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InterviewSUDRADIO· 20 octobre 2026 9 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéJusticeInstitutions & élections

"Ce texte est nécessaire !" David Margueritte, sénateur, explique le projet de loi casseurs-payeurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Quel est l'objectif de la loi ?

  • 1:31OuverteRéponse directe

    Comment ça fonctionne ? Comment ça peut être mis en place ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    par exemple à un attroupement qui est devant un commerce, on voit que les vitrines sont cassées et que ceux qui sont là sont là dans ce but-là.

  • 2:55OuverteRéponse directe

    Mais d'abord, sur le premier fonctionnement, comment vous faites en sorte que ceux qui sont là devant ce magasin auquel je faisais allusion puissent ensuite payer, qu'on puisse leur demander de payer ?

  • 4:17RelanceRéponse directe

    Alors, le problème, David Marguerite, c'est qu'on le sait bien, parmi cette population, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas solvables. Comment fait-on ?

  • 5:38OuverteRéponse directe

    David Marguerite, pourquoi avoir choisi le montant de 10 000 euros ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21Invité politiqueFait
    « L'objectif de la loi, il est de faire en sorte que les Français puissent trouver des réponses à ce qui s'est passé samedi dernier, mais ce qui se passe depuis maintenant plusieurs années dans notre pays, à savoir une dégradation du climat, de maintien de l'ordre de façon générale qui dégénère de plus en plus en violences urbaines. »
  • 1:12Invité politiqueFait
    « Il consiste en effet à se dire qui va payer la facture. »
  • 2:17Invité politiqueFait
    « Il y aura donc une responsabilité solidaire qui pourrait s'appliquer si le texte est voté. »
  • 3:54Invité politiqueChiffre
    « à concurrence, et aujourd'hui c'est prévu comme ça dans le texte, on y réfléchit, à hauteur d'un plafond de 10 000 euros. »
  • 4:43Invité politiqueFait
    « Et il y aura la possibilité de saisir pour les mineurs les allocations familiales ou les APL. »
  • 5:43Invité politiqueFait
    « C'est le gouvernement qui a choisi ce montant après avoir consulté le Conseil d'État, parce que le Conseil d'État estime que si on va au-delà, le texte sera censuré par le Conseil constitutionnel. »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « Oui, j'assume, c'est une responsabilité collective qui est mise en place par ce texte. »
  • 8:18Invité politiqueFait
    « c'est un texte qui est nécessaire, qui apporte des réponses à la colère légitime qui s'exprime très fortement dans le pays. »

Temps de parole

  • David Margueritte74 %
  • Présentateur23 %
  • ?3 %

≈ 12,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Jacques Cardoz. Que peut changer cette fameuse loi casseur-payeur examinée en première lecture au Sénat, mardi prochain, le 27 octobre ? Bonjour David Marguerite. Bonjour, merci de votre invitation. Vous êtes sénateur républicain de la Manche et rapporteur de ce projet de loi. Commençons dans l'ordre. Quel est l'objectif de la loi ?

0:21
David Margueritte

L'objectif de la loi, il est de faire en sorte que les Français puissent trouver des réponses à ce qui s'est passé samedi dernier, mais ce qui se passe depuis maintenant plusieurs années dans notre pays, à savoir une dégradation du climat, de maintien de l'ordre de façon générale qui dégénère de plus en plus en violences urbaines. Vous savez, moi je suis élu d'un département rural, le département de la Manche, qui est plutôt calme.

0:43
Locuteur

J

0:43
David Margueritte

'ai senti tout au long du week-end et encore hier dans les rassemblements, un climat de sidération. Les Français aujourd'hui sont à la fois sidérés et en colère. En colère face aux forces de l'ordre qui ont été blessées, aux bâtiments publics qui ont été saccagés, aux commerçants qui ont été pillés et pour qui c'est le fruit du travail d'une vie qui s'effondre. Alors oui, ce texte, il est nécessaire, mais il n'est pas suffisant. Il est nécessaire et je voudrais vous expliquer son fonctionnement. Il consiste en effet à se dire qui va payer la facture.

Les Français, ils en ont assez de regarder ce qui se passe, les images encore une fois d'une violence inouïe, et de se dire qu'au bout du compte, ceux qui vont payer sont eux, les contribuables, quel que soit d'ailleurs leur niveau de vie, y compris les plus modestes, et ça, ça ne peut plus durer.

1:31
Locuteur

Alors comment

1:31
Présentateur

ça fonctionne ? Comment ça peut être mis en place ?

1:33
David Margueritte

Alors ça fonctionne avec un texte que nous allons enrichir et renforcer demain, je l'espère, en commission des lois, avec un mécanisme qui est assez simple. Il y a deux types de cas de figure qui sont envisagés. Il y a d'une part les groupements et d'autre part les attroupements. Les groupements, ce sont les personnes qui participent à des actions qui n'ont que comme finalité de détruire, de casser et de piller. Il ne s'agit pas de manifestation classique, il s'agit vraiment de participer. Là, vous faites référence

1:58
Présentateur

par exemple à un attroupement qui est devant un commerce, on voit que les vitrines sont

2:02
Locuteur

cassées et

2:03
Présentateur

que ceux qui sont là sont là dans ce but-là. Exactement.

2:07
David Margueritte

Là, la pénalisation et la sanction est plutôt simple, puisque l'individu participe sciemment à ce groupement, sa vocation de ce groupement est de détruire, de casser, de piller. Il y aura donc une responsabilité solidaire qui pourrait s'appliquer si le texte est voté.

2:22
Locuteur

Et donc ensuite, comment ça fonctionne ?

2:23
David Margueritte

Le deuxième cas de figure qui est plus complexe et sur lequel nous allons travailler, c'est l'attroupement. C'est-à-dire qu'on est là dans le cadre d'une grande manifestation et se forme, comme cela existe depuis à peu près dix ans dans notre pays, ce qu'on appelle des nébuleuses, à savoir des mouvements infiltrés, les black blocs en particulier, les pillers, les casseurs. Et ils viennent sciemment pour casser, mais ils le font à l'occasion d'une manifestation. Et là, c'est à l'occasion de sommations. Après deux sommations, il y aura la possibilité d'interpeller toutes les personnes qui se maintiennent et de pouvoir les condamner solidairement.

2:53
Présentateur

On va revenir à un deuxième exemple après. David Marguerite, rapporteur du projet de loi Casseur-Payeur. Mais d'abord, sur le premier fonctionnement, comment vous faites en sorte que ceux qui sont là devant ce magasin auquel je faisais allusion puissent ensuite

3:06
Locuteur

payer,

3:07
Présentateur

qu'on puisse leur demander de payer ? Alors, le

3:08
David Margueritte

mécanisme qui est prévu dans le texte est de faire en sorte qu'ils soient interpellés, puisqu'ils auront été, on aura constaté qu'ils participent, identifiés,

3:16
Locuteur

qu

3:17
David Margueritte

'ils aient participé activement ou passivement à ce groupement, ils y ont participé. Tous, même ceux

3:21
Locuteur

passivement.

3:22
David Margueritte

Exactement, parce que participer à un groupement dont la finalité est de détruire, c'est pénal, c'est pénalement répréhensible. Et donc, ces personnes-là seront interpellées, appréhendées, et verront leurs responsabilités financières engagées. Comment ?

Alors, comment, par l'État qui, lorsqu'il fera l'objet de destruction, aura des coûts qui seront engendrés, il pourra, une fois qu'il a payé la facture, se retourner par un mécanisme qui s'appelle l'action récursoire, il pourra se retourner contre les casseurs, ou ceux qui ont participé activement ou passivement, encore une fois, à ce groupement, à concurrence, et aujourd'hui c'est prévu comme ça dans le texte, on y réfléchit, à hauteur d'un plafond de 10 000 euros.

4:00
Locuteur

Donc 10 000 euros par

4:02
Présentateur

casseur,

4:03
Locuteur

c'est ce que vous nous annoncez ce matin. Encore une fois, je

4:04
David Margueritte

précise bien, les casseurs, ou les personnes qui se sont maintenues sciemment dans un mouvement qui vise à casser. J'ai envie de dire casseurs passifs ou actifs. Exactement. Et le principe, c'est de les faire payer. Casseurs payeurs, c'est le titre de cette loi.

4:17
Présentateur

Alors, le problème, David Marguerite, c'est qu'on le sait bien, parmi cette population, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas solvables.

4:23
Locuteur

Absolument. Comment fait-on ? Alors,

4:24
David Margueritte

c'est la raison pour laquelle il y a des mécanismes qui sont prévus et sur lesquels nous sommes en train de durcir le texte. Il y a la possibilité, d'une part, pour l'État de transiger et de demander ce qu'on pourrait appeler en pénal le travail d'intérêt général, mais qu'on appellera dans le texte l'action restaurative, c'est-à-dire un travail d'intérêt général pour réparer à du concurrence financière de la dégradation. Et il y aura la possibilité de saisir pour les mineurs les allocations familiales ou les APL. Et là aussi, à concurrence, des sommes qui sont engagées, nous proposons et nous proposons d'étendre, d'ailleurs, le champ des aides sociales qui seront visées par le texte.

4:57
Présentateur

Ça, c'est très important, ce que vous nous dites, David Marguerite, parce que ça n'existait pas jusqu'à présent. Absolument.

5:01
Locuteur

Donc, pour les

5:02
Présentateur

mineurs, il y aura possibilité de frapper au portefeuille, donc pour la famille ou

5:06
Locuteur

sur les

5:07
David Margueritte

APL. Et c'est là où le texte a une valeur, me semble-t-il, une vertu dissuasive pour les parents, pour également les majeurs. Il a une valeur symbolique très forte. Je le disais tout à l'heure, les Français qui nous écoutent ce matin, ils en ont assez. Ça suffit, en réalité, de regarder ces dégradations et de se dire qu'ils vont payer. Donc, c'est une façon d'imputer la responsabilité à ceux qui sont responsables de ces agissements, qui n'ont rien à voir avec les manifestants. Je veux le dire, un casseur n'est pas un manifestant,

5:37
Locuteur

c'est un

5:37
David Margueritte

délinquant.

5:38
Présentateur

David Marguerite, pourquoi avoir choisi le montant de 10 000 euros ?

5:40
Locuteur

Parce qu'on estime

5:41
Présentateur

qu'on ne pourra pas de toute façon aller au-delà,

5:43
Locuteur

c'est ça ?

5:43
David Margueritte

C'est le gouvernement qui a choisi ce montant après avoir consulté le Conseil d'État, parce que le Conseil d'État estime que si on va au-delà, le texte sera censuré par le Conseil constitutionnel. Et donc, oui, c'est le montant sur lequel, aujourd'hui, un point d'équilibre se fait. Et encore une fois, c'est 10 000 euros par personne interpellée. Qu'il s'agisse d'un groupement, et j'insiste sur l'attroupement, c'est-à-dire la personne qui se maintient après sommation dans un dispositif dont il sait pertinemment qu'il a vocation de casser.

6:06
Présentateur

Alors, je reviens au deuxième exemple que vous citiez tout à l'heure. C'est la mesure qui, je dirais, fait polémique. Une personne qui se maintient sciemment dans un groupement après sommation de dispersion pourra être tenue financièrement responsable des dégâts causés par le groupe. Est-ce que ça vise à ne pas diluer, d'une certaine façon, la responsabilité ? C

6:25
Locuteur

'est

6:25
Présentateur

-à

6:25
Locuteur

-dire

6:25
Présentateur

faire en sorte que tout le monde soit

6:26
David Margueritte

concerné ? Oui,

6:27
Locuteur

c

6:27
David Margueritte

'est une responsabilité collective. Mais encore une fois, c'est une responsabilité collective qui vise précisément ceux qui se maintiennent dans l'attroupement. Et c'est là où nous sommes en train de travailler pour que les sommations, notamment des forces de l'ordre, soient les plus claires, les plus explicites possibles pour qu'après, au moment de la procédure judiciaire, il n'y ait pas des arguments qui consistent à se soustraire à cette responsabilité en disant « je n'ai pas entendu la sommation ». Donc nous sommes en train, et il y a des moyens technologiques qui existent pour que les sommations, notamment via les drones, puissent se faire de façon très claire.

Oui, j'assume, c'est une responsabilité collective qui est mise en place par ce texte. Le contexte l'exige. La liberté de manifester, qui doit être protégée, le justifie également. Parce qu'en définitive, on a parlé des forces de l'ordre, on a parlé des commerçants, mais on n'a pas parlé des manifestants qu'il y avait pour certains d'entre eux, et il ne

7:13
Locuteur

m

7:13
David Margueritte

'appartient pas de le juger, des mots d'ordre qui ont été totalement éclipsés. Parce qu'encore une fois, un casseur, c'est un délinquant.

7:19
Présentateur

Deux petites questions rapides, David Marguerite. Quelle sera la définition de la participation consciente à un attroupement ? C'est là où est tout le sujet ?

7:26
David Margueritte

Oui, c'est tout à fait le sujet du texte. C'est le fait qu'on se maintienne lorsqu'il y a eu des sommations. Les sommations, elles interviennent lorsque les forces de l'ordre estiment que l'attroupement est en train de dégénérer en violence urbaine. Et c'est là toute la frontière entre la manifestation de l'ordre public et la violence urbaine.

7:41
Locuteur

Lorsqu'il y a violence urbaine...

7:42
Présentateur

Donc le texte nous dit, David Marguerite, qu'à partir du moment où il y

7:45
Locuteur

a

7:45
Présentateur

eu sommation, eh bien, je bascule d'une certaine façon dans la délinquance.

7:49
David Margueritte

Dans la délinquance, dans la violence urbaine, et donc dans la pénalisation et la responsabilité financière.

7:53
Présentateur

Alors, tout le monde se pose la question concernant cette loi. On se dit, mais c'est dommage de faire payer ceux qui ont cassé le week-end dernier. Cette loi arrive au Sénat en procédure accélérée. Au mieux, en un mot, quand est-ce qu'elle pourrait être mise en application

8:08
Locuteur

? Elle sera,

8:09
David Margueritte

je l'espère, votée au Sénat le 27 octobre. Après, il appartient au gouvernement de saisir très rapidement l'Assemblée nationale pour qu'il soit voté à la fin de l'année. Mais encore une fois, je le disais en introduction, c'est un texte qui est nécessaire, qui apporte des réponses à la colère légitime qui s'exprime très fortement dans le pays. Mais c'est un texte qui ne suffira pas. Des mesures beaucoup plus fortes devront être prises pour rétablir l'ordre. Ce sera l'enjeu de l'élection présidentielle, d'ailleurs, notamment sur la pénalisation, la participation à des groupements qui sont illégaux.

Les manifestations interdites aujourd'hui en France, lorsqu'on y participe, ne sont pas assez pénalisées. Et lorsqu'une manifestation n'est pas déclarée, ce n'est pas assez pénalisée non plus. Il faut renforcer la sanction, permettre aussi à ce que le régime de preuve soit un régime beaucoup mieux s'étayé pour que les Français cessent de constater qu'après une manifestation, il y a des interpellations mais très peu de condamnations.

8:53
Présentateur

C'est très clair. Vous nous avez parfaitement expliqué le sens et l'application de cette loi à venir. Merci infiniment

9:00
Locuteur

d'être venu en exclusivité sur

9:02
Présentateur

Sud Radio. David Marguerite, rapporteur du projet de loi Casseur-Payeur et de nous avoir expliqué le sens donc de cette loi.