Réforme des retraites, référendum, dissolution et "méga-bassines"... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure. Bonjour à vous. Dixième journée de mobilisation aujourd'hui contre la réforme des retraites alors qu'Emmanuel Macron a prévenu qu'il ne reculera pas. En qui croyez-vous le plus aujourd'hui pour effacer cette réforme ? En la rue ou plutôt dans le Conseil constitutionnel ?
Mais je crois en tout le monde et je crois surtout en la raison. Et je vous rappelle qu'en son temps, Jacques Chirac avait compris qu'il pouvait être à la fois dans la légalité. Le projet de CPE était légal, constitutionnel. Il avait été adopté par le 49-3, promulgué. Puis il avait pris sagement la décision de ne pas le mettre en application. Et donc moi ce que je souhaite, c'est qu'Emmanuel Macron entende enfin ces millions de Français qui défilent et qui, à travers les sondages, manifestent semaine après semaine une détermination de plus en plus forte. Ils nous disent chaque jour davantage qu'ils sont opposés à cette réforme, donc il faut maintenant la retirer.
Mais dans le même temps, vous dites à Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel, qui vient de votre famille politique, « Vas-y, censure la loi et règle le problème ».
Je ne dis rien à un Conseil constitutionnel qui est censé être totalement indépendant. Mais il a tous les motifs pour invalider ce projet. L'addition 47-1, 44-2, 44-3, article 38 du règlement du Sénat, 49-3. On a un projet qui a été adopté dans des conditions qui frôlent l'insincérité et qui montre à l'évidence que ce débat est un débat tronqué. Avec le gouvernement qui a d'abord annoncé des contre-vérités sur lesquelles il s'est repris, sous la pression notamment de Jérôme Gage, on voit bien qu'il y a là de larges motifs pour invalider ce projet. J'espère que le Conseil le fera.
Hier, lors d'une réunion avec les cadres de la majorité, Emmanuel Macron a accusé la France insoumise de vouloir délégitimer les institutions jusqu'au Conseil constitutionnel, pense le chef de l'État. Vous, si le Conseil constitutionnel valide la réforme, vous allez accepter la décision ?
Mais tout le monde acceptera la décision, y compris... Enfin, je ne suis pas le porte-parole de la France insoumise, et donc si vous voulez les interroger, invitez-les. Mais je vous rappelle qu'ils ont déposé un recours avec nous devant le Conseil constitutionnel. Et bien sûr, ils sont absolument conscients du fait que si le Conseil valide, ce sera validé comme étant constitutionnel. Est-ce que ça veut dire pour autant que le projet sera légitime ? Je viens de vous parler du CPE. Le CPE était parfaitement constitutionnel, mais il y avait ensuite un problème de légitimité politique. Donc vous continuerez à manifester...
C'est cette légitimité politique qui est contestée, et donc nous allons continuer à contester, parce que nous ne voulons pas, comme le Président le souhaite, passer à la séquence suivante et faire, par exemple, qu'ils fassent le dos rond, et puis après, on passe à autre chose.
Donc si le Conseil constitutionnel valide la réforme, vous serez quand même dans la rue, même si le Conseil constitutionnel valide la réforme ?
Moi, je ne mets personne dans la rue. En fait, vous savez très bien que nous avons fait un choix clair, qui est de suivre ce que décide l'intersyndicale, qui a la charge de la mobilisation. Et donc, tant qu'il y aura des manifestations auxquelles appellera l'intersyndicale, nous en serons.
La dernière journée de mobilisation contre la réforme s'est soldée, on le sait tous, par des centaines d'arrestations et des centaines de blessés également, des deux côtés, côté manifestants, côté casseurs et côté forces de l'ordre. Est-ce qu'il y a aujourd'hui un problème de maintien de l'ordre ?
A l'évidence, il y a aujourd'hui un problème de maintien de l'ordre. Les violences sont inacceptables d'où qu'elles viennent. Mais quand on détient ce qu'on appelle la violence légitime, l'ordre républicain doit être assuré de manière juste et ne pas être dans le débordement. Et malheureusement, tout ça est documenté par des images, par des films qui sont réalisés par un certain nombre de journalistes et qui font la démonstration d'un usage disproportionné de la violence. Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Conseil de l'Europe, c'est la défenseur des droits, c'est Amnesty, c'est la Ligue des droits de l'homme.
Ce sont tous ceux qui sont aujourd'hui des observateurs attentifs de ce qu'il se passe en France et qui dénoncent une pratique qui est outrancière. C'est-à-dire, vous dites qu'il y a des violences policières systématiques ou ce sont des bavures et des brebis galeuses ? Je ne dirais pas systématiques, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier. Mais l'évidence, c'est qu'il y a d'abord eu un changement dans les consignes données après le 49-3. Là où on avait eu des manifestations qui s'étaient déroulées dans la paix civile pendant deux mois, on a d'un seul coup assisté au retour des NAS. Ce qui a changé aussi, c'est la présence des casseurs.
Non, les casseurs étaient là depuis le début, ils ont toujours été là. Simplement, ils avaient été maîtrisés jusque-là. Et je ne peux pas faire de procès d'intention. Mais ce que je vois, c'est que là où ils ne se déployaient pas jusqu'ici, on les a laissés se déployer. On les a laissés se déployer ? Parce que j'en sais rien. En fait, je me pose la question. Vous dites qu'on les a laissés se déployer ? Ce qui est vrai, c'est qu'ils se déploient depuis, ils ne se déployaient pas avant. Ils étaient toujours là, ils vous aient toujours vus. Il y a toujours des gens qui sont là pour en découdre. Mais c'est dans la façon de les gérer et de ne pas les confondre avec le reste des manifestants.
Ce que je reproche au gouvernement, c'est d'avoir procédé à des attrapellations tous azimuts. On tape dans le tas, on essaye de voir ce qui en ressort. Et vous avez le résultat, des attrapellations nombreuses avec une toute petite minorité qui est en fait traduite devant la justice.
Olivier Faure, en fait, vous dites comme Fabien Roussel qui a accusé Emmanuel Macron de créer un climat de guerre civile pour retourner l'opinion ? Ou aussi, vous pensez vraiment qu'à l'Élysée, on se réjouit à chaque fois qu'il y a un blessé ?
Je pense qu'il y a des gens qui... Enfin, écoutez, Darmanin, en fait, quand je l'entends expliquer... Enfin, essayer d'agiter toutes les peurs en expliquant qu'il y a des gens dans les rues qui sont là par milliers et qui sont là pour en découdre et qui sont là pour tuer les policiers. Bon, je pense qu'ils cherchent à agiter les peurs. Je pense qu'ils cherchent à expliquer... Il y a une menace de 100 policiers et gendarmes blessés depuis 10 jours. Oui, c'est vrai, mais je vous ai dit d'entrée de jeu, je condamne toutes les violences d'où qu'elles viennent. Et moi, je ne suis pas un black bloc et je condamne le black bloc.
Simplement, la réalité, c'est que vous avez aussi des gens qui sont parfois des adversaires, mais qui sont dans une forme de confrontation où chacun s'arrange de la présence de l'autre. C'est-à-dire que vous avez des gens qui, finalement, se disent le black bloc, c'est une façon de disqualifier un mouvement qui a été un mouvement absolument pacifique. Et de l'autre, vous avez des gens qui sont très contents dans les policiers en face pour pouvoir, en fait, faire le coup de force.
Olivier Ford, dans sa dernière interview, Emmanuel Macron fait bien la différence entre les manifestants qui ont une colère légitime et les factieux dont il parle.
Je ne suis pas sûr qu'il ait fait la différence comme vous la faites ici. Je pense qu'il a cherché à amalgamer un peu tout le monde dans sa volonté d'expliquer, en gros, que les manifestants n'étaient pas légitimes, cette fameuse foule illégitime, alors que lui, avec son 49-3, le serait parfaitement. C'est quand même ce qu'il a dit. Et je vois bien ce qu'il cherche à opposer et expliquer, en gros, qu'il y a une foule fanatique face à lui alors qu'il est le symbole de la raison et qu'il est l'ordre. Mais moi, ce que je dis, c'est que sa détermination à ne jamais écouter les Français, elle conduit au chaos.
Et donc, c'est là où il y a un problème avec le président de la République qui, dans un orgueil démesuré, cherche aujourd'hui à maintenir une réforme que tous les Français, ou presque, réprouvent. Vous serez dans les cortèges tout à l'heure ? Oui. Vous souhaitez qu'il y ait le plus de jeunes possible ? Oui.
Vous les appelez à bloquer leurs établissements ?
Mais je ne suis pas... Moi, je ne suis pas un syndicaliste. Donc, je n'appelle à rien du tout. Mais je trouve que leur présence...
Pardon, mais vos collègues de la France insoumise, ils le font. Ils appellent à bloquer les établissements.
Mais alors, je vous le dis, si vous voulez inviter les insoumis, vous invitez les insoumis. Moi, je suis socialiste. Donc, en fait, je vous dis que je n'ai absolument pas... Vous ne lanceriez pas d'opérations sur les réseaux sociaux pour bloquer les lycées ? Je n'ai pas de consignes à passer. Mais en revanche, je comprends parfaitement que des lycéens, des étudiants qui ont des parents, des grands-parents, qui voient parfois... Enfin, je discutais avec une jeune femme l'autre jour qui vient de rentrer à l'université et qui me dit « Mon père, il est maçon. Je le vois, il a 55 ans. Il ne peut plus arquer. Il a été usé par le travail, etc. » J'irai manifester pour lui.
Eh bien, je comprends parfaitement cette jeune femme. Je comprends parfaitement qu'on puisse dire « Je ne veux pas que mon père, ma mère, qui est dans un métier difficile, pénible, prenne deux ans de plus. » C'est parfaitement légitime.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, invité de France Info. Il est 8h41. Le fil Info, Maureen Suignard. La France Insoumise est le premier groupe d'opposition à nos institutions et attise en permanence le feu. Lance sur France Info, la porte-parole du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. 200 cortèges aujourd'hui contre la réforme des retraites et toujours des perturbations dans les transports. 3 TGV sur 5. La moitié des TER en circulation et seulement un quart des intercités. La croissance réduit un peu le poids de la dette et du déficit en 2022.
111% du PIB pour la dette, 4,7% pour le déficit après de fortes hausses liées à la crise sanitaire et la guerre en Ukraine. Kiev qui vient de recevoir ses premiers chars d'assaut occidentaux, des engins de combat livrés par les Britanniques et les Allemands pour faire face à l'invasion russe. Deux matchs, deux victoires pour les Bleus. 1-0 contre l'Irlande hier soir avec un but de Benjamin Pavard. Les Bleus bien lancés dans cette course à la qualification pour l'Euro de foot 2024. restent tout de même deux matchs encore à jouer en juin contre Gibraltar et la Grèce. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Toujours avec Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste. Elisabeth Borne promet une nouvelle méthode 149.3 Sauf pour les textes budgétaires.
La centième nouvelle méthode.
Est-ce que vous le prenez comme un signe d'apaisement quand même ?
Écoutez, moi je suis très apaisé. Donc en fait, le vrai signe, vous l'avez compris, c'est le retrait ou c'est le retour au peuple, la dissolution, le référendum pour trancher un sujet sur lequel ça fait partie des moyens qui sont utilisables par le gouvernement pour pouvoir trancher une question que visiblement personne ne n'arrive à trancher. Quitte à jouer la suite du quinquennat
à pile ou face si on en croit les derniers sondages aujourd'hui, l'ANUP et l'ERN à égalité, 26% des voix pour les deux. Vous êtes prêts à lancer une pièce en l'air et à dire tant pis si l'ERN arrive à Matignon ?
Non, je suis prêt à dire qu'il faut que quand on ne sait pas trancher, quand le président ne veut pas trancher une question et ne veut pas reculer par le retrait, eh bien ça suppose qu'on donne la parole aux Françaises et aux Français. Que veulent-ils ? Quelle majorité veulent-ils ? Et si ce n'est pas cette voix-là qui était choisie, qu'ils choisissent la voix référendaire et de toute façon, même s'ils ne la choisissent pas, nous avons déposé avec les groupes du Sénat et de l'Assemblée de la gauche et de l'écologie un recours devant le Conseil constitutionnel pour pouvoir obtenir un référendum d'initiative partagée. Mais vous êtes prêts au Parti socialiste à repartir en campagne
avec des affiches Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre ? Écoutez, je ne suis pas en train
de vous parler de la campagne elle-même. Vous n'avons pas peur.
Vous dites référendum
ou dissolution ? Je vous dis retour au peuple. Je vous dis je n'ai pas peur d'une dissolution. Je crois qu'à un moment, quand vous avez un président qui s'obstine, qui ne veut pas entendre raison et qui ne veut pas écouter son propre peuple, le mieux est de lui rendre la parole.
On vous parle de vous, de votre stratégie à vous. Vous êtes en coalition au sein de la NUPES. Donc est-ce que vous êtes capable de repartir avec ces affiches Mélenchon, Premier ministre, pour une nouvelle campagne ?
On n'en est pas dans une campagne. Je vous dis que moi, je suis, par exemple, je préférais qu'il y ait un référendum. Je préférais que le président de la République admette le fait qu'il y a un blocage dans le pays parce qu'il a lui-même conduit à cette impasse. Et donc pour sortir de l'impasse, il faut un référendum que les Français puissent se saisir de cette question et disent oui ou non pour la réforme
à 64 ans. Elisabeth Borne, la Première ministre, a dit sa volonté d'élargir sa majorité sans dire d'ailleurs de quel côté elle souhaitait le faire. Est-ce que vous êtes absolument sûr qu'aucun socialiste ne pourrait rejoindre, ne rejoindra la majorité ?
Je ne crois pas qu'il y ait des socialistes. Enfin, vous savez, il y a des gens qui, pour des raisons qui leur sont personnelles, font un jour le choix de revenir sur tout ce qu'ils ont défendu toute leur vie. Vous pensez à qui ? Je pense qu'il y a des gens en gouvernement actuellement qui, par exemple, ça fait partie des gens qui étaient à l'aile gauche du PS qui se sont retrouvés à l'aile droite de la Macronie. Écoutez, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Mais les parcours personnels n'entament pas. Est-ce qu'il pourrait y avoir d'autres ? Comment voulez-vous que je le sache ?
Ce que je sais, c'est que ceux qui sont restés par ce socialiste ont une volonté, celle de faire tendre une voix différente et alors même qu'ils auraient pu faire le choix il y a cinq ans de rejoindre la majorité, ils ont fait le choix de rester avec moi et de faire en sorte que la gauche retrouve ses couleurs, qu'elle parle d'une voix qui soit une voix entendable, compréhensible et qui permette de comprendre aussi pour qui nous nous battons et qui nous défendons.
Ce que nous défendons dans ce moment-là, c'est le travail, c'est les travailleurs, celles et ceux qui ont besoin d'une force pour les défendre face à un gouvernement qui est dans une logique que tout le monde a bien saisie maintenant, qui est une logique purement libérale et qui n'a absolument rien à voir avec ce que la social-démocratie a pu apporter en Europe depuis un siècle.
Sur la ligne du PS, on va en parler tout à l'heure, juste Olivier Faure, 47 gendarmes blessés, deux manifestants dans le coma, c'est le lourd bilan de ce week-end à Sainte-Solines. Est-ce que vous trouvez normal que des élus de la NUP aient participé à une manifestation interdite ?
D'abord, je vous rappelle que le fait de participer à une manifestation qui n'a pas été autorisée n'est pas un délit. Donc déjà... Celle-là a été interdite.
Celle-là a été interdite.
Oui, mais ce qui n'est pas la même chose.
Du coup, c'est...
Et ensuite, ce que j'ai vu des élus qui étaient présents à Sainte-Solines, c'est qu'ils ont cherché à s'interposer pour protéger les blessés. Je trouve que c'est plutôt utile. Mais avant même de se poser la question, parce que je vois bien qu'on traite l'information uniquement maintenant du point de vue des violences, pas violences. Avant d'y venir, il faut quand même rappeler qu'il y a un problème sur ces bassines et qu'il y a en fait un vrai sujet qui est quand même la gestion collective de l'eau, qui va être l'un des grands sujets du siècle. Et donc, plutôt que de chercher uniquement à regarder par le petit bout de la lorgnette ce sujet-là, ça mériterait quand même de dire...
Du bilan quand même, c'est important. Oui, parlons du fond. Et après, je veux bien répondre à ces questions-là.
L'agence de l'eau Bretagne dit que là, on a déjà construit des bassines. Aujourd'hui, en demandant dans le même temps aux agriculteurs de s'engager pour qu'ils consomment moins, le niveau des nappes phréatiques a remonté entre 1 et 2 mètres. Ça, c'est un argument qui fait mouche chez vous ou pas du tout ?
Non, ce n'est pas un argument qui fait mouche. Moi, ce que je crois, ce que je vois, c'est qu'il y a une forme de privatisation de l'eau puisque c'est 4 à 5 % des agriculteurs qui bénéficieront de ces bassines. Et donc, vous avez là une ressource qui est un bien commun et que vous avez d'un seul coup privatisé pour quelques-uns pour maintenir l'agriculture intensive. Et la réalité, c'est que sur les sommes qui sont déversées sur ces grandes bassines, eh bien, vous avez une toute petite, une infime goutte qui va sur la transformation vers l'agroécologie, vers l'agriculture bio, etc.
Et que donc, ce qu'il faudrait, c'est un changement de modèle agricole parce que le problème des bassines, c'est que ça permet de le maintenir.
Et on sait déjà ce qu'il se passe. Il y a déjà un premier bilan. Les agriculteurs, par exemple, qui ont cultivé du maïs ont changé peu à peu leur manière de cultiver. Ils ont changé de culture. L'usage de l'eau a été moins important.
Ça n'enlève rien au fait que vous avez... Ça permet de maintenir...
C'est un contrat avec les agriculteurs.
Oui, c'est un contrat qui, pour l'instant, n'est pas toujours respecté. Vous avez y compris des bassines illégales qui sont toujours en activité et je ne vois pas l'emploi des forces de l'ordre pour les faire interrompre leur activité. Donc, il y a un deux poids, deux mesures qui est incompréhensible. Et vous avez, par ailleurs, un problème qui est un problème d'appropriation par quelques-uns d'une ressource qui est une ressource commune. Et vous savez très bien aussi qu'y compris sur le plan de la gestion de l'eau, c'est un problème, Sébastien, parce qu'elles ont un taux d'évaporation qui est de 10 à 70% selon, en fait, la météo et que vous avez là, y compris la propagation d'algues...
Alors, l'évaporation, c'est 3 à 6% selon le Bureau de recherche géologique et minière.
Moi, j'ai des chiffres qui sont différents des vôtres. C'est que selon la météo, selon le climat, vous avez un taux d'évaporation qui est entreduit, c'est 70%. Ça signifie, Olivier Faure, que votre position... Même si c'était que 10%, vous rendez compte
que ça représente. Votre position, aujourd'hui, c'est de dire on n'en ouvre pas de nouvelles de ces réserves d'eau et on rebouche
celles qui existent déjà. Non, ça veut dire que selon la géologie, selon les territoires, selon les endroits, vous avez parfois des retenues d'eau qui sont possibles, à d'autres endroits, ça ne l'est pas. Mais du coup, qui doit trancher ? Vous avez des sols qui ne sont pas exactement identiques. Du coup, qui doit décider ? Ça doit être une constatation. Je vois que le président de la région Nouvelle-Aquitaine
a demandé
à ce qu'il y ait une forme de pause, de moratoire et qu'on puisse remettre tout le monde autour de la table pour pouvoir discuter de ce qu'il est possible de faire, d'arriver à engager un véritable contrat avec le monde agricole et faire en sorte que nous n'ayons pas cette privatisation et que nous ayons une gestion collective de ce bien commun. Mais cette concertation à Sainte-Soline,
elle a eu lieu ? Non, vous savez bien que... Il y a eu des décisions qui ont été prises, des décisions de justice. Il en reste une,
je crois, le tribunal administratif qui avait été... Tout ça a été fait à un moment où on n'a même pas pris en compte la question climatique de l'aveu même de ceux qui ont mené cette concertation. Donc, vous avez là un sujet qui mérite d'être reposé et donc que ça se fasse évidemment sans violence.
Je repose simplement ma question. En attendant, on ne les utilise plus ou on les rebouche ? Celles qui existent un peu partout aujourd'hui en France ?
Ça dépend lesquelles. Ça dépend. Vous en avez 16 qui sont illégales et donc celle-là, la justice a tranché et ça nécessiterait de faire en sorte qu'effectivement, on les ferme et que là, M. Darmanin, qui est si prompt à venir défendre des bassines qui n'existent pas à Sainte-Sauline puisque c'est simplement une excavation pour l'instant, un trou dans la terre, mais il n'y a pas de bassines à défendre donc il n'y avait pas besoin d'envoyer 3000 gendarmes ou CRS sur place et donc, eh bien, par contre, il pourrait là faire respecter le droit et la loi en allant fermer les bassines qui sont illégales.
Olivier Faure, vous restez avec nous 8h51, le fil info, Maureen Suenard, on poursuit juste après. Il faut mettre sur pause la mesure des 64 ans et faire de la médiation. Nouvelle demande de Laurent Berger, le patron de la CFDT ce matin alors que débute la dixième journée d'action contre la réforme des retraites. Il demande au président un geste d'apaisement. Le ministre de l'Intérieur, lui, affirme que plus de 1000 éléments radicaux sont susceptibles de se trouver à Paris. Aujourd'hui, dispositif de sécurité inédit, dit Gérald Darmanin avec 5500 policiers et gendarmes mobilisés. Ils sont 13 000 dans toute la France.
Et c'est la Brave M qui est particulièrement critiquée en ce moment, accusée de violence. Plus de 110 000 signatures en ligne pour une pétition sur le site de l'Assemblée nationale pour demander la dissolution de cette brigade motorisée. L'État français demande aux industriels de réduire de 20% leur utilisation de nitrites dans la charcuterie d'ici d'un mois. L'agence sanitaire Lances a confirmé cet été le lien entre ce produit et le risque de cancer. La Ligue contre le cancer milite pour l'interdiction totale des nitrites. En Israël, une première victoire pour les manifestants. Le Premier ministre israélien annonce une pause dans son projet de réforme de justice.
Il prévoit de limiter drastiquement le pouvoir de la Cour suprême. France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel
Olivier Faure en Ariège dans le cadre de la législative partielle. La candidate de la NUPES Bénédicte Thorine que vous soutenez est arrivée en tête au premier tour avec 5 points d'avance sur la candidate socialiste dissidente Martine Froger. Pourquoi appelez-vous à voter pour la candidate de Jean-Luc Mélenchon alors qu'il y a une candidate socialiste ?
Vous pouvez répéter votre question là. Franchement, est-ce que c'est vraiment de l'information ? La réalité c'est qu'il y a une candidate qui est soutenue par toute la gauche donc les socialistes les insoumis les écologistes les communistes elle s'appelle Bénédicte Thorine. Non, pas toute la gauche.
Pas tout le parti socialiste. Carole Delga la présidente de la région Bernard Cazeneuve l'ancien premier ministre et votre propre bras droit au sein du parti socialiste Nicolas Maillard-Rossignol qui appelle à voter pour la socialiste. C'est pas aussi unanime que...
C'est une dissidente et il y a aujourd'hui tous les partis de gauche ont fait le choix de Bénédicte Thorine. Mais du coup
tous ceux qui la soutiennent
sont par ricochet des dissidents. Tous ceux qui sont contre la NUPES effectivement ne la soutiennent pas. Moi ce que je vois... Ils sont des dissidents ? Ce que je vois c'est que la NUPES elle a permis d'avoir 151 députés. Si aujourd'hui vous avez un combat à l'Assemblée sur la réforme des retraites c'est parce qu'il y a 151 députés socialistes écologistes communistes et insoumis. Et que nous avons besoin de cette force-là. Et que vouloir la détruire et de chercher consciencieusement semaine après semaine à expliquer que le danger viendrait de nos partenaires alors que vous avez l'extrême droite qui menace c'est un problème effectivement.
Et moi je souhaite que nous puissions conserver ce rassemblement de la gauche et des écologistes.
Mais ça vous le dites à votre secrétaire adjoint ?
Je lui dis et je vois bien qu'il s'affranchit de tous les engagements qu'il a pu prendre y compris au congrès de Marseille. C'est un sujet j'en reparlerai avec lui. Et d'ailleurs vous avez noté la direction du Parti Socialiste n'a pas permis d'intégrer ses partisans parce que quand on a un contrat qu'on passe avec quelqu'un on le respecte de bout en bout. Et donc ce que je vois c'est qu'il y a des gens qui ne le respectent pas. Mais moi ce que je vois pour revenir à l'essentiel c'est que moi je suis un partisan du rassemblement de la gauche et de l'écologie depuis 4 ans. Ça fait 4 ans que je me bats pour ça. Ça fait 4 ans que je me bats pour éviter l'échec.
L'échec c'est quand on fait 1,7% à la présidentielle. Ça c'est pour Amidalgo qui soutient la décision. Moi je suis pour le rassemblement et qui permet d'avoir 26% aux élections et qui permet de faire en sorte que vous ayez 151 députés qui sont à l'Assemblée aujourd'hui et qui se battent contre la réforme des récordes. Seule la victoire compte. Imaginez ce qui se serait passé. Si on avait été en fait dans une grande dispersion et que nous ayons eu à ce moment-là quoi ? Nous ayons eu chacun 15, 10, 5 députés ? On en serait où aujourd'hui ? Vous auriez quelqu'un qui déroulerait le tapis rouge.
La réforme de la 64 ans elle aurait été adoptée très largement par une majorité qui serait une majorité macroniste. Et donc oui je me bats d'abord pour les gens qui nous ont fait confiance. Et ceux qui nous ont fait confiance nous demandent une seule chose. Non pas de chercher des querelles entre socialistes pour savoir qui est quoi etc. Ils veulent l'union parce qu'ils savent que seule l'union permet la victoire.
Il y a une histoire de ligne quand même derrière ceux qui ne sont pas d'accord avec votre ligne à savoir Anne Hidalgo Nicolas Maillard-Rossignol votre premier secrétaire adjoint ils disent vous êtes devenu le vassal de la France insoumise.
Mais en quoi serais-je le vassal de la France insoumise ?
Parce qu'au sein de l'UNIPES vous n'avez pas votre mot à dire.
Ah bon ? Vous croyez que je n'ai pas mon mot à dire ? Est-ce que vraiment vous le pensez ? Est-ce que vous pensez que sur tous les sujets qui sont venus devant le Parlement il y a eu une seule fois ou il y a une seule décision qu'on pourrait me reprocher en disant que je me suis plié à une décision qui m'aurait été imposée ? Mais vous avez par exemple subi la stratégie de la France insoumise
pendant les débats à l'Assemblée sur la réforme des retraites. Ça vous l'avez subi vous n'avez rien pu faire.
Mais qu'est-ce que ça aurait changé ? Est-ce que vous pensez vraiment que si on avait été hors de la NUPES ça aurait changé quelque chose ? Si vous avez un groupe parlementaire qui décide de déposer 1000 amendements 2000 amendements 3000 amendements qu'est-ce que vous pouvez faire ? Rien. Ni que vous soyez dans la coalition ou pas dans la coalition. Donc ça ne change rien du tout. Et donc la réalité c'est qu'on est en train de faire des noeuds au cerveau la réalité est simple c'est que quand vous n'avez pas le rassemblement vous avez la défaite au bout. Et moi je ne veux plus la défaite. Je ne veux pas laisser le pouvoir à Marine Le Pen dans 4 ans.
Je ne veux pas que ce soit elle l'alternative. Et donc je me bats chaque jour pour pouvoir incarner avec d'autres l'alternative. Faire en sorte que la gauche soit au rendez-vous de 2027. Qu'elle soit en capacité de proposer d'être celle qui permet d'avoir un avenir qui soit plus social plus écologique plus démocratique. Est-ce qu'aujourd'hui la situation prête
à des exemples cocasses comme celui de l'Ariège où vous avez une candidate soutenue par la NIPES une autre dissidente mais socialiste vous l'appelez au désistement républicain.
Oui bien sûr.
D'habitude on demande on appelle au désistement républicain quand en face il y a un candidat RN.
Non.
Pas une candidate socialiste.
Absolument pas. Vous n'avez pas la mémoire de tout ça c'est normal mais moi je vais Oui parce que non parce que il y a quelque chose qui existe à gauche et qui est très simple c'est que quand il y a un premier tour qui oppose les candidats de gauche ce qui peut arriver et bien vous avez ensuite au deuxième tour quand vous avez deux candidats de gauche on a toujours refusé de faire arbitrer le débat de la gauche avec la gauche par la droite et par l'extrême droite. Quel est l'espoir de Mme Fraugier si ce n'est de se faire elle est arrivée derrière Mme Torine. Cinq points derrière. Et donc ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que maintenant ce qu'elle cherche pour pouvoir gagner pour pouvoir l'emporter ce n'est pas des voix de gauche qu'elle cherche c'est des voix qui sont celles de la droite et de l'extrême droite ou des abstentionnistes c'est un problème. Il y a des électeurs de gauche qui ne sont pas allés voter. D'accord ça c'est une fiction la réalité c'est que la réalité c'est que vous allez forcément avoir un arbitrage qui sera rendu principalement par notamment Renaissance qui a appelé à voter pour Mme Fraugier et donc que sera Mme Fraugier si ce n'est l'otage de la majorité qui sera en fait lui rappelé en son temps qu'elle a été élue grâce à Renaissance. Si vous voulez gagner un jour
l'élection présidentielle d'Olivier Faure il faudra aller chercher ces voix-là aussi. Mais bien sûr. Les voix des gens qui ont pu voter dans leur vie Emmanuel Macron
ou peut-être plus à droite. Mais bien sûr mais y compris dans la direction aujourd'hui de la droite socialiste il y a des gens qui ont été même parlementaires de Renaissance et qui ont ensuite dans le quinquennat précédent compris de quoi il s'agissait et donc qui sont partis. Donc bien sûr que ces gens-là je souhaite les récupérer mais ce que je ne souhaite pas c'est qu'on ait des gens qui ne sont pas en fait que des gens cherchent à faire le chemin avec nous vraiment. Je suis d'accord mais là c'est pas le cas.
Là c'est simplement en fait de venir arbitrer un débat entre la gauche et la gauche non pas pour revenir vers la gauche mais simplement pour utiliser les uns comme béliers contre les autres. Donc ça c'est pas possible c'est autre chose. Merci Olivier Faure Merci à vous et bonne journée à vous.
Olivier Faure