Voeux2019 de Marine Le Pen à la presse
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« Pour ceux qui, parmi vous, l'année dernière s'inquiétaient de nous voir disparaître, je veux les rassurer sans attendre. »
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« Le courant national, vous savez, est un élément quasi institutionnel de notre paysage politique. »
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« Le clivage national-mondialiste que nous avions théorisé s'impose partout en France comme en Europe. »
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« L'aspect le plus visible a été le changement de nom. »
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« La prise en compte des messages que l'électorat nous a adressés sur l'Europe et sur l'euro par exemple. »
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« En ces temps où la promotion des élites populaires apparaît, s'est bloquée et où les Gilets jaunes expriment la volonté du peuple de réinvestir activement le champ politique. »
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« Le mouvement des Gilets jaunes, ce mouvement populaire, sans leader, à l'encontre duquel le pouvoir a choisi la diabolisation, la répression et la persécution a pu engendrer des débordements. »
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« Avez-vous seulement remarqué, sûrement, que pratiquement tous nos députés, Gilbert Collard, Ludovic Pajot ou Sébastien Chenu, ont subi des agressions physiques graves. »
- 9:20PrésentateurFait
« Marlène Schiappa continuera sérieusement de demander des perquisitions numériques de tous les opposants. »
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« Castaner sera tenté d'ordonner une garde à vue générale préventive de milliers de personnes. »
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« Le Rassemblement National est issu d'un mouvement qui depuis 45 ans se présente à l'élection de manière démocratique. »
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« Nous contestons l'étiquette diffamatoire et péjorative d'extrême droite que par facilité par habitude ou par parti pris certains journalistes nous accolent. »
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« Notre Constitution nous donne les clés pour sortir de la crise et retrouver pour tous la voie de l'apaisement si nécessaire. »
- 12:41PrésentateurPromesse
« J'ai proposé la dissolution de l'Assemblée Nationale et le retour au peuple. »
Temps de parole
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Mesdames et Messieurs, chers amis journalistes, Je suis heureuse de l'occasion qui m'est donnée de pouvoir vous rencontrer pour échanger avec vous au seuil de cette nouvelle année. Une année qui, nous le savons par avance, sera riche, studieuse, trépidante et nous amènera à travailler ensemble. Nous qui aimons la politique, qui aimons les idées, qui aimons observer et comprendre, nous allons vivre, au cours de ces bouleversements historiques que nous avons devant les yeux, des moments extraordinaires, des moments d'une grande intensité politique. Pour ceux qui, parmi vous, l'année dernière s'inquiétaient de nous voir disparaître, je veux les rassurer sans attendre.
Comme vous le voyez, nous ne nous portons pas si mal que cela, même si nous gardons par rapport au sondage, parfois flatteur, une grande humilité. Bien sûr, le début de l'année 2018, jusqu'à l'affaire Benalla, a été marqué par un manque d'appétence des Français pour la politique. Cette dépolitisation a touché tout le monde, et en premier lieu, les partis politiques, tous les partis politiques. Ce phénomène a atteint également la presse politique, vous ne me contrôlerez pas, et je crois qu'il était donc vraiment hâtif de conclure à la disparition du courant politique que nous représentons. Le courant national, vous savez, est un élément quasi institutionnel de notre paysage politique.
Les raisons de son émergence n'ont pas disparu, au contraire, et l'oligarchie qui gouverne nos vies l'a rendu indispensable aux yeux d'un nombre croissant de citoyens. Ce raisonnement sur notre prétendue disparition était d'autant plus impolitique que la montée des mouvements populaires touche toute l'Europe et même le monde, et constitue donc une donnée qui ne peut être analysée comme conjoncturelle, mais structurelle. Le clivage national-mondialiste que nous avions théorisé s'impose partout en France comme en Europe, c'est dire si le phénomène est puissant.
Certes, comme tout le monde, nous n'avons pas été épargnés durant ce début d'année 2018 par ce manque de vent qui a touché tous les acteurs et commentateurs de la vie politique. Eh bien, nous nous sommes appliqués l'adage des vieux marins « Quand il n'y a pas de vent, inutile de s'agiter sur le pont » et nous avons travaillé en soute. Cela nous a conduit à engager une mutation de notre mouvement et c'est un mouvement profondément rénové qui se présente aujourd'hui devant vous. Je vous fais une confidence, mais vous le savez, tout changement est difficile. Changer un parti est difficile. C'est une œuvre longue.
La mutation de notre mouvement, je l'ai entreprise dès 2011 et je n'ai cessé depuis de l'impulser. L'aspect le plus visible a été le changement de nom. Mais je crois qu'en passant du FN au RN, notre mouvement a profondément changé. Une organisation interne est plus décentralisée, moins verticale. Sa stratégie l'amène à être résolument tournée vers une ouverture politique et vous avez vu émerger de nouvelles personnalités et vous en verrez d'autres qui certainement vous surprendront. Les ralliés témoignent eux-mêmes qu'ils ont le sentiment de rejoindre un parti qui a profondément évolué et qui n'est plus celui qu'ils ont pu combattre par le passé. J'y vois un gage de succès.
Le mouvement que nous sommes en train de construire adopte une logique de rassemblement avec tout ce que cela implique. La prise en compte des messages que l'électorat nous a adressés sur l'Europe et sur l'euro par exemple, mais aussi de la nouvelle donne sur la scène politique européenne. La volonté de réformer les pratiques avec un fonctionnement interne plus participatif et externe moins rugueux. La capacité à admettre en notre sein des personnalités aux parcours différents qui ont la possibilité de faire entendre leurs différences.
Au moment où les partis traditionnels que sont LR et le PS sont en passe de devenir à l'image du parti radical ou du CNI des anciens grands partis, le Rassemblement National est je crois adapté à la nouvelle donne politique. Il est adapté à l'attente d'un nombre croissant de Français si on en juge par le regain d'adhésion que nous constatons. Il est adapté à l'évolution du monde et notamment à cette révolution démocratique qui se déroule en France et en Europe. Nous l'avons voulu ainsi. Elles ne cesseront pas de le faire évoluer.
Je ne doute pas que vous, qui êtes des observateurs attentifs de la vie des partis politiques, vous nous y aiderez par votre exigeante objectivité comme par la pertinence de vos commentaires qui participent du fonctionnement de notre démocratie. Comme toutes les organisations humaines, nous ne prétendons pas à la perfection. Vos remarques, parfois déplaisantes, parfois sévères et même injustes, nous aident à nous améliorer.
Nous sommes un parti dont l'honneur est d'amener de simples citoyens à devenir des acteurs politiques qui amènent des gens du peuple à prendre une part active au débat public et dès que nous le pouvons qui les amènent à devenir élus de la République et à s'exprimer dans les assemblées locales ou nationales. Certains peuvent ironiser sur un représentant politique sans expérience et donc parfois un peu malhabile. Se faire une gore facile de traquer les faux pas. Que vous soyez exigeant, c'est normal. Mais ne vous trompez pas.
En ces temps où la promotion des élites populaires apparaît, s'est bloquée et où les Gilets jaunes expriment la volonté du peuple de réinvestir activement le champ politique, notre mouvement s'enorgueillit d'être un mouvement de simples citoyens. Ces citoyens actifs, dévoués, désintéressés, qui travaillent chaque jour pour mieux servir le bien commun. Je vous le dis avec sérénité et s'agissant d'une prise de conscience collective majeure avec une satisfaction et un réconfort intérieur que je ne veux pas dissimuler. La révolte des Gilets jaunes a mis enfin en lumière cette France invisible dont nous avons tant parlé, parfois en vain.
Cette France dont beaucoup de doctes commentateurs parisiens ignoraient jusqu'à l'existence. Les témoignages que vous avez recueillis et diffusés de cette mère qui doit choisir entre acheter à manger à ses enfants ou changer la paire de baskets du petit. Ce père de famille retraité qui pleure en évoquant ses conditions de vie miséreuses et le chagrin qu'il ressent de voir son fils au RSA. C'est pour nous, du Rassemblement National, une vision quotidienne. Ceux que vous voyez, ce sont souvent nos électeurs, ce sont les nôtres, ce sont ceux que nous rencontrons tous les jours, qui attendent tant de nous et qui constituent le moteur de notre action.
Chaque fois que nous doutons et que nous nous demandons pourquoi nous nous battons, nous pensons à eux. Pour ces retraités, ces travailleurs pauvres, nous avons toujours plaidé pour une réponse sociale qui m'a personnellement valu des accusations imméritées de gauchisme. Lorsque c'est pour une juste cause, j'accepte sans difficulté des accusations même facile, même absurde. Bien sûr, le mouvement des Gilets jaunes, ce mouvement populaire, sans leader, à l'encontre duquel le pouvoir a choisi la diabolisation, la répression et la persécution a pu engendrer des débordements.
Je ne peux à cet égard que condamner de la manière la plus ferme les attaques physiques dont certains de vos confrères ont pu être la cible. Cette violence nous fait horreur. Il n'est personne de mieux placé que nous pour savoir combien est odieuse la violence politique, nous qui en sommes victimes depuis si longtemps, dans un lourd silence. Avez-vous seulement remarqué, sûrement, que pratiquement tous nos députés, Gilbert Collard, Ludovic Pajot ou Sébastien Chenu, ont subi des agressions physiques graves et ce, dans la plus parfaite et détestable indifférence.
Je crois que si des critiques peuvent être légitimes et même nécessaires dans le cadre du débat démocratique, les agressions sont la négation même de la démocratie et du respect de l'autre, sans lequel il n'est pas d'échange constructif, pas de vie démocratique, pas de vie sociale. Je condamnerai toujours sans réserve ces violences envers vous comme je condamne les violences envers les policiers. Tout autant, je m'insurge contre les violences illégitimes et même les brutalités inouïes que nos gouvernants ordonnent chaque samedi contre les Gilets jaunes avec son cortège de blessés et de mutilés, y compris chez certains de vos confrères.
Le comportement de nos dirigeants est irresponsable, impardonnable. Et reconnaissons que ces violences-là, ces violences mutilantes contre les Gilets jaunes, sont davantage relatées sur les réseaux sociaux que sur certaines antennes. Face à un pouvoir qui est tenté de toute évidence par la dérive autoritaire, vous en avez un peu fait les frais au début du quinquennat, qui est tenté par les violences contre les opposants, vous, la presse, vous avez un rôle à jouer. Sans vous, Marlène Schiappa continuera sérieusement de demander des perquisitions numériques de tous les opposants.
Castaner sera tenté d'ordonner une garde à vue générale préventive de milliers de personnes et peut-être de mettre en œuvre la proposition terrible de Luc Ferry d'utiliser des armes contre les manifestants. Vous, comme nous, avons le devoir chaque jour de nous poser la question « Où le pouvoir emmène-t-il le pays ? » Et même « Jusqu'où le pouvoir va-t-il entraîner notre pays ? » Vous êtes nécessaire à nos libertés. C'est cela votre responsabilité. Mais ce rôle social éminent vous impose pour contrepartie l'objectivité, le refus de la complaisance à l'égard des puissants, le souci de ne pas vous soumettre au pouvoir établi.
En ce qui nous concerne, dans cette crise qui secoue le pays depuis plus de neuf semaines, nous avons fait le choix de la responsabilité, de l'apaisement. Jamais, je crois, nous ne nous sommes départis de notre rôle de parti politique qui réside dans la recherche d'une solution démocratique, pacifique et donc politique à cette crise. nous l'avons fait sans nous renier, sans complaisance, mais toujours avec le souci de la France, de la paix civile dans un esprit républicain que personne ne peut nous contester. Cette attitude parfaitement républicaine n'aurait pas dû pourtant vous étonner.
Le Rassemblement National est issu d'un mouvement qui depuis 45 ans se présente à l'élection de manière démocratique qui, durant ses 45 ans, n'a jamais contesté les résultats des élections alors même que le mode de scrutin injuste le privait d'une légitime représentation. Même parfois un peu insolent et même transgressif, nous avons toujours été respectueux des institutions républicaines. C'est pourquoi, je vous le dis, nous contestons l'étiquette diffamatoire et péjorative d'extrême droite que par facilité par habitude ou par parti pris certains journalistes nous accolent.
À supposer que nous soyons de droite ce qui est à mon sens faussement réducteur pour un mouvement qui a fait du ni droite ni gauche sa marque de fabrique. En tout état de cause nous ne sommes ni extrêmes dans nos méthodes ni extrêmes dans notre programme. Rien au regard de l'histoire des idées politiques ne permet de rattacher le Rassemblement National à un courant d'extrême droite qui se caractérise historiquement, vous le savez, par son antiparlementarisme, son refus de la République, son refus de la démocratie, par l'aspiration à un régime autoritaire et par le recours à la violence.
Personne plus que nous n'est attaché à la liberté individuelle d'expression et à la démocratie, à la paix civile. Personne n'est plus attaché à la République et notamment à la Ve République qui est pour nous un régime politique exemplaire. Notre Constitution nous donne les clés pour sortir de la crise et retrouver pour tous la voie de l'apaisement si nécessaire. C'est en me fondant sur notre Constitution qui est la loi fondamentale de la nation que j'ai proposé la dissolution de l'Assemblée Nationale et le retour au peuple. Le retour à la paix, l'écoute du peuple qui sont les conditions pour mettre fin à la spirale de la violence, à la confusion dans laquelle le pays glisse.
Ce sont les premiers voeux que je forme en ce début d'année pour notre pays, pour nos compatriotes. Bonne année à vous, mesdames et messieurs, journalistes ou techniciens de la presse et bonne année à vos rédactions. Que 2019, année électorale et donc année laborieuse, vous apporte les satisfactions professionnelles que vous pourrez souhaiter. Nous essaierons d'y contribuer. Permettez-moi également de manière plus personnelle de vous souhaiter à vous tous et à chacun une très heureuse année personnelle et familiale. Je vous remercie. pour vraiment
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