Raphaël Glucksmann face à ses dossiers
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:37OuverteRéponse directe
Quelles sont les idées politiques que vous défendez pour 2027 ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Qui êtes-vous, Raphaël Luxman ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Votre père a rompu avec la gauche communiste, voyez-vous une similarité avec la gauche insoumise aujourd'hui ?
- 6:43OuverteRéponse directe
Pourquoi le Rwanda a-t-il déclenché votre engagement ?
- 9:31OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi le documentaire plutôt que l'engagement politique en 1994 ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a plu chez Nicolas Sarkozy en 2007 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Promesse
« Si je suis élu président de la République, je vais aller à Bruxelles et je vais taper du fo sur la table et je vais changer les politiques. »
- 3:20Fait
« André Gluxmann devient alors l'une des figures de ce qu'on appelle les nouveaux philosophes, ces anciens marxistes qui placent désormais la lutte contre le totalitarisme au centre de leur pensées. »
- 6:43Fait
« En France, à l'heure actuelle, tout le monde se retrouve Marx 6, hein. Ça pose un sacré problème. »
- 7:26Fait
« Une distinction que les colons européens figent et radicalisent au nom de pseudo théorie racial en construisant des différences ethniques infondées. »
- 10:14Fait
« Immédiatement, la France a suspendu toutes les livraisons d'armes quelle qu'en soit la nature et elle s'est préoccupée de faire en sorte que les massacres s'arrêtent. »
- 13:00Fait
« La seule façon de répondre à cette question, c'est de permettre aux gens de travailler plus et de gagner plus. »
- 13:38Fait
« C'est-à-dire en fait c'est pas du tout le produit d'une société près 68. l'existence même de Nicolas Sarkozi. »
- 15:05Fait
« Le libéralisme économique devient l'ennemi du libéralisme politique, du libéralisme philosophique. »
- 17:45Promesse
« Si je suis élu président de la République, je vais aller à Bruxelles et je vais taper du foin sur la table et je vais changer les politiques. »
- 22:34Fait
« Une enquête commandée par l'Union européenne conclura que c'est bien la Georgie qui a déclenché la guerre ouverte. »
- 28:27Promesse
« Ça passe par un service civique universel et obligatoire pour que les jeunes français se rencontrent, se croisent, se connaissent. »
- 29:40Promesse
« Je pense que nous ne laisserons pas les jeunes des quartiers populaires à la France insoumise et nous ne laisserons pas les habitants des sous-préfectures aux mains du RN. »
- 42:20Fait
« Il faut un cap clair. On va pas refaire la NUPEST là hein. Il y a eu une inversion des rapports de force. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
J'ai rencontré Raphaël Gluxman et j'ai voulu me plonger avec lui dans ces dossiers pour mieux comprendre son parcours et la construction de sa pensée politique. Depuis plusieurs années, je fais des portraits sur YouTube et à l'approche de la présidentielle, j'ai décidé de recevoir les figures qui pourraient faire l'élection. Nous ne laisserons pas les jeunes des quartiers populaires à la France insoumise et nous ne laisserons pas les habitants des sous-préfectures aux mains du RN. À 46 ans, Raphaël Luxman est député européen et coprésident de place publique, le parti qu'il a fondé en 2018.
une risque qui s'appelle Jeanne, elle cherchait le cadavre de sa mère dans les fausses communes de Kigabi. Les odeurs de cadavre, il y a un truc quand ça vous rentre sur la peau, ça reste. Successivement réalisateur de documentaires, conseiller du président georgien Michail Sakvili et depuis 2019 eurodéputé, il est désormais l'un des principaux candidats à gauche pour la présidentielle de 2027. Si je suis élu président de la République, je vais aller à Bruxelles et je vais taper du fo sur la table et je vais changer les politiques. Et moi, je sais quelle politique il faut changer. Alors, quelle est son histoire et quel est son ADN politique ? Voici les dossiers de Raphaël Luxman.
[musique]
Bonjour Raphael Gman. Bonjour. Vous allez bien ? Très bien. Et vous ? Bienvenue. Merci [musique] de l'invitation dans votre salon. Ouais. Alors, c'est pas vraiment mon salon, je dois le confesser. C'est de la lo c'est bien. [musique] Vous êtes honnête. On va remonter ensemble dans certaines de vos archives, ces moments marquants qui ont construit votre parcours politique. Mais peut-être pour celles et ceux qui vous connaîtrai pas encore, qui êtes-vous, Raphaël Luxman ? Qui je suis ?
Je pense que aujourd'hui, je suis d'abord un père qui adore accompagner ses enfants à l'école, qui aime leur faire des coquillettes jamb mon fromage, qui regrettent les parties de foot que je suis en train de rater tous les weekends en ce moment. Je suis aussi compagnon de ma femme mais depuis [musique] tout petit en fait je suis surtout un homme engagé enfin un ado engagé un homme engagé quelqu'un qui est passionné par le débat public par la chose publique. Raphael Gusman, je vous propose qu'on commence à remonter votre parcours avec cette première cassette. On est en 1977.
On est donc 2 ans avant votre naissance et votre père, le philosophe André Gluxman est invité sur le plateau d'Apostrophe, la grande émission littéraire de l'époque. En France, à l'heure actuelle, tout le monde se retrouve Marx 6, hein. Ça pose un sacré problème. Toutes les élites politiques de gauche refusent qu'on parle de la Russie, refusent qu'on parle des goulagues qui se trouvent en Chine ouou n'importe au Cambodge, ils le refusent et là il y a un mur. Mais là, vous utilisez le mot le mot goulag. de façon magique pour ce n'est pas de la magie le Cambodge c'est 1 million de morts.
Moi moi quand les Américains envoyaient du napalme sur le Cambodge, j'ai gueulé, j'ai manifesté dans la rue hein. Et vous croyez que maintenant les cadavres des Cambodgiens quand ils sont tués à coup de mitraillette au lieu d'être tués à coup de napalme, c'est pas terrifiant, c'est pas terrorisant et on en parle pas. André Gluxman, votre père donc ma génération le connaît pas forcément mais c'est une figure intellectuelle à gauche et ce qu'il fait là c'est exprimer publiquement une rupture avec sa famille politique qui l'accuse de fermer les yeux sur les horreurs, les crimes communistes.
Car oui, André Gluxman, c'est d'abord un militant d'extrême gauche, un marxiste qui défend l'idée d'une révolution menée au nom des travailleurs contre le capitalisme et contre l'ordre établi. et il finit par rompre avec les siens alors que la gauche française à l'époque est encore dominée par le parti communiste. André Gluxmann devient alors l'une des figures de ce qu'on appelle les nouveaux philosophes, ces anciens marxistes qui placent désormais la lutte contre le totalitarisme au centre de leur pensées.
Gluxman Per va passer le reste de sa vie à défendre les droits humains, notamment les bot peopleol vietnamiens qui fuient le communisme par la mer, les Albanais chassés du Kosovo ou encore les indépendantistes tchéchenes face à Poutine. On n pas tous la chance d'avoir un père philosophe et une mère militante. Qu'est-ce qu' vous ont transmis vos parents ? Cette colère, cette indignation et cette quête d'une vie dans la vérité en fait. Et ce moment-là, c'est un moment de rupture avec sa propre famille politique, sa propre famille idéologique.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que ils ont été élevés dans le marxisme, dans la gauche révolutionnaire et tout d'un coup, ils lisent Sol Genin, donc le grand écrivain soviétique qui raconte le goulag et il y a un chisme intérieur. Il y a une sorte de fracture qui arrive. Et à ce [musique] moment-là, il faut choisir est-ce que vous préférez vos dogmes ou la vérité ? Ils choisissent la vérité. Il y a toute une partie de la gauche qui lui pardonnera jamais ça, qui considérera que c'est une trahison parce qu'il a choisi la vérité.
Et tout le problème qui était le problème de l'époque, c'était que il y avait une telle croyance à gauche dans le marxisme que reconnaître la vérité sur les crimes du communisme, c'était finalement trahir comme une religion. Quand je vois votre père là face au communiste, à la doxa communiste de l'époque à gauche, j'ai un peu l'impression de vous voir aujourd'hui face à une franche de gauche insoumise qui aujourd'hui est plus visible dans la bataille culturelle à gauche. Il y a toujours eu de gauche. Une gauche qui soutient Maduro, qui soutient Castro aujourd'hui, qui a des faiblesses vis-à-vis du parti communiste chinois, qui a des faiblesses vis-à-vis de Poutine. C'est pas notre gauche.
Et cette fracture, elle a toujours existé. Et les seuls moments où la gauche a pu transformer la société, c'était justement quand la gauche qui est prise de liberté, qui défend la République, qui défend le cadre de la démocratie, une gauche réformiste, ça veut pas dire qu'elle est molle, ça veut dire qu'elle sait qu'on a pas le droit de casser la liberté pour aboutir à une transformation sociale. Et aujourd'hui ce qui se passe c'est queen réalité parce que la gauche réformiste a été trop floue, trop inopérante, trop indolente, trop je sais pas trop feignante, j'en sais rien, il y a une hégémonie culturelle ou idéologique qui s'est imposée du côté de Mélenchon. Mais moi, j'y crois pas.
Je pense qu'une grande majorité euh des gens de gauche dans ce pays, ils sont pris de liberté et ils sont pas du tout dans l'idéologie milanchiste. Pour revenir un petit peu sur vos origines chez vos parents, vous racontez qu'il y a des invités du monde entier qui défilent dans le salon familial des intellectuels, des exilés, des opposants politiques, des féministes algériennes menacé de mort par les islamistes au dissident soviétiques. Qu'est-ce qui vous rapporte du monde ? mon appartement qui était ouvert tout le temps, c'était et c'est une chance incroyable que j'ai eu enfant et ados ensuite, c'était l'ambassade des gens sans ambassade.
J'ai grandi avec ces gens libres qui venaient de pays où la liberté était écrasée et donc qui m'ont appris ce qui était le prix de la liberté. Et c'était des hommes et des femmes qui quand ils allaient rentrer chez eux pour certains allaient aller en prison, allaient sans doute risquer leur peau. Et donc voilà, j'ai compris aussi que les mots politiques que la question politique, elle était pas légère. Je vous propose Raphael Luxman qu'on passe à un prochain dossier. On est désormais en 1994.
Vous avez 15 ans, vous êtes lycéen à Paris et vous découvrez à la télévision des images qui sont très loin de votre quotidien, celles des massacres au Rwanda contre la population touts près d'un million de personnes sont exterminées en seulement 100 jours. Il n'y a plus de mots pour décrire le pays des 1000 collines devenu en 5 semaines le pays des milliers de morts. On a éliminé quantité de de personnes civiles. Je crois que aujourd'hui l'odeur du sang est telle à Kigali que on élimine tout simplement à peu près tout ce qui bouge. C'est un peu un peu lourd à porter tout ça. C'est le chaos et le massacre général.
Ici, on a pris la décision avec mon équipe de couper au montage les images explicites de cadavres et de corps mutilé pour que la vidéo reste tout publique. Mais croyez-moi, sur ces archives, on voit des choses d'une violence inouie. On est donc au Rwanda, une ancienne colonie belge en Afrique. Dans ce petit pays, il y a deux groupes principaux, les Outou qui représentent environ 85 % de la population et la minorité toutsi. Ils partagent la même langue, la même culture, les mêmes traditions. Ce qui les distingue, c'est surtout leur position socio-économique. Historiquement, les Tutsi sont [musique] plutôt associés à une position sociale supérieure et les Hutou sont surtout agriculteurs.
Une distinction que les colons européens figent et radicalisent au nom de pseudo théorie racial en construisant des différences ethniques infondées. Mais quand le Rwanda obtient son indépendance en 1962, le rapport de force s'inverse. Et où tout prennent le pouvoir. Les tout sont marginalisés et une partie d'entre eux fuit d'ailleurs le pays. Certains tout reviennent les armes à la main en 1990. C'est le début de la guerre civile. En 1994, la situation dégénère [musique] suite à un attentat sur l'avion du président Outou. En sachant que, c'est important de le dire, on ne sait toujours pas formellement à ce jour qui l'a abattu.
Mais dès le lendemain, le régime et des milices extrémistes orchestrent [musique] méthodiquement le massacre des touts. En une centaine de jours, plus de 800000 personnes sont tuées selon les estimations de l'ON le nu et plus d'un million selon les [musique] tarwand. Et détruire un groupe en raison de son identité, en tout ou en partie, ça un nom, c'est ce qu'on appelle un génocide. J'ai choisi de vous montrer cette cassette car c'est votre premier engagement connu. Vous écrivez qu'en voyant ces images, vous avez basculé hors de l'enfance. Pourquoi est-ce que ce drame du monde précisément vous engage ? Je m'en souviens encore.
C'était le début de la télévision câblé et il y a il y avait des images qui m'ont arrêté quand je suis rentré dans le salon que le caméraman devait être dans un bosquet et il filmait des miliciensou en train de tuer des civils toutsi et ces images elles m'ont bouleversé. C'estàd que mon le monde s'est arrêté et j'ai su que j'allais travailler sur le rand que j'allais ça allait faire partie de ma vie. Ça a donné finalement un documentaire mais c'était vraiment une promesse de mom enfin d'ados. À 25 ans, vous décidez de partir au Rwanda, vous réalisez ce documentaire avec deux amis de lycée, "Tuez-les tous".
Pourquoi est-ce que vous choisissez le documentaire plutôt que l'engagement politique à ce moment-là ? On voulait comprendre et on voulait faire sortir la vérité. À l'époque, on parlait très peu du rôle de la France et très peu du du génocide lui-même. Il une sorte de consensus politique pour laisser ça sous le tapis. Et alors justement le soir même de la diffusion de ce documentaire sur France 3, l'antenne est donnée à Édouard Baladur, premier ministre à l'époque et Hubert Vedrine qui est secrétaire général de l'Élysée sous Miteran pour vous répondre vous les réalisateurs de ce documentaire.
À 25 ans, seulement vous obligez avec vos camarades deux grands hommes d'état à venir s'expliquer à la télévision. En fait, ce que met en cause ce documentaire, c'est le soutien militaire, politique et financier apporté par la France au régime rwandais avant et pendant le génocide. En 2004, ce film c'est un pavé dans la mar et regardez ce que répond Édouard Baladur. Immédiatement, la France a suspendu toutes les livraisons d'armes quelle qu'en soit la nature et elle s'est préoccupée de faire en sorte que les massacres s'arrêtent. À quoi correspond cette volonté systématique de tenter de décrédibiliser l'action de notre pays ? Depuis, la recherche historique a apporté de nouveaux éléments.
En 2021, une commission d'historiens commandée par Emmanuel Macron conclut à des responsabilités lourdes et accablantes de la France dans l'engrenage qui a conduit au génocide tout en écartant la complicité de l'État français dans l'entreprise du génocide. 2 mois plus tard à Kigali, Emmanuel Macron reconnaît cette responsabilité politique. Je viens reconnaître nos [musique] responsabilités. C'était comme si enquêter sur le rôle de la France en Afrique et au Rwanda en particulier et sur la question du génocide spécifiquement, c'était servir des intérêts étrangers. Et nous, le seul intérêt qu'on voulait servir, c'était l'intérêt de la vérité. En fait, c'était de savoir, de comprendre.
On est des citoyens français. On nous explique, on lit comme ça que potentiellement la France, elle a partie lié à cette histoire parce qu'elle a soutenu les ministres génocidaires. Mais le rôle d'un citoyen français dans ce cas-là, c'est d'essayer de voir déjà si c'est vrai et [musique] quel est l'étendue de cette histoire et ensuite de poser des questions aux dirigeants. Je me souviens d'une risque qui s'appelle Jeanne qui avait exactement mon autre âge. Elle cherchait le cadavre de sa mère dans les fausses communes de Kigabi et on déterrait des cadavres qui étaient dans des toilettes.
Dans les odeurs de cadavre, il y a un truc quand ça vous rentre sur la peau, ça reste pendant des jours, vous pouvez vous laver, il y a c'est une odeur très spécifique. Et je me souviens qu'on l'avait revu et je m enfin je lui ai dit cette odeur est partie. Elle dit ouais mais faut pas que la disparition de l'odeur empêche votre travail parce que vous devez le faire pour nous. Et aujourd'hui, la France de manière officielle reconnaît euh ce qu'on expliquait à l'époque. Raphaël Luxman, je vous propose qu'on avance un peu dans le temps. On est désormais en 2007, vous avez 28 ans.
Nicolas Sarkozy est président de la République depuis quelques mois, élu sous les couleurs de l'UMP, le principal parti politique de droite de l'époque. Sarco, il bouleverse la façon d'incarner le pouvoir et on sent que vous êtes pas totalement insensible à ça à l'époque. Je propose qu'on regarde cette troisème cassette. Vous savez, français, ils s'attendent pas que je distribue les cadeaux de Père Noël alors qu'ils savent parfaitement bien qu'il y a pas d'argent dans les caisses. La seule façon de répondre à cette question, c'est de permettre aux gens de travailler plus et de gagner plus.
En fait, c'est le premier président qui n'est pas français depuis 12 générations, qui est divorcé, remarié et c'est surtout le premier président qui fait qui ouvre les vannes de l'État et qui fait appel à la société civile. Sarkozy, vous allez à un de ces meetings, votre père sacré André Gluxman prend la parole pour le soutenir publiquement. On devient sarkoziste. Alors et qu'est-ce qui peut plaire chez Nicolas Sarkozy selon vous ? Alors déjà, je vais à un de ces meetings et on écrit un livre parce que son meeting il il est contre mes 68. Donc on écrit un livre à quatre mains qui essaie d'expliquer 68 à Sarkozy en expliquant qu'il est le produit lui-même de 68.
Donc il faut qu'il arrête de de prendre 68 pour cible. Et c'est ça ce que je dis dans cet extrait. C'est-à-dire en fait c'est pas du tout le produit d'une société près 68. l'existence même de Nicolas Sarkozi. Mais derrière ça chez moi, c'est que moi je suis à l'origine un libéral en sens philosophique du terme. C'estàd que je je pense que la valeur suprême, c'est la liberté à ce moment-là. Je le pense toujours d'ailleurs je me dis OK, on a quelqu'un qui peut faire sortir la France de je sais pas une sorte de moule des élites françaises [musique] étatique et engoncé.
Je suis pas du tout un militant politique à ce à cette époque, mais honnêtement quand je regarde ça et quand je vois ce qu'il a fait derrière, je me dis enfin c'était à côté à côté de la plaque quoi. Et ce que je comprends mais c'est 2008 avec la crise financière et et la crise grecque, ce que je comprends tout d'un coup, c'est qu'en fait pour préserver la liberté de toute façon, vous êtes obligé de poser la question sociale parce que qu'est-ce qui se passe ? C'est que le néolibéralisme est en train de saper les fondements mêmes de la démocratie.
Quand vous avez la crise grec qui [musique] arrive, vous vous rendez compte que vous avez la destruction des [musique] services publics, le sacage d'un système social [musique] qui va produire quoi ? Qui va produire l'érosion démocratique nécessairement. Et donc en réalité le libéralisme économique devient l'ennemi du libéralisme politique, du libéralisme philosophique. Et c'est toute la bascule qu'on a à laquelle on assiste dans les années 90.
qui est celle d'une mondialisation financière qui va faire pencher la balance tellement du côté de l'individualisme, tellement du côté du libéralisme économique qu'on en vient à remettre en question les structures collectives qui permettent l'existence de la démocratie. Et donc moi, je fais un cheminement qui est un cheminement quasiment à à on va dire à [musique] l'inverse de mes parents. C'estd que mes parents, ils viennent d'une gauche pure. Moi, je deviendrai pas maisse derrière, vous inquiétez pas. Mais ce que je veux dire c'est que ils viennent d'une pensée collectiviste et ils vont aller de plus en plus vers la philosophie de la liberté individuelle.
Parce que oui, peu de gens le savent mais si on remonte à sa jeunesse, on retrouve en effet des sympathies libérales à Raphaël Gluxman. En 2006 notamment, Gluxman se rapproche d'Alternative Libérale, un jeune parti qui défend une ligne très assumée, moins d'état, moins de contrainte sur les entreprises, mais aussi davantage de liberté individuelle. Lors d'une conférence, Raphaël Gluxman, 27 ans, y est présenté par le fondateur d'Alternative libérale comme candidat aux élections législatives à venir. Je vais passer la parole à à Raphaël Gluzman qui sera candidat pour libéral et qui va nous parler de notre engagement euh en terme de politique étrangère.
Je vais vous expliquer souèvement pourquoi est-ce que j'ai été intéressé par ce mouvement et par cette candidature. Pourtant, au moment du dépôt officiel des candidatures, son nom n'apparaît pas. Aujourd'hui, Raphael Luxman dit n'avoir jamais été candidat pour ce parti et n'être venu à cette conférence que pour parler de politique internationale et défendre la question [musique] de la liberté. Contacté par le journal Libération, le fondateur d'Alternative libérale affirme lui que Raphaël Gluxman a bien été candidat un moment avant de se retirer. Les deux versions se rejoignent en revanche sur [musique] un point.
Ils avaient à l'époque des désaccords sur les positions économiques et sociales notamment sur le sujet de la SQ. Vous critiquez le néolibéralisme, mais ce qui a entraîné la France vers toujours plus de mondialisation, c'est aussi l'Union européenne. Est-ce que c'est pas un peu antinomique de critiquer les dérives du libéralisme et en même temps être aussi au que vous ? Non. Que pourquoi ? Comment ? L'Europe, c'est aujourd'hui le seul espace qui peut vous protéger justement, qui peut vous protéger face au euh géant de la tech américain, qui peut euh protéger vos industries face à la concurrence chinoise qui est en train de ratiboiser secteur après secteur euh nos industries.
C'est la bonne échelle pour mener à bien la transformation écologique. Vous voulez faire ça dans un seul pays ? Vous pensez que la France peut faire ça ? Aujourd'hui, l'Europe c'est [musique] l'échelle qui nous permet d'agir. Quand on parle de capitalisme globalisé, quel meilleur exemple que le capitalisme de la tech honnêtement ? C'est quoi aujourd'hui les valeurs boursières les plus en croissance et les plus dominantes ? C'est celle de la tech. Si je suis élu président de la République, je vais aller à Bruxelles et je vais taper du foin sur la table et je vais changer les politiques. Et moi, je sais quelle politique il faut changer.
Mais ça fait plus de 30 ans que Raphael Luxman qui a eu le traité de MRIch, vous avez pas le sentiment qu'on est déjà vassalisé ? L'Europe, qu'est-ce qu'elle a fait pour nous amener plus de souveraineté numérique ? Aujourd'hui, l'ensemble de nos algorithmes sont américains ou chinois. L'intelligence artificielle que n s l'Europe ben je veux dire aujourd'hui elle nous a pas d'avantage défendu. Donc j'entends aussi non je soyons sérieux. C'est c'est intéressant d'entendre aussi les Français qui nous disent "Bon, on n pas on n pas réussi en européen à tous se mettre d'accord et être suffisamment puissant. Est-ce qu'on va pas y aller seul ? Mais seul, [grognement] c'est impossible.
On a'aura pas l'échelle suffisante. Et par ailleurs, enfin s'il y avait pas eu l'Europe pendant la pandémie, on aurait fait comment ? G comment on aurait eu les vaccins ? Comment on aurait été capable de négocier la capacité qu'on a à diffuser ces vaccins ? Comment on peut se défendre face à Poutine sans l'échelle européenne ? Comment on pourrait avoir une armée qui soit capable de faire face aux nouveaux défis militaires que lancent les grands empires autoritaires ? Comment on peut aujourd'hui [musique] réellement par exemple lancer des champions de l'IA sans le marché européen ?
On doit transformer l'Europe, j'entends et je me bats pour ça depuis des années dans les institutions européennes. Mais je me dis aussi quelle expérience incroyable, vous avez [musique] des députés qui viennent de tous les pays d'Europe avec des traditions historiques extrêmement différentes. Des pays qui avaient l'habitude de se tirer dessus tous les 20 ans et là ils s'engueulent, ils bossent ensemble, ils se contredisent, ils s'opposent mais dans une assemblée commune. On va pas balancer ça par-dessus. Bon, on avance encore un peu dans le temps, Raphaël Glan, et on quitte la France pour une étape importante de votre parcours.
On est désormais en 2009, vous avez 29 ans et on vous retrouve à DeBici en Georgie. Vous êtes alors conseiller au cœur du pouvoir au côté du président Michil Sakvili, un dirigeant libéral sur le plan économique procidental en confrontation directe avec la Russie de Vladimir Poutine. Dernier coup de fil avant le début des négociations. Dans quelques minutes, des pour parler commencent entre le président geéorgien et l'opposition. À 30 ans, ce jeune français est un des conseillers officieux du président geéorgien. Depuis plus d'un mois, l'opposition bloque le centre-ville de la capitale geéorgienne et réclame la démission de Michael Saakvili.
C'est la première fois que des négociations s'ouvrent pour tenter de débloquer la crise. Il a participé à la préparation des entretiens qui s'ouvrent avec l'opposition. Pour qu'ils sortent, il faut qu'ils aient une porte de sortie. Et c'est pour ça que ces propositions c'est bien, c'est que ça peut leur permettre de faire du face saving et de de montrer que ils peuvent obtenir des choses. Jusque-là, vous étiez surtout un témoin de la politique. Vous la filmiez, vous écriviez dessus, mais là, vous passez à l'action en [musique] devenant conseiller d'un chef d'état. Pourquoi ?
parce que je me souviens très bien le c'était en août euh 2008, il y a l'invasion russe de la Geéorgie et moi je suis avec ma caméra, je suis euh au sud de Gory et je filme et je me souviens qu'à ce moment-là, j'ai regardé ma caméra et je me suis dit "Ça sert à [musique] rien parce que tu vas faire un film et derrière quoi De toute façon, les dirigeants européens, ils sont drogués au gaz russe. Ils vont pas bouger le petit doigt.
Ils vont tout faire pour discréditer les georgiens, pour expliquer que finalement, c'est de leur faute s'ils ont été envahis parce qu'ils ont [musique] une seule obsession, c'est de ne pas faire face à Poutine et donc ils sont prêts à jeter sous le bus les gens qui sont pourtant leurs alliés. Et [musique] donc je me suis dit la seule manière d'aider des mais d'aider les intérêts de l'Europe contre les dirigeants européens c'est d'aider les Georgiens à résister à Poutine. Pour comprendre cette guerre de 2008 en Georgie, il faut remonter à la chute de l'URSS en 1991.
Au cours des années 90, les anciennes Républiques soviétiques cherchent à s'émanciper de la Russie et se tournent progressivement vers l'Occident. Mais la Geéorgie, elle se fracture. Deux de ces régions font sécession et basculent dans l'orbite de Moscou. En 2003, Michail Sakchvili est alors une étoile montante de l'opposition politique et il mène la révolution des roses, un vaste mouvement pacifique qui pousse à la démission un gouvernement accusé de fraude électorale. Il est élu dès le premier tour [musique] avec un score historique. Plus de 96 % des voix sur un programme anticorruption et proccidental. Sous la présidence de Sakevili, la Geéorgie se rapproche de l'Europe et des États-Unis.
Et en avril 2008, l'OTAN, l'alliance militaire occidentale lui promet qu'elle en deviendra membre. Pour Vladimir Poutine, c'est une menace aux portes de la Russie. Alors, en août 2008, les tensions dégénèrent en Oséti du Sud, l'une des deux régions séparatistes. Après des jours d'échange de tir, Sakvili ordonne à son armée d'attaquer la capitale régionale pour rétablir l'ordre constitutionnel. Moscou riposte et l'armée russe pénètre profondément en Geéorgie. Un cessé le feu négocié par le président français de l'époque Nicolas Sarkozy met fin au combat après 5 jours. Bilan, plusieurs centaines de morts, près de 200000 déplacés.
La Geéorgie sort vaincue et Moscou reconnaît l'indépendance des deux régions séparatistes en Geéorgie. C'est important de rappeler que pour la communauté internationale, ces régions sont encore officiellement georgiennes. Une enquête commandée par l'Union européenne conclura que c'est bien la Georgie qui a déclenché la guerre ouverte. Une lecture que Raphaël Luxman conteste, on l'a entendu, mais le rapport souligne aussi que Moscou avait multiplié les provocations, que la riposte russe a été disproportionné et contraire aux droits international et que des faits de nettoyage ethnique ont visé les populations georgiennes pendant l'offensive russe.
Et je suis très content que vous m'interrogiez là-dessus parce que euh c'est un des trucs qui me saoule le plus dans euh la propagande et les attaques qui me visent, c'est euh "Oui, euh il a soutenu un dictateur en Geéorgie, mais si vous me permettez de répondre à ça, je vais vous dire, je trouve ça honteux." honteux. Mais forcé de constater quand même que euh sa cage viis, il y a des répressions violentes. Bah si, il y a une forte concentration du pouvoir, les Non, mais il y a une forte concentration du pouvoir en temps de guerre. Oui, il y a des répressions aussi. Il y a il y a une attaque sur la démocratie. Il il sert à Non, ce que vous racontez est faux. Totalement faux. Ouais.
Et pourtant, je vais devoir leur dire, après re re facting, le pouvoir de Michail Sak Julie a connu des dérives autoritaires. En novembre 2007, par exemple, [musique] l'opposition descend dans la rue. La police réprime violemment les manifestations. Le bilan officiel dépasse les 500 blessés. Dans la foulée, Michail Sakvili décrète l'état d'urgence, [musique] interdit les rassemblements et fait prendre d'assaut immédiat une télévision critique du pouvoir contrainte d'interrompre ces programmes. En 2009, des nouvelles manifestations donnent encore lieu à des violences policières. contre des opposants et contre des journalistes.
Pendant la présidence de Sakvili, l'opposition peine à s'imposer, les médias sont sous pression [musique] et l'indépendance de la justice est régulièrement critiquée. Mais pour les soutiens du président Sacadevili comme Raphaël Luxman, cette poigne de fer était justifiée par le contexte. Le pouvoir en place accusé Moscou de manigancer les troubles, voire de préparer un coup d'état. Mais en septembre 2012, c'est l'indignation.
[musique]
Des vidéos révèlent des tortures et des sévises sexuels sur des détenus dans les prisons georgiennes. Le scandale provoque une crise politique majeure. Le mois suivant, le parti de Sakville perd les élections. Il accepte la défaite et c'est la première alternance [musique] démocratique du pays. Maintenant, sur le plan économique, son bilan est contrasté. Sacvilie a libéralisé la Georgie à marche forcée, baisse des impôts, privatisation massive, flexibilisation du travail. La croissance décolle et frôle les 12 % en 2007. [musique] Mais le modèle laisse aussi une grande partie de la population sur le côté. En effet, ni le chômage ni la pauvreté ne recule réellement.
Il y a une autre chose qui est reproché à sa catvilie, c'est sa [musique] politique économique. Comment est-ce que vous, le candidat de la social-démocratie euh vous justifiez d'avoir travaillé pour quelqu'un qui n'est pas social, qui n'a pas de fibre sociale ? [raclement de gorge] C'est une nation qui était menacée d'extinction, qui était envahie par la Russie, qui était abandonnée par les dirigeants européens, qui était abandonné par les Américains, qui était abandonné par tout le monde occidental. D'accord. Il a mis en place une démocratie.
On peut être en désaccord avec sa politique socio-économique qui d'ailleurs je pense est une des raisons de sa perte du pouvoir et de sa perte des élections. Mais si vous reprochez un dirigeant en temps de guerre d'une nation résistante qui résiste seule face à la Russie qui est aujourd'hui en prison, qu'il a mené des politiques trop libérales et que ça justifie dans ce cas-là de le qualifier de dirigeant autoritaire, de dictateurs.
C'est pas ce que je dis mais je questionne le fait je veux dire sérieusement vous avez travaillé 4 ans, vous avez conseillé 4 ans quelqu'un qui sur l'intégration européenne et je et je le j'en suis extrêmement fier extrêmement fier et j'en serai fier toute ma vie et j'étais seul et les georgiens étaient seuls et c'est une honte. Je vous propose qu'on passe Raphaël Lu à la prochaine cassette. Après la Georgie et l'Ukraine, vous rentrez en France et vous publiez quelques essais. Dans l'archive qu'on va voir, on est en octobre 2018. Vous venez d'avoir 39 ans, vous êtes en promo pour votre dernier bouquin et vous dites ça. Moi, je suis né du bon côté de la barrière socio-culturelle.
Euh je fais partie de l'élite française. Euh j'ai fait sciences pot comme la majorité des gens qui nous gouvernent. Euh j'ai eu la chance de pouvoir jouir moi de cette société de solitude. Quand je vais à New York ou à Berlin, je me sens plus chez moi a priori culturellement que quand je me rends en Picardie. Et c'est bien ça le problème. Et et simplement ce qu'il faut essayer de faire, c'est sortir de soi-même et essayer de comprendre ce que ne fait plus majoritairement l'élite française que on peut parfaitement soi-même trouver génial cette émancipation vis-à-vis de tout type de structure collective, mais que ça ne nous permet pas de faire un peuple.
Or, il n'y a pas de démocratie si on ne fait pas un peuple. Comment on fait peuple ? Raphaëlman déjà on reprend un récit national. C'est pour ça que moi ce que je veux proposer c'est un nouveau contrat patriotique. C'està-dire qu'il faut qu'on se définisse en tant que nation, en tant que peuple [musique] et qu'on définisse un destin pour notre nation, un nouveau contrat patriotique. On réhabilite les structures collectives qui sont aujourd'hui tout en crise. Vous ne pouvez passer votre vie entière sans rencontrer des Françaises et des Français qui ne partagent pas votre environnement sociologique immédiat. Donc il faut restructurer notre société dans un sens collectif.
Ça passe par un service civique universel et obligatoire pour que les jeunes français se rencontrent, se croisent, se connaissent. Ça passe par la réhabilitation même des colonies de vacances. Avant dans les années 80 et bien il y avait [musique] 4 millions 5 millions de d'enfants français qui partaient en colonie de vacances. C'était un lieu de mélange et on découvrait le pays en se mélangeant et aujourd'hui c'est 800000 et c'est quasiment réservé au bourgeois. Donc en fait toutes les structures collectives qui permettent de faire peuple, les partis politiques, les syndicats sont en train de s'effilocher.
Printemps 2026, une note interne de votre équipe fuite dans la presse et elle est assez claire. Elle désigne l'électorat aller chercher en priorité les catégories aisées, les senores, les métropoles. En revanche, parmi les publics à éviter pour le moment, il est inscrit les jeunes, les bas revenus, les banlieux. Votre équipe écrit noir sur blanc qu'il ne faut pas prioriser ceux qui ont justement le plus besoin de la gauche. Pas mon équipe qui a écrit cette note. Alors on reçoit des notes mais plein de notes et cette note, je l'ai mise à la poubelle. D'où elle vient cette note alors ?
Ben c'est un un conseiller qui a compilé des sondages et qui a fait cette Il y a des personnages c'est très complet au fond. C'est c'est la même stratégie que le PS. C'est la même stratégie que le PS. Hollande disait à un moment donné perdre les ouvriers c'est pas grave. Il y a un peu cette mais c'est l'antithèse. Ma stratégie de campagne sera l'antithèse. Je pense que nous ne laisserons pas les jeunes des quartiers populaires à la France insoumise et nous ne laisserons pas les habitants des sous-préfectures aux mains du RN. Je nous irons partout. Nous adresserons à tous les français. J'ai écrit un livre qui vaut quand même plus qu'une note [musique] puisque c'est moi qui l'ai écrit.
euh un livre pour expliquer l'exact inverse. Je sais, j'espère que vous l'avez luis vous avez semblé avoir lu la note, le livre est plus long, mais euh qui écrit l'exact inverse. Je suis contre toute forme de segmentation électorale. Je je pense que ça a été une catastrophe qui a mené les démocrates américains par exemple à la défaite et la défaite singlante face au trumpisme. Donc je pense qu'il faut faire l'exact inverse de ça. Mais vous comprenez qu'aujourd'hui cette jeunesse, des quartiers, cette jeunèe qui galère, elle va aller chercher davantage un programme de rupture plutôt que l'alternance entre socio-démocrates et républicains qu'on a depuis des années.
Bah je là, vous faites comme si les sociaux-démocrates étaient au pouvoir. Euh bah les socidémocrates étaient au pouvoir il y a 10 ans, donc c'était pas il y a si longtemps que ça. Mais pour moi la social-démocratie, ça a rien de mou. Il faut un horizon de transformation radicale. Ce que je propose sur l'écologie, ça a rien de mou. C'est un horizon de transformation radicale. Quand on dit qu'on va sortir du gaz et du pétrole, c'est un horizon de transformation radicale. Ça va être une évolution fondamentale sur nos mode de production, sur nos modes d'échange, sur nos vies. Et je suis absolument conscient que c'est pas juste les 10 dernières années d'Emmanuel Macron qui sont rejetés.
C'est beaucoup plus profond que ça. C'est des décennies de gestion du pays qui l'ont mené dans l'impasse, une impasse social, une impasse budgétaire, une impasse [musique] écologique, une impasse politique qui a un sentiment d'impuissance aujourd'hui chez les citoyens, qui a une colère qui est profonde et que cette colère, elle est justifiée. L'étiquette que certains tentent de vous coller, c'est celle justement d'un Macron bis d'autres disent un autre Macron est possible. Et c'est vrai que vos raliments les plus visibles sont d'anciens macronistes.
Aurélien Rousseau, ministre de la santé sous Ellisabeth Borne, Sachafondateur des jeunes avec Macron, Marguerite Casneu ancienne conseillère du président, Carole [musique] Carole Delgar. Si vous détestiez à ce point la politique d'Emmanuel Macron, pourquoi est-ce que vous vous entourez de gens qui l'ont fait ? Écoutez, Carol Delgar, [musique] elle n'était pas macroniste. Yannick Jado, il n'était pas macroniste, il me semble, si vous voulez, Boris Valot, [musique] Nicolas Maurer Rossignol, Laurence Rossignol, c'est des gens qui ont rompu avec le macronisme. Oui. Et et et il y a je sais pas 5 si fois plus 10 fois plus de figures qui ont toujours été dans l'opession.
Mais moi je vais vous dire une chose, si j'avais été maliste, je les aurais rejoint. J'ai combien de fois j'ai eu des propositions comme tous d'ailleurs [musique] de débauchage pour aller très haut premier ministre ça mais ça m'a jamais intéressé. Qu'est-ce qui vous dérange le plus dans les politiques qui ont été menées par Emmanuel Macron ? Mais dès l'origine, je ne crois pas à la théorie du ruellement.
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Je ne crois pas à ça. Je pense qu'il faut de la redistribution, qu'il faut des structures de solidarité. Et deuxièmement, il n'a rien compris à l'écologie. Ça se voyait dès son livre Révolution, le passage sur l'écologie. On ne peut pas aujourd'hui gouverner la France sans être profondément convaincu que la politique écologique doit être [musique] l'alpha et l'oméga de nos politiques publiques. Il y a une troisième chose et bien je ne crois pas à la verticalité Macronise. [musique] Je ne crois pas à Jupiter. Je pense qu'il faut présider le pays de manière totalement différente.
Je pense que non seulement il faut changer les politiques publiques, mais qu'il faut changer la manière de gouverner ce pays. Et nous nous gouvernerons ce pays en équipe avec un président qui préside, un gouvernement qui gouverne, un parlement qui légifère, qui est responsable en respectant le dialogue social, en respectant les syndicats, en faisant en sorte que ce pays se parle à nouveau et en mettant fin à cette arrogance narcissique du macronisme. On avance un tout petit peu dans le temps pour arriver à ce prochain dossier.
On est en 2019, vous êtes élu député européen et en 2020, à 41 ans, vous prenez la parole au Parlement européen pour interpeller vos collègues et l'Europe sur une cause qui vous est chère, celle du destin du peuple. J'accuse J'accuse les dirigeants du parti communiste chinois du pire crime contre l'humanité du 21e siècle, la déportation et l'éradication du peuple igour. J'accuse j'accuse la communauté internationale de consentir à ce crime par son silence et sa passivité. J'accuse j'accuse les patrons cupides de Nike, de Zara et de tant d'autres multinationales qui bénéficient de la réduction en esclavage d'un peuple.
J'accuse enfin les dirigeants européens de l'acheter et de veuler ries dirigeants. Nous les avons exhortés il y a 1 an déjà à prendre des actions pour faire fermer ses camps qu'ont-ils fait depuis un an ? Rien. Rien du tout. Alors que les choses soient claires, si ces dirigeants s'assoient sur la résolution que nous votons aujourd'hui, et bien s'ils refusent de sanctionner les dirigeants chinois, l'histoire les jugera, complices de crimes contre l'humanité et nous les jugerons avant elle. Ce discours illustre l'engagement de Raphaël Gluxman pour les Wigourlement européen, comme sur les réseaux sociaux où ses postes jaunes et blancs ont été vu et partagés des millions de fois.
Gluxman devient l'une des principales voies en Europe pour alerter sur la répression que le régime chinois impose depuis 2017 à cette minorité musulmane de la région du Xinjang. Lesigour [musique] y sont internés par centaines de milliers dans des camps de façon arbitraire, soumis à une surveillance généralisée et empêché de pratiquer leur religion. En 2022, un rapport de l'ONU évoque même de possibles crimes contre l'humanité. De nombreux détenus sont ainsi transférés vers des usines ou des exploitations agricoles et soumis à ce que plusieurs enquêtes qualifient de travail forcé. Et cette exploitation [musique] des wigours alimente certaines chaînes d'approvisionnement mondial.
Le coton du Xinjang [musique] irrigue par exemple l'industrie textile. Des marques comme Nike, Adidas, H&M ou Unicllow [musique] ont été accusé d'y recourir. Toutes ces entreprises ont contesté ces liens ou dit avoir pris des mesures pour les éviter mais l'origine des matières premières reste très difficile à tracer. Et c'est précisément ça contre quoi Raphael Guxman se mobilise au Parlement européen où il est l'un des députés à avoir porté une loi interdisant la vente en Europe de tout produit issu du travail forcé. Un combat qui n'a pas été sans conséquence pour lui.
En 2021, quand l'Union européenne sanctionne des responsables chinois pour la situation au Xinjang, péquin repost en bannissant [musique] de son territoire cinq eurodéputés dont Raphaël Guxman. Il a qualifié la mesure de légion d'honneur. Les sanctions n'ont été levées qu'en 2025. Et donc on est dans une situation où la globalisation rencontre un système totalitaire et où finalement nous en tant que consommateur, on devient partie prenante d'un crime et on a obtenu des sucs de politique européenne là-dessus. Et pourquoi on les a obtenu ? parce qu'il y a des centaines de milliers et à certains moments des millions de jeunes français qui ont agi.
Moi, je me souviens que j'avais essayé d'emmener avec moi dans ce combat des politiques, des grandes figures dans les institutions européennes ou françaises et que personne ne se souciait des igour et que c'est c'est les jeunes français qui ont amené Ursula Funder Lion dans son discours sur l'état de l'Union à promettre de bannir les produits de l'esclavage de notre marché et de nos magasins et donc de nos armoires. Une de vos propositions par ailleurs, c'est de bannir TikTok et interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Ça vous rapproche un peu d'Emmanuel Macron. Qu'est-ce que vous reprochez à TikTok que vous ne reprochez pas à Instagram et aux plateformes américaines ?
Moi, je dis qu'il faut bannir TikTok si TikTok ne respecte pas les règles européennes. Vous savez ce qui s'est passé en Roumanie ? Oui, avec Cine Georges Schou qui est mis monté en épingle par des algorithmes TikTok prend un candidat qui est à 1 % tout son un coup en fait une trend mondiale sur TikTok en dopant la viralité de ses contenus de manière complètement artificielle. ce candidat de l'extrême droite prorusse passe de 1 % à plus de 20 sans faire un seul interview, une seule interview sur un média traditionnel sans faire euh le moindre meeting. Donc juste en bénéficiant du euh de l'aide algorithmique de TikTok. Mais en face, on a un Elon Musk campagne pour pour Donald Trump sur X.
Moi, je n'ai aucun problème. Il faut sanctionner X. Mon principal problème, c'est qu'on reste en démocratie. C'est qu'on ne soit pas aujourd'hui en tant que français dépendant de ce qui est décidé à Washington ou à Pékin. On s'est parlé euh des Wigours, on s'est parlé du Rwanda aussi. Euh on n' pas encore parlé euh de la situation en Palestine qui nous alerte. Dans un rapport de septembre 2025, une commission d'enquête internationale indépendante mandatée par les Nations- Unies conclut qu'Israël a commis un génocide à Gaza. Vous Raphaël, on ne vous a jamais entendu dire ce terme. Pourquoi ? Moi, j'ai dénoncé les crimes de masse.
Euh j'ai dénoncé euh le gouvernement d'agou, j'ai milité pour des sanctions. J'ai milité pour la suspension de l'accord d'association avec Israël. Donc, je pourrais pas me suspecter d'être favorable au gouvernement d'extrême droite israélien, ça c'est une évidence, mais sur le génocide en tant que tel. Et c'est sans doute lié à mon histoire sur le Rwanda. Je n'utilise [musique] pas ce terme. Je n'utilise pas ce terme. D'ord.
Est-ce que le Raphaël Luchman de 2004, celui qui filme, celui qui dénonce le soutien du gouvernement français au Rwanda, écouter le Raphaël Gman en 2026 candidat à une élection présidentielle, il se dirait pas qu'il manque un peu de courage sur la définition de ce terme ? Non, parce que ça aurait été plus facile que je l'utilise honnêtement puisque je me fais attaquer justement pour le fait de pas l'utiliser mais parce que [musique] c'est fondé à la fois sur les décision de justice parce que la commission dont vous parlez c'est pas une commission de justice. C'est fondé sur les décisions de justice.
La CPI ne considère pas qu'il y a je pourtant il réclame l'arrestation de Netano donc on peut pas les suspecter [musique] de d'être d'être pro israélien ou pro Netaniao. Enfin ils ont lancé un mandat d'arrêt contre Netania. qui sont sous sanction américaine à cause de ça. Donc il parle pas de génocide par ailleurs. Pour moi le le génocide sans doute c'est lié à mon travail sur c'est l'extermination totale d'une population. C'est ça la visée. Et je suis révolté révolté par ce qui se passe à Gaza et en 6 jour et la colonisation et je l'ai toujours été.
En fait, si la France insoumise, le parti communiste, les écologistes ou une partie des socialistes [musique] comme Olivier Fort emploi le terme de génocide pour qualifier l'action d'Israël à Gaza, la question [musique] continue de cliver la gauche française. Ailleurs dans le monde, des dirigeants utilisent aussi ce mot, génocide, notamment le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ou le président brésilien Loula. Ce qui emploie le terme estime que les massacres de civils, les déplacements forcés, la destruction des infrastructures et les conditions de vie imposées aux Palestiniens correspondent à la définition juridique du génocide. De son côté, Israël rejette catégoriquement l'accusation.
Au sens juridique, la qualification de génocide implique de démontrer qu'il y a une intention réelle de détruire totalement ou partiellement un groupe national ethnique, racial ou religieux. Raphaelman dit avoir un emploi extrêmement [musique] précautionneux du terme et préfère ne pas l'employer dans le cas de Gaza tant qu'aucune juridiction internationale ne l'aura formellement établi. J'ai une dernière cassette. On revient en France en 2024, vous avez 44 ans et vous êtes en pleine campagne pour les européennes pour la liste Parti socialiste, place publique. À l'occasion des traditionnelles manifestations du 1er mai, vous êtes chahuté et expulsé du cortège à Saint-Étienne.
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Qu'est-ce que vous dites à ce moment-là ? Vous avez des gens qui qui vous hurlent dessus salioniste rentre à Tive. Sérieusement, c'est manifestation, quel est le rapport un 1er mai et pourquoi en fait comment vous faites pour vous réconcilier avec cette partie de cette gauche militante qui est dans la rue ? Vous voulez pas vous réconcilier avec avec les mecs qui ont créé ça ? Non, pas avec ces personnesl en particulier. Mais je vous le dire, aucune intention de me réconcilier avec ces gens. Il y a des millions de personnes qui manifestent. Oui, mais c'est pas des millions de personnes qui me chassent la manifestation.
C'est c'est un groupe de personnes politisées, d'accord, avec des drapeaux politiques de partis politiques. C'est pas des millions de personnes là qui qui me chassent. J'ai aucun problème moi avec les manifestants. Par contre, des groupuscules violents qui disent ça, non. Qui utilisent la violence. Non, je n'ai aucun rapport avec eux. Pour autant, un mois plus tard, votre liste arrive en tête à gauche lors des élections européennes. Il est 20h, vous la découvrez notre première estimation. Le Rassemblement national et Sali sont à 32,4 %. Viennent ensuite le Parti Renaissance de la majorité présidentielle, 15,2 %, place publique, le Parti socialiste 14,3 %.
Vous annoncez qu'il y a une inversion des rapports de force à ce moment-là. Vous posez vos conditions pour les législatives qui suivent la dissolution. Mais dans les jours qui suivent, le Parti socialiste, la France insoumise, des écologistes et le Parti communiste montent le Nouveau Front populaire sans que vous ne puissiez imposer grand-chose.
Car oui, rappelez-vous, on est en juin 2024 et dans la foulée du résultat des élections européennes, le président de la République, Emmanuel Macron, décide de dissoudre l'Assemblée nationale et face à la probabilité forte que le Rassemblement national remporte ses élections législatives et donc de voir un premier ministre RN arriver au pouvoir, la gauche s'unit. Les socialistes, les communistes, les insoumis et les écologistes se rassemblent sous la même bannière du nouveau Front populaire.
Raphaël Luxman se dit ouvert à l'Alliance, mais il veut poser ses conditions compte tenu du résultat de son parti aux élections européennes pour éviter que la France insoumise plus radicale prenne la tête du NFP. Il faut un cap clair. On va pas refaire la NUPEST là hein. Il y a eu une inversion des rapports de force. Bon, finalement, le nouveau Front populaire se fait sans vraiment tenir compte de cette inversion des rapports de force que revendique Raphaël Gman. L'accord donne 229 circonscriptions à la France insoumise, soit le plus grand nombre parmi les partis politiques de l'alliance.
Et en fin [musique] de compte, place publique, le parti de Raphaël Luxman ne compte aujourd'hui que deux députés à l'Assemblée nationale. 2 ans après, vous acceptez une primaire avec le PS que vous appeliez encore il y a peu la machine à perdre. Avec le recul, on n'est pas sûr de le voir cette inversion des rapports de force. Est-ce que vous sentez que vous avez suffisamment d'autorité à gauche pour imposer vos conditions ? Mais vous le verrez sur le nouveau Front Populaire, c'est [musique] juste une question de moral de l'urgence. Quel était le principal péril qui pesait sur le pays après la dissolution complètement folle d'Emmanuel Macron ?
C'était la prise du pouvoir immédiate par Jordan Bardella, Marion Maréchal, Éric Siotti, Marine Le Pen et donc il fallait faire une alliance défensive pour empêcher ça. [grognement] Maintenant sur le rapport de force et vous dites sur l'autorité. Moi j'ai dit une chose simple. Je ne voulais pas d'une immense primaire qui aille de j'ai cité Rufin [musique] de Poutou à Hollande. Pourquoi ? Mais parce que je n'y crois pas à cette union de Poutou à Hollande. Et la gauche a aujourd'hui le luxe de se fracturer sur ces questions-là alors que euh Marine Le Pen est aux porte du pouvoir. Non, il y a je pense deux offres [musique] cohérentes à gauche. Deux.
Et c'est suffisant ça pour arriver au second tour ? Ben, nous verrons mais la gauche a gagné quand elle était [musique] sur deux offres. une offre dans laquelle je ne pourrais pas me reconnaître et je pense des millions de françaises et de Français ne se reconnaîtront pas qui est celle de Jean-Luc Mélenchon et il y a la nôtre mais simplement la nôtre il faut l'assumer si on prend ces trois images Raphaël Gluxman le fils d'André Gluxman, le jeune conseiller de Michael Sakevili et le candidat pour 2027 sur quelles idées vous avez le plus évolué ? [musique] J'ai beaucoup euh évolué sur sur les idées. J'ai un fil rouge absolu qui est la défense de la démocratie et de la liberté.
En quelques mots, si je vous demande de [musique] résumer votre pensée politique, votre ADN politique, c'est quoi ? C'est euh la démocratie sociale solidaire ou la social-démocratie, comme vous voulez, mais qui comprend que le projet de transformation, c'est l'écologie. Il est là le grand projet mobilisateur. Merci Raphael Gusman. Merci à vous. Et voilà, c'était le 4e épisode des dossiers, ma série d'entretien politique avec TF1 Info. J'espère que ça vous a plu. D'ailleurs, hésitez pas à me dire [musique] en commentaire quelle personnalité vous verriez dans ce format. Pour ceux qui l'ont raté, les épisodes de Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Atal et François Ruffin sont déjà disponibles.
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[musique]
L'assise
[musique]
est basse. Ouais mais la fois dernière, je sais pas si vous souvenez, je vous ai intervie pour un format sur sur les européennes et là pour le coup, j'avais été [ __ ] parce que je vous ai donné une assise horrible. Ah mais c vant de mierce. Je je suis désolé pour ça. Je vous donne des excuses et depuis [raclement de gorge] j'ai appris en en 2 ans à fournir des assices convenables. Vous allez voir, on est bien là-dedans. Pardon [rires] ? Toujours basse. Ouais, toujours basse. Mais on n'est pas à la télé, faut on n plus des contract.