«L'extrême gauche veut une révolution par le chaos», dénonce Sylvain Maillard
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Un de plus ?
- 1:02OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez cette attitude de Philippe Brun ?
- 1:36RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est pour autant une clarification ?
- 2:28OuverteRéponse directe
Parlons d'alliance justement, puisque les socialistes ont été des alliés du bloc central pour voter les budgets
- 3:24OuverteRéponse directe
Mais le gouvernement Lecornu est obligé de composer avec, c'est ce que vous dites ce matin ?
- 3:58OuverteRéponse directe
Ça veut dire qu'aujourd'hui, on compte encore sur les socialistes pour voter le budget 2027.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33PrésentateurFait
« Moi le seul point qui me semble positif dans la candidature de Raphaël Glucksmann, c'est le fait qu'il dise qu'il n'y aura plus d'accord avec Jean-Luc Mélenchon. »
- 0:55Invité politiqueFait
« me disait qu'en cas de duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, il voterait sans hésiter Jean-Luc Mélenchon. »
- 2:47PrésentateurFait
« C'est que du chantage. »
- 3:04PrésentateurFait
« Il y a sur certains points du chantage de la gauche, pour ne pas faire tomber le gouvernement. »
- 3:31PrésentateurFait
« Nous, on a décidé de faire en sorte qu'il y ait un budget, même si ce n'est pas un bon budget »
- 4:02PrésentateurChiffre
« Vous devez trouver 289 députés. »
- 4:39Invité politiqueFait
« Une des pistes envisagées, c'est la désindexation partielle des pensions de retraite par rapport à l'inflation. »
- 4:43Invité politiqueChiffre
« Cela pourrait concerner les retraites supérieures à 2000 euros par mois. »
- 5:38PrésentateurFait
« Exactement, qui était une mesure à minima en Europe par rapport à ce que font nos voisins allemands ou autres. »
- 5:50Invité politiqueChiffre
« 1664 heures contre 1800 en Allemagne. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Qu'est-ce qu'il fait, Jean-Luc Mélenchon ? Il remet en cause le fonctionnement régalien de l'État ? »
- 11:36PrésentateurFait
« Quand l'extrême gauche est arrivée au pouvoir un peu partout, avec le monde communiste, c'est toujours ce qui s'est passé, c'est-à-dire une révolution par le chaos, par la rue »
- 11:55PrésentateurFait
« faire en sorte que ceux qui viennent squatter chez vous, c'est la décision du préfet de directement, d'expulser dans un cadre précis »
- 14:42PrésentateurFait
« Oui, c'est un comportement classique des frères musulmans »
- 17:26PrésentateurPromesse
« il nous faut un seul candidat, et ce candidat, pour moi, doit être choisi le plus tôt possible, à l'automne, après les sénatoriales. »
Temps de parole
- Présentateur72 %
- Sylvain Maillard28 %
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Europe 1, la grande interview Europe 1 C News, Pierre De Villeneuve.
Et l'invité de la grande interview en cette rentrée sur Europe 1 et sur C News, c'est le député Renaissance de Paris. Bonjour Sylvain Maillard. Bonjour Pierre De Villeneuve. Merci d'être avec nous hier soir au 20h de TF1. Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature à la prochaine présidentielle. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Un de plus ?
Oui un de plus et je crois surtout que ça permet de décanter d'un point de vue de la gauche sociale. Moi le seul point qui me semble positif dans la candidature de Raphaël Glucksmann, c'est le fait qu'il dise qu'il n'y aura plus d'accord avec Jean-Luc Mélenchon. Enfin une gauche qui très clairement, qu'elle ne s'alliera pas avec l'extrême gauche, avec Jean-Luc Mélenchon. Rien que pour ça je tiens à saluer.
Alors lui il le dit, par exemple un autre candidat à la présidentielle et qui est Philippe Brun, député socialiste, me disait qu'en cas de duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, il voterait sans hésiter Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous comprenez cette attitude de Philippe Brun ?
Je pense que la gauche, globalement, a toujours agi comme ça. D'ailleurs Philippe Brun a été élu député parce que sur ses affiches, comme l'ensemble des autres élus de gauche, il y avait un regroupement avec la France insoumise. Il y a toujours une ambiguïté, et c'est un mot faible par rapport à la réalité, d'ambiguïté avec l'extrême gauche et la gauche. Et donc c'est pour ça que je me permets de saluer. Évidemment je combattrai les idées de Raphaël Gluckman, mais je tiens à saluer le fait que pour une fois il y a un candidat qui dit très clairement je veux me désolider de l'extrême gauche.
Il a dit très clairement, mais est-ce que c'est pour autant une clarification ? Est-ce que si parce qu'aujourd'hui Raphaël Gluckman, ou plutôt hier soir, dit qu'il n'y aura pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon, est-ce que ça veut dire gravé dans le marbre qu'il n'y aura jamais d'accord avec Jean-Luc Mélenchon ?
Gravé dans le marbre, ce n'est pas moi qui vais vous le dire, c'est leur problématique, mais je dois reconnaître, et je le redis, le simple fait déjà de dire qu'il n'y aura pas d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon, et pour moi déjà une avancée, la gauche retrouve son honneur, c'est-à-dire d'avoir une vraie gauche qui ne s'allie pas avec l'extrême gauche.
Et pour moi, cette fusion que nous avions législative après législative de députés qui disaient finalement l'extrême gauche, je ne suis pas vraiment d'extrême gauche, mais je peux m'allier à eux, en gros je prends leur électorat, mais c'est moi qui suis à la place, je trouve que ça rabaissait ce qu'est la gauche, et donc je tiens à saluer le fait que Raphaël Gluckman au moins est clair là-dessus.
Parlons d'alliance justement, puisque les socialistes ont été des alliés du bloc central pour voter les budgets, ils sont des adversaires au demeurant, c'est compliqué à comprendre pour les Français.
Alors, que la gauche soit des alliés pour voter le budget, ce n'est pas tout à fait le cas. C'est-à-dire que la gauche dit qu'elle ne votera pas la censure si on lui donne différents gages. Donc c'est quoi, du chantage ? Bien sûr, c'est que du chantage. En attendant, le gouvernement Lecornu a procédé de cette façon. Oui, après il y a une question de responsabilité, Sébastien Lecornu a raison en disant qu'il faut un budget pour la France, c'est ce qu'il y a de plus important, et donc cherche un accord à minima pour avoir un budget. Je rappelle que la dernière fois, les socialistes ont laissé passer le budget de la sécurité sociale, mais n'ont pas du tout voté le budget général.
Donc dire qu'il y a un accord, une alliance, la vérité ce n'est pas ça. Il y a sur certains points du chantage de la gauche, pour ne pas faire tomber le gouvernement.
Mais le gouvernement Lecornu est obligé de composer avec, c'est ce que vous dites ce matin ?
Ou on veut un budget, ou on dit qu'on veut un chaos. Nous, on a décidé de faire en sorte qu'il y ait un budget, même si ce n'est pas un bon budget, même si ce n'est pas le budget dont je rêve. Mais en tout cas, il y a un budget pour la France qui permet de payer, d'investir, de continuer à avoir une vie normale pour nos concitoyens. Je crois que c'est ce qu'ils attendent, et on est payé pour ça aussi, nous. On est députés pour voter un budget.
Et ce matin, à 10h, le Conseil des ministres de rentrée se réunit. Il sera bien sûr question du budget. Ça veut dire qu'aujourd'hui, on compte encore sur les socialistes pour voter le budget 2027.
Vous devez trouver 289 députés. Le bloc central est loin d'avoir 289 députés. Donc vous êtes obligé de trouver une majorité. Donc il faudra forcément des accords avec les uns et les autres pour élargir que l'IOT, vous savez qui est un groupe plus hétéroclite, que les socialistes, une partie socialiste, peut-être un peu de vert, votent un budget ou en tout cas ne fassent pas tomber le gouvernement Lecornu.
Le budget, justement, le gouvernement se réunit, je l'ai dit. Une des pistes envisagées, c'est la désindexation partielle des pensions de retraite par rapport à l'inflation. Roland Lescure l'a évoqué dans la presse. Cela pourrait concerner les retraites supérieures à 2000 euros par mois. Est-ce qu'à 2000 euros par mois, on considère au gouvernement qu'un retraité est aisé ?
Oui, moi je suis opposé à cette mesure. Je l'ai dit très clairement, y compris à Roland Lescure. Je suis opposé au fait de la nonne, d'une différenciation d'indexation entre les petites retraites et les grandes retraites. Est-ce que vous appelez vos petites et grandes retraites ? C'est exactement ce que je lui ai dit. Moi, je suis député de Paris. Est-ce qu'on est riche à Paris quand on a 2000 euros ? Évidemment que non.
Qu'est-ce qui vous a répondu que Paris, ce n'est pas la France ?
Qu'on continuait les discussions, qu'il fallait trouver des économies. Moi, je vais proposer des économies. On a proposé Renaissance, on a proposé des économies structurelles. Et d'ailleurs, nos difficultés, il n'y a pas que ça, évidemment, dans les réformes des retraites. C'est aussi parce que l'année dernière, on a accepté la demande socialiste, c'est-à-dire de geler les retraites. Et donc, évidemment, c'est de l'argent moins qui va rentrer dans les...
Je l'ai la réforme des retraites qui permettait un âge de départ à 64 ans.
Exactement, qui était une mesure à minima en Europe par rapport à ce que font nos voisins allemands ou autres. Nous travaillons déjà beaucoup moins en France. Et donc, on a accepté...
1664 heures contre 1800 en Allemagne.
Et on a accepté la demande socialiste pour avoir un budget. La contrepartie, elle n'est pas que ça. Je sais bien que financièrement, le déficit est le plus important pour les retraites. Mais enfin, quel signal on en voit ? C'est-à-dire que l'année dernière, on bloque l'âge de départ à la retraite. Et cette année, on commence à geler les pensions. Mais ça ne fonctionne pas, ça.
Mais ça veut dire qu'il y a de la friture sur la ligne entre Renaissance et le gouvernement. Ça veut dire que vous vous dites quelque chose à Roland Lescure. Roland Lescure vous répond aimablement, poliment. Oui, on va en discuter.
Nous, on a Renaissance. On a des ministres au gouvernement. Et on soutient le gouvernement. On veut que le gouvernement puisse trouver un budget. Mais en même temps, on a envie de se faire entendre. Il est hors de questions que les socialistes dont on a parlé, avec moitié moins de députés que nous, se fassent plus s'entendre que nous. Nous, on a une ligne qui est très claire. On a une politique qui est très claire. On a un président de groupe, Gabriel Attal, qui est notre président de groupe, qui porte une ligne très claire. Et entre autres, nous ne souhaitons pas une désindexation. Et moi, le député de Paris que je suis...
Oui, mais vous allez suivre le gouvernement. Et le gouvernement le sait. Vous avez dit vous-même, il faut 289 députés pour une majorité et pour faire passer le budget. Le gouvernement sait très bien que vous autres, à Renaissance, vous allez suivre le gouvernement. Vous n'allez pas vous opposer au budget.
C'est un bras de fer, Pierre Devineau, en disant ce point-là, ce point-là et ce point-là. Il y aura plusieurs points que nous mettrons dans la balance. En disant nous, là-dessus, nous ne cèderons pas. Nous voulons absolument que ce soit dans la copie budgétaire.
Oui, mais alors, vous menacez comment ? Vous allez dire, finalement, on ne votera pas le budget du gouvernement. Ça veut dire que vous vous désavouez du gouvernement, alors que vous êtes vous-même le parti...
Vous savez, dans la discussion budgétaire, il y a plusieurs étapes. Les unes après les autres. Et donc, dans ces étapes budgétaires, nous faisons passer des amendements qui envoient très clairement un signal que nous voulons cette inflexion. Moi, je le dis à titre personnel, je suis contre cette non-indexation, cette différenciation d'indexation entre ce qu'on dit petites retraites et grosses retraites. Parce que les grosses retraites à Paris, des grosses retraites à 2 000, 3 000 euros, ce ne sont pas des grosses retraites. Voilà. À 3 000 euros, vous n'êtes pas riche à Paris. Et donc, il est hors de question de partir du principe qu'on serait riche quand on a une retraite à 2 500 euros.
Vous avez salué Raphaël Glucksmann, comme quoi il se déloge de Jean-Luc Mélenchon. Lui-même est-il suffisamment armé, Raphaël Glucksmann, pour surpasser Jean-Luc Mélenchon ? Puisque ce sondage Tolunaris Interactive montre une tendance pour que Jean-Luc Mélenchon se qualifie au second tour. Ce qui nous donnerait potentiellement un duel Marine-Le Pen-Jean-Luc Mélenchon. Vous, vous êtes un républicain, Sylvain Maillard. Vous êtes un élu de la République. Vous allez donc voter au second tour. Voterez Le Pen ou voterez Mélenchon ?
Moi, je suis persuadé que la société française et politique, elle est en trois blocs, durablement. D'ailleurs, ça posera une question pour avoir une majorité aux législatives d'après. On parle beaucoup de la présidentielle et c'est évidemment essentiel. Enfin, il y aura une législative juste après. Rien ne nous dit qu'il y aura une majorité différente de ce que nous avons à l'heure actuelle.
On ne sait pas une majorité LRN ou LFI en cas de victoire de l'un ou de l'autre des extrêmes.
On est très loin, mais je crois que ça va être beaucoup plus compliqué que ça. Et donc, on risque d'être dans la même situation. C'est parti. Moi, je crois qu'il y a trois blocs. Il y a trois blocs. Il y a un bloc central. Il y a un bloc d'extrême droite et un bloc d'extrême gauche. Et en réalité, c'est pour ça que je pense que la candidature, une candidature socialiste, en fait, en réalité, n'a pas de chance de prospérer pour être au second tour. En tout cas, c'est mon analyse.
Donc, la gauche aujourd'hui, pour vous, ça reste incarné par Jean-Luc Mélenchon ?
Malheureusement. Mais oui, malheureusement, elle est incarnée par Jean-Luc Mélenchon. Donc, Raphaël Luxman n'a aucune chance pour vous ? Pour moi, il n'a pas de chance d'être au second tour. Et c'est pour ça que pour moi, il est essentiel que le bloc central, qui est un bloc qui a été défini par Michel Barnier quand il était Premier ministre, c'est-à-dire des LR jusqu'au Modem, en passant par Renaissance, Horizon, et l'ensemble des blocs qui font une majorité, en tout cas autour, qui soutiennent Sébastien Lecornu, est un seul candidat. Et je crois que ce candidat-là sera évidemment au deuxième tour.
Donc, vous refusez aujourd'hui de répondre à une question qui dirait que, en cas de duel Mélenchon-Le Pen, vous voteriez ?
Mais moi, je suis persuadé que, en fait, nous serons au second tour. Je suis persuadé que...
C'est bien d'être persuadé, mais enfin, il y a une réalité des choses qui montre que...
La réalité des choses, je ne pense pas que la France, je ne pense pas que ce qui est le bloc central, ce qui gouverne, est minoritaire par rapport à Jean-Luc Mélenchon.
Il nous permettrait de vous reposer la même question dans quelques mois, quand les sondages s'affineront. Mais bien sûr. Mais bien sûr. Jean-Luc Mélenchon, pour parler de lui encore, a tenu un grand meeting hier dans la Drôme, aux universités d'été de la France Insoumise. Il a notamment dit qu'il censurerait le gouvernement sur le budget 2027. Et puis, il s'en est pris au préfet. Laurent Nunez a immédiatement réagi en disant que les préfets n'ont aucune leçon à recevoir. Qu'est-ce qu'il fait, Jean-Luc Mélenchon ? Il remet en cause le fonctionnement régalien de l'État ? Oui, mais la pression sur le système.
Vous savez, l'extrême gauche, elle est là pour le chaos. Ce qu'ils veulent, c'est déstabiliser un à un les différents échelons qui forment l'ossature française. Leur objectif, c'est évidemment de prendre le pouvoir.
Vous parlez de ça en toute tranquillité, si je puis me permettre.
Non, mais je suis devant vous et je regarde. Je les vis au quotidien, les Insoumis. Je vois comment ils se comportent à l'Assemblée nationale. Je vois ce qu'ils portent comme idée, les unes après les autres, sujet après sujet. Parfois des sujets majeurs, parfois des sujets mineurs. Je vois bien leur idée. Leur idée, elle est très simple. Il faut un chaos pour pouvoir faire en sorte de faire émerger une extrême gauche qui arrive au pouvoir. C'est classique.
Quand l'extrême gauche est arrivée au pouvoir un peu partout, avec le monde communiste, c'est toujours ce qui s'est passé, c'est-à-dire une révolution par le chaos, par la rue, de faire en sorte que nous ne croyons plus en nos différents échelons administratifs. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce que vous faites à votre échelon, vous, Sylvain Maillard ? Renforcer le pouvoir des préfets. D'ailleurs, les différentes mesures que nous prenons les unes après les autres, c'est de renforcer plutôt les préfets.
Quand on parle tout à l'heure, avant votre plateau, on parlait de la loi Squat, faire en sorte que ceux qui viennent squatter chez vous, c'est la décision du préfet de directement, d'expulser dans un cadre précis, mais d'expulser directement, de faire en sorte que, par exemple, des permis de construire soient donnés plus rapidement par le préfet, donner plus de pouvoir au préfet, parce que le pouvoir du préfet permet d'aller beaucoup plus vite, et c'est ce que nous demandent nos concitoyens, d'être plus efficaces. Une décision, et qu'elle s'incarne directement sur le pouvoir. Donc, qu'est-ce que veut Jean-Luc Mélenchon, tout simplement ?
C'est de faire en sorte que la décision politique ne s'incarne plus sur le territoire, et d'attaquer le préfet, c'est ce qu'il y a de plus simple. Le préfet qui reste dans son bureau, qui ne fait rien, ça veut dire que le pouvoir n'agit plus, et donc la parole politique n'a plus d'emprise, et donc ça lui donne, pour lui, du souffle pour être élu au deuxième tour.
Idem à ces universités d'été, Rima Hassan posait cette question aux débatteurs présents. Faut-il supprimer l'apologie du terrorisme ? Quel degré de gravité sommes-nous, Sylvain Maillard ?
Rima Hassan, vous savez bien, c'est la porte-parole du Hamas, et donc elle, elle part du principe que, pour qu'elle puisse avoir une parole totalement libérée, d'ailleurs comme on l'a dans la plupart des pays anglo-saxons, ce qui n'est pas le cas en France, elle veut remettre en cause, et avoir une politique plutôt, une mode anglo-saxonne.
Et là, de la même façon, on regarde, on ne saisit pas l'article 40, on ne fait aucune procédure ?
Alors, vous pouvez lancer des articles 40 tous les jours sur la France insoumise, force est de constater que, dans leur expression, la façon dont ils s'expriment et qu'ils interviennent, ils sont rarement passibles de la loi. Vous comprenez ça ?
Ils flirtent à la limite, mais ils sont rarement condamnables. Vous voulez dire qu'ils sont suffisamment habiles pour ne pas être condamnés, parce qu'ils utilisent des mots ? Tout est calculé, parfois il y a des dérapages et on les attaque. Le seul fait de dire, faut-il supprimer l'apologie du terrorisme, ce n'est pas assez grave pour un article 40, pour en sorte d'être condamné par la justice ?
Non, ce n'est pas assez grave. En tout cas, de mon point de vue, de l'interprétation, ce n'est pas assez grave. Par contre, c'est d'un point de vue politique, c'est extrêmement grave, et c'est très bien que vous le soulignez, et c'est bien qu'on en parle, on rentre à quel point le mouvement de la France insoumise est dangereux pour notre République, puisqu'ils remettent en cause tout, mais d'un point de vue plus strictement légal, ça ne me semble pas attaquable.
Une réaction à ce phénomène nouveau, pour vous qui, comme Edouard Philippe, misait beaucoup sur l'école, sur les réseaux sociaux, certaines influenceuses musulmanes appellent à délaisser des classiques de la littérature française, jugées incompatibles avec leurs valeurs religieuses. C'est Europe 1 qui a sorti cette information ce matin. À leur place, elles promeuvent une littérature halal, débarrassée de ce qui est considéré comme contraire au principe de l'islam. Un des livres visés est Boules de Suif, de Maupassant. Après avoir tenté de réécrire l'histoire, on tente de réécrire la littérature, Sylvain Maillard ?
Oui, c'est un comportement classique des frères musulmans, de faire en sorte qu'on puisse, par des petits gestes, en fait, une éducation des jeunes, de faire en sorte de les tourner vers la religion musulmane, et une religion très rigoriste. Il faut évidemment le combattre. Comment ? C'est bien. Déjà, c'est très bien de le dénoncer, de montrer ce qu'il faut mettre en avant. Et puis aussi l'école. L'école, c'est à l'école qu'on apprend, qu'on lit souvent les premiers, les grands livres qui nous ont marqués à l'adolescence. Est-ce que vous êtes inquiet, inquiet pour vos enfants, est-ce que vous êtes inquiet pour les enfants de France ?
Je serais inquiet si, à l'école, on disait, finalement, on ne lit plus Boules de Suif, parce que l'histoire ne correspondrait plus aux valeurs qu'on veut porter. Mais ce n'est pas le cas. L'école républicaine, quelles que soient d'ailleurs ses obédiences, qu'elles soient privées ou publiques, poussent l'ensemble des grands auteurs à être lus, et sont obligatoires, ne serait-ce que pour passer son bac. Et donc, je trouve ça très bien. Jusqu'à présent. Mais comme vous le dites, ce phénomène consiste à pousser, pousser de manière... Pierre Domino, je ne mets pas sur le même plan des influenceurs sur des réseaux sociaux, dont il y en a des milliers, et l'éducation nationale.
J'entends bien, mais vous constaterez comme moi, vous qui connaissez les adolescents et les adolescentes, qu'il y a effectivement des influenceuses qui marquent les esprits chez les jeunes.
C'est pour ça que l'école est d'autant plus importante, pour faire en sorte que dans cette école, on pousse les jeunes, on oblige les jeunes, parce qu'ils ont des examens à la fin de leurs années, à lire l'ensemble des classiques. Et c'est très bien.
Et parallèlement, il y a des éditeurs spécialisés dans cette romance halal, appelons-la comme ça, qui, voilà, qui, aujourd'hui, édite ce genre de livre. Qu'est-ce qu'on fait ?
Ce n'est pas interdit d'éditer des livres avec... Enfin, je pense qu'il faut quand même une certaine liberté dans l'édition, ça me semble tout à fait normal. Ce qui me semble essentiel, c'est que l'ensemble des jeunes élus, les grands auteurs français, c'est la richesse française, c'est l'honneur français, c'est ce qui fait notre singularité dans le monde. Donc, ce qui est essentiel, c'est que l'éducation nationale continue, et elle continue, il n'y a aucun signe là-dessus qui change, à pousser à ce que nous lisions tous, les grands auteurs.
Sylvain Maillard, sur Europe 1 et sur CNews, ce matin, vous allez accompagner Gérald Darmanin à Tourcoing, dimanche prochain. Gérald Darmanin qui apporte son soutien à Édouard Philippe. Les amis de mes amis sont mes amis, ça veut dire que vous soutenez vous aussi, Édouard Philippe, clairement, aujourd'hui ?
Moi, je suis proche de Gérald Darmanin, je suis toujours allé tous les ans à Tourcoing, j'y vais toujours avec grand plaisir, je serai très heureux d'être dimanche prochain. Je le redis, je veux un seul candidat, je l'ai dit à votre antenne, à chaque fois que vous avez la gentillesse de m'inviter, il nous faut un seul candidat, et ce candidat, pour moi, doit être choisi le plus tôt possible, à l'automne, après les sénatoriales.
Édouard Philippe dit
entre novembre et février, c'est un peu tard, entre novembre et février. Même ça, je trouve ça tard, et moi, je souhaite qu'à la fin de l'automne, c'est-à-dire que ça nous remet jusqu'à la fin novembre, on ait un seul candidat et qu'on puisse faire tous campagne derrière ce candidat, pour faire en sorte, évidemment, d'être au second tour, mais aussi d'avoir une vraie chance de battre le Rassemblement national qui, pour le moment, est largement en tête. Il faut qu'on nous puissions nous unir et avoir le temps aussi de développer des idées.
Moi, ce que je remarque dans les différentes campagnes électorales, c'est qu'elles sont de plus en plus tardives, c'est vrai, mais surtout, elles sont de plus en plus sur des slogans. Nous, ce dont on a besoin, je crois, c'est de prendre le temps pour pouvoir développer différentes idées, différents interlocuteurs, et pour ça, il faut des semaines et des semaines et des semaines. Je note que la France insoumise a déjà son candidat, le Rassemblement national a déjà son candidat, c'est-à-dire qu'eux-mêmes ont déjà fait ce calcul en disant qu'il faut partir le plus tôt possible pour pouvoir imprimer au-delà des slogans et au-delà des postures un message. Le cœur bat plus
pour Édouard Philippe ou pour Gabriel Attal qui sont toujours en concurrence.
Moi, je veux le meilleur candidat. Moi, je suis à Renaissance et j'ai un candidat, Gabriel Attal, qui s'est débattu tout l'été, qui a fait campagne tout l'été et qui a fait, je dirais... Mais vous ne l'avez pas suivi
dans la municipale à Paris puisque lui avait
un autre candidat que Rachida Dati. Oui, moi, j'ai suivi. J'avais une vraie différence avec... Donc, c'est la deuxième fois
que vous vous déliez, j'allais dire, de Gabriel Attal puisque vous allez vers Édouard Philippe, clairement, en soutenant Gérald Darman.
Je veux un candidat qui rassemble l'intégralité du bloc central pour pouvoir gagner. À l'heure actuelle, quand on regarde le baril centre, Édouard Philippe est plus au baril centre de l'électorat. Pourquoi est-ce qu'on n'accélère
pas le mouvement ?
Pourquoi est-ce qu'on n'accélère pas le mouvement en disant c'était Édouard Philippe ? Je me permets à votre micro de le redire. Je crois que cet objectif que j'entendais de fin janvier, fin février est trop tardif. Il faut plutôt décider d'avoir un candidat pour pouvoir se mettre tous derrière ce candidat. Et deuxième chose, ce qui m'embête toujours, c'est quand il y a plusieurs candidatures. C'est le cas des socialistes, d'ailleurs, à l'heure actuelle. C'est que vous avez toujours des croche-pieds les uns envers les autres. Et donc, au fond, votre concurrent est plutôt... Vous pensez qu'il y aura un croche-pieds entre Gabriel Attal et Édouard Philippe ? Il y en a forcément des accroches.
Et donc, ce qui est important, c'est de faire en sorte que votre concurrent ce sera Marine Le Pen, ce sera Jean-Luc Mélenchon, ce ne sera pas celui qui est juste à côté de vous. Au contraire, c'est celui qui va vous aider à arriver à l'Élysée.
Merci beaucoup, Sylvain Maillard.
Bonne journée. Merci, Pierre De Villeneau. Merci, Sylvain Maillard. Vous êtes sur Europe 1.
Sylvain Maillard