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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 avril 2024 53 min

Élections européennes, climat, guerre en Ukraine, situation à Gaza... Ce qu'il faut retenir de "Demain l'Europe" avec Marion Maréchal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Et bienvenue dans Demain l'Europe, l'émission spéciale de France Info consacrée aux élections européennes. Bonjour Marion Maréchal-Leben. Vous êtes avec nous jusqu'à 9h30. D'abord avec Jérôme Chapuis, nous allons vous interroger sur les questions d'actualité.

0:17
Invité

Et puis deux de nos consoeurs européennes prendront le relais. Bonjour Anna Kowalska, correspondante de la télévision publique polonaise. Elle vous interrogera sur la guerre en Ukraine et l'attitude à adopter face à Vladimir Poutine. Et bonjour à vous, Anna Navarro-Pedro, correspondante de la presse portugaise à Paris. Elle vous parlera notamment d'écologie. Et puis Benjamin Sportouche nous rejoindra à la fin de l'émission pour vous faire préciser certains points.

0:41
Présentateur

Mais d'abord Marion Maréchal-Le Pen, les Français vous connaissent bien, ne serait-ce que par votre nom ou votre famille. Mais Audrey Tison va quand même dresser votre parcours politique.

0:50
Invité

Marion Maréchal, vous avez 34 ans. La politique, c'est un héritage, une première apparition sur une affiche de campagne de votre grand-père Jean-Marie Le Pen. A l'âge de 2 ans, vous êtes la nièce de Marine Le Pen. Sans surprise, vous adhérez très jeune au Front National. Vos études de droit, vous les interrompez après le Master 1 car vous êtes élue à l'Assemblée à 22 ans, alors plus jeune députée de la 5ème République. Isolée dans l'hémicycle aux côtés de deux autres élus d'extrême droite, vous donnez de la voix, notamment contre le mariage pour tous. Ça a aussi forgé son identité politique conservatrice, estime l'un de vos proches.

En 2015, vous manquez de peu de ravir le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur. On vous voit ensuite faire la campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017. Avant de vous mettre en retrait de la vie politique, vous décidez de ne plus utiliser le patronyme Le Pen et vous fondez votre école, l'ICEP, que vous désignez comme un Sciences Po de droite. Votre retour en politique, c'était il y a deux ans pour soutenir Éric Zemmour à la présidentielle. Il vous confie la tête de liste aux Européennes pour reconquête votre ligne à la sauvegarde de notre civilisation. C'est une campagne monothématique d'après vos opposants.

Elle parle islamisation matin, midi et soir, tacle un cadre des Républicains, tandis qu'une écologiste vous qualifie de creuse. Crédité de 5 à 7% des intentions de vote, vous flirtez avec le seuil minimal pour obtenir des eurodéputés. Plusieurs cadres de votre parti vous conseillent de muscler votre discours, de taper un petit peu plus sur le RN, votre ancienne famille politique, que vous refusez de critiquer frontalement. Alors Marion, Marie-Jane Le Pen, vous ne lâchez pas vos coups contre le Rassemblement National ? Vous ne voulez pas insulter l'avenir ?

2:30
Marion Maréchal

Non, je dis ce que j'ai à dire quand j'ai des choses à dire sur le fond. C'est-à-dire que moi je ne suis pas dans les règlements de compte personnels. Je considère aujourd'hui que dans ces élections, mes adversaires principaux, c'est d'abord la gauche, la vraie gauche et la fausse droite, incarnée par les LR qui aujourd'hui siègent dans la majorité d'Ursula von der Leyen avec les macronistes et avec les socialistes. Et donc quand j'ai des divergences avec le Rassemblement National, je ne m'en cache pas. Quand on n'est pas d'accord et qu'on s'oppose sur des choses, je dis les choses clairement.

Mais j'essaye de concentrer mon énergie face à ceux qui aujourd'hui sont dans la majorité au Parlement européen et mènent la politique européenne que je veux combattre. Parce que mon objectif dans cette élection, c'est de construire une nouvelle majorité à droite. Et pour construire aussi cette majorité demain, il faudra probablement travailler avec le Rassemblement National et d'autres groupes, d'autres nationalités. Donc je veux qu'on soit intelligents. J'ai toujours cru en l'union des droites. Je la défendais déjà quand j'étais au Rassemblement National. Je vais pouvoir continuer à la défendre demain. Ce qui ne veut pas dire évidemment que Reconquête n'a pas de singularité à défendre.

3:26
Invité

Et alors cet autre point qui était souligné par le portrait que vous faisiez de vous, Audrey Tison, elle parle d'islamisation matin, midi et soir. Elle est monothématique, c'est ce que disent vos concurrents des Républicains. Pour le dire clairement, est-ce que vous n'êtes pas à côté des préoccupations des Français ?

3:40
Marion Maréchal

Alors je vais vous le dire, je pense que ces personnes qui critiquent n'ont peut-être pas regardé les derniers débats que j'ai faits où on a parlé de tous les sujets européens, de l'énergie à l'écologie, en passant en effet par l'immigration. Mais en revanche, j'assume aujourd'hui que l'un des moteurs de mon engagement dans ces élections européennes, c'est pour moi le défi vital et existentiel qui est le défi civilisationnel et identitaire. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a plus de migrants qui rentrent sur le sol français que d'enfants qui naissent en Europe. Je pense que je n'ai pas à vous convaincre du chaos migratoire à l'œuvre.

Et donc de ce point de vue, je considère qu'aujourd'hui, oui, l'enjeu vital qui doit conduire une seule question de l'électeur le 9 juin prochain, c'est de savoir est-ce qu'ils veulent que la France reste la France et l'Europe reste l'Europe. Parce que derrière l'immigration, c'est évidemment un changement de culture, de mœurs, de mode de vie, un changement religieux qui est à l'œuvre et beaucoup de conséquences sécuritaires. Donc oui, je considère que c'est l'enjeu majeur. Maintenant, vous me dites que je suis à côté de, on va dire...

4:34
Invité

Non, c'est une question qui est posée en fait par vos concurrents.

4:36
Marion Maréchal

Oui, mais je ne crois pas. Preuve en est d'ailleurs, quand on regarde tous les sondages sur les centres d'intérêt des Français ou les moteurs de vote, l'immigration, la sécurité, le terrorisme islamiste sont toujours parmi les premières préoccupations. Ce qui ne veut pas dire évidemment que le sujet du pouvoir d'achat n'est pas évidemment central et légitimement très important.

4:55
Présentateur

Entrons dans le détail sur l'immigration justement. Contrôle renforcé des arrivées de migrants dans l'UE, des centres d'accueil au plus près des frontières pour envoyer plus rapidement ceux n'ayant pas droit à l'asile dans l'Union Européenne. Un mécanisme de solidarité aussi obligatoire entre les 27. Voilà ce qui résume le pacte asile et migration voté hier à Bruxelles. Est-ce qu'il y a au moins des parties de ce texte qui trouvent grâce à vos yeux ?

5:17
Marion Maréchal

Alors notre eurodéputé Nicolas Bay et notre groupe ECR ont voté contre l'essentiel de ce texte et en particulier justement contre la répartition forcée des migrants sous peine d'amende imposée aux pays qui refuseraient de recevoir ces migrants parce que nous considérons que c'est une manière de créer un appel d'air supplémentaire. On parle de personnes qui sont éligibles à l'asile. On va en reparler juste après mais justement moi je considère que l'Union Européenne ferait mieux de réformer ce droit d'asile qui selon moi aujourd'hui est beaucoup trop large dans son interprétation et sa lecture et son application.

Mais nous avons voté en revanche tout ce qui va dans le sens d'un durcissement évidemment du contrôle et notamment ces fameuses mesures de filtrage qui permettent d'avoir une pré-étude si je peux dire du dossier soit à l'extérieur des frontières soit ce qu'on appelle dans des zones de fiction juridique qui permettent d'expulser plus facilement des personnes qui ne seraient pas éligibles à ce droit d'asile.

6:05
Présentateur

Et ça, ça fait justement débat avec Jordan Bardella qui vous accuse d'avoir voté pour cette disposition-là alors que lui il n'a pas fait. Lui en fait il dit vous jouez le jeu de la majorité en place.

6:15
Marion Maréchal

Écoutez, je suis très surprise par les déclarations de Jordan Bardella. Ce que j'ai entendu hier est un mensonge. Il dit que nous avons voté ce pacte asile-immigration. C'est faux. Il nous reproche d'avoir voté cette mesure alors même que son propre groupe et ses propres élus ont voté cette mesure en commission. Ils ont finalement renoncé à la voter en plénière. Alors c'est exactement le même texte. C'est très surprenant. Et ces arguments qui sont ceux soi-disant d'un empêchement de refoulement des migrants est factuellement et formellement faux. Donc je ne sais pas du tout quelle est la petite manœuvre politique derrière ça. C'est très curieux.

6:45
Présentateur

Donc il y a du bon dans ce texte. Sur la répartition des réfugiés éligibles à l'asile qui vous posent problème, ce n'est pas bien la solidarité entre les pays ? Non mais vous dites qu'il y a du bon dans ce texte.

6:54
Marion Maréchal

Évidemment que sur les dix textes proposés, il y a un ou deux textes qui vont dans le bon sens mais qui sont très très insuffisants face à ce que nous vivons aujourd'hui. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'Union européenne devrait aller beaucoup plus loin. Moi, je défends l'idée qu'il devrait y avoir aujourd'hui un blocus naval européen que voulait Georgia Meloni et qu'ont bloqué le gouvernement allemand et le gouvernement français sur le modèle de l'opération solidaire par le passé. Je considère aujourd'hui qu'il faut réformer Schengen. Ça veut dire que la libre circulation devrait être réservée aux Européens et non plus aux non-Européens comme c'est le cas aujourd'hui.

Il faudrait financer des centres de rétention et des hotspots à l'extérieur des frontières européennes. Il faudrait multiplier les accords. Ça commence grâce à Georgia Meloni d'ailleurs une fois de plus à être mis en place.

7:32
Présentateur

Si on réforme Schengen, ça veut dire quoi ? C'est le retour des frontières nationales ? On fait des contrôles partout, à toutes les frontières nationales ?

7:39
Marion Maréchal

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand vous êtes extra-européen et que vous rentrez dans l'espace Schengen en Europe, vous ne pouvez plus circuler librement sans visa d'un pays à l'autre comme c'est le cas aujourd'hui. Quand vous êtes en revanche de nationalité européenne, là, vous pouvez continuer de circuler librement sans visa.

7:53
Présentateur

Il y a la route, il y a les aéroports, il y a les bateaux.

7:55
Marion Maréchal

Mais tout à fait. Il faut qu'il puisse y avoir un contrôle entre Européens et non-Européens comme c'est d'ailleurs souvent le cas à l'aéroport et que vous pouvez le constater avec des facilitations évidemment de passage pour les Européens. Mais en tout cas, ils ne le peuvent pas que vous puissiez.

8:07
Présentateur

Juste aux travailleurs transfrontaliers qui doivent se dire mais la galère que ça va être en fait, je vais devoir faire trois heures à l'année, trois heures retour pour aller travailler.

8:15
Marion Maréchal

J'entends bien ce que vous dites. Mais déjà, sachez qu'il y a quand même aujourd'hui des modalités sur le plan technologique qui permettent de faciliter les passages et de rendre ça beaucoup plus fluide que ça ne l'était par le passé. Et deuxièmement, permettez-moi de vous dire qu'aujourd'hui, il y a un impératif en termes de sécurité. Et j'y reviens. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas sans savoir d'ailleurs que la dernière actualité, c'est que l'État islamique menace la Coupe d'Europe de football, que le DGSI, il y a quelques jours de ça, annonçait qu'il y avait potentiellement des djihadistes qui pouvaient se glisser de nouveau parmi les clandestins.

Nous vivons sur une menace, comment dire, permanente. Donc aujourd'hui, la libre circulation...

8:46
Présentateur

La libre circulation aujourd'hui qui est imposée

8:56
Marion Maréchal

est un danger pour la sécurité des Français. Et nous sommes de fait devenus victimes de choix politiques d'autres pays. Je pense notamment à l'Espagne qui, récemment, avec le centre-droit allié à la gauche, ont régularisé près de 500 000 clandestins sur leur sol. À partir du moment où ces personnes sont régularisées sur le sol espagnol, elles sont libres de pouvoir circuler partout et de venir s'installer demain en France. Eh bien, je pense que ce modèle n'est plus viable, n'est plus soutenable. Maintenant, je vous le dis, je pense que là où l'Union européenne, une fois plus, passe à côté de l'essentiel, c'est que la vraie, comment dire, solution pour moi, c'est le modèle australien.

C'est le modèle du no way. C'est-à-dire la politique de dissuasion du Nil.

9:30
Invité

Mais l'Australie est une situation géographique particulière. Pas du tout.

9:34
Marion Maréchal

Non, mais ça, pardonnez-moi, j'entends ça tout le temps. Vous connaissez, j'imagine, le détroit de Torres. Vous savez que ce détroit de Torres, il y a des îlots australiens qui s'y trouvent face à la côte où se trouve la quatrième population mondiale. Non, excusez-moi, entre ces îlots et cette côte, il y a une distance qui est moins importante qu'entre Cannes et la Corse. Donc c'est totalement faux sur le plan géographique. En revanche, ce qui a fonctionné, c'est le fait qu'ils aient mis des centres de rétention sur la côte Papouasie-Nouvelle-Guinée.

C'est le fait qu'ils aient mis en place l'interdiction formelle d'une régularisation possible si vous rentrez clandestinement sur le territoire français. C'est le fait qu'ils aient mis en place des campagnes de dissuasion dans les départs, les pays d'origine, pour éviter justement que les personnes puissent s'espérer bénéficier d'un aile d'Europe.

10:12
Présentateur

Marion Maréchal-Le Pen, il y a des discussions avec les pays d'origine. C'est ce qui est fait dans le cadre du pacte Asie, les migrations. Ce n'est pas ce qui se passe en Europe. Excusez-moi, aujourd'hui, même en France...

10:20
Invité

En tout cas, c'est une des dispositions qui a été adoptée hier. Le filtrage obligatoire préalable à l'entrée d'un migrant.

10:26
Marion Maréchal

Excusez-moi, mais quand vous arrivez aujourd'hui... Il n'y a pas de campagne de dissuasion dans les pays d'origine. Il n'y a pas de centre de rétention aujourd'hui avec ça des frontières. Je vous parle de la campagne du Noé. Et excusez-moi, mais aujourd'hui, quand vous arrivez en France, même clandestinement, vous avez des chances de pouvoir être régularisés et même davantage aujourd'hui qu'hier puisque le gouvernement a fait voter un texte il y a quelques semaines de cela qui consiste à faciliter encore la régularisation des clandestins sur le sol français. Donc non, tout indique que d'un côté, on prend des demi-mesures techniques, mais on envoie des incitations à venir.

10:52
Invité

En Italie, votre partenaire, Giorgia Meloni, a fait passer à 123 000 le nombre de permis de travail pour les étrangers dans les secteurs en tension dans son pays.

11:01
Marion Maréchal

Et vous savez quelle est la grande différence entre l'immigration de travail en Italie et l'immigration de travail en France ? C'est qu'en Italie, quand vous venez, vous travaillez et vous repartez. Et surtout, la différence, c'est que, un, dans ces conditions d'accueil, il y a l'impératif fait aux chefs d'entreprise de prouver qu'ils ont d'abord cherché à employer un italien et qu'à défaut d'avoir réussi à employer un italien, ils pouvaient faire cette demande temporaire d'immigration de travail. Et surtout, la grande différence, pardonnez-moi, c'est qu'en Italie, il n'y a pas le droit du sol.

Il n'y a pas toute, on va dire, la politique sociale incitative qu'il y a aujourd'hui en France qui fait que l'Italie, que vous le vouliez ou non, est d'abord un pays de transit plutôt qu'une destination finale, contrairement à la France. Et donc, moi, ça ne veut pas dire que je souhaite aujourd'hui augmenter l'immigration de travail en France. Pas du tout. Mais au regard des conditions italiennes, je pense que comparaison n'est pas raison.

11:50
Invité

Marion Maréchal, notre consoeur Anna Kowalska, journaliste à la télévision polonaise, va vous interroger dans une minute. Il est 8h45. On laisse passer le fil info Mathilde Romagnon. Pour répondre à l'économie de guerre, Emmanuel Macron est attendu aujourd'hui à Bergerac en Dordogne. Sur le site de l'usine de poudre pour obus Eurinko, le chef de l'État appelle les industriels français à produire plus et plus vite pour soutenir l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie. La piste terroriste est écartée après la mort d'un homme à Bordeaux hier soir tué à l'arme blanche en pleine rue. Un autre homme a été blessé. L'agresseur a été abattu par la police.

Les prix du carburant repartent à la hausse et se rapprochent de nouveau de la barre symbolique des 2 euros par litre. L'association 40 millions d'automobilistes lance une pétition pour plafonner le prix du litre à 1,50 euro. Le premier astronaute non américain à atterrir sur la Lune sera japonais. Joe Biden l'a annoncé cette nuit. Ce sera dans le cadre d'une mission du programme américain Artemis prévue pour 2026. Son but, établir une présence humaine durable sur la Lune, plus de 50 ans après la fin du programme Apollo.

12:58
Locuteur non identifié

France Info Demain l'Europe Jérôme Chapuis, Saliabrakia

13:06
Présentateur

Demain l'Europe continue avec Marion Maréchal-Le Pen tête de liste reconquête aux élections européennes et je donne tout de suite la parole à Anna Kowalska journaliste à la télévision publique polonaise. Elle a elle aussi des questions à vous poser.

13:18
Invité

Marion Maréchal, vous avez dit il y a quelques jours je ne suis pas pour qu'il y ait d'envoi d'armes à l'Ukraine. Pourquoi ?

13:25
Marion Maréchal

Eh bien écoutez, pour une raison simple c'est qu'aujourd'hui je considère que moi je soutiens évidemment l'Ukraine dans la défense de sa souveraineté et il me paraît légitime que la France puisse apporter un soutien matériel, logistique, financier. En revanche, je considère que ce n'est pas parce que la France aujourd'hui est aux côtés de la résistance ukrainienne qu'elle doit faire la guerre à sa place et je considère qu'aujourd'hui envoyer des armes pour l'Ukraine c'est dépecer notre appareil de défense. Or notre appareil de défense aujourd'hui est en très mauvaise situation.

Tous les rapports parlementaires démontrent que nous aurions en cas de guerre de haute intensité trois jours de munitions devant nous. Nous serions à peine capables de tenir un front de 100 kilomètres. Nous avons 200 chars en France alors qu'il y en a une dizaine qui sont détruits chaque jour en Ukraine et c'est autant de budget qui est pris ça n'est jamais d'ailleurs dit aux Français sur le budget de la défense qui a été aujourd'hui votée. Donc c'est vrai que je considère que c'est irresponsable en l'état actuel de notre situation.

14:19
Invité

Mais justement, les usines d'armes en France tournent à plein régime. Aujourd'hui, Emmanuel Macron est à Bergerac dans une usine qui va fabriquer de la poutre pour des obus.

14:29
Marion Maréchal

Mais malheureusement, de manière bien insuffisante parce que pendant des années, le gouvernement a fait le choix de ne pas mettre des commandes d'État à la hauteur de nos besoins et de nos ambitions. Vous savez que nous sommes aujourd'hui le seul membre du Conseil permanent de sécurité de l'ONU à ne pas avoir de production, de munitions sur le sol français. Alors même que nous aurions eu l'opportunité de pouvoir relocaliser à un moment donné cette production. Donc nous nous réveillons très tardivement, très laborieusement face aux circonstances.

Mais aujourd'hui, à l'heure actuelle, si la France devait être amenée à protéger ses frontières et à protéger l'intégrité de son territoire, dans une guerre de haute intensité, elle ne serait pas en capacité de le faire. Donc une fois de plus, je ne souhaite pas démembrer et dépecer ce qui est aujourd'hui, malheureusement, un appareil de défense en très mauvais état avant que celui-ci ne soit reconstitué de manière correcte.

15:14
Invité

Il y a des pays qui sont dans bien plus de mauvaises situations et pourtant, ils veulent envoyer les armes en Ukraine. La groupe dans lequel vous siégez au Parlement européen, les conservateurs, sont largement favorables. Même Georgia Meloni a signé un accord sécuritaire avec Kiev dernièrement. Vous n'êtes pas un peu isolé, on vous appelle les amis de Vladimir Poutine.

15:32
Marion Maréchal

Je comprends bien. Il y a d'ailleurs des différences de point de vue sur ce sujet avec un certain nombre de pays. Ce qui, en revanche, fait l'unanimité et fait consensus, c'est le refus de l'envoi des troupes en Ukraine qui a été proposé ou en tout cas suggéré par Emmanuel Macron. Je trouve d'ailleurs qu'il a fait une grasse faute politique à ce moment-là puisqu'il a révélé le fait qu'aucun membre de l'entente n'envisageait cette hypothèse. Donc il a, d'une certaine manière, affaibli l'Ukraine et renforcé la position de Vladimir Poutine. Je trouve ça regrettable.

16:03
Présentateur

Marion Maréchal-Le Pen, si tout le monde décide de faire comme vous, c'est-à-dire on n'envoie pas d'armes aux Ukrainiens, les Ukrainiens perdent la guerre.

16:10
Marion Maréchal

Une fois de plus, madame, moi je considère aujourd'hui qu'il n'est pas dans le rôle de la France de faire la guerre à la place de l'Ukraine et qu'envoyer aujourd'hui des armes, c'est participer à une forme extrêmement dangereuse. Mais je vous dis, aujourd'hui, moi je ne suis pas du tout contre, bien au contraire, aider l'Ukraine à résister. C'est pour ça que je ne souhaite pas typiquement qu'il y ait d'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN. Les Américains ne le souhaitent pas non plus d'ailleurs parce que c'est évidemment déclenché automatiquement la Troisième Guerre mondiale. Je pense que tout le monde l'aura bien compris.

Je ne sais pas non plus que l'Ukraine soit intégrée au sein de l'Union européenne, pas plus d'ailleurs que d'autres pays. Je suis contre toute forme et l'agissement. Mais là on parlait

16:48
Invité

des aspects militaires. Sur la question militaire, est-ce que la défaite de l'Ukraine servirait ou desservirait les intérêts français ?

16:59
Marion Maréchal

Est-ce que c'est dans l'intérêt de la France

17:01
Invité

que l'Ukraine l'emporte ?

17:03
Marion Maréchal

C'est évidemment dans l'intérêt de la France en ce sens qu'aujourd'hui l'Ukraine est un allié de la France. Mais vous savez que... Si c'est l'intérêt de la France du côté de l'Ukraine, c'était ça. Je vais vous répondre clairement là-dessus parce qu'en fait, aujourd'hui, il y a une tentative de vouloir caricaturer les positions. Ça veut dire qu'on est enfermé par le président de la République lui-même dans le cadre de cette élection entre deux camps imposés. Ça veut dire qu'il y aurait d'un côté les solidaires, la moindre des ironies et de l'autre les lâches, les collabos, les soumis.

Moi, je vous le dis, il y a une position nuancée selon moi qui s'impose qui fait qu'aujourd'hui, on a un équilibre à trouver entre comment on soutient en effet la résistance ukrainienne dans la mesure de nos capacités et sans, une fois de plus, attaquer et désarmer notre appareil de défense sans participer à une escalade sans participer non plus à une escalade, sans mettre en danger pour le coup la situation et l'intégrité du territoire français ce qui contribuerait évidemment à faire une escalade vers un conflit nucléaire.

18:03
Invité

On peut imaginer un scénario à la région européenne où on parle ouvertement que si l'Ukraine tombe, Vladimir Poutine ne va pas s'en arrêter, il va attaquer le Pays-Balt, la Pologne et ça veut dire concrètement

18:12
Marion Maréchal

que la France sera en guerre. Pour le coup, c'est vrai que soyons humbles sur ces sujets parce que toutes les spéculations ont été faites et beaucoup se sont trop pés. Les Allemands disent 5 ans cette semaine. Si on est quand même objectivement factuel et raisonnable, si demain, le comment dire, Poutine avance et attaque d'autres pays, demandent de l'OTAN, aujourd'hui, les forces de l'OTAN sont deux à trois fois plus nombreuses que les forces militaires russes. Donc oui, on peut tout imaginer mais objectivement, ça paraît quand même relativement peu probable. Voilà, relativement peu probable.

18:41
Présentateur

Pardon, mais deux semaines avant la guerre en Ukraine, Éric Zemmour disait que c'était impossible que Poutine a envahi l'Ukraine.

18:47
Marion Maréchal

L'Ukraine n'est pas dans l'OTAN et donc de ce fait-là, ce n'est pas la même activation puisque dans aujourd'hui le traité atlantique de l'OTAN, il y a une clause de solidarité automatique, automatique en cas d'agression d'un des pays de l'OTAN. Donc l'OTAN a du bon ? Mais moi, je n'ai absolument pas dit qu'il fallait sortir de l'OTAN.

19:06
Invité

Est-ce qu'il faut négocier avec Vladimir Poutine ce qu'il dit, le président de votre parti, Éric Zemmour ?

19:11
Marion Maréchal

De toute façon, il y aura à un moment donné un temps pour la diplomatie, j'imagine. Le problème, c'est qu'il y aura un temps pour la diplomatie au moment où on arrivera, j'imagine, au bout d'une confrontation militaire. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment mais de toute façon, la guerre trouve toujours une issue diplomatique. Maintenant, l'idée, c'est de faire en sorte que si jamais, à un moment donné, cette issue diplomatique s'ouvre, l'Ukraine puisse négocier dans les meilleures conditions possibles pour pouvoir obtenir le plus de choses possibles. Voilà, c'est ça l'enjeu. Il est hors de question de négocier maintenant.

De toute façon, ce n'est pas à nous de le décider, excusez-moi, mais aujourd'hui, les deux belligérants qui sont l'un face à l'autre, c'est Vladimir Zelensky qui dit non, on ne négocie pas maintenant. Ce n'est pas moi qui vais dire à Vladimir Zolensky. Vladimir Poutine et Vladimir Zelensky. Tout va bien, il est beaucoup trop tôt. Au président ukrainien, faisons simple, quand et comment il doit négocier. Je veux dire, là, pour le coup, ce sera à lui que selon sa volonté et selon la manière dont ça s'impose et selon le souhait, évidemment, du peuple ukrainien.

20:07
Invité

Donc, ce n'est pas juste les mots de certains de vos partenaires au Parlement européen comme quoi vous étiez partenaire de Vladimir Poutine, les amis de Vladimir Poutine.

20:16
Marion Maréchal

Ça fait partie des spéculations et des leviers de diabolisation objectivement totalement caricaturaux. D'ailleurs, ce qu'on me reproche, on m'a même reproché de faire partie lorsque j'étais députée du groupe d'amitié franco-russe qui était dirigé à l'époque par une femme de gauche, une socialiste. C'était au même moment où Emmanuel Macron lui-même travaillait un rapprochement avec la Russie. Je pense que le déclenchement de cette guerre a aussi rebattu beaucoup de cartes, a aussi changé beaucoup de choses. Mais je crois, depuis le départ, avoir été très clair sur ce sujet.

20:43
Invité

Parlons peut-être de l'entrée de l'Ukraine à l'Union Européenne. Vous vous opposez. Pourquoi ? Qu'est-ce que vous craignez exactement ?

20:50
Marion Maréchal

Pour une raison simple, c'est qu'entrer dans l'Union Européenne signifie automatiquement entrer dans le marché commun européen. Et au regard aujourd'hui de la situation économique ukrainienne, c'est évidemment une aggravation de la concurrence déloyale, notamment en matière agricole, qui serait mise à l'œuvre. Puisqu'aujourd'hui, l'Ukraine, sachez-le, c'est un quart, vous le savez certainement d'ailleurs, c'est un quart des terres agricoles européennes. C'est des exploitations qui sont grandes comme le Jura. C'est par exemple des élevages de volailles qui ont jusqu'à 1 million de têtes avec un salaire moyen autour de 350 euros. Mais les règles changeront si l'Ukraine...

Ça n'est pas vrai parce que regardez aujourd'hui même à 27, avec des pays que nous avons intégrés à différents moments, nous avons aujourd'hui déjà des distorsions de concurrence très fortes entre les pays. Nous avons déjà beaucoup de défis à relever à 27 en commun. On le sait bien, à la fois sur le plan géopolitique, économique, culturel, identitaire, social. Je ne suis pas sûre qu'aujourd'hui il soit raisonnable d'élargir encore davantage. Mais une fois de plus, ça vaut pour l'Ukraine comme ça vaudrait pour d'autres pays. Aujourd'hui, 8 candidats à la préadhésion.

Moi, je suis contre l'intégration de ces candidats et en particulier, évidemment, de la Turquie qui, de surcroît, n'est même pas un pays européen.

21:56
Invité

Pour les réfugiés ukrainiens, vous avez dit à plusieurs reprises aujourd'hui que vous êtes contre le pacte sur l'immigration et asile. Et pour les réfugiés ukrainiens, vous les enverrez aussi chez eux ? Non.

22:11
Marion Maréchal

À un afflux d'immigration venu essentiellement d'Afrique. Parce qu'en fait, aujourd'hui, le pacte sur l'immigration, il est d'abord une réponse au phénomène de Lampedusa et des Canaries. Donc, d'arrivée, on va dire, chaotique à travers des trafics de passeurs de migrants qui arrivent sur ceux-là. Alors, dans la question des réfugiés ukrainiens, moi, je l'ai tout de suite dit qu'évidemment, il était souhaitable de pouvoir accueillir ces réfugiés ukrainiens puisque là, pour le coup, il y a une solidarité mécanique qui doit se mettre en place alors que ce sont des populations européennes sur le sol européen dans un pays en guerre. L'Ukraine ne peut pas partie de l'Union européenne.

Et on sait, d'accord, mais à un moment donné, vous savez, moi, je considère que lorsqu'on parle beaucoup de la nécessité de la France ou de l'impératif fait à la France d'accueillir toute la misère du monde, quelles que soient les situations. Vous savez qu'aujourd'hui, il y a à peu près la moitié de la population mondiale qui vit avec moins de 5 dollars par jour. Ça fait près de 3 milliards et demi de personnes et il y a un quart de la population qui vit dans des zones de conflit. Ça fait un peu plus d'un milliard, vouloir imposer à la France, à l'Europe d'accueillir potentiellement ces milliards de personnes parce qu'évidemment, elle n'en a pas la capacité ni sociale.

Ce n'est pas la question à la question, Marion Rachel Le Pen.

23:17
Présentateur

La question, c'est pourquoi vous dites que oui, on accueille les réfugiés utriniens

23:20
Marion Maréchal

et non, on ne va pas accueillir les réfugiés du Soudan. Je suis totalement incohérent. C'est-à-dire que je considère qu'aujourd'hui, en Afrique, quand il y a la nécessité d'accueillir des réfugiés, ça devrait être d'abord aux pays d'Africains d'accueillir ces réfugiés. Pourquoi ? Lorsqu'il y a des réfugiés afghans, il n'y a pas de logique à ce qu'ils fassent plusieurs milliers de kilomètres pour être accueillis en France plutôt que dans un certain nombre de pays. Si votre axe, c'est la géographie, prenons la Libye. Très simple. La Libye qui n'est pas très loin de chez nous aussi. Vous savez pourquoi ? Les Libyens, les réfugiés libyens, les réfugiés syriens, qu'est-ce qu'on fait ?

Je vais vous dire pourquoi parce que tout ça a une cohérence. Parce qu'aujourd'hui, accueillir des populations de migrants réfugiés ou non, d'ailleurs, a une conséquence sur la société. Et plus les personnes arrivent de pays avec un écart culturel très fort, plus l'intégration se fait de manière difficile parce que la langue, c'est-à-dire la culture, ils sont blancs, ils sont catholiques, alors ils peuvent arriver en France. Excusez-moi de vous dire qu'intégrer des populations ukrainiennes aujourd'hui en France, oui, pose moins de difficultés que d'intégrer un certain nombre de populations extra-européennes de confessions musulmanes avec une différence culturelle très importante.

Oui, c'est une absolue évidence même si tous les deux fuient la guerre. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, qu'une personne aujourd'hui extra-européenne de confessions musulmanes ne peut pas réussir à s'intégrer, on en a tous des exemples autour de nous, mais le nombre, le nombre fait qu'aujourd'hui, ce défi de l'intégration et de l'assimilation est de plus en plus compliqué et vous le voyez bien aujourd'hui en France qu'il y a un choc de civilisation déjà à l'oeuvre sur notre territoire. Excusez-moi, vous avez vu les actualités ces derniers jours ?

On a un homme qui vient d'attaquer au couteau deux autres personnes parce qu'ils ne respectaient pas la charia alimentaire et qu'ils buvaient de la bière au moment du ramadan. On a une jeune fille qui vient de se faire lyncher parce qu'elle-même aussi n'a pas respecté le ramadan. Une autre qui s'est fait lyncher parce qu'elle n'a pas porté le voile. Donc oui, aujourd'hui, excusez-moi, pour moi, c'est une manifestation du choc de civilisation et l'immigration incontrôlée venue principalement en effet d'Afrique aggrave cette situation. Donc je veux d'abord en limiter les effets.

25:11
Invité

Très rapidement, pardon de vous interrompre, IVG en Pologne, il était restreint. dérembourser IVG en France. Est-ce que c'est toujours votre avis ?

25:24
Marion Maréchal

Non, je n'ai pas dit que je voulais dérembourser. J'ai interrogé le fait qu'il y ait un remboursement sans limite de nombre des IVG en France. Maintenant, je ne suis pas du tout pour remettre en cause le droit à l'IVG et l'accès à l'IVG. Je me suis opposée en revanche à la mise dans la constitution de l'IVG. Déjà parce que selon moi, ça n'a pas lieu d'être dans la constitution. C'est une aberration juridique. Non mais sans parler de la juridiction, Marion-Michel Le Pen, vous avez dit que certaines femmes utilisaient l'avortement comme moyen de contraception. Vous le pensez toujours ? C'était le sujet d'actualité.

Moi, je vous le dis, je considère aujourd'hui qu'on a rompu avec la vision de Simone Veil de l'IVG qui était celui d'une exception qui voulait rassembler deux impératifs. L'impératif, un, tout à fait légitime de la femme de disposer de son corps et le deuxième impératif qui était celui de la protection de l'enfant à naître. Donc, on avait construit une exception avec un encadrement pour ne pas non plus en faire un acte banal. Je trouvais que c'était un juste équilibre et je trouve que cet équilibre a été rompu au moment où on a mis l'IVG dans la Constitution.

26:25
Invité

Marion-Maréchal, on va laisser passer les informations. On va vous retrouver juste après avec notre consoeur portugaise, Anna Pedro Navarro. On parlera notamment d'écologie dans Demain l'Europe.

26:35
Présentateur

Toujours avec Marion-Maréchal Le Pen, tête de liste reconquête aux européennes. Notre consoeur, Anna Navarro-Pedro, correspondante de la presse portugaise,

26:44
Invité

veut vous parler d'écologie. Oui, bonjour Marion-Maréchal. Bonjour. La Suisse a été condamnée cette semaine par la Cour européenne des droits de l'homme pour son inaction face au changement climatique. Et c'est la première fois qu'un tribunal se prononce sur le changement climatique. Vous en dites quoi ? Qu'est-ce que ça vous inspire ?

27:02
Marion Maréchal

J'en dis pas du bien parce que moi, j'ai toujours du mal de toute façon quand la souveraineté des nations est mise à mal par un droit supranational, surtout sur ces matières assez fluctuantes et souvent très idéologisées. Parce qu'aujourd'hui, le problème, c'est que l'approche de l'écologie sur le plan international et en particulier au niveau de la Commission européenne est une approche qui n'est pas la mienne. C'est-à-dire, selon moi, on va peut-être le développer, une écologie de la punition voire même de la pénitence qui n'est pas la solution.

27:26
Invité

Là, par contre, c'est des Suisses

27:28
Marion Maréchal

qui ont fait un procès visant leur pays. J'entends bien. Je sais comment ça marche et je sais que c'est souvent des citoyens qui activent ça au niveau supranational. Le problème, si vous voulez, c'est que qu'est-ce qu'on met derrière cette inaction ? C'est-à-dire que pendant des années, tous ceux qui ont défendu le nucléaire, par exemple, auraient été considérés comme des anti-écologistes. Et aujourd'hui, tout le monde s'est réveillé pour dire que les défenseurs du nucléaire, finalement, avaient peut-être raison au regard de la situation. C'est très structurant,

27:54
Invité

mais vous considérez que les droits de l'homme n'ont rien à faire et que les droits de l'homme n'ont rien à faire. Ça ne doit pas aller devant une cour comme la cour de Strasbourg.

28:08
Marion Maréchal

Je ne fais pas de parallèle aujourd'hui entre ce que vous appelez la liberté ou les droits fondamentaux de l'homme et la question écologique, une fois de plus, qui est une approche. Parce que qu'est-ce qu'on met derrière cette inaction ? C'est ça le sujet. Qu'est-ce qu'on met derrière cette inaction ? Si aujourd'hui, l'action, c'est le pacte écologique ou le pacte vert qu'on voit à la Commission, on va pouvoir avoir l'occasion d'en parler.

28:26
Invité

Mais vu les ravages du changement climatique, inondations à répétition monstrueuses et extrêmes, tempêtes, incendies, impossibles quasiment parfois à éteindre, même en Suède, dans le Grand Nord, Portugal, France connaissent ces problèmes, le littoral qui s'effondre en Portugal, en France aussi, même dans les dom-toms. Face à ces ravages-là, est-ce qu'on peut encore aujourd'hui s'afficher climato-sceptiques dans le débat public comme Éric Zemmour, votre président ? Je ne suis pas du tout climato-sceptique,

28:56
Marion Maréchal

je n'ai jamais nié. Je n'ai jamais entendu d'ailleurs Éric dire qu'il niait le réchauffement

28:59
Invité

climatique,

29:00
Marion Maréchal

ou alors vous me l'apprenez

29:01
Invité

très honnêtement. Il reconnaît le réchauffement climatique, mais il dit par contre que l'écologie politique, ça commence à bien faire, puis bon, qu'on va s'adapter. Ce sont des choses différentes, mais qu'on va s'adapter.

29:11
Marion Maréchal

Il n'a jamais dit qu'il niait le réchauffement climatique, et je ne nie pas non plus le réchauffement climatique. Maintenant,

29:15
Invité

comment on répond à cela ?

29:24
Marion Maréchal

Parce que la question, c'est comment on répond à cela et quelle est la marge de manœuvre aussi de la France et de l'Europe ? Parce qu'aujourd'hui, la France, c'est 1% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, l'Europe, c'est 9%. Donc déjà, il faut regarder ça avec rationalité, puisque l'Europe, ce n'est pas parce que l'Europe, si vous voulez, se met sur le dos tout le poids de la pénitence aujourd'hui de la situation climatique qu'elle pourra, elle toute seule, de toute façon, régler le problème. Moi, ce que je conteste, c'est l'approche aujourd'hui écologique qui est portée par les Verts et qui est portée d'ailleurs par la majorité au Parlement européen.

Je vous dis, le pacte Vert en est symptomatique. C'est-à-dire qu'on a, au prétexte de la lutte contre le réchauffement climatique, tout un ensemble de textes qui ont vocation à organiser la décroissance agricole, qui ont vocation à sacrifier une partie de notre industrie sur laquelle nous avions beaucoup d'avance pour interdire, par exemple, les voitures thermiques d'ici 2035 au bénéfice de l'industrie chinoise des voitures électriques. de logements du marché locatif au nom de la performance énergétique. On a une directive et des contraintes diverses et variées sur l'économie. Il y a énormément d'erreurs aussi

30:24
Invité

et énormément de choses bien faites et quelques erreurs aussi, effectivement. Seriez-vous au Parlement européen prête à collaborer avec la gauche, l'extrême gauche, les sociodémocrates, la démocratie chrétienne pour avoir un élément de mesure qui pourrait effectivement éviter les drames à venir et présents avec le réchauffement climatique ?

30:42
Marion Maréchal

Ce n'est pas quelques erreurs, c'est pour moi une faillite totale de la grille de lecture. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, d'où vient la moitié de l'émission des gaz à effet de serre ? Des importations. Donc en fait, ce n'est pas parce que vous contraignez une société avec de la norme, de la contrainte et de la fiscalité qui est l'archétype de l'écologie punitive et donc que vous organisez la décroissance et la désindustrialisation que vous allez régler le problème des importations parce que justement, justement, si vous produisez moins sur le sol européen, ça veut donc dire que vous importez plus. Donc vous augmentez les émissions de gaz à effet de serre.

D'autant plus si vous passez votre temps à voter des traités de libre-échange comme le fait aujourd'hui la Commission. Non, je ne dis pas qu'on n'importe plus. Je dis qu'on se donne les moyens de produire. Et une fois de plus, ce n'est pas en organisant la décroissance agricole et en faisant venir des agneaux conservés dans l'azote de Nouvelle-Zélande nourris avec de l'herbe qui est traité à un insecticide interdit en Europe pour faire 22 000 kilomètres et arriver dans les assiettes des Français qu'on va régler

31:31
Présentateur

sur plein d'autres objets ou nécessités qu'en France on est obligé d'importer. D'accord,

31:42
Marion Maréchal

mais il y a aussi beaucoup de choses qu'on pourrait produire en France et qu'on ne produit plus et qu'on s'interdit de produire. Donc moi, je vous le dis, je considère qu'aujourd'hui la réponse écologique c'est d'abord le nucléaire combattu pendant des années par les écologistes justement qui pour le coup a un véritable effet zéro carbone. C'est le soutien aux fluviales et aux ferroviaires. Je vois par exemple qu'on a un projet en France qui s'appelle le Lyon-Turin qui est combattu une fois de plus par la gauche alors qu'il permettrait de sortir un million de camions de nos routes et d'éviter

32:08
Invité

l'équivalent de la pollution de la ville de Nice. En fait, il y a une curiosité là. Considérez-vous que le changement climatique est très rapidement là juste pour vous situer bien c'est une question centrale c'est une question importante ou c'est une question subsidiaire rapidement ? Pour moi, la question centrale c'est celle du grand remplacement de l'islamisation. Je vous le dis là pour moi en écologie

32:32
Marion Maréchal

c'est complètement subsidiaire pour vous. Non, pas du tout je suis en train de vous dire je ne dis pas que ce n'est pas une question importante vous me dites quelle est la question prioritaire je vous dis la question prioritaire c'est que mon pays puisse rester mon pays et que je puisse rester française en France et que mes filles puissent rester françaises en France fondamentalement et ça se joue à 10-15 ans donc croyez-moi ça n'est pas moins important

32:48
Invité

fondamentalement vous pensez quoi de l'écologie est-ce que c'est un passe-temps pour Bobo comme disait Jean-Marie Le Pen Non, moi ce que je peux vous dire en tout cas

32:58
Marion Maréchal

c'est que je m'inscris totalement en faux avec la vision aujourd'hui qui pour moi relève du fanatisme des verts c'est-à-dire qu'aujourd'hui ce sont des gens qui considèrent que l'homme est un parasite que l'homme est le problème qui a dit l'homme est un parasite mais c'est le présupposé c'est le présupposé de l'intégralité aujourd'hui des écologiques qui sont comment dire qui inspirent finalement toute la politique écologique dans notre pays je veux dire on a des gens qui aujourd'hui d'une certaine manière se félicitent de la baisse de la natalité parce que vous comprenez un enfant c'est un bilan carbone quand même donc c'est quand même un problème donc oui c'est des gens qui n'aiment pas l'homme moi je considère qu'aujourd'hui on ne fait pas assez le pari de la science je considère que c'est le génie de l'homme qui est la solution face justement à ces problèmes écologiques je vous donne des exemples aujourd'hui face aux produits phytosanitaires on est en train de développer des systèmes d'IA avec des lasers qui sont extrêmement prometteurs on est en train de développer à limoges des molécules phytosensibles comme alternative au glyphosate on a des lyonnais qui sont en train de révolutionner les techniques de stockage de carbone c'est là où on attend l'Union Européenne pourquoi on n'en parle jamais pourquoi on ne les soutient pas eux pourquoi on ne les finance pas mais non

33:58
Invité

on n'en parle personne ne s'intéresse mais seriez-vous prête à porter ces projets ensemble avec par exemple la gauche européenne excusez-moi l'écologie non mais la gauche européenne l'écologie de la gauche européenne aujourd'hui ce sont les gens

34:08
Marion Maréchal

parce que les drames sont là la gauche européenne aujourd'hui ce sont les gens dont les amis vont jeter de la soupe sur la joconde dans les musées c'est ça aujourd'hui l'écologie excusez-moi c'est les gens qui vont à Sainte-Solines soutenir les manifestations violentes des extrémistes contre nos agriculteurs il y a des généralisations excusez-moi Madame Toussaint qui est la représentante des écologistes aujourd'hui qui est tête de liste des verts pour les élections européennes elle était à Sainte-Solines avec les manifestants qui ont fait en sorte qu'il y ait aujourd'hui 47 forces de l'ordre membres de forces de l'ordre qui sont à l'air répétal derrière la question de notre consoeur il y a une question

34:40
Invité

de principe importante pour quelqu'un qui envisage de siéger au parlement européen c'est un lieu de compromis historiquement c'est un lieu de compromis et donc il y a des nécessités de faire des compromis et donc la question est celle-ci est-ce que vous vous inscrivez dans une logique de compromis sur une question dont vous nous avez dit qu'elle était très importante le réchauffement climatique

34:57
Marion Maréchal

logique de compromis aujourd'hui pourquoi il y a eu un compromis au parlement européen depuis des décennies qui nous a d'ailleurs amené dans le mur c'est parce qu'il y a selon moi une coalition quand même tout de même baroque qui nous gouverne depuis des décennies c'est-à-dire la coalition d'Ursula von der Leyen avec je le rappelle les socialistes les macronistes le centre droit du groupe DLR et ponctuellement allié aux écologistes moi je ne veux plus de ce compromis là je veux qu'on change la majorité au parlement européen et c'est pas juste un fantasme ou un souhait on va dire irréalisable puisque tous les sondages aujourd'hui démontrent que nous pouvons faire basculer la majorité à droite au parlement européen

35:31
Présentateur

il y a les sondages Marion Maréchal Le Pen et puis il y a ce qui se passe concrètement avec le réchauffement climatique excusez-moi

35:35
Marion Maréchal

mais c'est quand même intéressant parce que justement avec cette nouvelle coalition des droites à laquelle j'aspire et dont notre groupe le CR et le pivot demain sera le pivot demain on va changer cette vision pour porter la vision dont je vous parlais à l'instant qui une fois de plus n'est pas la vision de l'approvissement et de la décroissance

35:49
Invité

Marion Maréchal le réchauffement climatique est aussi la cause de migrations de nombreuses migrations et de conflits dans le monde l'ONU prévoit 250 millions de déplacés climatiques en 2050 ne faut-il pas s'attaquer plutôt aux causes de ces migrations qu'aux victimes c'est-à-dire plutôt essayer de trouver des solutions pour empêcher des drames dont on vient de parler lier au réchauffement plutôt que de trouver des moyens d'empêcher ces gens de se déplacer ou d'arriver dans nos frontières Madame j'entends bien

36:21
Marion Maréchal

encore faut-il faire les bons choix je vous donne un exemple depuis des années nous investissons de manière massive plusieurs centaines de milliards au détriment d'ailleurs des investissements dans le nucléaire dans les énergies renouvelables éoliens, solaires le problème c'est que ces énergies sont des énergies intermittentes dont la production d'électricité est non stockable

36:38
Invité

non non le Portugal est en pointe je vous assure qu'on ne donne pas des bougies aux étrangers qui viennent chez nous en vacances

36:44
Marion Maréchal

pour les coupures excusez-moi Madame déjà tout le monde n'a pas les mêmes conditions allemands intéressants l'Allemagne ayant voulu tendre vers ce 100% d'énergie renouvelable et du coup qu'est-ce qu'elle a fait elle a aujourd'hui le tiers de sa production d'électricité qui est produit par la centrale à charbon parce que ce qu'il faut comprendre c'est que en fait chaque fois que vous avez une éolienne vous avez une centrale à charbon ou à gaz pas très loin pour produire de l'électricité parce que ces énergies renouvelables ne peuvent pas suffire à être indépendantes sur le plan énergétique c'est un exemple Madame c'est-à-dire que vous me dites qu'est-ce qu'on fait en se disant ah le renouvelable le solaire l'éolien c'est propre c'est beau c'est pas grave d'ailleurs si c'est produit en Chine et si c'est dépendant ça nous rend notre industrie dépendante de l'Asie et que la conséquence derrière c'est qu'en fait on se rend compte qu'on est obligé de renferir des centrales à charbon ou des centrales à gaz qui sont extrêmement polluantes bah excusez-moi mais on ne règle pas le problème mais en France c'est le nucléaire on ne règle pas le problème oui on a le nucléaire pardonnez-moi mais aujourd'hui on dit qu'on veut défendre le nucléaire très bien nous ça fait des années et même depuis toujours que je défends le nucléaire contre justement les écologistes mais le problème c'est que les macronistes avec les socialistes avec le groupe LR du PPE ont voté une directive au parlement européen qui impose d'ici 2050 35% pardon que 45% de la production d'électricité soit faite par des énergies renouvelables donc en fait ils votent une directive c'est pour que ça monte en puissance

38:02
Présentateur

mais le nucléaire est considéré comme une énergie verte maintenant par le groupe européen

38:05
Marion Maréchal

pardon la production en France venant du nucléaire c'est 70% donc en fait si on respecte cette directive européenne ça va en totale contradiction avec tout ce qui nous est annoncé par le gouvernement sur le plan du nucléaire pardon juste sur l'immigration climatique parce que c'était quand même

38:16
Invité

oui mais madame demain une matière du Portugal disparaît sous la mer mais madame c'est prévu on aura des déplacements de portugais en Europe on les accepte ou pas on les accepte aussi les soudanais on accepte aussi les gentils

38:28
Marion Maréchal

les effigies faisons les bons choix c'est ce que je vous dis une fois plus si vous voulez

38:31
Présentateur

le réchauffement climatique il va avoir lieu là-bas et de toute manière vous n'allez rien pouvoir échanger donc qu'est-ce qu'on fait on les accueille pourquoi on fait tout ça mais vous savez que c'est déjà mes routes et que les experts disent pourquoi c'est trop tard

38:41
Marion Maréchal

dans certains pays au moins accordons-nous sur le fait que l'Europe n'est pas seule à devoir porter ce fardeau et commençons par faire une fois de plus les bons choix maintenant je vous le dis madame très simplement alors vous parlez des portugais les portugais font partie de l'Union Européenne et de l'espace Schengen donc il n'est pas question de ne pas être solidaire avec les portugais maintenant je vous le dis donc c'est les maldits sans saoulons non mais moi je vous le dis non mais madame on aura probablement un désaccord très fort là-dessus je vous le dis oui la France aujourd'hui n'est plus en capacité d'accueillir tous les réfugiés du monde voilà elle a déjà fait beaucoup et même beaucoup trop au prix de sa sécurité au prix d'une menace djihadiste permanente au prix d'un appauvrissement aujourd'hui au prix d'une explosion des dépenses sociales auprès d'un changement de civilisation et de population donc oui excusez-moi de vous dire qu'aujourd'hui je ne souhaite pas que nous accueillions des réfugiés merci Marion Maréchal

39:21
Invité

vous êtes encore avec nous pour un quart d'heure on va laisser passer la guerre à la place de l'Ukraine déclaration de Marion Maréchal ce matin la tête de liste reconquête aux européennes s'oppose aussi à l'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN et dans l'Union Européenne elle est l'invité de demain l'Europe sur France Info dans le cadre de l'économie de guerre voulue par Emmanuel Macron justement pour soutenir l'Ukraine le chef de l'Etat est aujourd'hui en déplacement à Bergerac en Dordogne il se rend sur le site de l'usine de poudre pour obus Eurinko qui relance sa production en France un mort et un blessé grave à l'arme blanche hier soir à Bordeaux l'agresseur a été abattu par la police la piste terroriste a été écartée selon une source proche de l'enquête défaite du PSG hier soir 3-2 face au FC Barcelone en quart de finale allée de la Ligue des champions de football ce qui complique les chances de qualification des parisiens ce soir Marseille affronte le Benfica à Lisbonne en quart de finale allée de l'Europa League et en Ligue Europa Conférence Lille affronte Aston Villa ce soir

40:29
Locuteur non identifié

France Info Demain l'Europe Jérôme Chapuis

40:36
Invité

Salia Brakia Et encore plusieurs questions d'actualité à vous poser Marion Maréchal avant que Benjamin Sportouche ne nous rejoigne pour les dernières minutes de cette émission le Proche-Orient Joe Biden le président américain qualifie d'erreur la stratégie d'Israël à Gaza êtes-vous d'accord avec lui ?

40:53
Marion Maréchal

Alors déjà sur Gaza je m'étonne parce qu'il y a beaucoup d'actualité sur le sujet légitimement mais on oublie quand même de revenir à l'origine de cette crise et moi je n'entends plus jamais parler des otages les otages n'existent plus or rappelons quand même que cette opération d'Israël a d'abord vocation à libérer les otages et à répondre à une attaque de civils qui visait spécifiquement des civils absolument spectaculaire et j'en suis d'autant plus surprise qu'il y a encore aujourd'hui trois otages français dont on ne parle jamais qui sont encore emprisonnés Le président de la république lui-même a signé une tribune en disant je veux en cesser le feu et le retour des otages Oui d'accord sauf qu'aujourd'hui il y a un groupe qui a l'occasion de pouvoir faire cesser le feu tout de suite immédiatement ce n'est pas l'Union Européenne ce n'est pas l'ONU c'est le Hamas si le Hamas libérait les otages dans la seconde il y aurait un cesser le feu or j'ai l'impression qu'on inverse toujours qu'on a un pays qui aujourd'hui se défend qui a pour objectif de détruire le Hamas et de libérer ses otages donc on va s'attaquer à ce pays et à aucun moment on ne parle de ceux qui sont responsables et qui auraient les moyens de faire cesser le feu en libérant les otages qui est plus complexe

41:55
Invité

que ce que vous semblez dire c'est la question de la faim et des moyens il y a l'objectif la libération des otages et puis il y a les moyens mis en oeuvre et notamment les dégâts et ce bilan humain terrible

42:06
Marion Maréchal

mais je ne vous dis pas le contraire le problème c'est pourquoi aussi on a un bilan humain terrible c'est parce que le Hamas se sert de la population comme bouclier c'est ça aussi la réalité c'est qu'ils utilisent les pertes civiles ils espèrent des pertes civiles justement pour pouvoir faire valoir leur récit et donc moi bombarder Gaza c'est pas tombé dans le piège du Hamas non mais excusez-moi mais à un moment donné vous avez un pays qui est menacé dans son existence même par un groupe qui est quand même classé terroriste en Europe ne l'oublions pas et on lui demande de ne pas se défendre moi je suis désolée de vous dire que je trouve légitime qu'il puisse se défendre maintenant évidemment comme chacun d'entre nous j'imagine autour de cette table je souhaite que le droit international puisse être respecté je souhaite évidemment que les victimes civiles puissent être le moins nombreuses possible enfin je veux dire ça me paraît la chose la plus évidente la plus évidente qu'il soit maintenant je vous le dis je ne crois pas du tout contrairement à ce que j'entends toute la journée de la part de la gauche qui est une intention génocidaire écoutons quand même le mot génocidaire d'Israël je ne crois pas que le but d'Israël dans cette histoire soit d'éradiquer le peuple palestinien j'en ai quand même le fait qu'ils ont quand même organisé ou souhaitent organiser un plan d'évacuation de Rafa en termes d'opération donc il y a manifestement des initiatives c'est pas seulement la gauche

43:11
Invité

c'est aussi la Cour internationale de justice qui parle d'un risque génocidaire et qui demande à Israël

43:15
Marion Maréchal

pour essayer de limiter les pertes civiles il y a eu des initiatives pour essayer de limiter les pertes civiles s'il y avait une intention génocidaire il n'y aurait pas eu me semble-t-il toutes ces intentions

43:23
Présentateur

qui auraient été mises en place mais sauf que vous l'avez évoqué Israël se refuse toujours à respecter la résolution votée à l'ONU pour un cessez-le-feu immédiat il semblerait même que Benjamin Netanyahou ait fixé une date pour une offensive à Rafa si elle avait vraiment lieu cette offensive est-ce que ce serait la ligne rouge ? mais c'est pas moi

43:38
Marion Maréchal

qui vais fixer une ligne rouge à un pays excusez-moi qui aujourd'hui est dans un défi existentiel qui est face à un groupe donc vous êtes pas du tout sur la même ligne que les américains qu'Emmanuel Macron que l'Union Européenne ça m'arrive assez souvent vous savez de manière décomplexée mais en l'occurrence je considère que le Hamas d'ailleurs est aussi une menace pour la France on oublie de le dire mais je rappelle qu'au lendemain du 7 octobre lorsque l'un des fondateurs du Hamas depuis le Qatar d'ailleurs fait un appel au djihad et bien la conséquence c'est la mort de Dominique Bernard voilà donc moi j'aimerais bien à un moment donné j'entends les appels au cessez-le-feu de l'Union Européenne et tout peut-être qu'il serait bien que déjà l'Union Européenne arrête de verser enfin en tout cas la commission des millions d'euros à l'université Cheikh Yassine du Hamas qui a été fondée justement par le fondateur du Hamas peut-être qu'il serait bien d'arrêter de financer une association qui s'appelle Islamique Relief dont les services de renseignement allemands ont révélé qu'elle finançait également le Hamas je veux dire depuis des années l'Union Européenne portée par la gauche d'ailleurs parce que c'est quand même ça soutient de manière directe ou indirecte le financement de ces organisations les revues la conséquence c'est qu'aujourd'hui il y a eu des attaques de civils il y a eu des viols il y a eu des meurtres et qu'il y a un pays aujourd'hui qui se défend

44:44
Présentateur

on rappelle juste Marion Maréchal-Le Pen que le Hamas n'est pas toute la population civile palestinienne j'entends bien l'Espagne l'Irlande aussi sont sur le point de reconnaître l'état de Palestine est-ce que la France doit faire la même chose

44:55
Marion Maréchal

le problème c'est qu'aujourd'hui il faut voir dans quelles conditions moi j'ai toujours défendu sur le principe l'effet qu'il puisse y avoir deux états parce que ça me semblait être la solution la plus raisonnable pour arriver à une cohabitation pacifique le souci aujourd'hui c'est que créer un état palestinien pardonnez-moi mais c'est créer un semi-état islamique aujourd'hui vu la puissance de frappe et le soutien de la population au Hamas on ne peut pas se permettre de créer un état palestinien tant que le Hamas n'a pas été éradiqué ou alors dans ce cas-là c'est mettre volontairement en danger en effet l'ensemble de la zone géographique et Israël vous dites que

45:29
Présentateur

tous les palestiniens sont pas du Hamas

45:31
Marion Maréchal

mais du coup qui a gagné les élections qui a gagné les élections qui a gagné les élections à Gaza les dernières élections c'est le Hamas donc c'est ce groupe terroriste donc moi je veux bien que vous créez un état palestinien mais si c'est pour créer un état terroriste excusez-moi de vous dire que c'est pas dans l'intérêt d'Israël mais c'est pas non plus dans l'intérêt de la France vu qu'a priori ces gens qui font partie des frères musulmans veulent non seulement éradiquer Israël mais aussi s'en prendre à l'ensemble des mécréants du monde et d'Europe

45:55
Invité

Marion Maréchal on a quelques questions de politique française qui ont trait notamment à votre relation avec le Rassemblement National dont vous venez d'une certaine manière Jordan Bardella a dit cette semaine qu'il n'aurait peut-être pas rejoint le Front National de Jean-Marie Le Pen c'est le signe de quoi selon vous ?

46:14
Marion Maréchal

Je ne veux pas commenter les phrases de Jordan Bardella Mais est-ce que c'est le signe

46:17
Invité

que le parti a changé ?

46:19
Marion Maréchal

C'est à eux qu'il faut demander à moi

46:21
Invité

Vous, vous assumez tout l'héritage de Jean-Marie Le Pen ?

46:23
Marion Maréchal

Je me suis déjà exprimé 500 fois sur cette question je veux bien y revenir mais moi j'ai rejoint le Front National quand j'étais adolescente et je n'ai aucun regret parce que je considère qu'à l'époque c'était le seul parti qui était lanceur d'alerte sur tout ce que nous vivions aujourd'hui et que Jean-Marie Le Pen a été de ce point de vue-là un précurseur sur la question de l'islamisation sur la question de l'immigration de masse sur la question du basculement Et vous assumez tout Maintenant j'ai eu des désaccords avec lui à plusieurs reprises et je les ai exprimés publiquement sans détour y compris lorsqu'il était encore en politique et qu'il avait encore la capacité de répondre donc je crois que là-dessus il n'y a jamais eu d'ambiguïté

46:54
Présentateur

Marion Maréchal Le Pen Benjamin Sportouche nous a rejoint il a été très attentif face à notre entretien il a des questions précises à vous demander

47:01
Invité

Oui bonjour à vous Marion Maréchal Le Pen Vous avez dit une petite précision tout d'abord qu'il y avait plus de migrants qui entraient en France que d'enfants nés en Europe que d'enfants nés en Europe

47:11
Marion Maréchal

Il y a plus d'entrées légales et illégales aujourd'hui en Europe que d'enfants qui naissent en France D'accord

47:15
Invité

parce que vous avez dit en France Donc on est d'accord 330 000 entrées sur le sol français en 2022 contre 3,9 millions de naissances dans l'Union Européenne la correction est faite Sur le pacte asile et migration vous êtes donc contre ce pacte globalement voté hier lien de Giorda Méloni qui est votre allié même modèle Giorda Méloni l'a qualifié dans un communiqué je le cite de meilleur compromis possible qui garantira des frontières extérieures plus sûres et des expulsions plus rapides Ce que je ne comprends pas c'est que c'est le gouvernement Méloni qui dit faux dans cette affaire

47:43
Marion Maréchal

Non pas du tout On est d'accord d'ailleurs avec le gouvernement là-dessus C'est-à-dire qu'ils ont voté tout ce qui était nocif dans ce texte c'est-à-dire la répartition forcée des migrants et l'amende pour les pays qui refuseraient cet accueil et ils ont voté de manière favorable à ce qui permettrait Donc c'est le meilleur compromis possible Je ne dis pas le meilleur compromis possible parce que pour moi c'est très loin on va dire de ce devrait faire l'Union Européenne pour protéger nos frontières on en a parlé très longuement tout à l'heure mais dans ce texte il y a quelques mesures techniques qui vont dans le bon sens et il y a des choses qui vont dans le très mauvais sens notamment la répartition des migrants et quand on regarde le vote aujourd'hui de Fratelli d'Italia ils sont alignés là-dessus et en tout cas j'imagine que quand il dit qu'il veut un meilleur compromis c'est parce qu'en tant que gouvernement ils ont essayé d'oeuvrer parce que la réalité c'est qu'au début ce texte était encore plus insatisfaisant voire totalement toxique et qu'ils ont essayé d'obtenir un certain nombre de choses Donc quand on est au pouvoir on fait des compromis Marion Maréchal Le Pen

48:32
Invité

Marion Maréchal Le Frexit c'est un mot tabou ou pas pour vous ?

48:36
Marion Maréchal

Non c'est pas un mot tabou Non non c'est pas un mot tabou moi j'ai pas de on va dire de blocage moral avec cette idée du Frexit

48:44
Invité

Donc vous pourriez demander à ce qu'on sorte de l'Union Européenne On n'a pas très bien compris en fait c'est vrai qu'Éric Zemmour est allé voir Nigel Farage à Londres il a salué son initiative du Frexit donc en fait ça fait partie de votre programme

48:55
Marion Maréchal

Non non pas du tout aujourd'hui on ne me propose pas du tout Frexit moi ce que je dis très simplement c'est qu'aujourd'hui je considère qu'il y aurait plus de handicap que davantage à sortir de l'Union Européenne et je considère que ce n'est pas au moment où on a l'opportunité historique de faire basculer la majorité au Parlement Européen donc de changer de politique qu'on doit sortir de l'Union Européenne maintenant moi je le dis très calmement si d'ici je ne sais pas quelques années on se rend compte que finalement la majorité n'a pas changé que l'Union Européenne est définitivement irréformable que finalement il y a plus de désavantages à rester qu'à sortir et que ce serait moins douloureux de sortir que de rester bah oui donc pour l'instant

49:29
Invité

il n'y a pas plus de désavantages que d'y rester mais à l'heure

49:34
Marion Maréchal

qu'il y a plus d'immigration aujourd'hui au Royaume-Uni depuis qu'ils ont quitté l'Union Européenne donc à l'heure où on vous parle je ne défends pas le Frexit et vous avez totalement raison madame pour une raison simple c'est que le gouvernement conservateur n'a rien fait de cette liberté et n'a pris aucune des mesures qu'ils auraient dû prendre en retrouvant cette liberté mais moi je suis totalement d'accord pour dire que pour dire qu'aujourd'hui

49:52
Invité

c'est pas un mot tabou on l'a entendu c'est quand même un mot tabou

49:55
Marion Maréchal

c'est pas dans mon programme aujourd'hui mais c'est pas un mot tabou

49:57
Invité

pour l'instant sur l'Ukraine Marion Maréchal vous ne voulez pas sortir de l'OTAN mais Éric Zemmour dit lui vouloir sortir

50:04
Marion Maréchal

du commandement intégré

50:05
Invité

bah oui mais alors vous aussi c'est pas tout à fait la même chose d'accord mais donc on sort pas oui mais c'est quand même l'instance principale et décisionnelle

50:10
Marion Maréchal

non c'est pas tout à fait la même chose mais est-ce que c'est le moment parce que en fait là l'idée c'est aussi un acte qui a valeur symbolique c'est à dire l'objectif ça n'est pas de sortir évidemment de l'alliance donc l'idée c'est bien sûr de rester solidaire et de toujours travailler à cette interoperabilité sur le plan industriel de défense avec nos alliés bien évidemment mais il s'agit de ne pas enfermer l'intégralité du dispositif de défense de l'Union Européenne dans l'OTAN je crois que c'est quand même la vocation et le souhait de la France depuis très longtemps d'ailleurs quels que soient les gouvernements de dire ne remettons pas l'intégralité de notre sécurité à l'alliance atlantique et donc cette sortie du commandement intégré est une manière de dire que nous ne remettons pas intégralement de sécurité à cela mais c'est le moment de le faire vous le feriez là non je ne dis pas que c'est forcément le moment opportun

50:51
Invité

forcément donc tout dépendra en l'occurrence

50:53
Marion Maréchal

nous sommes actuellement avec la guerre sur le continent donc il faut choisir le moment opportun de le faire parce que l'objectif ce n'est pas que ce soit mal interprété par nos alliés si c'est vécu ou perçu comme une désertion ou un rejet de la France ce n'est pas l'objectif

51:06
Invité

enfin dès 2022 il le souhaitait Éric Zemmour pendant la campagne présidentielle sur les Russes Marion Maréchal comment vous qualifiez Vladimir Poutine est-ce que c'est un dictateur pour vous ?

51:14
Marion Maréchal

ah bah oui en tout cas il est à la tête d'un régime autoritaire ça c'est indéniable puisque en l'occurrence

51:19
Invité

c'est pas une démocratie autoritaire

51:20
Marion Maréchal

non mais non c'est pas une démocratie autoritaire parce que c'est ce qu'avait

51:23
Invité

ce qu'il a voulu dire par là

51:26
Marion Maréchal

c'est très simple c'est qu'aujourd'hui il y a des élections qui sont organisées en Russie mais comme c'est un régime autoritaire ce sont des élections viciées voilà c'est tout ce qu'il a voulu dire non il a dit qu'il voulait un Poutine français non mais d'accord mais est-ce que vous pourriez remettre aussi les phrases dans leur contexte au moment où elles ont eu lieu c'est-à-dire bien avant la guerre au moment où il y avait un rapprochement entre la Russie et la France c'est pas la première fois que les élections russes et l'Union Européenne où il y avait des démarches de la Russie justement pour se rapprocher de l'Occident enfin bon je veux dire soyons si on veut être juste et exact remettons les choses dans leur contexte quand même

51:52
Invité

Eric Zemmour qui a semblé dire d'ailleurs que alors que ce patronine de Le Pen puisqu'on vous appelle Marion Maréchal ou Marion Maréchal Le Pen ça ne vous dérange pas aujourd'hui vous faites partie

52:01
Marion Maréchal

mais ça ne m'a jamais dérangée

52:02
Invité

non parce que comme vous aviez enlevé ce patronine on s'est interrogé à un moment donné mais je vais vous expliquer je vous avais déjà expliqué vous êtes toujours de la famille Le Pen et alors justement

52:09
Marion Maréchal

a priori je ne crois pas avoir été grenier

52:12
Invité

mais justement Eric Zemmour dit que ce patronine nous empêche d'exprimer vos désaccords clairs sur le Rassemblement National comme vous n'avez pas la même liberté que lui parce qu'eux ne leur doivent rien

52:21
Marion Maréchal

non mais écoutez déjà sur ce patronine reprenons les choses parce que je ne veux pas que ce soit perçu comme une honte de ma part c'est juste que quand j'ai fait de la politique à 22 ans c'était mon nom d'usage sur ma carte d'identité donc j'ai pris ce patronine qui avait une forte valeur symbolique politiquement indéniablement et quand j'ai quitté la politique en 2017 pendant 5 ans j'ai repris mon nom civil qui était mon nom Marion Maréchal donc je n'allais pas rechanger après je trouvais ça compliqué pour les gens donc voilà j'ai fait simple on va dire

52:44
Invité

et si Eric Zemmour est candidat en 2027 vous le soutiendrez quoi qu'il arrive

52:47
Marion Maréchal

bien sûr mais là pour l'instant quand Eric Zemmour est le candidat naturel d'ailleurs de notre camp

52:52
Invité

Marion Maréchal Le Pen merci d'avoir été notre invitée dans Demain l'Europe ça vous tient à cœur non non la précision a été donnée c'est plus long à dire

52:59
Marion Maréchal

mais si ça vous fait plaisir

53:00
Invité

voilà tête de liste reconquête aux européennes invitées Demain l'Europe merci Benjamin Sportouche Anna Kowalska Anna Navarro-Pedro et Audrey Tison pour cette émission spéciale prochain numéro de Demain l'Europe salut

53:11
Présentateur

ce sera Léon Desfontaines la tête de liste communiste aux européennes d'ici là sur France Info l'information continue