Jérôme Chartier : "Plus de 50% des Français n'ont pas déterminé leur vote pour la présidentielle"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Bonjour Jérôme Chartier, merci d'être venu malgré la guerre civile ou la quasi-guerre civile, celle qu'a dénoncée François Fillon dans son communiqué de dimanche soir, vous maintenez ?
- 0:13RelanceRéponse partielle
C'est lié à la guerre civile ?
- 1:55RelanceRéponse partielle
Vous ne pouvez pas vouloir faire interdire des manifestations hostiles ou d'opposants ?
- 2:32OuverteRéponse directe
Et donc, c'est ce climat hostile qui empêche la campagne de François Fillon de reprendre un cours normal ?
- 2:56RelanceRéponse partielle
Les déplacements pour François Fillon sont difficiles, mais ce n'est pas le climat hostile qui empêche François Fillon d'accorder des interviews.
- 3:43OuverteRéponse directe
Ah oui, puisque vous parlez de cette visite à Maud, qu'est-ce que ça vous a fait, vous, Jérôme Chartier, conseiller fidèle de François Fillon ? En quel était l'intérêt de s'afficher une journée entière aux côtés de celui, Jean-François Copé, dont vous êtes convaincu qu'il est un tricheur, qu'il vous a volé la victoire pour la présidence de l'UMP ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:59Invité politiqueFait
« j'ai assisté à un concert de casserole très bien organisé par l'extrême gauche »
- 1:12Invité politiqueFait
« vous avez vu des bus qui ont été attaqués, qui étaient des muses de militants qui ont été attaqués. »
- 1:28Invité politiqueFait
« C'est la raison pour laquelle François Fillon a publié ce communiqué, parce qu'il fait part de son inquiétude à deux mois du premier tour de l'élection présidentielle »
- 4:54Invité politiqueChiffre
« plus de 50% des Français n'ont pas déterminé leur vote pour l'élection présidentielle. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Les placements, l'épargne des Français, vous savez que l'épargne des Français, c'est la deuxième épargne en Europe après l'Allemagne. »
- 8:16Invité politiqueFait
« nous attaquons Mme Le Pen non pas sur son côté populiste qu'elle a, non pas sur sa vision délétère du pays qu'elle a, mais sur des faits qui sont contenus dans son programme »
- 8:55Invité politiqueFait
« il ne prend pas en compte l'allongement de la durée de la vie. Donc comment est-ce qu'il fait pour équilibrer son régime de retraite ? Eh bien, il ne peut pas. »
Temps de parole
- Jérôme Chartier73 %
- Présentateur23 %
- ?4 %
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Il est 8h22,
le 7h9,
Patrick
Cohen
sur
France Inter. Bonjour Jérôme Chartier, merci d'être venu jusqu'à France Inter malgré la guerre civile ou la quasi-guerre civile, celle qu'a dénoncée François Fillon dans son communiqué de dimanche soir, vous maintenez ?
Écoutez, je maintiens d'autant plus que si j'en juge le communiqué de presse qui vient d'être publié, François Fillon reporte sa visite au salon de
l
'agriculture, j'espère...
C'est lié à la guerre civile
? J
'espère que ce n'est pas pour une raison de sécurité, oui,
j
'espère que ce n'est pas pour une raison de sécurité.
Mais vous ne le savez pas ? Je ne
sais pas, bien sûr je ne sais pas, donc je ne
vais
pas me livrer à des spéculations. Mais
j
'espère que
ce n'est pas pour cette raison. On annonce à l'instant, c'est un
communiqué de l'équipe de campagne, que la visite de François Fillon prévue ce matin au salon d'agriculture est reportée sans plus de détails
et sans plus d
'explications sur la...
Mais c'est vrai Patrick Cohen que je suis allé à une réunion de François Fillon à Maison Alfort vendredi, c'est vrai que j'ai assisté à un concert de casserole très bien organisé par l'extrême gauche, mais je dirais comme à l'habitude, et on n'est pas dupes de ces manœuvres dilatoires de campagne électorale, la seule chose c'est que jusqu'à présent les forces de l'ordre savaient les tenir à l'écart, et là comme par hasard elles étaient à moins de 50 mètres de l'entrée principale.
La guerre civile ce sont les
concerts de casserole ?
Pas seulement vous l'avez vu ce week-end à les exactions en Nantes, vous avez vu des bus qui ont été attaqués, qui étaient des muses de militants qui ont été attaqués.
Ça c'était pour le Front National ?
Ce sont des images qui font peur aux Français, qui inquiètent, et qui montrent une situation quasi insurrectionnelle. C'est la raison pour laquelle François Fillon a publié ce communiqué, parce qu'il fait part de son inquiétude à deux mois du premier tour de l'élection présidentielle, où les forces de l'ordre doivent être mobilisées par le gouvernement. C'est le rôle du Premier ministre de veiller à ce qu'une campagne électorale se déroule dans des conditions parfaites de démocratie et de respect de cette démocratie.
Vous ne pouvez pas vouloir faire interdire des manifestations hostiles
ou d
'opposants ? Monsieur Cohen, il n'est pas moins mon principe de faire interdire quelques manifestations que ce soit. Mais ce que je observe, c'est que lorsqu'on veut que des manifestations qui ont été organisées sur mesure soient mises à l'écart pour faire en sorte que le fait démocratique passe, toujours, les forces de l'ordre ont su le faire, sous la responsabilité des politiques qui leur ont donné les consignes. Là, comme par hasard, ces consignes font que les manifestants, les opposants, se trouvent à quelques mètres seulement de l'entrée principale. Je le regrette. Je pense qu'on peut faire une campagne électorale dans un climat apaisé, et que ce climat apaisé, ça s'organise.
C'est ça le respect d'une démocratie.
Et donc, c'est ce climat hostile qui empêche la campagne de François Fillon de reprendre un cours normal ?
C'est aussi cela, il ne faut pas le cacher, puisqu'aujourd'hui, moi, je vois des militants très mobilisés, des sympathisants de la droite et du centre dire « on va aller jusqu'au bout et on va l'emporter ». Je vois, oui, cette France-là qui veut l'alternance, et cette France qui veut l'alternance est très gênée d'observer que les conditions du débat démocratique ne sont pas respectées
partout. Les déplacements pour François Fillon sont difficiles, mais ce n'est pas le climat hostile qui empêche François Fillon d'accorder des
interviews. Il
n
'y a
eu aucune émission radio ou télé depuis plus d'un mois, Jérôme Chartier, pour
François Fillon. Plus
exactement. Lorsque les circonstances le permettent, les visites ne sont pas difficiles. J'en veux pour preuve, hier, la visite du Salon international des machines agricoles, qui était à Villepinte, qui s'est extrêmement bien passée. Chacun a pu voir les images dans un climat apaisé. Et je veux pour preuve la visite à Maud chez Jean-François Copé, lundi, qui là aussi s'est déroulée dans un climat apaisé. Bref, lorsqu'on veut bien organiser les choses, comme par hasard, ça se passe bien. Et je ne voudrais pas croire que ces deux manifestations se soient très bien passées, juste après la publication du communiqué de François Fillon dimanche soir.
Ah oui, puisque vous parlez de cette visite à Maud, qu'est-ce que ça vous a fait, vous, Jérôme Chartier, conseiller fidèle de François Fillon ?
En
quel était l'intérêt de s'afficher une journée entière aux côtés de celui, Jean-François Copé, dont vous êtes convaincu qu'il est un tricheur, qu'il vous a volé la victoire pour la présidence de l'UMP
? Tout
cela est bien loin, Patrick Cohen.
Ah, c'est si loin, vous pensez vraiment ? Oui, c'est loin.
Oui, vous savez, le temps
passe. Même pour vous
? Le temps passe, même pour moi, le temps passe. Et je peux vous dire aujourd'hui que, comme premier vice-président de la région Île-de-France, je travaille très bien avec Jean-François Copé, le maire de Maud, et depuis plusieurs mois de cela. Et vous voyez, pour tout vous dire, je serai à Maud, vendredi après-midi, pour présider une réunion du pacte 77, du pacte de Seine-et-Marne-Nord, qui est présidé par Jean-François Copé.
Avec
Jean-François Copé. Exactement. Quelle belle réconciliation. Beaucoup de bris pour rien avait titré Libération hier. Comment relancer la campagne de François
Fillon ?
Il
n'y a ses
libérations un tract par jour, comme on
dit. Et surtout, non, ça c'est
un jeu de mots, c
'est pas de la propagande.
C
'est
pas un jeu de mots de ce que nous pensons.
Surtout, est-ce que vous savez où sont partis vos électeurs ? Puisque les sondages ne vous créditent que de 20% d'intention de vote, score anormalement et historiquement bas au sortir d'un canquennat socialiste.
Oui, enfin, ce que j'observe d'abord, c'est que plus de 50% des Français n'ont pas déterminé leur vote pour l'élection présidentielle. C'est ça le vrai chiffre. Et pourquoi cela ? Simplement parce que le calendrier qu'on avait l'habitude d'observer pour les élections présidentielles s'est décalé. Pourquoi est-ce qu'il s'est décalé ? Simplement parce que le choix du candidat socialiste est intervenu à la fin du mois de janvier, alors que, traditionnellement, tous les candidats étaient connus au plus tard, au milieu du mois de décembre. Donc, au fond, tout le calendrier est décalé.
Et c'est maintenant, en quelque sorte, que les électeurs commencent à s'intéresser, commencent seulement, à l'élection présidentielle. Et nous, on l'observe bien. C'est la raison pour laquelle j'entends la relance de la campagne. Mais la vérité, c'est qu'on commence maintenant à entrer en campagne présidentielle. Je sais, je l'ai lu.
C'est la manchette du Figaro ce matin. Voilà, vous l'avez lu
comme moi. Ce
n'est pas
un tract gauchiste
celui-là, non ? Ce n'est
ni un tract de gauche, ni un tract de droite. Et la preuve, vous voyez, parce que c'est leur analyse à eux, et moi, je la respecte. Mais en même temps, moi, j'ai la mienne. Et ce que j'observe aujourd'hui, c'est que la campagne présidentielle ne fait que commencer. Elle commence parce qu'au fond, ce décalage dans le temps électoral a provoqué un raccourcissement de la période réelle de campagne électorale.
Donc les
électeurs que vous voulez reconquérir, ce sont plutôt les indécis, Jérôme Chartier ?
Oui,
ce
sont les indécis, définitivement. Ce sont les indécis.
Est-ce que vous n'avez pas abandonné le combat face au Front National ? C'était le thème de la chronique du billet de Charlene von Lecker tout à l'heure, juste avant 8h. On vous entend davantage fustiger Emmanuel Macron dans les discours que Marine Le Pen, comme si vous disputiez la seconde place pour le face-à-face
du second tour. Mais non, pas du tout.
Pas du tout d'abord. Moi, je ne dis pas qui sera premier, qui sera deuxième. Je dis simplement que le programme du Front National est extrêmement dangereux pour une mesure en particulier, qui est le retour au Front. Pourquoi cette mesure est dangereuse ? Pardon, je vais être un tout petit peu technique et vraiment vous m'arrêtez
si je le
suis trop et je m'en excuse. Quelques chiffres pour bien comprendre l'enjeu. Les placements, l'épargne des Français, vous savez que l'épargne des Français, c'est la deuxième épargne en Europe après l'Allemagne. C'est donc une épargne extrêmement élevée. L'épargne financière des Français, c'est
-à
-dire en placement financier, livré à autres produits, c'est 4 500 milliards d'euros. Donc c'est considérable sur un patrimoine qu'on estime à 13, 14 000 milliards d'euros. 4 500 milliards d'euros. Si vous passez de l'euro en franc, vous le savez, tout le monde le sait, tous les économistes le disent, de toute façon, il y aura une dévaluation simplement pour revenir à une situation réelle de la valeur du patrimoine France, valeur globale, c'est-à-dire quel est l'intérêt pour un investisseur d'acheter du franc plutôt que d'acheter de l'euro. On le sait, ça ne sera pas le même prix simplement parce que lorsque vous avez un euro partagé entre de nombreux pays européens, ce n
'est
pas la même chose que lorsque vous avez un franc que vous partagez à vous tous. Donc les
épargnants auront
intérêt à mettre de l'argent à l'étranger. Donc d'évaluation au
minimum, immédiatement, tout de suite, de 10%. Ça veut dire que d'un seul coup d'un seul, sur ces 4 500 milliards d'euros, il y
a
450 milliards
de
l'épargne des Français qui vont disparaître. Disparaître par une seule décision politique de Mme Le Pen, de passer de l'euro en franc. Voilà la première conséquence extrêmement grave du retour aux francs. Plus les autres conséquences, bien sûr, que je mets de côté pour l'instant, parce que celle-ci me semble tellement prioritaire qu'elle doit mobiliser les Français.
Donc vous voyez, nous attaquons Mme Le Pen non pas sur son côté populiste qu'elle a, non pas sur sa vision délétère du pays qu'elle a, mais sur des faits qui sont contenus dans son programme, parce que nous, notre point de vue aujourd'hui, c'est que c'est projet contre projet, et c'est comme cela qu'on peut véritablement montrer que François Fillon, au-delà d'être du choix de la raison, c'est le choix de l'adhésion.
François Fillon va resserrer ses attaques contre Marine Le Pen dans les jours à venir
? François
Fillon va marquer la différence entre tous ses opposants. Mme Le Pen, M. Macron, M. Hamon, M. Mélenchon. J'entends la décision de M. Mélenchon du retour de la retraite à 60 ans avec 40 annuités. C'est très bien. La seule chose, c'est qu'il ne prend pas en compte l'allongement de la durée de la vie. Donc comment est-ce qu'il fait pour équilibrer son régime de retraite ? Eh bien, il ne peut pas. Il
y a la même mesure dans
le programme de Marine Le Pen.
Oui, c'est la conséquence absolument mécanique de décisions et d'annonces telles qu'elles sont faites aujourd'hui. Ça signifie simplement qu'on aura à l'avenir un régime de retraite définitivement déficitaire, ce qui signifie qu'il faudra augmenter la contribution sociale généralisée.
Je reviens d'un mot, Jérôme Chartier, avant la revue de presse sur le début de notre entretien. Vous supposez, si j'ai bien compris, que le report de la visite de François Fillon au Salon de l'Agriculture est lié à des questions de sécurité ?
Monsieur Cohen, je veux plutôt dire que je n'exclus rien. Voilà. C'est plus franc de ma part. Je ne
suis
pas quelqu'un qui part en conjecture. La seule chose, c'est que je ne voudrais pas que ce soit cette raison-là qui fait que cette visite soit reportée.
Si
vous avez d'autres informations d'ici 9h, nous sommes preneurs. Restez
avec nous.
Jérôme Chartier est tout à l'heure face aux auditeurs qui nous appellent au 01 45 24 7000. Il est 8h32.
Jérôme Chartier