Laurent Nuñez
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:37OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes une sorte de conformiste ou est-ce que vous êtes un révolté au nom de l'ordre républicain ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Est-ce que vous, par exemple, ce matin, vous discutez avec le... Comment on dirait... Avec tous ceux qui s'occupent de la sécurité des syndicats ?
- 2:24RelanceRéponse directe
Est-ce qu'ils vous disent clairement, comme d'ailleurs Berger l'a dit à plusieurs reprises, qu'il est contre les exactions qui sont commises ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Ou est-ce que vous les sentez ambiguës ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Est-ce que ce sont des cow-boys qui ne sont pas contrôlés ?
- 4:15OuverteRéponse directe
C'est ça leur idée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Non, ni l'un ni l'autre, Guillaume Durand. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Moi j'applique une doctrine qui est le schéma national de maintien de l'ordre. »
- 0:58Invité politiqueFait
« La façon dont nous gérons les manifestations, nous sommes dans la désescalade, dans les grandes manifestations. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Nous sommes toujours à distance, nous encadrons de loin et nous intervenons uniquement quand il y a des exactions. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Et ce n'est que dans ces hypothèses-là que la force intervient, que les forces interviennent pour disperser les fauteurs de troubles. »
- 1:49Invité politiqueFait
« C'est systématiquement le cas. »
- 2:48Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'ambiguïté pour les organisations syndicales. Ils ne souhaitent pas qu'il y ait d'exactions et de violences dans ces manifestations qui se déroulent en marge de leur cortège. »
- 3:09Invité politiqueFait
« On l'a encore vu, et je tiens à le souligner, lors de la dernière intersyndicale, nous avons eu un groupe important de black blocs qui venaient d'arriver sur la place de la nation parce qu'ils sont généralement devant le cortège. »
- 3:24Invité politiqueFait
« Et qui a reflué vers le carré syndical, ce qui a justifié d'ailleurs que j'ordonne l'intervention des forces de l'ordre pour éviter un contact entre le black bloc et les syndicats. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Donc oui, je peux vous dire que les syndicats, évidemment, condamnent les violences et les exactions de la minorité des casseurs. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Ils ont toujours des actions proportionnées. »
- 5:20Invité politiqueChiffre
« On a une quarantaine d'enquêtes qui sont ouvertes en judiciaire, depuis le début du mouvement. »
- 5:34Invité politiqueFait
« La très grande majorité concerne Paris et les manifestations parisiennes. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Maintenir l'ordre, c'est rappeler qu'on manifeste pacifiquement. La liberté de manifester, ce n'est pas la liberté de casser. »
- 7:26Invité politiqueFait
« Je suis absolument convaincu que les casseurs que nous avons en face de nous dans ces manifestations, les individus violents, se contrefichent de la défense des retraites et du projet, des revendications qui sont portées par les organisations syndicales. »
- 8:06Invité politiqueChiffre
« Combien ils sont ? On a un millier de black blocs pour chaque manifestation, mais qui vont agréger autour d'eux toute une débulose. »
- 8:38Invité politiqueFait
« Ce qu'ils veulent mettre à mal, c'est notre démocratie représentative. »
- 9:10Invité politiqueChiffre
« On va jusqu'à 10, 12 000, 15 000 contrôles, qui nous permettent de vérifier que les personnes viennent aux manifestations sans armes, par destination, sans équipement. »
- 9:32Invité politiqueFait
« Mais c'est toujours parce qu'il y a commission d'infraction. »
- 9:52Invité politiqueFait
« Il a raison, puisqu'en fait, le ministre a parfaitement raison. »
- 10:16Invité politiqueFait
« Sans police, sans gendarmes, sans effectifs de la préfecture de police, il n'y aurait pas de manifestation qui se déroule normalement. »
- 11:41Invité politiqueFait
« On parle plutôt d'ultra-gauche, donc l'extrême gauche, extrême gauche, extrême droite faisant plutôt référence à des partis qui s'inscrivent dans un processus démocratique, même s'ils sont aux marges, aux extrêmes de l'échiquier politique. »
- 12:03Invité politiqueFait
« L'ultra-gauche sont plutôt des mouvances, des groupuscules qui essaient de mettre à mal notre système démocratique, qui ne s'invitent pas dans le débat démocratique, qui ne cherchent pas à gagner les élections et qui sont de plus en plus violentes. »
- 12:23Invité politiqueFait
« Simplement, ils sont organisés et ils infiltrent et noyautent les manifestations pour les faire dégénérer, pour créer des violences et donner ce sentiment de chaos. »
- 15:01Invité politiqueFait
« Ce dossier n'a pas évolué par rapport à il y a quelques jours. C'est-à-dire que la justice a été saisie. »
- 15:17Invité politiqueFait
« Il y a une enquête administrative également qui est lancée et l'enquête maintenant va se dérouler. »
- 15:57Invité politiqueFait
« Mais la BRAVEM est une unité de maintien de l'ordre public absolument indispensable. »
- 16:30Invité politiqueFait
« La BRAVEM ont été... Les effectifs de la BRAVEM ont été très utiles puisqu'ils se déplacent en moto et ils ont pu contenir de nombreux groupes qui étaient dispersés dans l'ensemble de la capitale. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez68 %
- Présentateur32 %
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Les stars de l'info avec Guillaume Durand. Vous avez le plaisir d'écouter Laurent Nunez de Préfet de Police. Bonjour, c'est la 11ème manifestation aujourd'hui. Le blocage est total entre les syndicats et le gouvernement. Et alors j'ai dans le monde de ce matin qui sortira cet après-midi Laurent Nunez, l'antithèse de Didier Lallement, un Préfet de Police au garde-à-vous. Et puis en même temps dans Libération, où les journalistes vous agressent d'une manière assez considérable, vous dites d'abord que la défenseuse des droits sera en la salle de commandement, donc aujourd'hui avec vous. Et deuxièmement, vous m'artenez, il y en a marre de cette image de la police répressive.
Alors est-ce que vous êtes une sorte de conformiste ou est-ce que vous êtes un révolté au nom de l'ordre républicain ?
Non, ni l'un ni l'autre, Guillaume Durand. Moi j'applique une doctrine qui est le schéma national de maintien de l'ordre. On gère les manifestations avec beaucoup de désescalade puisque c'est un mot qui est à la mode, qu'on emploie beaucoup. On vante des modèles étrangers, notamment le modèle allemand, pour critiquer parce qu'on ne le suit pas. La façon dont nous gérons les manifestations, nous sommes dans la désescalade, dans les grandes manifestations. Les forces de l'ordre se mettent toujours à distance pour ne pas provoquer en quelque sorte. Nous sommes toujours à distance, nous encadrons de loin et nous intervenons uniquement quand il y a des exactions.
Et tous ces commentateurs qui sont assez critiques de l'action de la police, trop à mon goût, trop, beaucoup trop, en réalité... Mais ils le font parce qu'il y a des blessés, ils le font parce qu'il y a eu des éborniers,
ils le font parce qu'il y a eu...
En réalité, oublie de regarder une chose, c'est que lorsque les forces de l'ordre, lorsque les forces de sécurité intérieure interviennent dans une manif, c'est parce qu'il y a des exactions, parce qu'il y a de la casse, il y a des dégradations, voire des violences aux personnes. Et ce n'est que dans ces hypothèses-là que la force intervient, que les forces interviennent pour disperser les fauteurs de troubles. Et c'est systématiquement le cas. Vous savez, les cortèges syndicaux se passent toujours très bien. En réalité, les difficultés... Alors, justement, c'est une question...
Est-ce que vous, par exemple, ce matin, vous discutez avec le... Comment on dirait... Avec tous ceux qui s'occupent de la sécurité des syndicats ? Oui, bien sûr.
Non, mais les manifestations se préparent dans le cadre de réunions de travail. Non, mais vous les voyez. À un niveau technique et à titre personnel, oui, j'y participe. Oui, je participe à ces réunions moi-même. Et nous voyons les responsables de sécurité des syndicats. Évidemment que ces manifestations se préparent comme avec tous les organisateurs pour des rassemblements importants.
Est-ce qu'ils vous disent clairement, comme d'ailleurs Berger l'a dit à plusieurs reprises, même s'il est terriblement critique à l'égard du gouvernement, est-ce qu'ils vous disent clairement, ce qu'il a d'ailleurs dit plusieurs fois, qu'il est contre les exactions qui sont commises ? Je parle des dégâts, de la violence, etc. Ou est-ce que vous les sentez ambiguës ?
Non, il n'y a pas d'ambiguïté dans le... Il n'y a pas d'ambiguïté... Quand je dis Berger, je parle de l'ensemble des syndicats. Il n'y a pas d'ambiguïté pour les organisations syndicales. Ils ne souhaitent pas qu'il y ait d'exactions et de violences dans ces manifestations qui se déroulent en marge de leur cortège. Ils ne souhaitent pas qu'il y ait de violences. Et puis, il faut aussi dire les choses. Parfois, et on l'a encore vu lors de la dernière manifestation intersyndicale, les individus radicalisés qui vont constituer un black bloc s'en prennent au bien, au commerce notamment, aux forces de l'ordre. Et il leur arrive de s'en prendre aux syndicats.
On l'a encore vu, et je tiens à le souligner, lors de la dernière intersyndicale, nous avons eu un groupe important de black blocs qui venaient d'arriver sur la place de la nation parce qu'ils sont généralement devant le cortège. Ils sont en marge du cortège. Et qui a reflué vers le carré syndical, ce qui a justifié d'ailleurs que j'ordonne l'intervention des forces de l'ordre pour éviter un contact entre le black bloc et les syndicats. Donc oui, je peux vous dire que les syndicats, évidemment, condamnent les violences et les exactions de la minorité des casseurs. Après, le soutien qu'ils apportent aujourd'hui, c'est parfois un peu plus glancé.
Est-ce que ce sont des cow-boys qui ne sont pas contrôlés ? Parce que là aussi, dans les journaux, alors là, je parle évidemment de l'entretien de ce matin, ce n'est pas pour les accablés, mais puisqu'il y a un entretien, on en parle tous les deux et on en est ravis. Au fond, ils disent, la préfecture de police, alors là, c'est un discours qui est un discours qui est celui de l'extrême gauche classique. Finalement, ils sont là pour protéger les biens, les commerces, plutôt que les individus. Ils devraient être des gardiens de la paix plutôt que des forces de l'ordre. Et au fond, la police, c'est le bras armé du capitalisme. C'est ça leur idée ?
D'abord, deux éléments pour vous répondre. Le premier, c'est sur la BRAVEM, qui n'est qu'une unité de maintien de l'ordre, en réalité. Elle est formée comme les autres, comme les compagnies républicaines de sécurité, comme les gendarmes mobiles, comme les compagnies d'intervention de la préfecture de la police. Donc, ils sont formés au maintien de l'ordre. Et la seule différence, c'est qu'ils se déplacent en moto pour aller plus vite sur des groupes. Des quads ? Des motos pour Paris, pour la BRAVEM. Les quads, c'était à Sainte-Soline. De manière à pouvoir récupérer des groupes qui auraient réussi à quitter le cortège ou qui, de manière isolée, commettraient des exactions.
Les motos, ça permet de se déplacer plus vite et d'être beaucoup plus efficaces. Évidemment, ils sont plus exposés parce qu'on les envoie généralement sur les groupes les plus violents. Est-ce qu'ils se comportent comme des coq-bois ? Absolument pas. Ils mettent pied à terre, ils se constituent en unité et ils interviennent pédestrement pour faire cesser des troubles à l'ordre public. Ils ont toujours des actions proportionnées. Évidemment, quand il y a des dérapages, et il y en a très très très très peu, on lance des enquêtes et on peut aller jusqu'à la saisine judiciaire. On a une quarantaine d'enquêtes qui sont ouvertes en judiciaire, depuis le début du mouvement.
La très grande majorité concerne Paris et les manifestations parisiennes. Sur le deuxième élément de réponse, oui, force est de constater que l'ordre républicain, en tout cas la conception qui est celle du ministre de l'Intérieur et la mienne, c'est évidemment de faire cesser les exactions. Maintenir l'ordre, c'est rappeler qu'on manifeste pacifiquement. La liberté de manifester, ce n'est pas la liberté de casser. Et ce n'est pas la liberté de manifester de manière violente. C'est ce que le ministre de l'Intérieur a encore récemment rappelé. C'est ce que je dis tous les jours, évidemment, à mes effectifs.
Mais en face de nous, vous voyez bien qu'effectivement, on a un certain nombre de personnes qui, quelque part, cautionnent les casseurs puisqu'ils vont nous critiquer parce que nous donnons la force pour mettre un terme, pour faire cesser les exactions, en considérant que, évidemment, parce que la police, elle n'intervient pas avec des pistolets à eau et elle est détentrice de la force légitime qui doit être proportionnée, qui est encadrée par les textes. Évidemment que l'intervention, quand vous allez au contact d'un groupe de casseurs, l'intervention, elle ne se fait pas. C'est une intervention de police. C'est une intervention en employant, évidemment, la force légitime.
Et vous avez toute une partie de personnes qui considèrent, finalement, que nous ne devrions pas donner la force et peut-être laisser casser, laisser dégrader ou laisser commettre des violences. Ce n'est pas ce que nous acceptons.
Est-ce que la situation, au bout d'11, manifestation, n'est pas de plus en plus difficile, justement, pour les forces de l'ordre, pour vous et pour le ministre de l'Intérieur, dans la mesure, justement, où il n'y a strictement aucun accord entre le gouvernement et les syndicats, et je vous cite le début d'une phrase de Camus, on aime bien ça ici, il n'y a pas d'ordre sans justice sociale, en gros, dit Camus. Donc, effectivement, tant que vous n'avez pas, au fond, un accord entre le gouvernement et les syndicats, c'est vous qui êtes obligé de, comment dirais-je, de réparer les dégâts qui sont dans le pays. Et hier, ça a été le tâche totale. Il n'a plus du tout l'intention de se parler.
On attend le Conseil constitutionnel, le 14 avril.
Oui, mais c'est un ex... Je vais vous dire quelque chose, Guillaume Durand, je suis absolument convaincu... Je ne suis pas Camus. Je suis absolument convaincu que les casseurs que nous avons en face de nous dans ces manifestations, les individus violents, se contrefichent de la défense des retraites et du projet, des revendications qui sont portées par les organisations syndicales. Quel que soit l'état d'avancement de la discussion politique sur le dossier entre les organisations syndicales et le gouvernement ? Je sais que dans les cortèges syndicaux, les choses se passeront bien. Elles se sont toujours bien passées.
Notre problème, il vient d'individus qui se constituent en black bloc, qui sont en réalité animés par l'ulte gauche. Combien ils sont ? On a un millier de black blocs pour chaque manifestation, mais qui vont agréger autour d'eux toute une débulose.
Pourquoi on a interpellé, dans la dernière manifestation, presque 800 personnes, alors même que la manifestation ne se déroule, si finalement ils ne sont qu'un millier ? Qui sont ces gens qu'on interpelle a priori ? Et qui, pendant la période de la garde à vue, le dossier n'a pas le temps de se constituer, c'est normal, ils ressortent.
Juste, je termine. Quelle que soit l'évolution des discussions politiques, ces casseurs, ils ont toujours été là dans toutes les contestations sociales. Ce qu'ils veulent mettre à mal, c'est notre démocratie représentative. Et je suis toujours un peu choqué de voir que certaines personnes peuvent considérer que ce sont des manifestants ordinaires et qu'ils portent une cause. Non, une cause qui serait la défense du système de retraite. Non, ce n'est pas la cause qu'ils portent. La cause qu'ils portent, c'est de mettre à mal notre démocratie représentative. Alors, on n'a jamais interpellé 800 personnes de manière préventive avant une manifestation.
On fait des contrôles, évidemment, on fait des contrôles sur l'acquisition du procureur, dans les grandes manifestations, à l'endroit où les gens doivent se présenter. Et ces contrôles sont massifs. On va jusqu'à 10, 12 000, 15 000 contrôles, qui nous permettent de vérifier que les personnes viennent aux manifestations sans armes, par destination, sans équipement. Et en général, il y a quelques interpellations. Les interpellations, elles n'ont lieu que lorsqu'il y a des violences qui ont été commises et qu'il faut faire cesser des infractions. Et on n'a pas encore, on n'a jamais, enfin, en cumulé, oui, on a interpellé environ plusieurs centaines de personnes.
Mais c'est toujours parce qu'il y a commission d'infraction.
Maison Blanche, Conseil de l'Europe. L'ONU s'inquiète des violences en France. Darmanin leur répond, puisqu'il est passé dans la commission des lois du Sénat. Il leur répond, il ferait bien de venir sur le terrain plutôt que de regarder des vidéos. Il a raison ?
Il a raison, puisqu'en fait, le ministre a parfaitement raison. Ces organismes ne regardent que des vidéos d'interventions policières sur des individus violents. Encore une fois, il n'y a pas d'intervention dans les cortèges qui se déroulent normalement. Donc, les principes auxquels sont attachées toutes ces instances, nous les respectons et nous les garantissons. Sans police, sans gendarmes, sans effectifs de la préfecture de police, il n'y aurait pas de manifestation qui se déroule normalement. Quand vous avez devant un cortège syndical, parce que la réalité, c'est ça, cet après-midi, vous allez avoir un cortège syndical qui va se constituer.
Puis devant, on a toujours ce pré-cortège, cette nébuleuse de 10 à 15 000 personnes à l'intérieur de laquelle va venir se constituer un black bloc. C'est dans cette partie qu'on va avoir des exactions, des violences, qu'il va sans doute falloir de nouveau intervenir, ou pas, nous verrons, en fonction de l'évolution de la situation. Mais sans force de l'ordre, pour réguler les choses, il n'y aurait pas de manifestation syndicale. Donc, loin de mettre à mal la liberté d'expression et la liberté de manifester, c'est nous qui la garantissons en réalité.
Vous vous souvenez qu'on a beaucoup parlé du comportement exemplaire du préfet Grimaud en 68. Vous avez été responsable du renseignement à l'Elysée. Est-ce que Evie Vorka, le sociologue, considère que le problème actuel, c'est que s'il y a une impasse, alors je mets de côté le Conseil constitutionnel, le risque qui peut arriver, c'est justement que ce constitue, à partir des mouvements lycéens, à partir des mouvements étudiants, pas simplement des black blocs, mais comme ça a eu lieu, effectivement, dans l'année 70, une sorte d'extrême gauche, plus ou moins violente. Ça a été très violent en Allemagne, très violent en Italie, beaucoup moins en France.
Est-ce que l'homme qui fut celui du renseignement a le sentiment ou des renseignements qui montreraient qu'actuellement elle est en train de se constituer en France, hors black bloc, une extrême gauche qui aurait plus ou moins les mêmes positions politiques, si elles sont politiques ?
On parle plutôt d'ultra-gauche, donc l'extrême gauche, extrême gauche, extrême droite faisant plutôt référence à des partis qui s'inscrivent dans un processus démocratique, même s'ils sont aux marges, aux extrêmes de l'échiquier politique. On parle plutôt d'ultra-gauche ou d'ultra-droite d'ailleurs. Il ne faut pas oublier la menace d'ultra-droite qui est toujours très sérieuse. L'ultra-gauche sont plutôt des mouvances, des groupuscules qui essaient de mettre à mal notre système démocratique, qui ne s'invitent pas dans le débat démocratique, qui ne cherchent pas à gagner les élections et qui sont de plus en plus violentes.
Est-ce que ça ressemble à ce qui s'est passé dans les années post-68 ?
Non, ces individus ne sont pas de plus en plus nombreux. Simplement, ils sont organisés et ils infiltrent et noyautent les manifestations pour les faire dégénérer, pour créer des violences et donner ce sentiment de chaos. Mais je ne dirais pas qu'ils sont plus nombreux. Simplement, ils sont évidemment étroitement surveillés par les services de renseignement.
Une des propos d'Emmanuel Macron, ce sera ma dernière question. Merci d'être sur l'antenne de Radio Classique. Lors d'une réunion à l'Élysée, le président de la République aurait carrément mis en cause les filles accusées justement de délégitimer, de délégitimer, pardonnez-moi, l'ordre raisonnable de nos institutions. Est-ce que vous partagez son point de vue ou auquel cas vous seriez donc un préfet de police au garde-à-vous ou est-ce que vous avez finalement, vous, une marge de réflexion quand vous êtes dans votre salle de commandement et quand justement vous intimez des orbes aux uns aux autres et vous sortez des manifestations ?
Parce qu'il y a eu des propos, je complète, depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron avec Ruffin qui a dit qu'il allait finir comme Kennedy et récemment, donc, Mme Panot qui a considéré que le président de la République était un Caligula, donc un meurtrier puisque tout le monde connaît l'histoire. Est-ce que ça vous pose un vrai problème ou est-ce que vous ne voulez pas rentrer dans les polémiques politiques ? Non, moi je suis préfet de la République.
Je ne rentre pas dans les polémiques politiques. Enfin, il joue un rôle, forcément. Je ne rentre pas dans les polémiques politiques. Ça n'est pas mon rôle. Et puis ce sont d'abord des députés des nations. Moi, j'ai le plus grand respect pour tous les députés qui ont été élus. Oui, il peut avoir un double engage. Il représente l'ensemble de la nation. Après, il est certain que... Et d'ailleurs, même si un peu moins en ce moment, ce sont des députés avec qui j'ai eu à organiser des manifestations en réalité. Vous savez, ils ont aussi organisé des manifestations, y compris d'ailleurs manifestations de jeunes contre la réforme des retraites. On s'est parlé.
Maintenant, après, c'est vrai qu'on aimerait dans leur bouche entendre plus souvent des mots de soutien à nos nombreux policiers blessés. Et en tout cas, les députés, beaucoup de députés LFI, vous savez, visitent nos commissariats. Ils en ont le droit. C'est la loi qui leur permet pour aller visiter les locaux de garde à vue. Ils sont toujours, évidemment, bien accueillis. Et quand il y a le moindre souci, ils savent me trouver et m'appeler pour que je débloque des situations dans l'exercice de leurs droits légitimes.
Dernier point, il est marginal. Mais après tout, l'opinion publique se sert ou utilise les médias pour faire une opinion. L'affaire TMPP, une enquête est ouverte sur la présence de personnes qui sont présentées comme des membres du Braven et qui ne le sont pas, semble-t-il, on en est où ce matin ?
Ce dossier n'a pas évolué par rapport à il y a quelques jours. C'est-à-dire que la justice a été saisie. J'ai saisi moi-même la procureure de Paris qui a saisi le procureur de Nanterre puisque les locaux de C8 sont dans le département des Hauts-de-Seine qui relèvent du reste de mes attributions. Donc j'ai saisi le procureur. Il y a une enquête administrative également qui est lancée et l'enquête maintenant va se dérouler.
C'est la direction régionale de la police judiciaire qui est saisie de cette enquête puisque nous avons considéré qu'il y avait un problème disciplinaire de déontologie pour des policiers d'aller s'exprimer sans autorisation, c'est en méconnaissance du devoir de réserve masqué et puis peut-être aussi un problème judiciaire mais ça c'est l'enquête qui le dira dans la mesure où un fonctionnaire révoqué s'exprime en se faisant passer
pour un fonctionnaire de police. Puisqu'il y a eu une pétition qui a été refusée par la commission des lois cette fois-ci de l'Assemblée, il n'y aura pas de dissolution de la BRAVEM.
Mais la BRAVEM est une unité de maintien de l'ordre public absolument indispensable. Il n'y aura pas de dissolution. De toute façon, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. La constitution des forces de police ça relève évidemment de l'exécutif et du pouvoir réglementaire en tout état de cause. Pour nous, c'est une unité qui est indispensable. Toutes les soirées que nous avons eues après le déclenchement du 49-3 dans Paris où il y a eu énormément de mises à feu où on avait énormément de groupes éparses qui se sont répartis dans l'ensemble de la capitale qui ont commis de nombreuses exactions. La BRAVEM ont été...
Les effectifs de la BRAVEM ont été très utiles puisqu'ils se déplacent en moto et ils ont pu contenir de nombreux groupes qui étaient dispersés dans l'ensemble de la capitale et ce serait totalement irresponsable en termes de maintien de l'ordre public républicain de se passer de cette unité.
Merci beaucoup Laurent Nunez, préfète de police, invité ce matin de l'antenne de Radio Classique. On a rendez-vous avec Franck-Olivier Gisbert, avec Philippe Gaud et avec le rappel des titres. Je ne vais pas vous dire bonne journée à vous parce qu'elle va être forcément compliquée. C'est l'envième manifestation. Mais je rappelle que le défenseur des droits ou la défenseur, qu'il s'agit d'une femme, sera dans la salle de commandement avec vous aujourd'hui. Bonne journée.
Laurent Nuñez