Amélie de Montchalin : "La taxe d'habitation est une mesure axée sur les classes moyennes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 43 %Attaque 30 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:15OuverteRéponse directe
À quelle heure est-ce que vous avez terminé hier à l'Assemblée ?
- 5:47OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité de la semaine ?
- 10:31RelanceRéponse directe
Une réaction sur l'appel des 100 pour la publication des montants des 100 premières fortunes ?
- 14:59OuverteRéponse directe
Comment vous accueillez-vous dans votre circonscription ?
- 17:34RelanceRéponse directe
Y a-t-il des énervements dans votre groupe sur la suppression de l'ISF ?
- 20:37RelanceRéponse directe
Chez vous, plus rien ne bougera à l'Assemblée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:48Invité politiqueChiffre
« Les 100 premiers contribuables à l'ISF payent 126 millions d'euros. Mais les 100 premiers patrimoines français n'en payent que 73 millions. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Aucune mesure dans le projet de loi de finances 2018 ne permet d'orienter les capitaux ainsi libérés. »
- 26:51Invité politiqueFait
« le PEL c'est typiquement un produit bien sûr qu'il protège le capital mais si vous voulez avoir un logement dans 5 ans je peux vous dire que le PEL c'est vraiment plus le bon outil »
- 35:15Invité politiqueChiffre
« la taxe d'habitation 11 milliards d'euros qu'on rend aux français qui aujourd'hui n'en sont pas exonérés 20% de français les plus aisés »
- 35:48Invité politiqueChiffre
« au SMIC c'est 260 euros de plus »
- 38:45Invité politiqueFait
« un cycle d'investissement c'est 2 ans on a 5 ans devant nous »
- 47:19Invité politiqueFait
« il y a des choses aujourd'hui qui se passent dans des conditions sordides »
- 47:53Invité politiquePromesse
« si j'ai les garanties que ça permet pas de se faire de la GPA déguisé probablement que je voterai »
- 47:54Invité politiquePromesse
« si j'ai les garanties que ça permet pas de se faire de la GPA déguisé, probablement que je voterai »
- 48:09Invité politiqueFait
« ceux qui l'ont fait c'était anticonstitutionnel »
- 48:50Invité politiqueFait
« au lieu de l'appeler systématiquement mon prédécesseur, peut-être qu'une fois il aurait pu dire le président Hollande »
- 49:13Invité politiqueChiffre
« qu'au mois de juillet il y ait 6, 8, 10 milliards on sait pas très bien où ils sont »
- 49:43Invité politiqueFait
« la taxe sur les 3% de dividendes »
- 50:05Invité politiqueChiffre
« on se retrouve avec 10 milliards d'euros à rendre aux entreprises parce que c'était illégal de leur prélever »
- 51:08Invité politiqueFait
« le président à l'époque annonce devant tout l'OMS que la France va s'engager contre Ebola, contre Zika, pour les maladies neurodégénératives »
- 51:25Invité politiqueChiffre
« il a reçu d'euros ? zéro »
- 52:15Invité politiqueFait
« il y a un corpus idéologique qui est assez commun sur trois dimensions : profondément réformiste, profondément européen et profondément humaniste »
Temps de parole
- Amélie de Montchalin74 %
- Présentateur11 %
- Locuteur 19 %
≈ 6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Invité de l'émission aujourd'hui, c'est l'un des nouveaux visages de la scène politique française. Amélie de Montchalin, toute jeune députée La République En Marche, elle occupe le poste stratégique de rapporteur de la loi de finances. Vos questions, vos remarques, vos commentaires sont bien sûr les bienvenus. Sur Facebook, like vous, sur Twitter avec le mot-clé Question Paul. Et avec moi en studio à l'équipe du dimanche, Nathalie Saint-Cricq de télévision. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali. Ça va bien ? Ça va.
Grand sourire, Virginie Malingre du journal Le Monde, bonjour. Bonjour. Et bienvenue dans l'équipe. Merci. Et Karine Becker de France Inter, bonjour Karine. Bonjour. La vie est belle ? La vie est super belle. Eh bien écoutez, parfait, on va démarrer évidemment avec le tour de table traditionnel. Qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ? On démarre avec vous Nathalie.
Alors Ali, vous allez dire que je parle pour ma boutique, mais ce qui m'a marqué c'est l'émission avec Marine Le Pen. On a découvert une Marine Le Pen qu'on n'avait pas vraiment vue depuis le débat il y a cinq mois, qui était comme somme toute très arrondie. Elle avait gommé des aspérités. Elle était même moins réactive, moins agressive. Elle était complètement différente. Alors ça, c'est le premier élément.
Vous ne l'aviez jamais vue comme ça ?
Je ne l'avais jamais vue comme ça. Cela dit, je ne la vois pas tous les jours. Mais j'ai l'impression que pour un grand retour médiatique, ça a été plutôt quelque chose d'assez atténué. Et puis, il faut parler de l'audience. C'est assez désagréable puisque je parle pour France 2. Mais les gens ne sont pas venus. Ça a été une très mauvaise audience, alors que d'habitude, c'était une très bonne audience Marine Le Pen. Moi, j'aurais dû faire sept ou huit avec elle. Ça fait dix ans que ça marche toujours. Donc, on peut peut-être s'interroger sur le fait que peut-être elle a été zappée du paysage politique. Et ça veut peut-être dire quelque chose pour l'avenir du Front National.
Et puis, dix secondes de plus puisque j'aime la politique. Prenez-les. Voilà, je prends. Il y a eu un documentaire sur France 3, sur Lénine, qui s'appelle « Étit une fois la Révolution », qui a été diffusé mercredi. Ceux qui ne l'ont pas vu, qui le voient. On a l'impression d'avoir Lénine dans son salon, Trotsky à côté de soi. Il y a des scènes à la Douma.
On est dans la Révolution. C'est un des trucs les plus formidables que j'ai vu. Donc, si les gens aiment vraiment la politique et cette Révolution, regardez-le. Et l'histoire, c'est un document absolument exceptionnel.
C'est donc sur le replay de France 3.
Voilà, j'ai fait la pub pour France Télévisions. Pour France 2, pour France 3. Bravo, Nathalie. Bravo.
Virginie.
Alors, moi, le fait de la semaine, c'est tout simplement la suppression de l'ISF. Ça a été voté vendredi à l'Assemblée. Il sera remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière. Bruno Le Maire nous dit que c'est un totem idéologique vieux de 35 ans qui tombe. Bon, à tout le moins, c'est un symbole. Et un symbole qui divise la France depuis 35 ans. Et je pense que sur cet impôt, la gauche comme la droite ont un souci. C'est-à-dire que la gauche n'a jamais réussi à prouver que l'ISF permettait de redistribuer les richesses. Ce qui était quand même l'objet de sa création. Et de ce point de vue-là, les chiffres de Bruno Le Maire sont significatifs.
Il nous dit que les 100 premiers contribuables à l'ISF payent 126 millions d'euros. Mais les 100 premiers patrimoines français n'en payent que 73 millions. Donc oui, de ce point de vue, l'ISF est injuste et inefficace parce que les plus gros patrimoines parviennent à y échapper. Mais la droite, elle de son côté, n'a jamais réussi à justifier le bienfait de sa suppression. Le gouvernement Chirac en 86 l'a appris à ses dépens. Donc Rocard avait recréé l'ISF après l'impôt sur les grandes fortunes. Et depuis, personne n'a osé y toucher. Alors Macron voit bien les difficultés qu'il a expliquées cette mesure lui aussi.
Il nous explique que la suppression de l'ISF, ça va permettre de libérer 3,2 milliards d'euros pour financer l'économie française. Mais il n'en avance pas la moindre preuve. Sur TF1 dimanche dernier, il en est même arrivé à tort de la vérité puisqu'il nous a dit la condition pour ne plus être dans l'ISF, c'est d'investir dans l'économie française. Mais de fait, c'est faux. Aucune mesure dans le projet de loi de finances 2018 ne permet d'orienter les capitaux ainsi libérés. Donc l'exécutif, il fait juste confiance aux plus riches pour investir dans nos entreprises. C'est en somme un simple pari, à moins que ce soit de l'idéologie.
Ce pari ou de l'idéologie, on va poser la question dans un instant à notre invité. Karine ?
Je sens que vous allez me demander de faire quoi ?
Pas du tout. J'ai fait trop long.
Non, non, pas du tout. Ce qui m'a marquée, moi cette semaine, c'est les manifestations de jeudi. Ces manifestations depuis le début du mois de septembre, elles n'ont pas pris contre les ordonnances. Mais alors jeudi, je crois que c'était vraiment la cerise sur le gâteau. On a dû avoir quoi ? 25 000 personnes qui manifestaient dans les rues de Paris ? C'est quasiment du jamais vu. Alors cela dit, ça ne veut pas dire qu'Emmanuel Macron a gagné son pari. Ça ne veut pas dire qu'une majorité de Français est d'accord avec lui. Les Français semblent, je dirais, lasse. Et en même temps, ils ont envie que ça marche. Et j'utilise en même temps... A dessein. A dessein.
Donc il y a une attente très forte de résultats. S'ils ne viennent pas, si la situation sur le marché du travail ne s'améliore pas, rapidement, pas dans deux ans, comme Emmanuel Macron l'a dit dimanche dernier, la moindre étincelle pourrait suffire, à mon avis, à embraser le pays.
Eh bien écoutez, très bien, c'est réjouissant. L'invité de questions politiques ce dimanche, c'est une jeune femme qui s'est imposée en à peine quelques mois comme une figure incontournable du nouveau paysage politique français, députée La République En Marche, rapporteure du projet de loi de finances, autant dire qu'elle porte les grands choix qui sont en train d'être faits pour tous les Français, pour nous tous. Amélie de Montchalin, bonjour à vous et bienvenue. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci aussi de prendre le temps de répondre à nos questions. Vos journées sont longues, vos nuits sont courtes. À quelle heure est-ce que vous avez terminé hier à l'Assemblée ?
À 1h56, je crois qu'il était à la montre, quand nous avons fini l'examen de l'article 26 de cette première partie du budget. Juste pour préciser, je ne suis pas rapporteure du budget, le rapporteur général du budget c'est Joël Giraud. Moi je suis responsable pour la majorité En Marche du budget et d'animer le travail à la Commission des Finances.
C'était un raccourci, vous défendez à la fois les choix budgétaires du gouvernement et vous vous assurez de la discipline de vote des députés de votre camp avec le fouet que vous n'avez pas apporté. Mais on va y venir dans un instant. D'abord cette question qu'on pose à tous nos invités, qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité de la semaine ?
Moi ce qui m'a marqué c'est la Catalogne. De me dire qu'aux portes de la France, on avait un pays, une république qui était au bord d'une fracture potentiellement violente.
Une monarchie ?
Oui, alors c'est une monarchie, mais c'est aussi de voir que c'est un pays qui est en train de se diviser pour des raisons identitaires. Il sort d'une crise économique extrêmement profonde et ce qui craque c'est leur culture, leurs différences géographiques. Et ce que ça me fait dire, c'est que notre république française, c'est pour ça que j'ai utilisé ce mot-là,
qui est une monarchie républicaine, mais c'est un autre débat.
Il faut qu'on la protège de toutes les peurs, de toutes les tensions qui, si on les attise politiquement, peuvent conduire à des situations qui dans le temps deviennent extrêmement difficiles à contenir.
L'actualité, on va y revenir dans un instant, mais tout de suite, et comme chaque semaine, le zapping politique de Laurence Perron.
Est-ce qu'un président peut parler comme ça ?
Est-ce qu'un chef de l'État peut de temps à autre s'exprimer comme Michel Audiard ?
Bien sûr, parce que d'abord, les mots de cynique et de fainéant sont d'un registre normal ou soutenu.
Les gens les plus intelligents ne sont pas toujours ceux qui parlent le mieux. Simple, les hommes politiques doivent mentir, sinon tu voterais pas pour eux.
Ah non, ça c'était l'ancien temps, le vieux monde des politiques madrées qui s'exprimait avec des mots pleins d'arabesques pour perdre le peuple.
J'ai toujours essayé de dire les choses. Et donc, je nomme. Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours, en quelque sorte, à sceptiser, et à considérer que ce qui était intolérable, c'était le mot qu'on mettait et pas la réalité qu'il y avait derrière. Non. En l'espèce, le mot bordel, c'est du registre populaire.
Moi, c'est pas pour la retraite.
Mais alors, pourquoi que tu voulais être institutrice ?
Pour faire chier les mots. J'aurais vache comme tu es avec elle. J'aurais fallu lécher le parquet. J'aurais fallu manger l'éponge du tableau noir. J'aurais enfoncerait les compas dans le derrière. J'aurais beau traîner les fesses, parce que j'aurais des bottes en hiver, avec des grands éprongues pour leur larder la peau du berge.
Alors, il se trouve que notre président, s'il est capable de se laisser aller à un langage, à rien débrider, est aussi l'homme d'une pensée complexe, un brin obscur parfois, quand il s'agit d'expliquer, par exemple, que la nouvelle police de sécurité du quotidien n'a rien à voir avec sa gueuse des années Jospin, la police de proximité.
Donc, c'est penser des modes d'action beaucoup plus granulaires sur le terrain. Je ne souhaite pas, en effet, comme cela a été fait, des patrouilleurs au BST et aux UTEC, vous obliger à vous réorganiser par circulaire, en vous concentrant sur l'accessoire au détriment de l'essentiel, ou en vous faisant ainsi oublier le sens premier de votre mission. En langage familier totalement assumé,
là, c'est le député FN, Gilbert Collard, qui définit la stratégie de Marine Le Pen pour son rendez-vous cathodique avec Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics.
Sans foutre. Elle est là pour la France, elle n'est pas là pour les médias, elle n'est pas là pour plaire. Bon, M. Darmanin va gambader comme d'habitude, il va folâtrer, il va ironiser. Hier, je l'ai vu s'achasser une mouche dans l'hémicycle. Il avait la très perturbée par une mouche. Marine n'est pas une mouche, mais elle peut le perturber autant.
Gérald Darmanin, dont on découvre à l'occasion d'une passe d'armes dans l'hémicycle, qu'il connaît par cœur son déproche.
J'ai beaucoup de respect pour le député Roussel, comme pour les communistes en général. Mais ne vous inquiétez pas, on va pouvoir en discuter quelques instants. Comme le disait, en rigolant, évidemment Pierre Desproche, non seulement les communistes mangent les enfants, mais en plus ils manquent d'objectivité. La deuxième partie est effectivement assez fausse.
Sur le fond, la gauche n'en démore pas, les riches, eux, mangent plus qu'à leur faim. Une pétition cette semaine dans les pages de Libération pour demander que soient rendus publics, non pas les noms, mais les montants de ce que vont toucher les 100 premières fortunes avec la réforme de l'ISF. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, s'allagasse.
Je suis assez surpris de cette espèce de chasse à l'homme organisée quand on demande la liste de 100 personnes. Parce qu'au fond, ça correspond à quoi ? À considérer que parce que certains seraient suffisamment riches pour payer l'ISF, ils devraient être dénoncés. C'est pas en cherchant à appauvrir les plus riches qu'on règle le problème de la pauvreté dans ce pays.
Réponse de Jean-Christophe Lagarde, le président des centristes de l'UDI, pas véritablement un gauchiste patenté.
Une fois de plus, comme du temps de Johnny Hallyday, on a tous débattu pour savoir si c'était moral ou pas moral. Je me fous que ce soit moral ou pas. C'est moi qui paye et vous qui payez les impôts à la place de panique quand il s'en va. Je veux qu'il reste. Je veux qu'il paye ses impôts. Je préfère même qu'il en paye moins, mais que moi, je paye pas les siens. C'est ça qui m'intéresse. Et donc, c'est pas une chasse à l'homme.
Alors ça, en langage soutenu, on dirait ulcéré, en plus familier furibard. En vrai, c'est de la langue politique.
Une réaction, Amélie de Montchalin ?
Non, sur l'appel des 100, ce que ça montre, et on va y revenir, je pense, c'est que les parlementaires, on manque de données pour faire notre travail. Donc on est en permanence obligé de demander. De demander des données. Alors le rapporteur général a le pouvoir d'avoir la réponse. Parfois, ça prend du temps. Mais je pense que ça montre et ça illustre vraiment comment les parlementaires, si on veut faire vraiment notre rôle de contrôle et d'évaluation du gouvernement, il faut qu'on repense totalement les moyens qu'on a pour le faire. Sur le fond, est-ce que vous considérez que c'est fondé ? On a entendu tout à l'heure,
Christophe Castaner considérait que c'était finalement une espèce d'intérêt malsain de vouloir savoir qui gagne et quoi. Est-ce que vous considérez juste que c'est effectivement malsain ? Ou alors qu'on est fondé à le demander ? Et vous, la première ?
On est fondé à avoir les chiffres et à savoir de quoi on parle. Donc ça, c'est bien et c'est normal que notamment les parlementaires puissent fonder notre action sur du concret, sur les faits. Après, quand vous avez vu la réponse qui a été donnée sur les chiffres, vous voyez qu'effectivement, on a été un peu dans l'hystérie collective en se disant on va avoir des milliards. Bon, vous avez vu des millions. Pourquoi ? Parce qu'il y a un abattement, il y a un bouclier qui a été introduit par la précédente quinquennat. Et donc ça, on le sait. Quand vous connaissez la réalité des faits, ça fait un grand titre.
Mais bon, derrière, les chiffres qu'on voit montrent bien qu'il y a une forme un peu d'hystérisation du débat qui n'est pas très sain.
On va y revenir justement. Mais d'abord, votre portrait. C'est aussi la tradition Amélie de Montchalin. Il est signé Karine Bécard.
Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour. Contrairement aux apparences, vous qui êtes si jeune, 32 ans seulement, issue du monde de l'entreprise, on va y revenir, et parfaitement à votre aise en toutes circonstances, contrairement aux apparences, donc, vous n'êtes pas, Amélie de Montchalin, une macroniste de la première heure. Non, vous avez d'abord penché pour Alain Juppé. Vous l'avez abreuvé de notes, conseillé, soutenu, suivi pendant toute la primaire de la droite. Ce n'est qu'après, après la victoire de François Fillon, que vous avez songé à rejoindre Emmanuel Macron.
Autrement dit, vous, qui avez été aussi la collaboratrice, certes stagiaire de Valérie Pécresse, vous n'êtes pas totalement novice dans l'arène politique, même si, c'est vrai, vous avez surtout brillé ces dix dernières années en tant qu'économiste chez BNP Paribas, pour commencer, aux avant-postes, tout de suite, pour gérer, pour l'Europe, la crise bancaire de 2008. Avant de passer ensuite, tout va décidément très vite par des postes stratégiques et prospectifs à la direction du groupe AXA.
Ce qui fait mouche à chaque fois, Amélie de Montchalin, c'est apparemment votre dynamisme, votre aisance technique aussi, sans oublier, ce qui est visiblement toujours très apprécié, votre esprit pratique. Voilà pourquoi la WIP que vous êtes désormais devenue, c'est-à-dire la référente à la Commission des Finances, celle qui doit coordonner sur le budget le travail des 38 députés de la majorité, cette WIP que vous êtes aujourd'hui, écrase par son habileté, par sa disponibilité, le rapporteur général, Joël Giraud, qui trime, non non, qui trime, mais qui ne dit pas un mot.
Bref, beau parcours, déjà en seulement 4 mois, quand vous avez été élu de l'Essonne, dans la 6ème circonscription, à peu près là où votre famille cultive la terre depuis 4 générations, mais vous, Amélie de Montchalin, c'est vrai, députée de la Nation, vous avez choisi d'habiter Paris, juste à côté d'ici.
Amélie de Montchalin, portrait ressemblant ?
Portrait tout à fait ressemblant, j'habite à Paris parce que j'y habite depuis un an et demi et qu'effectivement, quand j'ai été élue, on ne s'est pas dit avec mon mari, on déménage les enfants, le boulot, etc. On est à 15 km de la circonscription, j'y vais le lundi et le vendredi et ce qui est intéressant, c'est que c'est un territoire, je m'y sens très attachée par le cœur. Ma famille vit depuis 100 ans, le plateau de Saclay, les grands centres de recherche, c'est au bout des champs, j'en ai entendu parler toute ma vie pendant les déjeuners de famille et donc c'est un attachement que j'ai avec ce territoire qui est par le cœur.
Mais on ne vous le reproche pas de ne pas être plus dans votre circonscription, vos électeurs ? Pendant la campagne, on m'a dit il faudrait que vous habitiez ici, etc. Je lui ai dit écoutez, moi je préfère avoir un attachement de cœur et un vrai intérêt pour ce territoire plutôt qu'une boîte aux lettres et je pense que les gens ont bien compris qu'aujourd'hui j'aide aussi en étant beaucoup à l'assemblée le pays et je crois qu'il vaut mieux ne pas être trop loin quand vous voyez les horaires qu'on fait.
Oui, puisque vous y habitez quasiment depuis que le projet de votre finance... Là depuis le budget, on y habite quasiment. On commence à 9h le matin
et on finit à 2h du matin.
WIP, juste d'un mot, vous avez fait une partie de vos études aux Etats-Unis à Harvard, c'est de l'anglais, traduction en français ?
WIP, ça veut dire fouet. Moi je préfère crème fouettée, c'est plus léger, c'est plus sympa et ça émulsionne plus que ça ne fouette.
Donc vous êtes le WIP. Virginie Malin.
Non, moi je voulais juste savoir comment vous vous accueillez dans votre circonscription quand vous y allez, si vous teniez compte des remontées du terrain, ce qui dans la politique ancienne était quelque chose d'important pour les élus qui voulaient se représenter le coup d'après. Comment vous appréhendez ça vous, nouvelle députée ? Le travail en circonscription, moi je fais deux choses qui ne sont pas tout à fait du même ordre. La première chose, c'est que tous les mois, je fais une réunion ouverte où on parle d'un sujet d'intérêt national et on essaie de voir comment localement ce sujet s'incarne. On a fait une réunion sur les ordonnances de la loi travail.
Là je fais une réunion sur les transports en lien avec les assises à mobilité. J'en ferai une sur l'éducation. Il y a du monde ? Il y a à peu près une centaine de personnes qui viennent d'ailleurs souvent d'ailleurs plus loin que la circonscription parce qu'ils sont intéressés par le sujet et c'est aussi de faciliter les échanges entre les acteurs du territoire qui sont porteurs de ces problématiques. Sur la loi travail, il y avait la CGPME, il y avait également des représentants des institutions qui aident le pôle emploi. Il y avait tous les acteurs de la circonscription. On se parle de la réforme nationale et on voit comment localement ce même sujet est porté.
Et puis la deuxième chose que je fais, c'est que j'essaye d'être un ascenseur. C'est-à-dire que vous avez...
Un ascenseur, une crème fouettée et un ascenseur.
C'est une révolution. On dit que je suis très pratique. Je vais peut-être être un peu dans les images. Un élu local aujourd'hui qui travaille pour l'intérêt général, qui est dédié du temps. Souvent, il a d'ailleurs un métier à côté. Il se dit par exemple sur le logement, je suis à 20 km de Paris, j'aimerais construire. Il a une foultitude de difficultés devant lui. Moi, ce que je lui dis, c'est que je ne suis pas là pour faire de la politique à l'ancienne. Je m'en fiche qu'il soit telle étiquette ou telle autre. Par contre, créer du logement à 20 km de Paris, c'est essentiel.
Donc, je lui dis, comment on peut ensemble aller t'aider, aller voir la préfecture, remonter au ministère, aller chercher la subvention que vous avez un tel millefeuille. C'est tellement un empilement de structures que l'élu local dans sa mairie qui est responsable du logement, qui est responsable de l'éducation. On a des problèmes, par exemple, dans les hôtels sociaux à Chille-Mazarin. Vous avez énormément d'enfants qui, aujourd'hui, ne sont pas scolarisés. Le maire, il est débordé. C'est le SAMU social de Paris. Il y a 150 enfants pas scolarisés. C'est une ville où il y a 10 écoles. Comment voulez-vous que le maire s'en sorte ?
Donc ça, c'est un travail sur lequel je me suis beaucoup engagé pour déjà faire prendre conscience des choses jusqu'au ministère de l'Intérieur qui n'avait absolument pas conscience que ça pouvait se produire à 15 kilomètres de Paris. Mais les anciens députés faisaient ça aussi, quand même. Enfin, il ne faut peut-être pas non plus les débordés. Je ne dis pas que c'est nouveau. Je dis, voilà, mon rôle, c'est comme ça que je le vis. Il y a une partie qui est comment on fait vraiment le lien entre le national et les acteurs locaux et une deuxième partie qui est comment je fais remonter pour les élus leurs problématiques. Nathalie Saint-Cricq. Revenons, non pas à l'ascenseur
mais au fouet ou à la camphouettée comme vous l'aviez dit tout à l'heure on a cru comprendre que dans le groupe parlementaire chez vous, en marche il y avait un certain nombre d'énervements, de frustrations, de colères au moment de l'impôt sur la fortune qui n'existe plus justement.
François Bayrou tout à l'heure sur Europe 1 a expliqué que lui aussi n'était pas d'accord sur la façon dont ça se passait et qu'il considérait qu'Emmanuel Macron était éventuellement sensible à cet argument c'est-à-dire qu'en gros on ne pouvait pas exonérer sans flécher exonérer sans obliger et qu'en gros ce cadeau si c'était juste le pari que ça marche soit investi dans l'économie c'était un peu léger de faire ce pari sans contrainte est-ce que ça bouge chez vous ?
Est-ce que quelque chose peut bouger ?
Amélie de Montchalin
Deux choses La première c'est qu'aujourd'hui si vous avez un euro libéré par la réforme de l'ISF si vous le mettez dans l'immobilier il est taxé si vous le mettez dans des biens de luxe il est taxé Si je le mets nulle part ou je le garde ou je fais autre chose Si vous le mettez nulle part il ne rapporte rien donc c'est quand même un euro qui ne bénéficie pas à votre enrichissement si vous parlez d'enrichissement par contre si vous le mettez dans une entreprise via un PEA il est beaucoup moins taxé si vous le mettez dans la construction de logement via le mécanisme Pinel il est beaucoup moins taxé si vous le mettez dans une PME il est beaucoup moins taxé donc le fléchage C'était vrai avant la suppression de l'ISF là vous n'avez rien ajouté à ça On a quand même avec la réforme du PFU qui est le prélèvement forfaitaire unique créé un système où il est très clair que les trois poches aujourd'hui vous pouvez investir avec une fiscalité moindre c'est le Pinel pour construire des logements c'est le PEA et c'est tous les mécanismes d'investissement dans l'économie que sont à la fois le PEA, PME mais l'investissement direct Mais qu'est-ce qu'ils ne vont pas investir ailleurs qu'en France C'est là où j'en viens Mon deuxième point c'est que les députés de la commission des finances on a eu la même réflexion et on s'est dit voilà on est en fait face à un contrat Nous à l'Assemblée ce qu'on peut c'est qu'on peut voter une réforme fiscale qui est une des premières barrières on le sait aujourd'hui à l'investissement productif parce que l'investissement productif il était taxé d'une manière qui était parfois complètement confiscatoire Mais la deuxième partie c'est qu'il y a des acteurs que ça s'appelle les intermédiaires financiers et vous avez bien compris que c'est un monde que je connais bien qui ont un rôle
On va dire vite les banques les assurances Les conseillers en gestion patrimoine les gestionnaires d'actifs
tous ceux qui sont effectivement entre d'un côté l'épargne des français et les PME qui doivent changer profondément leur discours leurs outils et leurs produits Donc vous comptez sur eux ?
C'est plus qu'on compte sur eux c'est qu'on les a invités le 22 janvier à venir nous présenter leur feuille de route Donc les députés en marche et tous ceux d'ailleurs qui veulent il y a des députés de droite et de gauche qui sont très intéressés par l'exercice disent c'est intéressant de mettre de la volonté politique à un endroit je ne fais pas une conférence sur l'investissement en France qui ont toutes continué à la même conclusion au manque de produits pour investir dans les PME en France c'est ça notre sujet et donc on va les réunir on va dire voilà qu'est-ce que vous Fédération bancaire française vous avez à nous proposer comme formation produit réflexion qu'est-ce qui se passe dans une agence bancaire comment vous dans 6 mois dans un an quand vous verrez votre conseiller bancaire il ne vous dira pas bonjour alors ce que je vous propose c'est de l'assurance vie un PEL ou un livret A qui puisse vous dire peut-être vous pouvez mettre 10% de votre épargne dans un produit qui vous permet de financer ça existe déjà ça existe déjà
et vous n'avez pas répondu à Nathalie Saint-Cricq c'est-à-dire que chez vous plus rien ne bougera à l'Assemblée les choses sont faites François Bayrou justement qui parlait ce matin François Bayrou comptait maintenant sur le Sénat le Sénat pour corriger
cette décision de supprimer l'ISF c'est là où je pense que là j'ai une dissension de fond avec la vision de ce qu'est un parlementaire aujourd'hui le parlementaire on vote mais ensuite on est là pour faire appliquer la loi moi ma volonté politique c'est que les acteurs financiers on veut leur mettre en phase 2 de la volonté ils n'ont jamais eu des parlementaires François Vidorat de Gallo a fait un discours il y a 2 ans en disant il nous faut des nouveaux produits qui a pris le relais politique Bruno Le Maire a une loi qui va inclure un grand volet de financement sur les TPE les PME début 2018 notre travail de parlementaire c'est d'aller lui chercher sur le terrain des acteurs qu'on va mobiliser très bien mais attendez
il y a aussi la politique il n'y a pas la politique au sens parce que vous allez me répondre je ne fais pas de la politique politicienne comme dans l'ancien monde la politique aussi c'est qu'il y a manifestement une suppression de l'impôt qui ne passe pas bien au niveau des gens et pas des gens simplement de gauche c'est un certain nombre de personnes même dans votre groupe qui trouvent que c'est pas juste et que politiquement cette suppression de cet impôt est quelque chose qui peut vous nuire terriblement est-ce qu'il n'y a pas une petite réflexion à faire sur la symbolique
de cet impôt et en se demandant si ce n'est pas une énorme erreur je vais vous répondre très simplement aujourd'hui nos PME sont petites sont sous-financées sont hyper-endettées et aujourd'hui on sait que si on veut avoir nos fameuses ETI vous savez des entreprises de taille intermédiaire dont on parle autant il faut que nos entreprises aient des fonds propres du capital on ne fait pas des projets d'export on n'embauche pas c'est ça le sujet on n'embauche pas si le seul moyen d'embaucher c'est d'aller voir votre banquier pour qu'il vous fasse un prêt à 3 ans ça ne donne pas du tout la visibilité qu'il faut donc ce qu'on est en train de dire c'est on me dit c'est injuste mais est-ce que c'est injuste de se donner tous les moyens de redonner les moyens on vous dit c'est risque et c'est un pari c'est un pari pour moi le mot que j'utilise c'est un contrat et c'est pour ça que je dis un contrat avec qui ?
un contrat avec les acteurs financiers qui sont au coeur de notre machine ils doivent rejouer c'est pas eux qui payent l'ISF Virginie Malin ce que je ne comprends pas dans tout ce que vous dites c'est qu'on n'a pas besoin de supprimer l'ISF pour changer les choses vous dites créons des nouveaux produits incitons l'investissement dans les PME pour que ça devienne des ETI en quoi la suppression de l'ISF permet ça vous pouvez le faire sans supprimer l'ISF bien sûr
je ne trouve pas ça aujourd'hui je ne comprends pas
le signal fiscal que vous avez quand vous êtes un patron de PME c'est surtout ne grossissez pas trop si vous faites une plus-value d'accord elle était imposée de manière extrêmement violente si ensuite vous vendez votre entreprise vous vous retrouvez avec je ne sais pas 3-4 millions d'euros parce que vous avez une PME qui a bien marché tous les ans vous allez vous retrouver à devoir payer et écrêter le fruit de votre travail ça ne donne pas envie d'avoir des entreprises qui grossissent ça donne envie d'avoir ce que je dis une entreprise une économie qui vivote on est dans un système où là où ça bloque Karine Bega votre idée de créer effectivement de nouveaux produits et de proposer donc le prochain client va voir sa banque et au lieu de proposer une assurance vie va lui dire tiens mais pourquoi vous ne prendriez pas 10% comme vous le proposiez tout à l'heure 10% de ce nouveau produit pour investir dans les PME le problème c'est que le client comment vous êtes certain qui va avoir envie d'être tenté par ces 10% plutôt risqué alors que finalement un bon PEL le livret A ou l'assurance vie fonctionne bien je ne perds pas d'argent c'est de temps en temps un peu fiscalisé mais enfin au bout d'un certain temps donc c'est totalement déséquilibré en fait la proposition que vous faites elle s'adresse à quelle clientèle elle s'adresse à ceux qui vont bénéficier en particulier de l'ISF et de la réforme du prélèvement forfaitaire unique qui ont des sommes investissables qui sont en dizaines de milliers d'euros globalement ils ont 10 000 euros à placer aujourd'hui si vous regardez le PEA PME qui était un produit qui était le produit phare où on devait flécher de l'argent vers les PME c'est 1 milliard d'euros l'ISF PME dont on parle autant c'est 800 millions d'euros l'assurance vie c'est 1600 milliards d'euros donc qu'on ne me dise pas que dans ce pays on ne peut pas si on active les acteurs financiers avec un peu de volonté et leur dire voilà ce que dit la banque de France depuis des années c'est à dire qu'il nous faut des mécanismes d'investissement qui vont vers les PME qui fonctionnent on ne peut pas trouver 5, 6, 10 milliards d'euros pour nos PME dans 18 mois
donc vous voulez encore plus enrichir les banques
ce ne sont pas les banques puisqu'ils ont tout intérêt en l'occurrence à vendre des produits financiers aux particuliers ce sont des intermédiaires
mais pas des intéressés
vous et moi on ne peut pas aller investir dans une PME comme ça vous n'allez pas mettre un panneau en disant bonjour je vais investir dans une PME donc on va acheter un produit
qui rapporte de l'argent à la banque
mais il ne rapporte pas de l'argent à la banque la banque c'est son travail prend une petite commission parce qu'il faut que ce produit soit diversifié ce n'est pas que vous allez choisir une PME par hasard il faut qu'il y ait pour que ça marche il faut que vous investiez sur 10 ans il faut qu'il y ait un peu de PME un peu de grand groupe un peu d'obligataire c'est des produits structurés tous les européens investissent leur épargne comme ça et je pense qu'on n'a pas des scandales financiers dans tous les pays ce qui est aussi intéressant c'est que les agences bancaires c'est là où aujourd'hui les patrons de PME viennent pour parler financement aujourd'hui quand ils arrivent dans une agence on leur dit quoi voilà l'île de trésorerie voilà un prêt à 3 ans monsieur vogue la galère débrouillez-vous moi j'aimerais bien et on va activer tous les leviers les business angels les fonds etc pour qu'un patron de PME il puisse se dire comment j'augmente mon capital comment je me marie avec la PME d'à côté comment j'ai les moyens de regarder plus loin et surtout l'objectif de tout ça c'est que des PME plus grosses aujourd'hui en moyenne il y a 30 salariés dans les PME en France mais tout ça prend combien de temps parce que ce fléchage ça prend 2 ans un cycle d'investissement quand vous regardez l'économie tout prend 2 ans ça prend 6 mois pour se dire la mesure existe ça prend 6 mois de se dire quel est mon projet 6 mois de faire un plan de levée de financement et donc dans 2 ans donc les établissements bancaires vous êtes certains qu'ils auront envie de jouer le jeu et dans 2 ans tous les patrons vous invitez Frédéric Oudéa vous invitez monsieur Bonafé à votre micro qu'est-ce qu'ils vont vous dire moi j'ai besoin d'une économie qui fonctionne notre économie aujourd'hui est vivote on a besoin de jouer notre rôle notre rôle d'intermédiaire financier c'est leur essence c'est de mettre l'épargne des français en face de l'investissement c'est pour ça qu'ils existent
et de faire des bénéfices en vendant des produits mais bien sûr mais n'en parlez pas comme d'acteurs totalement désintéressés
vous voulez que je vous parle d'un bénéfice le PEL
le PEL
le PEL c'est un produit que les français ont adoré pendant des années parce que c'était un produit qui était stable qui protégeait leur argent et qui dans un monde où les taux d'intérêt baissaient permettait exactement qui étaient élevés et les taux d'emprunt diminuaient aujourd'hui vous êtes dans une situation qu'est-ce qui se passe les taux d'intérêt vont remonter on le sait un petit peu c'est prévu par contre le PEL lui il est stable c'est un produit qui est génial pour les banques elle vous donne 1% et quand vous voulez emprunter il faut que vous empruntiez à 3 ou 4% donc le PEL c'est typiquement un produit bien sûr qu'il protège le capital mais si vous voulez avoir un logement dans 5 ans je peux vous dire que le PEL c'est vraiment plus le bon outil mais est-ce que les banques vous le disent aujourd'hui bien sûr que non parce que c'est dans leur avantage donc ce qu'on veut dire c'est aussi comment on adapte ce qui se passe dans les agences bancaires à notre réalité économique à ce dont les français ont besoin les français ils ont besoin de rendement ils ont besoin de sécurité et ils ont besoin de visibilité et on a besoin de les accompagner donc effectivement il y a beaucoup d'acteurs à mobiliser et je peux vous dire que les députés ce qui compte pour nous c'est que notre boulot ne s'arrête pas le 22 décembre qu'on lèvera la main et que le budget sera voté c'est que le 22 janvier le 22 février et tous les mois on puisse faire un bilan sur comment les mesures qu'on a mis dans ce budget
La République En Marche Amélie de Montchalin est notre invitée
France Inter Ali Badou Question politique
Question de Virginie Malingre
Vous dites souvent justement qu'il faut évaluer les politiques publiques voir comment les mesures qu'on a prises fonctionnent si vous vous rendez compte dans un an, deux ans que la suppression de l'ISF par exemple ou la flat tax n'ont pas donné les effets à se compter en termes en tout cas de financement de l'économie est-ce que vous souhaiterez revenir dessus ? corriger le tir ? Là vous me parlez de quelque chose auquel je suis très attachée c'est que fondamentalement je ne me sens pas aujourd'hui capable de faire de la politique éternelle je l'ai dit dans l'hémicycle
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'il y avait l'idée vous savez on vote une mesure et on se dit qu'elle sera pour les temps futurs éternels toujours là notre volonté face à un monde qui change aussi vite c'est d'être capable de poser des jalons pour évaluer les mesures évaluer ça veut dire quoi ? ça veut dire si ça marche et si ça marche bien on continue voire on renforce si ça marche pas complètement on regarde ce qui marche pas complètement et on ajuste
Alors en ce cas pourquoi ne pas publier le document qui évalue la politique fiscale en faveur des français les plus aisés ? Pourquoi le gouvernement s'y refuse ? dit pourquoi Bruno Le Maire dit qu'il n'y a rien à voir
là je vais vous en parler c'est une évaluation d'impact initial c'est ce qu'on pense qui va se passer C'est normal on aimerait bien savoir ce que vous pensez qui va se passer parce que pour l'instant on n'a pas d'éléments je prends des documents budgétaires il y a quand même beaucoup de choses déjà Peut-être que vous ne les avez pas vous disiez vous-même que Bercy on peut toujours aller chercher en amont là on est sur des choses qui sont assez comportementales moi je pense qu'il vaut mieux ne pas avoir l'obsession de oh là là peut-être qu'il y a des choses je pense qu'il faut sauter le pas le faire de manière juste
Vous avez des modèles extrêmement performants qui travaillent pour essayer d'évaluer ça A l'Assemblée je n'ai plus rien
Vous non mais à Bercy il y en a A l'Assemblée il y en a Mais moi j'aimerais bien d'avoir l'Assemblée
Donc vous juste pour comprendre vous défendez un budget alors que vous ne savez pas par exemple quel sera l'impact des mesures fiscales sur les contribuables les plus aisés Vous défendez la suppression de l'ISF sans savoir absolument rien de ce que ça va produire comme effet
Moi je n'ai rien en tant que parlementaire Maintenant ça fait deux mois que j'ai poussé les portes avec tous les députés on a été voir les ministres on a été voir les cabinets on a fait des choses apparemment qui sont très innovantes c'est-à-dire qu'on a été se parler dire voilà il y a des arbitrages qu'est-ce que vous me demandez de porter Non mais c'est génial mais vous n'en savez rien Bien sûr j'en sais tout J'en sais ce qu'il y a dans les vrais privilégiés Pourquoi vous n'avez pas signé l'appel ?
Parce que le rapporteur général a envoyé une lettre demandant ses données Oui mais bien après D'accord mais vous auriez pu le signer Deux jours après Parce que nous sommes dans un monde de politique nouvelle on est ni droite ni droite J'aimerais reposer les choses
Oui
Vous n'avez pas de mesure d'impact
vous ne savez pas quel sera l'impact des mesures que vous avez appelé à voter et que vous défendez
Je ne suis pas devin et d'ailleurs ces évaluations d'impact ne vous disent pas ce qui va se passer Non Elles vous disent ce qu'on pense ce qui va se passer Exactement Ces évaluations je les ai
Enfin ce n'est pas du pifomètre ce sont des modèles mathématiques extrêmement puissants et performants
Les modèles de Bercy J'ai demandé les chiffres je les ai eus J'ai demandé les choses sur l'impact sur les déciles Donc tout ça j'ai demandé Ah donc vous vous le savez Je sais ce qu'on pense Oui vous connaissez les modèles
nous disent Et pourquoi nous citoyens n'avions pas le droit de savoir quel est cet impact
L'étude du trésor qui vous donne l'impact par déciles Vous l'avez L'impact des mesures qui vous dit voilà comment est répartie aujourd'hui l'ISF ou le prélèvement forfaitaire unique dans le pays Vous l'avez Ce que je vous dis c'est que ce que je n'ai pas c'est deux choses D'abord je n'ai pas la certitude que les modèles vont se passer C'est pour ça que je vous dis qu'il faut que dans deux ans on fasse une évaluation mais une évaluation de ce qui s'est passé dans la réalité pas juste ce qu'on pense qu'il va se passer D'ailleurs parenthèse vous trouvez ça les 100 premières fortunes 126 millions seulement Parce qu'il y a un énorme il y a un abattement qui rapporte entre 800 millions et 1 milliard enfin qui rapporte mais qui est une perte sur les recettes attendues de l'ISF entre 800 millions et 1 milliard depuis trois ans qui est lié au bouclier à l'abattement qu'a mis en place le gouvernement Hollande parce que avec la taxe 75% le conseil constitutionnel a trouvé que tout ça c'était confiscatoire donc le chiffre si on avait voilà c'est plutôt de l'ordre du milliard mais aujourd'hui c'est 126 millions ce qui montre bien que cet impôt est injuste et qu'on est en train de parler de choses qui ne sont pas la réalité
enfin qu'il est injuste c'est ceux qui échappent le mieux à l'impôt sont les plus riches
je veux revenir sur l'évaluation
oui
donc les modèles vous disent voilà ce qu'on pense qu'il va se passer moi j'ai fait des modèles d'économie je peux vous dire que souvent il ne se passe pas ce qu'il y a dans le modèle donc c'est pour ça que c'est essentiel d'avoir un point de rendez-vous c'est pour ça que c'est essentiel d'avoir un point de rendez-vous on l'a fait d'ailleurs sur la loi sécurité vous avez vu sur le terrorisme c'est la même chose on se dit voilà on fait un point est-ce qu'il y a des dérives est-ce que ça marche ça marche pas donc on va faire la même chose sur les réformes fiscales où on en est est-ce qu'il y a des choses à ajuster et l'autre chose que je veux vous dire c'est qu'il y a un sujet dans ce pays c'est que pour que les parlementaires jouent leur rôle soit au centre du jeu puisque c'est quand même nous qui sommes élus par les français pour contrôler évaluer les gouvernements
c'est vrai
il nous manque et c'est pour ça que je vous dis que je n'ai rien en propre il nous manque ce que les anglais ce que les américains ce que les allemands ce que toutes les grandes démocraties ont c'est à dire en général ça s'appelle un bureau de la responsabilité budgétaire si je vous traduis le terme anglais c'est un endroit où les données de Bercy arriveraient seraient dans un endroit confidentiel mais à disposition des parlementaires qui pourraient du coup travailler pour nous pour chiffrer je vais vous parler des 5 jours des 5 nuits il y a un ministre de l'économie
Bruno Le Maire il y a un ministre des comptes publics Gérald Darmanin il pourrait très bien venir vous présenter ça d'une manière confidentielle
mais vous savez moi je suis une économiste donc quand j'ai un amendement une idée d'amendement aujourd'hui je ne peux pas le chiffrer je ne peux pas savoir combien ça coûte puisque je n'ai pas les chiffres moi-même donc je dis voilà cher cabinet voilà ce que j'aimerais faire est-ce que vous pouvez me chiffrer la mesure m'arrive un chiffre j'ai pleine confiance mais je ne peux pas calibrer je ne peux pas être devant ma feuille Excel et me dire voilà est-ce que je change tel paramètre qu'est-ce que ça donne comme effet je n'ai pas d'économiste pour nous parlementaires pour travailler pour nous aider ça donne quoi ?
ça donne au parlement les débats qu'on vient d'avoir pendant 5 jours et 5 nuits c'est-à-dire que l'opposition n'a pas non plus accès à tout ça et encore moins accès donc on a un débat dans l'Assemblée qui est un débat qui n'est pas ancré comme il le devrait si nous étions sérieux sur du chiffrage sur des faits et sur de la réalité ça veut dire que la réforme de l'Assemblée la réforme de ce que porte François de Rugy je lui en ai beaucoup parlé j'ai des propositions à lui faire pour qu'on se donne les moyens d'être pleinement dans notre rôle c'est pas un rôle de défiance mais comment voulez-vous qu'on ait le bon niveau de recul et le bon niveau d'appréciation précise des faits si on n'a pas nous-mêmes les moyens de le faire
c'est pas très rassurant Karine Beccar
alors cela dit qu'est-ce que vous pensez des états d'âme en ce moment de l'aile gauche de la République En Marche des députés de la République En Marche vous avez des députés de sensibilité anciennement socialiste qui ont du mal quand même avec tout ce que vous racontez là ce matin
pas que
et pas que mais à l'intérieur de la majorité déjà est-ce que vous les comprenez ces états d'âme on s'en parle beaucoup et je pense que la façon dont on les dépasse et dont on reste pleinement mobilisés ensemble c'est de dire qu'il faut qu'on arrête avec la politique des marqueurs des signaux qu'est-ce que c'est ? la politique des marqueurs des signaux c'est de dire quand je suis de droite mon but c'est de baisser les impôts quand je suis de gauche mon but c'est d'augmenter les allocations vous voyez qu'on fait un peu des deux pourquoi ?
parce qu'on a des objectifs notre objectif c'est l'emploi et notre objectif c'est une forme d'association au succès de notre pays de tous ceux qui aujourd'hui sont un peu laissés au bord de la route mais alors vous êtes victime
d'une injustice terrible mais terrible puisque on dit que vous menez une politique pour les riches mais c'est d'une injustice absolument considérable mais je peux vous en parler donc les gens délirent complètement quand ils disent ça
et à l'assemblée on a eu l'opposition de droite qui nous expliquait que d'abord avec l'ISF on a l'IFI donc l'impôt sur la fortune immobilière on a tapé sur les classes moyennes donc je ne sais pas de qui vous parlez mais quand on a eu le débat sur la taxe d'habitation 11 milliards d'euros qu'on rend aux français qui aujourd'hui n'en sont pas exonérés 20% de français les plus aisés on a une mesure là profondément axée ciblée sur les classes moyennes on en parle pas beaucoup on entend beaucoup le volet collectivité locale qui disent ça va nous changer notre modèle ça va changer notre relation avec l'Etat c'est vrai on pourra y revenir on parle assez peu de la mesure de pouvoir d'achat que ça crée on parle assez peu du fait que tous les salariés tous les actifs au 31 janvier vont voir leur pouvoir d'achat augmenter un peu un peu plus encore en octobre et en 2019 au SMIC c'est 260 euros de plus on parle assez peu du fait qu'on augmente
donc c'est de l'injustice
la prime d'activité non c'est-à-dire que je suis là pour refaire passer le message de ce qu'on a voté on vote la hausse de la prime d'activité qu'est-ce qui manque
il n'y a pas que peut-être des journalistes ou des gens ou l'opposition mais il y a aussi dans les sondages la remontée et le petit coup d'oxygène que Edouard Philippe et Emmanuel Macron ont eu vient de la droite donc d'une certaine manière ça veut dire que vous êtes également approuvé un peu par là qu'est-ce qui se passe vous n'êtes pas assez pédago sur les mesures alors vous allez me parler du minimum vieillesse de la prime adulte handicapée qu'est-ce qui se passe pourquoi il y a cette perception et pourquoi cette espèce d'expression
de président des riches prospère-t-elle autant ? Amélie de Montchalin je pense que l'ISF c'est 30 ans de débat extrêmement animé un peu hystérisé sur les riches de notre pays et que donc là on s'attaque à quelque chose qui place effectivement les plus fortunés mais même François Bayrou vous voyez c'est pas non plus moi j'ai des discussions écoutez très apaisées avec les membres du Modem de la commission des finances avec Jean-Noël Barraud on a eu des discussions sur le périmètre de l'impôt sur la fortune immobilière très poussé maintenant sur le cap de l'ISF tous les députés Modem en marche avaient ça sur leur programme et vous êtes d'accord que sur la non-imposition
enfin sur l'assiette on en a déjà parlé ici avec Christophe Castaner sur les fameuses histoires des iodes des lingots d'ordre il y avait quand même une erreur au moins dans la symbolique c'est refaire de la politique
sachez que moi depuis deux mois depuis deux mois j'ai bien expliqué que à toutes les personnes avec qui j'en parlais qu'il était essentiel qu'on soit extrêmement clair l'objectif c'est de ne pas taxer ce qui va dans l'économie les biens de luxe ne sont pas des biens donc c'est pour ça que je vous dis qu'aujourd'hui le système à laquelle on est abouti et les parlementaires n'y sont pas pour rien ils sont même pour beaucoup c'est que si c'est dans l'immobilier rien ne change la fiscalité ne change pas donc vous n'avez pas d'incitation à aller plus investir dans l'immobilier les biens de luxe avec les taxes qu'on a augmenté les lingots d'or
les voitures de sport les yachts mais pas les oeuvres d'art
les oeuvres d'art elles n'ont jamais été taxées on n'allait pas là par une réforme qui est le but dans l'économie on n'avait pas aucune raison d'aller changer ça notre but c'est on prend un impôt existant et on libère sur la symbolique
juste une réponse courte sur est-ce qu'on peut continuer à faire la politique de cette façon là si les gens ont l'impression que c'est injuste est-ce que vous êtes-ce que vous n'êtes pas trop
dans l'efficacité techno et avec un manque du côté du politique
Amélie de Montchalin
j'ai lu un sondage qui dit 80% des français ne croient pas aux baisses d'impôts mais j'ai envie de vous dire les baisses d'impôts c'est pas une religion je pense qu'il y a un décalage effectivement en ce moment que je reconnais qui est que les mesures qu'on annonce les français ont besoin de les voir de voir que effectivement sur leur feuille d'impôt la taxe d'habitation elle aura été réduite d'un tiers pour 80% des français à l'automne prochain ils ont besoin de voir qu'au 31 janvier oui la CSG aura augmenté mais voilà ça représente tant d'euros et que tiens les charges ont baissé donc en fait j'ai plus en bas de ma feuille de paye il y a quand même une injustice qu'on perçoit dans la manière de présenter les choses l'ISF est supprimée d'un coup tout de suite immédiatement ça fait 6 mois que vous êtes au pouvoir si on prend par exemple l'exemple de la taxe d'habitation que les français effectivement verront ils la verront mais dans 3 ans en 2020 véritablement totalement ils la verront déjà oui mais progressivement en fait il y a quand même une différence il y a un 2 poids 2 mesures là est-ce qu'il y avait urgence à supprimer comme on vient de se dire vous savez un cycle d'investissement c'est 2 ans on a 5 ans devant nous si on veut créer de l'emploi et vraiment que dans les 5 ans les choses changent si c'est une mesure dont on sait qu'il y a un temps normal de je vérifie que la mesure s'applique je commence à regarder où est-ce que j'investis j'investis etc c'est normal qu'on commence au début il ne faut pas perdre de temps aujourd'hui les PME ont besoin d'oxygène ont besoin d'investissement le plus vite possible donc je trouve que c'est une mesure plutôt cohérente avec le projet c'est-à-dire si on veut se battre vraiment contre le chômage il n'y a pas de temps à perdre pour aider nos PME donc effectivement ce que vous me dites c'est que oui le calendrier des impôts fait que la taxe d'habitation ça arrivera à l'automne c'est clair bah oui on le sait donc ce que je vous dis c'est que le décalage on a sentiment pour les moins aisés vous y allez tout doucement alors que pour les plus riches ça se fait très vite voilà oui mais vous savez avoir ça se fait très vite l'argent les gens qui ne vont plus payer l'ISF sur la partie action et investissement dans l'économie demain ils ne vont pas non plus le dépenser en deux jours c'est qu'ils vont forcément avoir des réflexions sur comment je l'investis dans l'économie ça va prendre du temps ça va aussi être graduel donc on est quand même sur des mesures où ce que vous me dites du décalage je pense qu'il est lié au fait qu'il faut que les gens voient et ce qui est intéressant et ce qui est positif c'est qu'ils vont le voir mais ça va se voir au fil des feuilles de paye des feuilles d'impôt des différents mécanismes qu'on active l'allocation adulte handicapé elle va augmenter elle va augmenter et au fur et à mesure du quinquennat on est des gens responsables on ne peut pas non plus dire et alors là on serait je pense critiqué de naïveté et à mon avis de beaucoup beaucoup de folie si on s'était dit alors on veut tout tout changer et du coup on ne s'adapte même pas à la réalité de ce que sont les versements les impôts qui existent dans notre pays
question d'actualité Amélie de Montchalin de nombreuses françaises ont pris la parole pour dire qu'elles ont été victimes de harcèlement sexuel voire d'agression est-ce que vous à titre personnel vous en avez été victime et comment percevez-vous cette libération des paroles ?
Oui j'ai eu un moment dans ma vie un jour une situation où je me suis dit je ne me sens pas du tout à l'aise avec ce qui se passe et j'ai peur et j'ai le coeur qui bat vite et ce n'est pas normal
La boule au ventre ?
Oui Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment vous avez géré ? J'ai géré que j'ai claqué la porte et que j'ai attendu que la personne s'en aille très vite elle n'est pas partie très vite ça dure un peu longtemps
Qu'est-ce que vous pensez du fameux hashtag balance ton porc ? Est-ce que vous avez été choqué comme certaines personnes ont pu l'être en considérant que c'était un plus de la délation que de la dénonciation deux que le ton porc laissait entendre qu'il y avait deux classes sur terre les hommes des porcs et les autres qui n'en étaient pas ou est-ce que vous croyez que finalement c'est un mal nécessaire pour que les choses évoluent ce qui est un peu ce à quoi on assiste depuis quelques jours ?
Quand j'ai vu la première fois le hashtag balance ton porc je me suis dit c'est un peu bizarre comme expression Maintenant je pense que c'est essentiel que cette parole cette boule au ventre on en parle et qu'on puisse avec les hommes réfléchir aussi à ce qu'on vit comment des situations d'ailleurs parfois qui ne sont pas forcément vécues par les hommes comme des moments particulièrement humiliants peuvent être vécues comme des moments violents pour les femmes et je trouve que il y a plusieurs temps il y a le temps de la parole qui se libère il y a le temps de la justice aussi qui doit faire son travail parce que dans un certain nombre de cas la justice doit faire son travail et puis ensuite je pense que ce que fait Marlène Schiappa dans ce sens est très positif c'est qu'on ait une sorte de dialogue un peu national concerté qui va prendre son temps un vrai dialogue citoyen qu'on se parle des hommes et des femmes après
Vous auriez pu le faire aller sur Twitter prendre le hashtag balance ton porc et puis raconter ce que vous venez de raconter
parce qu'elle a quasiment rien raconté elle n'a pas donné non Virginie parlait bien dans le micro c'est une situation ça m'a fait réfléchir sur le moment dans ma vie est-ce que moi aussi j'aurais quelque chose à dire j'en ai reparlé avec mes amis j'en ai reparlé avec mon mari j'en ai reparlé j'ai croisé Christophe Castaner on en a parlé c'est récent non non non c'est pas récent c'est quelque chose on en a parlé en disant oui effectivement je pense que beaucoup de femmes ont vécu des moments qui sur le moment ben voilà c'est pas une question de silence mais des moments où on n'est pas à sa place on sent bien quelque chose qui va pas mais il faut moi j'ai donc vous l'avez dit j'ai habité aux Etats-Unis il faut aussi qu'on fasse attention dans ce dialogue civique qu'on organise qu'on tombe pas non plus dans l'extrême inverse c'est à dire le puritanisme du politiquement correct j'ai une anecdote assez rigolote on va dire j'ai rencontré un grand professeur d'économie à Harvard
où vous étiez étudiante
où les étudiants peuvent s'inscrire il a deux heures par semaine vous inscrivez votre nom et puis vous pouvez le rencontrer et donc j'arrive et donc comme d'habitude je ferme la porte du bureau et là je vois ses yeux extrêmement apeurés qui me disent non non non rouvrez la porte bon je pense qu'il faut pas qu'on tombe non plus dans la parano on a l'homme et femme le droit de se parler le droit de se voir et donc il faut qu'on arrive à trouver notre culture mais ce qui est sûr c'est que l'oppression la violence l'intimidation et la boule au ventre dont vous parlez je pense que c'est quelque chose dont il est sain qu'on parle ensemble
Karine Becker puis Nathalie Saint-Cric
alors je reste sur cette question du harcèlement sexuel qui concerne très directement là un député de la République en marche Christophe Arendt contre lequel une assistante a porté plainte son assistante parlementaire comment le gérer ce cas là il faut le suspendre du groupe il faut l'exclure du groupe non alors là pour le coup il y a une dénonciation d'un côté il y a un député qui lui porte plainte également là on est dans le domaine de la justice et donc la justice doit faire son travail et une fois qu'elle aura fait son travail il y aura des culpabilités il y aura du non-lieu il y aura quelque chose qui sera décidé par la justice mais ça veut dire que pour l'instant vous doutez des propos qui ont été tenus par cette assistante non je doute pas des propos mais c'est pas à moi de juger je ne connais pas personnellement ce député suffisamment bien pour avoir un avis ni sur sa personne ni sur son comportement nous évidemment c'est pas à moi de faire rendre la justice et je pense c'est exactement ce que je vous disais il faut qu'on garde le respect de nos institutions c'est-à-dire que ce mouvement il est sain maintenant c'est pas à nous les uns les autres de jeter l'anathème sur telle ou telle personne le suspendre ça veut pas dire que c'est terminé pour lui le suspendre ça veut simplement dire justement il y a une procédure judiciaire je pense que ça sera probablement discuté en rayon de bureau du groupe jusqu'à maintenant toute notre approche et je pense qu'est saine c'est de dire on est maintenant dans le domaine de la justice la justice fait son travail et on en tire à toutes les conclusions il y a la présomption d'innocence d'un côté il y a le droit de parler de l'autre on n'est plus dans le domaine j'allais dire c'est pas notre métier de parlementaire de décider alors pour pas vous cantonner au budget il y avait eu un engagement de campagne d'Emmanuel Macron
en faveur de la PMA et on a l'impression que finalement c'est un dossier qui poisse un peu les doigts de tout le monde c'est à dire qu'on renvoie à bioéthique on renvoie à un débat en fait on a l'impression qu'Emmanuel Macron voudrait qu'il y ait un consensus autour de ce sujet alors que par définition le rôle d'un politique c'est quelquefois d'imposer des choses même si elles ne sont pas consensuelles quelle est vous votre position sur la PMA est-ce que vous pensez qu'il faut le faire ou il faut attendre
que toute la société soit d'accord
Amélie de Monchal
alors moi j'ai mis sur tous mes documents de campagne le fait que c'était j'étais pleinement d'accord avec tous les engagements du programme donc je pense que c'est un objectif qui doit être étudié il doit être étudié pourquoi ? parce qu'aujourd'hui c'est un objectif
c'est une autorisation c'est une loi mais c'est pas un objectif c'est quelque chose qu'on se fixe on verra c'est comme pour l'investissement dans les PME
ça c'est un objectif que vous fixez là la PMA c'est oui ou non on autorise ou pas sauf que vous avez à côté pas mal d'ajustements et de détails qui sont pas des détails à organiser comment on n'autorise pas par cette PMA de la GPA déguisée comment on s'assure que
philosophiquement sans plonger de grands termes est-ce que vous êtes favorable c'est que vous considérez que tous les couples les femmes seules que les couples enfin c'est déjà le cas les couples homosexuels ont un droit à l'enfant et que ce droit à l'enfant dans le cadre des femmes passe par la PMA c'est assez simple Amélie de Montchalin
je le mettrais pas sur le plan philosophique je pense qu'il y a un débat société c'est aujourd'hui une demande qui doit être entendue il y a des choses aujourd'hui qui se passent dans des conditions sordides sordides vous avez un article de 21 la revue 21 qui vous explique qu'il y a des femmes qui vont voir des hommes avec des espèces de pipettes qui s'échangent c'est sordide donc il y a un devoir du politique d'encadrer d'organiser de permettre et je pense que le comité national de bioéthique est le bon endroit pour qu'on le fasse de manière équilibrée il a rendu un avis après 4 mois de discussion et de travaux
vous êtes député on va le faire très simplement disons que si l'instauration de la PMA est dans la loi est-ce que vous votez pour cette loi
si j'ai les garanties que ça permet pas de se faire de la GPA déguisé probablement que je voterai
Virginie Malingue
moi je voulais revenir sur François Hollande dont ce gouvernement ne cesse de critiquer le bilan on l'a revu d'ailleurs la semaine dernière avec l'histoire de la taxe sur les dividendes sur le thème mais ceux qui l'ont fait c'était anticonstitutionnel et maintenant on a des soucis mais en fait si on regarde les chiffres de la croissance ils sont plutôt bons est-ce que ça c'est pas quelque chose à mettre au crédit du quinquennat Hollande et est-ce que vous pensez pas qu'il faudrait une sorte de réconciliation avec ces 5 ans passés je rappelle que Macron faisait partie de l'équipe de Hollande
Amélie Bonchalin
moi je pense qu'il y a du respect entre les deux hommes l'un s'est effacé parce que son bilan ne lui permettait pas de se représenter il y a du respect entre les deux hommes vous avez dit ça ça se voit pas entre président de la république bien sûr qu'il y a du respect Macron le traite de Zigoto ça me semble pas très respectueux c'est un peu d'un autre à Zigoto
en tout cas
s'il y avait du respect en tout cas pendant l'interview de dimanche dernier au lieu de l'appeler systématiquement mon prédécesseur peut-être qu'une fois il aurait pu dire le président Hollande ou François Hollande moi je commente pas les mots mot à mot maintenant ce que je sais quand même c'est qu'il y a quand même eu dans les cinq dernières années et je peux vous dire que la commission des finances je suis bien placée pour le voir un certain nombre de choses qui n'étaient pas sérieuses Michel Sapin la première audition de la commission des finances que nous députés avons eu à vivre nous a quand même expliqué que c'était normal qu'au mois de juillet il y ait 6, 8, 10 milliards on sait pas très bien où ils sont on sait pas très bien comment on les finance mais c'est normal c'est pas sérieux les français ont pas un ministre élisent pas des députés pour qu'il y ait 8, 10 milliards vous imaginez les sommes que ça représente ?
8, 10 milliards dont on ne sait pas exactement où ils sont
non mais qu'il faut réguler il fallait réguler il fallait retrouver c'était des dépenses qui avaient été faites mais voilà on n'avait pas l'argent en face et ils vivaient ça de manière extrêmement détendue moi ça me tend vous serez peut-être détendu au bout de 5 ans l'autre chose aussi c'est que la taxe sur les 3% de dividendes donc ça c'était l'insincérité budgétaire on en a beaucoup parlé il y avait quand même aussi beaucoup d'imprévisions c'est-à-dire que quand ça a été décidé c'est quand même bizarre que vous nous proposez cette mesure sans examen en commission des finances comme ça sous le manteau et puis ensuite il y a quand même eu des alertes et ça n'a pas été provisionné le fait que ça serait très probablement illégal donc aujourd'hui on se retrouve avec 10 milliards d'euros à rendre aux entreprises parce que c'était illégal de leur prélever c'est le plus gros chèque de l'histoire qu'on va devoir faire pour en fait une pratique illégale
mais vous avez entendu ce qu'ils disent et notamment Bernard Cazeneuve où était Emmanuel Macron à ce moment-là il était ou secrétaire général adjoint de l'Elysée ou au ministère de l'économie
je peux vous dire moi j'ai eu beaucoup de métiers où j'étais conseillère adjointe etc je peux vous dire que vous en général vous faites des notes et puis la décision elle est prise par des gens qui sont informés bref on sent de l'aigreur quand même donc entre l'ancienne équipe et la nouvelle c'est ça ? budgétairement en tout cas puisque je vais une aigreur budgétaire non mais que de ce que je moi j'en ai eu à vivre cet été les ordonnances les décrets d'annulation etc il y a eu énormément de régulations budgétaires c'est le terme précis parce que on a annoncé mon zémerveille sans mettre du financement je m'occupe du budget de la recherche
on c'est l'ancien gouvernement
oui juste une seconde je m'occupe du budget de la recherche j'ai auditionné le patron de l'Inserm qui me dit vous savez quand le président à l'époque annonce devant tout l'OMS que la France va s'engager contre Ebola contre Zika pour les maladies neurodégénératives pour accompagner énormément de recherche c'est magnifique les français trouvent ça formidable la recherche se fait l'Inserm trouve avec les américains le vaccin vous savez combien il a reçu d'euros ? zéro c'est pas sincère c'est pas sérieux et budgétairement ça fait beaucoup de mal aussi c'est pas sincère
ça veut dire que c'est malhonnête François Hollande a été malhonnête et Michel Sapin son équipe également
on peut pas gérer un pays juste à coup d'annonces et de communications
c'est de la malhonnêteté
non je pense que c'est une forme d'insincérité c'est à dire qu'on fait croire aux français que
c'est un synonyme
voilà moi je trouve que le mot en matière budgétaire on dit sincérité dans le langage courant
on dit malhonnêteté Nathalie Saint-Cric
pour rentrer dans une nouvelle époque
Edouard Philippe a été reçu par Alain Juppé il y a quelques jours à Bordeaux et on a vu Alain Juppé se retourner vers votre premier ministre en disant la relève est assurée vous avez commencé aux côtés d'Alain Juppé est-ce que finalement Macron, Edouard Philippe c'est la réincarnation d'Alain Juppé qui est encore vivant mais finalement est-ce qu'il y a une filiation qui est continuée
et que vous vous dites vous vous avez commencé là et vous vous sentez très bien
parce que c'est le même
c'est pas les mêmes maintenant je pense qu'il y a un corpus idéologique qui est assez commun sur trois dimensions profondément réformiste profondément européen et profondément humaniste si vous regardez ce qu'elle disait Alain Juppé sur l'école je crois qu'on s'y retrouve vraiment aujourd'hui
pour dire très simplement les choses est-ce qu'Emmanuel Macron met aujourd'hui en oeuvre la politique que proposait Alain Juppé
plus plein d'autres choses et avec une méthode qui à mon avis est beaucoup plus satisfaisante
donc c'est oui du Juppé en mieux
un peu plus humain et avec des mesures qui n'étaient pas dans le programme d'Alain Juppé on n'avait pas parlé de minimo vieillesse d'advocation à l'advocation oui donc c'est du Juppé
plus un petit peu de sentiment
c'est du Juppé mieux non pas du sentiment de l'équilibre et pour que tous les français se retrouvent dans ce programme et que justement on ne soit pas obnubiés par les marqueurs et qu'on fasse de la politique pour tous les français
bah écoutez merci infiniment Amélie de Montchalin d'avoir répondu à nos questions merci à toutes les trois quant à moi Sous-titrage ST' 501
Amélie de Montchalin