Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 09/11
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face.
Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy.
Bonjour Apolline de Malherbe.
Merci d'être venu ce matin dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes député Rassemblement National de la Somme. Le Rassemblement National qui est au cœur des polémiques après cet appel à la marche. Où vous serez présent ? Il y aura cette question du cordon sanité. On va évidemment y revenir dans un instant. Je voudrais qu'on clarifie tout de suite une question de Jean-Marie Le Pen antisémite.
Les propos qu'a tenus Jean-Marie Le Pen ont été condamnés. Ils ont été condamnés parce qu'ils étaient condamnables. Ce que je ne comprends pas dans la polémique artificielle qui est montée depuis quelques jours contre nous, c'est que tout le parcours politique de Marine Le Pen est contre ses propos. Quand ses propos ont été réitérés, une première fois en 2005, c'était sur l'occupation de la France. Marine Le Pen a posé sa démission à Jean-Marie Le Pen. Elle est partie en Bretagne. Et c'est là où elle a d'ailleurs écrit son premier livre. Mais le problème, ce n'est pas ça. C'est le premier livre qui a défini...
Non, le problème, c'est les propos de Jordan Bardella, président aujourd'hui du Rassemblement National, qui dimanche, à la question ici même de Benjamin Duhamel, est-ce que Jean-Marie Le Pen était antisémite, dit « Non, je ne le crois pas. » Non, mais parce que... Mais ça veut dire quoi, je ne crois pas ? C'est une question de croire ou pas croire ?
Si, parce que la question a été posée de telle sorte qu'on avait absolu que le problème, c'était de ausculter l'âme... Ah, le problème, c'est la question ! Bien sûr, l'âme de Jean-Marie Le Pen, alors que les propos de Jordan Bardella sur cette séquence sont très clairs. Jordan Bardella... On ne va pas vous poser cette question. Mais on vous pose la question que vous voulez. C'est juste que la réponse a été montée en épingle et transformée de son sens. Jordan Bardella n'a jamais nié. D'ailleurs, il le redit dans une interview qu'il fait au JDD, que les propos de Jean-Marie Le Pen n'étaient pas condamnables. Il ne nie pas qu'ils aient été condamnés.
Et surtout, il réaffirme ce qu'il a dit dimanche sur votre plateau. Mais ce que personne n'a relevé, sans doute par mauvais esprit, c'est que Marine Le Pen a totalement rompu avec son père. Mais précisément, on est dans un moment tellement important, Jean-Philippe Tanguy,
qu'il est compliqué de se dire qu'au fond, vous jouez sur les mots. Quand vous me répondez là, vous ne me dites pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite. Vous me dites que les propos de Jean-Marie Le Pen étaient antisémites. Mais en fait, je ne comprends pas très bien ce qu'il vous retient de le dire. En fait, je ne comprends pas la réponse de Jordan Bardella. Je ne comprends pas ce qu'il le retient de dire. C'est même votre intérêt, dans un sens. Ça montrerait que vous avez vraiment rompu.
On n'est pas dans l'intérêt politicien. Le sens de votre question, Mme de Malherbe, c'est ressortir, de refaire le procès d'un homme de 95 ans. C'est normal, c'est normal.
Vous allez marcher à une marche contre l'antisémitisme. Alors que le parti a été créé par un antisémite.
Depuis quelques jours, vous n'êtes pas dans le réel. Et tout ce commentaire n'est pas dans le réel. Le réel aujourd'hui, dans le moment de gravité que vous avez décrit, c'est que notre pays est défiguré par la plus grave vague d'antisémitisme qu'a connu le pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Encore hier, un rabbin s'est fait agresser par un jeune dans un métro. Dans un métro parisien. Une femme, l'enquête est en cours, a été poignardée chez elle. À Lyon. On découvre dans le canard enchaîné qu'à Paris 8, un groupe d'élèves a récupéré le numéro d'étudiant. Mais l'antisémitisme, on va en parler. Il n'y a pas de problème. Mais précisément, il faut savoir qui on a face à nous.
Jean-Philippe Tanguy, est-ce que vous avez vraiment tourné la page ?
Ou est-ce que vous faites semblant de tourner la page ? Comment on peut dire qu'on aurait fait semblant de tourner la page ? Alors que Marine Le Pen a expliqué ? Personne n'est retenu que vous voulez créer, collectivement, le petit milieu parisien veut créer une espèce de polémique totalement artificielle. C'est une question essentielle, vous le comprenez bien. La question essentielle, c'est les actes. La question essentielle, c'est les actes. Et tous les Français le savent.
Marine Le Pen, en 2015, a pris une décision fondamentale, très dure, ce que personne ne lui a jamais reconnu d'ailleurs, personnellement, d'exclure son père sur la ligne politique sur laquelle elle s'était présentée devant les Français, en prouvant que ce n'était pas des paroles, que c'était des actes. Et je vous le dis autant plus que moi, avant de rejoindre Marine Le Pen et avant 2015, j'étais persuadé dans mon fort intérieur qu'elle ne le ferait pas.
Et donc, comme des millions de Français, j'ai réalisé ce jour-là que Marine Le Pen était une femme d'État, à savoir qu'elle faisait la différence entre ses sentiments privés, et ce qu'elle voulait pour la France, ce qu'elle voulait proposer pour la France, et ce qu'elle était capable de faire pour la France. Et ça ne lui a jamais été reconnu. Aucun commentateur n'a jamais reconnu. Encore hier sur votre plateau, j'entendais des gens qui disaient « Mais Marine Le Pen n'a jamais rompu avec Jean-Marie Le Pen. » Mais comment on peut dire une chose pareille ? Comment tous nos adversaires politiques peuvent le dire ?
En fait, ils ne veulent pas reconnaître ce qu'a fait Marine Le Pen en 2015, ce qu'elle a toujours fait ensuite, au-delà de la personne de Jean-Marie Le Pen, avec toutes les personnes qui auraient pu avoir ses positions de près et de loin. Ils ne veulent pas, parce qu'en fait, diaboliser la Rassemblement Nationale permet deux choses, Madame de Bala. Permet premièrement à tous ceux qui ont laissé monter l'islamiste, le fondamentaliste, sans jamais rien faire, de se présenter pour des résistants d'opérettes. À chaque fois qu'ils ont empêché Marine Le Pen d'arriver au pouvoir, ils ont laissé ramper et gagner l'islamisme, et donc pour se développer l'antisémitisme.
Deuxième raison, c'est pour sauver, une fois encore, M. Mélenchon. Ah voilà, depuis dimanche soir, on fait de l'archéologie politique, on fait des polémiques sur des polémiques, et on ne parle plus de principe. Non, non, on ne parle plus, vous pouvez réécouter mon interview d'ici même, hier matin. La France ne se limite pas à votre plateau, même si... Non, mais là, vous parlez des interviews des journalistes, pour le coup, je vous réponds sur ce que je maîtrise. La stratégie de nos adversaires politiques, qui consiste une fois encore à sauver M. Mélenchon, à sauver les communistes, à sauver les Verts, et à ne pas voir aujourd'hui...
Moi, je ne veux sauver personne, je ne comprends juste pas du tout
pourquoi Jordan Bardella n'est pas capable de prononcer cette phrase. Jean-Marie Le Pen était antisémite. Mais il l'a dit, Jordan Bardella. Non, il n'a pas dit cette phrase, il a refusé cette phrase.
Il a dit, il a dit, il a dit, madame Apolline de Malherbe, Jordan Bardella a dit, je ne suis pas là pour sculpter l'âme de Jean-Marie Le Pen, et je pense que ça n'intéresse personne en France. Ce qui intéresse les gens aujourd'hui...
C'est ce qui nous retient de dire cette phrase. On a bien vu, hier soir, on a eu Mathilde Parry, Mathilde Parry qui est députée, mais bien sûr que si, je l'entends, et j'entends tellement bien que j'entends que cette phrase n'est pas prononcée.
Mais l'extrême de Jordan Bardella a duré trois minutes. Vous avez isolé une phrase, qui est une phrase... Non, c'est une phrase où il dit, je ne crois pas... Il n'a pas dit ça.
Alors, il n'a pas dit, je ne crois pas... Il a clairement dit que les propos étaient condamnables. C'est ça qu'on peut juger. Je vous repose la question. Personne ne peut le savoir le reste. A-t-il dit oui ou non, Jean-Philippe Tanguy, a-t-il dit oui ou non, je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite.
Mais ce qu'il ne le sait pas, et personne ne le sait à part Jean-Marie Le Pen lui-même, ce qui compte, c'est est-ce que Jean-Marie Le Pen a tenu des propos qui ont été condamnés ? Oui. Est-ce qu'on reconnaît ces condamnations ? Oui. Est-ce qu'on a tiré des conséquences politiques sur le fait que ces propos étaient des propos antisémites, négationnistes, révisionnistes, sur d'autres thèmes homophobes ? Oui. Donc c'est les actes qui comptent. Le reste, est-ce que Jean-Marie Le Pen, qui aujourd'hui a 95 ans et ne peut plus lui-même se défendre, était au fond lui-même antisémite ? On ne le sait pas, mais ça n'intéresse personne. Mais faut-il le défend ?
Mais on ne le défend pas, personne n'a défendu Jean-Marie Le Pen. On est dans l'invention politique. Une fois plus pour deux causes, deux causes, et ça fait...
Je ne comprends pas, encore une fois, mais bon, écoutez, on ne va pas tourner autour du pot. Vous ne clarifiez pas la situation, vous ne prononcez vous-même pas cette phrase, Jean-Marie Le Pen était antisémite. Mais parce que ça ne m'intéresse pas, et ça n'intéresse personne en France. Ah bon ? Non, ça n'intéresse personne en France. Il n'y a pas un problème, c'est-à-dire que vous allez vous retrouver à cette marche, et vous ne pouvez pas dire ça, c'était effectivement un problème, et on tourne la page.
Madame de Malherbe, la page a été tournée en 2015. Les seuls qui ne veulent pas tourner la page, ce sont nos adversaires politiques, qui essaient de s'arracheter une dignité qu'ils n'ont pas, alors qu'ils ont laissé l'antisémitisme se développer sur notre pays, et qu'ils ont fait soi-disant barrage à Marine Le Pen au nom des valeurs républicaines, valeurs républicaines qu'ils n'ont jamais appliquées, et que Marine Le Pen... Mais on va parler des autres, vous inquiétez pas.
Mais Jean-Philippe Tanguy, je veux savoir qui j'en fasse de moi. Quand Mathilde Paris, députée Rassemblement National du Loiret, hier soir sur BFM TV, se retient de dire ce qu'elle pense de Jean-Marie Le Pen, avant finalement de le dire, mais on sent de manière vraiment... On a l'impression qu'elle a peur qu'on le lui reproche. Elle dit, à titre personnel, je considère que Jean-Marie Le Pen était antisémite.
Je pense qu'il était antisémite, mais elle n'en sait rien. En fait, on en revient à la même... Mais vous le pensez ou vous ne le pensez pas ? Mais je ne sais rien, je ne connais pas Jean-Marie Le Pen. Moi, j'ai toujours été contre ses propos. Écoutez, madame, vous pouvez soupirer, vous pouvez faire tout ce que vous voulez.
Je ne comprends même pas en quoi c'est votre intérêt de nourrir cette ambiguïté.
Parce qu'on est dans un rapport de vérité avec les Français. On a toujours été dans un rapport de vérité avec les Français. Précisément, j'aimerais bien que la vérité soit claire. Marine Le Pen a fait toute sa ligne politique sur la condamnation de ses propos. Toute sa ligne politique, pas seulement sur la condamnation de ses propos, sur le fait de lutter contre les personnes qui défendaient ses propos et qui surtout commettaient ses actes. Toute sa ligne politique est là-dessus. Elle a rompu avec son père.
Il y a une députée qui dit, je considère qu'il était antisémite. Et puis, il y a le président du RN qui dit, je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen était pensé.
C'est la même réponse. La même réponse, c'est que personne ne sait ce que pense au fond de lui-même Jean-Marie Le Pen. Et ça n'intéresse personne. Vous n'avez pas d'opinion sur les gens, vous ?
Vous dites tout le temps, je ne sais pas ce qu'il pense.
Jean-Luc Mélenchon, vous ne savez pas ce qu'il pense. Non, d'ailleurs, personne ne nous dit ça, c'est marrant. C'est très intéressant. Jean-Luc Mélenchon, vous n'avez pas ce qu'il pense. Non, c'est très intéressant ce que vous dites, Madame de Malère. Est-ce que vous pensez que Jean-Luc Mélenchon est antisémite ? Non, mais si on ne peut pas finir une phrase sur ce que vous venez de dire, on ne va pas s'en sortir. Justement, M. Mélenchon, M. Hollande, tous ceux qui ont connu M. Mélenchon depuis trois semaines, passent leur temps sur les plateaux à dire qu'ils pensent, qu'ils estiment qu'au fond de lui-même, Jean-Luc Mélenchon n'est pas antisémite.
Et que toutes ces déclarations qui sont extrêmement graves, puisqu'il fait des jeux de mots, entre guillemets, comme faisait d'ailleurs Jean-Marie Le Pen, sur le camp quand il parle de Mme Brun-Pivet, sur la possession des médias, de certains nombres de médias, sous-entendant que c'est parce que ce sont des actionnaires de confession juive qu'un certain nombre de propos sont tenus. Donc des choses extrêmement graves. Et de la même façon, la gauche dit, d'ailleurs, ils ne disent même pas que les propos de M. Mélenchon sont antisémites, contrairement à nous qui disons que les propos de... Non, non, non, M. Hollande, il ne l'a pas dit. Il a dit, il joue avec...
Je lui poserai la question demain matin, vous savez quoi ? Il sera mon invité demain matin ? Et donc on en revient exactement à ce que je vous disais, mais que je n'ai pas réussi à exprimer totalement. A savoir que toute cette polémique ne vise qu'à cacher l'extraordinaire, l'ahurissante responsabilité de la gauche et de l'extrême gauche dans le développement de l'antisémitisme en France. Et c'est ça qui intéresse les gens, parce que les Français ne reconnaissent plus leur pays. Les Français ne reconnaissent plus le pays qui le leur. Les valeurs au nom desquelles on a fait ce que disant barrage à Marine Le Pen, ils se disent, en fait, on nous a sans doute arnaqué.
Et la seule qui pouvait défendre les Français de confession juive, comme tous les Français et les Français, c'est Marine Le Pen. Et c'est ça le sujet essentiel sur lequel on devrait se pencher. Alors venons-y, justement. Vous avez parlé de polémique, vous vous rendez compte ? Les Français, ils attendaient quoi ? Ils attendaient qu'on soit tous réunis. Ce que j'ai dit, moi, dans ma question au gouvernement mardi, si vous avez eu la gentillesse de l'écouter, c'est ce qu'a dit Jordan Bardella, tout de suite. C'est ce qu'a dit Marine Le Pen, tout de suite. Nous, on va à la manifestation immédiatement. On va à la manifestation, on n'a pas posé de condition.
On n'a pas dit, on va à la manifestation, si machin ou bidule ne vient pas. Si on est derrière la banderole ou si on a telle place dans le cortège. Ça, on le laisse à nos adversaires. Depuis deux jours, c'est moi, je veux bien venir si je suis à cette place. Je veux bien venir si Mme Le Pen est 10 mètres derrière ou 3 mètres devant. Donc c'est ça, le paysage politique républicain qui est censé représenter la France. Nous, on sera avec les Français, de confession juive ou non. Et on espère qu'il y aura beaucoup de personnes qui, justement, ne sont pas de confession juive pour dire que tout le monde est concerné, que ça concerne tout le monde, qui seront dans cette manifestation.
Et c'est ça qui intéresse les Français. Et j'aimerais qu'on en parle un peu plus, Mme de Maller. Pas seulement vous, mais collectivement, tous ensemble. Parce qu'en fait, la réalité, c'est que ça fait un mois qu'il y a eu les atrocités en Israël, qu'on a 40 de nos compatriotes qui ont été assassinés, qu'on a 8 personnes encore prises en otage. Et on n'a pas l'impression qu'il y a des Français qui ont été attaqués quand j'entends le débat politique français. On a l'impression qu'il y a des alliés israéliens qu'on soutient. Mais on n'a pas l'impression, d'ailleurs, où est l'hommage national ? 40 morts, 40 morts.
Vous attendez un hommage national ? Vous estimez d'ailleurs qu'Emmanuel Macron devrait être, lui, à la marche ?
Bien sûr qu'il devrait être à la marche. Il n'y a aucune raison. C'est le représentant de tous les Français. Il a été élu comme tel. On ne l'a jamais remis en cause, contrairement aussi aux Insoumis et à toute cette bande. Donc, il représente tous les Français. Dans ces moments-là, les Français veulent qu'on oublie les polémiques. Ils veulent qu'on soit tous rassemblés pour l'intérêt national. Ça a encore du sens. Ça a encore du sens. Ce n'est pas un slogan.
Donc, est-ce qu'une pour une fois, tous ceux qui ont combattu le Rassemblement national pourraient retrouver un peu de décence, regarder si ça les intéresse au fond de leur conscience, de leurs responsabilités qu'ils ont dans la situation, et qu'on se rassemble tous, et qu'on oublie cinq minutes nos cartes politiques ?
Vous parliez à l'instant d'Emmanuel Macron. Il s'est exprimé hier sur l'antisémitisme. Et au fond, il vous pose une question. Est-ce que c'est vraiment par soutien des Juifs, ou est-ce que c'est par rejet des musulmans que vous allez marcher ?
Mais ça, je trouve ça immonde comme accusation. Immonde. Est-ce qu'on a déjà tenu, une fois de plus, un propos islamophobe ? Jamais. D'ailleurs, les islamophobes sont tombés sur le dos de Marine Le Pen, une fois de plus, quand elle a eu le courage de dire que l'islam était compatible avec la République. Que tous ceux qui pratiquaient le culte musulman dans le respect de nos valeurs, dans le respect de l'humanité, en fait. Parce que le problème de l'islamisme, ce n'est pas juste le respect des valeurs françaises, c'est le respect de l'humanité.
Quand ils attaquent des Israéliens, quand ils massacrent 400 personnes au Darfour, dans l'indifférence générale, quand ils enlèvent des jeunes filles au Nigeria pour les massacrer et les transformer en esclaves, ce n'est pas juste la France qu'on attaque, c'est l'humanité. Donc l'islamisme est l'ennemi de toute l'humanité.
Donc la phrase d'Emmanuel Macron prononcée hier, et c'était clairement à vous qu'elle s'adressait, et à LFI, il dit « Certains prétendent soutenir nos compatriotes de confession juive en confondant le rejet des musulmans et le soutien des juifs ».
Non mais, M. Macron, s'il a dit ça, je n'ai pas vu cette phrase, et s'il le pense, n'est pas digne de la fonction que les Français lui ont confié et des sentiments qui devraient l'inspirer. Il n'a rien pour nourrir cette accusation. Jamais, une fois plus, Marine Le Pen, c'était d'ailleurs une accusation tenue par d'autres partis politiques qui ont dit qu'elle était devenue molle. M. Darmanin, d'ailleurs, lui-même, trouvait que Mme Le Pen était devenue molle sur la laïcité. C'est n'importe quoi. Mme Le Pen a juste eu toujours la même position. C'est-à-dire que, dans les moments difficiles, quand la France traverse des tragédies, elle n'est pas dans la surenchère.
Elle garde des positions qu'elle a toujours eues et les Français lui reconnaîtront. Nous n'avons jamais mis en cause les Françaises et les Français, ou d'ailleurs les résidents de confession musulmane, qui pratiquent leur foi dans la dignité et le respect de tous. Donc tout ça, c'est une mensonge, une fois plus, très grave. Et comme ils ont épuisé toutes les accusations fantasmagoriques qu'ils ont contre Marine Le Pen, maintenant, ils sont encore dans la diffamation et l'insulte. Et je remarque d'ailleurs, c'est important...
C'est de la diffamation. Pour vous, c'est quasiment de la diffamation ?
C'est ignoble. Ce sont des accusations ignobles. Je remarque, et j'en suis très fier, que les Français, depuis qu'ils sont frappés malheureusement par l'islamisme, les attentats islamistes, mais aussi l'idéologie islamiste en général, n'ont jamais confondu d'ailleurs les Français ou les résidents de confession musulmane avec les terroristes. Il n'y a jamais eu, et on peut s'en féliciter, ça aurait pu être autrement, des flambées de violences, des expéditions vengeresses, tout ça n'a jamais existé dans notre pays. Est-ce qu'on peut en être fier ? Le réclamer, c'est normal. C'est normal de se comporter comme ça. Mais ça aurait pu ne pas être comme ça.
Donc moi, j'aimerais que dans notre pays, à un moment, quand on traverse des choses aussi graves, on soit un peu fier vraiment de ce qu'on est. Je voudrais qu'on puisse parler aussi de la... Et qu'on arrête les accusations graves. Parce que comment on va lutter contre ces gens ? On parle... Je voulais finir là-dessus, Madame Apolline de Malherme. On dit toujours, les islamistes, les terroristes, veulent nous diviser. C'est vrai. Mais qu'est-ce qu'ils divisent aujourd'hui ? Qu'est-ce qui rentre dans le jeu des islamistes ? En disant que défendre les Françaises et les Français de confession juive, défendre la démocratie israélienne, ce serait islamophobe.
C'est exactement les éléments de langage du Hamas et de toute la galaxie frériste et frériste, des frères musulmans, salafiste et autres ordures, parce qu'il n'y a pas d'autre mot, qui nourrissent ce genre d'éléments de langage. Donc comment, quand on est président de la République, on peut reprendre, sans doute involontairement, mais sans le vouloir, de telles accusations ? C'est totalement infamant.
Jean-Philippe Tanguy, vous dites qu'Emmanuel Macron devrait être à la marche. On imagine que lui, il serait pour le coup en tête de cortège. Si vous êtes au bout de la marche et qu'on vous demande, et que les autres parties vous disent « Écoutez, mettez-vous au fond, vous l'accepterez. »
Non seulement on l'acceptera, Marine Le Pen l'a dit d'ailleurs hier sur une radio, nous on sera au milieu des Français, on sera au milieu des Français, de tous les gens de bonne volonté qui veulent lutter contre l'antisémitisme. Et puis je vais vous dire, entre nous, Madame de Malherbe, si je puis dire, parce que beaucoup de gens nous regardent, c'est pas plus mal finalement qu'on ne soit pas tête de cortège avec tous ces gens, je vous l'ai dit, qui ont cru que quand ils faisaient barrage au Rassemblement National, faisaient le lit de l'islamisme. Vous savez, c'est facile d'être un résistant d'opérettes, d'être en tête d'un cortège et de ne rien faire.
Il y a un moment, il faut quand même dire les choses. Le rapport Robin qui disait...
Le rapport Robin, c'est un des contrôleurs de l'éducation nationale qui disait la montée de l'islamophobie, de l'islamisme,
dans les écoles et les collèges. Qu'ont déscolarisé des enfants juifs en France. 2004, ils ont fait quoi ? Est-ce qu'aujourd'hui, on peut scolariser un enfant de confession juive ou réputé comme tel d'ailleurs ? Dans les établissements, on ne le peut pas, on ne le peut toujours pas. Ils n'ont rien fait. 2006, deux ans plus tard, Ilhan Alimi. Est-ce qu'ils ont fait quelque chose ? Non. Est-ce qu'ils ont fait quelque chose après Mme Alimi aussi qui a été assassinée, Mme Nol ? Rien. Donc ces gens-là qui se sont présentés auprès des Français, comme les défenseurs de notre civilisation, de tout ce que les Français chérissent, ont failli.
Donc moi, s'ils ne veulent pas être avec moi, ou avec nous d'ailleurs, ça ne va pas m'empêcher de dormir. Je préfère être à côté des Français qui veulent qu'on rétablisse les valeurs de la France. Est-ce qu'on est vraiment un peuple universaliste ? Un peuple qui se bat pour tout.
Jean-Philippe Tanguy, sur la loi Immigration, les sénateurs ont voté pour la suppression de l'AME, l'aide médicale d'État, qui serait remplacée par une aide médicale d'urgence. L'aide médicale d'État, c'est ce qui permet aux étrangers en situation irrégulière de se soigner gratuitement en France sous certaines conditions. Patrick Pelou, qui est le patron des médecins urgentistes de France, était sur RMC, mon invité ce matin. Il estime que ça ne marcherait pas de supprimer cette AME. Ça ne marcherait pas et ça ne serait pas efficace.
Par exemple, quelqu'un qui viendrait avec une hypertension artérielle et qui ne la soigne pas, on va attendre qu'il fasse l'œdème aiguë du poumon et l'insuffisance cardiaque pour le prendre en charge. Là, vous multipliez par X% le coût de la prise en charge parce que des médicaments pour l'hypertension artérielle, ça ne coûte trois fois rien. Mais prendre en charge un malade en réanimation pour le sauver de son oedème aiguë du poumon ou de son infarctus, ça coûte très très cher. Donc très concrètement, il le dit, pour lui, c'est non seulement une faute morale mais c'est aussi une faute médicale et même une faute économique.
Mais M. Pelou, en fait, se trompe parce que ce qu'il ne dit pas, c'est que ces personnes ne doivent pas rester en France. C'est ça le sens de la réforme de l'AME. L'AME, pour ceux qui nous regardent, ça touche les personnes qui sont en situation clandestine. Donc si la loi était appliquée dans notre pays, mais je comprends que M. Pelou réagisse comme ça puisque ça fait 50 ans que la loi n'est pas appliquée et que les clandestins ne sont pas renvoyés et qu'on va de pire en pire sur l'application des obligations de quitter le territoire. Mais ces personnes, quelles qu'elles soient, ne doivent pas rester sur le territoire.
Mais si elles sont là, vous n'allez pas leur refuser d'entendre dans l'hôpital ? Non mais là, on parlait de la surtention artérielle. Donc quelqu'un qui n'est pas dans une situation d'urgence, cette personne doit rentrer le sens de l'aide médicale d'urgence que proposait Marine Le Pen, que maintenant proposait Républicain et que même propose maintenant, j'ai vu, des macronistes après nous avoir agonies d'injures pendant la présidentielle sur ce sujet. Ça consiste à dire que quelqu'un qui, évidemment, même s'il est clandestine et dans ses situations d'urgence, on la soigne.
Si la maladie contagieuse, évidemment, on la soigne, on traite les personnes avec humanité, mais les maladies chroniques, les maladies longues, ces personnes ne sont pas censées rester sur le territoire. Et quand j'entends qu'on nous dit que non, ce n'est pas vrai, qu'il y a des gens qui viennent pour ça, c'est faux. Il y avait un article du Monde il y a quelques années sur par exemple une filière géorgienne où il y a des formes très graves de tuberculose, où il y avait des géorgiens qui venaient uniquement en France pour se faire soigner de la tuberculose et qu'une fois qu'ils étaient soignés, soient restés, soient repartés.
Ce n'est pas ce que dit d'ailleurs le rapport notamment de Patrick Stéphanie qui dit qu'il n'y a pas d'appel d'air. Jean-Philippe Tanguy, je vous repose quand même une question parce que tout à l'heure... Il est responsable de la situation. Jean-Philippe Tanguy, tout à l'heure, vous nous avez renvoyé dos à dos Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Je vous repose donc la question. Pour vous, Jean-Luc Mélenchon est-il antisémite ? Non,
je ne peux pas le savoir. J'ai la même réponse. Moi, je suis cohérent. Je n'en sais rien. Je pense que Jean-Luc Mélenchon est un cynisme total puisque quand je vois Jean-Luc Mélenchon défenseur de la laïcité, champion même des laïcars, on peut le dire, et maintenant paillasson de l'islamisme reprenant les pires jeux de mots possibles dignes de Dieudonné ou d'Alain Soral, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je pense comme ceux qui l'ont malheureusement bien connu comme M. Hollande et compagnie qui continuent à le connaître d'ailleurs puisque je vous rappelle que l'entre-deux-tours qui a dit qu'ils avaient des valeurs communes avec M. Mélenchon c'est Marine Le Pen ? Non, c'est M.
Macron, M. Ferrand et toute la clique macroniste qui pour avoir toutes les voix de M. Mélenchon a dit qu'ils avaient des valeurs communes. Donc ceux qui ont revendiqué des valeurs communes avec M. Mélenchon qui étaient déjà dans l'ambiguïté et avec ses alliés parce que les communistes par exemple que tout le monde présente M. Roussel comme un grand résistant ça fait dix ans qu'ils disent qu'Israël est un régime d'apartheid et qu'ils mettent de l'huile sur le feu et qu'ils alimentent la haine des juifs en disant On n'a pas très bien compris parce que quand je vois comment M. Roussel est reçu je ne suis pas sûr qu'on ait bien compris.
Moi je dénonce toutes les formes d'antisionistes et d'antisémitistes qui ont nourri ce qui se passe aujourd'hui en France et quand je vois des leçons de morale de ces personnes je me les garde bien et nous on a des comptes
à rendre seulement français. Jean-Philippe Tanguy député Rassemblement National de la Somme
Jean-Philippe Tanguy