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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 août 2017 11 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Stéphane Le Foll : "Qu'est-ce que c'est que cette manière de communiquer dans un début de quinquennat ?"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Après l'attentat d'hier à Levallois-Péret, faut-il revoir l'opération Sentinelle ? Un militaire est-il formé pour jouer les vigiles ?

  • 2:47OuverteRéponse directe

    Cette affaire des œufs contaminés, le système d'alerte sanitaire européen, est-ce qu'ils ont bien fonctionné ?

  • 4:10RelanceRéponse directe

    Mais il faut communiquer. On voit que l'Europe, ça ne fonctionne pas. Les informations ne circulent pas.

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Stéphane Le Folle, les 100 premiers jours du pouvoir d'Emmanuel Macron, hier encore, ici, à votre place, Christophe Castaner disait en substance ceci : « Oui, on a dû faire en urgence des coupes budgétaires sévères parce que le gouvernement précédant le vôtre nous a laissé des déficits que nous n'imaginions pas. »

  • 5:02OuverteRéponse directe

    Et vous, lorsqu'on évoque votre politique, on rappelle que vous, quand vous êtes arrivé au pouvoir, vous avez, face au déficit, augmenté les impôts.

  • 7:03OuverteRéponse directe

    Le gouvernement veut réduire le nombre de parlementaires d'un tiers. Vous y êtes opposé. Pourquoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiqueFait
    « Après d'abord cet attentat, il faut d'abord le condamner, saluer surtout le travail des militaires et souhaiter un prompt rétablissement à ceux qui ont été blessés à l'occasion de cet attentat. »
  • 0:49Invité politiqueFait
    « Je rappelle d'ailleurs qu'il y a des policiers qui ont été aussi des cibles. »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « Eh bien, semble-t-il, d'après ce que je regarde, non, pas bien. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « Ça me semble assez clair. »
  • 5:20Invité politiqueFait
    « Christophe Castaner a été membre de la majorité. »
  • 6:12Invité politiqueChiffre
    « Quand nous sommes arrivés, ce n'est pas 4 milliards qui manquaient, c'est plus de 20 milliards d'euros qui manquaient. »
  • 7:20Invité politiqueFait
    « On a augmenté les impôts, oui. »
  • 7:46Invité politiqueChiffre
    « Ça concernera, allez, 150 000 ou 200 000 personnes pour prêter 3 milliards d'euros ou 2 milliards et demi de dépenses fiscales. »
  • 8:36Invité politiqueChiffre
    « à 45%, je vous le rappelle »
  • 9:27Invité politiqueFait
    « En même temps que la population française augmente, on baissera le nombre de députés. »

Temps de parole

  • Stéphane Le Foll83 %
  • Présentateur17 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Inter.fr. France Inter. Pierre Veil. Le 6-9 de l'été. Stéphane Le Folle, bonjour. Bonjour. Vous êtes député socialiste de la Sarthe, ancien ministre de l'Agriculture de François Hollande, ancien porte-parole du gouvernement de Manuel Valls. Après l'attentat d'hier à Levallois-Péret, faut-il revoir l'opération Sentinelle ? Un militaire est-il formé pour jouer les vigiles ?

0:30
Stéphane Le Foll

Après d'abord cet attentat, il faut d'abord le condamner, saluer surtout le travail des militaires et souhaiter un prompt rétablissement à ceux qui ont été blessés à l'occasion de cet attentat. J'ai vu et j'ai entendu tout le débat qui s'est engagé tout de suite après. Faut-il maintenir l'opération Sentinelle ? Les militaires sont-ils des cibles ? Je rappelle d'ailleurs qu'il y a des policiers qui ont été aussi des cibles. Par définition, les terroristes s'attaquent à ceux qui sont là pour protéger, puisque eux veulent détruire et terroriser.

Donc moi ce que je souhaite dans ce débat, c'est plutôt que d'avoir ce matin encore, hier soir, tout un tas d'experts qui expliquent ce qu'il faudrait ou pas faire, c'est d'avoir une stratégie qui soit d'abord de la cohérence avec ce qui a été fait, et un peu de sérénité par rapport aux enjeux. Les militaires sont là pour protéger et dissuader. Et on le sait, les français ont vu et voient dans ces militaires une protection. Dire du jour au lendemain qu'on les ferait disparaître, ce n'est pas la solution.

De la cohérence, c'est de rester avec ce qui a été engagé déjà, de poursuivre sur cette ligne, pour déjouer les attentats, pour dissuader ceux qui veulent faire des attentats de pouvoir en faire, et en même temps de prendre des décisions d'adaptation. Il y avait déjà été décidé de ne pas garder les militaires comme en garde statique, mais de les faire plutôt bouger pour pouvoir assurer leur présence en évitant justement d'être des cibles trop faciles. Mais cette présence est utile. Et puis deuxièmement, les forces armées, comme les forces de police et de sécurité, sont là pour protéger les citoyens, et les citoyens y sont très attachés.

Voilà ce que je veux dire ce matin, de la cohérence et de la sérénité. Et qu'on évite à chaque fois qu'il y a un problème, d'avoir ces débats, où tout le monde s'exprime pour dire ce qu'il faudrait ou pas faire. D'abord, rester cohérent. Et éviter de donner des à-coups dans tous les sens. J'ai écouté tout de suite la géopolitique la présenter avec la Merkel. Quatre mandats de la cohérence. Voilà. C'est peut-être de ça dont on a besoin. D'abord.

2:44
Présentateur

Stéphane Lefol, question à l'ancien ministre de l'Agriculture. Cette affaire des œufs contaminés, le système d'alerte sanitaire européen, est-ce que les systèmes d'alerte sanitaire européens, est-ce qu'ils ont bien fonctionné ?

2:57
Stéphane Le Foll

Eh bien, semble-t-il, d'après ce que je regarde, non, pas bien. Enfin, si ceux qui sont les premiers concernés et qui doivent donner l'alerte ne la donnent pas, tout le système prend du retard. Et donc là, il y a un vrai sujet. J'ai vu que le ministre de l'Agriculture allait évoquer ça au prochain Conseil des ministres. Et c'est très important de l'évoquer. Tout repose sur la fluidité et la transparence de l'information. Dès qu'il y a un problème, il faut le signaler. Ensuite, le réseau se met en place. Au niveau des services vétérinaires de tous les pays, il y a un réseau qui fonctionne. Faut-il que l'information de départ soit bien donnée ? Et là, il semble qu'il y ait eu des manquements.

J'ai entendu ce qu'a dit le ministre belge hier devant le Parlement européen. Ça me semble assez clair. Donc là, il y a un manquement à une règle de solidarité par rapport à des enjeux sanitaires qu'il va falloir absolument corriger. Et puis, deuxième point, mais je ne vais pas ni donner de conseils, mais c'est qu'il faut communiquer, communiquer avec transparence et en rappelant les enjeux. Il y a un risque, mais il n'est pas non plus, selon les produits transformés et par rapport à la toxicologie de ce produit, un risque qui remettrait en cause, qui serait très grave.

4:10
Présentateur

Mais il faut communiquer. On voit que l'Europe, ça ne fonctionne pas. Les informations ne circulent pas. La coordination ne marche pas, même sur des problèmes sanitaires.

4:20
Stéphane Le Foll

Vous voyez quand vous transformez ? Est-ce que c'est l'Europe qui est en cause ? Non, c'est le pays qui n'a pas donné l'information aux réseaux européens. Oui, mais vous voyez bien que sur ce sujet-là, dire ce que vous avez dit, ça renvoie à la responsabilité à l'Europe, alors que la responsabilité est d'abord, d'après ce que je vois, on va voir au fur et à mesure, mais d'après ce que je vois et ce que j'entends, et je l'ai déjà eu au moment de la crise des lasagnes, il y a des réseaux qui fonctionnent, il y a certains pays qui sont très organisés au niveau commercial et qui sont les derniers à donner des informations. Donc ce n'est pas l'Europe.

Et là, il faut qu'au contraire, de manière collective, au niveau européen, on sanctionne ceux qui n'ont pas donné l'information rapidement.

4:58
Présentateur

Stéphane Le Folle, les 100 premiers jours du pouvoir d'Emmanuel Macron, hier encore, ici, à votre place, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, disait en substance ceci, « Oui, on a dû faire en urgence des coupes budgétaires sévères parce que le gouvernement précédant le vôtre nous a laissé des déficits que nous n'imaginions pas. »

5:17
Stéphane Le Foll

Christophe Castaner a été membre de la majorité. J'ai même été le soutenir, je m'en souviens, pendant les élections régionales en 2015. Que son discours soit, pour expliquer le côté un peu chaotique du début du quinquennat d'Emmanuel Macron, de renvoyer sur sa responsabilité aussi, les raisons qui font qu'aujourd'hui, on connaît, j'en mesure à la fois la difficulté, rien n'est simple, mais en même temps, on ne peut pas renvoyer aux autres une responsabilité qui est d'abord, maintenant, la leur et la sienne.

Et donc, le côté de la petite musique sur « Il y a 8 milliards de déficits », puis après, en fait, on s'aperçoit qu'il n'y en a que 4 milliards, et puis c'est de la faute des autres, ça ne répond pas à une question. Depuis, allez, 15 jours, 3 semaines, on a une annonce de réduction, pratiquement par semaine, sans aucune, là aussi, cohérence. Quand nous sommes arrivés, ce n'est pas 4 milliards qui manquaient, c'est plus de 20 milliards d'euros qui manquaient. On a fait un collectif budgétaire, c'est-à-dire, il y a eu un débat. On a mis clairement sur la table ce qu'on allait faire pour la fin de l'année.

Là, c'est toutes les semaines, tous les jours, alors, baisse des APL, ensuite, baisse du budget de la Défense, ensuite, on a des coupes ici, des coupes là. qu'est-ce que c'est que cette manière de communiquer dans un début de quinquennat ? Je pense que là, il y a un problème. Et on ne peut pas renvoyer la responsabilité comme ça a été fait par Christophe Castaner. Je dis d'autant plus qu'il a été dans la majorité précédente. Et ça, c'est quelque chose qui, quelque part, me heurte. Ceux qui tournent la page comme ça et oublient ce qu'ils ont été. Enfin bon, c'est comme ça. Mais là, il y a à y voir clair. Et c'est d'abord de la responsabilité du gouvernement.

Et en particulier, si je puis dire, du porte-parole.

7:03
Présentateur

Et vous, lorsqu'on évoque votre politique, on rappelle que vous, quand vous êtes arrivé au pouvoir, vous avez, face au déficit, augmenté les impôts. Et l'équipe d'Emmanuel Macron dit eh bien nous, on réduit les déficits

7:16
Stéphane Le Foll

et on va baisser les impôts. Oui, j'ai bien vu. On a augmenté les impôts, oui. Parce que je vous l'ai rappelé, on avait plus de 20 à 25 milliards à trouver. Ce n'est pas la même chose. Et deuxièmement, j'ai bien entendu qu'ils allaient baisser les impôts. D'ailleurs, dans la poursuite de ce qu'on avait nous-mêmes engagé, il y a plus de 7 milliards de baisses d'impôts qui étaient déjà inscrits au budget de 2017. Donc c'est la poursuite. Plus des nouvelles baisses d'impôts. J'ai bien noté. D'ailleurs, il semblerait que Christophe Castaner, hier, sur votre antenne, a assumé le fait qu'il fallait baisser l'ISF, l'impôt sur la grande fortune.

Ça concernera, allez, 150 000 ou 200 000 personnes pour prêter 3 milliards d'euros ou 2 milliards et demi de dépenses fiscales. Est-ce bien utile dans la période que nous traversons ? Surtout que dans le même temps, on mettra en place, pour baisser là, des cotisations sociales sur les salariés, une augmentation de la CSG. Attention, là aussi, il y a un message politique qui va être passé. Il faut que les gens le comprennent. Qu'il y ait des efforts à faire, c'est certain, mais que les efforts soient répartis justement, c'est l'enjeu. Et c'est ce que nous avons fait et essayé de faire. Ce n'est pas ce qui est en train d'être préparé.

Mais vous avez été sévèrement battu lors de la présidentielle. Mais aucune discussion. Ça ne remet pas en cause le fait que ce que nous faisions, à la fois sur l'augmentation des impôts, ça a été de créer une nouvelle tranche, à 45%, je vous le rappelle, et ça a été d'essayer de remettre de la justice. Et en même temps, ensuite, quand l'effort a été fait, de baisser les impôts. On a bien compris que là, c'était une autre stratégie.

8:47
Présentateur

Le gouvernement veut réduire le nombre de parlementaires d'un tiers. Vous y êtes opposé. Vous l'écrivez dans une tribune sur le Huffington Post. Vous estimez que cela menace le pouvoir législatif. Pourquoi ?

8:59
Stéphane Le Foll

Je trouve complètement paradoxal de dire que pour assurer la diversité de la représentation politique à l'Assemblée nationale, on va commencer par baisser d'un tiers le nombre de députés. En termes de biodiversité, baisser et réduire la base sur laquelle on s'appuie pour faire de la biodiversité, ça me paraît un peu contradictoire. Et c'est d'autant plus contradictoire que derrière, on dit, en baissant le nombre de députés, on va faire plaisir à l'opinion. Pas de discussion là-dessus. En même temps que la population française augmente, on baissera le nombre de députés. Très bien. Mais ce qui risque d'arriver, c'est qu'on va avoir des grandes circonscriptions.

Et donc des députés qui vont être en dehors de ce qu'est leur relation de proximité avec les concitoyens. Qu'est-ce qu'on reproche à la politique et aux hommes politiques ? On n'arrête pas de dire qu'ils sont déconnectés des réalités. Moi, je vis au Mans. Je vis dans un quartier populaire. J'essaye d'être au contact de la réalité. Je n'ai jamais bougé de la circonscription dans laquelle je suis élu. C'est un enjeu. Si on coupe ça, il ne faudra pas venir me dire qu'on va être dans le retour de la confiance. C'est ça que je veux dire. Et j'alerte. Ce sujet est un sujet majeur.

Et deuxièmement, quand on dit qu'il y aura moins de députés comme ça, ils vont pouvoir contrôler, mais quand des députés sont élus après une présidentielle, majorité présidentielle, on le voit aujourd'hui, qu'en plus, vous avez le droit de dissolution de l'Assemblée nationale pour le président de la République, plus le 49.3, le droit de contrôle, c'est une, j'allais dire, une plaisanterie ou du pipeau. Donc, moi, je ne suis pas d'accord avec ce qui est en train de se préparer et de manière très claire. Je suis pour une démocratie représentative, assumée et renforcée. et des pouvoirs dans le Parlement.

10:41
Présentateur

Stéphane Le Fond, on vous retrouve dans quelques minutes pour Interactive.