Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 22 juillet 2020 25 minContradictoireFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Emmanuel Denis (EELV) : "La question écologique doit être au centre du logiciel politique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    C'est quoi l'idée ? Créer une nouvelle famille ?

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Vous opposez la gauche des territoires à la France des territoires de Jean Castex ?

  • 1:37RelanceRéponse directe

    C'est de l'archaïsme jacobin ça, pour reprendre les termes d'Anne Hidalgo ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Décentralisation, territoire sont quand même des mots qu'on entend beaucoup dans la bouche de ce nouveau gouvernement ?

  • 3:23RelanceRéponse directe

    Vous trouvez toujours ça flou, Emmanuel Denis ?

  • 4:09RelanceRéponse partielle

    Ça veut dire que le gouvernement est dans le bon sens ? Va dans le bon sens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « Oui, l'idée, c'est de surfer sur cette vague verte qui s'est révélée dans les urnes lors du deuxième tour des élections municipales et donc de créer des liens entre l'ensemble de ces villes qui représentent l'écologie, la solidarité et la démocratie citoyenne. »
  • 0:46Invité politiqueFait
    « et donc de créer des liens entre l'ensemble de ces villes qui représentent l'écologie, la solidarité et la démocratie citoyenne pour profiter de l'expérience de certains. »
  • 2:01Invité politiqueFait
    « Il y a eu une élection municipale qui a vu un changement, une aspiration à ce que sur les territoires, les questions écologiques et de justice sociale soient pleinement prises en compte. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Et donc la relation avec le gouvernement, ou plutôt le gouvernement, doit entendre ce message et accompagner les territoires par davantage de décentralisation pour que nous puissions faire, mettre en œuvre les objectifs de l'accord de Paris sur la question du climat. »
  • 3:28PrésentateurChiffre
    « Le gouvernement a promis de réserver 30 milliards avec des pistes pour investir dans l'hydrogène ou la rénovation thermique, des aides aussi à la transition énergétique ou à la conversion automobile pour les ménages français. »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « On attend effectivement que cela se concrétise. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Comme ça a été répété, aujourd'hui, on a à faire face aux objectifs des accords de Paris sur lesquels, si on regarde concrètement, on n'est pas du tout sur la trajectoire qui était annoncée. »
  • 4:49PrésentateurChiffre
    « 4 milliards, je crois, mis sur les investissements, au moins 4 milliards sur l'innovation thermique des EHPAD, des écoles. »
  • 5:00Invité politiqueChiffre
    « Nous, on sait qu'on va avoir à faire face sur un budget de 80 millions à environ 17 à 20 millions de pertes sur la partie transport de la métropole de Tours. »
  • 5:41InvitéFait
    « Tout à fait. De même qu'Emmanuel Denis, nous avons des projets très importants en manière de réhabilitation énergétique du patrimoine municipal, du patrimoine intercommunal notamment. »
  • 5:57InvitéFait
    « En ce qui concerne Poitiers-Grand-Poitiers, c'est l'extension du réseau de bus aux 40 communes de la communauté urbaine, ce qui nécessite des coûts de fonctionnement importants, des coûts d'investissement également. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « Il faut qu'on aille vite pour pouvoir relancer la commande publique et donc répondre aux enjeux autour de l'emploi. Une commande publique qu'on doit évidemment orienter vers un Green New Deal qui prend en compte les enjeux de la transition écologique. »
  • 9:16PrésentateurFait
    « Le Green New Deal, vous en parliez, Mickaël Delafosse, puisque à l'échelle européenne, ça bouge aussi, un prélèvement bientôt sur tous les produits exportés vers l'Union, qui ne respectent pas les normes environnementales ou sociales. »
  • 10:52PrésentateurFait
    « Sur le plan social, les insoumis critiquent le plan de relance. L'Europe, disent-ils, a largement contribué à la casse des services publics. »
  • 11:01Invité politiqueFait
    « Insuffisant, on verra concrètement ce qui sera possible de réaliser. Mais c'est sûr que quand on regarde les objectifs que l'on a en face de nous, les défis que l'on a en face de nous, je pense que ce plan n'est qu'une première étape. »
  • 12:30PrésentateurFait
    « Vous croyez que l'Europe est prête à revenir sur ces objectifs-là ? »

Temps de parole

  • Emmanuel Denis29 %
  • Michaël Delafosse28 %
  • Invité21 %
  • Présentateur19 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Dans le grand entretien, ce matin, trois nouveaux maires issus de la vague verte et rose aux dernières municipales. On attend vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000. Nous sommes donc avec deux écologistes en direct de Tours, le maire Emmanuel Denis de Poitiers et Léonore Monconduit, et avec un socialiste, le maire de Montpellier, Michael Delafosse. Bonjour à tous les trois et bienvenue. Bonjour. Vous étiez tous hier à Tours, une vingtaine d'élus autour d'Anne Hidalgo et puis d'Éric Piolle, le maire de Grenoble, tous les deux à l'initiative de ce mouvement. On va commencer avec vous, Emmanuel Denis, puisque c'est vous qui avez accueilli tout le monde hier dans votre ville.

C'est quoi l'idée ? Créer une nouvelle famille ?

0:36
Michaël Delafosse

Oui, l'idée, c'est de surfer sur cette vague verte qui s'est révélée dans les urnes lors du deuxième tour des élections municipales et donc de créer des liens entre l'ensemble de ces villes qui représentent l'écologie, la solidarité et la démocratie citoyenne pour profiter de l'expérience de certains. Nous, on est une nouvelle équipe, donc on était heureux hier d'accueillir certains qui ont déjà d'expérience pour pouvoir nouer des liens et profiter effectivement des politiques qui sont déjà mises en œuvre dans leur ville.

1:10
Présentateur

Léonore, mon conduit à Poitiers, contre la France des territoires de Jean Castex avec la vague au municipal, vous opposez la gauche des territoires. C'est un peu ça aussi l'idée ?

1:18
Invité

Oui, l'idée, c'est de montrer que le changement vient aussi de la base. Je rejoins Emmanuel Denis sur les objectifs qu'il a évoqués, se renforcer, témoigner de l'importance des communes dans le renouveau, alors dans le renouveau autour du mouvement écologique mais du renouveau démocratique également. Donc oui, en effet, porter un plaidoyer du point de vue des territoires nous semblait un axe majeur de nos échanges d'hier.

1:37
Présentateur

Très concrètement, ce gouvernement promet plus de décentralisation, des recrutements d'agents publics pour les départements par exemple, des transferts de gestion aussi comme pour les routes nationales. Michael Delafosse à Montpellier, c'est de l'archaïsme jacobin ça, pour reprendre les termes d'Anne Hidalgo ?

1:52
Emmanuel Denis

Il y a eu une élection municipale qui a vu un changement, une aspiration à ce que sur les territoires, les questions écologiques et de justice sociale soient pleinement prises en compte. Et donc la relation avec le gouvernement, ou plutôt le gouvernement, doit entendre ce message et accompagner les territoires par davantage de décentralisation pour que nous puissions faire, mettre en œuvre les objectifs de l'accord de Paris sur la question du climat, pour nous mobiliser face à la crise économique qui s'annonce liée à la pandémie et donc que nous ayons les moyens d'agir parce que c'est à cette échelle-là que les transformations, les réponses aux problèmes peuvent intervenir.

Si le gouvernement nous accompagne, la France réussit. S'il est dans une situation de défiance face aux métropoles, face aux villes, et bien là il y aura tension et les problèmes ne se régleront pas.

2:50
Présentateur

Pour l'instant il n'a pas l'air trop en situation de défiance. Décentralisation, territoire sont quand même des mots qu'on entend beaucoup, beaucoup dans la bouche de ce nouveau gouvernement, Léonore Monconduit.

3:00
Invité

Certes, mais il y a la première urgence qui est celle de l'accompagnement des communes et des métropoles face à la crise par exemple. Nous sommes en attente de réponses concrètes du gouvernement face aux difficultés financières que nous connaissons, à la fois en termes de dépenses supplémentaires que de manque de recettes. Donc c'est une occasion pour le gouvernement de témoigner de son soutien aux côtés des collectivités, des mairies, des communes, y compris de leurs nouvelles équipes récemment élues.

3:23
Présentateur

Alors le gouvernement, vous parliez du plan de relance, il y a aussi la relance verte. Le gouvernement a promis de réserver 30 milliards avec des pistes pour investir dans l'hydrogène ou la rénovation thermique, des aides aussi à la transition énergétique ou à la conversion automobile pour les ménages français. Vous trouvez toujours ça flou, Emmanuel Denis ?

3:41
Michaël Delafosse

On attend effectivement que cela se concrétise. On a des grands chantiers et en particulier à Tours sur la rénovation thermique. On a un travail énorme à accomplir sur lequel on a beaucoup de retard. Donc maintenant, au-delà des discours, on attend les dispositifs qui nous permettront justement de profiter et d'utiliser à bon escient ces 30 milliards. Donc maintenant, on est au-delà des discours. Comment concrètement on peut mettre ça et utiliser ce plan de relance et le mettre en œuvre concrètement sur nos territoires ?

4:09
Présentateur

On vous sent plutôt optimiste finalement, là, Emmanuel Denis. Ça veut dire que le gouvernement est dans le bon sens ? Va dans le bon sens ?

4:15
Michaël Delafosse

Écoutez, dans le discours, oui, mais on a déjà eu un certain nombre de discours depuis le début du mandat. Comme ça a été répété, aujourd'hui, on a à faire face aux objectifs des accords de Paris sur lesquels, si on regarde concrètement, on n'est pas du tout sur la trajectoire qui était annoncée. Donc ça veut dire qu'il faut accélérer toutes les décisions qui vont dans le sens de la réduction des gaz à effet de serre. En particulier, donc on vient de le dire, sur l'isolation thermique, c'est extrêmement important d'agir maintenant de manière massive.

4:43
Présentateur

4 milliards, je crois, mis sur les investissements, au moins 4 milliards sur l'innovation thermique des EHPAD, des écoles.

4:49
Michaël Delafosse

Oui, oui, tout à fait, ça c'est totalement indispensable et il faut y aller. Mais il y a d'autres sujets. Léonard m'a conduit à parler des aides pour compenser un certain nombre de recettes. Moi, je pense aux mobilités. Nous, on sait qu'on va avoir à faire face sur un budget de 80 millions à environ 17 à 20 millions de pertes sur la partie transport de la métropole de Tours. Et donc, on attend là aussi des aides de l'État pour permettre de combler ces pertes de recettes et puis nous permettre de continuer à investir puisque nous, on a sur la métropole un projet de deuxième ligne de tramway.

Et ce qui serait catastrophique, c'est que finalement, cette crise économique nous empêche d'investir dans ce nouveau projet. Donc là aussi, on attend des aides concrètes pour continuer à investir dans nos politiques de transition.

5:37
Présentateur

Léonard m'a conduit, c'est la même chose. Vous attendez des aides pour la mobilité notamment ?

5:41
Invité

Tout à fait. De même qu'Emmanuel Denis, nous avons des projets très importants en manière de réhabilitation énergétique du patrimoine municipal, du patrimoine intercommunal notamment parce qu'il nous semble que la force de l'exemplarité est importante aussi, surtout dans un contexte de crise. Mais effectivement, sur la mobilité, nous avons également des projets qui nécessitent de forts coûts d'investissement. En ce qui concerne Poitiers-Grand-Poitiers, c'est l'extension du réseau de bus aux 40 communes de la communauté urbaine, ce qui nécessite des coûts de fonctionnement importants, des coûts d'investissement également.

et que ces projets seront clairement menacés si nous n'avons pas une compensation des pertes de recettes dues à la crise actuelle.

6:15
Présentateur

On ne peut pas non plus tout attendre de l'État. Michael Delafosse à Montpellier, vous avez des projets, un programme ?

6:20
Emmanuel Denis

Bien sûr. Donc, ce qu'on attend, là il y a des déclarations qui ont été données, on en prend acte et de manière positive. D'ailleurs, l'esprit de Tour hier, c'était une forme d'optimisme combatif pour pouvoir mener un certain nombre de projets. Il faut qu'on aille vite pour pouvoir relancer la commande publique et donc répondre aux enjeux autour de l'emploi. Une commande publique qu'on doit évidemment orienter vers un Green New Deal qui prend en compte les enjeux de la transition écologique. Et naturellement, une élection municipale repose sur un débat à l'échelle d'un territoire, sur des orientations dans lesquelles les citoyens se sont reconnus. Et donc, il nous faut les mettre en œuvre.

Par exemple, les investissements en matière de mobilité sont nécessaires pour rendre désirables les mobilités alternatives à la voiture, places du vélo, bus en site propre, réalisation de lignes de tramway. Autant d'enjeux qui vont améliorer la qualité de vie de nos habitants, la qualité de l'air qu'ils respirent, et participer à la stratégie de la France sur la lutte contre le changement climatique. Et l'esprit de cité en commun qui s'est manifesté hier est de dire que la France ne peut pas prendre du retard sur ses propres engagements. Et c'est bien à l'échelle des territoires que ça va se jouer.

Donc si le gouvernement est dans une stratégie de partenariat, d'accompagnement de l'ensemble des maires et des élus qui ont fait de la question écologique liée à la justice sociale un enjeu, eh bien nous allons collectivement progresser, à la fois pour nos concitoyens qui nous ont accordé leur confiance, mais pour le pays, dans son ensemble.

8:00
Présentateur

Donc tout est entre les mains du gouvernement, là, si on vous entend. Vous ne pouvez rien faire au niveau des communes.

8:05
Emmanuel Denis

Écoutez, tout n'est pas entre les mains du gouvernement. On entend d'ailleurs bien avoir les mains libres pour pouvoir faire les choses. Mais pour construire une relation de partenariat. Donc on a eu un discours de politique générale par M. Castex qui envoie un certain nombre de signaux qui apparaissent positifs. Mais on sait bien, ces dernières années, nous l'avons vu, que la relation entre les collectivités locales et le gouvernement est malheureusement apparue plus conflictuelle, installant une forme de défiance. Et nous, nous sommes dans un état d'esprit, et mes deux collègues le démontrent parfaitement, on est prêts à avancer, à faire.

D'ailleurs, nous avons envie, mais il faut qu'il y ait de la réponse, qu'il y ait de la confiance, et on a hâte de voir comment s'articulent ces dispositifs et de pouvoir lancer les projets dans l'intérêt à la fois des territoires, mais aussi de l'emploi, de l'emploi. La crise sanitaire génère une inquiétude dans les familles, pour les jeunes, pour un certain nombre de personnes qui ne savent pas s'ils auront encore leur activité à la fin de l'année.

9:11
Présentateur

Bon, là-dessus, sur le plan de relance, grosse priorité mise sur l'emploi des jeunes, le gouvernement s'est engagé. Le Green New Deal, vous en parliez, Mickaël Delafosse, puisque à l'échelle européenne, ça bouge aussi, un prélèvement bientôt sur tous les produits exportés vers l'Union, qui ne respectent pas les normes environnementales ou sociales. On sait que la Commission réfléchit aussi à des taxes sur le carbone, sur le plastique non recyclé. Les honormes ont conduit tout ça. C'est des bonnes nouvelles, ça va dans votre sens, tout ça. C'est très écolo.

9:37
Invité

C'est très écolo. Alors, beaucoup dénoncent un accord à minima, mais au moins, on peut saluer le fait que l'Europe ait réussi à se mettre d'accord sur un accord et donc ainsi de se préserver, de se renforcer face à la crise.

Si je peux me permettre de faire le lien avec la réunion d'hier, nous avons introduit la réunion avec des témoins, notamment Jean Jouzel, qui ont participé aux travaux de la Convention citoyenne pour le climat et qui ont témoigné de l'importance de prendre en compte dans nos politiques ces aspirations citoyennes et les propositions très fortes qui sont issues de la Convention citoyenne pour le climat et qui témoignent de à quel point la société est mûre pour un changement radical. Et c'est ce que je retiens aussi. Effectivement, il y a l'échelle européenne, mais aussi l'échelle citoyenne, c'est-à-dire ce qui a porté nombre de nos listes qui étaient rassemblées hier.

C'était une grande ouverture, une grande écoute des aspirations citoyennes. Et je crois aussi vraiment que c'est là que les communes ont un rôle à jouer dans la prise en compte de ces aspirations citoyennes et dans le fait de porter un plaidoyer aussi auprès du gouvernement et auprès des autorités européennes pour que les mesures qui soient mises en œuvre en ce moment correspondent vraiment à cette attente d'un changement radical issu de la base citoyenne, si j'ose dire.

10:45
Présentateur

Vous évoquez un accord à minima sur ce plan de relance européen. Sur le plan social, les insoumis critiquent le plan de relance. L'Europe, disent-ils, a largement contribué à la casse des services publics. Est-ce que vous pensez, comme les insoumis, Emmanuel Denis, que ce plan à 750 milliards d'euros est insuffisant ?

11:01
Michaël Delafosse

Insuffisant, on verra concrètement ce qui sera possible de réaliser. Mais c'est sûr que quand on regarde les objectifs que l'on a en face de nous, les défis que l'on a en face de nous, je pense que ce plan n'est qu'une première étape. Il faudra aller plus loin. Tous les sujets ont été évoqués, mais on a un ensemble de transitions à mener à bien. La transition énergétique, la transition alimentaire, la transition des mobilités, la transition écologique de l'économie est extrêmement importante. Quels sont les emplois de demain ? Et pour financer tout ça, on aura forcément besoin de l'État français, on l'a souligné longuement, mais aussi, bien sûr, de l'État, enfin, de l'Europe.

Et donc, c'est un premier plan. Donc, on doit plutôt regarder ça d'un œil bienveillant. Cet accord, même s'il est à minima, c'est un premier accord, mais il faudra forcément aller plus loin si on veut respecter, je le redis, les accords de Paris. Et en termes sociaux, bien sûr, il y a une importance extrêmement forte. Et on a vu l'importance des services publics lors de cette crise du Covid. On a tout intérêt à renforcer la puissance publique sur un certain nombre de sujets, en particulier sur la santé. Ça a été illustré dernièrement. Donc, voilà, premier plan à suivre. Et puis, certainement, d'autres plans à venir pour pouvoir financer l'ensemble de ces transitions.

12:17
Présentateur

Quel genre de plan ?

12:20
Michaël Delafosse

Je vous le dis, un plan qui permettrait de redévelopper des services publics forts dans l'ensemble des pays européens. Ça, ça me paraît totalement indispensable. Je pense qu'on est passé très, très près... Vous êtes optimiste là-dessus ?

12:29
Présentateur

Vous croyez que l'Europe est prête à revenir sur ces objectifs-là ?

12:34
Michaël Delafosse

Écoutez, en tous les cas, il faudra, à mon avis, remettre ces questions-là sur la table. Ça me paraît indispensable. Sinon, on aura des difficultés à mener à bien toutes ces réformes. Donc, bien sûr, il faut continuer dans le dialogue. Alors, au niveau européen, c'est forcément un peu compliqué. Mais je pense qu'on a, et il faut absolument, nous, en tous les cas, on demandera au gouvernement français de continuer à discuter, à essayer d'obtenir plus pour qu'au-delà de ce premier plan, on puisse avoir des marges de manœuvre supplémentaires pour renforcer nos services publics.

13:08
Présentateur

Alors, après la poussée aux municipales, comment allez-vous transformer l'essai pour la présidentielle ? Parce que, vous avez beau dire, c'est quand même de ça aussi dont il s'agit. Je vais poser la question aux socialistes du groupe, Michael Delafosse. C'est l'union de la gauche, en 2022 ? On revient à la majorité, la gauche plurielle ?

13:23
Emmanuel Denis

Non, il ne faut pas imiter le passé. Il faut s'en inspirer pour avancer. Écoutez, il s'est passé, à ces élections municipales, des alternances dans beaucoup de villes, de métropoles, le fait de dynamiques citoyennes, de projets, où la question écologique, la question de la justice sociale, la question du soutien aux forces de la création artistique, entrepreneurial, ont été, pour accompagner la transition écologique, l'ont emporté.

Et donc, ça crée du désir pour être au rendez-vous de l'élection présidentielle de 2022, sur la base d'un projet, sur la base d'une ambition de transformation de notre pays pour réduire ces inégalités qui sont sociales, territoriales, dont nous voyons les colères qui s'expriment, qu'il nous faut savoir entendre, mais surtout, y apporter des réponses. Et donc, on peut avoir deux choix. Soit on fait comme avant, et puis les petits appareils se parlent, soit on essaye d'avancer, de dire que sur nos territoires, par les actions que nous menons, nous créons des politiques publiques qui font référence, qui inspirent les uns les autres.

Et nous continuons à nous parler, et nous préparons cette échéance, non pas pour critiquer nos compétiteurs potentiels, il y aura bien sûr des débats, mais pour être capable de porter un projet ambitieux pour notre pays sur la transformation écologique et pour son exigence de justice sociale. C'est bien de cela dont il faut parler. Nous avons, hier, nous nous sommes réunis, cités en commun, des hommes et femmes de gauche, des maires de gauche, de l'écologie, de mouvements citoyens, comme ma collègue de Poitiers.

Eh bien, tout ça, on doit, c'est une première forme de dialogue, il faut le poursuivre, pour effectivement être au rendez-vous de cette échéance majeure, et pour cesser de désespérer les hommes et femmes de gauche qui souffrent des divisions qui finalement nous conduisent à voter en contre, de manière républicaine, mais en contre, lors de l'élection présidentielle.

15:31
Présentateur

Je vous arrête, restez avec nous, on va faire un tour au standard d'Inter avec les auditeurs et nous accueillons Martin, bonjour, bienvenue Martin.

15:40
Invité

Bonjour.

15:41
Présentateur

Vous avez une question pour Léonore Monconduit.

15:43
Invité

Oui, bonjour, je m'arrête à vous, Madame Léonore Monconduit, aujourd'hui, parce que, comme Éric Puyol, en fait, vous avez été élu face au Parti Socialiste, et donc du coup, je voulais savoir quelle place, selon vous, pour le Parti Socialiste dans cette recomposition de la gauche en vue notamment des élections de 2022, la présidentielle, quand on connaît les résultats des atouts du mandat de François Hollande, que ce soit sur les enjeux écologiques, sociaux ou économiques.

16:06
Présentateur

Éric Puyol, le maire écologiste de Grenoble, merci Martin pour cette question. Léonore Monconduit.

16:12
Invité

Alors effectivement, nous avons, à Poitiers, nous avons remporté les élections municipales face à un maire socialiste avec le message surtout d'un fort renouveau, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'ensemble des logiciels politiques doivent faire preuve de renouveau pour faire face notamment aux enjeux climatiques majeurs qui n'existaient pas, enfin qui n'étaient pas, qui étaient insuffisamment pris en compte dans les dernières années. Et donc, c'est un message plutôt adressé à l'ensemble des logiciels politiques de faire leur évolution pour intégrer structurellement ces défis écologiques qui nous menacent.

Et je pense, ce que je constate aujourd'hui, c'est que d'une part, c'est l'écologie qui rassemble, qui rassemble certes des forces de gauche. À Poitiers, nous étions également soutenus par un certain nombre de mouvements de gauche, mais aussi de nouvelles formes démocratiques au sens large. Ce qu'il faut aussi retenir, enfin ce que je retiens en tout cas de ces élections municipales, c'est le très fort taux d'abstention qui manifeste une très forte défiance envers la politique.

Et je pense que le renouvellement de la politique au sens large, que ce soit pour la gauche, pour l'écologie, elle passe par une très grande ouverture, par une très grande écoute des aspirations citoyennes en laissant une large place au renouveau citoyen, une large place à la société civile, une large place à la jeunesse. Et je pense que c'est aussi comme ça qu'on dépassera les clivages partisans dont je crois les citoyens ne veulent plus et qui ne sont pas susceptibles de renouer la confiance envers la politique qui est essentielle à cette confiance à tous les échelons de responsabilité, que ce soit au niveau local, au niveau communal, comme au niveau national

17:33
Présentateur

que vous évoquiez tout à l'heure. Pour rester quand même sur ces mouvances socialistes et écologistes, Anne Hidalgo avait dit après les municipales que la plateforme qui l'a soutenue, Paris en commun, qui est d'ailleurs devenue citée en commun, que cette plateforme avait vocation à devenir une structure politique qui dépasse les frontières de la capitale. On va poser la question qui fâche. Emmanuel Denis, vous ne servez pas de tremplin à Anne Hidalgo ?

17:52
Michaël Delafosse

En tous les cas, hier, ce n'était pas du tout l'état d'esprit. On a au contraire travaillé sur des questions très locales et la manière d'avancer plus rapidement dans nos villes. en profitant des bonnes pratiques des uns et des autres sur, par exemple, la réduction de la publicité comme l'a fait Éric Piolle à Grenoble, sur les questions de logement comme il y a eu un travail intéressant de fait également contre la spéculation à Rennes, comme la question des mobilités où la ville de Strasbourg est exemplaire. Donc, c'était vraiment hier l'objectif. Après, au-delà de ça, moi, je pense qu'effectivement il faut quand même réfléchir à cette élection présidentielle.

ce qui me paraît important et le message des dernières élections, c'est vraiment que la question écologique doit être au centre du logiciel politique. Après, au-delà de ça, je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit par mes deux collègues. À la fois, il faut dépasser les appareils politiques et puis, surtout, il faut réinventer une manière de faire de la politique et d'essayer de construire cette candidature aux élections présidentielles présidentielles en s'appuyant sur un renouveau citoyen.

On a pu le faire à Tours, mais je pense qu'au niveau national, ça doit être possible de s'appuyer fortement et de dépasser effectivement les questions de militantisme ou les questions d'appareils politiques. Donc, c'est aussi une question assez enthousiasmante, mais il faut réinventer les choses, je pense, pour être en position de l'emporter lors de cette prochaine élection présidentielle.

19:29
Présentateur

Retour aux standards d'Inter. Nous sommes avec Patrick. Bonjour, bienvenue Patrick.

19:35
Invité

Oui, bonjour. Je voudrais poser une question. Vos invités ont parlé au début de l'émission de vagues vertes. Moi, il me semble que cette vague verte touche essentiellement les grandes métropoles, les grandes villes. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment qu'il faut quand même être un petit peu modeste et que le vote, quand on analyse les résultats, le vote vert, je dirais même presque de la gauche, concerne assez peu l'ensemble du pays et les territoires. Je voudrais avoir l'avis de vos invités là-dessus. Merci.

20:07
Présentateur

Peut-être, Léonore, mon conduit, puisque vous n'êtes pas à la tête d'une grande métropole à Poitiers. pardon.

20:13
Invité

Oui, c'est d'ailleurs un enjeu dont nous avons parlé hier et qui, je crois, tenait à cœur à de nombreux maires présents. C'est comment faire en sorte que l'écologie ne soit pas que l'écologie des grandes villes mais que chaque territoire selon sa taille s'y retrouve, les petites communes, les moyennes communes, les grandes communes et les métropoles. Deux choses. D'une part, je constate autour de moi qu'il y a y compris des petites communes rurales qui sont aujourd'hui dirigées par un ou une maire écologiste au sens partisan du terme. mais surtout, je constate que l'écologie, elle irrigue l'ensemble des...

Enfin, elle irrigue de très nombreux programmes, de très nombreuses propositions politiques à toutes les échelles de communes et que souvent, dans les petites communes, il ne s'agit pas... Les maires sont sans étiquette, ce qui veut dire qu'il y a une évolution des mentalités et des propositions politiques qui ne se reflètent pas forcément dans un affichage écologiste très clairement estampillé.

Mais du coup, cette évolution des programmes politiques me donne, moi, espoir au fait que cette aspiration pour plus d'écologie elle se diffuse dans l'ensemble des territoires et pas simplement dans les grandes métropoles même si c'est vrai ce qu'on retient dans cette vague verte, ceux à qui on donne la parole dans cette vague verte, c'est surtout les représentants de grandes communes ou de grandes métropoles.

21:20
Présentateur

Donc ça, vous le reconnaissez. Qu'est-ce que vous en pensez, Michael ? On le reconnaît. Oui.

21:25
Invité

On le reconnaît, mais c'est un enjeu, une préoccupation partagée par l'ensemble des maires à exprimer hier qui fait aussi partie des défis sur lesquels nous devons travailler dans les années à venir.

21:35
Présentateur

Vous êtes d'accord, Michael Delafosse,

21:37
Invité

à Montpellier ?

21:38
Emmanuel Denis

Je n'ai pas d'écologie sans lutte contre les inégalités. Et les inégalités territoriales, c'est une des grandes problématiques qui nous attend pour l'élection présidentielle. Les inégalités territoriales, elles sont une réalité. C'est-à-dire, il y a des territoires qui se déclassent à la fois à proximité des métropoles, mais aussi au sein des métropoles. Je pense à la question des quartiers populaires pour lesquels il ne faut surtout pas ignorer cette réalité. On voit bien qu'aujourd'hui, les questions d'inégalités entre les territoires tendent à s'accroître. La crise des gilets jaunes a émergé sur cette question et où la proposition de M.

Hulot qui était de taxer plus fortement le diesel, qui d'un point de vue écologique était une mesure d'évidence, mais a révélé des fractures territoriales. Et dans la réflexion qui nous attend pour le projet à l'horizon de 2022, il faut traiter ces questions d'inégalités territoriales, y compris pour nous, je prends l'exemple de la métropole de Montpellier, 31 communes, mais nous évoluons dans une plus grande ère urbaine. Nous avons besoin de dialoguer avec les autres territoires sur la question alimentaire, sur la question des mobilités.

22:59
Présentateur

On vous a entendu sur ces dossiers, Mickaël Delafosse, je suis désolé, leur tourne et j'ai une dernière question importante à vous poser. On va rester sur 2022. Yannick Jadot, déjà candidat pour les écologistes, Laurent Joffrin, l'ancien patron de Libération qui lance un nouveau mouvement au nom du réformisme de gauche, le doute sur les insoumis, d'ailleurs aucun n'était à tour hier, certains PS un peu trop Macron compatibles, la gauche s'unit ou au contraire s'éparpille, Emmanuel Denis ?

23:22
Michaël Delafosse

On est encore, je pense, assez loin des échéances présidentielles. Je pense que pour l'instant, il faut, en tous les cas, moi en tant que nouveau maire, ma priorité, comme je vous l'ai dit, c'est de travailler sur la mise en œuvre de notre programme. Après, je pense vraiment qu'il faut avoir un dialogue et pas commencer effectivement à multiplier, à démultiplier les candidatures, ça serait assez néfaste.

Donc il faut qu'on se mette autour de la table et puis je pense vraiment que le chantier commence et qu'il faut réinventer la manière de construire une candidature aux élections présidentielles et peut-être que l'on peut s'inspirer effectivement de ce qui s'est passé, moi je pense bien sûr à Poitiers où il y a eu un travail citoyen extrêmement fort, à Marseille également et puis à Tours on a aussi procédé comme cela et ça a été positif, ça a été gagnant et donc je pense qu'il faut qu'on regarde ces exemples de près.

24:23
Présentateur

On va s'arrêter là, des invités en rose et vert ce matin, Léonard Monconduit à Poitiers, Emmanuel Denis à Tours, Mickaël Delafosse à Montpellier, merci à tous les trois, un grand merci aussi aux équipes de France Bleue pour les studios. Merci à tous les deux.

Emmanuel Denis (EELV) : "La question écologique doit être au centre du logiciel politique" — Emmanuel Denis · Pourquijevote