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Intervention de Selma Labib à la fête du Mans : "on ne peut pas attendre 2027!"

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Cette société capitaliste, elle va de crise en crise, crise économique, pandémie. Et d'ailleurs, on a les yeux sur la RDC où Ebola fait rage dans l'indifférence générale quand même en ce moment. Et bien sûr, la canicule qui est le dernier épisode de la crise climatique.

Ces crises, c'est la conséquence d'une société dirigée par des exploiteurs. On vit en fait sous la dictature du capital qui n'a qu'un seul objectif, c'est nous exploiter. Pour tout le reste, c'est démerdez-vous pour se loger, démerdez-vous pour se soigner, démerdez-vous pour se déplacer, pour s'éduquer.

Tout ça, ce n'est pas le problème des capitalistes. C'est ça la situation, c'est ça que la canicule a encore démontré quelques années à peine après le Covid. Pour nous qui conduisons les bus, les températures sont irrespirables.

Les sièges, les volants, ils dépassent les 40 degrés. On a pris des mesures de température qui vont jusqu'à 47 degrés dans les bus au poste de conduite. Chez nous, il y a des collègues qui s'écroulent en finissant leur service.

On les retrouve par terre dans les terminus. Il y a un collègue qui a fait un malaise qui s'est pris avec son bus à un arbre à Porte de Saint-Cloud il y a deux jours. C'est ça la réalité.

Oxfam, ils ont chiffré 20 milliards pour répondre aux besoins d'adaptation climatique. 20 milliards, c'est 17 mois de bénéfice total. C'est aussi un 20e du budget de l'armée qui augmente au dépend d'ailleurs de tous les services publics.

Finalement, c'est ça en fait aussi la lutte des classes. C'est cette lutte entre la minorité qui exploite et la classe majoritaire qui produit. Et en fait, elle se mène partout, pas que sur les lieux de travail, elle se mène aussi dans la société.

Parce que c'est aussi la lutte des classes quand la préfecture, elle interdit toutes les fêtes de musique en banlieue, mais qu'elle laisse faire la fête dans Paris avant de déclencher une campagne raciste, sécuritaire contre les jeunes de banlieue qui sont venus se baigner dans des canaux de la capitale. Les patrons aussi font de la politique. Même dans une situation où tous les accusent comme celles qu'on vit, mais ils continuent de défendre leur système.

Ils continuent de nous expliquer qu'il ne faut surtout pas s'arrêter de produire, parce que sinon, vous vous rendez compte, ça va être la crise économique et qu'on ne peut pas non plus tout arrêter parce qu'il fait chaud. Donc nos patrons, ils font de la politique, c'est à nous d'en faire aussi. On ne peut pas attendre 2027 quand on se mange une inflation massive, quand les salaires, ils stagnent, quand on voit des fermetures d'usines et des suppressions massives de postes.

Des luttes, il y en a. Il y en a à Decathlon, là, pour les salaires, et on salue les salariés de Decathlon qui sont en grève aujourd'hui. Des luttes, il y en a aussi à Poissy contre la fermeture de l'entreprise.

Il y en a à La Poste contre les réorganisations, il y en a à la SNCF pour les conditions de travail, il y en a au 115 à Paris, en SAMU Social qui est en grève reconductible, il y en a dans l'éducation aussi contre les conditions de travail avec la chaleur, il y en a à l'hôpital contre les politiques racistes, par exemple, des directions qui font la chasse au calot, il y en a à l'ingénierie, à Renault contre les suppressions d'emplois, et ce serait possible de gagner si on était tous ensemble. Et l'avenir pour lequel ça vaut le coup de se battre, c'est bien celui d'une société qui est débarrassée de l'exploitation et des oppressions, et où ceux et celles qui font tout tourner, oui, ils décident de tout.