engagez aujourd'hui à mettre 3 milliards sur la table pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants ? comptez-vous tout remettre à plat pour permettre aux Français de retrouver la confiance ?

Pourquoi avez-vous décidé de ne rien faire et quand assumerez-vous votre part de responsabilité en présentant votre démission ? Alors, ce ne sont que quelques-unes des très nombreuses euh questions qui ont porté sur l'affaire Liana mardi. Elsa, est-ce que ça t'est arrivé souvent de voir une séance de question gouvernement dominer à ce point par un seul thème d'actualité ?

Non, ça faisait vraiment très longtemps. Il faut savoir que nous tous les mardis, on envoie un message à chacun des 11 groupes politiques pour leur demander quels vont être les thèmes que vous les allez évoquer. Donc en fait, elle tombe au comptegoutte le mardi matin.

Évidemment, on se doutait mardi matin que l'affaire Liana allait prendre une place très importante, mais c'est vrai qu'on s'est vite aperçu qu'en fait chacun des 11 groupes allait poser une question sur cette affaire et de mémoire à la chaîne parlementaire et on a aussi interrogé des collaborateurs de l'Assemblée avec qui voilà on échange souvent à part cas très précis, c'est-à-dire au lendemain des attentats ou alors quand il y avait la crise du Covid où là vraiment tout le monde était sur le même sujet, c'était quasiment, je reste sur le quasiment parce que voilà jamais arrivé que tous les groupes et au moins une question sur le sujet sur un même sujet c'est dire que l'émotion qu'on a dans le pays bah chaque groupe politique voulait aussi en faire part exactement et sans faire l'écho dans l'hémicycl parce que un petit décomte juste pour nos nos aud donc chaque groupe 11 questions et il y a même le groupe ensemble pour la République qui a posé ces deux questions sur ce thème. Alors il y en avait sur l'affaire liana très précisément et puis sur la protection de l'enfance plus généralement mais 12/ 17 12 questions sur 17 consacrées à cela. Alors, quand une actuée, bah ce sont souvent les présidents de groupe qui prennent la parole dans le dans les tribunes.

Euh, sauf que là, bah en dehors de Marine Le Pen, ça a pas été le cas. Stéphanie, est-ce que est-ce que tu as une explication ? C'est vrai que c'est un peu étonnant.

Moi, je m'attendais à ce que ce soit les présidents de groupe parce qu'en fait ce qui est important, c'est que quand c'est un président de groupe, c'est forcément le premier ministre qui répond. Donc la charge politique et la demande n'est pas la même. Donc généralement ça se passe comme ça.

Et là par exemple les insoumis et les socialistes ont fait le choix de donner la parole à leurs députés spécialistes si on peut dire des sujets violence sexuelle contre les enfants et contre les femmes. Donc c'est Gabriel Catala pour les insoumis qui a posé la question et pas Mathilde Panot la présidente du groupe. Moi, j'ai certains groupes m'ont expliqué en me disant bah ouais mais en fait on trouvait que c'était mieux de mettre en avant la spécialiste du groupe et puis ça permettait aussi même si c'est pas la raison première de taper entre guillemets sur Gérald d'Armanin de viser vraiment Géral Darmanin.

Chez les socialistes eux aussi ils ont décidé que ce serait Céline Thiebo Martinez. Elle elle a porté la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles contre les mineurs et les femmes. On va en reparler après.

Et les socialistes voulaient initialement que ce soit elles vraiment qui prennent la parole. Mais ils auraient ils voulaient quand même obtenir une réponse du premier ministre sur cette proposition de loi. Donc en fait, il y a eu est-ce que ça peut arriver que le premier ministre réponde à un simple député ?

C'est pas l'usage mais ça arrive. Le premier ministre peut faire ce qu'il veut. S'il veut répondre, il répond.

Et là en fait le groupe socialiste s'est assuré en discutant avec Matinou en amont des questions gouvernement qu'ils auraient même si c'était une députée et pas le président de groupe qui posait la question qu'ils auraient bien une réponse sur cette idée de proposition de loi. Alors celui qui s'est retrouvé en première ligne pendant cette séance de question gouvernement mardi et puis même pendant celle de de mercredi hein c'est Gérald Darmanin le ministre de la justice sous pression. Il y en a certains qui réclament sa démission.

Est-ce qu'il va pouvoir tenir ? Et c'est la question que tout le monde se pose ici à l'assemblée. Vous avez posé la question aux députés.

On va commencer par les oppositions peut-être et là vous avez eu des sons de cloche un peu différents. Elsa Oui. Bah on a la France insoumise qui appelle clairement à cette démission.

Le PS ne le fait pas même si et les écolos non plus même s'ils sont offensifs sur les questions qu'ils peuvent poser. Et pourquoi ils ne le font pas ? parce que en fait, il considère que demander la démission d'un ministre dans un cas particulier comme celui-ci, ça donnerait le sentiment d'une forme de récupération politique qui a pas forcément lieu d'être.

Je pense que c'est pour ça. Je pense que au sein du groupe socialiste, apparemment, les débats ont été vivs pour savoir est-ce qu'il faut aller jusque là ou pas. Et je pense que certains se disent que ça met l'affaire sur un terrain un peu de règlement de compte politique qui est peut-être un peu délicat à accepter à assumer dans ces circonstances.

Visiblement, on a dû se poser à peu près la même question au sein du Rassemblement national parce que mardi Marine Le Pen dit ça sert à rien de parler de démission parce que ça sert à rien de Marine Le Pen, elle a beaucoup accès quand elle parle mardi matin, elle parle dans les couloirs de l'assemblée à la sortie d'une réunion et elle dit elle ne fustige pas Gérald d'Armanin ni le gouvernement enfin ni Sébastien Lecornu. Elle fustige un dysfonctionnement global, une dérive de la justice. Elle reste sur des propos assez globaux de dysfonctionnement.

Ça veut pas dire qu'elle met pas en cause le gouvernement mais elle ne demande pas la démission de Géraldmanin. Donc on s'est dit "Ah bah peut-être que aux questions gouvernement quelques heures plus tard, elle ira jusque-là. Elle ne va pas jusque-là.

Elle reste sur une question où elle mélange d'ailleurs un peu plusieurs affaires et et elle demande ce qui fait que beaucoup de gens sont interrogés hein de journalistes politiques. Pourquoi le RN est-il un peu en retrait sur cette affaire ? Et ben là, on a eu vraiment cette impression là aux question gouvernement.

Nous, on s'attendait à ce que Marine Le Pen soit beaucoup plus offensive. il y ait pas de demande de démission et cetera et finalement c'est c'est Jordan Bardella qui a demandé hier soir sur un plateau télé la démission jeudi, pardon nous donc hier soir c'était jeudi soir euh là lui il est allé jusqu'à demander la démission de Gérald d'Armanin par honneur et par dessence mais on voit aussi qu'au Rassemblement national ils ont été un peu tiraillés entre l'idée de voilà de de d'utiliser cette affaire et sur le fond mais de pas être accusé trop fortement de récupérer cette affaire. D'habitude, ça les dérange pas.

Là, on sent que c'est un moment de précampagne où ils mesurent bien ce qu'ils font et et ils essayent de de faire au mieux. Mais on voit aussi ce qu'on voit depuis plusieurs semaines au RN, c'est que Marine Le Pen et Jordane Bardella, c'est pas tout à fait la même ligne. Et alors dans le bloc le bloc central, pardon, est-ce qu'on est en soutien de Gérald Darmanin ?

Comment est-ce qu'on a perçu aussi ses premières réactions à chaud ? Alors, je Stéphanie disait euh elle elle a plutôt eu des des députés en soutien. Moi, j'ai plutôt eu des députés qui soutenaient pas tellement.

Donc, Stéphanie et c'est vrai que je pense que une majorité euh considère que c'est pas de la faute directement de Géraldan. Oui, il y en a plein qui disent "Bon, il fait ce qu'il peut, l'affaire, elle est énorme. On est tous un peu mis en cause parce que c'est des dysfonctionnements du système judiciaire depuis longtemps.

Euh il a fait quelque chose, Gérald Darmin, il a réuni à la chancellerie une centaine de députés du bloc central euh mardi mardi soir. Mardi soir, je crois. Oui, le mardi soir, c'est ça.

Je me perd un peu dans les jours parfois euh pour leur expliquer euh un peu euh ce qui se passait et leur permettre de poser des questions. En fait, ça a été assez rapide mais moi, il y a de plusieurs députés qui m'ont dit "Bah, ça se voit qu'il est touché humainement et et on comprend quoi. Il fait comme il peut et on sent chez les députés qui considèrent qu'ils ont aussi une responsabilité.

En fait, moi il y en a un qui me disait "Bah, en fait, on a beaucoup parlé du fichier CIOP, vous savez, qui permet au magistrats de communiquer entre eux et cetera." Il me dit, "On l'avait voté, enfin, on en avait un peu décidé à l'Assemblée, on nous a expliqué que c'était l'alpha et l'oméga pour que les plaintes soient fluides, pour que tout ça circule, que l'information circule bien au sein de la justice." Et il me dit "Bah là, on se rend compte qu'en fait ça marche pas." Euh donc tous sont les députés eux-mêmes peuvent aussi se remettre en question sur ce qui vote et qui ne s'appliquent pas forcément, voilà. et ou alors qu' n'arrivent pas à se mettre en place derrière et et là moi le député m'a dit bah en fait bah je me suis rendu compte que ça marchait pas.

Et alors Elsa, toi tu as eu un autre son de cloche ? Oui, j'ai des son de cloche un peu différent comme disait Stéphanie, c'est vrai que les députés voient qu'il est voilà affecté, qu'il était très fatigué. Gérald Darmanin, il a plus de voix enfin ça peut paraître un détail mais c'est pas pareil de voir voilà un homme car on le voit même, il est allé sur C News juste après cette fameuse réunion.

En fait, il a plus de voix, il est fatigué physiquement et ça les députés le voi, le reconnaissent et s'imaginent à quel point voilà, c'est aussi difficile à gérer. Mais en revanche, moi, on m'a dit que ça avait été l'incompréhension de voir qu'il avait donné le sentiment en tout cas de jeter en pâure les magistrats très vite, notamment la procureur d'Oche. Exactement.

Moi, j'ai des députés qui n'ont absolument pas compris qu'on puisse à ce point-là lui mettre quasiment une cible dans le dos. Faut savoir qu' ensuite, elle a eu des menaces de mort, elle est sous protection et cetera. Il y a des députés qui m'ont dit Gérald Armanin ministre de l'intérieur, il a été ministre de l'intérieur, il aurait défendu son institution, les policiers et les gendarmes.

Là en fait il il est censé être enfin il est ministre de la justice et là il jette en peinture les magistrats. Donc ça ça avait pas pas été du tout aussi accepté. Et puis voilà, globalement, même si effectivement sans tomber dans le jeu des oppositions de se poser la question de la démission et cetera, oui, cette question elle c'est normal que les oppositions la demandent quand on a eu un tel dysfonctionnement et beaucoup de députés ont été gênés de voir que Gérald Arrmanin balayait à la fois la question des moyens, renvoyait directement sur la responsabilité des juges et certains députés n'étaient absolument pas d'accord avec lui. en quelques mots, une petite question quand même parce que il a pas passé une bonne semaine hein à l'assemblée générale d'Armanin.

Euh il a dû retirer euh le dispositif du PLD coupable de son de son projet de loi. Est-ce que c'est lié indirectement à cette affaire Liana ou est-ce qu'il en paye le prix euh politiquement à travers ça ou alors c'est difficile de savoir parce queil y avait déjà une énorme levée de bouclier contre ce PLD coupable. Déjà on avait dit que ça ne s'appliquera pas aux affaires sexuelles notamment.

Donc il y avait eu déjà eu plusieurs reculs. Ensuite, oui, peut-être que là Gérald Arrmanin, effectivement, il n'était pas en position de force pour faire adopter son texte. Et d'ailleurs, un député me disait "Je ne comprends pas pourquoi on met des textes si clivants à l'ordre du jour de l'Assemblée alors qu'on ne sait qu'on a pas de majorité pour les faire voter." Un mot d'Emmanuel Macron, il a estimé que bah cette affaire Liana pour lui c'était pas dû à un problème de moyen de la justice mais de responsabilité.

Est-ce que les macronistes font bloc derrière le chef de l'État ? Est-ce qu'ils assument la ligne de défense d'Emmanuel Macron ? Non, moi là encore, il y a des députés qui ont été choqués parce que la première réaction d'Emmanuel Macron est ne venez pas me parler de moyens.

Donc déjà certains ont déploré une forme de manque d'empathie et et ça laissait beaucoup disent enfin, il a donné l'impression immédiatement d'être sur la défensive alors qu'il fallait être un peu quand même dans l'empathie à ce moment-là. Exactement. Alors tous les macronismes mardi avaient bien en tête que le budget de la justice avait augmenté de entre 40 et 50 %.

Vous avez tous bien révisé leurs chiffres he sur les plateaux. Tout le monde avait bien le même ex et beaucoup plus que sous François Hollande histoire de mettre un petit accle au socialiste pour rappeler. Mais c'est pas parce qu'on a très largement augmenté un budget qu'on se retrouve avec une justice moderne et cetera.

Tout le monde nous dit on partait de tellement loin que ça ne suffit pas. Et donc là il y a vraiment un désaccord par rapport à Emmanuel Macron des députés qui posent clairement la question des moyens la président le président de l'assemblée. Il y a une ce vendredi à la radio.

Exactement. Ouais. Elle redit à la radio, je suis en total désaccord avec Gérald Darmin sur la question des moyens.

Mais pas en cause Emmanuel Macron. Non, sauf qu'en fait c'est ils sont sur la même ligne. Gérald d'arrin dit c'est pas une question de moyen.

Le président de la République dit c'est pas une question de moyen. Donc elle vise le ministre de la justice mais en creux sur le fond. Elle conteste aussi l'analyse d'Emmanuel Macron.

Elle dit "On a mis des moyens mais ça ne suffit pas et il faut aller plus loin." Et plus globalement sur cette question parce qu'on associe alors peut-être à tort mais souvent et là dans les textes de loin, on voit que ça se mélange les violences contre les enfants et les violences contre les femmes. Moi il y a un député qui me disait clairement en fait Emmanuel Macron c'est pas un féministe.

Même s'il en a fait une de ses causes et cetera, il a pas en tête les ressorts, les choses qui il comprend pas le changement qui a lieu dans la société. On nous rappelait ces déclarations sur Gérald de Part Dieu, par exemple. Il y a un député qui déplorait le fait que le président de la République semble souvent passer à côté de ce phénomène de société.

Les députés ont l'habitude de prendre le pou de l'opinion en fin de semaine quand ils se rendent dans leur circonscription sur le terrain à la rencontre de leurs électeurs. Qu'est-ce qu'ils vous disent de leurs échanges avec les Français Stéphanie ? Alors, ils ont évidemment constaté la colère qui leurait remonté très fortement.

Moi, j'en ai un qui m'a dit il faut qu'on arrive à répondre à cette colère. Mais en même temps, c'est normal qu'elle s'exprime. Et c'est là en creux qui me disait que voilà, la manière de s'exprimer du président de la République était peut-être pas euh approprié parce qu'il fallait prendre conscience que cette colère avait besoin de s'exprimer.

Plusieurs nous ont dit aussi que dans les gens qui s'étaient rassemblés devant les tribunaux dans leur circonscription, il n'y avait pas que des militants de longue date des droits des enfants, de la protection des enfants ou des militants féministes que ça touchait un un public plus large et qu'ils avaient vu des gens qu'il ne voi pas en général dans les manifes euh se mobiliser ce soir-là. Il y a aussi plusieurs députés qui sont interpellés par des familles qui signalent des dysfonctionnements similaires que dans l'affaire Liana. Et effectivement, il y a des députés qui disaient "Bah, quand on apprend ça, c'est difficile de se dire qu'il y a pas vraiment un problème de moyens aussi quand on dit qu'il y a 70000 plaintes en souffrance." Il y a beaucoup de députés, il y a d'ailleurs la députée de droite républicaine, Josienne Cornelou qui a interpellé le gouvernement en disant "J'ai été saisi par une famille lors des questions gouvernement, donc publiquement." Exactement sur ce cas-là.

Donc ça c'est ce qui est remonté. Il y a un autre député aussi qui était présent à la marche blanche pour Liana dans le GERS qui disait qu' aussi ça l'avait surpris mais qu'il avait entendu énormément de référence à la peine de mort des gens qui disaient qu'il fallait rétablir la peine de mort pour les agresseurs d'enfants et ça fait écho notamment à une émission de télé auquelle à laquelle a participé le garde des saut Gérald Arrmanin sur BFM TV où effectivement il y a plusieurs pères concernés ou alors parce qu'ils sont pères de famille qui disaient "Moi, je me ferai justice moi-même dans ces cas-là. Et donc effectivement, moi ce député m'a dit, c'est ça moi qui m'inquiète, c'est de voir qu'il y a dans la société, il y a de plus en plus de gens euh bah la peine de mort, elle a été abolie en France.

Enfin, on pensait peut-être que c'était un débat du passé, bah que cette affaire, elle a fait ressurgir ce débat chez certains français et certains députés pensent que ce débat pourrait ressurgir à l'assemblée ou pas pour l'instant, mais par exemple quand Gérald Armanin a une réponse un peu ambigue en disant que se rendre justice soi-même, c'est pas du tout ce qu'il voulait faire mais qu'en même temps il comprenait, bah moi il y a un député qui était outré en me disant "Mais comment son premier réflexe ? Ça n'a pas été de rappeler que dans notre démocratie, on se fait pas justice soi-même ?" Et on voit bien, je pense que c'est aussi le problème avec les hommes ou les femmes politiques quand il y a un événement qui bouscule à ce point l'opinion, c'est qu'il y a une volonté d'apparaître aussi comme un père ou une mère de famille qui a voilà les mêmes sentiments que les Français et en même temps, on attend parfois des responsables politiques d'avoir une hauteur et un recul et de pas juste voilà être d'accord dans les motions collective.

Allez, on va revenir à notre séance de question au gouvernement de de mardi à l'assemblée avec une prise de parole d'une députée qui a été très remarquée. J'ai enfin en fait, j'ai honte. On se renvoie la balle comme des gamins dans une cour d'école.

On cherche des responsabilités [applaudissements] individuelles et en fait j'imaginais mais avec beaucoup de naïveté sans doute qu'on allait être constructif enfin parce que je crois que c'est ce que les gens attendent de nous sur un sujet comme celui-ci qu'on se tienne la main. En fait, j'ai honte et je voudrais m'excuser parce qu'on a donné une image mais déplorable. Alors, c'était la députée renaissance Lor Miller qui a une vraie légitimité à s'exprimer sur ce sujet des violences sexuelles faites au mineurs parce qu' elle a beaucoup travaillé euh là-dessus et alors sa prise de parole a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux.

Mais les députés, ils en ont pensé quoi de ce coup de gueule de leur Miller ? Stéphanie ? Alors, on l'entend un peu là dans le son.

Il y a des députés qui lui ont crié bravo pendant le pendant qu'elle pose sa question. Euh à l'issue, moi plusieurs députés m'ont dit "Mais oui, elle a raison." Après, quand on va évidemment demander aux députés de l'opposition, ils disent "Bah non, enfin c'est un peu facile.

Euh tout est politique, elle est elle est pas citoyenne, elle est députée et de toute façon, tout est politique. Là, on est quand même fondé à demander des comptes. C'est un peu facile de balayer d'un revers de main et de se comment dire, de se défaire de sa position de député pour reprendre cette position de citoyenne en avec l'argument que bah c'est tellement grave qu'il faudrait pas poser de questions et qu'il faudrait pas demander des comptes au gouvernement. euh et au responsable politique sur la manière dont fonctionne le système.

Et c'est vrai que leur Millard, elle est vraiment, je pense, émue quand elle pose sa question. En fait, il y a il y a deux interprétations possibles parce que on est en podcast donc là, on le voit pas à l'image, mais en fait, on entend bien qu'elle dit "O, on on se renvoie la balle". Donc, elle met un peu tout le monde en accusation.

Mais c'est vrai qu'en fait, dans l'hémicycle, elle est tournée vers les oppositions, donc elle donne le sentiment de leur faire la leçon à elle. Donc il y a deux niveaux de lecture. Mais moi, il y a un député de son camp qui me disait voilà, sa sortie, elle était peut-être émue mais elle était très politique aussi.

Euh moi, je considère que les oppositions, elles sont restées dans leur rôle. C'est pas indigne au lendemain d'un drame qui interroge la France de se poser la question même de la démission de Gérald Armanin. Évidemment, ce député, il est pas du tout favorable à la démission de Gérald Armanin, mais dans n'importe quel pays, il y a des appels à la démission du ministre concerné quand il peut y avoir de telles affaires.

Après quand elle dit on se renvoie la balle, oui en fait tout le monde s'est un peu renvoyé la balle parce que Gérald Armanin il dit c'est pas le problème d'un fonctionnement de la justice, c'est pas le problème de nos lois, c'est pas le problème du gouvernement, c'est des erreurs individuelles et puis d'autres qui disent c'est pas des erreurs individuelles, c'est tout un système. Donc sur le constat, elle pouvait être assez juste. Moi, j'ai une député de gauche en souriant qui me disait "Bah, c'était très macronien en même temps et on voit que ça marche pas." La question qui se pose maintenant, bah c'est que faire ?

Est-ce qu'il faut une nouvelle loi pour éviter de connaître une autre affaire Liana ? Et alors forcément à l'assemblé la question maintenant si on fait une nouvelle loi, c'est quelle loi ? Pour faire quoi ?

Et il y a une députée qui a un avis là-dessus. Je demande au gouvernement, au président de la République d'inscrire ce texte de loi, cette proposition de loi intégrale cosignée par plus de 100 députés à l'ordre du jour de la session extraordinaire. Le temps où nos rapports servent à caler des étagères est terminé.

Alors, vous l'avez peut-être reconnu, c'est pas n'importe quel député hein, c'est Yel Brun Pivet, la présidente de l'Assemblée au sujet donc de cette loi intégrale contre les violences sexiste et sexuelle, elle s'est un peu invité dans une conférence de presse lundi qui était organisée par les membres de ce groupe transpartisans qui ont porté ce texte au mois de décembre dernier et alors on sent qu'elle est assez agacée hein. Ça vous a surprise ou pas de l'avir s'inviter comme ça dans cette conférence de presse ? Pas du tout.

C'est le genre de sujet auquel elle tient et auquel elle s'invite. Elle explique beaucoup que il ne faut pas faire de politique sur ces sujets-là. À la sortie des question gouvernement mardi, elle vient devant les journalistes et elle dit euh faut pas que ce soit un sujet partisan, c'est trop grave, c'est trop grave.

Sauf qu'en fait, elle elle fait la politique. Cette conférence de presse, elle était à l'invitation du groupe socialiste, notamment euh Céline Thiebo Martinez dont on a déjà parlé qui était à l'origine d'une proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants qui a été signé par plus de 100 députés de gauche du bloc central. sauf du donc pas du et pas de l'UDR mais donc qui avait réuni beaucoup de monde et on a reçu l'invitation à 15h et à 20h on a reçu un mail de la présidence de l'Assemblée en disant ah mais il y aura aussi il y a Elb Bron Pivet donc c'est une manière pour elle de porter un combat qu'elle porte depuis longtemps mais c'est aussi une manière de faire de la politique c'est une manière de dire à l'Assemblée nous ce sujet on s'en est déjà saisi.

Il y a eu des conférences des des des propositions d'enquête, des propositions de loi et cetera. Donc c'est une façon de en fait de jouer le combat gouvernement assemblée en disant nous l'assemblée tout est prêt si le gouvernement veut s'en saisir. On a déjà fait le travail hein.

Et donc bah c'est ma question suivante hein sur cette loi intégrale. Alors je rappelle peut-être qu'en fait c'est c'est un c'est un texte qui répond à plusieurs demandes des associations de victimes de violence sexuelle. Est-ce qu'on sait si elle va être inscrite à l'ordre du jour ?

On ne sait pas. On sait que le premier ministre reçoit ceux qui portent ce texte lundi à 16h. Pour l'instant, on sait et c'est pour ça que ça c'est un peu confus.

Il y a un autre texte de loi qui arrive avant qui est sur la protection de l'enfance. Donc on sait que là-dedans, il va y avoir des mesures supplémentaires que le gouvernement va introduire. Le premier ministre s'est pas dit fermer à cette proposition-là, mais pour l'instant elle est pas inscrite.

Elle est très transversale puisque comme tu l'as dit, c'est une proposition loi intégrale, c'est-à-dire qu'elle agit sur les champs police, justice, éducation, santé, travail. Sur la prévention aussi beaucoup. Exactement.

Donc il y a 80 articles, ce qui est énorme pour une proposition de loi. Euh il y a euh effectivement un certain consensus, même si l'extrême droite et la France insoumise ne sont pas cosignataires. Et puis il y a des mesures voilà c'est ça ça demande pas 3 jours de débat quoi.

Oui, il y a beaucoup de mesures qui sont pas forcément des mesures législatives mais qui sont des mesures de fonctionnement donc dont on peut qu'on pourrait appliquer sans passer par la fameuse loi. Moi, j'ai un député qui me dit "Mais 79 articles, vous croyez que ce machin ça abouti avant la fin du quinquena vuire vu l'embouteillage parlementaire et vu les divisions au sein du parlement ?" Il me dit de toute façon, il y a pas la place.

Donc autant faire utile mais pas forcément symbolique avec cette énorme proposition de loi. Et donc faire utile, ce serait donc ces mesures annoncées par le gouvernement et qui serait intégré à un texte qui arriverait quand exactement ? Alors le texte sur la protection de l'enfance, c'est censé être le 15 juillet à partir du 15 juillet dans l'hémicycle.

Donc effectivement, le gouvernement veut ajouter au texte initial le fait que chaque chaque enquête sur des crimes sexuels contre les enfants, il doit y avoir des actes d'enquête avant 3 mois, veut ouvrir le débat sur l'imprescriptibilité, mais le gouvernement veut ouvrir le débat. Je suis pas sûr que cette question, elle puisse être prescriptibilité des crimes sexuels commis des enfants. C'est un débat qui a eu lieu plusieurs fois ici à l'Assemblée, mais il y a jamais eu de majorité sur cette questionlà.

Non. Et d'ailleurs, cette proposition n'est pas reprise dans le texte intégral transosition de loi ni dans le projet de loi pour l'instant. Puisque il n'y avait pas de consensus au sein au au sein de ceux qui défendent cette proposition de loi intégrale.

La présidente de l'Assemblée a d'ailleurs dit qu'elle elle était contre. En fait, il y a eu un débat en à l'automne 2025 sur cette imprescriptibilité et la gauche n'avait pas voté pour le RN plus l'UDR non plus. Et c'est ce qu'a souligné une députée de droite républicaine aux questions gouvernement mardi en disant bah en même temps faut un peu balayer devant votre porte parce quand on quand on vous a posé la question de ce sujetl vous n'avez pas voulu le voter.

Et bien merci beaucoup à toutes les deux pour ce nouveau numéro de Bourbon Hebdo et merci à nos à nos auditeurs qui nous suivent fidèlement chaque semaine. Bon weekend et à la semaine prochaine. La séance est levée.