Mathilde Panot : "Détester Mélenchon n’est pas un programme !"
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On va avoir une campagne qui va être très violente et qui va nécessiter aussi que sans cesse on déconstruise les mensonges qui sont dits contre nous. Détester Mélenchon et la France insoumise, ce n'est pas un programme. Et je trouve que, bon, ils sont toujours d'une violence extrême contre nous, mais ils ont quand même compris qu'il y avait une grosse force populaire derrière nous et donc ils ont peur de nous maintenant. Je trouve que ça enclenche un cercle vertueux qui montre que le peuple est de retour en politique et qu'en fait, on est légitime à le faire.
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du Fauteuil. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir la présidente du groupe parlementaire de la France insoumise, Mathilde Panot. Bienvenue sur le Fauteuil.
Merci, merci pour l'invitation.
Comme d'habitude, on commence le Fauteuil avec toujours une question régulière qu'on a toujours avec nos invités. C'est quoi ton premier moment de politisation ? C'est quoi ton premier rapport à la politique ?
Je pense que c'est d'abord une colère, moi. J'étais très, très en colère de voir qu'on vivait dans un pays aussi riche et de voir non seulement des gens qui dormaient à la rue, qui n'arrivaient pas à s'en sortir. Et moi, en fait, je suis rentrée par la politique d'abord par l'associatif, qui est d'ailleurs une forme aussi d'action politique, avec d'abord un premier engagement à ATD Quart Monde, donc Agir tous pour la dignité. Et à l'époque, je faisais à la fois du théâtre de l'opprimé, qui vient du Brésil à Augusto Boal. Au départ, lui, c'est un théâtreux, il fait d'ailleurs une pièce sur la Révolution française.
Et donc, il fait cette pièce et puis il se rend compte que le public, quand il termine la pièce, se lève et dit « ouais, on va aller tout casser, en fait ». Et donc, ça interroge beaucoup sa pratique théâtrale, qui était une pratique théâtrale assez classique. Et à partir de là, il fait ce qu'on appelle du théâtre de l'opprimé, que moi, je faisais avec des jeunes à Nancy, qui est le fait, par la pratique théâtrale, de savoir comment est-ce qu'on réagit à telle ou telle situation d'injustice. En fait, on fait une scénette avec une injustice, généralement qui vient du vécu de quelqu'un. Ou alors, on simule une grève dans une usine avec des ouvriers.
Et on fait agir, je ne sais pas, le patron, quelqu'un qui est l'auteur d'une injustice. Et le public peut dire, donc les spectateurs peuvent dire « stop » quand ils veulent, pour prendre la place de quelqu'un et essayer d'influer sur le cours des choses, pour dire qu'en fait, on peut changer la manière dont se passent les choses. Donc, je faisais à la fois du théâtre forum, je faisais des bibliothèques de rue dans des quartiers populaires, dans les hauteurs de Nancy. Et moi, c'est principalement par là que je suis rentrée dans la politique.
Et puis, par des rencontres aussi, puisque j'avais la chance de faire mes études avec un certain Adrien Clouet, que je connais maintenant depuis 20 ans, qui lui était très engagé politiquement. Donc, moi, pendant ce temps-là, je faisais plutôt un engagement associatif. Et il m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup tannée avec son engagement politique. Et c'est beaucoup grâce à lui aussi que je suis ici.
Adrien Clouet, députée de la France Insoumise, qu'on reçoit souvent aux médias aussi. Et oui, du coup, de ce que tu nous dis, c'est très lié à la culture, ton engagement ?
Oui, enfin, oui, c'est vrai. Dans l'associatif, on a fait beaucoup de cultures. En fait, l'idée de ATD Carmond, au départ, de l'association dans laquelle j'ai commencé à militer, après, j'en ai fait d'autres. Mais au départ, ATD Carmond, c'est né dans un bidonville à Noisy. Donc, on est dans l'après-guerre. Au départ, c'est un prêtre qui fonde ça. Et lui, la première chose qu'il fait, qui fait un gros scandale à l'époque, c'est qu'il crée dans le bidonville un salon de beauté. Et en disant, en fait, c'est ce qui permet aussi aux gens de retrouver leur dignité.
Et ATD, ce n'est pas une association qui distribue la nourriture, c'est une association qui veut donner les outils aux gens pour qu'ils puissent récupérer leur vie, être maîtres sur leur vie, donc avec beaucoup d'outils d'éducation populaire, etc. Donc, moi, j'ai fait ça longtemps avec eux. On faisait des universités populaires. Je ne sais pas, par exemple, j'ai travaillé avec des gens des Philippines qui vivaient sous un pont sur les objectifs du millénaire pour le développement. Donc, des choses qui sont très loin. Et par exemple, ces gens-là, c'était intéressant parce qu'on leur avait proposé un terrain, parce que sous le pont, ils étaient régulièrement inondés jusqu'à la taille.
Et on leur avait proposé un terrain au sec. Et en fait, ils étaient retournés vivre sous le pont, ce qui faisait dire à plein de réacs que c'était des gens irresponsables, qu'il fallait leur enlever leurs enfants, etc. Or, en fait, la raison pour laquelle ils n'étaient pas restés sur le terrain sec, c'est que s'ils restaient dans ce terrain, alors leurs enfants ne pouvaient plus aller à l'école, si ce n'est à marcher pendant cinq heures pour pouvoir y aller. Et donc, en fait, ils préféraient dire... En fait, on préfère vivre dans des conditions qui sont déplorables et que nos enfants puissent avoir un avenir plutôt que le contraire. Du coup, c'était assez intéressant.
Et donc, oui, en fait, il y avait beaucoup de choses qui passaient par la culture, effectivement. Et c'est un engagement qui m'a beaucoup appris, y compris sur... Enfin, là, par exemple, on parle souvent des 1,2 million de personnes qui sont tombées sous le seuil de pauvreté sous Macron. En fait, bon, évidemment, ce n'est pas des chiffres, c'est des personnes. Mais en fait, ce qu'on oublie de dire souvent, c'est que pour sortir de la pauvreté en moyenne en France aujourd'hui, il faut six générations. Et moi, je me rappelle, par exemple, à Nancy, avoir croisé des jeunes qui, par exemple, quand ils te parlent, ne te regardent plus dans les yeux.
Et en fait, ça, c'est des choses qu'ils ont appris de leurs parents parce qu'en fait, à force d'être tout le temps méprisés, ils préfèrent ne plus regarder. Donc, en fait, tu leur parles et ils ne te regardent pas par peur d'y lire du mépris. Alors que, très clairement, moi, j'étais dans la même assoce qu'eux. Enfin, je veux dire, on se voyait depuis longtemps. J'ai milité avec eux pendant deux ans. Donc, il n'y avait pas de problème a priori. Mais c'est juste que dans les corps, en fait, que la pauvreté, elle s'ancre. Et oui, ça m'a beaucoup appris, cet engagement militant-là.
On va accélérer la vitesse pour parler de la France Insoumise. Tu fais partie des fondatrices du mouvement. Tu n'es pas passé par un système politique, d'intégration de la politique classique. Tu n'as pas fait le truc de Science Polena, de parcours classique qui emmène du Parti Socialiste au reste. Et c'est quoi ton point d'entrée ? Comment ça se fait ? C'est quand le moment où tu passes, justement, de cet engagement associatif à la fondation de la France Insoumise ?
Alors, j'ai quand même fait un parcours un peu classique puisque j'ai quand même fait Science Pol. Et à Science Pol, il y a quand même plein de gens. Moi, je me rappelle d'une nana que j'avais rencontrée qui me disait, je ne comprends pas pourquoi en France, elle venait d'un lycée français, à l'étranger. Je ne comprends pas pourquoi en France, vous vous plaignez avec un SMIC à 3 000 euros. Quand même, c'est pas mal. Je lui ai dit, le SMIC à 3 000 euros, je te le prends en direct. Une forme de déconnexion. Et en vrai, je le dis un peu en rigolant, mais de violence aussi que moi, j'ai vécu à Science Pol. Et en fait, le moment où moi, je bascule...
En fait, je ne bascule pas parce que je fais pendant très longtemps les deux, engagement associatif et engagement politique. C'est le moment où, justement, j'arrive à Paris pour le master. Donc, à Science Pol Paris. Et que là, je m'engage. À l'époque, c'était dans le front de gauche Science Pol et dans les campagnes, de la campagne notamment présidentielle de 2012 de Jean-Luc Mélenchon. Et donc, c'est à ce moment-là que je commence à faire des réunions politiques, de l'action politique, avec une forme de violence aussi au départ. Je le dis parce qu'à l'époque, on va dire que particulièrement à Science Pol, il faut imaginer qui est à Science Pol.
Il y avait, par exemple, dans les camarades qui militaient avec nous, des gens qui connaissaient l'ensemble des groupuscules d'extrême-gauche dans le monde, ce qui peut être très intéressant quand quelqu'un vous explique, mais qui peut être aussi extrêmement excluant lorsqu'on ne vous explique pas. Et en fait, on était assez peu de nanas à l'époque au Front de Gauche Science Pol. Ça s'est amélioré petit à petit. Mais je me rappelle que ma première réunion, j'avais dit à Adrien Clouet, justement, enfin, genre, je ne suis pas sûre de revenir. Où est-ce que tu m'emmènes ? Et je suis restée par fierté mal placée. Mais c'était bien, en fait, de rester, parce qu'y compris.
En fait, l'associatif, ça m'a beaucoup appris. J'ai adoré mon engagement associatif. Après, il y a quand même un moment où vider la mer avec sa cuillère, c'est fatigant. Et on a envie que ça change pour tout le monde. Et moi, c'est principalement pour ça que je me suis lancée dans le combat politique. C'est parce que j'avais envie que ça change vraiment.
C'est intéressant ce dont tu as parlé, parce que je pense que c'est quelque chose qui freine beaucoup de gens à aller en politique. C'est le côté première réunion. On te bombarde d'infos. Et tu as l'impression que tout le monde maîtrise. Et tu dis, mais ce n'est pas ma place. Moi, je ne connais pas la théorie post-marxiste.
Hier, je voyais les jeunes insoumis. Je leur ai dit, soyez inclusifs et inclusives. Parce qu'il y a plein de gens. Rien que passer la porte de la réunion, c'est compliqué. Alors, se retrouver dans des discussions, on ne comprend rien, et où personne ne vous explique, parce que c'est considéré comme normal. Vous devez avoir tout lu. Et en fait, c'est dommage, parce qu'il y a des gens qui partent aussi à cause de cela. Et là, on est quand même dans une campagne présidentielle. Une campagne présidentielle, c'est un moment qui est extraordinaire à vivre comme militant et militante, parce que c'est le moment où le pays se politise massivement, où les gens s'intéressent aux choses.
Et donc, du coup, c'est le moment où, justement, il faut donner toutes les conditions à tout le monde de pouvoir s'investir comme il ou elle le souhaite.
Et d'ailleurs, pour vivre cette campagne présidentielle aux côtés du Média TV, on a lancé une nouvelle campagne de dons, parce que le Média TV est en danger, comme beaucoup de médias indépendants. C'est une crise qui touche toute la presse indépendante. Et on a besoin de vous pour continuer, pour continuer à couvrir cette campagne et les campagnes à suivre avec toujours notre charte qui est disponible sur notre site. On est profondément antiraciste, féministe, on lutte contre les LGBTphobies. et on essaye de vous proposer quelque chose de différent des médias mainstream. Donc, pour continuer de nous aider, allez sur capsurledicat.lemédiatv.fr.
Faites-le, je le dis aux gens qui nous écoutent, faites-le, parce qu'on a vraiment besoin de médias indépendants. C'est vraiment une des conditions du débat démocratique. Et quand on voit ce qui est en train de se passer, notamment avec l'Empire Bolloré, mais pas que, et ce qui s'est passé encore récemment du patron de Canal+, qui annonce que pour les 600 artistes qui ont signé la tribune contre Bolloré, et qui n'étaient même pas au départ contre Canal+, mais qui étaient contre la mainmise de Bolloré sur la culture et la création, et que du coup, le premier financeur du cinéma français à hauteur de 40% dit qu'il va les boycotter.
Bon, non seulement on veut leur apporter notre soutien total, mais il faut aussi, évidemment, soutenir ceux qui font vivre aussi une information pluraliste qui n'est pas dans la main des milliardaires d'extrême droite.
C'est assez flippant, mais tu m'as fait une transition parfaite. Cette campagne, elle va s'articuler aussi. sur le rapport aux médias. Et globalement, on a l'impression qu'il y a l'Empire Bolloré, mais il y a aussi tout le reste des médias plus modérés qui s'adaptent à son agenda. On le voit dans les recrutements de France Info qui va aller chercher des anciens chroniqueurs de CNews.
Qui d'ailleurs disent « restez sur CNews » quand ils sont sur la chaîne du service public. Oui, qui ont toujours
les réflexes. Comment vous vous préparez à ça ? Est-ce que la stratégie des nouveaux médias justement fait partie de ce process, de cette réflexion ?
En tout cas, nous, ça sera une des premières choses dont on s'occupera quand on sera au pouvoir. Je recommence par la fin, quand on aura gagné. C'est qu'il faut absolument déconcentrer les médias. Ça, c'est une urgence démocratique absolue, et puis y compris une urgence sociale pour les journalistes qui y travaillent aussi. Donc ça, c'est la première chose.
Ensuite, la deuxième chose, évidemment, vous avez vu que ça a fait hurler et pleurer nombre de médias, le fait que Jean-Luc Mélenchon fasse maintenant régulièrement des conférences avec les nouveaux médias, qui est une manière aussi de leur donner à la fois de la visibilité, mais aussi de contourner un peu l'officialité médiatique sur laquelle on continue d'aller, mais qui sont de plus en plus des gardes à vue médiatiques, avec, bon, on a vu des mensonges répétés, effectivement, un alignement sur l'agenda de l'extrême droite de plus en plus.
Et donc, on a besoin de trouver des espaces pour contourner tout cela, d'autant que cette campagne présidentielle, en plus de cette main mise encore plus forte des milliardaires sur l'information, elle va avoir une, je ne dirais pas une nouveauté, mais une difficulté supplémentaire qui va s'accroître encore, c'est la question des ingérences étrangères.
On a vu, là, dans les élections municipales, et ça a été encore confirmé récemment, qu'il y a eu des ingérences étrangères confirmées, qui viennent directement d'Israël sur les campagnes municipales de Sébastien Delogu, de François Pigmal ou encore de David Guiraud, pour donner un exemple de ce que ça donne, parce que pour beaucoup, ça a été des raids numériques, plutôt sur des actions sur les réseaux sociaux, mais par exemple, Sébastien Delogu avait, dans les rues de Marseille, des affichettes qui étaient collées d'une certaine Sophie qui affirmait que Sébastien Delogu l'aurait violée.
Et ça, c'était l'ingérence étrangère qui vient directement de proche de Netanyahou, dont on essaye de remonter la piste. Donc, je veux dire, ça a vraiment des effets qui sont extrêmement graves et qui vont faire qu'on va avoir une campagne qui va être très violente et qui va nécessiter aussi que sans cesse, on déconstruise les mensonges qui sont dits contre nous. Alors, je trouve qu'il y a un truc qui est intéressant qui s'est passé dans les élections municipales, notamment suite à la violence qui s'est déployée contre nous. On avait plusieurs épisodes de violence, mais notamment suite à la mort de Quentin Deranque.
Je trouve que ce qui est intéressant, c'est qu'à la fin, peut-être que certains comprennent que les médias, ce n'est pas la vraie vie et qu'il y a plein de gens qui ne croient plus l'officialité médiatique lorsqu'elles nous qualifient ici d'assassins, ici de racistes, ici, etc., etc. Donc, mais c'est évident qu'on a une difficulté qui est immense et que donc, il faut non seulement déployer du terrain, mais aussi déployer un démontage des mensonges qui sont dits sur nous en continu. Et donc, en général, il ne faut pas croire ce qui est dit sur nous à la télé.
On va revenir sur ton parcours, c'est un petit aparté sur les médias, mais juste aussi pour préciser qu'on a fait un entretien avec François Picmal que vous pouvez retrouver sur la chaîne du Média TV, notamment pour parler de ces ingérences étrangères et des procédures d'appel qui sont en cours dans le cadre de l'élection municipale. Donc, vous pouvez le retrouver sur notre chaîne. On en a fait deux d'ailleurs, si je ne dis pas de bêtises. Tu prends la tête du groupe parlementaire en 2022 dans ce même contexte d'attaque, parce que les attaques médiatiques sont de plus en plus violentes, mais ça fait très longtemps que la France Insoumise aussi subit ce genre d'attaque. Comment tu l'as vécu ?
Tu étais prête à ça ? Comment ça se passe la gestion de ce groupe parlementaire ? Comment tu t'es retrouvée à ce degré de responsabilité ?
J'étais prête et pas prête. De toute façon, on a tous appris sur le tas. Il faut se rappeler que la France Insoumise rentre pour la première fois à l'Assemblée nationale en 2017 seulement et qu'en cinq ans, on a quand même multiplié par quasiment cinq notre nombre de députés, donc avec des gens qui n'ont jamais été élus pour un grand nombre d'entre eux. C'était par exemple mon cas et qui donc apprennent plein de choses sur le tas. En même temps, j'étais prête aussi parce que depuis 2019, j'étais vice-présidente du groupe. Donc, en fait, je gérais déjà beaucoup de choses du groupe.
Moi, la plus grande fierté que j'ai dans le groupe parlementaire, je le dis souvent, mais pour moi, c'est la chose la plus importante qu'on a réussi à démontrer en étant à l'Assemblée nationale. C'est d'abord que tout le monde peut faire de la politique et que même on en fait mieux que celles et ceux qui s'y croient prédestinés. Quand on est arrivé à l'Assemblée, il faut imaginer le niveau de mépris qu'on avait à notre rencontre.
Je me rappelle, bon, alors, il y avait Caroline Fiat, première aide-soignante élue à l'Assemblée qui était la députée Bac-2, Jean-Hubert Grattnon qui était au RSA, activité députée de La Réunion, qui pose une question au gouvernement sur l'augmentation de la pauvreté dans notre pays et le Premier ministre lui répond ou le ministre, je ne sais plus, lui répond en disant de toute façon, vous ne dénoncez pas la misère, vous en vivez. Enfin, des choses mais qui étaient hallucinantes. Et je trouve que, bon, ils sont toujours d'une violence extrême contre nous, mais ils ont quand même compris qu'il y avait une grosse force populaire derrière nous et donc ils ont peur de nous maintenant.
Et je trouve que le fait d'avoir eu et d'avoir toujours, bon, alors je disais une aide-soignante, une ouvrière agricole, Mathilde Ligné qui est élue actuellement, un chauffeur de taxi, enfin, plein de... Rachel Kéké qui est élue de 2022 à 2024. Je trouve que ça enclenche un cercle vertueux qui montre que le peuple est de retour en politique et qu'en fait, on est légitime à le faire.
Et je pense que ça, c'est un message qui est très, très important, notamment dans un moment où on a eu de cesse de dire aux gens, un, qu'ils étaient dépolitisés, notamment aux gens des quartiers populaires, ce qui est insupportable à entendre, et deux, qu'en fait, il fallait être un peu expert pour pouvoir s'occuper de la politique. Moi, je vois souvent des enfants en classe qui me demandent il faut faire quoi comme études pour être député et je leur dis, rien de spécial en fait.
Et je pense que c'est hyper important pour justement, ouais, redire que le peuple ne se laissera pas exclure de la politique et qu'on ne laissera pas des décisions se prendre en notre nom sans qu'on puisse être là et sans qu'on ait notre mot à dire et je pense qu'on dit notre mot à dire assez fort et assez haut et que ça permet notamment dans la période où ils sont devenus minoritaires de contrecarrer à de nombreuses reprises leur plan.
On tourne cet épisode quelques jours après l'annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027. C'est toujours les mêmes discussions à gauche. Bon, il y a des gens qui disent que c'est une erreur stratégique parce que Jean-Luc Mélenchon ne serait pas capable de rassembler. mais on a envie de poser la question inverse. Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre à gauche qui est capable de faire 22% au premier tour ? Est-ce que cette critique elle a une résonance ? Tu trouves qu'elle c'est juste des gens qui pensent en intérêts partisans ou c'est quelque chose qui peut vous poser une difficulté pendant la campagne ?
On nous l'a fait à peu près à chaque élection. Rappelez-vous en 2022 en 2022 on nous expliquait que de toute façon la gauche ne pourrait jamais gagner l'élection présidentielle de 2022 et que de toute façon ce qui se jouait c'était 2027.
Donc en fait on nous le fait à chaque fois et en fait ceux qui font ça non seulement dégoûtent des gens essayent de mettre le pays dans un espèce d'état de on peut rien faire on peut rien changer un état de désespoir absolu et je pense que le lancement de notre candidature et de la candidature de Jean-Luc Mélenchon montre au contraire qu'il y a une forte envie dans le pays d'inventer un autre avenir ensemble il n'y a qu'à voir le nombre de signatures sur Mélenchon 2027.fr c'est impressionnant la dernière fois on avait mis 4 jours à obtenir les 150 000 parrainages citoyens pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon cette fois-ci on a mis moins de 24 heures et là à l'heure où on enregistre cette émission on est à peu près à 273 000 si je suis exact je ne vais pas faire
de prédiction sur combien dans 10 jours
mais ce qui est en termes de dynamique personne ne peut faire ça dans le pays c'est la construction d'une force politique et Jean-Luc Mélenchon contrairement à toutes les caricatures qui sont faites sur lui moi je vous demande qui est-ce que vous connaissez autour de François Ruffin qui est-ce que vous connaissez autour de Rafaël Glucksmann vous ne connaissez personne alors que Jean-Luc Mélenchon qui est décrit comme l'homme égotique par excellence et celui qui non seulement a fait émerger toute une génération et une équipe voire des équipes qui sont prêtes à gouverner
et puis surtout
Jean-Luc Mélenchon ce n'est pas un aventurier de ce qu'on fait en politique Jean-Luc Mélenchon il a une haute conscience du temps long dans lequel on s'inscrit nous on ne fait pas la France Insoumise pour s'imaginer être une fois ministre premier ministre président pour être les gestionnaires de la France pendant 5 ans nous on fait la force politique de la France Insoumise en pensant le temps long dans lequel on s'inscrit et justement la manière dont on veut changer profondément ce pays et l'avenir qu'on propose notamment aux jeunes générations donc cette question du temps long elle est importante et puis Jean-Luc Mélenchon c'est quand même un extraordinaire candidat c'est quelqu'un qui a une culture historique qui est immense une profondeur politique qui est quelqu'un qui est reconnu y compris internationalement par des chefs d'Etat y compris parce que Jean-Luc Mélenchon est un des rares qui s'est toujours intéressé à l'international ce qui n'est pas du tout le cas du reste des partis politiques ni à gauche ni à droite ni nulle part
qui arrive à évoluer sur ces questions aussi parce que si on compare avec des positions précédentes notamment la réflexion qui est en cours sur la Palestine et sur notamment l'opposition ça c'est une critique qui est souvent faite sur les précédentes positions de Jean-Luc Mélenchon en 2016 etc les soutiens de Ruffin ou de Roussel on parle souvent sur les réseaux mais c'est pour le coup le seul politique qui arrive à dire ok j'évolue sur cette question parce qu'on m'a convaincu de ça ou ça
par exemple en 2016 moi je me rappelle que j'avais fait rencontrer à Jean-Luc Mélenchon un ami qui était à ce moment là dans la plateforme Stop ou Contrôle au Faciès et Jean-Luc Mélenchon pour plein de raisons dans son histoire était encore un moment où il voulait dire je fais confiance à la justice à la police avait des difficultés à appréhender ce que c'était les violences policières et moi je me rappelle de cette discussion avec Issa où il lui dit en fait dès qu'on a 8, 10, 12 ans dans un quartier populaire notre lien avec la République bon c'est l'école et sinon c'est la police il n'y a que ça et en fait dès 8, 10 ans, 12 ans surtout quand t'es un jeune homme on t'apprend que t'es étranger dans ton propre pays c'est ça le contrôle au faciès en permanence en fait et par exemple ça Jean-Luc Mélenchon est quelqu'un qui aujourd'hui le porte complètement enfin je veux dire c'est donc il y a aussi le fait d'à la fois de discuter d'être très en lien avec les différents mouvements sociaux collectifs intellectuels du pays qui fait que ouais on est aussi capable de dire de changer d'avis d'avancer sur des questions de faire avancer notre programme toujours en mieux et ça c'est aussi une force de Jean-Luc Mélenchon
La stratégie de la France Insoumise c'est pour le présidentiel on fait évidemment c'est un peu caricatural mais est-ce que c'est d'augmenter la participation dans les bastions forts dans les quartiers populaires etc parce que j'ai l'impression que l'analyse que fait la France Insoumise des électorats c'est toujours les électorats sont pas stables et on peut les faire augmenter et j'ai l'impression que le reste de la gauche se dit ok pour gagner j'ai 7% il faut que j'aille récupérer les 12 de chez Macron les 3 de je ne sais qui et qu'il n'y a pas une volonté d'aller chercher un électorat qui n'existe pas en fait
déjà le fait de vouloir faire une primaire c'est déjà un signe de cet entre-soi en fait de dire on va essayer de se convaincre entre gens déjà convaincus de savoir qui est le meilleur puis après on connaît l'histoire généralement n'est pas soutenu par celui qui a perdu qui va soutenir parfois un autre candidat qui prend beau bref on connaît l'histoire donc à mon avis c'est assez juste comme analyse par exemple nous aux élections européennes on a réussi à faire un million de plus de voix pour la gauche du rupture donc à chaque fois nous notre but c'est pas juste dans les bastions forts parce que je trouve ça a été beaucoup caricaturé du fait notamment de Ruffin je le dis très clairement par exemple je ne sais pas dans le système Ruffin où est-ce que moi j'appartiens je veux dire moi je suis élue à Ivry-sur-Seine c'est vrai que c'est une bonne question mais par exemple moi j'ai grandi à Saint-Privé-Saint-Méman dans une ville de 4000 habitants dans le Loiret donc je bon vous comprenez le problème quoi bon bref mais du coup en fait notre but principal c'est de redonner le goût de la politique aux gens et donc de ramener massivement les gens aux urnes alors évidemment les endroits où il y a le plus d'abstentionnistes il y a évidemment dans les quartiers populaires mais aussi partout sur le territoire la question de la jeunesse il y a bon les plus précaires de ce pays qui sont aussi ceux qui votent le moins et donc nous on est par exemple fiers à la France insoumise d'être quasiment les seuls à faire tous les ans des campagnes d'inscription sur les listes électorales moi à l'époque j'avais lancé les caravanes d'égalité des droits quand on avait lancé la France insoumise ça existe depuis 2016 on le fait chaque année c'était à la fois sur l'accès à la citoyenneté politique donc l'inscription sur les listes électorales mais aussi à la citoyenneté sociale donc l'accès au droit et en fait quand on voit qu'il y a quasiment 11 millions de personnes dans notre pays qui sont non inscrits ou mal inscrits parce qu'ils ont déménagé vous comprenez que c'est un enjeu majeur c'est un enjeu majeur démocratique de dire c'est pas normal qu'il y ait des millions de gens qui puissent pas donner leur avis sur ce qu'ils veulent pour le pays et pour eux-mêmes mais surtout ce qui est délirant c'est que depuis 2016 l'État refuse de faire des campagnes d'inscription sur les listes électorales parce qu'ils savent très bien que ceux qui ne vont pas voter ceux qui s'abstiennent massivement sont aussi ceux qui iraient sanctionner leur politique donc nous on est fiers de faire ce travail-là et puis quand même quelque chose qui donne de l'espoir je trouve pour la campagne de 2027 c'est qu'on a quand même 4,2 millions de jeunes qui ont eu 18 ans entre 2022 et 2027 donc ils vont pouvoir voter pour la première fois et on a quand même la chance d'avoir dans ce pays une jeunesse qui est massivement antiraciste antifasciste féministe consciente des enjeux écologiques et puis l'autre chose c'est moi quelque chose qui me parle particulièrement c'est ce dont parle Vincent Tibéry dans son livre La France est-elle de droite il dit pour la première fois on observe une socialisation à l'envers en fait il dit pendant des années pendant des décennies la socialisation elle se faisait du haut vers le bas c'est-à-dire des générations les plus âgées vers la jeunesse un professeur dans une école des grands-parents ou des parents dans une famille etc il dit pour la première fois on voit l'inverse et l'exemple parfait c'est ce qu'on a réussi à faire avec les associations féministes c'est l'inscription de l'avortement dans la constitution pourquoi ?
Depuis 50 ans que l'avortement est légalisé en France il n'y a jamais eu de vote favorable du Sénat donc pour changer la constitution il faut voter dans les mêmes termes assemblée Sénat or c'était impossible puisque en 50 ans il n'y a jamais eu de vote favorable du Sénat donc ce que faisaient les lois c'est qu'elles allaient à l'Assemblée au Sénat ils votaient contre et puis le dernier mois aller à l'Assemblée qu'ils votaient pour et d'ailleurs avant que nous on arrive à faire voter pour la première fois dans notre niche parlementaire en septembre il y avait eu une tentative au Sénat et cette tentative avait échoué alors pourquoi est-ce qu'en février d'après au Sénat la constitutionnalisation du droit à l'avortement a été votée et bien ça c'est des sénateurs et sénatrices qui racontent que leurs filles petites filles nièces sont venues les voir et leur ont dit je ne viendrai plus jamais de voir à Noël je ne viendrai plus jamais de voir aux vacances bref je ne viendrai plus jamais de voir si tu ne votes pas en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps et du coup ça a fonctionné et ça a même continué le processus puisqu'il y a encore plus de votes au Congrès quand on a rassemblé Assemblée et Sénat que le cumul des votes qui avaient vraiment eu lieu à l'Assemblée et au Sénat et donc s'il y a des jeunes qui nous écoutent allez parler à vos grands-parents parce que nous les grands-parents on ne les touche pas souvent ils sont touchés par la télé ou autre et en fait cette socialisation inversée on va la voir dans les votes aussi j'en suis certaine
c'est déjà le cas je pense que moi ma grand-mère en Tunisie elle vote pour qui je lui dis de voter par exemple c'est un exemple
de socialisation inversée
j'ai précisé en Tunisie pour qu'il n'y ait pas ensuite une polémique de j'oblige ma grand-mère à voter les filles ou je ne sais quoi je voulais te parler encore ce serait pourtant
un très bon conseil
je voulais te parler de ce contexte à gauche il y a toujours un petit côté où on se demande si certains sont vraiment candidats à gauche pour gagner ou s'ils y vont juste comme tu l'as dit tout à l'heure avant en 2022 ils disaient non mais c'est pas la bonne élection la bonne élection c'est 2027 j'ai l'impression qu'en faisant un peu de science politique est-ce qu'ils y vont uniquement pour les législatives pour avoir l'exposition médiatique qui va avec il y a un petit côté je ne sais pas s'il y a un problème de sincérité politique dans la chose de dire non on peut gagner sur cette ligne là sur cet agenda là alors que alors que l'idée c'est plutôt d'exploiter la campagne comme outil pour législative
il y en a c'est une campagne de notoriété il y en a d'autres qui effectivement ne pensent déjà qu'aux législatives et aux places aux législatives en se disant déjà que les présidentielles c'est perdu donc ça c'est ça c'est évident qu'il y en a beaucoup qui font ça et par ailleurs je trouve que ça donne un spectacle un peu lamentable en fait quand on regarde la manière dont ils sont tous en train de se pouiller entre eux et enfin nous quand même dans la grande force quand Jean-Luc Mélenchon dit nous c'est carré on a un programme une équipe et un seul candidat en fait même c'est agréable c'est pas juste que c'est carré que nous on donne on est en ordre de bataille alors que les autres sont aux fraises en train de faire je ne sais quoi c'est que c'est agréable en fait de ne pas passer son temps à critiquer les camarades avec qui tu mènes la lutte à baver les uns sur les autres à faire des complots les uns sur les autres ce qu'ils ne cessent de faire et puis peut-être quand même un conseil qu'il faudrait leur rappeler comme il s'appelle souvent la gauche non-mélenchoniste détester Mélenchon et la France Insoumise ce n'est pas un programme et donc un petit conseil pour eux il ferait mieux d'arrêter de parler de nous d'arrêter de parler sans cesse de Jean-Luc Mélenchon et puis peut-être de commencer à faire des propositions au pays
pour parler de ces anciens alliés du nouveau Front Populaire de la NUPES de l'extérieur on a l'impression que ça s'est fracturé toujours sur des sujets qui touchent les personnes racisées ou qui sont en lien en tout cas avec des personnes racisées que ce soit la cause palestinienne les violences policières que certains alliés à gauche ont beaucoup utilisé pour créer un clivage comment tu l'expliques parce que de l'extérieur j'ai posé la même question à quasiment tous les responsables politiques qu'on a eu sur le fauteuil
déjà je trouve ça vraiment intéressant comme analyse parce que je trouve ça juste et ça permet de dépasser ce qui est généralement dit sur NUPES NFP c'est à dire en gros la France insoumise était méchante et on parle trop fort et voilà pourquoi ça s'est brisé donc c'est juste alors comment on l'explique à mon avis il y a quand même beaucoup de choses la première chose c'est que je pense qu'il y a beaucoup de ces formations politiques qui ne sont pas au clair sur ces questions là d'ailleurs on en reparlera peut-être mais on voit certains ne veulent pas utiliser le terme d'islamophobie ne sont pas au clair sur l'antiracisme on le voit très très bien en ce moment avec certains
on n'a pas parlé de la BDWF en challenge
il y a une question exactement il y a une question je pense aussi d'être pris dans un système de respectabilité de plaire à l'officialité médiatique voilà d'avoir peur en fait de prendre des positions et de tenir bon sur des principes nous quand même le gros avantage qu'on a maintenant c'est que certes on nous a fait toutes les polémiques du monde mais au moins nous on sait tenir un rapport de force et on n'a pas peur de prendre une position sur ce qu'elle nous coûterait ou pas enfin je veux dire on prend des positions quand on pense qu'elles sont justes quand elles correspondent à nos principes quand elles aident des luttes y compris donc ça je pense que ça c'est une grosse force qu'on a et que d'autres n'ont pas et puis y compris parce que bon nous on est assez homogènes politiquement et y compris tout ce dont on disait dans lequel on a avancé au fur et à mesure sur violences policières islamophobie antiracisme sur lequel on a toujours on a toujours tous des progrès à faire mais n'empêche qu'on avance beaucoup y compris programmatiquement bon bah nous on a avancé tous ensemble dans d'autres parties en fait il y en a une partie une petite partie qui vont dire islamophobie et puis l'autre partie va contredire ça donc je pense qu'il y a aussi une forme d'homogénéité politique chez nous et puis après je pense qu'on nous fait subir à nous la France insoumise à nous la France insoumise ce qu'on fait subir aux habitants des quartiers populaires en fait il y a une forme de mépris qui est insupportable enfin il faut quand même voir c'est des formations politiques qui par exemple pour certaines d'entre elles vont être aux côtés des agriculteurs quand ils manifestent avec un gouvernement qui dit face à la souffrance on n'envoie pas des CRS mais quand il y a des jeunes qui se mobilisent en disant on refuse qu'ils puissent nous arriver comme c'est arrivé à Naël et malheureusement à beaucoup d'autres jeunes c'est à dire qu'on puisse juste nous mettre une balle dans la tête lorsque on est dans une voiture quoi nous arrêter voilà quand il y a des habitants des Outre-mer qui demandent juste l'accès à l'eau et qu'on leur envoie le GIGN et le RED comme ça a été fait en Guadeloupe qu'on va gazer directement des soignants et des patients en Martinique au moment des manifestations au moment du Covid bon mais même pendant les Gilets jaunes par ailleurs donc tout ça enfin les Gilets jaunes
c'était quelque chose qu'on disait c'était la première fois qu'on voyait des gens traités comme des habitants des quartiers populaires
donc je pense que c'est un peu nous traiter comme ça c'est-à-dire que dans l'entre-deux-tours on est très sympathique quand on n'y est pas pour essayer d'avoir nos voix là on est sympathique avec nous et puis le reste du temps il y a une forme de mépris qui est insupportable et puis je pense que nous aussi la force qu'on a qui est différente pour le coup d'autres c'est que nous on a quand même un lien constant qui est beaucoup plus fort avec les luttes les collectifs bref tous ceux qui font aussi la vie démocratique du pays qui fait que bon on est plus en phase aussi sur tous ces sujets-là
avec du recul maintenant est-ce que tu te dis que cette alliance elle était positive elle était utile parce qu'on a reçu Philippe Poutou récemment dans le dans le fauteuil qui lui pour le coup pensait que ce format d'alliance était positif mais d'autres à l'extrême gauche comme évolution permanente ou lutte ouvrière ils vous reprochent d'avoir réhabilité le parti socialiste finalement
ça existe chez nous ce débat aussi il y a beaucoup d'insoumis aussi qui disent que voilà le PS est extrêmement problématique je veux dire c'est quelque chose qui circule très largement y compris dans les rangs insoumis plus jamais PS bon la NUPES puis le nouveau Front Populaire ça a été inscrit quand même dans des contextes et notamment si la NUPES a pu se faire c'est parce qu'il y a eu un rapport de force qui a été décidé par les électeurs et les électrices lors de l'élection présidentielle où nous on fait 22% et tous les autres font moins de 5% avec le parti socialiste qui fait 1,7% à l'époque donc qui en gros dans le rapport de force nous permet d'avoir un programme de rupture bon maintenant les choses elles ont alors bon ça a eu un effet de démonstration quand même de dire pour tous les gens qui nous décrivent comme des sectaires à chaque fois c'est nous qui avons permis à chacun d'avoir un groupe parlementaire donc ça a eu un effet de démonstration après aujourd'hui ce qui reste il y a un bloc de la censure en fait de la rupture qui existe encore qui permet encore de faire des choses et de voilà de discuter après avec le parti socialiste c'est très compliqué voire impossible enfin je dirais y compris d'ailleurs dans dans le vocabulaire qu'ils utilisent ils ont changé d'alliance en fait ils ont changé de camp quand ils décident de ne pas censurer le gouvernement le cornu de fait ils rentrent dans une majorité enfin dans un soutien sans participation au gouvernement et puis quand ils ne cessent de pointer Jean-Luc Mélenchon comme étant le moins bon candidat au second tour de l'élection présidentielle alors qu'eux-mêmes n'ont aucun candidat qui pourrait aller au second tour bon à un moment enfin je veux dire si on est contre l'extrême droite même si on n'est pas contre l'extrême droite mais notamment on va dire encore plus si on est contre l'extrême droite il faudra choisir son camp
c'est la fameuse phrase de à la fin ça sera nous contre eux on va revenir un peu sur toi tu présides un groupe de 71 députés avec beaucoup de personnalités fortes de personnalités différentes c'est quoi ton boulot au quotidien
alors mon boulot au quotidien c'est que nous sommes effectivement 71 députés après il faut imaginer qu'un groupe parlementaire c'est un vrai collectif humain il y a ce qu'on voit et il y a ce qu'on ne voit pas ou qu'on voit moins notamment du coup ça donne à peu près 300 collaborateurs et collaboratrices à la fois de groupe et de députés donc c'est un vrai collectif à animer bon nous moi mon boulot évidemment c'est l'animation du collectif en général bon je ne suis pas toute seule à faire ça j'ai deux vice-présidents j'ai Marianne Maximi et Adrien Clouet qui sont vice-présidents du groupe j'ai un bureau qui se réunit toutes les semaines donc qui permet de faciliter aussi toutes les affaires courantes du groupe choisir toutes les semaines les questions gouvernement les textes qui vont être déposés par le groupe etc et puis évidemment de tenir le cap politique de ce que enfin de jamais oublier pourquoi et pour qui on est là et notamment une des choses qu'on a théorisées très vite en étant à l'Assemblée Nationale c'est ce qu'on appelle un pied dedans un pied dehors c'est facile à comprendre un pied dedans c'est-à-dire dans les luttes parlementaires faire comprendre à l'extérieur ce qui est en train de se passer les mauvais coups du gouvernement essayer de les déjouer puisque maintenant c'est possible vu qu'ils sont une minorité ce qu'on a réussi sur la loyade ce qu'on a réussi sur le 1er mai etc et puis un pied à l'extérieur donc à chaque fois dans les luttes et de faire rentrer aussi les revendications à l'intérieur de l'hémicycle
Est-ce que c'est peur que l'institution vous influence trop et vous formate ?
Mais parce que l'Assemblée Nationale c'est impressionnant là-dessus je veux dire il y a vraiment un côté les ors de la République je veux dire quand vous êtes à l'Assemblée Nationale vous pouvez manger à l'Assemblée Nationale il y a des restaurants enfin c'est logique pour que les gens puissent se restaurer mais du coup il y a des restaurants à l'Assemblée Nationale vous pouvez retirer de l'argent il y a un bureau de poste il y a un coiffeur il y a une buvette parlementaire donc en fait assez rapidement si vous ne voulez pas sortir du tout de l'Assemblée Nationale vous pouvez ne pas sortir une salle de sport que Benalla disait qu'il fréquentait très souvent n'est-ce pas ?
Donc en fait si vous ne voulez pas sortir de l'Assemblée Nationale vous pouvez ne pas sortir de l'Assemblée Nationale et c'est évidemment extrêmement dangereux donc oui oui nous on fait attention et puis y compris il y a des il y a des impératifs dans le groupe parlementaire qui nous semblent hyper importants par exemple sur la question de tout ce qui est les droits fondamentaux comme on a un gouvernement qui à peu près tous les six mois ou un an nous pond des lois plus répressives sur la question de la justice de la prison etc nous tous les députés de mon groupe ont déjà été au moins une fois en prison tous les députés de mon groupe ont été au moins une fois dans un centre de rétention administrative et je considère que c'est primordial si on veut comprendre de quoi on parle parce que c'est pas du tout la même chose de dire ah oui oui mettons de la prison à tout le monde arrêtons tout le monde dans des centres de rétention administrative après avoir vu ce que ça voulait dire concrètement donc ça aussi c'est des choses sur lesquelles on fait attention et puis après la vie parlementaire on a de la chance on est des militants on est payés à militer c'est extraordinaire on a une chance incroyable d'être élu et donc c'est aussi hyper riche dans les gens qu'on va rencontrer les associations les collectifs les syndicats avec lesquels on va construire des propositions de loi avec lesquels on va pousser des textes de loi par exemple la nationalisation d'ArcelorMittal qu'on a gagné dans la niche précédente en novembre bon tout ça ça se construit avec les uns et les autres et ça c'est une chance extraordinaire qu'on a
t'en parlais en début d'interview quand t'étais arrivé au Front de Gauche tu disais au Front de Gauche Sciences Po tu disais qu'il n'y avait pas beaucoup de nanas et t'es une des rares femmes à ce niveau de visibilité disons de responsabilité à gauche est-ce que tu le vois dans ton quotidien ce traitement différent est-ce qu'à l'Assemblée tu le remarques la violence qui peut s'exercer contre les femmes politiques
ah oui très clairement enfin je veux dire les femmes tout y passe la manière dont on s'habille notre physique notre vie privée et d'ailleurs le pire étant probablement pour des femmes qui en plus sont arabes ou noires je pense à la violence qu'a subie à de multiples reprises mon ami Daniel Obono Nadej Abomangoli Rima Hassan qui est quand même un des exemples du harcèlement qui est fait contre Rima donc ça c'est encore pire pour elle donc oui on voit bien on voit bien la violence qui est déployée contre les femmes et oui il y a un traitement qui reste différencié ça c'est une évidence
à gauche comment ça se manifeste est-ce que tu vois sur quels angles la gauche doit encore faire des efforts là-dessus
surtout en fait c'est un peu comme quand on parle de racisme je veux dire la société elle reste patriarcale donc en fait tous les mouvements politiques même que lorsqu'ils essayent de faire toujours mieux sont traversés par des choses qu'il y a dans la société donc il y a plein de choses nous on fait à chaque élu enfin à chaque fois qu'il y a un nouveau mandat on fait des formations notamment sur la question du sexisme notamment sur la question des violences sexistes et sexuelles donc formation ça on le fait et puis après on essaye enfin en fait c'est la meilleure manière de faire en sorte que il y ait je ne sais pas si c'est moins de violence mais en tout cas de permettre à d'autres femmes d'avoir leur place plus facilement pour la suite c'est qu'il y ait plus de femmes en responsabilité et pour le coup moi je suis présidente du groupe donc j'ai une vice-présidente Marianne Maximi il y a deux vice-présidentes de l'Assemblée Nationale Nadej Abomangoli qui est quand même la première femme noire à occuper ce poste et Clémence Guettet ensuite au Parlement européen on a la coprésidente du groupe de la gauche européenne qui est Manon Aubry on a la présidente de notre délégation qui est Marine à mesure donc ça aussi c'est une manière d'aider on va dire à ce que d'autres femmes aussi aient leur place et puis je le dis parce qu'en fait mine de rien on a eu assez peu de femmes en politique enfin assez peu il y en a eu mais en fait il reste et ça c'est assez intéressant aussi il reste à inventer c'est quoi être des femmes en politique parce que par exemple on me reproche beaucoup d'être une femme extrêmement dure agressive qui est
le cadrage médiatique oui
mais en fait aussi parce que si j'étais un homme on dirait de moi que je suis un tribun parce qu'en fait je fais des discours avec des millions de vues mais comme je suis une femme je ne suis pas un tribun enfin d'ailleurs il n'y a pas de féminin à ça on ne va pas dire que je suis une tribune mais du coup ça donne des traitements différenciés qui d'ailleurs se voyaient beaucoup par exemple dans les invitations médiatiques moi il a fallu attendre que je sois présidente du groupe parlementaire officiellement alors que j'étais vice-présidente depuis deux ans et demi du groupe pour que je sois enfin invitée dans les médias c'est à dire que j'ai mis cinq ans à être invitée dans les médias
mais même dans les médias il y avait un cadrage assez bizarre où si c'est toi qui est en train de confronter un journaliste en contradiction etc ensuite l'analyse ça sera la colère la gestion des émotions etc si c'est un homme ça sera punchliner il est fort en débat ah oui
ça reste de manière très forte ça c'est clair
pour la transition c'est la nouvelle France peut-être que ça fait partie justement de cette nouvelle France c'est quoi exactement et pour dans la foulée pour faire le lien avec ce qu'on entend en ce moment est-ce que tu regrettes qu'à gauche il y a de plus en plus de gages qui sont donnés à la droite notamment sur l'immigration ou le racisme je pense aux récentes déclarations de François Riffin sur l'immigration du travail des personnalités du parti socialiste qui refusent d'utiliser le mot islamophobie il y aurait plein d'exemples à prendre mais cet alignement
on aurait pu citer Roussel aussi
oui je n'avais pas de citations en tête mais il y en a plein mais oui est-ce que ces gages tu les regrettes et globalement est-ce que ça vous met dans une position compliquée
enfin c'est plus que les regretter en fait c'est aberrant de se dire de gauche et de céder comme ça du terrain à l'extrême droite en fait il s'aligne sur les fantasmes de l'extrême droite qui encore une fois ne sont pas la réalité ce n'est pas parce que dans les médias ces news suivis par d'autres qui les imitent on parle sans cesse d'immigration d'insécurité par des immigrés ou je ne sais quoi que c'est la réalité de ce que les gens vivent il faut se rappeler par exemple dans les cahiers de doléances des gilets jaunes quand les chercheurs ont analysé les cahiers de doléances des gilets jaunes les premières questions qui revenaient sans cesse c'était l'éducation des gosses le pouvoir d'achat enfin des choses qui n'ont rien à voir avec les fantasmes qu'à l'extrême droite donc en fait en fait c'est lamentable de reprendre les thèmes de l'extrême droite en pensant que c'est comme ça qu'on pourra vaincre l'extrême droite on ne vaincra l'extrême droite qu'en étant clair sur ses principes et en ne cédant pas un pouce à l'extrême droite sur les questions du racisme sur les questions d'immigration sur toutes ces questions-là tous ceux qui en fait leur cèdent du terrain à chaque fois les font avancer parce qu'en fait ils rentrent dans leur cadre idéologique tout comme l'extrême droite devient fréquentable parce qu'on la fréquente et bien l'extrême droite devient acceptable parce qu'on accepte ses thèses et donc il faut être absolument strict sur le fait de ne jamais rien céder à l'extrême droite ça c'est la première chose et la deuxième chose du coup la nouvelle France c'est pour ça que pour nous c'est un concept qui est très puissant pourquoi ?
parce que vous avez d'un côté l'extrême droite qui fantasme une France qui n'existe pas et n'a jamais existé une France qui serait une France blanche une France chrétienne une France qui serait envahie de je ne sais qui enfin bon bref donc ils sont dans un fantasme complet sur ce qu'est le pays et le concept de la nouvelle France c'est tout simplement dire que c'est la France qui assume son peuple dans son entièreté et que le peuple si on prend un point de départ parce qu'il faut prendre un point de départ pour comprendre d'où on parle si on prend 1958 qui est donc la constitution de la cinquième république on a un peuple qui a profondément changé depuis 1958 je veux dire les femmes ont conquis des droits nouveaux notamment le droit à l'avortement mais beaucoup d'autres l'homosexualité était pénalisée à cette époque vous aviez par exemple dans les années 70 une famille sur 10 qui était une famille monoparentale généralement une femme avec des enfants disons le plus simplement puisque c'est généralement ça aujourd'hui c'est une famille sur 4 donc il y a des nouvelles formes de famille ça c'est un chiffre c'est ça qui fait souvent réagir les fachos mais il y avait un français sur 10 qui avait des grands-parents aujourd'hui c'est un français sur 3 aujourd'hui qui a des grands-parents étrangers et ça c'est la France telle qu'elle est aujourd'hui et donc la France qui s'assume dans l'entièreté de son peuple c'est aussi celle qui peut regarder vers son avenir et créer des choses nouvelles et notamment une des choses nous lesquelles on projette la nouvelle France c'est la question de la 6ème République et du pouvoir du pouvoir au peuple et sur la manière dont à partir de ce pays tel qu'il est aujourd'hui et non pas des fantasmes de l'extrême droite comment est-ce que on fait peuple ensemble et notamment comment est-ce qu'on réécrit une constitution qui permet de récupérer le pouvoir à un homme et un seul c'est-à-dire un président qui a des pouvoirs absolument démentiels comme on l'a vu notamment avec Macron au moment de la retraite à 64 ans
je crois qu'on pouvait pas mieux conclure la séquence pour finir sur le fauteuil on pose toujours des questions un peu culturelles je voulais te demander trois morceaux que tu écoutes en ce moment ou que tu voudrais recommander
alors trois morceaux je recommande Rakai de Kerry James j'adore écouter ça en allant dans l'hémicycle je trouve que le texte est incroyable ensuite quand même petite pensée pour le peuple libanais avec la guerre que leur mène Netanyahou Mashroulaïla trois minutes et puis la dernière c'est un ami qui m'a fait rencontrer un chanteur haïtien qui est très populaire en Haïti qui est un super chanteur donc je vous recommande d'aller écouter qui s'appelle Woolly Saint-Louis-Jean qui a fait des chansons qui sont extrêmement belles dont beaucoup sont en créole haïtien voilà
c'est quel style à peu près c'est alors lui
il adore la chanson française il adore Brassens il adore Ferrat d'ailleurs il m'en a joué donc c'est un parolier vraiment c'est vraiment des très très belles chansons
ok est-ce que tu te souviens de la dernière fois qu'on s'est vus ?
au concert de Médine
justement c'était quoi ton dernier concert ?
en vrai c'est mon dernier vrai concert le concert de Médine malheureusement je ne prends pas assez le temps d'y aller mais entre temps comme il y a eu une campagne municipale j'ai notamment été à Brest et j'ai donc vu un petit concert lors du meeting que je faisais à Brest pour aider notre candidate qui s'appelle Armel le Malabar ok et qui a fait une chanson super qui a fait un buzz sur internet qui s'appelle Bienvenue à Brest et qui dit notamment dans cette chanson ils veulent que je parte mais je reste et puis bon après c'est une chanson qu'il a fait dessus c'est vraiment super ok donc vous pouvez écouter
allez un film ou une série qui t'a plus récemment qui t'a surprise
alors récemment j'ai regardé deux films d'Abderrahman Sisako ok qui est un réalisateur donc qui est né en Mauritanie et qui a grandi une partie de sa vie au Mali ok qui a fait deux films que j'ai trouvé mais superbes vraiment notamment les images sont incroyables donc l'un c'est Bamako Bamako c'est un procès par la société civile notamment du FMI et autres et d'autres institutions internationales qui étrangle le peuple donc c'est super à regarder et puis l'autre c'est Timbuktu qui là raconte comment des djihadistes en fait essayent d'imposer au peuple malien des lois de fondamentalisme religieux avec la résistance du peuple malien qui est vraiment assez merveilleuse par exemple il y a cette poissonnière qui dit mais comment vous voulez que je mette des gants alors que je dois réarroser régulièrement mon poisson il y a donc cette chasse qui est faite à la musique et puis donc on voit des sortes de miliciens qui sont en train de chercher d'où vient la musique un soir et puis qui appellent le chef quand finalement ils trouvent la musique parce qu'ils sont assez embêtés parce que ce sont des musiques à la gloire de Dieu donc ils ne savent plus s'ils doivent arrêter ou pas arrêter il y a l'interdiction de jouer au foot donc on voit par exemple ces jeunes qui sont en train de jouer sans ballon qui est une scène absolument magnifique où du coup ils passent à côté puis ils ne peuvent rien faire puisqu'il n'y a pas de ballon donc théoriquement ils ne jouent pas au foot et c'est très beau c'est aussi très dur comme film mais je vous recommande de le voir vraiment c'est magnifique
en tout cas c'est très bien vendu un bouquin que tu ferais lire à tes adversaires
pour le départ je voulais dire le temps des salauds de Luc Jalon qui montre justement comment l'extrême droite devient fréquentable à force qu'on la fréquente et qui fait un bon inventaire de tout ce que la Macronie a fait pour aider l'extrême droite mais en fait je pense que je leur ferais lire Les racines du ciel de Romain Garry Les racines du ciel dans l'histoire de ce livre c'est un personnage qui s'appelle Morel qui lutte pour protéger les éléphants notamment du braconnage et autres des trafiquants d'ivoire en disant les éléphants c'est la manifestation la plus maladroite de la vie sur terre donc si on protège les éléphants on protégera tout le monde dans le monde dans l'humanité et en fait ça vient d'une histoire plus longue parce que ce personnage en fait a été dans des camps de concentration a été enfermé dans des camps de concentration et un jour dans son barraquement tout le monde a un moral d'enfer ce qui inquiète beaucoup les nazis de voir tous ces prisonniers qui ont un super moral donc ils les torturent pour essayer de savoir ce qui se passe et tout et en fait ils ne savent jamais parce qu'en fait ce qui se passe c'est qu'il y en a un d'entre eux qui a dit à tous les autres les gars j'ai une super idée pensez à une immense plaine et à un troupeau d'éléphants qui courent en liberté et en fait c'est l'image de la liberté absolue et en fait donc chacun se met à penser à ces éléphants qui courent chacun commence à adopter son propre éléphant et lorsqu'il meurt à transmettre son éléphant à un autre prisonnier et en fait je leur ferai lire ça parce qu'il y a des choses chez l'être humain qu'on ne pourra jamais arracher une envie de liberté qui est inarrêtable et qui est un ressort qui existe chez tous les êtres humains et avec parfois besoin que certains se lèvent ou haussent la voie pour que d'autres puissent suivre mais il y a quelque chose chez l'être humain qu'on n'arrivera jamais à nous arracher et je trouve que pour leur dire vous ne viendrez jamais à bout de nous et bien que c'est une bonne manière de leur dire aussi
c'est très beau je pense qu'on ne pouvait pas mieux conclure ça me rappelle les images pendant le génocide à Gaza des enfants qui jouaient au foot ou qui allaient sur la plage et ensuite c'était repris en France par la droite Alexandre qui disait regardez-les et c'était vraiment cette envie de liberté qui veulent aussi qu'ils les travaillent comme ce que tu disais où tu disais ils ne supportaient pas de voir des gens trouver un peu de joie merci beaucoup Mathilde Panot d'avoir été avec nous pour que ce format puisse continuer d'exister et qu'on puisse recevoir de nouveau Mathilde Panot si elle a envie d'en venir allez sur capsurledicap.lemédiatv.fr on a besoin de vous pour continuer à produire ce genre d'émissions et tous les formats qu'on fait donc n'hésitez pas à devenir un abonné mensuel du média pour nous garantir cette indépendance et garantir cette lutte que l'on mène contre l'empire des milliardaires et des médias mainstream merci beaucoup
Mathilde Panot