Affaire Epstein : un diplomate français cité
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il avait fait l'objet d'une enquête du FBI pour consultation d'images pédopornographiques avant de quitter les Etats-Unis, sans être inquiété après. Le ministère des Affaires étrangères se dit effaré. - Cette fois-ci, c'est toute la diplomatie française qui est touchée.
Une nouvelle réplique du séisme Epstein. Un diplomate français, F.Aidan, a échangé des dizaines de courriers avec le prédateur sexuel, allant de simples services rendus à la transmission d'informations diplomatiques, comme dans ce mail de 2012.
A la même époque, et alors qu'il est détaché aux Nations unies, le FBI aurait ouvert une enquête à son encontre pour des consultations présumées de sites pédopornographiques. Aucune charge n'avait été retenue contre lui, mais sa proximité avec J.Epstein embarrasse aujourd'hui le Quai d'Orsay. - J.-N.Barrot: Quand j'ai pris connaissance de ces informations, j'ai été effaré.
J'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place. J'ai saisi le procureur de la République, j'ai lancé une enquête administrative pour concourir au travail de la justice ainsi qu'une procédure disciplinaire le concernant. - Où s'arrêtera le volet français de l'affaire Epstein?
Sur le plan judiciaire, un nouveau témoignage pourrait pousser la justice française à ouvrir une enquête. Une ancienne mannequin suédoise porte plainte pour viol contre un homme d'origine algérienne et naturalisé suédois, un certain Daniel Siad. Il aurait recruté la jeune femme pour Epstein à Stockholm.
Elle l'a reconnu 36 ans plus tard sur des photos. - J'ai vu la presse. J'ai compris que Daniel Siad était l'homme qui m'avait violée.
J'ai tout compris. Je me suis dit que je devais porter plainte. - Le nom de Daniel Siad apparaît des milliers de fois dans des discussions avec Epstein, mais dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux de manière inattendue, le chasseur de top-modèles tente de se défendre. - D.Siad: J'ai travaillé professionnellement pour présenter des mannequins pour lui et pour l'agence.
Heureusement, j'ai jamais présenté de ma vie un mannequin mineur ou qui a été abusé. J'ai rien à me reprocher. - Le gouvernement français appelle les victimes à se tourner vers la justice, mais l'Assemblée pourrait bien se saisir de l'affaire.
LFI appelle à l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire. Une demande aussitôt rejetée par la présidente de l'Assemblée. - Y.Braun-Pivet: La commission d'enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice.
Ca entraînerait de la confusion des pouvoirs. - Une position qui fait réagir. - G.Attal: Tous les groupes parlementaires ont le droit de déclencher une commission d'enquête.
Si un groupe décide de déclencher une commission d'enquête sur ce sujet, je ne m'y opposerai pas. - Preuve de l'importance grandissante de l'affaire en France: J.Lang a été placé sous protection judiciaire après des menaces sur les réseaux sociaux.
Il est accusé d'avoir entretenu des liens proches avec Epstein. Il a quitté la présidence de l'Institut du monde arabe samedi. Le scandale Epstein n'éclabousse pas seulement le monde politique.
L'ancien footballeur F.Ribéry est cité dans une lettre anonymisée, adressée au département de la justice américain. L'avocat du footballeur dit qu'il va porter plainte et met en garde contre la crédibilité du témoignage. - Si vous avez consulté le document, vous avez compris que nous sommes en présence de quelqu'un qui est dans un état de mythomanie absolue.
F.Ribéry est cité. Il y a un avocat qui est cité, qui n'a jamais été l'avocat de F.Ribéry. - Si le dossier Epstein continue d'alimenter les scandales, démêler le vrai du faux reste un défi pour les enquêteurs et les journalistes. - C.Roux: L'avocat de F.Aidan conteste l'ensemble des accusations, que ce soit le partage d'informations confidentielles ou la consultation de sites pédopornographiques.
Question. On va revenir sur le rôle de D.Siad et les suites qu'il pourrait y avoir en France. - A.Bellanger: Bien sûr. - A.Goutard: D'autant plus qu'E.Macron a dit que c'était une affaire aux Etats-Unis. "C'est aux Etats-Unis de laver leur linge sale." Finalement, on est comme la Slovénie, la Norvège, les Etats-Unis...
On a visiblement...
Chacun va se défendre, mais il y a des soupçons chez nos diplomates, avec un ministre des Affaires étrangères qui dit qu'on n'est qu'au début de la partie. - A.Bellanger: La France est un peu plus touchée que le reste.
La Grande-Bretagne, ça risque de faire déminer le Premier ministre. La France était le seul endroit où Epstein avait un pied-à-terre de 800 m2, à Paris, en Europe. C'était la plaque tournante.
Il y a beaucoup d'agences de mannequins, avec les Semaines de la mode, des mannequins qui viennent du monde entier pour les défilés. C'est un point de rencontre pour ceux qui aiment les jeunes femmes influençables, qui viennent du monde entier. C'est la ville où on peut s'amuser.
G.Maxwell elle connaît parfaitement la France. Il y a des milliers de photos la représentant.
Il y a un vrai tropisme français qui ne peut qu'entraîner scandale après scandale. - C.Roux: On est au début de l'affaire française? - R.Werly: Je pense.
Reste à savoir si d'autres documents vont être divulgués. Le département de la justice américain retire des documents. Au fur et à mesure que des journalistes vont se se plonger et ouvrir tous ces documents...
C'est très fastidieux de les ouvrir les uns après les autres. Il y a des gens qui n'ont pas dévoilé des informations et qui vont se sentir dans l'obligation de les donner. Il y a toujours une procédure en cours, sauf erreur, au civil, pour des questions de dommages-intérêts pour les victimes.
Il est à mes yeux impossible qu'une personnalité comme J.Epstein, dont on connaissait les agissements, n'ait pas été surveillée par les services de renseignements et par la police. Il y a des dossiers Epstein qui, pour l'instant, ne sont pas sortis, mais on savait ce qui se passait dans cet immeuble. - C.Roux: V.Cantié, vous avez enquêté sur ce sujet depuis 2019.
Il y a eu une perquisition à son domicile. Les enquêteurs ont récupéré un ordinateur, des clés USB, 4500 mails. C'est suffisant à éplucher.
Où est cette matière? - V.Cantié: On n'a pas de nouvelles.
Je ne peux pas être plus claire. On ne sait pas ce que sont devenus les contenus de ces ordinateurs, qui ont été saisis lors de la perquisition 22 avenue Foch, quelques jours après la mort de J.Epstein.
La veille de la perquisition, qui a quand même duré une dizaine d'heures, le majordome, on va dire, de J.Epstein, s'est rendu dans l'appartement. Il n'y avait pas de scellés.
C'est lui-même qui nous l'a dit lorsqu'on l'a interviewé en 2019. Il nous a pas dit ce qu'il y avait fait. Il est venu "ranger des affaires", nous a-t-il dit, à la demande du trust de J.Epstein, qui s'appelait le trust 1953, où était sa fortune.
On ne sait pas ce que le majordome a pris et quel est le contenu des ordinateurs saisis. - C.Roux: Pourquoi l'affaire s'arrête à ce moment-là? - V.Cantié: Elle ne s'arrête pas totalement.
Après, J.-L.Brunel est arrêté.
C'est 1 an après, ou même 2 ans. Il y a des plaintes contre J.-L.Brunel.
L'enquête continue, visant spécifiquement J.-L.Brunel plus qu'Epstein.
Jean-noël Barrot