L'interview intégrale de Nicolas Sarkozy dans l'Heure des Pros
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous serez présent à la messe à la Concorde demain ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Si vous étiez président, seriez-vous présent ?
- 1:25OuverteRéponse partielle
Voyez-vous une défiance du Vatican envers Macron après la loi de fin de vie ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui est beau dans cette visite du pape ?
- 2:54OuverteÉludée
Est-ce cohérent de vouloir faire passer un texte qui choque le pape en juin et de l'inviter en septembre ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Vos convictions chrétiennes ont-elles été heurtées par la loi sur la fin de vie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Nicolas SarkozyFait
« Oui, je serai présent parce que moi je suis chrétien de naissance. »
- 2:54Nicolas SarkozyFait
« Léon XV, c'est une visite apostolique, c'est pas une visite d'état. »
- 5:04Nicolas SarkozyChiffre
« Il y a moins de 180 cardinaux. Il y a pas une femme. »
- 5:46Nicolas SarkozyFait
« Le pape c'est comme un miracle. »
- 7:11Nicolas SarkozyFait
« L'église a résisté à tout, y compris au Borgia, y compris à ses propres erreurs. »
- 7:54Nicolas SarkozyChiffre
« 21 siècles après, l'église parle encore après 2 milliards d'habitants sur la planète. »
- 8:38Nicolas SarkozyFait
« Le besoin d'espérance, il existait pour les hommes de la grotte de Chavet, pour ceux de la grotte de Lasco comme pour ceux d'aujourd'hui. »
- 11:33Nicolas SarkozyFait
« Nous avons des racines chrétiennes, judéo-chrétiennes. »
- 12:17Nicolas SarkozyFait
« Le premier chef d'état en quelque sorte chrétien, c'est Clovis. »
- 15:10Nicolas SarkozyFait
« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends. »
- 18:46Nicolas SarkozyFait
« Les racines judéo-chrétiennes dans la constitution, c'est un combat de civilisation. »
- 20:55Nicolas SarkozyFait
« Je craignais mon premier dimanche à la Santé. C'était un jour sans aucune visite, ni de la famille, ni des avocats, la solitude complète. »
- 23:52Nicolas SarkozyFait
« Je ne l'ai pas vraiment choisi ni réellement décidé. »
- 29:15Nicolas SarkozyFait
« Qui connaissait le pape il y a 2 ans ? »
- 30:39Nicolas SarkozyFait
« Il y a un mot qui a disparu du langage et qui est si important, le mot âme. »
- 48:48Nicolas SarkozyFait
« La France, comme toute société, est verticale. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Merci une nouvelle fois, monsieur le président d'être avec nous. Demain, une messe a lieu à la Concorde. Est-ce que vous serez présent ? Oui, oui, je serai présent parce que moi je suis chrétien de naissance. Je suis né dans une famille en France, dans une famille qui était pas pratiquante et qui était chrétienne. Je suis chrétien de culture parce que j'ai eu la chance de naître en France et donc de recevoir en quelque sorte de mon berceau cette culture culture culte. culture culte et je suis chrétien de
croyance. Ça fait trois raisons d'être à la messe du pape samedi. Est-ce que si vous étiez président de la République, vous seriez présent demain ? Oui. Et madame Lacron a choisi de ne pas être présent. C'est son choix et et c'est des choix intimes de chacun. Il avait fait un autre choix pour le pape François à Marseille. Certains disent non, la laïcité on ne doit pas y aller. Ça n'a aucun sens. La laïcité c'est pas une interdiction. La licité c'est un droit. Le droit de croire ou de pas croire, le droit de pratiquer ou de ne pas pratiquer, le droit de transmettre à ses enfants ou de
ne pas transmettre à ses enfants. Donc moi, je ne commande pas le choix du président de la République. C'est un choix très personnel. Mais vous me posez la question, si j'avais été président de la République, oui, j'aurais été à cette presse. Léon XV, c'est une visite apostolique, c'est pas une visite d'état. Euh, il y a quelques différences dans ces cas-là, mais est-ce que vous voyez dans cette visite apostolique une défiance du Vatican euh sur Emmanuel Macron après notamment la loi de fin de vie qui a été votée au printemps ? Non, mais moi je ne suis pas un vaticaniste. Et justement ce qu'il y a de beau dans la visite du pape, c'est que pour une fois, on est devant un événement qui nous
dépasse, hm, qui rassemble, qui fédère. Essayons de rester à ce niveau-là. Qu'est-ce qui est beau ? Ce qui est beau, c'est que la foi ou l'intérêt ou la curiosité, elle est à la fois très intime au cœur de la nuit, la nuit au sens de l'image, mais aussi pour les gens la vivre avec des centaines de milliers d'autres personnes dans un même mouvement qui tire vers le haut. Donc je je n'ai pas de de critique à faire et surtout profitons de ce moment de rassemblement. Après, est-ce que c'est cohérent de vouloir faire passer un
texte qui choque le pape en juin et de l'inviter en septembre ? C'est au commentateur que vous êtes de le dire. Alors, je vais poser la question différemment. Est-ce que vos convictions chrétiennes ont été heurtées par cette loi sur la fin de vie ? Alors moi j'ai à titre personnel euh je pensais que la loi était bien suffisante et profondément je pense que devant des questions aussi complexes, on n'est pas obligé de légiférer dans le détail. Il faut en parler avec beaucoup de mesures et d'humanité. Il y a un moment où la vie n'est plus la vie parce que la souffrance est trop grande. Et bien ce moment, il appartient à trois personnes
: au malades qui souffrent, au médecin qui soigne et à la famille qui aime. Et je ne suis pas persuadé qu'il soit utile de prendre un rendez-vous comme on le fait dans d'autres pays pour dire à telle heure, tel jour, je vais arrêter la vie. La vie est un mystère. Pour ceux qui croient, c'est un mystère divin. Pour ceux qui ne croient pas, c'est un mystère tout court, mais qui est au-dessus de l'homme. Elle ne nous appartient pas. Donc pour moi, je me serais satisfait qu'on en reste à la loi Lonetti qui était très bonne. Mais ce n'est que mon avis et je ne veux pas de polémique sur le sujet. Lorsque vous étiez président de la République, c'était Benoît X qui était au au Vatican. Dans le temps des combats, vous écrivez, c'est un homme
d'une intelligence remarquable, d'une bonté profonde et à la capacité d'écoute inépuisable. Vous avez eu un lien particulier. Ce qui peut être intéressant également, c'est d'évoquer l'influence diplomatique politique que peut avoir le Vatican et notamment dans l'affaire Florence Cassé qui était prisonnière au Mexique sur une terre chrétienne. Est-ce que vous diriez que les échanges que vous avez eu à ce moment-là et que Benoît X ont permis la libération de Florence Cassé ? Non, non seulement je le dis mais je l'affirme. Sans l'aide du pape nois 16, Florence Cass n'aurait jamais été libéré. Et vous savez, c'est très intéressant de parler de ça. Regardez ce qui est devenu
l'ONU. Qui connaît le nom du secrétaire général de l'ONU aujourd'hui ? L'ONU, c'est l'absent total. Regardez l'assemblée générale qui n'a fait en aucun cas l'événement. Et le rôle diplomatique du pape, la parole du pape. Mais c'est une forme de miracle. Lorsque Florence Cass était en prison, elle avait pris plus de 60 années d'emprisonnement. Elle était innocente. J'en ai parlé au pape Benoît X que j'admirais, en qui j'avais confiance et que j'aimais beaucoup. Je lui ai dit "Très saint-ère, il faut aider cette m'a protégé."
Euh qu'-t-elle ? J'ai Elle a pris 64 ans de prison, il a joint les mains, il a dit "La malheureuse. Il m'a même pas demandé ce qu'elle avait fait. Je dis c'est un scandale, c'est un complot contre elle. Si vous dites au n apostolique votre représentant Mexique de faire une enquête, ça nous aidera beaucoup. Il l'a fait. Un an après, on avait le résultat de l'enquête et c'est comme ça qu'a commencé la libération de Florence Cassè. Elle était en prison la pauvre dans une des prisons les plus difficond
en larme. Elle m'a attrapé très violemment. Vous me mentez. Comment puis-je croire que vous avez parlé au pape ? Je parlé au pape. C'est la vérité. Et plusieurs années après, il m'a dit "Oh si vous savez comme je regrette." Et elle était au fond du fond du désespoir. Vous savez le pape c'est comme un miracle. Il y a moins de 180 cardinaux. Il y a pas une femme. Donc il a pas de parité. Il y en a pas un qui est connu. Il y a aucune transparence. Vous connaissez même pas le nombre de voix. Il rentre. C'est le contraire de ce qu'on appelle la modernité. Pas de transparence. pas de parité,
pas de médiatisation. Et à l'instant où le nouveau pape sort, apparaît au balcon, il est une voix qui compte sur la scène internationale. Il y a un deuxième miracle, regardez l'église. L'église a résisté à tout, y compris au Borgia, y compris à ses propres erreurs. Quelle est l'institution qui passe 21 siècles sans prendre une ride ? Vous en connaissez d'autres ? Tous les empires sont écroulés, toutes les civilisations ont disparu. L'église a résisté, y compris à ses propres fautes, au scandales sexuel très graves,
au pape dégénéré, au chisme, aux époques, au modernisme. 21 siècles après, l'église parle encore après 2 milliards d'habitants sur la planète et elle parle aujourd'hui, il y a cette phrase très célèbre qu'on prête à Staline, je ne sais pas si elle est vraie, le Vatican combien de division ? Euh Léon XIV a un message comme François avait un message à donner au monde. Bien sûr, mais quel est ce message ? Qu'est-ce qui est important ? Et j'écoute avec beaucoup d'intérêt les commentaires tous plus ou moins intelligents sur la décrétalisation, sur la laïcité. Mais qu'est-ce qu'il y a derrière cher Pascal pro ? Il y a derrière quelque chose qui ne se démode pas, qui n'est pas de l'ordre de
modernité ou de la conservation. Vous savez ce que c'est ? C'est le besoin d'espérance. Et le besoin d'espérance, il existait pour les hommes de la grotte de Chavet, pour ceux de la grotte de Lasco comme pour ceux d'aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il y a de plus stupide dans le débat ? C'est le monde d'avant et le monde d'après. Mais mon dieu, il y a rien qui ressemble plus au monde d'avant que le monde d'après avec nos vies qui durent le temps d'une seconde, d'un timbre poste et ce besoin d'espérance et de transcendance dont François Mitteran parlait avec beaucoup d'intérêt et beaucoup d'intelligence lorsqu'il disait "Je crois aux forces de l'esprit". Vous aussi ? Alors
le débat entre les croyants et les noncroyants, il a pas la frontière qu'on le dit. Le croyant doute et l'un croyant espère. Et c'est dans cette finesse d'analyse qu'on peut comprendre. Oui, j'espère et j'espère que vous aussi. Alors, l'espérance qui n'est pas qu'un terme chrétien, d'ailleurs, on peut être porté par une espérance sans croire en Dieu. Mais il y a ce mot, juste notement l'expression de Saint-Paul, espérer contre toute espérance. Elle semble contradictoire bien sûr. Comment espérer lorsqu'il n'y a plus de raison d'espérer ? C'est le paradoxe chrétien. Et on peut s'interroger, par exemple, sur la part du catholicisme de Charles de Gaulle euh lorsqu'il a pris cette décision folle de
partir pour Londres en juin 40. Est-ce la foi qui lui a permis d'espérer lorsque tout semblait perdu ? Voilà une question qu'on pose jamais. Mais euh Bernanos a écrit quelque chose de définitif hein et de magnifique. La plus belle désespérance c'est le désespoir surmonté. C'est magnifique parce que c'est d'une intelligence brillante. Alors, vous avez dit quelque chose on peut espérer sans Dieu bien sûr, mais tout le 20e siècle, ça a été le siècle des idéologies sans Dieu, le communisme et le nazisme. D'après vous, c'est un succès.
L'homme au sens l'être humain a besoin d'une espérance qui le dépasse. Nous ne sommes pas le début et la fin. Et c'est lorsqu'on s'assit au bord de la lune et qu'on essaie de réfléchir, est-ce que nos vies ont un sens ? Est-ce qu'il y a une cohérence à tout cela ? Est-ce que la transcendance ça compte ? Oui, ça compte. Oui, c'est indispensable. Et chaque fois que l'homme a voulu faire son Dieu ou sans l'idée d'un dieu, ça a été une catastrophe, une monstruosité. Le communisme a été une monstruosité. Le nazisme a été une monstrueusité. C'est pourquoi le besoin de transcendance dépasse les époques. Il
est euh 9h11, vous êtes sur l'antenne d'Europe 1. Nous sommes dans un moment exceptionnel pour parler d'autre chose. C'est vrai que de cette politique qui nous anime chaque matin de parler évidemment du Vatican, de parler de Dieu, pourquoi pas de parler de la foi. Nous sommes avec le président Sarkozy et nous allons évoquer évidemment tous ces sujets et parler de la France, de cette tradition, de son identité, de ces fameuses racines chrétiennes. En 2004, c'était Jacques Chirac qui refusait de mentionner les racines chrétiennes de l'Europe dans le projet de constitution européenne. Est-ce qu'il faudrait le faire aujourd'hui ? Oui. Et pourquoi ne l'a-t-on pas fait ? Ça a été un débat entre Jacques Chirc et moi. J'ai, comme tout le monde le sait,
beaucoup aimé Jacques Chirac et beaucoup combattu Jacques Chirac. Bon, cétait un débat. Moi, je crois qu'on ne secoue pas de ces racines. Nous avons des racines chrétiennes, judéo-chrétiennes. Nous avons des influences multiple. Mais enfin, le premier chef d'état en quelque sorte chrétien, c'est Clovis, hein, dont on a fêté en 1996 le 15e siècle de de célébration. Vous savez, un jour, j'ai été reçu par le pape Benoî X. C'est pas rien, y compris pour le président République français d'être reçu par le pape que vous n'avez pas tutoyé. Non non, je l'appelle très saintère. Excusez-moi, c'est une question de
d'éducation. Enfin, moi je ne tape pas sur l'épaule du pape. On était tous les deux dans un bureau, il y a pas de téléphone là à l'étage au Vatican. Déjà, vous rentrez, vous passez par la chapelle, vous voyez la piétta à Saint-Pierre. Bon, croyant ou pas croyant, c'est déjà bouleversant. Si vous aimez quelque chose dont on ne parle plus qui est le beau, parce que maintenant on parle plus que du réglementaire, le beau, le beau ce qui Non. Et à la fin de notre conversation, le pape me dit "Mais vous savez, président que toute ma vie, je l'ai consacré à deux choses. Il prend ses mains comme
ça, il dit à la raison et à la foi." C'est ma vie. Je n'ai réfléchi qu'à ça, me dit-il. Il joint les mains, il sautait et il me dit après une vie de réflexion, je peux vous dire monsieur le président que la foi est un choix raisonnable. Je dis très saintère, merci de ce cadeau. Je me suis levé, on s'est séparé. J'ai jamais oublié ce moment. J'ai rarement eu une phrase qui m'a été adressée, qui m'a autant touché par sa simplicité et par sa vérité. Dans dans la vie qui est la vôtre, qui est si singulière où il y a évidemment
des épreuves, mais il y a aussi des coups qu'on donne, qu'on qu'on reçoit, comment on concilie ces valeurs chrétiennes avec l'appreté, la dureté du combat ? Moi, je ne donne de personne et je peux je suis moi-même si faible et et et tellement de progrès à faire. Non, la la question euh chrétienne, c'est toute vie connaît des épreuves. La vôtre comme la mienne, celle de tous ceux qui nous regardent. Et la question, c'est de faire de ces épreuves une grâce pour devenir meilleur, pour s'améliorer, pour apprendre. Et c'est votre sentiment, vous avez le sentiment par exemple qu'à
travers cette vie à l'âche que le le le que vous avez aujourd'hui, vous êtes meilleur. Je sais pas ce que veut dire cela que lorsque vous avez 15 ans, 20 ans, 25 ans. Mais vous savez euh c'est cette phrase extraordinaire de Mandé là après 28 ans de prison. Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends. Si vous saviez comme je continue à apprendre, Pascal Pro. Euh revenons sur ces racines chrétiennes parce que j'ai vu que Bruno Retaillot par exemple souhaite que ces racines judéo-chrétiennes de la France soit dans cette fois la Constitution française. L'IVG a été constitutionnalisé. Je ne sais pas d'ailleurs si vous trouvez c'est une bonne idée ou ou pas. Il y a même quelque chose d'antinomique
peut-être à ce que l'IVG soit dans la constitution et que les racines chrétiennes y soient également. Mais est-ce que vous êtes est-ce que vous seriez favorable à cette disposition de Bruno Retaillot ? Oui. Enfin, je pense que Bruno Retaillot a raison pour le coup. Pourquoi ? Mais c'est un principe qu'on qu'on comprend. Si vous coupez l'arbre de ces racines, vous pensez qu'il va faire des feuilles, des fruits ? Vous pensez qu'il va avoir des grandes branches ? On ne coupe pas un pays de ces racines. H vous avez le sentiment qu'on on l' fait, qu'on l'a coupé. Je pense que dans ceux qui se disent modernes, il y a une prétention infinie. Je suis moderne, ça veut dire quoi, mon ami ? Qu'il y a plus personne avant toi
? Que quand tu es né, tu as pas reçu un héritage. Un héritage au sens de civilisation. La chrétienté a amené une grande civilisation. Et donc, pourquoi se couper de ces racines ? dans le mot conservateur qu'on conotte de manière très négative. Moi je suis jamais été conservateur mais on le conote. Il y a quand même l'amour de ce qu'on laissé nos aïux, de ce qu'on nous ont donné nos grands-parents, nos parents, surtout nous les Français. Tant de famille ont des morts. Tous ces jeunes qui sont morts la première guerre mondiale, tous ces jeunes qui sont morts la seconde guerre mondial, on doit balancer tout ça. On doit pas en tenir
compte. La la vie commence quand on est soi-même et finit quand on meurt soi-même ou est-ce que c'est un continuum ? Moi, je crois que c'est un continuum. Donc, pourquoi se couper de ces racines ? Regardez ce qui me frappe dans le voyage du pape. Il y a aucune insulte à l'endroit de qui que ce soit. Il y a pas un message d'exclusion des autres. Il y a pas une volonté de sectarisme à l'égard de qui que ce soit. Tout le monde est le bienvenu. Il y a aucun problème de cette nature. On a besoin de ce discours. Il y a plus d'onu multilatéral. Il n'existe plus. Il y a plus d'endroits où les gens se parlent. Et tout d'un coup, le pape qui est un
chef d'état à la tête de l'État le plus petit au monde. C'est un c'est un bloc d'immeuble. Il a une parole qui est entendue dans le monde entier. C'est magnifique. J'ai beaucoup aimé le texte publié par le grand rabin, les protestants et les musulmans souhaitant la bienvenue au pape. Et je pense d'ailleurs que si l'islamisme est parfois ressenti comme si agressif en France juste au titre, c'est parce que nous avons du mal à croire encore en quelque chose. Les racines judéo-chrétiennes dans la constitution, c'est un combat de
civilisation. Bah, c'est un combat de civilisation. On est fier de ce qu'on est. On peut faire tout ce qu'on veut. On peut pas effacer Clovis et son baptême de l'histoire de France. Mais on ne le fait pas. Et ben, c'est une erreur. On ne l'écrit pas. Parfois au nom de laïcité parce qu'il y a un combat, parfois elle est mal perçue ou mal comprise cette laïcité. Vous aviez d'ailleurs beaucoup insisté lorsque vous étiez président sur la notion de laïcité positive. Est-ce que vous utiliseriez encore cette expression aujourd'hui de la même manière ? Mais bien sûr, la laïcité c'est très important. Je suis profondément républicain. La laïcité c'est le respect de ceux qui ne pensent pas comme moi. C'est une évidence. Mais est-ce qu'on se souvient de l'histoire de France ? Bien sûr, il y
a eu la guerre de religion qui était un drame. Mais il y a aussi cette époque. Pourquoi le général de Gaulle fait-il ses humanités en Belgique ? Parce qu'au nom de la laïité on ferme tous les établissements scolaires catholiques. Il y a des maires de la région parisienne à la fin du 19e siècle qui avaient pris des arrêtés pour empêcher les prêtres de traverser leur commune avec une soutane. Moi, je suis pour une laïcité positive, c'est-à-dire une laïcité qui accueille. Les catholiques, les croyants sont des gens qui espèrent. On croit l'espérance est-il le contraire de la République ? La République organise la vie et les
religions donnent un sens à la vie. C'est complémentaire, ce n'est pas opposé. Il y a évidemment ces questions politiques, diplomatiques, historiqu et puis il y a le rapport que chacun peut entretenir avec l'église de Rome et et avec Jésus-Christ. Je vais vous lire quelques lignes que vous allez reconnaître immédiatement. Je craignais mon premier dimanche à la santé. C'était un jour sans aucune visite, ni de la famille, ni des avocats, la solitude complète. Mon fils Jean eu l'idée de demander à l'omonier de la prison de la santé s'il pouvait me rendre une visite. À 9h30, j'ai retrouvé ce visiteur de Dieu, ce serviteur de Dieu dans le parloir du
quartier des détenus à l'isolement. Nous parlions du pape, des églises dans la campagne au début, sans aucune connotation trop intime ou trop personnelle. Je lui demandais les raisons qu'il l'avait amené à exercer son ministère dans un tel endroit. Il me confia qu'il était un homme des marges, qu'il les avait toujours aimé et qu'avec la prison, il était servi. Il poursuivit. Le mal existe et ici, il est très présent. Mais la bonté aussi, elle existe même dans les personnalités les plus noires. Et chaque fois que je rencontre la bonté, je trouve le mystère de Dieu. Carla et Jean furent heureux quand je leur racontais cette rencontre spirituelle et inattendue. Était-ce le
signe que j'attendais ? Et c'est évidemment dans le journal du prisonnier. Bon, ça me touche que vous lisiez euh cet extrait. J'ai c'est le livre que j'ai écrit alors que j'étais enfermé 23h sur 24 dans 9 m² et euh j'ai rencontré ce prêtre avec beaucoup de plaisir. lui doit beaucoup parce qu'à l'isolement total et je trouvais que c'était tellement injuste, c'était bien de recevoir quelqu'un d'aussi humain avec qui j'ai pu parler euh d'une manière très intime qui m'a fait du bien.
Et au fond, quand on est à l'isolement complet, on est obligé de se poser des questions. Quand on est entouré d'occupation, de soucis, d'amis, d'adversaire dans le combat avec une ambition, on réfléchit moins. Et au fond, la logique d'une vie, c'est d'essayer de s'améliorer, pas de se détériorer, c'est d'essayer de s'ouvrir, pas de se refermer. Et vous savez, moi je suis au fond, je suis assez pudique dans la parole et beaucoup moins pudique dans l'écrit. Tout le monde pense que ma manière normale de m'exprimer, c'est la parole.
Mais en vérité, je dis plus de choses à l'écrit. J'étais capable d'écrire cela. Je suis pas sûr que j'aurais été capable de le dire. Et peut-être ce qu'il y a de plus beau dans la vie, Pascal pro, c'est les rencontres. Et c'était une belle rencontre. Vous dites également : "Dans cette atmosphère désespérante autant que menaçante, j'ai soudain j'ai soudainement éprouvé le besoin de m'agenouiller au bord de mon lit. Je ne l'ai pas vraiment choisi." Cette phrase qui est étonnante, je ne l'ai pas vraiment choisi ni réellement décidé. Alors vous qui décidez toujours tout, votre vie n'est que décision et là quelque chose d'autre s'impose à vous et et je ne l'ai pas vraiment choisi ni réellement décidé. Vous êtes d'accord pour dire que tout ce que vous
avez fait, vous l'avez décidé ? Non, moi je croyais que la philosophie de ma vie c'était la volonté, le volontarisme. Y croire, c'est le sentiment que les français ont. C'est le sentiment que les Français ont en vous voyant. Ouais. Ben comme ça, ça m'a donné une bonne leçon d'humilité. Je ne suis pas je ne suis ni le début ni la fin. Je priais pour avoir la force de porter la croix de cette injustice. Cela m'a fait du bien. Et si la prière devait être le chemin pour résister, écrivez-vous également. Vous savez les épreuves, c'est une énergie. Il y a pas que la bonne nouvelle qui est une énergie. H Et il ne tient qu'à chacun d'entre nous de faire de cette énergie quelque chose
de positif. Mais je le dis modestement parce que il y a des gens qui nous écoutent qui sont malades et ben leur maladie peut-être une grâce. Elle peut révéler à eux-mêmes le courage dont ils ont besoin. Moi, j'ai souvent admiré des gens malades. Je suis très lâche sur la maladie. J'ai très peur du médecin. Et quand je voyais des gens malades qui se battaient, je me disais "C'est fantastique, quel courage ils ont." Je les admire. Au fond, c'est ça la vie. Le bonheur est toujours dans l'épreuve surmontée, jamais dans l'épreuve évitée.
Il est 9h24, nous sommes sur europein avec le président Sarkozi. Nous sommes en codiffusion sur européen et sur l'antenne de C News et nous parlons effectivement de cette visite de Léon X, mais pas que de du lien que vous avez avec l'église de Rome, avec Jésus-Christ, avec la maladie. Vous êtes d'ailleurs allé à Lourde et vous m'aviez dit quelque chose qui m'avait beaucoup touché et qui en dit beaucoup sur ce que sont les catholiques. Lorsque vous êtes allé à Lourde, il y a eu beaucoup de photos qui ont été prises de vous. Vous avez vu beaucoup de pèlerins et aucune photo n'a été diffusée. C'est-à-dire que tous ces gens qui vous ont pris en photo ont
compris que c'était pour eux que c'était un moment intime et qu'il n'était pas nécessaire de le mettre sur les réseaux. Et je trouve que ça en dit incroyablement sur ce que sont au fond euh les catholiques. D'abord, pourquoi j'étais à Lourde ? 6 mois avant d'aller à la santé, par le plus grand des hasards, je tombe sur le lourde de Zola. Ce que je ne savais pas, c'est que Zola après les 29 épisodes des Rug Macar avait décidé, il en avait marre de et il avait décidé de faire une trilogie sur trois villes Paris, Rome, Lourde.
Pourquoi je tombe sur c'est un bouquin de 1000 pages he sur Lourde et Zola comme vous le savez sans doute était non seulement até mais agressif à l'égard des religions et quand Lourde sort
magnifique. C'est l'histoire d'un prêtre qui a perdu la foi. C'est Zola en vérité mais Zola est quand même bouleversé par ce qu'il voit. faire comme à chaque fois il fait des une enquête sur Lourde, il va à Lourde, il va deux fois, il passe du temps et il est bouleversé par la souffrance, par l'espérance et et c'est très beau. Donc je m'étais dit quand je sortirai, j'irai à Lourde. J'avais été à l'ourde comme politique, comme leader de parti, comme président de la République, mais pas comme un citoyen comme les autres. Je je vais à l'autre. On y va d'ailleurs avec Carla
quelques jours après. Et là-bas bien sûr il y a beaucoup de pèlerins. Un miracle aussi 4 millions de personnes chaque année. 150 ans après les apparitions pour la petite Bernadette. Je fais peut-être 250 peut-être 300 photos de pourquoi est-ce que je n'en fais jamais une photo ? Donc les gens dirent "Ah président, on veut une photo, on veut une photo." Et je suis à l'époque pour chasser par les photographe qui veulent une photo de moi, de Carla à la sortie, vous imaginez bien. Et je me dis en rentrant, "Bon, tant pis, on va on va être partout."
Pas une photo n'a été publiée sur les réseaux. Et si vous saviez comme c'est pour moi l'occasion de dire à tous les gens avec qui j'ai fait une photo, comme je suis touché par cette forme de respect, cette France là elle existe, elle veut pas disparaître. C'est une France discrète, respectueuse. C'est une France qui a des bons sentiments. C'est une France qui ne crie pas à sur le bot. C'est une France qui veut aimer, qui veut admirer, qui veut regarder vers le haut. C'est une France dont on parle jamais. Et vraiment ça m'a bouleversé. Mais
regardez pareil, le pape est là. Mais qui connaissait le pape il y a 2 ans ? Qui connaissait ce pape ? Est-ce que vous ne voyez pas que quelqu'un qui a été élu par allezz 140 de ses collègues qui pose la question de sa légitimité qui aujourd'hui viendrait dire au mcro de Pascal pro quand même il y a pas une femme qui a voté pour lui quelle est sa représentativité moi je me souviens quand j'étais président de la République 53 % 15 jours après on mettait en cause ma légitimité le pape Non. Donc si ça c'est pas miraculeux,
qu'est-ce qu'un miracle ? Quand vous êtes revenu de lourde, quel sentiment aviez-vous ? D'abord, j'étais content d'avoir tenu ma parole. Moi, je suis un type bizarre. C'est généralement ce que vous faites. Tenir parole. OK. On peut vous reprocher sûrement de certaines choses, mais généralement vous tenez parole. Je je voulais pas tenir parole là, c'est important. C'est pas un choix politique. Je n'attendais rien. Je me présente pas des élections en dehors de ça. Et vous savez, ça m'a obligé à réfléchir.
L'homme a un corps, on en prend soin en faisant du sport. L'homme un cerveau, c'est celui dont j'essaie de me servir en répondant à vos questions. Mais indépendamment du corps et du cerveau, il y a un mot qui a disparu du langage et qui est si important, le mot âme. L'âme. Et quand je suis revenu, j'avais fait du bien à mon âme. C'était jeune grande victoire. Euh ce rapport que vous pouvez avoir que vous pouvez avoir avec la foi dans une vie si singulière, si particulière, vous avez connu le pouvoir, la victoire, la défaite, les épreuves judiciaires, les
blessures personnelles. Est-ce que vous diriez que la foi change votre manière de regarder la vie ? Et c'est très intime et c'est très complexe surtout ça guérit et ça protège de quelque chose qui est si naturel à la politique. L'amertume, la revanche, la détestation. Je dis c'est naturel. Je encore une fois aucune leçon j'ai aucune leçon à donner. Vraiment je suis pas Mais vous n'êtes pas animé de passion triste ? Non non jamais. Non, non, jamais, jamais. Et c'est toujours frappant d'ailleurs de voir vos réactions
après un revers. Il n'y a jamais de passion triste, il a après une défaite. Je suis toujours frappé de ça, mais ce qui n'est pas si fréquent mais parce que que et pourtant vous êtes un combattant XXL. Oui, je sais pas. Oui. Ah, j'aurais pas aimé votre adversaire. Oui, peut-être que ça vous aurait intéressé. Peut-être que c'est vous aurez obligé de tirer le meilleur de vous-même. Peut-être vous savez mais mais il y a pas de patient triste. J'étais il y a 15 jours au jardin d'acclimentation un dimanche après-midi parce que je voulais passer l'après-midi avec les enfants du centre anticancéreux,
le cancer pédiatrique et on passait l'après-midi là-bas. Il y avait tous ces enfants qui cancer. On peut pas dire que c'est un cancer de comportement hein. Ils ont pas bu, ils sont pas drogués, ils ont pas fumé et ils ont ça et leur famille. Mais si vous saviez comme je me suis senti si peu courageux face à eux qui sont tellement courageux, ces parents qui étaient là avec leurs enfants à propés d'une miette de bonheur au jardin de l'acclimentation alors que il rentre. normaux dans le bureau du médecin, ils sortent, on leur expliqué que leur enfant a un cancer.
Donc c'est le mystère de la vie. Et moi je suis tellement chanceux et vous êtes tellement chanceux et chacun est tellement chanceux d'avoir cette vie. Donc il faut profiter de chaque seconde en bénissant le fait de vivre. Mais est-ce que la foi change rapport que vous pouvez avoir à la vie dans la défaite comme dans la victoire ? Mais Pascal pro, vous me demandez une chose tellement simple. Est-ce que c'est plus facile de vivre en pensant que la vie a un sens que de vivre en pensant que la vie n'a aucun sens ? D'après vous, la question c'est laquelle ? C'est laquelle ? Il y a des gens qui
vivent comme sur en traversant la vie, en pensant que tout ça n'a aucun sens. Pense beaucoup àant parce que qui faut rire d'ailleurs parce que c'est très drôle sur Oui. À chaque anniversaire, il dit une année de moins. Je m'en sers à chaque fois. C'est magnifique. Je je bénis les enfants que je n'ai pas eu. Oui. Mais vous savez, il y a une forme dans la philosophie parce qu' il y a des philosophes avec Dieu. Hm. Pascal h hein qui a eu la révélation quand il a failli mourir en traversant la scène, il manque de se noyer et là il a une apparition. Mais c'est tellement plus simple de vivre avec du sens et c'est tellement une chance de le penser. Est-ce que ça a une cohérence ? Est-ce que ça a un sens ? C'est très
important et les politiques nous dans la vie essayent de donner du sens aux choses. Il me semble que c'est assez complémentaire. Bon, vous avez la foi, vous croyez vous croyez en Dieu, mais ne ramenez pas des sujets aussi complexes à des réponses aussi binaires. C'est mal me connaître. Je vous ai dit non non, c'est je voulais pas être désagréable. Au contraire, vous vos vos questions sont toujours très précises. Je veux dire que je crois dans l'espérance, mais on va pas résoudre tous les deux le problème de savoir si Dieu existe ou pas ce matin. Non, mais on peut se projeter. C'estàd
que comme tout à chacun euh un jour nous serons morts. Euh peut-être euh non, c'est sûr. ce jour-là, comment comment pensez-vous, quelle forme ? Si j'ose dire, je sais pas si la question est assez précise, quelle forme selon vous prend l'au-delà ? Non, moi je suis pas un chef religieux, pas ça. Non, c'est pas une question. Alors là, c'est une question tout le monde se pose la même question, monsieur. Tout le monde se dit mais qu'est-ce qui se passe après ? Non, la différence, est-ce que l'esprit est là ? Est raison. Tout le monde se pose la même question. La seule différence entre les gens, si vous me le permettez, c'est ceux qui pensent à la dernière seconde de la dernière minute confronté à l'obstacle et ceux peut-être comme
nous qui je dis ça va arriver, mieux vaut y penser avant. Je suis de ceux qui pensent que ça arrivera de façon inéluctable et qu'il faut s'y préparer, y réfléchir, apprivoiser cette idée très brutale que rien ne dure. Et au fond, c'est dans ce processus que moi je m'inscris. Et je trouve que voyez, par exemple, vous posiez la première question, est-ce que vous allez à la messe samedi ? Et ben moi je trouve que c'est encore beaucoup plus simple d'espérer au milieu de dizaines de centaines de milliers de gens qui espère parce qu'on
est porté. De la même façon que je pense qu'il est plus simple d'espérer quand les gens chantent parce que la musique ça monte. Voilà et donc c'est pour ça que j'y vais. de là dire monsieur Pascal Prou, je suis sûr je vous réponds oui et j'ai jamais de doute. Je peux pas vous répondre ça. J'aimerais tellement vous répondre ça. Alors derrière cette question, il y avait également comment vous l'imaginez ? J'entends les doutes et chacun chacun les a. Mais quelle forme pouvait prendre ? Ça, j'ai beaucoup progressé parce que quand j'étais plus jeune, j'imaginais soit rien, soit quelque chose de magnifique. Et là, je
n'imagine qu'une seule chose, c'est que ça nous dépasse tellement que c'est inenvisageable. C'est vertigineux. Ben quand on pense, vous savez, quand on pense à cela, à cet univers créé il y a 13 milliards 700 millions d'années en une seconde divisée par un million qui produit qui est grand comme une tête d'épincle et qui produit une émanation de chaleur qui se compte, tenez-vous bien en milliards de milliards de degrés et qui fait l'univers dans lequel nous vivons. Oui, monsieur Pascal Pro, ça nous dépasse. Ce sont des questions évidemment vertigineuses et et cette affaire du Big
Bang est assez incompréhensible pour un cerveau, j'ai envie de dire classique. Ce rapport à l'au-delà, est-ce que vous avez eu le sentiment parfois dans votre vie d'avoir une présence, une voix des gens qui vous étiez par exemple très liés à Édouard Valadur, c'était ça allait au-delà de l'affection. Il y avait quelque chose de paternel dans le rapport que vous aviez avec lui. Et tous ceux ces derniers jours ont été frappés par la tristesse qui était la vôtre. Édouard Baladur est est mort et vous l'avez accompagné. Est-ce qu'il y a eu dans votre vie des signes que vous avez perçu qu'on peut dire de l'au-delà ?
Et pardonnez-moi de poser ces questions si intimes peut-être. J'avais qu'à pas répondre à votre invitation. Et après tout, après tout, est-ce qu'on n pas un moment de nos vies où il est important que les gens voient un peu de vérité derrière le masque des images ? J'aimais beaucoup monsieur Baladur et ses enfants m'ont demandé de lui faire un dernier au revoir quand il était sur son lit de mort. Et vraiment ça m'a ça m'a touché de venir dans cet appartement où j'ai été tant de fois et de le voir sur son lit de mort. Lui qui était croyant
et qui en fond mort de chagrin parce que il n'a pas supporté la perte de sa femme 74 ans ensemble. Et ça m'a touché un point immense. Si la question est-ce que je me sens seul ? La réponse est non. Est-ce que c'est des signes ? Je veux pas dire ça, c'est pas fois trop de prétention et puis c'est pas Oui, je pense que tout un sens et qu'au fond rien n'est le fruit du total hasard. Et d'ailleurs, le hasard c'est le nom que les ATH donnent à Dieu. Édouard Baladur qui est décédé il y a quelques jours et son épouse était décédée en décembre dernier. Et effectivement comme ça arrive parfois lorsqu'un couple fusionnel a traversé l'existence, Édouard Baladur a rejoint son épouse quelques semaines, quelques mois plus tard. On peut parler effectivement toujours de de la foi et du pardon parce que le pardon, est-ce que vous avez alors d'abord pour pardonner à quelqu'un, il faut que ce qu'il vous a fait soit important. Il s'agit pas de pardonner à quelqu'un qui a brûlé le feu ou la politesse. Bon, il
y a parfois des gens qui vous ont blessés et qui ont fait des choses qui vous ont mis en difficulté. Est-ce que vous pratiquez le le pardon ? Est-ce que la foi que vous avez peut aller dans ce sens ? Mais c'est même pas une question de foi, c'est une question de tempérament. Oui, pardon hein, c'est pas Vous tournez la page. Je sais pas comment ça c'est. Je tourne la page. Moi, j'ai guitté des endroits que j'adorais sans me retourner jamais. C'était peu Bon, j'ai perdu beaucoup de gens que j'aimais. Bernadet Chirirak aussi vous savez c'est pour moi Bernadette Chirac c'est quelqu'un qui a énormément compté Philippe Soin vous en parliez merveilleusement dans je crois que c'est dans le temps des
et et vous racontiez c'était vous étiez au Parc des princes avec lui passiez la à côté de lui la soirée le match vous le raccompagnie chez lui et il vous disait on a passé une bonne soirée il y avait peu d'échange mais vous étiez il avait pas dit un mot il pas dit un mot il était très touchant savait Un jour, il a eu peur de la mort. Bon, franchement, il est pas le seul. Et vous ? Disons que ça m'intéresse. J'essaie de voir l'intérêt avant le peur. Et il avait écrit Philippe : "Je voudrais mourir le jour en plein soleil, surtout pas la nuit." Et ça m'avait touché de ce colosse qui
qui dit ça. Le pardon d'abord en politique, les grands politiques, ils doivent absolument pardonner parce qu'ils doivent rassembler. H et si vous pardonnez pas, vous rassemblez pas. Car naturellement, vous rassemblez des gens qui un moment ou un autre ont été contre vous. Ah, on vous l'a reproché. Oui, mais l'ouverture, on vous l'a reproché. Oui, mais moi ça n'a aucune importance. Je pense que la quasi totalité presque de des ministres que j'avais un moment ou un autre avait dit quelque chose contre moi. Ils ont dit des choses pas trop gentil après parfois même ils ont écrit un livre pour dire du mal. Mais c'est pas grave. C'est pas reconnaissant. Mais c'est pas grave parce que moi j'ai été président de la République.
C'est un honneur, c'est une chance et ça crée un devoir. Le devoir quand on a été chef, c'est de rester à un certain niveau, pas de tomber dans la cours de récréation. Et je vous dis, ça c'est pas une question de foi, de religion, c'est une question de tempérament. J'ai beaucoup vu monsieur Jardestin mais quand il me disait qu'il ne voulait pas retourner à l'Élysée parce que ça lui a fait trop de mal, c'est comme s'il me parlait chinois. Parce que moi, je suis retourné à l'Élysée à l'époque de Hollande, pourtant peu en commun, à l'époque de Macron, sans que ça ne me fasse aucun effet, j'étais pas chez moi. Et même chez moi, un jour,
on dira Sarkoier habitait là. et ce sera plus chez moi. Donc cet instinct de possession qui est assez naturel chez moi, j'ai dû le dominer pour comprendre que c'est une vanité. Et si vous voulez être un grand politique, vous ne pouvez pas en rester à des petites querelles. Je crois que c'est Louis 11 qui disait quelque chose de très vrai. Le roi de France oublie les querelles du duc d'Orléan et c'est pour ça que c'est un grand roi. Nicolas Sarkozi est avec nous. Il est 9h44, vous êtes sur l'antenne d'Europa, c'est un moment particulier bien sûr. Nous sommes également sur antenne de CS. On a parlé beaucoup évidemment de de religion, on a parlé aussi politique avec le Vatican. Léon X est en train
d'arriver dans quelques minutes. Je ne sais pas d'ailleurs si l'avion est en attente sur l'aéroport de de Paris. Manifestement, nous avons une ici une image où nous suivons euh le trajet euh du pape euh Léon X que vous n'allez pas rencontrer, vous n'allez pas le voir en si je enfin voir pardon pardon. Il se trouve qu'en vous quittant, j'irai à l'Élysée pour le premier discours du pape puisque le président Macron a fait une réunion pour l'accueillir et je serai Il n'en a pas beaucoup parlé hier, il en a même quasiment pas parlé. Il a parlé,
je crois que le il a pas prononcé le nom Léon X hier en sortant précisément de l'interview de monsieur Macron. Ça m'a frappé que il n'ait pas dit un mot sur un événement aussi important. Soyons généreux, monsieur Pro. Bon, Léon X, alors je sais pas si vous aurez un échange avec lui, mais si vous aviez un échange avec lui, qu'est-ce que vous lui diriez ? Non, je l'écouterai. Je l'écouterai. Vous savez, il y a 21 siècles de légitimité. C'est le successeur de Pierre. Vuxos enfants s'appellent Pierre et Jean ça et Louis et Julien et Louis.
Exactement. J'aurais j'ai dit tout à l'heure. Non non pourquoi ? Et moi j'ai rien contre ceux qui appellent cerise ou clémentine. C'est pas c'est je sais pas c'est c'est pas je pas encore une fois donner des son mais vous savez un jour on m'a demandé quelle était la personne que je souhaitais le plus rencontrer au monde et on m'a donné cinq possibilités de choix. J'ai répondu à la personne qui disait ça, mais j'ai pas besoin de cinq pour moi. Je veux rencontrer, si vous me donnez cette chance, la personne la plus importante depuis que les premiers ominidés sont arrivés sur terre il y a 3 millions d'années, c'est Jésus. Mais j'aurais rien à lui dire, juste l'écouter.
Juste l'écouter et écouter quand on a tellement parlé comme moi, c'est nécessaire. Je vais vous remercier monsieur le président. On n pas parlé de politique, on n pas parlé de cette campagne présidentielle, de cet avenir pour la France qui nous inquiète, de ce sentiment que nous avons tous que cette élection est peut-être la plus importante depuis bien longtemps, que nous sommes à la croisée des chemins, que certains ont le sentiment, c'est vrai, de ne plus reconnaître cette France dans laquelle ils ont grandi, ils ont vécu avec ces fractures. qui sont là. Fractures multiples d'ailleurs, jeune contre vieux, blanc
contre noir, actif contre retraité. Je pourrais multiplier homme contre femme, jeune contre vieux, ça me frappe par exemple aujourd'hui ce clivage et que nous aurions besoin dans cette période là de quelqu'un qui rassemble. Et je pense que vous faites sans doute le même constat que que moi dans ces périodesl que la France est un pays qui traverse parfois des très grandes difficultés mais qu'elle a besoin de se réunir et qu'il lui faut un chef. Elle est comme ça un homme providentiel. On veut bien être vassal quand le suerin est grand et que de Gaul l'avait fait au moins deux fois et que cette France là
attend sinon son Messi pour rester sur un vocabulaire chrétien. Mais elle attend. Non mais d'abord vous êtes d'une habileté redoutable. Je vous vois venir mais je vais quand même répondre question. D'abord, je pense que la France, comme toute société, est verticale. Et contrairement à ce que disent les réseaux, je ne crois pas à l'horizontalité. Je ne connais pas de famille, d'entreprise, d'associations, de pays, de communes, de football encore plus. Ce qu'on aime d'ailleurs dans le sport, on le conteste dans la vie publique. Ça n'a aucun sens. Bon, moi je crois la différence
davantage connivellement. Donc la verticalité. Oui, oui, oui, oui. Surtout en France, la France a besoin d'être incarnée fortement et c'est vrai dans toute son histoire où il y a des grands rois, des grands présidents et d'autres normaux. Et dans mon esprit, la normalité n'est pas forcément une qualité. Deuxième chose, je voudrais vous dire je ne fuis pas votre question par l'acheter, mais je trouve qu'il y a, comment dire une grande vulgarité à critiquer ses successeurs.
J'ai suffisamment été dans le combat. Je sais que c'est difficile. Au fond de moi, je sais ce que je pense et je vois les choses. Mais je Et troisièmement, il viendra un moment où la situation peut être si difficile, si douloureuse qu'il faudra qu'il y ait des gens qui parlent à tout le monde. Merci. C'est moi qui vous remercie. Merci grandement, monsieur le président. Il est 9h50. Nous sommes ensemble depuis 9h sur antenne d'Europen de de C News et je pense que beaucoup ont apprécié les paroles que vous avez dites et le niveau qui a été le vôtre durant ces 50
minutes qui tranche peut-être avec le débat politique du moment et nous avons besoin peut-être effectivement et même sans doute d'une parole différente. Merci beaucoup monsieur le président. C'est moi qui vous remercie. Merci beaucoup. Ok.
Nicolas Sarkozy