Face à Face : Grégory Doucet et Benoît Payan - 19/10
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:16RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire qu'on en est à avoir un ministre de l'Intérieur par défaut ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Que vous remonte des policiers ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Comment ça a pu être possible ? Qui ? Pourquoi ? Et maintenant, quelle suite ?
- 3:47RelanceRéponse directe
Quel type de réponse ?
- 4:20RelanceRéponse directe
Est-ce que vous estimez que cette réponse vous donne les moyens de lutter ou pas ?
- 5:32RelanceRéponse directe
Lorsque le ministre de l'Intérieur dit 'Nous avons perdu le contrôle', estimez-vous qu'à Lyon il y a eu des moments de perte de contrôle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54InvitéFait
« on a perdu le contrôle »
- 1:23InvitéFait
« On ne lui donne pas les moyens »
- 1:31InvitéFait
« Ça peut être le couvre-feu, ça peut être l'état d'urgence »
- 1:55InvitéChiffre
« x1000 »
- 1:59InvitéChiffre
« Compagnies de CRS c'est 80-85 hommes sur le terrain »
- 3:29Invité politiqueFait
« On est encore en train de récupérer la ville petit à petit »
- 4:27Invité politiqueFait
« On a entendu le président de la république confier au premier ministre, à son gouvernement le soin d'apporter des réponses »
- 4:49Invité politiquePromesse
« On demande la mise en place d'un fonds de solidarité »
- 5:39Invité politiqueFait
« Totalement »
- 6:09Invité politiqueFait
« Ils ont pu caillasser et piller mon magasin pendant 30 minutes, 60, enfin une heure sans qu'il y ait la moindre intervention de la police »
- 6:29Invité politiqueFait
« Le dimensionnement de la réponse n'était pas approprié »
- 18:39InvitéFait
« Des voyous, des casseurs qui se sont introduits dans des mairies »
Temps de parole
- Benoît Payan30 %
- Présentateur29 %
- Invité20 %
- Invité 216 %
- ?4 %
≈ 9,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC
Face
à Face
Apolline de Malherbe
Un
samedi noir, une tragédie des manifestations des casseurs et des pilleurs Le chaos et la tragédie c'est le mot du maire de Lyon qui sera en direct avec nous dans un instant Le maire de Lyon, Grégory Doucet, le maire de Marseille, Benoît Payan Qui répondent à mes questions ce matin dans le Face à Face Et qui interpelle aussi directement le ministre de l'Intérieur Et Dominique Rizet, vous êtes justement avec nous d'abord pour faire le point Bonjour Dominique Dominique, le maire, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez A remis sa démission au président de
la
République Lequel l'a refusé, il est donc toujours au moment où on se parle ministre de l'Intérieur Mais il le reconnaît, on a perdu le contrôle
Oui,
on a perdu le contrôle Et le problème c'est que je ne
vois
pas qui d'autre que Laurent Nunez Qui connaît très bien ce milieu, ce monde de la police, du maintien de l'ordre Et des émeutiers peut faire le travail On a été plutôt durs avec lui Moi j'ai parlé d'amateurisme,
j
'ai parlé de mauvaise évaluation Mais pour l'instant je ne
vois
pas qui d'autre que Laurent Nunez pour faire le boulot
Est-ce que ça veut dire qu'on en est à avoir un ministre de l'Intérieur par défaut Parce qu'il n'y a plus personne pour faire le job ?
On a un problème de ministre de l'Intérieur parce que le ministre peut faire le job, c'est le faire Mais qu
'on
ne lui donne pas les moyens Les moyens c'est lui dire, allez-y
Faites le boulot,
allez-y Vous avez plus de pouvoir, vous avez plus de moyens Ça peut être le couvre-feu, ça peut être l'état d'urgence Mais il faut y aller, il faut prendre des décisions Parce que sinon une catastrophe va évidemment se produire
Je voudrais avant de donner la parole au maire de Lyon Que vous nous disiez ce qui vous remonte des policiers J'en ai l'un qui m'a appelé tout à
l
'heure sur RMC Qui me disait je suis exténuée à Pauline Je suis exténuée, nous avons travaillé 24 heures d'affilée Il était lui à Paris Et il dit c'était les Gilets jaunes
x10 Exactement, mais c'est x1000 Bien sûr, moi j'ai des amis policiers qui sont dans des compagnies de CRS Compagnies de CRS c'est 80-85 hommes sur le terrain Et qui me disent on a la moitié de la compagnie qui est démolie
physiquement
Et l'autre moitié qui est démolie psychologiquement Ça va être difficile de retourner sur le terrain Je voudrais juste vous lire un message Puis un petit après Un policier qui me dit bonjour Ma fille réserviste civile en attente du résultat de concours de commissaire A été engagée sur le dispositif policier samedi Elle est revenue chez nous en pleurs hier Cinq de ses collègues ont pris un ticket maladie Trois autres dont un officier ont démissionné de la boîte Ça va mal finir
Dominique Rizet, je voudrais qu'on aille tout de suite à Lyon Le maire de Lyon, Grégory Doucet qui est en direct avec nous Bonjour monsieur le maire Paris, Lyon, Marseille, Limoges, Caen, Nantes, Angers, Brest, Rennes, Poitiers J'arrête là la liste Mais ce sont quasiment toutes les villes de France qui ont été touchées A Lyon, il y a eu ce symbole Place Bellecourt Le feu, l'incendie De l'office de tourisme Vous avez entendu hier Le président de
la
république qui dit Nous serons intraitables Avec vous monsieur le maire Je voudrais pouvoir essayer de commencer à répondre à ces questions Comment ça a pu être possible ? Qui ? Pourquoi ? Et maintenant, quelle suite ? Vous avez parlé d'une tragédie C'est votre mot 24 heures après cette tragédie Comment est-ce que vous voyez la situation
?
Vous savez, actuellement, à l'heure où je vous parle On est encore en train
de
récupérer la ville petit à petit De nettoyer les dégâts Vous avez parlé de l'office du tourisme qui a été totalement incendié Il faut aussi avoir une pensée pour tous les commerçants Les centaines de commerçants qui ont vu leurs magasins pillés, attaqués Et là-dessus, il va falloir leur apporter des réponses très rapides
Quel type de réponse ? Lorsqu'il y a deux choses Il y a
effectivement,
évidemment L'épillage, les hordes Littéralement, qui dans les rues ont cassé Épillé Il y a les symboles de la république Ça a été la mairie de Limoges, bien sûr Ça a été votre office du tourisme Un bâtiment historique au cœur de la ville Et quand vous dites qu'il va falloir des réponses Lorsque vous avez entendu le président de la république hier Qui a eu cette expression Il a dit nous serons intraitables Et puis il dit ensuite qu'il charge le ministre de
l
'intérieur Les préfets et les maires De décider aussi Est-ce que vous estimez que cette réponse vous donne les moyens de lutter ou pas
? Non
mais c'est pas une réponse On a entendu le président de la république Confier au premier ministre A son gouvernement Le soin d'apporter des réponses Donc c'est là où on a un peu procrastiné sur cette affaire Moi j'attends des réponses très très concrètes C'est la raison pour laquelle avec le maire de Marseille et le maire de Paris On a demandé à être reçu par le premier ministre Par
Sébastien
Lecornu Et ce qu'on demande est assez simple Non on n
'a
pas encore de date à l'heure où je vous parle Mais ce que nous demandons c'est que Les communes, les collectivités locales Les commerçants, les professionnels Les entrepreneurs qui ont été victimes Des dégâts causés par Les pilleurs et les casseurs Puissent très rapidement bénéficier Bien d'un soutien On demande la mise en place d'un fonds de solidarité Là on est en train de discuter Le projet de loi de finances Il faut que dans ce projet de loi de finances On établisse un dispositif Qui permette de venir en soutien Je pense prioritairement aux commerçants Mais aussi aux communes qui ont été particulièrement touchées Et qui ont vu leur bâtiment public Attaqué, dégradé Voire comme c'est le cas ici à Lyon Incendié
Grégory Doucet Lorsque le ministre de l'Intérieur dit Nous avons perdu le contrôle Estimez-vous qu'à Lyon Il y a eu des moments de perte de contrôle
Mais
totalement Totalement Là encore Si on a demandé Enfin moi si je veux Rencontrer Le premier ministre C'est pour qu'il puisse établir Un diagnostic Et qu'il puisse nous dire Pourquoi l'anticipation N'a pas été à la hauteur Pourquoi la réponse Une fois qu'on était Dans le feu de l'action A pas été A la fois bien proportionnée Et surtout Ne s'est pas portée Au bon endroit Moi j'ai rencontré J'ai rencontré dimanche matin Très tôt Beaucoup de commerçants Qui m'ont dit Je comprends pas Ils ont pu caillasser Et piller mon magasin Pendant 30 minutes 60 Enfin une heure Sans qu'il y ait La moindre intervention De la police A ça il faut pouvoir apporter Des réponses concrètes Alors vous avez rappelé Un peu plus tôt Sur 20 trentaines Que le ministre De l'intérieur A reconnu Que le dimensionnement De la réponse N'était pas approprié Dont acte C'est un premier début De transparence Mais avouez Qu'on en est loin encore Enfin on est loin D'avoir établi Un diagnostic complet D'ailleurs je me réjouis Dans une certaine mesure Que le président De la république Dans son allocution Hier Et demandait Toute la lumière Sur ce qui s'est passé C'est la preuve Que la demande Que nous portons Avec les maires de Paris Et de Marseille Et bien elle est Elle est légitime Et elle est pertinente
Il
demande également A ce que les préfets En lien avec les maires Prennent Je cite Les décisions Pour protéger nos villes Et à l'Elysée On commence à Faire savoir Aux différents journalistes Qu'il pourrait y avoir Des couvre-feux Des opérations de fouilles Des interdictions De manifestement De manifestation Ou de rassemblement Est-ce que vous vous dites Au regard aussi Des prochains jours Qui pourraient être Des jours de manifestation Qui dégénèrent Qu'il faudra peut-être En passer par là Est-ce que vous A Lyon Vous vous dites Il faudra des interdictions Voir des couvre-feux
Mais Apolline de Malherbe La première question A se poser c'est Pourquoi y a-t-il Des manifestants dans la rue
?
Pourquoi les gens Sont aujourd'hui En train de réclamer Et bien des politiques Publiques différentes C'est ça la première question A se poser Ça fait plusieurs semaines Que le mouvement lycéen A été engagé Est-ce que les réponses Du gouvernement Aux lycéens Sont à la hauteur ? Non Et ensuite On a vu arriver Ce samedi Des manifestants Qui réclamaient Des mesures Pour le pouvoir d'achat Est-ce que les réponses Du gouvernement Sur cette question Sont à la hauteur ? La réponse est non Il faut aussi avoir Un traitement politique Pourquoi les gens Sont dans la rue ?
C
'est parce qu'ils attendent Des réponses A leurs inquiétudes A leurs questionnements Et aujourd'hui Ces réponses Ils ne les ont pas Plutôt que de regarder Ce qu'on pourrait faire De plus En matière de répression Et d'encadrement Est-ce qu'on ne pourrait pas Se dire Il faudrait peut-être Mieux prévenir Que guérir Et agir enfin Vraiment concrètement Sur les attentes Qui sont formulées Par les manifestants
Vous
dites Il faut une réponse politique Lorsque vous êtes revenu Sur place Place Belcourt Hier Et c'est le magazine local Lyon Mag Qui raconte la scène Il dit Et je cite Le magazine local Arrivé place Belcourt Pour le maire de Lyon Grégory Doucet Et le préfet Étienne Guyot L'élu écologiste Est conspué Par des Lyonnais Qui lui reprochent Son alliance avec LFI
Oui
Et quelle est votre question Apolline de Malherbe
Est
-ce qu'il y a Des responsabilités politiques C'est ce qu'a voulu Pointer du doigt Le premier ministre Hier Est-ce que vous estimez Qu'il y a aussi Des responsabilités politiques Comme visiblement Certains habitants De votre ville Voulant reprocher
D'abord il y
a
de la colère Il y
a
de la colère Il y
a
même eu De la peur aussi Vous savez Moi-même Toute la journée du samedi Et en soirée Enfin je veux dire J'ai été sur le pont Avec bien évidemment Les services de la ville Une partie Une partie de mes adjoints Qui était aussi Pour ce qui est De celui à la sécurité Et bien toute la journée Derrière les images Au contact avec la police municipale Pour qu
'on
soit Le plus réactif possible Pour qu'on puisse protéger Nos bâtiments publics Nous on voulait absolument Éviter que l'hôtel de ville Ne soit attaqué Donc on s'est mobilisé Maintenant Vous savez moi J'ai vu aussi Les images Qui pour certaines Ont été tournées D'ailleurs A l'intérieur même Des bâtiments Enfin des bâtiments Ou des commerçants Qui étaient attaqués Mais moi j'ai pas vu Un message politique Quand on a des dizaines De crétins Qui sont en train De saccager un commerce Et de le piller Quand on en a Plusieurs centaines Qui s'en prennent A l'office du tourisme Et qui s'amusent Ensuite à y mettre le feu Moi je vois pas De message politique Je vois simplement Des imbéciles Qui s'en prennent A des biens publics Ou des biens privés Et là je vois pas Le lien qu'il pourrait y avoir Avec un mouvement politique Non je pense que Vouloir détourner le regard Détourner l'attention Sur un autre sujet Ne me semble pas A la hauteur De ce que le pays Traverse
aujourd'hui Lorsqu'Emmanuel Macron
Sébastien Lecornu Demande à ce qu'il y ait Une sorte de
moment Où chacun doit
choisir Son
camp Est-ce que vous
estimez Qu'il se trompe
? Oui Mais
c'est pas Une question de camp Aujourd'hui Il y a des mouvements sociaux Qui sont en route Depuis plusieurs semaines Et en marge De ces mouvements sociaux Des pilleurs Des casseurs Profitent Profitent De ces mouvements sociaux Et bien Pour justement Aller casser Et piller Et bien Je vais vous dire Si on apporte Une réponse Aux mouvements sociaux Si on écoute Les lycéens Et qu'on leur donne Des réponses concrètes Si on écoute Les français inquiets Et qu'on leur donne Des réponses concrètes Et que les manifestants N'ont plus de raison De manifester Il n
'y
aura pas De pilleurs Et de casseurs Ou en tout cas Pour pouvoir S'occuper des pilleurs Et des casseurs Ça sera bien plus simple
Hier à Paris Les pilleurs Et casseurs Comme vous dites Étaient à nouveau Présents Dans tout le centre De la capitale Et pourtant Il n'y avait eu Aucune manifestation avant
Mais Apolline de Malher Il l'était aussi à
Lyon Il l'était aussi Il l'était aussi Il l'était aussi À Lyon
Figurez-vous Jusqu'à 1h30 du matin
Cette nuit Il y
a
encore eu des gens Qui ont fait des tentatives D'intrusion dans certains magasins Et heureusement Que les policiers nationaux Et les policiers municipaux Était sur le pont Était sur le terrain Pour les attraper On a encore eu Des dizaines d'interpellations Hier Heureusement qu'on était là Et on a évité La surenchère On a évité le pire Hier
Est
-ce que le calme Est revenu ce matin À Lyon
?
Le calme est revenu Ce matin à Lyon Je n
'ai
pas encore eu l'occasion De faire le tour Du centre-ville Puisque je suis avec vous Présentement Mais les informations Qui me remontent Sont plutôt rassurantes Sur le calme Il est très tôt ce matin Un peu plus de 8h On sait que c'est Dans la journée Et en soirée Qu'on a encore des risques Donc moi j'ai demandé Au préfet Il y a déjà 48h De dimensionner les forces À la hauteur De ce qu'il y a À protéger C'est-à-dire Faire en sorte Qu'il y ait Dans l'espace public Des policiers Ou des gendarmes Qui soient présents Qui soient prêts À intervenir rapidement Parce que Les casseurs et les pilleurs Eux sont extrêmement agiles Et extrêmement rapides Donc il nous faut aussi Être à la hauteur Des méthodes Que ces personnes emploient
Merci
beaucoup Merci Grégory Doucet D'avoir pris le temps Justement ce matin Vous qui êtes maire de Lyon Dans un instant Nous serons en direct Avec le maire de Marseille Également Benoît Payan Dominique Rizet Lorsque Grégory Doucet dit Il faut que nous-mêmes Nous puissions suivre En quelque sorte On a l'impression Que le tempo Est donné désormais Par les casseurs
Alors
on est dans Le monde d'après Le calme est revenu Ce matin à Lyon Parce que les casseurs Sont allés dormir Vous allez voir Ce soir ils seront Dans les rues de Lyon Ce soir ils seront Dans les rues de Paris On est dans un état d'urgence Il
y a une urgence
Donc les émeutiers Je parle pas des manifestations Il faut se sortir des manifestations Et
d'ailleurs je le
disais Le timing même Vous le disiez Ils étaient à nouveau présents Hier Y compris à Lyon A Marseille A Paris Les casseurs Se sont totalement décorrélés Hier il n'y avait pas de manifestations Et pourtant les casseurs Ataient présents
Voilà donc ils sont ici Ils viennent dans le cœur des villes Ils sont dans le cœur de Paris Vous savez que Hier donc ils ont cassé des restaurants Ils ont tenté d'entrer dans des immeubles Ils sont entrés dans certains immeubles Des habitants se sont barricadés On a un confrère journaliste A BFM TV Qui habite un immeuble Qui m'a envoyé des messages Toute la nuit Qui avait peur Qui a entendu des gens Dans son couloir d'escalier Dans ces maisons Il y a des Dans ces appartements Il faut que ceux qui habitent la province Écoutent bien ce qu
'on
leur dit Parce que là-bas La vie est différente A Paris les gens vivent dans des immeubles Dans des petites rues Et les émeutiers étaient Dans les rues Dans les immeubles Sur le palier des appartements Qu'est-ce qui va se passer La prochaine fois Ils vont entrer dans les appartements Et vous verrez La
prochaine étape C'est les
supermarchés
Ils vont entrer dans les supermarchés Ils vont se servir
J'ai eu le témoignage ce matin Sur RMC Notamment de Patricia Patricia elle m'a dit C'est moi Elle m'a dit Je suis affolée Parce qu'elle disait sa crainte Que les casseurs Ne rentrent dans les immeubles Vous disiez différents en province Mais en province On se sent peut-être Encore moins protégé Parce qu'il n'y a même pas Le hall de l'immeuble Il y a immédiatement La rue Le pavillon La campagne Est-ce qu'il n'y a pas Aujourd'hui Un sentiment d'abandon ?
Bien
sûr Il y
a
un sentiment d'abandon Évidemment Je vais vous lire un autre message Parce que c'est aussi Le sentiment d'abandon C'est un armurier Qui est en plein cœur de Paris Mais vraiment en plein cœur de Paris Qui m
'a
écrit cette nuit Ce matin C'est affligeant A pleurer J'ai passé la nuit A protéger l'armurerie Tout seul Des milliers Venus des banlieues Pour info Tout le monde s'arme
Tout
le monde s'arme ? Tout le monde
s'arme Ça veut dire quoi ? C'est un armurier On rappelle Évidemment que c
'est
totalement Illégal
?
Non Non c'est pas illégal Vous pouvez acheter Des armes autorisées Des armes qui lancent Des balles en caoutchouc Des armes non létales Bien sûr Ce qui est illégal C'est d'aller acheter des armes Des armes Des armes qu'on n'a pas le droit de posséder Des armes Qui sont dans les banlieues Des kalachnikovs Des fusils d'assaut scorpion Des pistolets Ça c'est illégal Et c'est illégal aussi Pour le particulier de s'armer Et il ne s'armera pas Parce qu
'il
ne peut pas trouver Ce genre d'armes
Qu
'en est-il aussi De ceux Commersants Qui ont tenté De défendre leur commerce On a en test Tous ces images Non seulement de commerçants Désolés Cette femme Dont le café A été intégralement brûlé Elle dit C'est toute une vie Qui est partie en fumée On pense aussi A ce patron D'un magasin De jeux vidéo Microsing ou Micromania Qui est devant son magasin Qui tente De le protéger Et qui se prend Littéralement Une balayette Moi j'ai écouté Avec le son Et entendre les rires
Du
reste De ces casseurs Rire de la chute De celui qui tentait De défendre son magasin Ça brise le cœur
Bien
sûr Mais c'est ce que je vous disais Il y a un monde Qui n'a rien à perdre Il y a un monde De brutalité De violence Ce sont leurs codes Et il y a notre monde A nous Nous nous protégeons On prend des assurances On protège nos enfants On a peur pour nos biens Et effectivement Ces gens-là Ne respectent rien Et on a l'impression De le découvrir Apolline Mais ce sont Encore une fois Leurs codes Leurs modes de fonctionnement Et si l'État ne fait rien Très très vite Si l'État ne fait rien Et bien un jour Un drame va se produire On viendra un matin Ici à BFM TV Commenter les actes De quelqu'un Qui aura pris les armes C'est pour ça que je vous disais La ville et la campagne Ce n
'est
pas la même chose A la campagne On sait se défendre Mais dans les villes Dans les villes Vous pensez
carrément
Qu
'on en est là
C'est-à-dire qu'on en est À ce que des Alors cela dit Moi j'entendais Le témoignage de nombreux auditeurs Ce matin Qui disaient qu'ils avaient eu peur Qu'ils avaient eu littéralement peur La prochaine étape Après la peur C'est effectivement De tenter De se faire justice Soi-même Ou de se défendre Tant qu'on le peut Je voudrais qu'on puisse Donner tout de suite La parole Au maire de Marseille Qui est en direct Avec nous Benoît Payan Monsieur le maire Merci de prendre le temps Ce matin Lorsque vous entendez Le ministre de l'Intérieur Qui reconnaît ce matin Qu'il y a eu Une perte de contrôle Ça correspond à ce que Vous avez observé
Bien
évidemment C'est une perte de contrôle Quasiment totale On est passé du maintien de l'ordre Au rétablissement de l'ordre Les forces de l'ordre Ont été dépassées Non pas parce qu'elles n'avaient pas Les compétences Mais parce qu'elles n'étaient pas En nombre Parce qu'elles ont été Désorganisées Mal organisées Et qu'on a vécu Ce que je pensais À n'avoir jamais Connaître En tant que maire Ou en tant que citoyen Pas simplement à Marseille Mais dans toutes les villes de France C'est-à-dire Un pays Une démocratie Complètement dépassée En voyant des scènes De violences Absolument inouïes Des voyous Des casseurs Qui se sont introduits Dans des mairies La mairie de Limoges brûlée La porte de ma mairie défoncée Des commissariats de police municipale Mes commerçants Pendant des heures Et des heures J'ai assisté En direct À des scènes de pillage Comme dans un pays Du tiers monde Or la sixième puissance du monde Ne mérite pas ça La France ne mérite pas De voir Ces scènes-là Le monde entier nous regarde Nous sommes la honte De l'Europe Ce matin Et je peux vous le dire J'ai honte Pour l'idée que je me fais De la République Et de la démocratie En voyant ces scènes On en tremble Quand j'ai vu la Marianne Par terre dans ma ville
Dans
ma mairie J'en ai eu les larmes aux yeux Et j'en ai été bouleversé Et j'ai pensé à mes prédécesseurs Et j'ai pensé À l'idée même De ce qu'était la République Dans ce pays De ce qu
'est
la cohésion sociale De ce qu
'est
le pacte social Qui a été mis à bas Parce que Plus personne n'est capable D'écouter Plus personne On a fait dans ce pays Des forces de l'ordre De la chair à canon On a fait des manifestants De la chair à canon J'ai vu des doctrines De maintien de l'ordre Complètement Ahurissantes Je ne sais Ces gens-là Se présentent des professionnels Je ne parle pas Des forces de l'ordre Je pense à ceux Qui les emploient
Au
moment où 100 mètres derrière eux Des dizaines et des dizaines De vitrines étaient cassées Des centaines De vandales Entraient Dans les commerces Pour les piller Nous avions des manifestants Qui se faisaient gazer Nous avions Et nous avons eu Des responsables politiques Qui toutes ont bu Sont venus à ma place Sur votre antenne
Vous estimez Qu'ils se sont trompés
Sur votre antenne Pour mélanger les manifestants Quels
ordres ont été donnés
De
cibles Mais bien évidemment De cibles Mais je ne pense pas Que des manifestants Soient des cibles Apolline de Malherbe Vous savez Être manifesté C'est un droit constitutionnel Dans ce pays Et je ne confonds pas Un manifestant Et un voyou Un voyou Sa place Elle est en prison Un manifestant
Qui réclame quoi En fait D'avoir de la dignité Quand il est dans un lycée N
'était pas orienté Pas
les forces de l'ordre Ceux qui les ont
employés Pas les forces de l'ordre Ceux qui les ont employés Les forces de l'ordre Un en sous-nombre Apolline de Malherbe Je veux le dire De manière solennelle Une UFM Une unité de force mobile Pour que vos éditeurs Pour que vos téléspectateurs Le comprennent bien 80 CRS de force mobile Dès le matin Il a fallu que j'appelle Le président de la république Le ministre de l'intérieur Et le premier ministre Pour que deux forces mobiles Et deux centaures Soient envoyés A Marseille A deux reprises Ils ont été réapprovisionnés En munitions Ils ont balancé Des grenades lacrymogènes Toute l'après-midi
Dans
la manifestation Au même moment De manière impunie Pendant des heures et des heures Plus de cinq heures J'ai assisté à des scènes de pillage Sans la moindre intervention Il a fallu que je fasse sortir La police municipale
Pour
rétablir Le calme Bien évidemment Quelquefois Avec l'ordre des forces Avec l'aide des forces de l'ordre Et je veux les saluer Mais quand je vois Que les marins pompiers Ont été pris pour cible Quand je vois Que la police Quand je vois Que les manifestants Ont été pris pour cible Quand je vois Que certains ont essayé De mettre le feu Se sont introduits Dans des immeubles Dans des commerces Vous ne
voulez
pas Qu'on ait la rage Dans des habitations Mais vous mesurez Ce qui se passe Dans ce pays Et quelle réponse on a Ah il y avait 30 000 casseurs à Marseille Mais qu'est-ce que c'est Que ce chiffre ? Mais qu'est
-ce
que ça veut dire ? Vous croyez que ça va masquer ? Vous croyez qu'une telle bêtise Peut masquer Le fiasco sécuritaire Que
j'ai vécu à Marseille ? La
bêtise dont vous parlez Ce sont les propos Du préfet Des Bouches-du-Rhône Qui a effectivement estimé Qu'il y avait 30 000 casseurs Vous aurez Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez Qui est en route Vers Marseille Pour vous voir Ce matin Laurent Nunez Qui avait remis sa démission Démission qui n'a pas été acceptée Qu'est-ce que vous allez lui dire ?
D
'abord je trouve que C'est assez rare Et je veux le souligner C'est un acte assez courageux D'avoir remis sa démission Je connais beaucoup De responsables politiques Qui dans ces moments-là
Se
seraient soit cachés Soit n'auraient pas fait Le geste qu'il a eu Elle n'a pas été acceptée Mais je veux souligner ce geste Il est suffisamment rare J'attends de Laurent Nunez La vérité
Il
a été préfet de police Chez moi
Vous
m'avez entendu Sur votre antenne Dire Il y a un an
Que
la décision De supprimer la préfecture De police Aurait un jour des conséquences
Voilà
Aujourd'hui on le paie A Marseille on le paie J'ai avec la préfète Camilleri Qui était préfète de police Dieu a Nous avons eu à gérer ensemble Et c'est elle qui pilotait Les émeutes Après la mort de Naël
Je
pense que si Ces émeutes-là Avaient été gérées Comme elles ont été gérées Avant hier soir Il y aurait eu Dix fois plus de casse Il y a trois ans J'avais une préfète de police J'avais des préfets de police A la hauteur Dont Laurent Nunez Qui sait qu'à Marseille Nous ne méritions pas La suppression de la préfecture de police Mais je veux la vérifier Parce que Cette vérité Et nous la devons Aux Marseillaises et aux Marseillais
Merci beaucoup Merci Benoît Payan Maire de Marseille Merci aussi à Grégory Doucet D'avoir été en direct avec nous Merci évidemment A Dominique Rizet Pour ce point Ce matin Est
-ce que j'ai été en direct avec nous
Benoît Payan