Jean-Luc Mélenchon, l'homme qui avançait à contre-courant - Documentaire Politique - 2KF
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 53 %Attaque 37 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:06Invité politiqueFait
« Contrairement à la gauche socialiste qui ne parlait plus jamais des exploités et des exploiteurs comme si c'était devenu des gros mots »
- 7:40Invité politiqueFait
« Pour gagner un une miette de centimes d'euros pour Volkswagen, on va détruire une masse pareille de capital dans une responsabilité sociale totale en renvoyant des gens chez eux qui savent faire des productions de haut niveau technique. »
- 16:56Invité politiqueFait
« Tanger, un nom de ville qui trouve des échos dans le monde entier. Situé à la charnière de l'Europe et de l'Afrique »
- 19:07Invité politiqueFait
« L'immigration, c'est un exil forcé, faut jamais l'oublier. On choisit pas son exil comme on choisit ses vacances à l'étranger. »
- 37:53Invité politiqueChiffre
« 40 % de la production agricole est foutue à la poubelle parce que sinon vous l'achèteriez pas parce que la pomme a pas la bonne forme, parce que la tomate a pas la bonne couleur »
- 42:34Invité politiqueChiffre
« 100000 personnes ont été guéries de la cataracte. C'est des gens qui voyaient plus et qui voient. »
- 55:30Invité politiqueFait
« Les médias pour nous c'est l'adversaire numéro 1. C'est pas la droite, c'est pas Le Pen parce que c'est pas Le Pen qui arrive et qui met des sujets comme ça à la télé. »
- 56:53Invité politiqueFait
« Les rubricards politiques, oui, je suis catégorique euh parce que ils finissent par vivre dans une sorte d'intimité aussi avec les dirigeants politiques qui rendent tout ça comme un tout inextricable. »
- 57:36Invité politiqueChiffre
« 90 % des médias sont possédés par 9 milliardaires dans notre pays. Voilà, il faut le savoir et s'interdire la naïveté. »
- 58:53Invité politiqueFait
« Quand la machine médiatique se met en route, il faut que tout le monde cotise au même endroit. On passe, c'est la quête. »
- 1:00:17Invité politiqueFait
« Pour quelle raison sympathiserais-je avec avec monsieur Poutine ? Pourquoi ? Parce que j'ai dit la Russie ce sont des partenaires et pas des adversaires. »
- 1:00:56Invité politiqueFait
« Le général de Gaulle ne s'est pas soucié de savoir que c'était Staline qui dirigeait l'URSS quand il a passé un pacte avec. »
- 1:03:03Invité politiqueChiffre
« Les parlementaires reçoivent une indemnité parlementaire de 5 6000 €. Le revenu moyen du pays, c'est euh moyen, hein, du plus riche au plus, c'est 2000. Le salaire médian, c'est euh 1700 1800 €. »
- 1:03:48Invité politiqueFait
« La morale ça peut pas être profiter tes toi. »
- 1:04:31Invité politiqueFait
« La seule demande que lui a faite Jean-Luc, sur laquelle il a vraiment beaucoup insisté, c'était l'amnistie des syndicalistes condamnés sous Sarkozy. »
- 1:06:43Invité politiqueFait
« Au bout de 2 ans, la France était au bord de la faillite et Mitteran avait décidé de prendre donc le virage de la rigueur et monsieur Mélenchon s'en est jamais remis. »
- 1:08:03Invité politiqueChiffre
« En 1980, la part des profits qui étaient distribués sous forme de dividende, c'était 20 % des profits. Aujourd'hui, c'est 80 %. »
- 1:08:48Invité politiquePromesse
« Notre monde est malade à mourir de la financiarisation de l'économie. Et par conséquent, mon intention est de proposer de définanciariser l'économie. »
- 1:12:12Invité politiqueFait
« Si vous laissez les choses aller comme ça, l'Europe va se briser. Le Brexit, c'est un signal de du début de la fin. »
- 1:14:21Invité politiqueChiffre
« Si on sort, c'est une pagaille indescriptible. Donc il vaut mieux mesurer ces actes. Ceux qui sont en face de nous savent que s'ils ne veulent pas discuter avec nous, comme ils ont fait avec Chipras, Chipras 2 % de l'économie, nous 18. »
- 1:15:05Invité politiqueFait
« Il faudrait pas s'interdire de demander à ceux qui le souhaitent de venir avec nous faire autre chose. Et de ce point de vue-là, il est pas excuse. »
- 1:15:44Invité politiqueFait
« Je pense que n'importe quel esprit fut-il d'un point de vue politique, totalement opposé au mien arrive à comprendre qu'à un moment donné le bilan s'impose à tous. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon100 %
≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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[acclamation] Il fallait commencer par régler le problème le plus simple. Trouver un candidat. Me voici Jean-Luc Mélenchon. Les uns l'accueillent comme le sauveur de la gauche, l'héritier de Jorès et de Mitteran. Les autres le présentent comme la réincarnation de l'homme au couteau entre les dents. Au mieux, Robespierre, au pire, At-La, je ne vous demande pas de m'épouser ni de supporter mon caractère. Tu n'es pas si terrible [musique] qu'on veut bien le dire. 10 fois 100 fois, je l'ai entendu se plaindre des médias et de la façon dont il parlait de lui. On me caricature, on déforme mes propos. Prenez la peine de m'écouter vraiment.
Je suis allé le voir et je lui ai dit "Très bien, je vais réaliser un film sur vous. Je vous écouterai vraiment mais vous vous répondrez à toutes mes questions et vous me laisserez filmer ce que je veux sans qu'aucune porte ne me soit fermée. Il a dit oui et c'est ce qui m'a donné envie de faire ce film. Le suivre pendant plusieurs mois, l'interroger, le regarder agir, ne rien cacher de ce qui en lui séduit ou au contraire inquiète et tenter de répondre à cette question. Et si Jean-Luc Mélenchon devenait le 8e [musique] président de la 5e République ? juin 2016, Paris, place Stalingrad. C'est notre premier jour de tournage.
Pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon est encore dans la petite tente qu'il lui serère de loge. Dans quelques minutes, il va prendre la parole pour le premier grand meeting de sa campagne présidentielle. Manifestement, ses partisans sont au rendez-vous. D'accord. Moi je pense que pour l'instant sur 8000 et peut-être qu'on peut monter à 10 aussi ça si ça tasse. Je crois que ça fait 10000 là et les gens ils sont tassés comme des rats hein. Ouais des sardines. Je le vois se diriger vers la foule embrassant les un saluant les autres montant à la tribune pour un discours enflammé avec juste quelques notes. Je vous appelle à une campagne [musique] pour conquérir le pouvoir.
Je vous appelle à une campagne victorieuse.
[musique]
Une heure plus tard, revient vers nous un mélanchon euphorique que ses amis félicite. Bon retour à tous. Les gens, ils ont du mal à se séparer. Moi aussi, merde. C'était bien. Bon, bravo. Tu as vu ça ? Super, c'est génial. Oh là là, moi je suis frustré, je peux jamais me balader. Qui est-ce qui peut me parler des gens qu'il y a là-dedans ? Moi, je vois rien du tout. je sais rien et j'ai parlé avec personne. Alors, quelles sont les nouvelles ? Les gens sont magnifiques, les gens qui sont là. Moi, j'ai j'étais posté près de l'entrée et j'ai vu les gens rentrer. Il y avait 30 m de queue à 14h et ce qu'il y avait dans les visages, c'était la détermination.
Donc là, on attrape beaucoup plus large que peut-être même des gens qui n'y étaient pas la dernière fois. On était plus nombreux ce coupl que en 2011 largement. Je le regarde atterrir et je ne peux m'empêcher de penser au chemin qu'il a parcouru depuis 5 ans depuis qu'il s'est imposé dans le tableau comme un possible locataire de l'Élysée. La première fois où j'ai repéré Jean-Luc Mélenchon, c'était comme beaucoup de Français un peu avant la campagne pour l'élection présidentielle de 2012. J'avais été alors intrigué par cet homme qui ne mâchait pas ses mots et dont la principale préoccupation ne semblait [musique] pas d'être télégénique mais offensif.
Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas, celui de notre temps, de notre époque. C'est l'heure des caractères et cette salle est remplie de mauvaise tête. Voilà ce qu'elle partie de gauche. Bien évidemment, ce n'était pas seulement parce qu'il parlait haut et fort que je le remarquais. Il y avait aussi ce qu'il disait. Contrairement à la gauche socialiste qui ne parlait plus jamais des exploités et des exploiteurs comme si c'était devenu des gros mots, je l'avais entendu s'adresser à des ouvriers dans des termes qui, je l'avoue, plaisaient à l'ancien militant d'extrême gauche que j'avais été dans ma jeunesse. Et vous, combien de plans sociaux annulés ? Où est la loi ?
La loi qui est plus forte que tout le monde, la justice qui devrait s'imposer à chacun. La loi et la justice sont de notre côté. L'intérêt général est de notre côté. Le peuple est de ce côté qu'attend c'est bon à rien les sarcozies les fillons et toute cette verline qui fait du [acclamation] en fait tout ce qui déplaisait chez lui au commentateur historique de la télévision personnellement me plaisait. Il s'exprime très bien. Il sait qu'il a un charisme, il a un ascendant ilintéresse, il perturbe, il a pas besoin de l'insulter. C'est pas ça la démocratie. La démocratie, c'est de dire je trouve que son son bilan est épouvantable.
Je trouve que ces méthodes de gouvernement ne sont pas acceptable. Enfin, on peut dire des choses comme ça qui sont dures en elles-mêmes, mais on a l'impression qu'il a besoin d'écraser ce qu'il combat. Il pense que en promettant de mettre des têtes au bout de pic, des têtes politiques et des têtes médiatiques, il va lever le peuple révolutionnaire. Il y a un romantisme chez Mélenchon qui empoisonne et qui, je pense, aveugle ce que Mélenchon aurait pu avoir de visionnaire. Mélenchon est à la fois par son style, par sa culture, par ses formules extraordinairement fin du 19e siècle.
Je pense qu'il est aussi archaïque au début du 21e siècle que le Parti communiste l'était à la fin du 20e siècle. Pour ma part, comme je ne pensais pas que les idéos communistes étaient tous archaïques, j'étais au contraire sensible à ce qui le faisait ressembler au grand leader populaires français. À la différence de la plupart des hommes politiques qui forcent leurs talents pour paraître naturel quand ils vont sur le terrain, lui aimait faire campagne et surtout il ne semblait pas à côté de la plaque chaque fois qu'il parlait du peuple, autres mots [musique] banni du vocabulaire médiatique. Les ouvriers et les employés sont les invisibles de notre société.
On n parle jamais, on ne les montre jamais et pourtant il n'y a pas de classe sociale plus nombreuses dans notre pays que les ouvriers, les employés. En 2012, je me souviens quand il était venu me voir, j'étais encore en activité sur le RERB à l'ATP, je l'ai pris comme ça par surprise en lui disant tiens, je vais te faire conduire le R. Il dit "Mais tu es fou avec toute la sécurité que ça représente, je mettre d'avis, tu me fais faire ça." Et on était deux trois conducteurs dans la cabine à pouvoir l'aider évidemment et on lu a dit "Tu vas le faire parce que tu nous as posé beaucoup de questions sur cet outil mais maintenant tu vas te rendre compte de ce que c'est" et il l'a fait.
Je connais pas un candidat qui a pu oser faire ça. L'image qu'il a envoyé pour beaucoup de salariés, c'est qu'il est capable de se mettre à la place des salariés. Il se contente pas de d'en parler, d'évoquer. Il l'a vécu et j'ai vu toute son émotion à ressentir cette sensation que l'on a à conduire un train. Je n'étais pas naïf. Mélenchon voulait plaire à ses interlocuteurs, mais ses visites répétées dans les usines chez Fralib, chez Volkswagen ou encore chez Arcelor Mital, symbole de la résistance ouvrière, me semblait sincère et j'aimais bien la façon dont il était accueilli par ceux qui travaillaient.
Mélenchon déjà quand il vient bon il prend un mégaphone, il est au portier, il vient voir les salariés, il est au contact des salariés, il répond toujours présent et en toute objectivité c'est pas de la lèche quoi. C'est vraiment quelqu'un qui nous écoute, qui nous entend et qui fait parce que quand il y a un SarkoZi qui sur une une grande radio et qui dit "Vous savez les les fourneaux de Gandrange". Non mais franchement quoi, il connaît même pas le titre du dossier quoi. Comment vous voulez qu'il le défende ?
pour gagner un une miette de centimes d'euros pour Volkswagen, on va détruire une masse pareille de capital dans une responsabilité sociale totale en renvoyant des gens chez eux qui savent faire des productions de haut niveau technique. Tout ça est aberrant. Alors cherchez où est l'erreur hein. C'est pas l'ouvrier l'erreur hein, c'est le fric l'erreur. [musique] Cherchez l'erreur. Jolie formule quand on voit en effet le monde perdre la boule et qu'on se demande à qui la faute. En tout cas pour beaucoup de Français en 2012 l'erreur ce n'était pas Mélenchon et nombre d'entre eux furent convaincus après le rassemblement de la Bastille.
Point culminant de sa campagne qui rassembla plus de 100000 participants. Que le mouvement qu'il avait initié ne serait pas qu'un feu de pav. Le 22 avril, il n'arriva qu'en 4e position, mais recueillit tout de même 4 millions de voix, soit 11 % des votes exprimé. La suite des événements ne fut pas moins mouvementée car quelques jours à peine après la fin de la campagne présidentielle et alors que commençait celle des législatives, Jean-Luc Mélenchon, comme s'il voulait refaire le match en s'attaquant à celle qu'il avait devancé le 22 avril, annonça sa candidature dans le nord àin Baumont sur des terres que tout le monde considérait comme acquis à Marine Le Pen.
Et je vis alors le mélancon local faire le buzz avec la même énergie que le mélchon national. Ce qui donne lieu à quelques nouvelles scènes que je trouvais réjouissantes, comme sur ce marché où un électeur le péniste eut la mauvaise idée d'affirmer que le leader du front de gauche gagnait rien de moins que 40000 € par mois. Exactement parce que vous mentez. C'est vous le gar du cœur. E vous regardez-moi moi dans les yeux dans lesux. Alors je gagne 40000 € comment vous le savez ? En lisant les trackes du Front National. Non, pas du tout. Non, pas du tout. Vous savez rien du tout.
Vous avez un poid chiche à la place du cerveau et vous autres l'extrême droite, voilà ce que vous êtes et oui exactement. Nous l'extrême droite, on est des gens un po à la place du cerveau. Vous êtes que plein de haine. Tout ce que vous êtes capable de faire, c'est de détester les Arabes. C'est le maximum de votre intelligence. Vas-y, dit, tu peux y aller he t'inquiète pas. Vous qui l'avez soutenu dans le nord, comment vous expliquez qu'il est qu'il est absolument voulu aller là-bas dans le nord et particulièrement à Baumont, le Parti socialiste a eu ses brebis galeuses qui avaient plombé les comptes de la ville d'une façon et honontée avec des malversations.
Enfin voilà, l'oprobe était jeté sur le PS et Mélenchon visiblement s'est dit moi je peux faire tomber Marine Le Pen et le Front National. Bonjour madame, merci. Sur le frigidaire, c'est ce côté un peu bravache après au combat courageux qui m'a plu. C'est votre épouse qui nous a amené très gentil vraiment. Je suis très touché monsieur. Et ben les courons c'étaient cité marocaine, cité algérienne, cité polonaise, cité français. Mais voilà les courons c'était chaque rue. Voilà déjà que là non maintenant c'est mieux parce que on mélange. Il faut mélanger justement pendant la période de la campagne électorale, moi je m'en ai tout pas rendu. Il y a des gens qui sont venus me dire on a eu peur.
Tu connais le quartier ? Je pense qu'il est parfaitement à sa place. Je pense qu'il parle vraiment au cœur de ces gens-là. C'est quelqu'un qui va te mettre la main sur le bras. C'est quelqu'un qui a pas peur du contact physique. C'est quelqu'un qui va pas avoir peur de se pencher sur les minorités et de les écouter et d'être dans l'empathie. Sa France, c'est celle-là aussi. C'est sans aucun doute. la souffrance qui est ici. Vous n'imaginez pas ça ? Ah ouais ? Je m'attendais pas à ça. Pourtant en banlieu, on envoie des choses, hein. C'est là que j'ai milité quand même pendant des années.
Mais ici les gens, qu'est-ce qui morf Marine Le Pen Le jour de l'élection dans la salle des fêtes des NBA, le premier bulletin dépouillé portait le nom de Marine Le Pen et le mauvais présage se révéla juste. Même si le Front National fut au final battu, Jean-Luc Mélenchon arriva en 3e position et ne fut pas qualifié pour le second tour. Il est normal qu'on soit déçu car on rêve toujours de l'honneur de marcher devant et de porter les couleurs de la République. Mais il ne faut pas se laisser abattre d'une quelconque façon. La grande roue de l'histoire est en marche. [applaudissements] Essayz de vous être utile encore avec mes camarades Hervé.
En tout cas pour moi, comme pour beaucoup d'entre vous, la lutte ne fait que commencer. À bientôt mes amis.
[applaudissements]
À bientôt camarades. C'est dur quand même. Faut rester quand même là tu te dis aller chercher l'énergie pour rester digne, courageuse, tenir sur ces deux jambes et euh prendre ça dans la gueule. Moi, je pense qu'il a dérouillé. Il a peut-être payé un petit peu ce côté bah moi, j'y arriverai quoi. Voilà Gérald, je vous remercie. L'échec fut en effet cuisant. D'autant plus cuisant que les scores élevés du Front National touchaient chez Jean-Luc Mélenchon un point particulièrement sensible dont il avait tenu à me parler dès notre premier entretien. Son hostilité presque charnelle à tout ce qui rappelle de près ou de loin le fascisme.
Hostilité que certains contestent en affirmant que [musique] les extrêmes se ressemblent. Les gens ne se rendent pas compte, vous savez, de [musique] la douleur que ça peut provoquer d'être assimilé au camp contraire. C'est comme ça qu' est venu à partir d'un décin qui m'a assimilé à madame Le Pen cette habitude de porter le triangle rouge que j'ai là qui est le symbole de la déportation des communistes, des socialistes euh par les nazis. Cela dit, vous le savez bien, Marine Le Pen tient parfois des propos qui ressemblent à ceux de la gauche. L'extrême droite a toujours hypnotisé le grand nombre avec des thèmes qu'elle emprunte au vocabulaire de la gauche pour se les approprier.
Quand vous voyez que madame Le Pen parle des fois comme un tracte de la CGT, la honte, c'est pas pour la CGT, c'est pour madame Le Pen qui n'en pense pas un mot. Nul doute que l'actuelle campagne présidentielle va relancer la question de savoir qui copie qui. L'un des slogans choisis pour sa campagne faisant déjà polémique par sa virulence. Je vote, il dégage. Slogan qui s'était imposé pendant l'été quand les partisans de Jean-Luc Mélenchon sillonnaient la France en caravane.
Le danger est que en utilisant parfois certaines techniques ou certains mots de l'adversaire, [musique] on légitime quelque peu ou on banalise également le discours de Marine Le Pen de l'extrême droite notamment sur les élites notamment sur l'Europe, sur les travailleurs détachés. faire appel aux sentiments les plus primaires de la population euh est un risque pour Jean-Luc Mélenchon. Il vaut mieux que ça Jean-Luc Mélenchon. Et pourtant, c'est ça le travail de la politique, c'est de partir des affects pour en faire euh des arguments, des raisons, euh des programmes. Donc ce vocabulaire rend compte de ces affects, faut se mettre en situation.
Tu arrives et tu dis aux gens "Écoutez, c'est votre devoir. Il faut être citoyen, il faut aller voter, donc faut vous inscrire." Bon, qu'est-ce que tu crois qu'ils font les gens ? Ils te répondent moi je les voter. C'est tous les mêmes. Pour qui ? Il y a aucune différence. Ça revient au même. À quoi ça sert ? Pourquoi vous venez m'embêter ? dit oui mais si tu t'en occupes pas eux ils vont rester si tu votes tu peux les faire dégager parce que quand même c'est ça ça touche le fond de notre stratégie une stratégie démocratique. On dit pas aux gens et prenez des bâtons, des rateaux et et on va faire une barricade. Et on s'aperçoit immédiatement que ça fonctionne.
C'est-à-dire que les premières réponses c'est "Ah bah vu comme ça, évidemment c'est pas pareil. Donc on voit que la prise de départ qu'il s'en aille tous, qu'il dégage et cetera, elle est là. Elle est dans le pays. Elle est là. Tu mets les doigts dedans et tu tu sors de l'énergie.
qu'il dégage et et ça renvoie aussi à à un imaginaire qui a pu dans les années 30 être utilisé par l'extrême droite, le coup de balet et non c'est attends pardon de dire que c'est une récupération et une réinterprétation de de l'imaginaire des années 30 qui est exclusivement attribué à l'extrême droite parce qu'elle a gagné mais je voudrais rappeler qu'il y a une affiche où tu vois l'énine avec un balai on voit le banquier avec son son haut de forme qui s'enfuit les chaînes éclatent voilà même notre mémoire, même nos souvenirs, ils les ont volé. Donc attention à ne pas exclusivement réserver la colère populaire et l'affecter à l'extrême droite.
Non, pardon de vous dire, il y a une colère populaire qui est celle de la sur l'extrême droite, sur ses mensonges, sur sa capacité de détourner la colère populaire, en particulier contre les immigrés, Jean-Luc Mélenchon fut ce jour-là intarissable. Et l'écoutant parler avec une telle passion, je me disais que décidément personne n'échappe à son enfance. Car c'est ici au Maroc à Tanger que Jean-Luc Mélenchon a vu le jour. Tanger, un nom de ville qui trouve des échos dans le monde entier.
Situé à la charnière de l'Europe et de l'Afrique, riche d'un passé qui rejoint la mythologie dans l'imagination des hommes, Tanger rassemble au flanc de la montagne ses maisons, ses mosquées, ses ruelles, animé et cosmopolites. Son père George était receveur des postes et sa mère Jeanne institutrice. À la génération d'avant, les Mélenchons étaient espagnols et italiens. Et oui, le petit Jean-Luc avait un grand-père paternel qui s'appelait Antonio Melonchon et sa grand-mère maternelle se nommait Casserta. Pendant 11 ans, les Mélenchons ont vécu heureux au carrefour de deux continents dans cette ville où le monde entier semblait être donné rendez-vous.
Et 50 ans plus tard, l'enfant sage qu'il était à l'école n'a pas oublié ce bonheur passé. Si vous saviez les petites choses dérisoires par lesquelles ça passe, c'est le souvenir de l'odeur de la mer côté atlantique à Tanger. C'est la promenade sur le boulevard Pasteur avec tout d'un coup cette ouverture sur le Droit de Gibraltar. C'est des toutes petites choses qui des fois n'ont n'ont pas de nom, qu'on pas d'importance, qui ont pas de de mais qui sont tellement présentes, tellement présentes.
Or voilà, en 1962, Patatra tout bascule et comme des milliers d'autres Français qui de leur côté quittaient l'Algérie, Jean-Luc Mélenchon se retrouve sur un bateau, une valise à la main, abandonnant sa maison, son quartier, ses repères, une si grande partie de ce qui fait pour chacun sa vie. Exilé. Le départ d'Afrique du Nord est une blessure qui me met en communion avec la sensibilité de n'importe quel immigré. Je sais ce qu'il ressent. C'est pourquoi certains discours me paraissent si insupportables. L'immigration, c'est un exil forcé, faut jamais l'oublier. On choisit pas son exil comme on choisit ses vacances à l'étranger. C'est une souffrance.
Une souffrance, [musique] un feu intérieur né sur l'eau et qui loin de s'éteindre en France va brûler de plus belle jusqu'à [musique] l'adolescence. là où il arrive en Normandie, il est à l'école primaire et l'adaptation est très très difficile pour lui. On l'appelle le il connaît cette cette sensation là, ce racisme dès le plus jeune âge. Ce qui explique aujourd'hui aussi son rapport à l'Europe, dit se sentir plus proche de quelqu'un qui vit en Algérie ou au Maroc euh dans le sud de l'Espagne ou de l'Italie que d'un Allemand, d'un finlandais, d'un Léon, d'un Estonien. Ça joue aussi sur son rapport culturel à ce que doit être l'Europe pour lui aujourd'hui. Vous savez quand ?
et et pourquoi il va basculer à gauche le rapport à la justice, le rapport à l'autre avec sa mère qui était catholique, pratiquante. et il devient de gauche aussi parce que il a une petite amoureuse qui lui offre un livre qu'elle avait récupéré dans la bibliothèque de ses parents. C'est l'histoire de la révolution française d'Adolphe Ther qu'Adolphe Ther ce n'est pas de gauche mais lui se plonge dans cette histoire et c'est un élément fondamental du sa construction politique future. En mai 68, Jean-Luc Mélenchon n'a pas encore 17 ans, mais la politique l'a en effet déjà saisi à bras le corps.
Élève au lycée rouget de Lille de Lonce le Soonnier, il est l'un des meneurs du mouvement lycéen de sa ville. Et un peu plus tard, devenu étudiant, il rejoint l'UNEF et le mouvement trosquiste OCI. Chaque militant avait un pseudonyme. Il on été des petites cellules de tr pour pouvoir rentrer dans ces cellules. Il fallait suivre un groupe d'études révolutionnaire qui durait plus d'un an où on avait des tâches pratiques tout en étant formé politiquement. C'était des militants qui s'estimaient communistes et qui pensaient pouvoir changer le monde par la révolution. final.
En 1973, Jean-Luc représentait la faculté de Besançon où il était là-bas un des principaux leaders, si ce n'est le principal leader étudiant et il est venu dans cet amphithéâtre un peu tumultu et cetera en disant "Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar ?" Et donc il y a déjà là tout le personnage qui aime quand même dans la radicalité un peu d'autres. Et c'est à ce moment-là que l'étudiant contestataire qu'il était partit faire ses tr jours à l'armée, découvrant alors sur lui-même une vérité [musique] qu'il ignorait. Depuis sa naissance, il était partiellement sourd.
J'ai découvert le gouffre qui me séparait d'une audition normale parce qu'on m'a collé pour la première fois le graphique devant les yeux et je n'en revenais pas. J'arrive à en parler pendant fort longtemps, je ne le faisais pas parce que il y a des maladies ou des difficultés qui prêtent à sourire. Voilà. Euh n'importe quoi à l'œil euh suscite beaucoup de compassion. N'importe quoi aux oreilles, non. On ne sait pas pourquoi. C'est comme ça. Tout ce que nous ne voyons pas n'existe pas. Il n'y a pas de volume sonore. Il faut bien comprendre ça. J'ai des ners d'acier, contrairement aux apparences parce que la vie est une suite ininterrompue de surprise.
Donc j'ai passé mon existence à construire une capacité à interpréter des situations que je n'avais pas vu arriver. Ce que ça m'aura aidé à développer, c'est cette imagination sans borne parce que vous passez votre vie à reconstituer des phrases à partir de quelques mots et surtout vous imaginez pour fabriquer des explications. Voilà. Alors, on se moque de moi autour de moi et mes plus proches qui a toujours une théorie sur tout. Bah oui, je peux pas faire autrement. Au sortir de ses études et à la différence d'autres gauchistes de sa génération, Jean-Luc Mélenchon, le devine n'arrêta pas la politique.
[musique]
Au contraire, c'est même à 26 ans qu'il commença à en faire sérieusement en adhérant au Parti socialiste dont il restera membre pendant trois décennies. Un parti dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'aspirait pas à tout chambouler. Et c'est au sud de Paris, dans les sonnes que le jeune Jean-Luc, après avoir été notamment professeur de français dans un lycée technique, va faire ses premières armes devenant le directeur de cabinet du maire de Massie.
[musique]
À l'époque, vous étiez un révolutionnaire ou un socialiste purju ? J'étais socialiste au sens le plus fondamental du terme et révolutionnaire. La déclaration de principe du Parti socialiste quand j'ai adhéré en 1977 proclamit qu'il n'y avait pas de démocratie accomplie dans le capitalisme possible et que le marxisme était une source d'inspiration et cetera et cetera et que le Parti socialiste était un parti révolutionnaire. On l'a oublié maintenant parce vu la caricature qu'on a sous les yeux, ça vient même pas à l'esprit que c'est pu être un mouvement révolutionnaire. Et le mot révolution est souvent surchargé d'une imagerie qui le dessert totalement.
révolution, c'est la violence, les piques, les couteaux, je que sais-je, pas du tout dans notre esprit. C'est pas ça que ça voulait dire. Ça voulait dire les puissants n'y sont plus. Euh ceux qui dominent ne dominent plus, les derniers sont les premiers euh pour prendre un vocabulaire tiré de l'Évangile parce que tout ça quand même se tenait beaucoup. Un homme [musique] qui n'était pourtant pas le plus à gauche des socialistes contribue à Jean-Luc Mélenchon au PS, c'est François Mitteran auquel il restera toujours fidèle alors même que nombre de socialistes prendront leur distance avec l'ancien président tout de suite après sa mort en 1996.
Je m'en tiens à la leçon que m'a donné peu de temps avant qu'il disparaisse celui dont j'avoue avec fierté qu'il était un maître à penser pour moi, le président Mitteran. Il me dit le président Mitteran ne cédez jamais marchez votre chemin. Je marche monsieur
[applaudissements]
Mitérand avait fait un de ses exécuteurs testamentaires médiatiques ou public transmettre la flamme. Et la sincérité de l'affection de Mélenchon pour Mitteran un an après sa mort, la manière dont il en parlait signait l'authenticité du bonhomme. Et on ne peut pas détester Mélenchon quand on a connu cela. Et malgré tous nos différentes, toutes nos disputes, toutes les injures que j'ai reçu, je n'ai rien perdu de mon affection personnelle pour un homme politique qui peut avoir une telle piété filiale pour Mitteran et pour celui qui l'a fait en politique. Zéro traîrise, zéro insultes au passé chez Mélenchon.
Euh François Mitteran pour moi c'est l'homme du programme commun, c'est l'homme de la mutation du Parti socialiste. Donc voilà le le leader que que je suivais d'enthousiasme euh parce que il nous tirait de tout. Il avait toujours enfin bref ce qu'on attend d'un d'un dirigeant. Maintenant c'est mon tour donc je vois bien ce qu'on me demande hein. Et puis après il y a l'homme que j'ai connu. Moi je suis pas né qu'une cuillère d'argent dans la bouche. Ce n'est pas rien pour moi d'avoir connu et fréquenté le président de mon pays. Ce n'est pas rien. Surtout celui-ci là. Cet homme extraordinaire d'ailleurs qui le reste dans l'histoire.
Beaucoup de ceux qui le lui ont jeté des pierres, il ne reste rien ni d'eux ni de leur pierre. Mais qu'est-ce que vous pensez de la critique que les socialistes eux-mêmes font de Mitteran ? Cette critique consiste à lui faire porter tous les péchés du monde pour en exter. Il a eu à affronter une situation compliquée par rapport à laquelle nous n'avions aucune grille d'analyse. Le capitalisme a changé et nous ne savions que faire. Mais qui a jamais dit qu'il était irréprochable ? Personne d'entre nous ne nous dit qu'il est irréprochable. Mais moi, je veux faire vivre la leçon.
L'attachement de Jean-Luc Mélenchon [musique] à François Mitteran ne l'empêche pas cependant de semer le trouble dans son propre camp. Implanté dans les sonnes et animant avec Julien Dray et Marie-Noel Lidman, un courant du PS qui s'oppose à la gauche molle, Jean-Luc Mélenchon rue dans les brancards à chaque occasion. Partout au passé, on mettait le feu, on aggravait les les tensions parce qu'on pensait que l'énergie sociale libérerait le parti de son inertie. Ensuite, on a fait une série de coups d'état. Les gens ont oublié tout ça, mais à un moment donné, le Parti socialiste a changé une fois par an de secrétaire national. C'était énorme comme situation.
Mais je peux être sûr d'une chose, c'est qu'à chaque étape, on était là en train de comploter. Bon, parce qu'on voulait passer à autre chose et puis finalement, c'est autre chose qui est passé sur nous. Voilà. Mais c'était ça l'idée, changer la direction et changer la nature du parti. Laurent Fabius les appelle les cracheurs dans la soupe. Le PS les condamne pour amoralisme politique. Il constitue l'infernal trio de lesonnes. Linman Mélenchondré ne rate jamais une occasion de faire parler d'eux. Après avoir dénoncé la torpeur du PS, ils attaquent aujourd'hui la 5e République en veulent une 6e vraiment parlementaire. Bref, demande au président une vraie révision constitutionnelle.
Pour une 6e République, disait la banderole accrochée au-dessus de la tête du trio infernal. Même si ce n'est pas sur le mélchon socialiste qui intriga pendant des années pour prendre la tête de son parti que j'aurais eu l'idée de faire un film, je dois lui reconnaître de la suite dans les idées. Car de fait aujourd'hui encore rompre avec la 5e République du général de Gaulle reste son cheval de bataille. Le document du Front de gauche dit "Si nous sommes nous à la tête de l'État, nous convoquerons une constituante.
Nous voulons passer à la lisez sur mes lèvres 6e République, le programme du Front de gauche et nous convoquons une constituante comme cela a été fait dans tous les pays où a eu lieu une révolution citoyenne. Moi, j'aime les régimes parlementaires et puisque tout le monde me parle sans arrêt de l'Allemagne, par exemple du type de l'Allemagne, le chancelier, le Premier ministre est celui qui a conduit la liste aux élections législatives qui arrivent en tête." Voilà qui est simple et il a des pouvoirs qui sont placés sous le contrôle du parlement. Voilà. Moi mon idéal dans la vie c'est Scinatus hein. Pour ceux qui connaissent l'histoire antique.
Tu fais le travail tu le fais bien et après tu rentres à la maison. Moi, je ferai la constituante le programme qui a là-dedans et je rentre à la maison. Mélenchon Saintcinatus, un homme politique qui affirme que son rêve n'est pas d'être César et qui est obligé néanmoins de se présenter pour la seconde fois à une élection présidentielle au suffrage universel pour devenir monarque. Il est tiraillé par le fait qu'il se présente à une élection présidentielle dans la 5e République qui veut qu'on élise un homme et en même temps il représente un courant où il faut pas qu'il y ait de d'idole. Ah ! Ne commencez pas ces mauvaises manières. On ne crie pas mon nom, on crie résistance.
[acclamation] Mais quand on y réfléchit, ce n'est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon est dans le paradoxe se servant du système pour le combattre de l'intérieur. C'est même une des clés du personnage qui permet par exemple de comprendre pourquoi en 1986, les circonstances rendant possible son élection [musique] au Sénat, il s'y engouffre sans état d'âme, devenant ainsi le plus jeune sénateur de France. C'était pas le but de sa vie hein d'être sénateur. Bon, il se trouve que ça s'est présenté comme ça. En revanche, un révolutionnaire, il sait être opportuniste, c'est-à-dire saisir des occasions qui permettent d'asseoir une influence. Ça offre une tribune aussi d'être élu.
C'est une position à partir de laquelle on parle et on peut s'adresser à une audience élargie. Jean-Luc Mélenchon qu'on présente un petit peu ici toujours comme comme l'enfant terrible des sénateurs. Est-ce que vous êtes d'accord avec le genre de discours que nous venons d'entendre ? Je respecte trop mes collègues pour leur dire je ne suis pas d'accord mais tous les 3 ans découvre le Sénat et tous les 3 ans se demandent à quoi il sert. Je crois que nous on ferait bien aussi de se poser la question. Je pense que nous sommes, c'est vrai, assez coupés de l'opinion. C'est par sa composition sociale, c'est par sa moyenne d'âge, par sa composition homme et femme.
Ici, il règne une misogénie euh qu'il faut pointer du doigt. Et d'ailleurs, les socialistes, nous ne sommes pas euh euh en dehors hors de toute critique. Pourquoi est-ce que vous étiez opposé au Sénat ? Dans l'idée que je me faisais d'une République, il y avait pas de Sénat. Je n'ai jamais adhéré à l'idée d'après laquelle le Sénat représenterait les territoires parce que pour moi ça n'a pas de sens. Ce qui a du sens, c'est de représenter les populations. Mais en même temps, c'est c'est une chance inouie donner à un homme aussi jeune et j'ai appris l'essentiel de ce que j'ai su faire après.
Parler sans note, ergotter des heures durant sur des textes avec une mauvaise foi totale et d'autres fois avec une bonne foi absolue. C'était une école très dure parce que vous aviez là des spécialistes. Donc un mot de travers, pas vous faisait aligner hein. Donc il pouvait pas être question d'arriver là les mains dans les poches. Donc c'était dur mais très valorisant. Ça, je n'y avais pas pensé. Ce serait donc au Sénat l'une des institutions les plus conservatrices de la République que Mélenchon le rebelle aurait peaufiné ce talent oratoire que tout le monde, y compris ses détracteurs lui reconnaissent.
C'est un orateur réellement hors du commun, c'est-à-dire que c'est un trivin charismatique. Il y en a pour le coup, il y en a pas beaucoup. Je dirais que je suis sûr qu'il est aujourd'hui sûrement dans les deux ou trois meilleurs orateurs politiques actuels. Peut-être le meilleur. Nous voici de retour. Le peuple des révolutions et des rébellions en France. Nous sommes le drapeau rouge et le rouge du drapeau. À la fois, ils transmet de l'énergie comme beaucoup d'hommes politiques mais ils transmettent de l'énergie.
Vous avez aussi bien Sarkozy que Besans quand vous écoutez Jean-Luc et ça m'a toujours moi fasciné, vous avez le sentiment en sortant de la salle que vous êtes devenu un peu plus intelligent, que vous comprenez un peu mieux le monde. Et je crois que c'est ça qui est le fond même de de ce qu'il souhaite transmettre et de de y compris de ce qu'il vit lui-même comme individu. C'estàd que tout doit lui servir à mieux comprendre le monde dans lequel nous sommes et à être un peu plus intelligent. Disons qu'il a un rapport à la communication qui est vraiment très différent de tous les autres hommes ou femmes politiques qui vont mesurer leurs propos qui vont les calibrer spécialement pour la presse.
De nos jours, on a toujours les discours des politiques qui nous sont donnés pour faire son travail. Même certains facilitent la tâche en soulignant les phrases à retenir. Bon, avec Mélenchon, il y a pas ça. Ça veut pas dire que ce qu'il dit n'a pas été réfléchi, pesé, mesuré avant. Mais dans la façon dont il veut amener son effet, il a une autre méthode quoi.
[musique]
Une autre méthode ? Et bien justement, j'ai eu envie de voir de près comment l'ancien sénateur socialiste avait bien pu devenir le leader des insoumis français. Comment aujourd'hui il la mettait en pratique cette autre méthode ? [musique] Et c'est à l'île que je me suis rendu m'incrustant dans sa loge pendant la préparation du discours qu'il devait faire le lendemain. Il y a 10 fois trop de choses là-dedans. Alors, c'est peut-être juste une affaire de rythme. Regarde qu'est-ce que tu en penses ? Et ça se remplit petit à petit. Tu vois après c'est illisible. J'ai plus qu'à tout Saintj disait que c'est la mémoire des annes les notes. Il pas t Ça c'est pour votre intervention ?
Oui parce que j'écris pas le discours. Donc je fais un plan comme ça. Et comment vous suivez ? Pom pom. Et comment vous allez le suivre ensuite ? Et ben quand tu l'as travaillé des heures, ce qui va être le cas de celui-là, tu l'as dans la tête. Il y a des trucs qu'il faut savoir. Il faut savoir commencer et finir. D'accord ? Après, il faut travailler les les intervalles. Et à un moment donné, en le regardant cogité ainsi à haute voix, je compris la capacité qu'il a d'être non seulement éloquent, mais aussi pédagogue, notamment sur une question où je ne l'attendais pas, l'écologie et qu'il a pourtant mise au cœur de sa campagne.
par hasard, le voilà qui tombe sur un article [musique] du Figaro, ce qui lui donne matière le lendemain à improviser un véritable sketch politique. L'élevage et là-dedans, on a lu que il y avait un gars qui ventait son jambon comme étant sans antibiotique. Les industriels français sont sans doute les plus innovants au monde. Génial, en témoigne la cave à viande, les moulins à champignons et autres boudins de quinoa à découper. primé. Non mais c'est intéressant tout ça. Hier, je regarde, je préparais le discours là, puis euh tout le monde m'a dit "Ah, pas trop, pas trop, si trop." Euh et euh euh je regarde un un journal et justement ça parlait de l'inventivité dans l'agroalimentaire.
Tant mieux, je les félicite. Sont très inventifs. Alors euh quelqu'un a inventé une cave à viande, je sais pas ce que c'est, je vais me renseigner hein. Euh avant, c'est très innovant. Un autre a inventé je sais pas quoi. Et dans les produits qui propose du jambon sans antibiotiques, ils pourrissent tout et après il passe en vous disant mais il m'en reste un peu du pas pourri. Est-ce que vous en voulez ? Voilà. Mais attendez, vous allez voir,
[applaudissements]
écoutez-moi les gens, c'est un modèle économique. Pourquoi ? parce qu'ils font plus de marge sur le jambon avec de l'antibiotique. Et alors nous faisons notre plusvalue, disent-il, non pas sur les produits ordinaire pour le vil peuple qui n'a qu'à manger du jambon s'il en mange avec des antibiotiques. Nous faisons nos marges sur les produits plus raffinés, c'est-à-dire le jambon sans antibiotique. C'est un modèle économique. C'est avec ça qu'il faut cesser. C'est absurde. Et vous en connaissez la conclusion de ce modèle alimentaire. Non seulement c'est l'empoisonnement généralisé, mais c'est un gâchi inoui. Aujourd'hui, certains médias découvrent que Jean-Luc Mélenchon est devenu écolo.
Or, déjà en 2012, il tenait exactement le même discours dans ses meetings. Nicolas Hullot a a dit juste après 2012 qu'il avait fini par voter Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et non pas Eva Joli qui était la candidate d'Europe écologie les vert. On vous a dressé les amis, on vous a éduqué. Le capitalisme est entré dans votre corps. Il vous a appris à goûter. Il est sur votre langue, il est dans vos papilles. Résultat, 40 % de la production agricole est foutue à la poubelle parce que sinon vous l'acheteriez pas parce que la pomme a pas la bonne forme, parce que la tomate a pas la bonne couleur et cetera et cetera, et cetera. 40 % une civilisation qui vit sur le déchet. Pourquoi faire ?
Pourquoi fait-elle ça ? pour faire du fric. Il y a que ça qui les intéresse, il y a que ça qui les motive, il y a que ça qui les occupe. L'argent, l'argent, l'argent, l'argent. C'est tout ce qui connaissent. [applaudissements]
[applaudissements]
C'était très bien. C'était 1h30, c'est un peu long, hein. Ouais, mais vu tout ce que tu avais, ça aurait pu être encore plus long en réalité. Oui, je l'ai fait grâce du plastique et des verres de terre. C'était très humaniste et euh Ouais. Et vu la gravité de la situation, ça correspondait bien. Juliette, journal de France 2 a ouvert, tu étais leur deuxième titre. Hm. Le journal de France 2 a ouvert sur toi, c'est leur deuxième titre dans le journal sondage Mélenchon placé à gauche et là c'est Racquel qui me tient au courant. Ils sont en train de faire un direct dans le village. Voilà. Super. OK. On est à 138000 soutiens dis donc. Ouais. [grognement] 3000 personnes dans un discours.
C'est bon. Non. J'espère que c'était convaincant. Un coup de rouge, un petit coup de rouge. Quelques minutes plus tard, entrait dans sa loge une vingtaine d'invités [musique] à même de rassurer l'artiste sur sa prestation dont l'ancien ministre de la culture du Mali, l'ambassadeur de Bolivie, celui du Venezuela ou encore l'ancienne présidente du Parlement grec. La présence en ces lieux de plusieurs personnalités originaires [musique] d'Amérique latine était logique. Ce sous-continent accompagne Jean-Luc Mélenchon depuis des années et rien de [musique] ce qui touche à la Bolivie, au Venezuela, mais aussi bien au Chili, à Cuba ou à l'Équateur ne lui est étranger.
Il se trouve que Massi [musique] en Esson a été une terre d'accueil pour euh tous les réfugiés politiques euh du continent sud-américain dans les années 70, ces années où les dictatures se sont installées, 73 76 et Jean-Luc qui parle espagnol couramment, enfin qui qui est totalement bilingue même et il a tissé des liens extrêmement forts. Il aime ses pays, il aime ses ambiances, il connaît cette culture et puis il y a eu dans la dernière période, même si là la parenthèse est peut-être en train de se refermer, cette idée que la gauche latino-américaine traçait le chemin. Il découvre que en Amérique latine, comme il dit, la flamme repart quoi, la flamme socialiste se rallume.
Et qu'il y a des gens qui disent "Non, nous même si le mur est tombé, c'est pas pour autant qu'on va accepter le modèle américain, un modèle capitaliste." Donc on veut faire autre chose. qui découvre les progressistes d'Amérique du Sud. Il s'est dit "Mais comment ça se fait que au moment où nous on est en plein effondrement, eux arrivent à susciter un espoir ?" Donc tous ces pays ont réparti la richesse autrement. C'est le cas du Venezuela. Au moment où nos amis arrivent au pouvoir, le baril de pétrole est à 100 dollars. Donc au lieu de faire Jean Roi d'Arabie Saoudite, je garde tout pour moi et ma famille, ce qui était le cas avant, les cor on pu garder tout pour eux.
Chava s'est mis à tout distribuer à distribuer en grand et donc à créer un enrichissement de la société, la formation d'une nouvelle classe moyenne. Bon, ça a créé d'autres problèmes après. Mais tout cet apprentissage là, je veux pas qu'il soit perdu. Il y a certainement du positif chez Chavez ou Castro. Mais pourquoi êtes-vous toujours réticent à dire qu'il y a aussi du négatif ? C'est ça la russe du système. Elle dit "Mais monsieur, vous êtes un homme intelligent, [musique] tout ça n'est pas parfait." Alors, vous commencez par dire bah non parce que vous êtes justement, vous êtes un peu cultivé, vous savez bien que c'est pas de ce monde la perfection.
Ah oui, alors dites-nous quoi et vous vous retrouvez dans une interview à faire la liste de tout ce qui va pas alors que vous êtes censé être quelqu'un qui est intéressé, qui veut soutenir, qui veut importer le meilleur. Mais vous savez ce que je vous raconte là, je l'ai vécu mais 100 fois. J'ai mon peut-être commencer d'abord par dire ce qui est bien. Par exemple, comme il y a de pauvre à moi. Comment ça se fait que grâce à Chavez, il y a eu la mission Milagre. Oui oui mais qu'est-ce qui ne va pas ? Non mais la mission Milagre, vous savez ce que c'est ? C'était des gens de pauvres gens qui avaient la cataracte. Tout le monde s'en foutait de ce qui leur arrivait. Ils y voyaient plus.
100000 personnes ont été guéries de la cataracte. C'est des gens qui voyaient plus et qui voient. C'est pareil pour Cuba. Comparé au reste des Caraïbes, comparé à Haïti, vous prierz pour avoir fidèle pour que vos enfants ne mangent pas de la terre pour apaiser la souffrance de la fin. Alors après, est-ce que moi j'ai l'intention de prendre Cuba comme modèle ? Ben certainement pas. Enfin, c'est quand même eux qui ont trouvé le moyen de stopper la contamination du sida dans le ventre de la mer. C'est quand même eux qui ont trouver les premiers remèdes contre le cancer du poumon et cetera et cetera.
Alors pour la critique, je laisse les autres et que chaque citoyen démêle entre mes commentaires favorables et les commentaires défavorables qu'il se fasse son idée s'il peut se faire. Mais c'est pas à moi d'aller faire comme ça des bilans négatifs. Je sais bien que c'est pas parfait. Je pourrais vous dire des tas de choses sur les imperfections. Bref, refusant de hurler avec les loups, Jean-Luc Mélenchon considère donc que la politique n'est pas un dînée de gala et que nul ne s'en sort indeme. Cette conception réaliste de la politique qui n'est pas dépourvue d'un certain cynisme ne tombe pas du ciel. Mélenchons la forgée tout au long de ces 30 années de combat au sein même [musique] du PS.
D'ailleurs, on ne comprend rien ce qui se passe aujourd'hui. Si on oublie que celui auquel il s'est le plus souvent opposé du temps où il complotait pour prendre la tête du parti dont ils étaient tous les deux membres, c'est François Hollande qui lui réussit à devenir premier secrétaire et à marginaliser ce trublon de Mélenchon qui la supportait. On peut dire qu'il n'y a jamais eu d'atome crochu entre Mélenchon et Hollande ? Non, non, non, non, jamais. Jean-Luc, tu fais ton petit point de presse ? Non, je passais chérou. Je pense qu' il trouvait que c'était un techno, il trouvait que c'était pas assez politique. Il n'a jamais profondément respecté.
Fort heureusement pour [musique] lui, contournant l'hostilité de François Hollande et de quelques autres, le pouvoir Jean-Luc Mélenchon finit par s'y retrouver en mars 2000, devenant enfin membre du gouvernement Jospin. Certes, il ne fut alors que ministre délégué à l'enseignement professionnel, [musique] mais se retrouvant ainsi au cœur de l'État, Jean-Luc Mélenchon aurait eu mauvaise grâce à bouder son plaisir. Chaud et froid, hein, froid là-bas au bout, chaud là-dedans. C'est vous qui mettez des majuscules partout comme ça après une virgule. L'ancien prof de français que je suis est scandalisé. Bon allez à bientôt jeune fille. Merci.
Oui, j'étais très heureux dans mon rôle de ministre d'abord parce que je me sentais profondément utile comme peu de fois dans ma vie. Je suis un intellectuel pas manuel pour dessous hein et j'ai toujours éprouvé une sorte de fascination pour les machines, les métiers que je suis incapable de mener et de comprendre. comment on construit une carlingue, comment on fait marcher un système automatisé, c'était magique. C'est vraiment un des moments les plus heureux de ma vie, c'est sûr. C'était un très bon ministre. Il avait d'un seul coup la glorification du travail manuel, la grande noblesse de l'ouvrier, de l'apprenti, de celui qui fait avec ses mains.
C'était pas une posture, c'était une conviction [raclement de gorge] politique forte. Il a eu trop peu de temps et trop peu d'argent. Sinon, cette politique là était la bonne. Tous les gouvernements suivants ont couru après avec de grands discours et peu de d'actes. Il a failli être un très grand ministre. Il lui a manqué du temps et des moyens. La suite est moins [musique] joyeuse. En 2002, Lionel Jospin se présente à l'élection présidentielle et contre toute attente, le voilà qui mort la poussière, battu au premier tour par Jacques Chirac et pire que [musique] tout par Jean-Marie Le Pen. J'assume pleinement la responsabilité de cet échec.
et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin après la fin de l'élection présidentielle. Toute la gauche est cha [musique] debout et Jean-Luc Mélenchon plonge dans un état qu'il n'avait jamais connu jusque-là. Je pense qu'il avait une certaine estime de Lionel Jaspin et de voir cet homme politique battu de cette manière-là. Ça l'a ébranlé. Il était dans la cour ici à Solferino. Il disait "Je m'en remets pas, je m'en remets pas." Et ça ça revenait sans arrêt comme comme un j'arrive pas à m'en remettre, je m'en remets pas. De sa chute, j'ai tiré une déprime, la vraie la maladie.
Je suis tombé malade tellement le fait m'a m'a percuté et m'a paru euh tellement profondément injuste. Le corps euh les affections, les amours euh euh tout s'était écroulé autour de moi. Difficile de connaître la nature exacte de ce que Jean-Luc Mélenchon appelle sa dépression. En revanche, il est possible de savoir quand elle se termina pour de pont lors du référendum de 2005.
[musique]
Car la campagne qu'il mena alors en faveur du nom au traité sur la Constitution européenne se révéla le plus efficace des traitement. S'opposé, comme la majorité des Français à ce texte aussi abscon [musique] que libéral fut pour lui providentiel. D'autant plus providentiel que ce faisant, il s'opposait également à la droite et à la direction de son propre parti qui, de la même voix appelait à voter. Oui. Le nom socialiste existe, il prend sa place dans le nom de gauche.
[applaudissements]
Clairement, à l'époque les derniers miasmes de la dépression, les derniers points d'attache se se dissolvent. Pour moi, la bataille de 2005 a été un renouveau personnel de fond en comble et de mon enracinement dans mes convictions et j'ai d'abord été émerveillé par le niveau de connaissance et de formation des dirigeants. Quand vous êtes sur la même tribune que Olivier Besancnau, Marie-George Buffet et combien d'autres comme ça, vous vous dites waouh, il y a de quoi faire un parti extraordinaire, hein. Et moi, je me suis refaçonné et définitivement mis à distance du PS parce que je riais quand il pleurait, je pleurais quand il riait. Et avec moi combien d'autres ?
Quand j'ai adhéré au Parti socialiste il y a 30 ans, ce n'est pas comme si j'étais entré au monastère, n'est-ce pas ? Je n'ai pas juré obéissance à je ne sais qui. Et un moment que je je peux raconter qui pour moi a eu a été un effet déflagrateur. Je suis dans la Somme et on m'a invité pour une réunion sur le nom. Alors les gens sont venus, on a mis une petite estrade, il y a l'ancien combattant qui a fait un discours. Il y a la secrétaire fédérale du Parti communiste qui est une infirmière qui a fait un discours et puis il y a une salle remplie de gens.
Euh bref, je suis dans une réunion populaire, je me sens ridicule avec mon costume et mon air empesé de sénateur et et quand mon tour vient de parler euh je sais pas ce qui me prend. Au milieu du discours, je commence à leur dire euh votez pour les châtiers, les importants, les belles personnes. On j'avais fait toute une liste comme ça de mots parce que c'était difficile comment nommer les autres. Vous pouvez pas dire la droite, il y avait les socialistes dedans. Votez, leur dis-je. Votez, votez, votez pour les châtiers. Et je sais pas ce qui se passe dans la salle. tout le monde se lève et se met à crier.
Ce moment est déflagrateur parce que je me dis mon dieu, j'ai fait partie de ceux qui tenaient le couvercle sur ces ces gens qui sont là et qui à cet instant euh ouf la porte est ouverte et leur énergie se lâche. Et je pense que je date de ce moment-là vraiment ma rupture affective avec le monde duquel je viens. À ce moment-là, je ne suis plus [raclement de gorge] le sénateur socialiste que j'étais. Je redeviens une de ces personnes qui mettent des petites laines sur la blouse. C'est la blouse de ma grand-mère. C'est la bille des gens qui m'ont entouré. Je sais que je suis avec eux.
En 2005, contre la coalition des belles personnes, le nom Triomphe et avec lui Jean-Luc Mélenchon, ivre de bonheur. Sa conviction est faite désormais point de salut sinon hors du Parti socialiste. Il a beaucoup regretté que les tenants du nom de l'époque, on ne soit pas capable d'avoir renversé la table au sein du PS alors que notre électorat avait été majoritairement à voter. Il a espéré qu'on puisse sortir à plusieurs sans doute et ça ne s'est pas fait. Ensuite, je crois que sa décision était prise et il a cherché le moment opportun. Le moment opportun ce sera 3 ans plus tard. [musique] La rupture définitive de Jean-Luc Mélenchon avec la vieille social-démocratie.
En 2008, il annonce qu'il quitte le Parti socialiste et dans la foulée crée son propre mouvement. Je sais que ce que je suis en train de faire est décisif, ça oui, je le sais parce que c'est la première fois qu'il y a une sission du Parti socialiste depuis le départ de Jean-Pierre Chevenement et je je sais que je ne ferai pas les erreurs d'isolement qu'a fait Jean-Pierre Chevenement et je sais au moment où je sors du PS que j'ai un allié qui m'attend dehors qui est le parti communiste de ma de Marie-George Buffet, je le sais parce que nous en sommes convenus avant parce qu'il y a eu des échanges, il y a eu des signaux donnés. Bon, ce sont des choses très précises.
Donc, je sais que nous allons faire quelque chose qui va s'appeler le front de gauche. Nous avons la certitude qu'il y a dans ce pays une gauche disponible, une énorme énergie disponible pour affronter la droite et pas s'abstenir devant elle. Nous nous déclarons partisans de la formation d'un front de gauche. Ça veut dire très clairement que nous nous adresserons à tous ceux qui sont disponibles. Alors, pas de doute.
Jean-Luc Mélenchon, le Mélenchon qui est aujourd'hui l'un des deux ou trois hommes politiques les plus populaires en France, le Mélenchon qui se retrouve de nouveau candidat à l'élection présidentielle mais pour la gagner cette fois, le Mélenchon qui peut déjà se féliciter d'avoir bouleversé la donne à gauche, celui-là est vraiment né en novembre 2008. Libéré de ses entraves, métamorphosé par sa sortie du Parti socialiste, Mélenchon se sent poussé des ailes et à 57 ans, comme s'il n'avait plus une minute à perdre, il foncent tous.
De même qu'il s'était fait élire sénateur dans une institution conservatrice qu'il combattait, il se fait élire députés européens dans une Europe libérale qu'il veut chambouler. Il souhaite devenir incontournable à gauche et il y parvient en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, s'imposant notamment comme une véritable bête médiatique. Le rôle du système des médias est donc de de rendre compréhensibles les enjeux et les points de vues contradictoires. Il n'y a pas de vérité. Il n'y a pas vos sacrées phrases qui consistent à dire concrètement pour résumer en bref et toutes vos salades qui font qu'un problème compliqué est résumé en un truc incompréhensible.
Le niveau baisse d'argumentation s'effondre. Mais vous avez raison Al niveau baisse, il a jamais été très élevé. Vous êtes splendide et magnifique depuis toujours. Vous êtes une sorte de médiocrate qui confie nos bouddha de la vérité. Vous avez raison et je dis plus rien. Pas de point de vue et vous cherchez pas un point de vue, j'essaie de convaincre. Je ne prétends pas avoir raison. Journaliste, il les méprise en tant que corporation et individuellement en général il les déteste. Ce qui est bien, c'est que on se sent pas seulêre. détester, c'est toujours un peu désagréable si on a l'impression à un moment qu'on est seul à détester par quelqu'un. Lui non, on est tous détestés.
Il a considéré à un moment donné que pour avoir le vote populaire, il fallait partir en guerre contre les élites, notamment la partie la plus visible des élite, l'élite médiatique. Donc il a fait de l'invective du journaliste quand ce n'était pas de l'insulte, une arme politique. Il parlait moins au journalistes qu'il prenait à partie qu'à l'électorat populaire dont il pensait que cette agression flatterait les sentiments et lui vaudrait les voies. Avant dans les voix, on se demandait mais qui va prendre le feu ? Est-ce que c'est c'est toi au Figaro ? Ouais, c'est toi à Libé. Toi le parisien, tu peux même pas rentrer. Tu es blacklisté.
Il y avait une sorte de de méfiance du coup préinstallé puisque avant même de rentrer dans la salle pour qu'il nous parle, oui, chacun est sur ses gardes de qui va prendre le feu en premier quoi. Ah, celle-là, elle est nouvelle comme question. Alors là, vous je vais vous dire à RTL, vous êtes mis à combien pour trouver ça ? Est-ce que vous pourriez-p à voter pour On a l'impression que chaque question qu'on lui pose, c'est la question de questions et que le sort du monde est engagé. D'ailleurs, il est quelqu'un qui donne l'impression d'avoir en permanence quelque chose à démontrer tout le temps, sur tous les sujets, je dirais sur les sujets politiques, ce qui après tout se comprend.
Mais mais on a même l'impression que si on trouve que la clime est un peu forte ou un peu faible, il voudra démontrer quelque chose. Il répond comme un adversaire politique quoi. Et il dit d'ailleurs les médias pour nous c'est l'adversaire numéro 1. C'est pas la droite, c'est pas le Pen parce que c'est pas Le Pen qui arrive et qui met des sujets comme ça à la télé. Non, ça ça n'existe pas. C'est pas la droite qui appelle les journaux pour dire parler de c, parler de ça. Non, c'est les médias. Donc les médias sont l'ennemi numéro 1.
C'est évident que notre adversaire et moins le dirigeant politique qui est vu parfois par nos concitoyens de manière assez critique à juste raison que nombre des médias qui forgent les consciences. Et c'est pour ça que Jean-Luc Lenchon est aussi un personnage qui incarne lui-même parfois cette colère, cette conflictualité avec certains journalistes qui répètent toujours sous une forme de prétendue évidence des choses qui sont totalement discutables. Bon, j'aimerais tirer au clair le rapport que vous entretenez avec les médias. Les journalistes, vous les détestez vraiment ? On peut pas s'arrêter à dire les journalistes parce que le journaliste de la rubrique sportive ne m'a rien fait.
Je ne sais pas ce qu'il fait. euh le journaliste de la rubrique culturelle euh je le regarde mais je suis pas en état de porter une appréciation sur la valeur du travail qu'ils font. Donc c'est une généralisation qui a pas de sens. Les rubricards politiques, oui, je suis catégorique euh parce que ils finissent par vivre dans une sorte d'intimité aussi avec les dirigeants politiques qui rendent tout ça comme un tout inextricable. Pas un instant, je ne ressens de mépris pour les personnes que je rencontre, mais je m'interdis la naïveté de croire que tout ça soit en jeu à la loyale. Non, 90 % des médias sont possédés par 9 milliardaires dans notre pays.
Voilà, il faut le savoir et s'interdire la naïveté. En tout cas, quand on prétend exercer des responsabilités de très haut niveau et jouer un rôle [raclement de gorge] dans la géopolitique mondiale, on ne peut pas se mettre à la mercie d'une illusion aussi stupide que de croire que celui qui vous interroge est seulement de bonne foi.
Cette conviction que le système médiatique est de mauvaise foi conduit en effet Jean-Luc Mélenchon à ne jamais céder un pouce de terrain, même quand son interviewur requière de sa part un simple acquiissement, une toute petite adhésion au consensus général [musique] comme par exemple quand il lui était demandé de condamner les bombardements russes en Syrie, ce qui semblait la moindre des choses. Est-ce que vous contestez la notion de crime de guerre imputable à la Russie ? Tout ça, ce sont des bavardages. Il y a une guerre qui Non, c'est une réalité terrible aujourd'hui encore. Non. Oui. Oui. D'accord. OK. Jean-Michel Grossiur.
Alors, nous allons commencer par dire que nous n'aimons pas les bombardement, ni vous ni moi. D'ailleurs, nous ne les avons jamais aimés. Vous voulez voir de ma bouche sortir le mot russe pour que ça rentre dans le vocabulaire ambiant ? Alors, les bombardements en général sont condamnables. Monsieur Jean-Michel Grossior, arrêtez avec la politique de Disneyland. Il y a une guerre et les deux partis essayent de la gagner. Je verrai bien la tête et les questions que vous poserez à vos invités d'ici quelques jours.
Quand commenceront les bombardements sur Mosou, vous les trouverez divins parce que Libérateur, vous savez, je ne sais pas si vous visionnez vos interventions à la télé, mais vous ne vous dites jamais après coup que vous avez peut-être été trop intransigent. Faut comprendre la mécanique. Quand la machine médiatique se met en route, il faut que tout le monde cotise au même endroit. On passe, c'est la quête. Donc si la mode de la semaine c'est abas les bombardements d'Alep, il faut commencer par dire abas les bombardements d'Alp et après tu dis ce que tu veux s'en fout.
Ce qui compte c'est même Mélenchon condamne ce qui sous-entend que au fond j'ai déjà une accointance particulière avec les bombardements mais que dans ce cas-là quand même je trouve que c'est trop. Et c'est cette façon de d'exiger la cotisation qui moi me me met les nervifs, hein, parce que je vois arriver euh la main de la manipulation. Et puis surtout, il veut pas perdre, quoi. Il a un orgueil qui fait que non, il va pas vous accorder la réponse que vous imaginez. Bien sûr, il condamne les bombardements en Syrie, mais il veut pas avoir à le répéter 100 fois. il veut pas qu'on l'enferme là-dedans parce que c'est comme il dit, mettre le doigt dans l'engrenage quoi. Bonjour.
Faut vraiment avoir à l'esprit que pour lui une interview c'est pas quelque chose de gentil et neutre et sympathique. Pour lui comme il dit, c'est monter sur un ring. C'est un affrontement, c'est un rapport de force. De toute façon, il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas. Ça ça ne vous ennuie pas qu'au final de vous à un partisan de Poutine. La vie médiatique, c'est comme une scène de santon. Chacun est à sa place. Alors, le berger euh euh le boucher euh le cavalier et le pour que la scène soit au point, ça se rentre dans le cadre, il faut que chacun occupe une place. Voilà. Donc moi, on m'a mis à la place euh du méchant.
À chaque fois qu'il y a un méchant qui apparaît dans le tableau, il faut que je sois d'accord avec. Un coup, c'est Fidè Castro, meuf la Castrice. Le lendemain, c'est Tav, le surlendemain, c'est Poutine. Pour quelle raison sympathiserais-je avec avec monsieur Poutine ? Pourquoi ? Parce que j'ai dit la Russie ce sont des partenaires et pas des adversaires. Donc vous m'entendez ? Si je suis le président de la République française, je m'entendrai avec les Russes et je ne me souci pas de savoir qui dirige leur pays parce que le général de Gaulle ne s'est pas soucié de savoir que c'était Staline qui dirigeait l'URSS quand il a passé un pacte avec.
Voilà, parce que il ne s'est pas soucié de dire que c'était Maoun qui dirigeait la Chine quand il l'a reconnu en 1964 et que c'était le seul pays qui faisait ça parce que la France, elle a des partenaires qui sont dans l'histoire longue. Voilà. Et nous on doit nécessairement s'entendre avec les Russes et chaque fois qu'on s'entend pas avec eux, ça tourne à la catastrophe pour les Français. Donc après, c'est une autre chose de dire qu'on est d'accord ou pas d'accord avec tel ou tel régime. Enfin, c'est quand même un comble. C'est quand même un comble. Moi, mon ami russe, il est président d'une organisation qui s'appelle le Front de gauche. Il a déclenché des manifestations.
Où il est mon ami russe ? Il est en prison. Et pourquoi ce serait moi qui sera d'accord avec le nom ? Là, c'est abusé. Moi, j'accepte d'être critiqué durement dans ce que sont mes positions, pas dans celles qu'on m'attribue. Dans cette crèche médiatique où Jean-Luc Mélenchon a donc le sentiment d'occuper la place du méchant, je ne sais pas à quel autre senton il préférerait qu'on l'identifie. Mais ce qui est sûr, c'est que tous ceux qui ont eu l'occasion de le suivre et de le voir un peu dans l'intimité connaissent un autre trait de sa personnalité inattendu, qui en fait au quotidien un personnage plutôt des bonir et simple.
Moi, il m'a toujours surpris par ces choix de restaurants quand on faisait des entretiens parce que voilà, c'est pas des troquets mais c'est des restaurants plutôt simple quoi. C'était pas la coupole ou des endroits très très chics. C'est pas des tables avec des nappes. Pour faire peuple, il suffit pas de relever les manches de sa chemise comme le font certains. Tu vois très bien quand un mec il est à l'aise quand c'est la même culture, c'est un mec qui peut manger un sandwich sur le bord d'un zing et on aura pas l'impression que c'est une vache qui a trouvé un canif dans un prê quoi. Vous diriez du coup que vous n'êtes pas déconnecté de la vie des gens ?
Je suis déconnecté de la vie des gens. C'est pas parce que je vis dans un quartier populaire, parce que je prends le métro, parce que j'ai pas de chauffeur ni de voiture, ni de garde du corps que pour autant euh mon revenu ne me sépare pas radicalement des autres. Les parlementaires reçoivent une indemnité parlementaire de 5 6000 €. Le revenu moyen du pays, c'est euh moyen, hein, du plus riche au plus, c'est 2000. Le salaire médian, c'est euh 1700 1800 €. Donc quand on vit de cette manière-là, on ne vit pas comme les autres. Du point de vue de mes conditions matérielles d'existence, euh je suis déconnecté des autres. Mais ça me crée un devoir. C'est là que la morale intervient.
C'est ceux qui peuvent le plus qui doivent se mettre au secours des autres. D'abord, d'abord, c'est à eux le premier devoir. Et en parlant comme je le fais, à chaque fois, je m'adresse à ceux qui sont dans la même situation que moi. Non, non, faut pas rester dans votre coin, pas vu, pas pris. Et comme l'a dit quelqu'un très brillamment, la morale ça peut pas être profiter tes toi. Le sentiment d'avoir une dette à l'égard des plus démunis est sans aucun doute présent chez Mélenchon et d'aucun y verront l'influence persistante de sa mère catholique pratiquante.
Cela explique en tout cas le point de désaccord sur lequel il rompera définitivement avec François [musique] Hollande pour qui il avait appelé à voter au second tour des présidentiels. En 2012, il se rend à l'Élysée pour accomplir une mission sacrée et faire du coup une demande au nouveaux locataire. La seule demande que lui a faite Jean-Luc, sur laquelle il a vraiment beaucoup insisté, c'était l'amnistie des syndicalistes condamnés sous Sarkozy. François Hollande lui avait dit "Oui, oui, je te le promets." Il a pas tenu sa promesse. Sauf que là, pour Jean-Luc Mélenchon, c'était des vies, des gens qu'il qu'il connaissait, qu'il était allé soutenir, des gens qui étaient condamnés injustement.
Et là, ça a été une blessure personnelle hein pour Jean-Luc parce que il avait eu l'espoir d'amener ça à neuf familles de syndicalistes concernés par la condamnation. Deux gauches irréconciliables ! A commenté un jour Manuel Vals. Il avait sans doute raison. Et si certains électeurs s'étonnent encore aujourd'hui de l'animosité dont Jean-Luc Mélenchon témoigne à l'égard de François Hollande ou des socialistes, il faut rappeler la détestation non moins forte qu'inspire à la majorité du PS ce que représente Mélenchon.
Car la gauche qu'incarne aujourd'hui le PS considère non seulement qu'il n'y a pas d'autre horizon que le social libéralisme mais que les socialistes sont les seuls à pouvoir légitimement gouverner. Les socialistes, c'est la gauche de gouvernement. celle qui accepte d'exercer les responsabilités. Au cours des cin dernières années, le Parti socialiste était au pouvoir à tous les niveaux et il a eu à se coletter une situation qui était extrêmement difficile. Du coup, c'est un parti qui est obligé de tenir compte des rapports de force et du système des contraintes. Et bien, on exprime moins la colère que ceux qui sont dans l'irresponsabilité totale, qui sont vierges de tout bilan.
qui n'ont de comptes à rendre à personne de ce point de vue-là et qui en conséquence peuvent toujours aller dans la surenchère et dans la proposition maximaliste. [musique] C'est certain, pour dénoncer les surenchères de Mélenchon, sinon son gauchisme incorrigible, ses détracteurs ne manquent pas de combativité et quand ils évoquent son programme économique, leur réquisitoire devient même impitoyable. La France qu'il aime, c'est la France de Zola, de germinal, des mines, [musique] des haut fourneaux et que la France actuelle, la France contemporaine, la France de la fin du salariat, c'est une économie qui peut pas comprendre culturellement.
Les remèdes de l'économie qui propose monsieur Mélenchon, c'est exactement ce qui avait été appliqué en 1981, c'est la relance par l'augmentation de la dépense publique, la diminution du temps de travail et l'augmentation des salaires pour stimuler le pouvoir d'achat. Au bout de 2 ans, la France était au bord de la faillite et Mitteran avait décidé de prendre donc le virage de la rigueur et monsieur Mélenchon s'en est jamais remis. C'est un programme qui à la limite pourrait être discuté du temps des tres glorieuses quand on avait une croissance de 5 % et qu'on était en économie fermée et en plus quand on avait encore l'empire français.
Mais dans une économie ouverte et avec une croissance de l'ordre de 1 %, c'est un programme qui est simplement impraticable.
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Nostalgique, archaïque, doux rêveur. Je ne prends pas ses critiques à la légère. Je comprends ce qu'on m'explique, que Jean-Luc Mélenchon a la tête dans les étoiles alors que ses adversaires eux ont les pieds sur [musique] terre. Mais on doit quand même être juste. Ce n'est pas Mélenchant mais les tenants du libéralisme qui ont plongé le monde dans une crise économique que même décrivent comme sans précédent. Faut-il donc attendre une catastrophe supplémentaire pour s'apercevoir que ce sont peut-être eux qui prennent des vessis pour des lanternes et se trompent ?
Et rien que pour cela, les arguments des partisans de la France insoumise ne méritent-ils pas au moins d'être écoutés attentivement ? On a une divergence avec les économistes du CR d'en face qui pensent que les actionnaires créent de la richesse. Or, les actionnaires ne créent rien du tout. Il prélèvent la richesse dans l'entreprise, celle-ci étant créée par les salariés. En 1980, la part des profits qui étaient distribués sous forme de dividende, c'était 20 % des profits. Aujourd'hui, c'est 80 %. Donc la politique que propose Mélenchon est absolument réaliste.
Elle vise à faire en sorte que les richesses crées dans l'entreprise qui sont à l'origine du profit et bien soit utilisé pour des investissements utiles. Notre monde est malade à mourir de la financiarisation de l'économie.
Et par conséquent, mon intention est de proposer de définanciariser l'économie, c'est-à-dire de retirer de tous les postes de commande où il se trouve les commerciaux et les financiers qui cancérisent notre économie et de couper tous les tuyaux par lesquels arrivent d'un côté ou de l'autre, que ce soit l'individu singulier avec des revenus excessifs ou l'entreprise qui spécule ou le fond de pension de couper un à un tous les tuyaux qui alimentent la bulle financière qui va tuer notre monde. La consternation que provoque l'antilibéralisme de Mélenchon chez ses interlocuteurs médiatiques est pour ses partisans un bon signe.
La preuve vivante qu'il dérange en s'attaquant à un monde qu'on nous présente comme le seul possible et que symbolise aujourd'hui l'ubérisation de la société supposé permettre à chacun de devenir entrepreneur sur le modèle du chauffeur VTC ou du livreur à vélo à travers la façon dont l'ubérisation exploite les nouvelles technologies. le modèle qu'il y a derrière, à quoi renvoie-t-il finalement au modèle des tâcherons du 19e siècle ? L'ubérisation, c'est la popérisation, c'est comment organiser un dumping social absolu qui provoque la fin du salariat.
Ça permet un modèle de travailleur sans droit, une optimisation fiscale absolue et à la fin provoque aussi la casse du système de protection sociale. Du jour au lendemain, vous avez des livreurs à vélo qui se retrouvent pour un bras dans le plâtre à la suite d'un accident. Ce qui arrive au moins une fois par an à chacun se retrouve sans aucun revenu et sans aucune protection. Plus on travaille, plus on est payé. Donc évidemment, tu as envie de travailler, tu as envie de te dire "Tu es jeune, tu as envie de dire "Sais quoi ? Je peux bosser 50 he par semaine. Tu sais quoi ? Je peux bosser 60 he par semaine.
Toi tu as bossé 65 heures, je vais bosser 70 he parce qu'en plus je vais gagner plus que toi. Sauf que ça, tu le fais une semaine, tu fais 2 semaines, 3 semaines et puis un jour tu pètes la figure. Et quand tu pètes la figure à Paris, tu as pas de trois chances quoi. Et les jeunes avec qui je travaille, il me disent "Ouais, mais on n pas notre patron sur le dos." Gon tu l'as pas sur le dos, tu l'as dans la poche. C'est ton téléphone en plus c'est ton téléphone à toi que tu as payé. Qu'on les approuve ou non, les positions qui sont celles de la France insoumise
[musique]
ont le mérite de la cohérence. Mais ce qui est tout de même problématique, c'est ce que la récente expérience du premier ministre grec Alexis Cypras a montré, qu'il ne suffit pas à un leader de gauche d'avoir de bonnes intentions pour imposer ses vues une fois arrivé au pouvoir. Nous étions absolument ivre d'enthousiasme parce qu'on avait gagné parce que ça s'était fait en collaboration les uns avec les autres.
Chipras parlait beaucoup avec avec nous avant et puis euh il appliquait la méthode la méthode L majuscule M majuscule, c'est-à-dire le vote populaire chaque fois qu'il y a un problème, il déclenche un référendum, les gens votent non au mémorandum que l'Europe impose à la Grèce et 3 jours après, il signe qu'il accepte le le mémorandum. C'était terrible quoi. Terrible parce que c'est vraiment des jours où tu te dis bon finalement [grognement] on y arrivera jamais. Et oui, vous n'y arriverez jamais. C'est exactement la conclusion qu'on a tous tendance à tirer et surtout ceux qui souhaitent que Mélenchon échoue au pouvoir en France comme Cipras en Grèce.
Il n'y a aucune chance, si Mélencho arrive au pouvoir que l'Europe accepte la politique mélangenchénienne et la France toute puissante qu'elle est n'arrivera pas à imposer au 27 ou au 10 qui compte et à force à l'Allemagne une politique à la Mélenchon. Jamais les Allemands ne l'accepteraient. Donc la question se pose même pas. C'estàd que de fait la politique économique qui l'appliquerait signifierait la fin de l'Union européenne et la fin de l'euro. Alors vous au final, qu'est-ce que vous pouvez dire à ceux qui préfèrent du coup ne rien changer à l'Europe actuelle ? Ce que je peux leur dire, c'est la chose suivante. Si vous laissez les choses aller comme ça, l'Europe va se briser.
Le Brexit, c'est un signal de du début de la fin. partout, c'est l'impasse. Donc elle va se briser et elle va se briser d'une méchante manière parce que partout c'est l'extrême droite qui monte. Donc je vous adjure de comprendre que ça va mal finir si vous laissez faire. Donc c'est si si moi je m'en occupe que ça peut finir autrement et si possible mieux. Antiuropéen, comment peut-on penser que je le suis ? Ne cesse de répéter Mélenchon. Ce que je veux, c'est une autre robe, certainement pas sa disparition.
Et pour le réaffirmer, le voilà qui part au Danemark à Copenhague, à l'occasion d'un sommet européen organisé dans un lieu que la série Borgen a rendu célèbre dans le monde entier, [musique] le Parlement. Là devait en effet se réunir des chefs de parti, des députés, des anciens ministres, des hommes et des femmes politiques de plus de 20 pays, tous partisans justement de cette autre Europe. Je sens la responsabilité qui pèse sur nous, mais je voudrais vous dire que cette responsabilité, ce n'est pas seulement la mienne, c'est la vôtre tous. Car si demain je suis élu, vous viendrez tous à la rescousse et je vous y appellerai.
et Mélenchon de donner la clé de l'échec en Grèce de son ex-amite de Cypras. Celui-ci n'avait qu'un plan A, négocié avec les instances européennes et les créanciers de son pays. Mais il n'avait rien prévu en cas de refus de leur part. Aucun plan B. Ce à quoi précisément Mélenchant lui dit avoir pensé. Qu'est-ce que j'aurais fait à sa place ? J'aurais dit "Écoutez, moi j'adorerais payer la dette. Ça me plairait mais je peux pas. Alors je m'en vais. C'est fini. Au revoir. Si la la Slovénie dit "Allez, on s'en fiche, on sort, bon bah on dira c'est dommage, la Slovénie s'en va mais" tout petit pays, ils sont 2 millions. Nous nous sommes la deuxème économie du continent.
Si on sort, c'est une pagaille indescriptible. Donc il vaut mieux mesurer ces actes. Ceux qui sont en face de nous savent que s'ils ne veulent pas discuter avec nous, comme ils ont fait avec Chipras, Chipras 2 % de l'économie, nous 18 veulent pas discuter, bah salut. Jean-Luc Mélenchon, il veut faire une autorope avec qui ? avec les extrêmes gauches des divers pays européens avec D Link, c'est-à-dire le parti de gauche en Allemagne qui fait 8 % aux élections et 5 % des inscrits. Bon, il a ni le projet ni la force d'infléchir le cours européen. Si l'Allemagne refusait, bah il faudrait pas s'interdire de demander à ceux qui le souhaitent de venir avec nous faire autre chose.
Et de ce point de vue-là, il est pas excuse. les Espagnols, les Italiens, les Portugais, les Grecs qui ont envie d'autres choses que ce que leur imposent les Allemands. Et donc dans ce cas-là, il faudrait préparer une sortie ordonnée de l'euro et c'est ce qu'on appelle un plan B dans ce cas-là. Si l'Allemagne s'obstinait à refuser la réorientation qui s'impose et qui est extrêmement réaliste compte tenu de la situation catastrophique actuelle. On me dit "Vous n'allez pas convaincre, qu'est-ce que vous en savez, il faut déjà essayer." Ils n'ont même pas essayé. Moi, je suis persuadé que que j'arriverai à convaincre.
Tous ceux qui raisonnent peuvent comprendre qu'on ne peut pas mener un continent entier avec des méthodes qui ont aussi lamentablement échoué et vouloir continuer. Voilà, tout le monde peut comprendre ça. Et je pense que n'importe quel esprit fut-il d'un point de vue politique, totalement opposé au mien arrive à comprendre qu'à un moment donné le bilan s'impose à tous. En quittant ce jour-là Copenhague, Jean-Luc Mélenchon est rassé. Il sait bien qu'il est loin d'avoir convaincu tous ceux qui continuent de voir en lui un antie-Européen viscéral. Mais il sait aussi que c'est justement son projet d'une autre Europe comme son projet d'une autre France qui assoit sa popularité.
D'où la question qui ne cesse de le hanter. Comment être lui-même autre dans cette campagne présidentielle ? Comment ne pas reproduire les travers de ceux qu'il dénonce et qu'une grande partie de la population exécre ? [musique] La volonté d'être lui-même un candidat différent conduit Jean-Luc Mélenchon à concevoir une campagne originale dont tous les rassemblements ne devaient ressembler à rien de connu. Ainsi, à Lille par exemple, sur les 1000 participants qui se retrouvèrent un weekend d'automne pour bûcher sur le programme, les deux tiers avaient été tirés au sort et l'ensemble des propositions discutaient dans un premier temps sur internet.
Au moment où on a lancé la période contributive, on était quand même déjà beaucoup plus qu'un parti classique aujourd'hui, hein. Il y a pas beaucoup de partis politiques qui ont 100000 adhérents. Donc l'ambition était énorme. Il fallait comprendre les aspirations des uns et des autres parce qu'il y a des choses qu'on avait pas imaginé au départ dans le programme et qu'on a dû intégrer parce qu'on s'est dit bah oui bon sang mais c'est bien sûr. J'ai discuté avec un gars de la voix du nord, il dit "Mais ça ressemble à rien." Bah oui, ça ressemble à rien. C'est fait pour. C'est nouveau hein. Apparemment, même pas les vieux militants qui avaient un are table, ils avaient jamais fait ça.
Ils ont trouvé ça très bien d'un point de vue démocratique en prototype hein. Donc il y a plein de petits trucs qui sont pas terminées hein. Les techniques modernes nous libèrent. Les gens qui disent "Ah, c'était le bon vieux temps avant." Non, c'est pas vrai. Moi, j'y étais. C'était pas le bon vieux temps. C'est pas vrai. Sans illusion sur le bon vieux temps et loin de se contenter des traditionnelles distributions de tracte ou décollag d'affiches, Jean-Luc Mélenchon a du coup investi massivement internet. On s'inspire des techniques de mobilisation qui ont été développées dans la campagne de Bernie Sanders, c'est-à-dire la communication via les réseaux sociaux, via le web.
Bernie Sanders disait, il y avait ce visuel qui circulait sur les réseaux sociaux et ses pancartes. Ils ont des millions, nous sommes des millions. Bah c'est exactement ça. Réussissant à être suivi sur Twitter par un million de followers, Mélenchon a de plus créé sur YouTube sa propre chaîne qui est devenue et de loin la plus consultée de toutes les chaînes politiques sur internet. dans le choix qu'il a fait d'aller sur le digital, [musique] il y a une vraie volonté de toucher un public plus jeune qui est plutôt désintéressé de la politique, qui souvent ne vote pas, qui boude les médias traditionnels et la télévision en tant que qu'objet.
Et donc la stratégie de créer des programmes originaux comme pas vu à la télé, pas vu à la télé, c'est un programme qui donne la parole à des personnes sur des thématiques qui sont très peu traitées à la télévision. Donc il y a à la fois le côté critique du mass média et des et des thématiques qui qu'il abordent et en même temps le côté euh innové sur le digital en créant son propre programme, sa propre émission. Alors lui c'est trop nucléaire. Bon d'accord. Moi je j'arrive pas à lui faire les noms les pseudonymes. Enfin bref donc cro nucléaire adresse volant.
Déconcertant Mélenchant, considéré par ses adversaires comme un homme du passé, est finalement plus à l'aise que beaucoup d'entre eux dans la société moderne. Devenu dans cette campagne un phénomène, une icône du web dont les internautes s'amusent à détourner l'image, lui-même fait de la surenchère technologique en organisant un meeting holographique pour se dédoubler entre Paris et Lyon, histoire sans doute de rajunir encore un peu plus son électorat. Ce que confirme l'inscription dans son programme du droit de vote à 16 ans. Quand tu as 16 [musique] ans, tu peux exercer l'autorité parental, tu peux être émancipé. Si tu bosses, c'est la fin de la scolarité obligatoire aujourd'hui à 16 ans.
Si tu vas bosser, tu votes dans les élections professionnel, c'est pas rien. Donc pourquoi tu voterais pas dans la cité ? Si tu aurais pu es capable de savoir ce qui est bon dans l'entreprise, ce qui est bon dans ta famille parce que tu t'occupes des gosses, pourquoi tu saurais pas ce qui est bon dans la cité ? Bonjour. Est-ce Est-ce que vous pourriez pour mon grand-père syndicaliste s'il vous plaît ? Il était facteur. Mon père a été receveur. Alors bon. La moitié des gens qui votent ont 60 ans et plus. Et si tu veux augmenter le poids de la jeunesse dans la décision politique, bah le seul la seule manière de faire, c'est droit de vote à 16 ans. Tu fais quoi toi ?
Étudiant en commerce international. Il y en aura besoin. Oui, on a besoin de tout. Quand quand nous serons au pouvoir. B Oui, dans quelques mois. Le sourire de Mélenchon, imaginant devenir président en mai prochain, n'était pas fin. Il est clair que l'Élysée lui semble de moins en moins inaccessible. Mais à la traditionnelle cérémonie des vœux [musique] à laquelle tout homme politique doit se livrer en début d'année, il fut assez prudent pour ne se livrer à aucun pronostic, pour ne pas même envisager son possible score au premier tour, préférant se lancer dans une savante tirade sur l'Amérique de Trump, la Chine et [musique] la Russie. L'heure des comptes n'en était pas moins proche.
On y est, c'est la dernière ligne droite. Alors, quel est pour vous l'objectif de ces trois prochain mois ? Pour moi, la tâche, elle consiste à créer une majorité positive. C'est je peux pas me nourrir seulement de la dénonciation du passé. Bon, c'est pas mon rôle. Mon rôle c'est plutôt de dire voilà comment on va faire, voilà comment on va s'y prendre, voilà les garanties que je donne. Bon euh on fait pas vivre un peuple avec des regrets et des remord hein. Et donc la question qui se pose à moi, c'est de savoir si je vais y arriver.
Euh alors que beaucoup vont dire : "C'est pas possible, d'ailleurs, personne parle comme lui, les autres sont pas d'accord." Bon, mais tout le monde sait que une possibilité dans cette situation incroyablement fluide et virvoltante, c'est que la table se renverse. Donc, je dois mener ma campagne en tenant compte de tout ça. S'agir, il s'agit de construire. Mais si Jean-Luc Mélenchon connaît ses points forts, il connaît aussi son point faible, sa propre personne. Car la plupart des président, comme s'il n'y avait de grandeur que dans l'impassibilité, nous ont habitué à être flegmatique alors que lui s'indigne, bouillonne, invective, tempête.
Mais après tout, pourquoi la colère en politique ne serait-elle pas une vertu ? Je me souviens de ce que disait non pas chez Gevara mais la baie Pierre. Ne pas se mettre en colère quand on voit les autres bafoués, exploité, humilié, c'est ne pas les aimer. Le programme que je vous propose va avec un homme qui lui ressemble. On peut pas proposer ce que je propose avec une tête de premier communion qui parle une voix flutée. Dans nos milieux, dans les milieux populaires, la première vertu, c'est ne pas se laisser faire. Et la seule manière qu'on a de l'exprimer, c'est de se mettre en colère. La colère est donc non pas une perte de sang froid, c'est l'affirmation d'une volonté.
Ce que je propose est ample comme une respiration. On va faire une constituante, on va changer la vie, on va modifier toute la production. Et vous voudriez que je dise ça à mi- voix et avec une mine chafouine de premier de la classe ? Non, c'est pas possible. Alors, je trouve que mon personnage est en harmonie avec euh son discours et la colère pour moi, elle aura joué un grand rôle. Des fois, il y a pas le choix, faut ouvrir les portes à coup de pied. Tel est le sens de la colère.
[musique] [musique] [musique]
Jean-Luc Mélenchon