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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 juillet 2024 18 min

La candidature de Laurence Tubiana, les invectives de LFI... Le "8h30 franceinfo" de Boris Vallaud

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Boris Vallaud

Bonjour Boris Vallaud. Après dix jours de tractation, vous êtes mis d'accord, les socialistes, avec les écologistes et les communistes sur le nom d'une proposition pour Matignon, Laurence Toubiana, une proposition qui n'est pas sérieuse selon Manuel Bompard de la France Insoumise. En fait, c'est encore bloqué. Dix jours plus tard, c'est toujours bloqué.

0:22
Invité

Je ne le crois pas, ou je ne veux pas le croire, parce que moi je voudrais vous dire en quoi c'est au contraire très sérieux cette candidature. Dites-nous d'abord, pourquoi ce choix ? Parce que c'est une personnalité de la société civile. Au fond, moi j'ai vu beaucoup d'impatience, parfois même d'exaspération, parce que nous ne rêvions pas à aboutir. Et je dois le dire, au fond, si on a pris du retard, c'est qu'on a eu un mauvais réflexe. On a cherché seulement dans nos partis la réponse alors qu'elle était dans la société civile. Et Laurence Toubiana est un acteur de la société civile, et je reviendrai sur ses qualités personnelles. Pourquoi la société civile ?

Parce que le nouveau Front Populaire, il est plus qu'un cartel de partis. Il est un mouvement pour donner un grand élan à ce pays. Et nous avons été soutenus par le mouvement social, par le mouvement féministe, par le mouvement mutualiste, par le mouvement associatif. Et au fond, c'est répondre à des aspirations de milliers d'associations, de millions de Français. C'est une façon d'être majoritaire dans le pays, dans nos combats pour l'écologie, sur les urgences sociales, alors que nous n'en sommes pas majoritaires dans les mystiques.

Et au fond, je pense que c'est une façon, parce que nous serons majoritaires avec la société civile dans le pays, que nous arriverons à constituer des majorités dans les mystiques.

1:25
Boris Vallaud

Sauf que dès hier, la France insoumise, elle vous disait, pas de société civile.

1:29
Invité

Mais je crois qu'au contraire, c'est une façon de sortir par le haut, c'est une façon d'être fidèle à ce que nous avons dit dans cette campagne. C'est aussi dire que nous sommes dans une double rupture vis-à-vis de ce qui a été fait depuis sept ans. Une rupture sur le fond, servir les urgences sociales, ne pas être du côté de la France qui va bien, mais de la France qui travaille et qui ne vit pas de son travail. Et c'est une autre rupture, une rupture de pratiques politiques. Et moi, je crois qu'on va changer la vie des gens, parce qu'on va changer nos pratiques politiques.

Et je veux être, moi, le garant de ce changement de pratiques politiques, ce changement de méthode qui nous permettra de recoudre un pays déchiré. Vous l'avez prévenue, Laurence Toubiana, elle est au courant. Ça s'est passé comment ? Oui, elle est vaguement au courant. Oui, bien sûr que nous l'avons prévenue. Bien sûr qu'il y a eu des discussions avec elle, qu'elle connaît parfaitement le programme du nouveau Front populaire. Elle a accepté tout de suite ? Elle a réfléchi, ce qui est bien normal et d'ailleurs ce qui est rassurant. Elle a mesuré les choses, la dureté de la tâche, mais aussi ce qu'il y a d'enthousiasme à l'accomplir. Et elle a dit sa disponibilité.

2:27
Boris Vallaud

Mais ça veut dire que malgré les critiques de LFI, vous pensez que cette option est toujours sur la table ? Quand on voit votre enthousiasme ce matin, ça veut dire que vous croyez encore que Laurence Toubiana pourrait être la candidate de la gauche pour Matignon ?

2:37
Invité

Mais je le crois parce que, je le redis, ce nouveau Front populaire, il n'appartient pas aux partis. Il appartient à tout le peuple de gauche qui a voté pour nous. Vous savez, dans les campagnes, j'ai vu des gens qui venaient de partout, de toutes les sensibilités politiques, mais aussi de la société civile venir faire nos campagnes. Eh bien, il faut leur dire qu'on ne l'a pas oublié et que nous sommes en train de construire quelque chose de plus grand que nous. En changeant, je le dis, de pratique, de méthode, on peut réussir à gouverner ce pays. La question qui se pose ce matin, c'est, voulons-nous vraiment gouverner ? Moi, je vous donne ma réponse.

Oui, nous voulons gouverner et nous le pouvons. Nous avons pour ça une candidate au poste de Premier ministre. Et en même temps, on voit que ça ne fait pas consensus. Si on regarde la réaction de Sofia Chiquero qui dit qu'il va jusqu'à comparer les camarades de François Hollande de punaise de lit. Tout ça, c'est des vieilles méthodes. C'est des vieilles façons de faire. Mais c'est extrêmement violent. Oui, c'est extrêmement violent.

Et je rappelle pour tous ceux qui s'inquiètent de la bonne exécution de notre programme que dans le préambule du nouveau Front populaire, de son projet, il est dit que nous devions arrêter les invectives, le cyberharcèlement et la brutalisation de la vie politique. Eh bien, commençons parce que tout ça, c'est des vieilles méthodes. Moi, ce n'est pas les miennes et je pense qu'elles n'ont pas leur place dans un débat sérieux aujourd'hui et dans la nécessité de changer la vie des Français.

Si on ne change pas rapidement la vie des Français, si on ne s'en donne pas les moyens, c'est-à-dire se donner les moyens de gouverner, eh bien, la réalité, c'est qu'au prochain tour, nous serons toutes et tous balayés. Ce que, évidemment, nous ne souhaitons pas.

3:54
Boris Vallaud

On entend votre volonté de changer de méthode, mais est-ce que ça ne veut pas dire qu'au fond, tout ça met en lumière les divisions avec la France insoumise, sur le fond comme sur la forme notamment, et que finalement, le divorce est consommé avec la France insoumise ? Est-ce qu'il n'est pas tant, finalement, est-ce que le nouveau Front populaire, est-ce qu'il n'est pas tant de mettre fin à cet accord qui est finalement plus un accord électoral qu'un accord de gouvernement ?

4:14
Invité

Mais je crois que, précisément, à travers la candidature de Laurence Tubiana, moi, je la connais, Laurence Tubiana, je l'ai vue à l'heure, je l'ai vue dans les négociations qui étaient âpres sur les accords de Paris, tenir les deux bouts d'intérêts totalement contradictoires...

4:29
Boris Vallaud

Quand on compare des punaises de lits, les partenaires... J'ai dit ce que j'en pensais. Non, mais d'accord, mais ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas de dialogue.

4:36
Invité

Eh bien, nous, nous proposons un point de réconciliation. Je veux dire, ce point de réconciliation, c'est la société civile. C'est une sortie par le haut. Moi, j'entends ce qu'a dit Mme Chikirou, que je réprouve, mais j'entends aussi beaucoup d'acteurs économiques, sociaux, politiques s'enthousiasmer autour de ce nom. C'est une femme de conviction. C'est la réconciliation, ce que nous voulons, des urgences sociales et des urgences environnementales. Eh bien, voilà la possibilité pour nous de déployer notre projet parce que nous y croyons. Et en même temps, vous pouvez entendre du côté de la France insoumise que ce nom, Laurence Toubiana, est trop Macron-compatible.

Mais je ne vois même pas ce que ça veut dire. Elle a refusé d'être ministre d'Emmanuel Macron. Elle accepte d'être la première ministre du nouveau Front populaire. Voilà ce que je réponds à cela. Et on invoque une tribune dans laquelle elle évoquait avec d'autres la nécessité de trouver des grands compromis républicains.

5:24
Boris Vallaud

Et d'élargir le nouveau Front populaire.

5:26
Invité

Et d'élargir notre projet. Mais à l'Assemblée nationale, c'est bien ce qu'il va falloir faire pour pouvoir avancer. Mais j'ai vu Cyril Dion qui n'est pas particulièrement Macron-compatible. J'ai vu Noël Mamère parmi les signataires. Donc arrêtons les fausses polémiques. Posons-nous la question de savoir quand et comment on peut gouverner avec qui. Et je pense que Laurence Toubiana est une bonne candidatelle à animer. Par exemple, vous savez, la Convention citoyenne sur le climat. Eh bien, rendre d'une certaine manière à la société le pouvoir qui lui a été confisqué. Cette nouvelle façon de gouverner qui va permettre de changer la vie des gens.

Eh bien, moi, je vous dis, je veux en être garant. Je veux en être un des acteurs. Et nous le pouvons à l'Assemblée nationale et au gouvernement.

6:01
Boris Vallaud

Est-ce que, au fur et à mesure, néanmoins, et pour revenir un peu à ma question précédente, mais est-ce que le détachement avec la France insoumise n'est pas inéluctable ? Est-ce que ce n'est pas le tabou, finalement, l'éléphant au milieu de la pièce qui fait que là, toutes les négociations sont en réalité impossibles ? Mais chacun prendra ses responsabilités.

6:15
Invité

Nous, on propose un point de réconciliation. Si d'autres considèrent que c'est un point de division, ça veut dire peut-être que l'envie de gouverner n'est pas complète. Moi, je crois qu'on va y arriver. À quel moment il faudra l'activer cette différence ? Je crois qu'on va y arriver. Laissez-moi quand même sur cette hypothèse à laquelle je crois et qui est attendue par les Françaises et les Français et pour ceux qui ont voté pour le nouveau Front Populaire.

6:37
Boris Vallaud

Bon, Boris Vallaud, député socialiste, président du groupe Socialiste à l'Assemblée. On se retrouve dans un instant, juste après le Filinfo. Il est bientôt 8h40. Le Filinfo, c'est avec Claire Checaglini.

6:46
Présentateur

Dernier conseil des ministres avant démission. Cette fois, elle devrait être acceptée par Emmanuel Macron. Le gouvernement sera réduit à la gestion des affaires courantes jusqu'à la nomination d'une prochaine équipe. À gauche, Laurence Toubiana avait signé une tribune appelant à faire alliance avec les macronistes. Une ligne rouge franchie pour les Insoumis. Impossible donc de valider le choix de cet économiste pour Manuel Bompard, coordinateur des Insoumis. Laurence Toubiana avait été proposée à Matignon par les autres partis du nouveau Front Populaire.

Donald Trump, ovationné à la convention républicaine de Milwaukee dans le Wisconsin, le candidat à la Maison Blanche a de nouveau levé le point, galvanisant un peu plus son public qui scandait « battez-vous, battez-vous ». La ministre des Sports, Amélie Oudea-Castera, y a déjà plongé une tête ce week-end. La scène pourra accueillir les épreuves de triathlons et de nages-marathons. Résultat des analyses de l'ONG Surfer Rider Foundation. Les relevés ont été réalisés le 4 juillet.

7:48
Boris Vallaud

On retrouve Boris Vallot, député socialiste,

7:56
Invité

président du groupe PS à l'Assemblée nationale. Alors justement, cette semaine, c'est une semaine importante où il va y avoir l'élection du perchoir, c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale. Qui sont les candidats du côté de la gauche ? Écoutez, nous sommes convenus hier du principe d'une candidature unique pour se donner les meilleures chances de l'emporter. Donc là aussi, vous allez nous donner un nom ? Bien sûr. Et donc, nous avons acté ce principe hier et on vous donnera le moment venu, évidemment, un nom. Mais vous avez compris que tous les sujets sont liés et qu'il nous faut avancer sur deux jambes. C'est un principe assez bien compris pour progresser. Pourquoi tous les...

Vous serez candidat ? Je dis, on verra. Le principe d'une candidature unique est acté et il y aura sans doute plusieurs candidatures à la candidature et ensuite, nous déciderons ensemble.

8:38
Boris Vallaud

Bon, pour les personnes qui nous écoutent à la radio, vous avez un petit sourire qui laisse peut-être entendre que ça peut faire partie...

8:44
Invité

Pardon, on va même interpréter mes sourires. Des projets.

8:47
Boris Vallaud

Non mais plus sérieusement, est-ce que... Parce que vous dites que tout est lié d'un pur point de vue institutionnel, le perchoir, la présidence de l'Assemblée et le Premier ministre, l'un n'empêche pas l'autre.

8:56
Invité

C'est des négociations qui... Vous avez raison de le dire et peut-être que ça n'est pas une diversion. Peut-être que ça me donne l'occasion de dire comment moi je conçois au fond la façon dont pourrait être mené à bien le projet qui est le nôtre. Je dis le nouveau Front Populaire au gouvernement parce qu'il faut répondre au choix des Français d'avoir placé le nouveau Front Populaire, la gauche, en tête à l'Assemblée nationale pour mettre en oeuvre notre programme et en particulier un certain nombre de mesures d'urgence sociales qui sont très attendues.

Je le dis, si on n'est pas capable de donner aux Françaises et aux Français c'est le signe que l'on a entendu la dureté de leur vie, l'impossibilité pour beaucoup de vivre de leur travail alors qu'ils travaillent dur, qu'ils ont le sentiment de donner beaucoup et de recevoir peu, nous serons emportés. Et puis, je dis le Front Républicain à l'Assemblée nationale. C'est-à-dire ne pas oublier, comme l'a fait malheureusement Emmanuel Macron, les conditions de notre élection. Ça vaut pour nous. Ça vaut évidemment pour tous ceux qui appartiennent à d'autres groupes à l'exception du Rassemblement national et du groupe d'Éric Ciotti.

Ne pas oublier les conditions de son élection, donc refuser la représentation dans les instances de l'Assemblée nationale d'un parti que nous avons combattu dans les législatives. Et c'est une nouvelle pratique de gouvernement. On bascule dans un régime qui est un régime parlementaire, avec la centralité du Parlement et en particulier de l'Assemblée nationale. Nous allons porter nos projets. Il va falloir construire des grands compromis républicains, des grands accords républicains dont nous avons été capables dans l'histoire, sous la troisième, Quand on voit la difficulté avec laquelle vous réussissez à faire des compromis, aujourd'hui on voit bien qu'on n'y est pas.

Comment vous pouvez dire écoutez à l'Assemblée, nous déjà entre nous on n'arrive pas à se mettre d'accord, comment à l'Assemblée on va réussir à faire des compromis ? C'est là où je fais le lien avec la société civile. Je crois qu'avoir une première ministre qui vient de la société civile, réinstaurer ce dialogue permanent avec la société civile, redonner sa place aux dialogues sociaux, aux partenaires sociaux qui ont été instrumentalisés, infantilisés, c'est une façon d'être majoritaire dans le pays pour pouvoir construire des majorités dans l'hémicycle. J'y crois. Et puis je veux dire, nous avons tous entendu la même chose. On a tous entendu les fins de mois difficiles.

On a tous entendu que la fin du mois ce n'était pas le 30, c'était le 15, qui était difficile de remplir son réfrigérateur ou son réservoir d'essence, qui était difficile de se loger, de se soigner. Eh bien, nous avons déjà avancé sur ces sujets-là et de façon pluraliste. Regardez juste, pardon, la question des déserts médicaux, l'impossibilité d'avoir rendez-vous chez un médecin dans nos territoires ruraux. On est ou chez un ophtalmo, c'est six mois. Eh bien, nous avons, avec Guillaume Garraud, à l'initiative des socialistes, construit un groupe de travail pluraliste. Est-ce qu'on n'est pas capable d'avancer ? C'est la demande de la société.

J'ai des mères qui me disent la République ne passe plus par chez moi. Eh bien, je crois, moi, que nous pouvons, j'allais dire de façon durable, faire reculer le vol d'extrême droite parce que nous aurons fait avancer la République sociale. Mais ce que l'on entend aussi beaucoup depuis une dizaine de jours, c'est que finalement, et on l'a entendu pendant ces élections, c'est que finalement, les électeurs, ils disent bon, bah, les hommes politiques, les femmes politiques, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord. Ils se battent pour des postes, c'est des tractations, c'est des divisions et finalement, ils nous oublient.

Aujourd'hui, vous nous dites on a un nom, on a un nom, Laurence Toubiana, mais on voit bien que ce n'est pas si facile et pour l'Assemblée nationale, on verra bien aussi si on arrive à se mettre d'accord. Non, mais que ce ne soit pas si facile, ça, je le constate et je regarde ce qui s'est passé dans d'autres pays qui ont la culture des majorités relatives et qui construisent des gouvernements pluralistes, ça prend parfois des mois. Nous, on nous demande de faire en six jours ce que l'Allemagne a fait en six mois, ce que parfois, je crois, la Belgique a fait en près de deux ans. Oui, c'est difficile, mais nous allons y arriver.

Et pour répondre à votre question, oui, je crois qu'on donne le signe en réalité que nous écoutons les Français, que nous nous tournons vers la société civile, que nous sommes capables de faire... Moi, je suis pour une démocratie parlementaire depuis longtemps. À gauche, beaucoup sont favorables à une sixième république, c'est-à-dire, au fond, à la centralité de cette assemblée de 577 députés qui représentent la société dans sa complexité, dans sa diversité, dans la diversité de ses territoires. Eh bien, je crois qu'on doit être capables de ça et que nous sommes attendus par les Français.

12:53
Boris Vallaud

Justement, est-ce que vous n'avez pas créé trop d'espoir avec certaines mesures, certaines promesses comme le SMIC à 1 600 euros, comme la nouvelle réforme des retraites ? Est-ce que, finalement, quand on voit les blocages sur la question des noms, on se dit que, sur le fond, ça va être compliqué ? Typiquement, sur le SMIC à 1 600 euros, pour l'instant, on a du mal à voir comment ce sera financé ?

13:13
Invité

Ce sera financé, d'abord, ce sera compensé intégralement. Ensuite, on était la seule formation politique qui proposait des recettes. Madame Tubiana, par exemple, a soutenu l'initiative européenne Taxe Riche parce que si vous taxez les très hauts patrimoines français et européens, vous avez des ressources nouvelles dans les caisses de l'État. Mesurer que les multinationales qui consolident 40% de leurs résultats dans des paradis fiscaux, eh bien, en réalité, vident les caisses de l'État et font que les PME payent les impôts des multinationales. Donc une taxe au niveau européen ? Non, on peut très bien le faire au niveau français.

Par ailleurs, il y a une démarche qui est une démarche européenne. Ce que je veux dire, c'est que, qui peut prétendre, dans l'hémicycle, ne pas avoir entendu les Français se dire, moi, je ne vis pas de mon boulot, je suis payé au SMIC, mais je n'arrive pas à en vivre, je n'arrive plus à me loger, je n'arrive plus à payer mon loyer, je suis obligé d'arbitrer entre me chauffer et me nourrir. Qui ne l'a pas entendu ? Qui viendrait dire il ne faut pas augmenter le SMIC ? Je pense, en vérité, personne.

Qui viendrait contester le fait que nous voulons redonner sa place au dialogue social et que si nous annulons la réforme de l'assurance-chômage, c'est pour redonner ce pouvoir de négociation aux partenaires sociaux ? Parce que la démocratie sociale, c'est la démocratie quand même. Et en même temps, les Français se disent il n'y a pas de solution magique, attention, ok, on va augmenter le SMIC, mais ils vont trouver l'argent où ? Alors vous nous dites aujourd'hui que ça va être juste la taxe sur les riches. Mais quand même, pour les PME, les patrons, on les entend, ils disent ok, on va être compensés. Mais ça ne risque pas d'être une usine à gaz ?

Non, vous savez, il y a des formules qui ne sont pas des usines à gaz. Un crédit d'impôt, je ne sais pas si c'est la solution que nous retiendrons, ça va très vite et c'est très simple. Pour ça, il faut avoir une majorité à l'Assemblée. Moi, j'ai entendu des ouvriers, des salariés dire je ne vis pas de mon boulot. Mais j'ai entendu beaucoup de patrons de TPE, PME. Vous savez, chez moi, les boulangers, les artisans, les commerçants, certains ou les restaurateurs, ils me disent moi, je ne me paye pas à la fin du mois parfois pour pouvoir payer mes salariés ou je me paye moins que ceux que j'emploie dans mon magasin ou dans mon entreprise.

Moi, je veux qu'on soit à côté de cela en leur disant nous allons mettre de la justice aussi économique et fiscale. Mais s'ils augmentent leurs salariés,

15:12
Boris Vallaud

ce qui est évidemment une bonne chose, à quel moment ils vont mieux se payer ? C'est-à-dire que la réelle problématique et vous le savez très bien typiquement d'un boulanger, c'est qu'il va augmenter le SMIC, ce qui est une bonne chose mais ça va se répercuter probablement aussi sur le prix de la baguette.

15:23
Invité

Monsieur, sauf s'ils ne m'avaient pas entendu ou sans doute que je n'ai pas été clair. J'ai dit qu'on le compensait intégralement. Et puis par ailleurs, vous savez, le niveau de baisse des cotisations va mécaniquement augmenter quand on augmente le SMIC. Donc ce que je veux dire, c'est qu'on le dit, ça va être neutre pour les TPE, PME. En revanche, pour les grandes entreprises, on va les appeler à plus de solidarité. Et ça me paraît parfaitement juste de le faire. On a besoin d'être au côté de cette France qui prend des risques, qui travaille, c'est eux, les vrais capitaines de l'industrie. Pour ça, ça veut dire que vous aurez besoin d'une majorité ?

Ça veut dire que vous allez aller chercher du côté des voies du centre ? Vous discutez avec Renaissance ? Ça veut dire que quand on va arriver à l'Assemblée nationale avec notre projet, on va dire aux uns et aux autres, écoutez, on a fait un front républicain. Il va falloir quand même qu'on fasse reculer durablement l'extrême droite. Donc il va falloir qu'on améliore la vie des Françaises et des Français. Il va falloir que les gens vivent mieux de leur travail, que les services publics retrouvent des moyens. Que ceux qui le servent, ils retrouvent du goût et du sens. Ils aiment leur boulot, ils aimeraient juste bien le faire.

Et bien tout ça, je crois qu'on peut faire des majorités autour de ça. Si vous pensez que ça n'est pas possible, je vais dire que ça ne sera pas notre responsabilité, ce sera la responsabilité de ceux qui, au contraire, n'auront pas compris qu'il est temps que nous devenions des parlementaires adultes au service des Françaises et des Français.

16:31
Boris Vallaud

Un tout dernier mot. En attendant d'avoir peut-être un gouvernement stable, ne faut-il pas profiter de l'Assemblée pour faire passer des textes qui peuvent peut-être faire consensus ? On pense par exemple à instaurer la proportionnelle. Est-ce que vous, vous seriez d'accord ou enclin à pousser ce texte de manière assez rapide ? Mais pourquoi pas ?

16:46
Invité

Mais pourquoi pas ? Bien sûr, ça fait partie des choses auxquelles on peut, enfin qu'on peut mettre sur la table, d'évidence. Quand je dis cette centralité du Parlement, c'est une nouvelle façon de travailler. Les précédents gouvernements ont fonctionné à coup de 49-3, à coup d'ordonnance, à coup de menton et d'effet de manche. Nous, non, on veut en réalité aussi apaiser le débat démocratique pour en réalité servir la vie des Français. Moi, je veux que les Français vivent mieux dans un an. Je veux qu'ils se disent ah ouais, mais finalement ça a marché. Les gens ont été responsables.

On aura besoin des Français, on aura besoin de la société civile, on aura besoin des organisations syndicales et on aura besoin de parlementaires qui ont une culture parlementariste. Et nous allons porter notre projet, celui du Nouveau Front Populaire parce qu'on pense que c'est le meilleur.

17:26
Boris Vallaud

Boris Vallaud, et on rappelle que vous portez bien toujours cette candidature de Laurence Toubiana malgré les refus de l'autre côté de la France. Et malgré les critiques de la France Insoumise,

17:39
Invité

les négociations malgré tout Je crois avoir répondu aux critiques et j'espère les avoir convaincus.

17:42
Boris Vallaud

Les négociations malgré tout continuent. Boris Vallaud, député socialiste, président du groupe PS à l'Assemblée. Merci beaucoup d'avoir été l'invité du 8.30 France Info. Sous-titrage ST' 501