Arrêts maladie : "Édouard Philippe a marqué des points auprès de la droite" (Henri Vernet)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 2:04RelanceRéponse partielle
Pourquoi est-ce excessif de parler d'open bar pour les arrêts maladie ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Combien coûtent les arrêts maladie à la France chaque année ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Pourquoi ce discours sur la prévention est-il difficile à entendre politiquement ?
- 5:32OuverteRéponse directe
Est-ce que parler réforme et contrôle devient un gros mot pour certains ?
- 6:46RelanceRéponse directe
Est-ce que le déficit est le bon indicateur pour parler de santé économiquement ?
- 7:58OuverteRéponse directe
Quelle est la bonne clé pour maîtriser les dépenses de santé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Fait
« Édouard Philippe a parlé de l'open bar des arrêts maladies. »
- 0:44Fait
« Il faut mettre fin à l'open bar des arrêts de travail. »
- 0:44Chiffre
« L'évolution actuelle des arrêts de travail liés à la maladie, c'est en valeur une augmentation de presque 40 % entre 2019 et 2025. »
- 2:35Chiffre
« Ça coûte 12 milliards d'euros les arrêts maladie pour l'assurance maladie. »
- 2:35Chiffre
« Ça coûte plus de 100 milliards d'euros à la société. »
- 3:10Fait
« Il faut basculer vers de la santé publique. »
- 6:09Fait
« Les dépenses publiques de toute façon augmentent mécaniquement. »
Temps de parole
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en parler il y a un instant dans mes propos liminaires, le castet du budget dans un pays dont tout nous dit que les caisses sont vides. Alors, il faut trouver 54 milliards. Sébastien le cornu est nudé, il veut faire des économies sur la santé. Très bien. Mais où est-ce qu'on commence par exemple par les arrêts maladies ? 2 milliards d'économies en vue. On l'évoque mais pas que autour de ce plateau. Messieurs, soyez les bienvenus. John Christopher Rolland, docteur en droit public et maître de conférence à l'université Paris Nanerre. Bienvenue Henri Ver, notre éditorialiste politique France info canal 16 bienvenue Lastbot notre listan Frédéric Bizard professeur d'économie à l'ESCP président de l'institut santé avec vous on va taper en plein dans l'économie de la santé deux choses.
D'abord vous vous rappelez d'Edouard Philippe voilà ce qu'il a dit en réalité sur les arrêts maladies Édouard Philippe. Édouard Philippe a parlé de l'open bar des arrêts maladies. Il a dit il y a quelques temps, ça a ulcéré, nous voyons ici sa citation, une partie de la classe politique. Il faut mettre fin à l'open bar des arrêts de travail. L'évolution actuelle des arrêts de travail liés à la maladie, c'est en valeur une augmentation de presque 40 % entre 2019 et 2025. Réponse de Jean-Luc Mélenchon sur son bloc très clair hier. Jean-Luc Mélenchon dit ouvrez les guillemets. Édouard Philippe a tout faux. Ce n'est pas l'open bar des arrêts de travail qui est un scandale.
Le vrai scandale qui dure en France c'est celui de la souffrance au travail. Est-ce qu'on peut décrypter à la fois politiquement, à la fois économiquement et à la fois sociétalement ? J'ai presque envie de vous dire et du point de vue aussi du droit, ce que représentent aujourd'hui les arrêts maladies. Est-ce que économiquement c'est l'open bar dans le pays ? Alors les les deux déclarations sont euh sont excessives et tout ce qui est excessif est pas n nous nous est pas très constructif. Pourquoi c'est excessif de dire que c'est open bar ? C'est que d'abord quand on a gouverné pendant une dizaine d'années, s'il y avait vraiment un laxisme tant que ça, il est temps euh euh d'y d'y d' d' d'y remédier. Donc ça laisse entendre en fait que le seul problème des arrêts
maladies, c'est c'est l'abus des Français par rapport à l'arrêt maladie. Donc il y a des abus qu'il faut dont il faut lutter contre. Enfin les principaux déterminants de la hausse des arrêts maladies. C'est pas que la souffrance au travail, c'est que vous avez une très forte hausse de la prévalence des affections de longue durée puisqu'on est à 14 millions de français, 20 % de la population qui on Mais dans ces 20 % vous en avez un quart qui sont actifs. Bon, vous avez un vieillissement de la population active et vous avez une absence quasi totale de médecine du travail. Mais Frédéric Bizard, juste petit aparté, grosso modo pour que les Français qui nous regardent puissent se faire une idée, combien ça coûte à la France chaque année les arrêts travaill ?
Alors ça coûte 12 milliards d'euros les arrêts maladie pour l'assurance maladie. Mais votre question, il faut la prendre, il faut y répondre de façon plus exhaustive parce que ça coûte plus de 100 milliards d'euros à la société. Si vous prenez ce qu'on appelle les externalités négative et c'est là où c'est particulièrement, je trouve, irresponsable devant les chefs d'entreprise de leur faire croire que c'est juste un problème d'abus sur les arrêts maladies, c'est parce que ça coûte très très cher aux entreprises qui doivent se réorganiser, qui doivent embaucher en intérim et bref, ça coûte très très cher, une centaine de milliards à à la société. Donc il vaut mieux dire au chef d'entreprise, écoutez, il faut vraiment qu'on restructure notre système de santé dans
lequel vous devez être partie prenante parce qu'il faut basculer vers de la santé publique. C'està-dire qu'il faut qu'on fasse de la prévention. Il faut que il faut que les gens que ça soit au travail, à domicile ou autres participent à une meilleure gestion de leur capital santé. Et pour ça, il faut une politique publique qui n'existe pas en France. Et donc, on a besoin de vous pour intégrer la gestion de la santé et ne pas s'occuper simplement de la santé que quand les gens sont malades, mais de d'augmenter l'espérance de vie sans incapacité. Voilà, ça c'est le discours on va dire raisonnable et constructif et qui nous permettrait de faire des économies. Vous mais ce n'est que comme ça qu'on va maîtriser durablement ces arrêt maladie. Alors messieurs, d'un point de vue
politique, pourquoi est-ce qu'on ne tient pas ce discours Henri Vernet ? Mais parce qu'il est dur à entendre ce discours. Il supposerait une vaste une réforme globale, c'est-à-dire un système quand même dans lequel nous vivons. C'est un acquis des des tres glorieuses. He vous savez la fameuse période de prospérité économique qu'il y a eu en France entre la fin de la de la 2e guerre mondiale et les années 70. C'est là que tout cela s'est bâti et on vit aujourd'hui un petit peu sur les non pas sur les restes, il faut pas exagérer, mais vraiment sur ce système. Alors que les conditions démographique, économique euh évidemment aussi inter ont changé, ce qui fait que il est plus tenable disons sur euh sur ces bases-là. Et vous avez raison, c'est vrai que il faut il
faut considérer en réalité tous les aspects, notamment la prévention comme vous le dites. Pourquoi ? parce qu'à la prévention, il serait logique en effet de l'amener de manière beaucoup plus volontariste si en même temps on veut, ce qui est le cas du même Édouard Philippe, si donc en même temps on veut reculer la la date de départ à la retraite et donc d'allonger finalement la période de travail, bah c'est vrai que tout cela serait logique. Après, juste, c'est une parenthèse quand même là, les deux personnalités politiques que nous venons d'entendre, ce sont des candidats à la présidentielle et vous l'avez également rappeler, la sortie, si je puis dire, parce que çaen est une hein, c'est l'open bar, les arrêts de travail, c'est quand même une façon un petit peu de crier à sur ceux qui
abuseraient que ce soit une réalité ou pas. Il l'a fait justement devant les patrons, c'est-à-dire à l'université du enfin l'université du MDEF où en quelque sorte les grands candidats ont passé une espèce de grand oral et voilà. Et donc vous marquez des points. Qu'est-ce qu'il a fait là Édard Philippe ? Il a marqué des points à droite bien sûr sur une droite disons plus classique plus C'est là où il veut aller. C'est ce qu'il cherche à faire. marqué des points plus à droite lui qu'on voyait plutôt centriste, il doit de toute façon sortir du macronisme. Mais bien sûr, il doit même presque rompre avec le macronisme. C'est ce qu'il a fait d'ailleurs à plusieurs reprises. Et puis après, on s'en repentant un petit peu parce que malgré tout c'est un peu c'est jamais très bien
vu de tuer le père, de tuer le mentor. Mais oui, il faut qu'il marque cette rupture là et en effet lui son espace il ne peut que le gagner plutôt à droite. Mais John Christopher Rolland, on a tout de même le sentiment, peut-être n'est-ce qu'un sentiment qu'aujourd'hui parler réforme et parler contrôle peut-être ça devient un gros mot pour certains. Oui, parce que ça dépend en plus de la tranche de population de du de la strate que vous visez. Moi si je je suis pas économiste hein, donc je vais ramener le débat sur le le volet des finances publiques et du débat budgétaire. Euh pour faire très simple, les dépenses publiques de toute façon augmentent mécaniquement pour plein de raisons parce que il y a un vieillissement de la population, parce qu'il y a la
dépendance, parce que aussi le mal-être au travail, c'est une une des données s'accroit. Donc en réalité quand vous traitez le budget, vous avez un volet dépenses et un volet recette. Moi ce que je regrette, c'est que avec ces formules, notamment celle d'Edouard Philippe, on va aller cibler. Ça donne l'impression de cibler les malades simplement. Or, c'est une partie mais une partie c'est un détail du problème. Derrière vous avez aussi des choses dont on ne parle jamais parce que pour qu'il y a un déficit, il faut que les dépenses soient supérieures aux recettes. Bah pourquoi on parle pas de la fuite des cotisations du travail au noir par exemple qui aussi assèche les recettes en matière sociale quant au dégrèvement les 70 milliards qu'on donne par an au
au patronat à juste titre ou pas c'est voté c'est légal il y a pas de problème. Mais on débat jamais de l'efficacité de ces mesures. Est-ce que ça a créé de l'emploi ? Est-ce que ça ramène finalement dans le pot des cotisations partir sur un débat dans la nudité des chiffres et en les habillant de la voilà de l'habit qu'on veut ? Bah finalement c'est pas du débat. Frédéric Bizard, si on reprend le débat, est-ce est-ce que quand on se base sur l'aspect uniquement déficit, dette est-ce que c'est le bon indicateur pour parler de santé économiquement ? Ça c'est une question centrale parce qu'on confond les les moyens et les fins. En fait, le d'avoir un un budget social à l'équilibre, ça jamais été une fin. C'est un moyen indispensable pour rendre le modèle social soutenable. Donc
il faut absolument que un budget social soit à l'équilibre, pas simplement celui de la santé. Mais en faire une fin comme on le fait, c'est confier en fait tout toute la politique sociale à Ber et et raisonner uniquement avec un fichier Excel où on dit il faut que ça soit à l'équilibre, mais ça ne peut être à l'équilibre que si vous que si vous avez une bonne politique de santé, que si vous avez une politique des retraites qui permet cet équilibre là, si vous avez une politique de la famille et cetera, vous voyez. Mais là, on ne parle absolument pas de politique de santé. On ne parle juste comment est-ce que je peux réduire euh de 50 % l'objectif de croissance. Oui, donc ça n'a aucun sens. Qu'est-ce que vous voulez qu'on dise ? On vous dit on transfère sur les malades
et je vais vous montrer le monde de l'absurde dans lequel on est en en deux mesures. On on dit on il faut multiplier par deux les franchises médicales parce que maintenant ça suffit. Il faut que les Français payent davantage pour leur santé. Mais qui paye davantage ? ce sont ceux qui sont vraiment qui ont des pathologies graves, ceux qui ont un cancer, une insuffisance cardiaque, un diabète puisque c'est eux qui vont principalement payer, qui vont être au plafond de la franchise. Donc on dit "Tu vas payer deux fois plus de 100 à 200 € et en même temps on conserve le zéro reste à charge sur les lunettes, le les prothèses dentaires et et l'audioprothèse qui sont des dépenses courantes et c'est là-dessus qu'il faut du reste à charge. Mais si on veut une maîtrise de la dépense, qu'est-ce qu'il
faut responsabiliter les Français ? à part les 20 % les les plus mesure quand vous nous le dites ça paraît tellement simple on se dit nous nous pouvons en parler autour d'un plateau pourquoi pas dans les gouvernements au monde c'est que vous dites on vous dit ah il faut qu'on transfère au complémentaires santé donc aux assureurs privés une partie de la dépense. Très bien pourquoi pas comment comment le fait-on ? On dit prenons les les médicaments, on dit il y a des médicaments qui sont remboursés à 30 % et à 15 % par l'assurance maladie et le reste pour la plupart par on dit bon alors on va diviser par de le taux de remboursement donc on arrive à un taux de remboursement de 5 % pour des médicaments qui coûtent 3 à 5 € en moyenne c'est médice médical rendu. Ça
veut dire que l'assurance maladie va rembourser 20 à 30 centimes et que ça va lui coûter 50 centimes de dépenses administrative. Donc, on va faire 350 millions d'euros de transfert sur ces médicaments-là en générant à peu près 200 millions d'euros de plus de dépenses administrative. Comprends effectivement que c'est ridicule quand vous nous l'expliquez comme ça. Donc, vous allez aller à la pharmacie, vous allez vous savez que les 20 les 20 centimes vont être remboursés par l'assurance. Est-ce qu'on peut ajouter deux choses si vous le permettez ? On dit au retraités, vous allez devoir payer plus. On leur dit en même temps, il faut travailler. Attendez-vous à travailler plus longtemps. Je je fais une synthèse de ce que vous m'avez dit autour de ce plateau. On ne parle pas de prévention.
En revanche, on dit attention à l'open bar des arrêts maladies et dans le même temps, on nous dit que tout va coûter plus cher, les médicaments vont coûter plus cher, les mutuels vont coûter plus cher. À cela s'ajoute le fait que le porte-parole des des mutuels en France dit attention attention attention, il faut baisser les les cotisations sur les mutuels, sinon ça va coûter trop cher, on ne va pas s'en sortir. Comment fait-on et économiquement et politiquement ? Ça a l'air d'être une difficulté sans nom. On on ne trouve pas la faille pour entrer. Quelle est la bonne clé ? Mais la bonne clé, la bonne clé c'est la réforme. Le ce qu'on peut ce que je peux reprocher aussi au mutuel, c'est finalement eux vont prendre à marché un milliard et demi de marché supplémentaires. Mais ils disent
attention parce que nous nous ce que nous faisons, c'est que nous transférons sur les primes ce marché supplémentaire. Donc on va augmenter à à euros égal + 20 % pour nos charges, pour nos frais, pour pour notre bénéfice. Et donc il dit attention parce que on sait que ça va représenter un taux d'effort pour la classe moyenne qui est à la limite du supportable et donc il demande une baisse des taxes. Non, il devrait demander de dire il est temps de changer ce système- làà et de nous donner un champ de prestation bien défini et différent de celui de l'assurance maladie. Ça éviterait ce double comptage et ça permettrait d'être plus lisible et d'être plus efficace en matière d'économie assurantielle. Oui, ça c'est Henri Ver, la question du coût politique, la réforme c'est un coup
politique en soi. Bien sûr, c'est un coup politique énorme. Et c'est pour ça et d'ailleurs quand vous dites on nous dit que il faudra travailler plus longtemps payer les médicaments m ch attention tout le monde ne dit pas ça dans la classe politique et notamment parmi les candidats parce que travailler plus longtemps vous avez notamment bah parmi les favoris Marine Le Pen qui ne dit pas ça qui dit même le contraire on va revenir là on sort de la là on sort de la présidence on parle du budget actuel en réalité on est dans non on est en réalité dans la présidentielle là en quelque sorte c'est d'ailleurs ce qui a été montré par les deux interlocuteurs. Là on est plutôt dans le bricolage. On est dans un bricolage budgétaire parce qu'en réalité le corps nuu avec cette
présentation de budget d'abord on verra à la fin si ce seront réellement 54 milliards ou moins. Il y a toujours des des ajustements parce que maintenant doit venir le débat budgétaire mais surtout ce que je veux dire c'est qu'il a d'abord en ligne de mire la situation financière de la France et notamment le niveau auquel elle rembourse sa dette et c'est ça qui est devenu insupportable et donc la grande crainte désormais c'est de voir comment dire la France encore plus pénalisée par les les agents financiers internationaux par les agences de notation par Bruxelles aussi faut pas l'oublier. On a quand même procédure. Bon et donc c'est d'abord ça, c'est vraiment l'objectif aujourd'hui immédiat de ce budget présenté par le Premier ministre, c'est vraiment d'abord
d' de calmer un petit peu la tension sur les finances de la France. C'est quoi ? C'est des ballons d'essai tout ce qu'on tout ce qu'on lance. Non non, je dis pas non. On se demande on se demande le poids et la véracité. Vous voyez si on se dit que tout se joue maintenant si on utilise ses faits et ses propositions pour négocier et en réalité garder sa place et tenir jusqu'à l'élection présidentielle, c'est plus de toute façon. Il sait que dans quelques mois, il sera plus là. Peut-être même avant cela si jamais il y avait une motion de censure. Alors oui, c'est à la fois des ballons d'essai mais là on va rentrer dans une discussion. Ça dure, rappelez-vous, l'année dernière, ça a duré tellement longtemps qu'en réalité, on est arrivé au 31 décembre sans budget
voté. Et donc voilà et donc rien ne les garde. Ce que je veux dire, c'est que tout cela en réalité, ça mérite un vaste débat. Ça a été évoqué. C'est vraiment aujourd'hui quelle est la place de notre système de prestation sociale qu'il s'agisse des santé, des retraites. C'est essentiel en réalité. C'est ça qui qui pèse énormément sur les finances. Et ce débat-là, vous allez pas l'avoir quand vous êtes un gouvernement qui n'a aucune majorité et qui en plus est forcément surcis puisqu'il y a une élection présidentielle euh dans dans 7 mois. La réalité, c'est de savoir si on garde ce système de santé que le monde nous envie, un système de santé qui a été créé à l'après-guerre en 45, en en octobre 45, c'est un acquis. La réalité c'est est-ce qu'on garde cet acquis ?
Est-ce qu'on se bat pour cet acquis ? Alors, il y a plusieurs politiques he qui veulent le garder ou pas. Où est-ce qu'on décide qu'il faut le réformer et aller vers un système à l'américaine ? Non, mais de toute façon, on ira vers un système un système à moitié anglais, à moitié américain. C'est vous aurez un secteur publicancé par le public pour la classe, on va dire populaire et moyenne et puis les autres iront dans le privé parce que le système se dégradera en matière de qualité. Si on ne fait rien, c'est le chemin qu'on est en train de faire. Donc, vous vous avez raison, la clé, c'est quoi la clé ? C'est c'est de réinventer le modèle à la française que le monde entier nous envie. C'est-à-dire que tout le monde a accès à la même qualité de prestation et avec des
prestataires qui sont d'un très haut niveau. Bon, donc on voit bien que là les parmi les des citoyens qui nous écoutent, les citoyennes qui nous écoutent, ils doivent se dire ils sont gentils mais enfin moi ça fait longtemps que j'ai perdu le le merveilleux système parce que j'ai quand même du mal à juste avoir une consultation médicale ou ou à trouver des les médicaments. Donc on est on est quand même en train de s'éloigner et et les classements nous disent mais ce que dit Henry Vernet est à mon avis essentiel c'està-dire que c'est la question de la crédibilité du budget qui va être proposé. Après, on peut être en désaccord ou pas, mais est-ce que c'est crédible crédible vis-àvis de qui ? Qu'on comprenne. Ben ben vis-à-vis de en effet des agences de notation, vis-à-vis de ceux
qui nous financ notre déficit, hein. Même si ça déplaît à une partie des des candidats, c'est quand même vers eux qu'on se tourne pour le Est-ce que notre politique euh de santé, est-ce que notre politique euh des retraites où on a abandonné une réformette mais qui permettait quand même d'équilibrer les son hier et est crédible ? parce qu'il y en a pas parce qu'on ne passe pas justement par le volet politique en disant voilà ma vision du système de santé et même si vous dites on est obligé d'aller sauve on sauve on sauve vous l'avez dit tout à l'heure on sauvre un niveau de déficit mais qui ne veut rien dire pour les français mais tout en dégradant le système. On a fait une petite un petit calcul rapide médico-économique qui montre qu'en fait en augmentant les franchises comme on le
fait en fait vous allez creuser le déficit. Pourquoi ? Il suffit que 3 % des gens malades aillent à l'hôpital parce qu'ils ne peuvent pas se financer le médique 3 % hein qui pour qu'en fait vous vous augmentiez les dépenses de hospitalièr beaucoup plus que le déf le le la baisse du déficit que vous visiez. Donc c'est pour ça on on dit souvent mais je comprends pas parce qu'on est à 15 16 milliards, on n'arrive pas à à à rétablir ce ce niveau de déficit mais parce qu'on prend des mesures qui sont euh qui dégradent en fait ce déficit parce que il y a rien qui permet sur le moyen et long terme de sortir de ce déséquilibre-là. Vous voyez donc c'est une politique du renoncement. Mais c'est très intéressant ce que vous nous dites et j'essaie d'aller plus loin et
j'essaie de comprendre les discours, les prises de paroles, les prises de position sur les arrêts maladies, sur la frose, tout cela vous nous dites oui non ça rapporte pas tant que ça c'est de la pacotie il faut aller en profondeur et en réalité personne ça ne construit pas l'avenir. Vous pouvez vous pouvez colmater c'est c'est des mesures de colmatage mais dans une maison dont le colmattage ne permet plus à la maison de tenir. La fraude c'est du colmattage. Mais la fraude c'est une lutte permanente de de choses. Il y a pas il y a rien de nouveau sous le soleil de la fraude en 2026 en 2027 que avant. Donc si et ça c'est c'est là où on a deux populismes de ce vous avez démarré. Vous avez un populisme qui dit c'est les patrons c'est les patrons qui traitent mal les
salariés et l'autre qui dit bah de toute façon les les Français ne pensent qu'à abuser des arrêts maladies. Donc si prenons l'abus mais si s'il y a un abus c'est quoi le problème ? C'est queil y a un problème sur le plan de la répression de la régulation. Donc il y a un problème au service médical de l'assurance maladie. On a 7500 agents qui s'occupent au quotidien d'essayer de s'assurer que les arrêts maladies soient pertinents. Donc, et il y a un problème de perte de confiance. Donc, moi je pense qu'il faut que tout le monde se mette autour d'une table, les partenaires sociaux et le service médical pour retrouver de la confiance et de l'efficacité dans les contrôles. Puisque les patrons n'ont pas confiance quand il y a des arrêts maladies qui sont déclarés, ils se disent "Celui-là,
il doit abuser, y compris les salariés qui se disent "Mon collègue, là, je fais son boulot." Et donc, il faut retrouver de la confiance. Ça c'est un discours qui me paraît responsable. est très beau. Le discours est très beau. Je vous l'accorde, ça nous donne envie. C'est de l'éducation à part que je n'ai pas la clé et on devrait demander mais comment comment faiton plus de contrôles, des contrôles plus efficients. Retrouver de la retrouver de la confiance dans les contrôles. Quand quand on se fait contrôler, je sais pas si on est très confiant. Vous voyez c'est toutes c'est alors elles sont un peu plus philosophiques. Mais alors on fait comment ? Pardon, je vous demande depuis tout à l'heure, on fait comment ? Mais c'est intéressant. Je me pose la question.
Alors si si la question en creux, je crois que c'est celle-là, c'est est-ce qu'on peut faire perdurer le modèle social français et notamment de cette belle sécurité sociale dont je rappelle que lorsqu'elle a été euh créée par Embrasse Croisa, par Pierre Laroc, par les comités de la France libre, euh c'était effectivement basé au départ sur un paramétrage très simple notamment pour les retraites. Il faut un certain nombre d'actifs pour un certain nombre de de retraités pour que ça fonctionne. Je rappelle au passage qu'en 1946 la SQ a été créée dans un contexte où al certes un peu différent d'aujourd'hui mais la dette rapportée au PIB était de 169 %. Ce qui veut dire que comme je je rejoins ce que dit mon confrère c'est que les chiffres ça peut ça c'est c'est
pas un objectif en soi. Le problème aujourd'hui c'est que il faut traiter le problème de manière plus structurelle, plus profonde. Ça prend du temps et il faut oser avoir ce débat. Si euh on se dit que c'est que euh la fraude et oui euh en plus la fraude, on récupère 15 % l'URSAFIN de la fraude. Donc c'est pas là si vous voulez que on a la meilleure récupération et qu'on traite de rien d'autre. Et comment finance notre modèle social ? Comment on fait en sorte qu'on ait plus de recettes et de qualité sans que ça apparaisse comme de la pression fiscale injustifiée et cetera ? Tout ça ça nécessite du débat. Moi je pense que là dans ce budget-là particulièrement avec la campagne présidentielle, on est mal parti mais de manière tendantielle, on est mal parti tout court.
Henri Vernet qui va s'attaquer aujourd'hui dans les partis politiques, notamment les candidats à la présidentielle à cette grande question. Quelle marge de manœuvre ! C'est ça qui va tenir en fait un discours de vérité et en tout cas un discours de de surtout de de volonté politique. Parce que souvent on affiche une volonté, vous l'avez rappelé he la réformette, vous parlez de la réformette des retraites à l'origine quand Macron se présente en 2016 pour la présidentielle de 2017, il a en projet une grosse réforme des retraites hein, non pas paramétrique comme on dit mais avait vraiment un changement de système. Et puis en réalité, elle est arrêtée en route parce que bah elle a déconcerté les Français, donc il y a eu des manifestations enfin bref et et donc la volonté politique en
France, elle s'arrête vite. Or, c'est vrai que sur notre système protection sociale, encore une fois, c'est évident qu'il faut vraiment que ce soit un enjeu majeur. Bon là, prenons Édouard Philippe. C'est vrai que la mesure dont vous parlez, oui, il y a un peu des actions populistes, hein, l'open bar, des arrêts de travail et cetera, mais c'est un objet politique. Encore une fois, ce sont des gens qui sont en campagne. Néanmoins, il faut bien reconnaître que certains des candidats dont lui ont quand même, puisqu'il parle également des retraites, c'est quelque chose qui pourrait d'ailleurs lui coûter cher he quand il parle. Il a pas exactement pour l'instant finalisé et présenté son projet. Néanmoins, on voit qu'il y a quand même quelque chose d'assez dur. Alors, il y a lui, il y en
a d'autres, hein, quand même qui ont cette volonté comme de vraiment de prendre à bras le corps euh ce cet ensemble du système. Et on le voit finalement sur tout le spectre. Mais c'est vrai que euh entre les petites phrases comme ça, des mesures qui qui font choc hein, qui font image et vraiment repenser un système qui c'est quand même compliqué. Pourquoi ? parce qu'on l'a vu hein même avant cela 80 1995 Jupé à peine élu Chira qui était obligé de de comment dire se paye une crise énorme parce que le premier objet politique c'est une vaste réforme de la de de de notre système et exactement c'est totalement inflammable donc quel candidat en réalité aura vraiment le courage de porter cela d'autant plus que et ça a été rappelé
notre système de protection c'est vraiment quelque chose auquel les Français sont extrêmement attachés c'est pour ça que c'est inflammable parce que ça a été dit, c'est vrai que le monde nous envie pour le coup pour cette fois. Bah c'est pas une formule, ça correspond à une certaine réalité et et ça il y a une grande crainte quand on regarde les les sondages au fil au fil des ans, il y a la crainte que il y a un attachement énorme à ce système et surtout une crainte immense qu'il ne finisse par se dégrader. Ça fait partie, vous savez, de ce qu'on appelle ce déclinisme, cette peur du déclin français. Elle s'exprime notamment là et ça les Français n'ulent pas
Édouard Philippe