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Discours / meetingWANDA NICOT· 16 juin 2026 8 minAutoproduitFond programmatiqueOutre-merInstitutions & électionsSolidarités & famille

23 mai hommage aux victimes de l'esclavage colonial. Naïma Moutchou Ministre des Outre-mer

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:58Invité politiqueFait
    « Nous sommes fils, nous sommes filles d'esclaves. »

Temps de parole

  • Naïma Moutchou100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Naïma Moutchou

Madame la ministre, cher George Bollangevin. par effectivement monsieur le ministre cher Victorin Lurel monsieur le député cher Franz Gums, monsieur le maire de Paris, cher Emmanuel Grégoire, monsieur le maire du 7e arrondissement cher Gérémie Redler, madame la déléguée interministérielle madame la directrice de la fondation pour la mémoire de l'esclavage, cher Aata Sec, messieurs les présidents, chers Emmanuel, cher Emmanuel Gordien, cher Serge Romana qui était là quelque part également. Ah, il est parti porter secours tout à l'heure, je l'ai vu. Mesdames et messieurs, les les présidents, président des associatifs, mesdames et messieurs les élus.

permet de saluer l'ensemble des élus présents en nombre. Mesdames et messieurs, en vos grâces et qualités, mesdames messieurs, chers enfants également, chers amis, je suis très heureuse d'être parmi vous ce matin. Je suis très émue aussi après vous avoir entendu et parce que ce 23 mai est une journée qui compte. Quand on écoute les descendants d'esclave, il y a quelque chose qui revient très fréquemment, très profondément. C'est la difficulté de remonter le fil. C'est la difficulté d'aller retrouver un nom. C'est la difficulté de pointer une date. C'est la difficulté finalement de comprendre d'où on vient quand l'histoire a justement tout fait pour brouiller les traces.

L'esclavage n'a pas seulement arraché des femmes et des hommes et des enfants à leur terre, il a aussi tenté d'effacer. Il a tenté d'effacer ce qui relient un être humain à lui-même, une langue, une famille, une mémoire. Et pourtant, malgré les siècles, malgré les silences, malgré parfois l'oubli, quelque chose a tenu et ce qui a tenu précisément, ce sont d'abord ces familles et je me permets de saluer. Elles s'en présente aujourd'hui. Ces familles qui aujourd'hui nous nar ses récits à nous. Ce sont évidemment ces chercheurs qui ont rouvert les archives, qui sont allés fouiller, qui sont allés chercher pour nous.

Ce sont ces associations multiples nombreuses qui se sont battues pour redonner des noms à celles et ceux qu'on avait réduit à la condition servique. Faut bien se rendre compte, redonner un nom. Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est aussi grâce à cette ténacité là, grâce à toutes celles et ceux qui ont refusé que cette histoire reste éloignée de notre mémoire collective. Et bien le 23 mai porte cela. Il rappelle bien sûr le 23 mai 1848 lorsque l'abolition est devenue effective d'abord en Martinique. Il rappelle bien sûr le 23 mai 1998.

Il rappelle et souvenons cette marche, cette longue marche silencieuse à travers Paris, cette dignité immense, cette volonté simple et forte de dire cette histoire fait partie de l'histoire des Frances. Vous l'avez dit, monsieur Bliard, nous sommes fils, nous sommes filles d'esclaves. Beaucoup portaient ce jour-là une question intime. Comment vivre pleinement, totalement dans la nation quand l'histoire de ses propres aïeux il y a si longtemps était tenue à distance ? Et il a fallu du temps pour que notre pays le regarde en face. Nous sommes aujourd'hui dans le jardin Jacques Martial.

C'est un lieu qui comptera dans les années qui viennent parce qu'ici sera inauguré le mémorial national en hommage aux victimes de l'esclavage. Parce qu'ici, au cœur de Paris, la République donnerait une place visible à celles et ceux dont elle a trop longtemps parlé à voix basse. Ce mémorial ne dira pas seulement la souffrance, dira la souffrance bien sûr, mais pas seulement. Il y aura aussi les vies, les histoires, les récits d'êtres humains qui avaient bien sûr des gestes, des visages, qui avaient des peurs, qui avait probablement des rêves et auquel un système entier a voulu retirer jusqu'à leur humanité.

Car l'esclavage colonial fut un système total, système économique, système politique, système juridique. C'est ce que représente le code noir aussi. La mise en règle de l'inacceptable, un texte qui a organisé l'asservissement d'êtres humains qui leur a daigné toute dignité. Ce texte et bien il n'a plus de porté juridique bien sûr, mais il n'a jamais été formellement abrogé. Certains diront c'est un vieux texte, il appartient au passé, il ne mérite pas qu'on s'y arrête. Je pense exactement l'inverse parce que le droit d'un pays dit aussi quelque chose de sa conscience. De sa conscience.

Jeudi dernier, à l'occasion du 25e anniversaire de la loi portée par Christian Tobira, le président de la République a annoncé que le gouvernement soutiendrait enfin l'abrogation du code noir. Le jeudi 28 mai à l'Assemblée nationale, j'auraai l'honneur de défendre la proposition de loi portée par le député Max Mathiasin par son groupe, par plusieurs autres députés, je pense à Olivier Serv, je pense aux autres initiatives de parlementaire, celle du ministre Victorin Lurel au Sénat. Alors bien sûr, c'est un vote qui ne réparera pas tout. Aucune loi d'ailleurs ne réparera, ne pourra rendre à des familles ce qui a été arraché à leurs aïux.

Il ne fera pas disparaître les blessures si bien narré transmise de génération en génération, mais il retirera de notre droit un texte qui n'aurait jamais dû continuer à y demeurer, même à la marge. Je crois que ce geste compte parce qu'il dit à beaucoup de familles que l'histoire de leurs aïeux a toute sa place dans l'histoire nationale. C'est important parce qu'il dit aussi que regarder cette histoire en face ne retire rien à notre pays. Au contraire, une nation est toujours plus forte lorsqu'elle accepte de regarder lucidement toutes les parts de son histoire. Une histoire bien sûr qui ne doit pas vivre seulement à travers les commémorations.

Une histoire qui ne doit pas vivre seulement ici entre nous. Elle doit être transmise bien davantage à l'école connue davantage partagé davantage. Monsieur le maire vous en avez parlé. Elle doit permettre de poursuivre le travail sur les archives, sur les filiations. La parlée de d'être à nouveau affilié, monsieur Bordien. Elle nous oblige aussi à regarder les réalités contemporaines des outres mères avec davantage d'exigences et de justice, les inégalités, les formes de racisme ou de discrimination qui perdurent et subsistent aujourd'hui ce que personne ne peut accepter parce que l'histoire ne disparaît jamais complètement.

Elle laisse des traces profondes dans les sociétés, dans les familles, dans les représentations aussi dans les outres mères encore aujourd'hui. Mais cette histoire est aussi une histoire de courage et de résistance. Vous l'avez dit, ils sont nombreux ces hommes, ces femmes qui dans des moments où tout semblait perdu ont refusé euh l'abaissement. Je ne vais pas les citer ici, nous les connaissons bien. Il faut les faire connaître à l'extérieur, les faire vivre pleinement. Mesdames et messieurs, dans quelques mois ici même, le mémorial inscrira des noms dans la pierre. Dans quelques jours, la loi retirera l'indigne de notre droit. Ces deux gestes finalement se répondent.

Ils disent la même volonté, regarder cette histoire avec vérité, la transmettre avec toute la dignité et continuer à avancer ensemble avec lucidité. Voilà notre rendez-vous. Voilà l'intersection. à laquelle nous nous retrouvons aujourd'hui. Alors, donnons-nous rendez-vous encore demain et après après-demain. Vive la République et vive la France. nous esclave Die sa M.