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DébatBFM TV (sur Dailymotion)· 2 septembre 2026 27 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiLogementSécuritéSolidarités & famille

Karim Bouamrane estime que la gauche a connu "une rupture avec les classes populaires"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Quel candidat peut incarner la voix des classes populaires, des dépossédés ?

  • 2:10OuverteRéponse partielle

    Est-ce que la gauche, les socialistes incarnent encore ce vote populaire ?

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Vous voyez Karim Bouamrane comme le recours à gauche ?

  • 4:17FerméeRéponse directe

    Le candidat de la gauche modérée sera-t-il Glucksmann ou Hollande ?

  • 4:39ComplaisanteÉludée

    Vous visez peut-être un peu haut en vous comparant à Barack Obama ?

  • 6:19RelanceRéponse partielle

    Entre maire et Président de la République, il y a un petit écart, non ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53Invité politiqueFait
    « En tant que maire je pense incarner, parce qu'en plus d'un déclassement national, il y a un déclassement générationnel »
  • 1:08Invité politiqueFait
    « on le voit tous les jours en tant que maire sur les questions de logement, sur les questions de sécurité, sur les questions de protection, sur les questions aussi de démocratisation de l'excellence »
  • 1:26Invité politiqueFait
    « Le logement a quasiment doublé en l'espace des 15-20 dernières années, alors que les prix du travail sont de plus en plus limités »
  • 2:16InvitéFait
    « Je pense que la France des classes populaires, elle paye le fait que le travail n'est plus rémunéré, parce qu'il est trop taxé. »
  • 2:36InvitéFait
    « Elle paye le fait qu'il faut payer les retraites à 60 ans. »
  • 2:55InvitéFait
    « Sauf que les actifs, ça, ils le payent aujourd'hui. »
  • 3:12InvitéFait
    « c'est plutôt le Rassemblement national, en réalité, qui parle à ces classes populaires »
  • 5:47Invité politiqueChiffre
    « Il y a trois enfants par classe qui se font agresser sexuellement, 170 000 enfants par an. »
  • 19:04Invité politiqueFait
    « première proposition qu'on a faite sur le logement, c'est de baisser la TVA pour baisser les prix. »
  • 19:21Invité politiqueFait
    « Vous savez combien il manque de logement en France ? »
  • 19:55Invité politiqueFait
    « mettre autour de la table à chaque fois la justice, le ministère de l'Intérieur, les moyens techniques, les caméras, les moyens humains, police municipale, police nationale. »
  • 21:31Invité politiqueFait
    « le narcotrafic ne phagocyte plus uniquement les zones métropolitaines et urbaines, mais touche également les zones rurales. »

Temps de parole

  • Karim Bouamrane50 %
  • Invité37 %
  • Présentateur13 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

On va continuer, si je peux dire, avec des fortes têtes dans cette émission, c'est le premier duel ce soir, avec cette question, quel candidat véritablement pour incarner la voix des oubliés, la voix de la France populaire, la voix des dépossédés, comme l'a souvent dit et écrit Christophe Guilloui, quel sera ce bulletin de vote des dépossédés, qui peut encore d'ailleurs secouer la campagne à ce sujet, de fortes têtes, je peux vous présenter ainsi, oui Charles Consigny, vous l'acceptez, merci d'être là avec nous ce soir, bonsoir Karim Ouamran, c'est un plaisir de vous recevoir, vous êtes maire socialiste de Saint-Ouen, candidat directement à l'élection présidentielle, je trouve que cette question de savoir qui peut encore incarner, je dis les classes populaires, c'est sans doute pas la bonne définition, mais cette France des dépossédés, sa France des oubliés, des invisibles, vous pensez l'incarner vous-même ?

0:53
Karim Bouamrane

En tant que maire je pense incarner, parce qu'en plus d'un déclassement national, il y a un déclassement générationnel, on le voit sur la catégorie des jeunes, on le voit sur une bonne partie du fait que l'ascenseur républicain est totalement bloqué, on le voit tous les jours en tant que maire sur les questions de logement, sur les questions de sécurité, sur les questions de protection, sur les questions aussi de démocratisation de l'excellence, est-ce qu'aujourd'hui lorsqu'on est issu d'une classe populaire, c'est-à-dire ouvrier, agriculteur, classe moyenne, et même moyenne supérieure, est-ce qu'on peut se dire qu'en tant que jeune, on vivra mieux que nos parents et que nos grands-parents ?

Le logement a quasiment doublé en l'espace des 15-20 dernières années, alors que les prix du travail sont de plus en plus limités, donc il y a un vrai sujet. Dans les années 70, lorsqu'on était issu des classes populaires, Mme Mabrouk, il nous fallait 15 ans, une personne comme moi par exemple, issu d'un milieu populaire, pour doubler son pouvoir d'achat. Aujourd'hui, il ne faut pas 10 ans, 20 ans, 30 ans, il faut 80 ans. Donc le travail ne répond plus à l'espoir républicain. Donc à la question, est-ce qu'aujourd'hui, il faut une incarnation de l'élan, de l'espoir populaire ?

Oui, mais malheureusement, ce qui est absent du débat présidentiel, c'est les sujets qui font sens dans ce qu'on appelle l'espoir républicain.

2:10
Présentateur

Est-ce que la gauche, est-ce que les socialistes incarnent encore justement ce vote populaire, cette France des invisibles ?

2:16
Invité

Moi, je ne crois pas du tout. Je pense que la France des invisibles, justement, elle subit malheureusement les résultats de nombreuses années durant lesquelles on paye un système socialiste en France. Je pense que la France des classes populaires, elle paye le fait que le travail n'est plus rémunéré, parce qu'il est trop taxé. Elle paye le fait qu'il faut payer les retraites à 60 ans. J'ai vu que François Hollande, qui sera peut-être votre candidat, si ça n'est pas vous, Raphaël Glucksmann, s'enorgueillissait d'avoir, sous son quinquennat, occasionné le départ de plusieurs centaines de milliers de Français à la retraite à 60 ans, estimant que c'était une bonne nouvelle.

Sauf que les actifs, ça, ils le payent aujourd'hui. Donc, je ne pense pas que la gauche actuelle, en tout cas la gauche dite modérée, parvienne à convaincre les classes populaires. Ce qu'on voit, malheureusement, et ce qui est bien sûr difficile pour elles, c'est que c'est plutôt le Rassemblement national, en réalité, qui parle à ces classes populaires, parce qu'il y a d'autres aspects qui les intéressent, et notamment les questions de sécurité et puis le sentiment de déclassement.

Ce que je partage, en revanche, avec ce qui vient d'être dit par Karim Bouamran, c'est le fait que la France, aujourd'hui, est un pays, finalement, qui s'est beaucoup morcelé et dans lequel la mobilité sociale a un peu disparu. On a l'impression, maintenant, que chacun est, en quelque sorte, scotché dans sa classe sociale et que ça devient difficile d'en sortir, même en travaillant. Mais je pense, malgré tout, que ce n'est pas avec le système socialiste qu'on pourra changer cette...

3:50
Présentateur

– M. Bouamran pense être et se veut être, je ne dirais pas l'homme providentiel, mais le recours à gauche, vous le voyez ainsi ?

3:57
Invité

– Bon, moi, vous savez, j'ai du respect pour les hommes politiques et les femmes politiques. C'est devenu très difficile de faire de la politique. Et même si le niveau a globalement baissé, parce que c'est devenu trop difficile de faire de la politique, j'ai du respect pour ceux qui s'engagent, pour tous les candidats. Vous receviez hier Natacha Polony... – Je vous pose accès sur M. Bouamran, qui a un parcours particulier. – Je ne pense pas, je ne sais pas vous faire injure, pour l'instant, pour moi, le candidat de la gauche dite modérée, ce sera soit Glucksmann, soit Hollande. Le seul qui arrive un peu à challenger Glucksmann, c'est Hollande.

Je pense qu'aucun des deux ne parviendra à s'imposer vraiment face à Mélenchon. C'est mon pronostic, ça peut changer. Et vous, bon, c'est une candidature, très bien. Sans vouloir vous offenser, je pense que vous visez peut-être un peu haut. J'ai cru lire que vous vous compariez à Barack Obama. C'est bien d'avoir des grands rêves. Mais il faut aussi être un peu pragmatique. Peut-être que c'est ce qui vous manque à titre personnel.

4:58
Karim Bouamrane

– Je ne me compare pas à Barack Obama, je ne sais pas d'où vient cette comparaison. Et quand vous parlez de pragmatisme, monsieur, lorsque vous êtes en responsabilité, comme je le suis depuis plusieurs années, dans une ville comme la mienne, vous êtes rompu au pragmatisme. Moi, ma rentrée, ce n'était pas dans les plateaux télé, c'était devant les écoles publiques, pour m'assurer que, un, il n'y avait pas de fermeture de classe. Ce n'est pas le cas.

C'est un rendez-vous avec la directrice en charge du service éducation du département, ce qu'on appelle la DAZEN, pour nous assurer qu'il y a un effectif adéquat avec la demande pour assurer les familles porteuses dont les enfants sont porteurs de handicap. C'est m'assurer que l'été s'est bien passé, c'est préparer le séminaire pour protéger nos enfants. Il y a trois enfants par classe qui se font agresser sexuellement, 170 000 enfants par an. Donc c'est ça le pragmatisme. C'est être rompu à la réalité. Ensuite, quand vous évoquez le fait que vous voyez d'autres candidats, et vous avez parlé de classe populaire, vous savez, M.

Consigny, Mme Mabrouk, lorsqu'on est issu d'un milieu populaire, fils d'ouvrier comme le mien, c'est l'histoire de notre vie, ça. Nous dire que ce n'est pas possible. C'est l'histoire de notre vie de nous dire que c'est de plus en plus compliqué. Moi, jamais...

6:16
Invité

Entre maire et le Président de la République, il y a un petit gap quand même. Est-ce que vous m'autorisez de finir mon propos, M. Consigny ? Oui, mais c'est un débat. Si on ne fait que des monologues, ça ne va pas être pas intéressant. Bon, alors allez-y. Non, non, je vois comment vous avez été éduqué, mais allez-y. Non, parce que moi, je vous écoute. J'essaie de faire vite simplement notre échange. Je me permets de faire une autre échange pour laisser finir. Ce n'est pas une option, c'est une interruption, mais allez-y.

Non, non, mais je vous dis juste qu'entre maire de Saint-Ouen, ce qui est tout à fait honorable et tout à fait respectable, je vous soutiens là-dessus à 1000%, et Président de la République française, il y a juste un petit espace. C'est juste ce que je dis. Donc, c'est un peu rapide de dire « On m'a toujours dit non parce que je viens d'un milieu populaire ».

6:54
Karim Bouamrane

Alors, il est très intéressant de ce qu'on signifie parce qu'il a été candidat dans les Évelynes et il a fait un score dont tout le monde connaît. On le rappelle souvent. Non, mais je suis très fier. Je suis très fier d'avoir été candidat. Et effectivement, vous savez à quel point, non pas que c'est compliqué, mais ce qu'exige le fait d'être candidat, c'est-à-dire beaucoup d'humilité. Tout à fait. Et une élection n'est jamais jouée à l'avance. Donc, est-ce qu'Edouard Philippe, on l'avait fait ce procès avant qu'il soit Premier ministre ? Comment ça ? Il était maire du Havre. Le Havre est une chose importante. Ah bon ? En quoi ?

7:29
Invité

Il y a le port du Havre, qui est un des premiers ports de France. Et Jean Castex ? Edouard Philippe, il a un long parcours, typiquement. Et Jean Castex ? Et Jean Castex ? Non, mais là, on ne parle pas du poste de Matignon.

7:38
Karim Bouamrane

Non, mais je parle de Jean Castex. Jean Castex était maire d'une ville de 10 000, 15 000 habitants. Il a été propulsé Premier ministre. On l'a fait, ce débat ? On l'a dit ?

7:47
Invité

Mais là, je ne vous parle pas de Matignon, M. Bois-Moran.

7:49
Karim Bouamrane

Je vous parle d'accès d'autres fonctions.

7:51
Invité

Encore une fois, vous avez le droit d'être candidat. De toute façon, tout le monde est candidat.

7:54
Karim Bouamrane

Je termine mon propos. Donc, la question, c'est quoi ? Et c'est là où c'est le conservatisme franco-français. C'est-à-dire que si jamais vous ne l'avez pas fait 50 milliards de fois, vous ne pouvez pas le faire.

8:03
Présentateur

C'est comme ça qu'ils l'ont fait, quel résultat ?

8:05
Karim Bouamrane

C'est comme ça qu'en termes... Non, mais vous êtes dans vos troubles. Vous n'avez pas le droit. Merci. Vous êtes autoproclamé capacité à valider... Non, mais on voit bien... La singularité de cette élection, c'est que tout le monde est candidat. Non, mais là où ça me fait sourire, c'est toujours cette capacité à vouloir, non pas infantiliser, mais à s'autoproclamer comme annonciateur de « vous, vous êtes légitime, vous n'êtes pas légitime ». Est-ce que vous avez mis mon propos ? Donc, madame Abouk, l'histoire, c'est quoi ? La question différemment, je vais vous la poser.

Aujourd'hui, la question, c'est quelle est la personne qui sera en capacité à apporter la meilleure offre politique, le meilleur projet politique pour les Françaises et les Français sur les questions de quotidienneté, sur les questions de défense, sur les questions d'IA, et la meilleure incarnation. C'est aussi simple que ça. Je pose la question différemment de Charles Consigné. Il n'y a pas de... Il y a un gap entre Edmer. Dans ces cas-là, analysons le CV de chacune et chacun, et vous verrez. Est-ce que toutes celles et ceux qui sont en lice ont déjà été présidents de la République, à l'exception de François Hollande, s'il est candidat ?

9:12
Invité

Non, mais d'ailleurs, justement, vous remarquerez. Moi, encore une fois, de toute façon, je ne suis pas là, effectivement, pour dire qu'il y a le droit de l'État.

9:18
Présentateur

On dirait que vous y voyez une forme de mépris ?

9:20
Karim Bouamrane

Je ne veux pas une forme de mépris. Pour moi, c'est... Et n'y voilà aucune agression verbale. C'est le degré zéro de l'analyse politique. Vous partez du principe que si ça n'a pas été fait avant, vous ne pouvez pas le faire. Donc, dans ces cas-là, c'est typique mentalité conservatrice. On n'arrive pas à innover. Et je revois dans l'intervention de M. Consigny exactement l'ADN du MEDEF. C'est-à-dire, si vous n'êtes pas dans les sondages à plus de 10, vous ne pouvez pas être... Vous n'existez pas. Mais c'est pas le MEDEF qui va me dire si j'existe politiquement ou pas. C'est-à-dire, aux yeux d'eux, c'est ce que vous dites.

D'ailleurs, vous ne pouvez pas participer comme Ségolène Royal ne pouvait pas participer, comme David Lissnard ne pouvait pas participer. Et ça, c'est une mentalité. Parlez-moi de l'analyseisme, old school. C'est, si jamais tu n'as jamais eu... Si jamais, ancienne école, si jamais tu n'as jamais... Si jamais tu ne l'as jamais fait, tu ne peux pas le faire. Mais c'est admirable. Et c'est ça. À entendre ces messieurs, quand vous êtes issus d'un milieu populaire, vous ne pouvez pas...

10:19
Invité

Mais au contraire, je viens de vous dire que je déplorais le fait qu'il n'y ait plus de mobilité. social dans ce pays. Simplement... Elle doit prévaloir en politique aussi. On a l'impression... Elle doit prévaloir en politique aussi. Là, vous utilisez beaucoup d'anglicisme, etc. Non, on n'a utilisé qu'un old school. On nous renvoyait... Non, mais plusieurs fois. Quand ? Là, dans le débat, je n'ai pas... Excusez-moi, je ne prends pas... On note tous vos propos. Vous devriez, ça vous émuterait de dire des ineptives. On a l'impression que c'est Karim l'Américain qui vient nous expliquer à nous... Je ne suis pas Américain, je suis Français.

10:49
Karim Bouamrane

Non, oui, mais vous faites plein... Et ce n'est pas Karim, c'est monsieur le candidat.

10:52
Invité

Oui, mais vous voyez, c'est une expression...

10:54
Karim Bouamrane

Non, mais je le dis. Non, mais c'est une expression.

10:55
Invité

Quand on dit un tel l'Américain... Je ne sais pas. C'est une expression du langage courant. Ce n'est pas une expression... Toujours est-il que... Moi, je serais ravi pour vous si vous êtes demain le candidat de la gauche. Très bien, il n'y a pas de problème. Des bâtons sur le fond. On me demande... Madame Abouk me demande si je pense que vous avez une chance. Je vous donne simplement ma réponse, c'est tout. Et je constate simplement que la singularité de cette élection, quand même, c'est qu'il y a quasiment plus de responsables politiques qui sont candidats à la présidentielle que de responsables politiques qui ne le sont pas.

Avouez que c'est juste une nouveauté, mais c'est l'écume des choses, je vous l'accorde. Point de convergence sur votre propos.

11:30
Karim Bouamrane

Effectivement, il y a énormément de candidats parce qu'effectivement, je pense qu'on est dans une situation assez historique en termes de 5e République, comme nous l'avons été en 2022, où les deux partis républicains, démocratiques, historiques, qui dictaient la vie politique étaient en dessous de 5. Et je pense qu'aujourd'hui, les sondages du 1er septembre, du 2 septembre ne seront pas dans les États-Unis d'arrivée. Donc, il peut se passer beaucoup de choses.

11:54
Présentateur

Je peux poser la question différemment, parce que Charles Consigny a raison et ça nous interroge. Et je pense qu'il nous regarde également. La situation est très difficile en France. La dette, déclassement, beaucoup de Français qui attendent véritablement un chamboule-tout, une rupture, qui en ont marre de toutes les promesses qui ne sont jamais tenues. Donc, la question, c'est une telle offre pléthorique face à une situation aussi difficile. Vous voyez, c'est ça. Il y a une forme de distorsion. Comment vous l'expliquez ? C'est-à-dire que tout le monde pense qu'il est capable, demain, de résoudre la situation de la dette, le déclassement économique, l'insécurité culturelle.

C'est ça, ce qui nous intéresse.

12:30
Invité

C'est comme les gens qui pensent pouvoir faire atterrir un avion. Vous savez, la moitié des hommes pensent que s'ils se mettent dans le cockpit d'un Boeing, ils savent le faire atterrir. Voilà, c'est la confiance en soi.

12:40
Karim Bouamrane

Et il y a une partie de pilote. Mais vous avez vu cette espèce de suffisance dans le fait que, why not ? Et après, vous parlez d'anglicisme. Donc, le sujet n'est pas celui-ci, Mme Mabrouk. C'était une question. Le sujet, c'est qu'au bout d'un moment, il y a des responsables politiques qui se disent, en fonction de leur projet, de leur vision, est-ce qu'ils sont en capacité à pouvoir fédérer, mobiliser pour améliorer concrètement la vie des gens sur des questions de sécurité ? Démanteler les narcotraffiques, c'est une vraie question. Améliorer la condition de nos jeunes en termes de logement. Améliorer la condition de nos jeunes en termes de qualité.

La moitié des personnes qui sont au resto du cœur sont des personnes qui ont moins de 25 ans. Donner la possibilité aux Français de se soigner, 86% des armes de ce qu'on...

13:28
Présentateur

Et vous êtes un maire aux prises avec la réalité. Je suis un responsable politique. Tout le monde le sait. Oui, mais un élu de terrain, et ça fait une différence parfois avec d'autres responsables.

13:35
Karim Bouamrane

C'est une évidence. Ça donne la possibilité à pouvoir échanger avec des personnes comme vous sur des éléments concrets. Parce qu'un point de convergence, comme vous évoquez dans votre introduction, c'est le fait qu'on soit en rupture avec les classes populaires. Pourquoi on a été en rupture avec les classes populaires ?

13:50
Présentateur

C'est qui l'on part ? La gauche. La gauche. Les socialistes en particulier.

13:54
Karim Bouamrane

Les socialistes en particulier parce que pendant longtemps, et c'est le parti que j'aime, c'est mon parti, j'étais encore à Blois ce week-end avec de nombreuses militantes et de nombreux militants, c'est parce que, justement, il y a eu cette espèce de suffisance, cette espèce d'oubli, et le fait que... Vous avez évoqué un mot, Mme Mabrouk, qui est terrible, terriblement. C'est le mépris. Et le mépris, c'est qu'on part du principe que parce que vous vivez à un endroit, vous êtes assigné à résidence intellectuelle, assigné à résidence territoriale, assigné à résidence sociale. C'est exactement ce que fait désormais le parti de Jean-Luc Mélenchon, Puissance 30.

Et donc, moi, je pense qu'à gauche, on peut être progressiste, on peut réconcilier l'entrepreneuriat, notamment les PME, avec les salariés. On peut ne pas tomber dans des démagogies, notamment sur les questions de déficit, parce qu'aujourd'hui, si on n'arrive pas à financer notre budget, si on n'arrive pas à porter une politique pérenne, on n'arrivera pas à sauver notre État providence. Parce que moi, je pense que le « quand on veut, on peut », ce n'est pas vrai. Nous sommes, en tout cas, moi, je suis un produit de la République, et le produit de la République, et c'est ce qui fait que je suis fier d'être français, et je ne me compare à aucun responsable politique américain.

15:09
Présentateur

C'est une référence dans le parisien.

15:10
Karim Bouamrane

C'était un hebdomadaire allemand.

15:14
Présentateur

Il y a pire comme comparaison.

15:17
Karim Bouamrane

Oui, je vous l'accorde. Je le concède. Il y a pire. Mais ça renvoie toujours à cette espèce d'essentialisme et de démonétisation du fait qu'on peut être responsable politique.

15:27
Invité

Je ne me sens pas accusé par tout ça, si vous voulez. Caricaturé. Non, mais je pense simplement que, je ne sais pas comment vous dire, vous dites que, je ne veux pas être désobligeant, mais je pense franchement, non, non, mais je ne veux pas être désobligeant, mais effectivement, la question de Sonia Mabouk, elle a du sens. C'est-à-dire que, concrètement, qu'est-ce qui se passe au bout ? Parce que moi, ce qui m'intéresse, c'est le fond, même si ce n'est pas très détaillé votre programme, dans ce que vous énoncez. Mais ça reste des phrases, en gros, tout le monde est d'accord. C'est-à-dire, on est pour qu'il y ait moins de pauvreté, pour que les jeunes aillent mieux.

Une fois qu'on a dit ça, ce n'est pas très précis. Moi, ce que je constate, c'est que la France, aujourd'hui, les Français sont devenus le 25e peuple le plus riche du monde. Alors, on peut trouver que c'est bien d'être 25e. Il n'y a pas si longtemps, on se berçait d'illusions en se disant qu'on était la 7e puissance mondiale, ce qui déjà était plus terrible par rapport à à peine quelques décennies avant. Aujourd'hui, on est 25e. Il y a 24 peuples qui ont un meilleur niveau de vie que la France.

Et les États-Unis, que quand même, vous aimez bien, vous avez fait votre premier déplacement à New York, c'est quand même, vous dites que vous ne comparez pas à Obama, mais vous auriez pu aller en Lausère, vous êtes allé à New York. Eh bien, aux États-Unis, aujourd'hui, ils nous mettent une longueur d'avance dont on ne se remettra pas. C'est ça, la réalité. C'est que les Français sont au même niveau de vie que le plus pauvre des États américains, qui est le Mississippi. On est plus pauvres que les Américains les plus pauvres.

Et après, on a encore des gens à gauche qui viennent nous expliquer que le problème, c'est qu'il n'y a peut-être pas suffisamment d'impôts, qu'il n'y a peut-être pas suffisamment de dépenses publiques, qu'il faut encore aller plus loin là-dedans, que leur ennemi, c'est Elon Musk. Ça, c'est ce qu'a dit Raphaël Glucksmann. Elon Musk, qui bientôt va pouvoir racheter la France s'il continue comme ça. Je grossis le trait, mais à peine. Donc moi, que ce soit vous le candidat, que ce soit Hollande, que ce soit Glucksmann, que ce soit tous ces gens-là, je suis désolé.

Le problème, c'est que vous êtes quand même sur des solutions qui, moi, effectivement, entre la gravité des enjeux auxquels la France va répondre, qui en gros sont existentiels, c'est-à-dire, est-ce que la France va rester un pays à peu près riche, à peu près dans la compétition ? Est-ce qu'elle va continuer à exister tout court ? Ou est-ce qu'elle va se faire totalement bouffer par ses retraites, son immigration non contrôlée, ses dépenses publiques totalement délirantes et la domination totale dont elle fera l'objet par les Américains et les Chinois ? Moi, c'est ça qui m'intéresse et je suis désolé de dire que j'ai regardé un peu votre programme avant de venir.

Honnêtement, je n'ai pas trouvé une mesure précise, mais bon. Et j'ai regardé dans l'ensemble ce que propose la gauche. Elle est en décalage avec les exigences et d'ailleurs, ça vaut quasiment pour toute la classe politique. Moi, c'est ça qui m'interpelle à huit mois du scrutin et je suis d'accord, il y aura sans doute des surprises.

18:18
Karim Bouamrane

Vous avez lu quoi de mon programme ?

18:20
Invité

J'ai lu ce que j'ai pu trouver sur Internet. Sur le logement, vous avez vu ce qu'on propose ? Je vais vous dire. C'est l'occasion de présenter une mesure. C'est l'occasion de le dire parce que honnêtement, M. Boimran, très honnêtement, je n'ai pas pu noter une mesure de votre programme. J'ai trouvé le feu, ça brûle et l'eau, ça mouille. Honnêtement. Mais si vous avez des mesures précises, ça m'intéresse tout à fait.

18:39
Karim Bouamrane

Alors, c'est très compliqué, Mme Mabrouk, de débattre avec ce genre d'individu et en plus, ils se permettent des jugements de valeur. Donc, vous pouvez... Vous êtes là pour vous dire. Je veux dire, le logement. Sur le logement. Allez-y. Une proposition phare. Sur le logement. Première proposition qu'on a faite sur le logement, c'est de baisser la TVA pour baisser les prix. Parce que comme je l'évoquais, les premières victimes collatérales, ce sont les jeunes et le logement représente plus de 50% dans un budget famille ou dans un budget. Je le vois en tant que maire, si on n'arrive pas à baisser le prix au mat carré, on n'arrivera pas à régler.

Vous savez combien il manque de logement en France ?

19:22
Invité

Je ne vais pas répondre à vos questions de cours. Je vous en prie.

19:25
Karim Bouamrane

Les questions de cours.

19:25
Invité

Non, non. Je ne suis pas là pour répondre à mes questions de cours. Vous nous parlez de programmes. Sinon, je vous en pose aussi

19:30
Karim Bouamrane

et on peut s'amuser. Vous nous parlez de programmes, vous nous parlez de visions et vous ressassez la même chose. Donc, première question au niveau du logement, on avait des propositions concrètes. Au niveau... Mais alors,

19:40
Invité

qu'est-ce que c'est la proposition ? C'est la baisse de la TVA. Baisse de la TVA.

19:43
Présentateur

Regardez, on peut faire le catalogue. Non, mais c'est la sécurité. C'est quand même intéressant.

19:47
Invité

Moi, ça m'intéresse de savoir que c'est la gauche.

19:49
Karim Bouamrane

Lutte contre le narcotrafic. Lutte contre le narcotrafic. La méthode, dite méthode Saint-Ouen, mettre autour de la table à chaque fois la justice, le ministère de l'Intérieur, les moyens techniques, les caméras, les moyens humains, police municipale, police nationale. Travailler sur le réaménagement, le temps long court, en termes de réaménagement, de végétalisation et surtout travailler directement avec les parents d'élèves. Végétalisation ? Dans la lutte

20:14
Présentateur

contre les narcotrafic ?

20:15
Karim Bouamrane

Le beau. Parce que derrière, il y a plusieurs temps.

20:18
Présentateur

Il faut une rose face aux narcotrafic ? Vous allez dire que je caricature.

20:22
Karim Bouamrane

Un peu.

20:22
Présentateur

Mais la question est légitime.

20:24
Karim Bouamrane

Quand vous démantelez un trafic, le message que vous avez envoyé Mme Mabrouk aux dealers, c'est que d'une part, la justice fait son travail, c'est-à-dire que les dealers sont arrêtés. Ensuite, l'endroit, quand vous analysez les deals, les deals, les deals,

20:39
Présentateur

arrêtés et jugés,

20:42
Karim Bouamrane

la justice fait son travail. La police arrête et la police juge. Ensuite, il faut changer d'environnement qui, plus l'environnement est déliquescent et délabré, plus ça favorise le deal. Donc, on l'a vu à Saint-Ouen, cette pointe d'île, démantelée. Donc, lutte contre le narcotrafic.

20:57
Présentateur

Vous voulez dire déplacée ?

20:59
Karim Bouamrane

Absolument pas. J'ai dit démantelée.

21:00
Présentateur

Démantelée complètement. Démantelée. Les points de deal à Saint-Ouen, contrairement à d'autres... Non, non, mais c'est intéressant à d'autres endroits en France parce que la plupart sont déplacés, parfois devant les écoles.

21:09
Karim Bouamrane

Le ministre Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, l'a évoqué à plusieurs reprises. La méthode Saint-Ouen a été reprise par plusieurs parlementaires, plusieurs sénateurs et ça donnait lieu à un rapport. Je vous invite à y consacrer un peu de temps. Donc, proposition en termes de lutte contre le narcotrafic qui est la sécurité, une des premières interrogations, une des premières préoccupations des Françaises et des Français. Et contrairement aux années 90, le narcotrafic ne phagocyte plus uniquement les zones métropolitaines et urbaines, mais touche également les zones rurales.

Parce que, contrairement à ce que vous avez évoqué, je ne suis peut-être pas allé en Lausère, mais je suis allé dans les Cévennes, je suis allé en Côte d'Armor, je suis allé en Picardie, je suis allé dans le Vaucluse.

21:53
Invité

Honnêtement, ça aussi, c'est l'écume des choses.

21:57
Karim Bouamrane

Je vais vous parler de déplacement en région. Mais non, je vous dis, ce n'est pas majeur. Donc, et vous voyez bien que la préoccupation de la quotidiennité des Français avec les propositions qu'on vient de faire en termes de narcotrafic, et de sécurité... On n'a pas de doute. Non, mais je parle de Président de la République. Et je parle de lutte contre les déserts médicaux. Parce que, quand on est en métropole et quand on a un hôpital à moins de 2 km, malgré le temps relativement long au niveau des urgences pour avoir un rendez-vous chez le pédiatre, le cancérologue, en région, c'est de plus en plus compliqué. Donc, les propositions très concrètes...

22:33
Présentateur

Elles sont là. Pour quelle vision ? Pardonnez-moi. Et ce n'est pas... Je ne vous pose pas une question sur un slogan politique. J'ai entendu ce matin sur notre antenne, de Ségolène Royal. Elle, elle dit « Moi, je serai la candidate en somme de la France tranquille. » Elle estime que la France a été brutalisée par du fait qu'il y ait eu les conséquences et la manière avec laquelle on a traité les Gilets jaunes. Par la réforme des retraites, elle estime que c'est une brutalisation également des Français par tout ce qui s'est passé. Elle, c'est la France tranquille. Et Karim Boimbrun, c'est quelle France ?

23:01
Karim Bouamrane

Humaine et forte. Humaine parce qu'effectivement, aujourd'hui, expliquer à une personne ici des classes populaires, des classes moyennes que son enfant, ses enfants ne vivront moins bien qu'eux-mêmes, c'est le déclassement, c'est le désespoir. Et en même temps, la France forte, c'est le respect de l'autorité, c'est le civisme, c'est l'amour de la patrie qu'on ne doit pas laisser à l'extrême droite. Et c'est aussi l'amour de la République.

23:29
Présentateur

Dans les écoles à Saint-Ouen, la levée de drapeau, vous n'avez pas été choquée par ce qu'a dit Éric Ciotti, la Marseillaise et d'autres. Ce sont des symboles qui, pour vous, ne fleurent pas. Bon, je ne sais quel conservatisme ou plus.

23:41
Karim Bouamrane

Moi, j'en parle dans mon livre qui sortira au mois de novembre. La Marseillaise, l'uniforme et l'amour du drapeau. En revanche, ce que fait Éric Ciotti lorsqu'il dit cela, il le dit pour stigmatiser une partie des Français qui considèrent comme des sous-Français. Alors que moi, quand je parle du drapeau... Quand je parle du drapeau bleu, blanc, rouge, quand je parle de l'uniforme et quand je parle de la Marseillaise, c'est parce qu'aujourd'hui, qu'on soit en Lauser, qu'on soit à Mayotte ou qu'on soit en Seine-Saint-Denis, ce qui fait sens, c'est l'amour de la patrie et c'est liberté, égalité, fraternité et démocratie sociale.

24:16
Invité

Je vais vous citer Ségolène Royal, j'ai l'impression d'être de retour en 2007, si vous voulez. C'est très bien tout ce que vous dites, M. Boimrade, mais honnêtement, c'est un peu court pour une présidentielle. Je vous le dis, comme je le pense, vous avez pensé que c'est un jugement de valeur, mais dans ce que vous dites, il n'y a rien. Je suis désolé de vous le dire. Je ne sais même pas si vous vous en rendez compte. On dirait une intelligence artificielle à qui on demanderait « Fais-moi une liste de belles valeurs avec lesquelles tout le monde serait d'accord ». Et donc là, oui, on est tous pour, effectivement, tout ce que vous venez de dire, mais ça manque quand même de concret.

Et moi, ce que je vois, c'est que la France est en gros au bord de la faillite. Ce qu'expliquent en off les experts, les économistes, les patrons, etc., c'est qu'il ne va pas se passer très longtemps avant que ce soit la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International qui prennent les rênes de notre pays. Ils espèrent même que ça se fasse sous le règne de Marine Le Pen en se disant que ça passera mieux auprès des Français.

25:14
Présentateur

– Reconnaissez que ce n'est pas la responsabilité directe de M. Boisbrun. – C'est la responsabilité des dépenses publiques. – Surtout que… – Et moi, ce que j'entends,

25:22
Karim Bouamrane

dans ce que j'entends… – Techniquement, ce que vient de dire M. Consigny est inexact, mais on pourra débattre

25:28
Invité

sur le plan économique si vous voulez. – Dans ce que j'entends, c'est très bien, mais vous dites que… C'est intéressant. – Moi,

25:35
Présentateur

je vous propose de revenir à la sortie de votre livre.

25:37
Invité

– On a toujours entendu cette gauche qui essaie d'être pragmatique. – Et M. Consigny, c'est que, voilà, il y a un moment donné, vu l'état du pays, ce qui le menace, ce n'est pas juste avec des bons sentiments et des élus qui ont une très haute idée d'eux-mêmes qu'on y arrivera. Je pense qu'il faut accepter de voir les dangers d'être plus concret.

26:02
Karim Bouamrane

– Je vous assure. – On a débattu une demi-heure, il n'y avait rien de concret. C'est dommage. – Mais oui, c'est dommage. Ce qui me fait vraiment sourire, je vous assure, c'est lorsqu'on parle du fond, lorsqu'on est rompu à la réalité, vous avez toute une génération qui court après le buzz et qui est, vous avez parlé de brutalité, qui sont systématiquement dans soit la critique négative ou soit... Et moi, je ne suis pas... – Je n'ai rien compris. – Merci, Carval, je n'ai rien compris. Vous n'avez pas compris. Merci, messieurs. – Je suis là,

26:33
Présentateur

j'essaie de d'écouter et je ne comprends rien. – Je ne comprends rien. – On va en prendre le temps. – T'expliquez. – Maxime, c'est à vous, pardonnez-moi. – Sous-titrage Société Radio-Canada

26:40
Locuteur

– Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada