«La foi est un choix raisonnable» : les mots du pape Benoît XVI à Nicolas Sarkozy
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« En 2004, c'était Jacques Chirac qui refusait de mentionner les racines chrétiennes de l'Europe dans le projet de constitution européenne. »
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« Moi, je crois qu'on ne secoue pas de ces racines. Nous avons des racines chrétiennes, judéo-chrétiennes. »
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« Je peux vous dire, monsieur le président, que la foi est un choix raisonnable. »
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En 2004, c'était Jacques Chirac qui refusait de mentionner les racines chrétiennes de l'Europe dans le projet de constitution européenne. Est-ce qu'il faudrait le faire aujourd'hui ? Oui. Et pourquoi ne l'a-t-on pas fait ? Ça a été un débat entre Jacques Chirac et moi. J'ai comme tout le monde le sait beaucoup aimé Jacques Chirac et beaucoup combattu Jacques Chirac. Bon, c'était un débat. Moi, je crois qu'on ne secoue pas de ces racines. Nous avons des racines chrétiennes, judéo-chrétiennes. Nous avons des influences multiple. Mais enfin, le premier chef d'état en quelque sorte chrétien, c'est Clovis, hein, dont on a fêté en 1996 le 15e
siècle de de célébration. Vous savez, un jour, j'ai été reçu par le pape Benoî X. C'est pas rien, y compris pour le président République français d'être reçu par le pape que vous n'avez pas tutoyé. Non [raclement de gorge] non, je l'appelle très saintère. Excusez-moi, c'est une question de d'éducation. Enfin, moi je ne tape pas sur l'épaule du pape. On était tous les deux dans un bureau, il y a pas de téléphone là à l'étage au Vatican. Déjà, vous rentrez, vous passez par la chapelle, vous voyez la piétta à Saint-Pierre. Bon, croyant ou pas croyant, c'est déjà bouleversant. Si vous aimez quelque chose dont on ne parle plus qui est le
beau parce que maintenant on parle plus que du réglementaire, le beau, le beau ce qui Et à la fin de notre conversation, le pape me dit "Mais vous savez président que toute ma vie, je l'ai consacré à deux choses. Il prend ses mains comme ça, il dit à la raison et à la foi." C'est ma vie. Je n'ai réfléchi qu'à ça, me dit-il. Il joint les mains, il sautait et il me dit après une vie de réflexion, je peux vous dire, monsieur le président, que la foi est un choix raisonnable. [grognement] Je dis très saintère, merci de ce cadeau. Je me suis levé, on s'est
séparé. J'ai jamais oublié ce moment. [raclement de gorge] J'ai rarement eu une phrase qui m'a été adressée, qui m'a autant touché par sa simplicité et par sa vérité.
Nicolas Sarkozy