Aller au contenu
Tous les transcripts
ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 28 juin 2018 5 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécurité

#LCE22 : Macron au Vatican | Erdoğan | Orbán | Sommet Européen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Générique] – Et donc voilà, Alexis en chair et en os, et en direct avec nous. J'espère que tu vas bien. – Ça va. – Alors, à quel coin on s'intéresse ce soir, de ce beau continent qu'est l'Europe ? – On s'intéresse au spirituel européen plutôt qu'au coin puisque je vais parler de cette visite d'Emmanuel Macron à Rome, où il a reçu les habits du Chanoine du Latran.

Et c'était un moment de joie, de liesse. Son nom est Emmanuel et toutes les cloches de Rome ont sonné pour lui, le chant grandiose des anges laudateurs. C'était une bonne et une auguste nouvelle.

Le Pape a reçu notre bien-aimé Président, un philosophe agnostique mais spirituel surtout habitué d'une mission particulière : réformer ce pays de feignasses qu'est la France, pour le bien des marchés. Alors le Pape, ce cabotin, a fait remarquer à Emmanuel Macron que nous sommes tous pauvres en lui offrant une grosse médaille en or, comme on fait quand on est pape. Alors oui, on est tous pauvres mais certains plus que d'autres quand même.

Et alors, il est fort notre Président. Il a encore battu un record, eh ouais : 57min d'entretien avec le Pape. Il explose le record d'Obama de 5min, qui était de 52min.

Et alors, j'ai appris comme ça que l'entretien avec le Pape allait rentrer : C'est une nouvelle discipline olympique des présidents, voilà… la vanité jusqu'où ça nous tient. Alors on retiendra aussi de cette visite, la petite blague sur la mafia bretonne… C'est vrai, alors petite blague, je vais en faire une aussi. Alors, avec Sarkozy, le Pape avait eu droit à Bigard en direct et avec Macron, il a seulement droit aux blagues de Bigard !

C'est la misère. Mais bon, que les blagounettes du Chanoine ne nous fassent pas oublier sa pensée complexe. Il a assuré d'un ton docte et sentencieux à l'issue d'une conférence de presse que nous, les humains avions, je cite : "anthropologiquement, ontologiquement et métaphysiquement besoin de la religion".

Et tout ça pendant que sa majorité passait une loi pour retirer les cultes de la liste des lobbies à l'Assemblée. Alors ça c'est quand même assez fort de café dans notre belle république laïque. Alors oui, la religion fait son grand retour en politique.

Non pas qu'elle l'ait jamais quittée mais disons que depuis le Siècle des Lumières, on l'avait connue moins nerveuse. Et un autre leader en appelle au pouvoir divin pour asseoir son pouvoir temporel, et vous l'aurez compris, ce week-end, Erdoğan, indéboulonnable en Turquie. Il faut dire qu'il a mis toute l'opposition en prison, il a fait taire la presse.

Recep Tayyip Erdoğan a attribué son succès, 52,5% des voix, à la lutte menée avec l'ensemble du peuple, ("ensemble" on aime) contre les vandales et les traîtres, vantant la bonne leçon donnée à tous ceux qui s'attendaient à ce que la Turquie se mette à genoux, pour prier peut-être. Se posant en rempart contre toutes les attaques de l'Occident affairiste et les ennemis gulenistes. Le sultan assoie un peu plus son pouvoir à coup d'idéologie xénophobe, ça c'est à la mode, de promotion des valeurs pieuses de l'Islam et de mesures de coercition.

Mais en Europe, bien sûr, on se fait assez discret, on se tait, car la Turquie c'est un allié précieux de l'OTAN et c'est surtout l'assurance de la fermeture extérieure des frontières à coup de 3 milliards par an. Et puis en Europe, on a aussi notre moine guerrier à nous, Viktor Orbán, Premier Ministre hongrois, qui a fait état de son plan pour l'Europe lors d'un discours d'hommage à Helmut Kohl, la semaine dernière. Pour lui, le temps des démocraties libérales est révolu, il est temps de faire place à la démocratie chrétienne mais la bonne, la grosse, la hardcore qui est au cœur selon lui, de l'histoire et de la construction européenne.

Alors c'est un papa, une maman, un Pape, la croix, le goupillon et c'est reparti pour un tour. C'est une belle campagne homophobe d'ailleurs de la presse pro-Orbán qui a conduit à l'annulation du spectacle Billy Elliot à l'Opéra de Budapest, parce que dans le spectacle, un petit garçon dansait avec un petit garçon et le final se faisait sur fond d'arc-en-ciel. Alors pensez donc !

Les Ligues de vertu se sont bien sûr soulevées contre ce sommet… Il y a un autre sommet à la fin de la semaine, c'est le Sommet européen qui va commencer dès demain et qui s'annonce bien chargé. Alors bien sûr, les présidents et les leaders vont faire semblant de s'entendre sur la politique migratoire, sur le budget de l'euro, qui est une peau de chagrin, et on discutera j'imagine, s'il est judicieux ou non de rebaptiser l'Union européenne : "Le nouveau Saint-Empire romain germanique". Surtout après la défaite de l'Allemagne, ça leur mettra du baume au cœur. – Eh bien merci beaucoup Alexis.

Alors d'habitude on dit "à la semaine prochaine", mais c'est la dernière chronique de la saison ? – Oui, c'est ça. Alors voilà c'est l'été, mais l'actualité européenne restera chaude.

Je continuerai à faire quelques trucs par-ci par-là et on reviendra avec plein de trucs à la rentrée. – Eh bien super, on te retrouve à la rentrée du coup. Bel été !