François Asselineau réagit en direct à la victoire de Boris Johnson
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:25Invité politiqueChiffre
« le Parti conservateur peut compter sur 364 députés, c'est-à-dire 38 députés de plus que la majorité de 326. »
- 2:08Invité politiqueFait
« Ce qui est difficile, ça n'est pas de sortir de l'UE. Ce qui est difficile, c'est d'obtenir que ceux qui ont été battus par le suffrage universel acceptent le verdict des urnes. »
- 4:55Invité politiqueFait
« sur une affaire aussi importante, aussi fondamentale que la souveraineté nationale, on peut pas tergiverser, hein, on est pour ou on est contre, et l'on doit faire un programme clair et net. »
- 6:54Invité politiqueFait
« la fin de la construction européenne se traduise dans un certain nombre de pays par un éclatement de l'unité nationale, exactement comme la fin de la construction du socialisme s'était traduite par un éclatement de l'unité nationale d'un certain nombre de pays constituant le bloc soviétique. »
- 8:14Invité politiqueFait
« le système électoral britannique est un système particulier, très différent du système français, puisque les élections législatives, au Royaume-Uni, sont à un seul tour. »
- 10:57Invité politiqueFait
« les Britanniques ont été depuis plus de 8 siècles à l'origine des grands phénomènes politiques européens dans un grand nombre de domaines, que ce soit en matière économique ou que ce soit en matière politique. »
- 12:16Invité politiqueChiffre
« un très grand pays : le Royaume-Uni, qui est la 7e ou 8e puissance économique mondiale, à peu près à égalité avec la France. »
- 13:35Invité politiqueFait
« si nous, nous proposons de sortir de l'UE, ça n'est pas par nostalgie ou par ringardise, c'est pour rendre aux Français leur démocratie, c'est parce que c'est à eux de décider ce qu'ils veulent. »
- 17:09Invité politiqueFait
« pourquoi est-ce qu'il n'en est pas de même en France ? »
- 18:27Invité politiqueChiffre
« l'UPR est le seul parti français, avec plus de 38 000 adhérents d'ailleurs, à militer pour le Frexit. »
- 21:52Invité politiqueFait
« le Parti conservateur, désormais, a été plébiscité dans le nord de l'Angleterre, dans les villes et les banlieues ouvrières, chez les prolétaires britanniques. »
- 23:18Invité politiqueFait
« La hiérarchie de priorité, le n°1, c'est d'abord de récupérer notre souveraineté nationale, c'est d'abord de sortir de ces traités européens. »
- 24:41Invité politiqueFait
« M. Macron avait répondu : « Eh bien probablement, les Français voteraient oui pour le Frexit ». »
- 26:42Invité politiquePromesse
« il faut que le président de la République lance un référendum et demande aux Français : « La construction européenne, stop ou encore ? » »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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Eh bien bonjour à toutes et à tous. Je suis enchanté de vous retrouver en direct sur UPR TV et sur notre page Facebook pour faire un point sur cet événement qui vient de se passer hier, 12 décembre 2019, qui est un grand jour dans l'Histoire, un grand jour dans l'histoire de la Grande-Bretagne, un grand jour dans l'histoire de l'Europe, et puis – si vous me le permettez – aussi un grand jour pour l'UPR. Je pense que c'est une des meilleures nouvelles que l'UPR ait jamais enregistrées depuis sa création. Je veux parler de la victoire écrasante de Boris Johnson et des conservateurs aux élections générales britanniques qui viennent d'avoir lieu.
Comme vous le savez sans doute, un certain nombre de nos compatriotes, en France, s'intéressent de plus en plus à la sortie de l'UE et au Frexit, mais beaucoup de nos compatriotes, intimidés par ce qu'ils entendent dans les grands médias, pensent que c'est très difficile de sortir de l'UE, c'est impossible. Et le nombre de fois où des journalistes ou bien des gens, des passants dans la rue m'ont dit : « Mais regardez ce qui se passe au Royaume-Uni. C'est épouvantable », le nombre de fois où tout ceci nous a été opposé a pesé lourd, je pense, notamment dans le résultat des élections européennes. Or, qu'est-ce qui vient de se passer ?
Il vient de se passer que les Britanniques ont décidé – le peuple britannique – de confirmer, d'amplifier même le vote de juin 2016, en accordant une majorité tout à fait écrasante au Parti conservateur en sièges. Ce qui prouve au passage... Et maintenant, ça veut dire que Boris Johnson va avoir les mains libres pour mener le Brexit. Je rappelle que dans la Chambre des communes sortante, après les défections qu'il y avait eu du Parti conservateur, il n'y avait plus que 298 députés conservateurs, alors qu'il en faut 326 pour avoir la majorité. Ce qui donnait lieu à des combinazioni avec tel ou tel parti. Et ce qui avait en fait entravé la bonne marche de la sortie de l'UE.
Maintenant, le Parti conservateur peut compter sur 364 députés, c'est-à-dire 38 députés de plus que la majorité de 326. Ça veut dire que même s'il y a quelques chevaux légers, quelques personnalités peu maîtrisables parmi les nouveaux députés élus, il n'y en aura jamais 40. Ça veut donc dire que Boris Johnson a désormais tous pouvoirs pour mener à bien le Brexit, qui aura lieu le 31 janvier prochain. Il l'a encore confirmé. Ça veut dire au passage que... C'est ce que je n'ai cessé de dire depuis des mois et des mois : « Ce qui est difficile, ça n'est pas de sortir de l'UE.
Ce qui est difficile, c'est d'obtenir que ceux qui ont été battus par le suffrage universel acceptent le verdict des urnes ». Alors c'est d'autant plus difficile si la majorité est étroite. Maintenant, avec une large majorité, je pense que Boris Johnson va pouvoir mener à bien son projet. D'ailleurs, toute sa campagne a été fondée là-dessus : « Get Brexit done », en anglais, ce qui veut dire en français, eh bien : « Réalisons le Brexit ». Alors ce qui est intéressant dans ces élections, c'est le score des autres partis, et en particulier le score du Parti travailliste, qui s'effondre, qui passe de 40%, 40% tout ronds qu'il avait obtenus aux élections générales de 2017, à 32,2%.
C'est-à-dire qu'il perd 7,8 points – presque 8 points en moins – par rapport aux élections de 2017. Ça veut dire que la politique, le programme de Jeremy Corbyn a en fait détourné les électeurs. Et pourquoi ça ? Parce qu'en fait, Jeremy Corbyn avait promis tout et son contraire. Il avait dit qu'il allait renégocier un accord, un accord de sortie, et puis qu'ensuite, il soumettrait ça au référendum et que lui ne prendrait pas position. Donc il essayait de satisfaire un petit peu tout le monde. Renégocier un accord, le soumettre à référendum, faire des propositions tout à fait démagogiques dans certains cas comme il avait pu le faire, c'est-à-dire une espèce de...
Il avait tout promis en matière financière. Ça ressemble quand même furieusement... Je vais faire là peut-être un petit peu de polémique, mais ça ressemble furieusement au programme en fait de M. Mélenchon ou au programme de Mme Le Pen, puisque je rappelle qu'officiellement, le programme du FN et le programme de la FI consistent à dire aux Français : « Nous allons renégocier »... D'ailleurs les traités. Il ne s'agit pas de renégocier un accord. Enfin à la limite, c'est plus facile de renégocier un accord que de renégocier les traités. Et puis ensuite, on soumettra ça à référendum.
Eh bien les Britanniques, qui sont un peuple intelligent, un peuple perspicace, un peuple pragmatique, ont bien compris que ces promesses de renégociation, c'était du pipeau, et que ce qui se cachait derrière les promesses de Jeremy Corbyn, c'était en fait d'enterrer le Brexit, de la même façon que nous, nous ne cessons de dire que sur une affaire aussi importante, aussi fondamentale que la souveraineté nationale, on peut pas tergiverser, hein, on est pour ou on est contre, et l'on doit faire un programme clair et net. Nous, nous avons le même programme que Boris Johnson, c'est-à-dire « Get Brexit done » : « Faisons le Frexit », en français.
Donc pour ce qui concerne Jeremy Corbyn, c'est une fin piteuse. Il a déjà indiqué qu'il ne se représenterait plus pour le Parti travailliste. Donc c'est une fin politique assez minable. Passons en vue les autres partis politiques. Les libéraux-démocrates, qui étaient ce parti ultra-ultra-européiste, fanatique de l'Europe, étaient représentés par une jeune femme : Mme Jo Swinson, qui – elle – avait carrément dit que si elle avait la majorité, eh bien elle enterrerait le Brexit. Elle avait même refusé un deuxième référendum. En fait, c'est une dictateure (NDLR : barbarisme, visiblement), tout simplement, ou une dictatrice.
Elle avait tout simplement dit : bah que non, voilà : si elle avait la majorité, ça serait considéré comme un second référendum, et donc il n'y aurait plus de Brexit. Eh bien (au lieu) d'enterrer le Brexit, c'est elle qui a été enterrée, puisque le Parti libéral-démocrate a subi un échec. Il a perdu deux sièges et elle-même n'a pas été renouvelée dans ses fonctions. Ce qui est une gifle. Donc elle vient d'annoncer sa démission de ce parti des libéraux-démocrates : un peu l'équivalent du MoDem. Toute honte bue, elle vient de s'en aller.
Ajoutons à cela le score du Parti indépendantiste écossais, le SNP, qui a fait un bon score, un petit peu moins important que celui qui avait été prévu dans les premiers sondages sortis des urnes. Il a quand même fait un très très bon score. Ce qui est inquiétant, puisque ça signifie que la question de l'indépendance de l'Écosse va revenir sur la table probablement dans les mois qui viennent.
Là, on voit les conséquences de la politique des euro-régions, et ce que je n'ai cessé de dire, c'est-à-dire le risque que la fin de la construction européenne se traduise dans un certain nombre de pays par un éclatement de l'unité nationale, exactement comme la fin de la construction du socialisme s'était traduite par un éclatement de l'unité nationale d'un certain nombre de pays constituant le bloc soviétique, à commencer par l'Union soviétique elle-même, et a continué par la Yougoslavie ou par la Tchécoslovaquie. J'ajouterai quand même un mot qu'il me paraît important de souligner. C'est le rôle...
Alors je n'ai pas dit : le DUP, le petit parti irlandais, donc qui a fait un score assez modeste, mais qui ne se présentait de toute façon que dans les circonscriptions d'Irlande du Nord. Mais je voudrais dire un mot sur le Brexit Party : le parti de Nigel Farage, qui a réuni 2% des suffrages, parce que Nigel Farage a décidé, avec – il faut le reconnaître – un sens de l'intérêt national qui est digne d'être salué... Nigel Farage a décidé de ne pas présenter de candidats face à énormément de candidats du Parti conservateur.
Je rappelle ici – j'aurais peut-être dû le faire auparavant – que le système électoral britannique est un système particulier, très différent du système français, puisque les élections législatives, au Royaume-Uni, sont à un seul tour. Et il y a un principe, qui est en anglais : « the first past the post ». C'est-à-dire que celui qui arrive en tête obtient le siège même s'il ne fait pas 50% des suffrages. C'est-à-dire que si, par exemple, le premier fait 38% des voix, le deuxième 35%, le troisième 18%, le quatrième 5%, c'est celui qui a fait le score le plus important : 38%, qui est élu, même s'il n'a pas la majorité.
Alors ce système électoral uninominal à un tour est un système extrêmement contraignant et qui force les partis politiques à s'entendre. D'où ce bipartisme traditionnel au Royaume-Uni. S'il y avait eu le même système qu'en France, avec 2 tours, il est très probable que Nigel Farage aurait présenté des candidats dans toutes les circonscriptions pour son Brexit Party, et puis au deuxième tour, il y aurait eu certainement une alliance entre le Parti conservateur et le Parti du Brexit de Nigel Farage pour avoir une majorité au deuxième tour.
Mais ce système uninominal obligeait Nigel Farage soit à présenter des candidats avec le risque de faire perdre sa majorité à Boris Johnson et donc de remettre en cause le Brexit, soit de se faire hara-kiri pour le Brexit Party et d'assurer au Parti conservateur cette majorité qui était nécessaire. Saluons quand même donc le sens de l'État de Nigel Farage, qui a souvent été présenté comme un hurluberlu. Ça n'est pas le cas. Il a fait preuve d'un sens politique très important. Rappelons aussi que c'est lui, quand même, qui est à l'origine de tous ces événements.
Je voudrais aussi d'ailleurs rappeler au passage que Boris Johnson, qui a été présenté dans les médias français comme étant une espèce d'incarnation du délire, quelqu'un – comment dirais-je – de complètement immaîtrisable, un original, etc., etc., eh bien en réalité, se révèle un très fin politique. Il apparaît désormais de la trempe des plus grands Premiers ministres britanniques de l'après-Seconde Guerre mondiale, à l'égal de Winston Churchill et de Margaret Thatcher. D'ailleurs, le score obtenu par le Parti conservateur est le meilleur score depuis les années Thatcher, alors que le score obtenu par le Parti travailliste, il faut remonter à 1938 pour trouver un score aussi mauvais.
Puisqu'on parle de Winston Churchill, je rappelle que Boris Johnson a consacré une biographie à Winston Churchill et qu'il s'en inspire. Et ça, c'est quelque chose de très important, puisque ça veut dire que les Britanniques ont compris le fond du fond. Le fond du fond, c'est que nous sommes dans une situation qui n'est pas sans rappeler celle de la Seconde Guerre mondiale. Bien entendu, et heureusement, on n'a pas évidemment l'Allemagne nazie, on n'a pas des camps de concentration, on n'a pas des horreurs. Ça, c'est certain. Mais on a quand même affaire à une espèce de volonté hégémonique continentale de l'Europe, qui prétend imposer sa loi à l'ensemble des pays d'Europe.
Et ça, ça revient régulièrement dans l'histoire de l'Europe, avec tous les empires qui se sont succédé, depuis l'empire d'Auguste en -27 jusqu'au Reich hitlérien en passant par tous les empires. Notamment, je pense au Saint-Empire romain germanique, à l'Empire allemand, à l'Empire napoléonien, etc., etc. Or, l'Histoire a montré – je renvoie ici à ma conférence sur l'histoire de France – que toutes ces volontés impérialistes sur l'Europe ont toujours fini par exploser.
L'Histoire a également montré que les Britanniques ont été depuis plus de 8 siècles à l'origine des grands phénomènes politiques européens dans un grand nombre de domaines, que ce soit en matière économique ou que ce soit en matière politique. C'est eux qui ont inventé notamment les libertés publiques et la démocratie parlementaire : les libertés publiques avec... Comment dirais-je ? Ça a commencé avec – en 1215 – la Magna Carta, la Grande Charte des droits des féodaux par rapport au roi. Ensuite, il y a eu la Glorieuse Révolution, il y a eu l'Habeas corpus, il y a eu l'invention de la démocratie parlementaire après la république de Cromwell, etc.
Donc depuis très longtemps, les Britanniques ont été à l'origine de cette liberté des peuples, à laquelle ils tiennent. Alors... Excusez-moi, il fait un petit peu chaud. Pour ce qui nous concerne, maintenant, eh ben c'est un événement très important, parce que ça va lever une hypothèque. Les Français vont pouvoir mesurer bientôt, à partir du 31 janvier si tout va bien, qu'un pays peut sortir de l'UE, et pas des moindres. Un très grand pays : le Royaume-Uni, qui est la 7e ou 8e puissance économique mondiale, à peu près à égalité avec la France. Un grand peuple peut sortir de l'UE, qu'il y a une vie après l'UE. Ça, c'est un point tout à fait fondamental, et qui va lever une hypothèque.
Alors de deux choses l'une : soit le Royaume-Uni disparaît dans la géhenne, s'effondre dans les flots, revient à l'âge de pierre, etc. À ce moment-là, effectivement, on pourra dire que c'est une catastrophe. Soit c'est l'inverse, c'est-à-dire que le Royaume-Uni continue à améliorer ses résultats économiques, qui sont d'ailleurs globalement tout à fait satisfaisants depuis le référendum de 2016, renoue avec sa grandeur, renoue avec ses relations dans le monde entier, et surtout retrouve sa marge de manœuvre et sa volonté de décider par eux-mêmes de leur politique. C'est ça, l'essentiel, hein.
J'explique toujours, et j'invite toutes celles et tous ceux qui m'écoutent à bien le comprendre : si nous, nous proposons de sortir de l'UE, ça n'est pas par nostalgie ou par ringardise, c'est pour rendre aux Français leur démocratie, c'est parce que c'est à eux de décider ce qu'ils veulent. Et tout le problème auquel on est confrontés, c'est qu'en France, il y a encore énormément de Français qui n'ont pas encore bien compris, même pas compris du tout parfois, la relation de cause à effet qu'il y a entre notre appartenance à l'UE et les politiques au quotidien que les Français rejettent. Par exemple, l'actuelle réforme sur les retraites. Bon, la France est dans une situation de quasi-chaos.
Ça va d'ailleurs s'aggraver, puisque maintenant, la CFDT a décidé de rejoindre le mouvement. On a en France des élites politiques qui se barricadent derrière des chevaux de frise. Il suffit de voir comment l'Élysée est désormais protégée. On a des dirigeants politiques qui se méfient du peuple français et qui appliquent une politique qui est celle imposée par la Commission européenne, par les GOPÉ. Je l'ai souvent dit, notamment pris en vertu de l'article 121 du TFUE. Mais une fois qu'on sera sortis de l'UE, on n'aura plus ça, on n'aura plus cette obligation.
Donc sortir de l'UE, comme nous le proposons depuis plus de 12 ans – depuis plus de 12 ans –, ça veut dire : rendre aux Français les manettes. Ça veut dire qu'on ne sera plus obligés de réformer les retraites : le couteau sous la gorge que nous impose la Commission européenne. Ça veut dire qu'on ne sera plus obligés de mener des guerres illégales sous la coupe de l'OTAN : article 42 du TUE. Ça veut dire qu'on ne sera plus obligés de démanteler le droit du travail, qui nous est imposé par les GOPÉ. Ça veut dire qu'on ne sera plus obligés d'avoir une politique agricole de plus en plus délirante, qui signe la fin des entreprises agricoles individuelles : articles 38 et 39 du TFUE.
Ça veut dire qu'on ne sera plus obligés d'avoir un démantèlement, une privatisation des services publics qui nous est imposée par les GOPÉ. Ça veut dire qu'il n'y aura plus de délocalisations industrielles, qui nous sont imposées par l'article 63 du TFUE, avec la libre circulation des mouvements de capitaux. Si nous sortons de l'UE, ça veut dire aussi que nous mettrons un terme aux rachats désormais hebdomadaires que l'on constate de grandes entreprises françaises, d'entreprises ou de start-up par des intérêts américains, par des intérêts chinois. C'est tout ça que ça veut dire, hein. Ça veut dire : c'est ça, c'est pour ça qu'il faut se mobiliser pour sortir de l'UE.
Je voudrais encore dire deux, trois petites choses avant de conclure. La première chose, c'est que lorsque l'on regarde minutieusement – j'ai fait le compte – les résultats de ces élections britanniques, lorsque l'on additionne tous les votes pour les partis qui appelaient à soutenir le Brexit de Boris Johnson, lorsque l'on y additionne également la petite partie, que l'on peut estimer aux alentours de 6% à 7% des électeurs, qui ont voté pour le Parti travailliste tout en étant favorables au Brexit, on s'aperçoit que s'il y avait eu un référendum, un second référendum, eh bien probablement, on aurait obtenu un score supérieur encore à celui de 2016, sans doute de l'ordre de 53%, 53,5%.
C'est le premier point. Le deuxième point, qui en découle, c'est que ces élections sont une gifle pour toute l'oligarchie euro-atlantiste. Les sondages bidouillés, la manipulation médiatique qui a envahi à la fois le Royaume-Uni, les pays d'Europe et du monde, et en particulier la France, où on ne cessait d'expliquer aux Français, mois après mois, que les Britanniques – paraît-il – se mordaient les doigts, étaient ravagés de remords d'avoir voté pour le Brexit en 2016. C'est un mensonge ! C'est ce que l'on appelle aujourd'hui une fake news.
Les grands médias français sont extraordinairement responsables du formatage de l'opinion publique française par ces fake news, en faisant croire que les Britanniques regrettaient. Ça n'est pas vrai. Au contraire, ils ont confirmé et amplifié leur vote de 2016. C'est le deuxième enseignement. Le troisième enseignement, c'est que pourquoi est-ce qu'il n'en est pas de même en France ? S'il n'en est pas de même en France pour l'instant, pour l'instant, c'est parce qu'au Royaume-Uni... C'est un pays qui est resté très démocratique.
Je rappelle que pour le référendum de 2016, eh bien il y avait un grand nombre de journaux, et non des moindres, à commencer par le Daily Telegraph, qui est un grand journal conservateur, qui est un peu l'équivalent du Figaro, qui avait appelé à voter pour (NDLR : le Brexit). Est-ce qu'on imagine en France que Le Figaro appelle massivement tous ses lecteurs à voter pour le Frexit ? Non, pas du tout ! Le Figaro est devenu un journal essentiellement européiste. Je rappelle également qu'il y avait 343 – je crois – chefs d'entreprise, et non des moindres, qui avaient appelé à voter pour le (Brexit).
Des tabloïds britanniques, c'est-à-dire des journaux populaires, avaient appelé à voter pour le Brexit. Je rappelle aussi qu'une partie significative du Parti travailliste, de la gauche, avait appelé à voter pour le Brexit, de même qu'une partie significative du PS, en 2005, conduite par Laurent Fabius, avait appelé à voter non à la Constitution européenne. Eh bien actuellement, c'est ça qu'il manque en France. C'est qu'à part l'UPR, eh bien il n'y a pas de force politique significative qui appelle à voter pour le Frexit, qui appelle au Frexit. L'UPR, c'est le parti du Frexit.
C'est le seul parti d'envergure, le seul qui se présente à toutes les élections : présidentielles, législatives, cantonales, régionales, européennes, et municipales maintenant. L'UPR est le seul parti français, avec plus de 38 000 adhérents d'ailleurs, à militer pour le Frexit. Je rappelle que le FN, que M. Dupont-Aignan, avec DLF, que M. Mélenchon, que l'extrême-gauche, que le PS, que EELV, ils proposent tous de rester dans l'UE, et tous une autre Europe. Donc le problème que nous avons en France, c'est qu'à part l'UPR, il n'y a pas de solution de secours. Or, les médias, les grands médias – vous le savez – font l'omerta, la quasi-censure sur l'existence de notre mouvement.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle vous venez m'écouter sur UPR TV. En France, tous les grands médias sont pour l'Europe, tous les grands chefs d'entreprise, a priori, sont pour l'Europe, tous les journalistes, a priori, sont pour l'Europe. On l'a vu d'ailleurs... J'ai été interviewé il y a 2, 3 jours à l'École supérieure de journalisme avec quelques jeunes étudiants tout à fait sympathiques, mais qui se sont comportés derrière les caméras et à l'antenne exactement comme le modèle qu'on leur donne : le modèle de ces journalistes, qui sont obligés...
Qui ne font plus du journalisme mais de la propagande, qui sont obligés de m'agresser comme si ce que je disais était une situation, était une... C'était des pensées totalement inconvenantes, intolérables, et qu'il fallait faire respecter une pensée dominante.
Alors le problème qu'il y a, c'est que – ben vous le voyez – au Royaume-Uni, un Premier ministre extraordinairement populaire, qui est conforté, qui maintenant part pour 5 ans, avec une majorité comme on n'en a jamais vu au Royaume-Uni depuis au moins 30 ans ou 40 ans, un Premier ministre britannique qui va laisser sa marque dans l'Histoire, qui va rendre aux Britanniques la fierté dans leur propre pays, leur démocratie, leurs libertés publiques, et puis de l'autre côté de la Manche, la France, avec un président de la République, un gouvernement qui imposent des politiques qui mettent la France à feu et à sang.
Donc la question qui se pose dans les semaines, les mois, les semestres qui viennent, les années peut-être qui viennent, c'est : jusqu'où ceci va durer ? En réalité, la situation en France est devenue extraordinairement instable. On ne peut pas diriger un peuple contre sa volonté profonde ! On peut le faire 1 an, 2 ans, 5 ans. On ne peut pas, sur longue période, diriger un peuple contre sa volonté profonde. Il faudrait donc, pour dénouer l'imbroglio de la situation politique française, non pas avoir ces promesses bidon, là, de « Oui à une autre Europe », et ci, et ça... On a vu d'ailleurs comment les Britanniques ont sanctionné le Parti travailliste à cet égard. J'ai vu que M.
Dupont-Aignan s'était félicité hier soir sur Twitter du vote des Britanniques alors que lui refuse le Frexit. Donc ça fait partie de cet opportunisme dont les Français ne veulent plus entendre parler. Les Français, comme les Britanniques, ils veulent quelque chose qui soit clair et net. Voilà. Le clair et net, c'est qu'aujourd'hui, ça n'est plus le clivage droite-gauche qui prévaut. Aujourd'hui, c'est le clivage entre la souveraineté, l'indépendance nationales... Contre l'assujettissement à l'UE, à une structure dictatoriale et impérialiste qui décide, dans le cadre de la mondialisation, de la fin des peuples et des nations. C'est ça, le vrai, vrai sujet de notre temps.
Et d'ailleurs, on assiste au Royaume-Uni à quelque chose d'extrêmement intéressant. C'est une espèce d'inversion complète des électorats. Le Parti conservateur, désormais, a été plébiscité dans le nord de l'Angleterre, dans les villes et les banlieues ouvrières, chez les prolétaires britanniques, qui ne supportent plus la mondialisation, qui est en train d'appauvrir le peuple britannique comme le peuple français. Et maintenant, le Parti travailliste a été plébiscité dans les quartiers bourgeois de Londres, parce que c'est un parti européiste, euro-atlantiste.
Alors de la même façon en France, il faut maintenant que se rassemblent tous les Français qui veulent sortir de l'UE, et pas une autre Europe à la Saint-Glinglin, qui n'aura jamais lieu. Je lance donc ici un appel à toutes celles et à tous ceux qui m'écoutent pour qu'ils aient l'intelligence politique, la sagesse de comprendre qu'il faut que nous nous rassemblions dans ce nouveau Conseil national de la Résistance, que j'ai créé le 25 mars 2007, en mettant de côté ce qui nous divise. Je sais bien qu'il y a des gens qui voudraient que l'on ait des propositions beaucoup plus déterminantes contre le capitalisme ou contre les banques.
Mais si je disais ça, on perdrait toute cette partie de l'électorat de droite, qui refuserait de venir. Je sais bien aussi que si je tenais des propos contre l'immigration, les immigrés, etc... D'ailleurs sans aucune conséquence, puisque de toute façon, les questions migratoires sont gérées par les traités européens. Eh bien là, nous perdrions tout l'électorat souverainiste ou patriote de gauche. Il faut que nous ayons une hiérarchie de priorités.
La hiérarchie de priorité, le n°1, c'est d'abord de récupérer notre souveraineté nationale, c'est d'abord de sortir de ces traités européens, qui nous imposent une politique migratoire, ce que Mme Le Pen refuse d'expliquer d'ailleurs à ses électeurs. Il faut que nous nous rassemblions en dépit de tout ce qui nous divise pour nous rassembler sur ce qui nous rassemble : la souveraineté de la France.
Ça veut dire que c'est le peuple français qui doit décider par lui-même de ce qu'il veut, de son avenir, de sa politique commerciale, de sa politique sociale, de sa politique économique, de sa politique financière, de sa politique en matière de retraite, en matière agricole, en matière industrielle, en matière de francophonie, en matière de culture, en matière internationale, diplomatique, militaire et j'en passe. C'est de ça qu'il s'agit. Je terminerai en disant que j'appelle – et je l'ai dit tout à l'heure sur des médias qui m'ont interrogé – aujourd'hui le président de la République à prendre en compte ce qui vient de se passer au Royaume-Uni. M.
Macron, en janvier 2018, s'est rendu au Royaume-Uni pour assister à la signature du traité de Sandhurst. Il était à côté de Mme Theresa May. Dans les heures qui ont suivi, il a été interrogé par la BBC britannique, qui lui a demandé : « Monsieur le président de la République française, s'il y avait un référendum sur le Frexit en France, que se passerait-il ? ». Et M. Macron avait répondu : « Eh bien probablement, les Français voteraient oui pour le Frexit ». Alors ça avait fait un petit... Ça avait ému un certain nombre de personnes en France. L'affaire a été camouflée. C'est très difficile à retrouver sur Internet.
Je vous conseille d'aller sur « upr.fr », où nous, nous avons gardé la trace de ces déclarations, que M. Macron et son entourage ont dû juger intempestives et dangereuses après coup. Mais en tout cas, c'était le cœur qui avait parlé. Ça veut dire que Macron, à la tête de l'État, sait très bien que s'il y avait un référendum en France sur le Frexit, eh bien peut-être, une majorité de Français voterait en faveur du Frexit, en tout cas une très forte minorité : au moins 45%. J'insiste sur le fait que dans tous les grands médias français, il n'y a pas 45% du temps de parole qui soit accordé aux partisans du Frexit. Il n'y en a même pas 5%. Il n'y en a même pas 1%. 1%, c'est ce que j'ai eu.
C'est-à-dire que le CSA, par exemple, ne fait absolument pas respecter la liberté d'opinion et la diversité des opinions sur le grand sujet du moment. Le CSA, comme l'ensemble des médias, continue à entretenir cette fiction que l'opposition serait entre la droite et la gauche alors que les Britanniques viennent de nous montrer le contraire.
Eh bien ce que je dis, moi, aujourd'hui, c'est que je dis que si le président de la République française veut laisser quand même un nom dans l'Histoire un petit peu plus favorable que celui qu'il est en train de graver dans le marbre, c'est-à-dire le pire président de la République que nous ayons eu peut-être de toute l'histoire des Républiques, et le gouvernement le plus dictatorial que nous ayons eu depuis les années 40... Si M.
Macron veut un petit peu améliorer l'image qu'il va laisser dans l'Histoire, s'il veut surtout, d'ailleurs, trancher dans le vif cet imbroglio politique, ce blocage qui fait que de plus en plus de Français sont dans la rue, et notamment le mouvement des Gilets jaunes, qui n'est pas du tout mort, et qui ne cesse de s'amplifier, eh bien il faut que le président de la République pose en adulte la même question que celle que David Cameron avait posée en juin 2016 au peuple britannique. Il faut que le président de la République lance un référendum et demande aux Français : « La construction européenne, stop ou encore ? » : est-ce qu'on sort de l'UE ou est-ce que l'on y reste ? Voilà.
Il faut un référendum sur le Frexit. Notez bien qu'il n'y a jamais eu de référendum en France sur cette question. Les trois référendums qui ont eu lieu sur la question européenne en France ont été sur l'élargissement au Royaume-Uni, au Danemark, à l'Irlande et à la Norvège. C'était en 1972. On n'avait pas demandé aux Français s'ils étaient d'accord pour rester dans le marché commun. Le deuxième référendum a été celui de Maastricht, donc qui était : « Est-ce que l'on passe du marché commun à l'UE ? », mais on leur a pas proposé de sortir du marché commun. Et le troisième...
Donc dans ces deux premiers cas, le oui l'avait emporté, dans des conditions d'ailleurs de propagande absolument inouïes, en particulier celui sur Maastricht. Et le troisième référendum qui a eu lieu en France, c'est celui de 2005, où on a demandé aux Français s'ils voulaient la Constitution européenne. Et cette fois-ci, les Français ont voté non à 55%, moyennant quoi les oligarques euro-atlantistes français ont fait ratifier par les parlementaires français, dans le dos du peuple français, le même texte à 99,9%, par la procédure du Congrès : le traité de Lisbonne, fin 2007, 2 ans et demi après.
Ça veut donc dire qu'on n'a jamais demandé aux Français : « Est-ce que oui ou non, on reste dans l'UE ? ». Eh bien moi, je demande ici formellement au président de la République française... Il en a le pouvoir. Je dirais même : « Il en a le devoir historique » : de demander aux Français par référendum : « Est-ce que oui ou non, vous voulez sortir de l'UE ou y rester ? ». C'est un référendum sur le Frexit. Je pense que c'est la seule façon, désormais, de régler les problèmes proliférants qui entravent l'avancée de notre pays et qui, au contraire, plongent la France dans une situation de désastre de plus en plus intense. Vive la République et vive la France.
François Asselineau