L'Essentiel politique : E. Philippe en meeting et M. Le Pen face à son destin • FRANCE 24
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« il veut proposer des mesures qu'il sera possible d'appliquer et qui feront la différence »
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[musique]
L'essentiel politique ce soir c'est avec Richard Verly. Bonsoir Richard. Bonsoir. Vous êtes éditorialiste politique, journaliste pour le média suisse en ligne Blick et au programme de ce dimanche, il y avait évidemment le 1er grand meeting d'Édouard Philippe à Paris. Le candidat de la droite et du centre affiche ses ambitions et hausse le ton avec un nouveau slogan "Croire en nous". Elle aussi continue d'y croire Marine Le Pen candidate ou pas à la présidentielle, elle sera fixée mardi sur son sort et a déjà prévu de s'exprimer dans la foulée au 20h de TF1. Enfin les questions climatiques de nouveau à la une alors qu'une nouvelle vague de chaleur se profile, les écologistes ont déposé
[musique]
une motion de censure contre le gouvernement. Édouard Philippe a donc réuni ses partisans ce weekend à la Daz Arena à Paris. L'ancien 1er ministre veut démontrer qu'il est un candidat sérieux pour 2027 capable de rassembler la droite modérée et le centre. On va l'écouter. Mais cette campagne elle commence aussi dans un pays qui n'a pas renoncé. Un pays, le nôtre, qui a tout pour réussir. Un pays qui construit des avions exceptionnels, des trains à grande vitesse, des vins merveilleux, des objets de luxe recherchés partout dans le monde. Un pays qui dispose encore d'une industrie cinématographique exceptionnelle.
Un pays qui regorge partout de pépites humaines, culturelles, patrimoniales, productives, industrielles. Un pays qui sait très bien, je le crois, que tout n'est pas perdu pour peu qu'on lui dise la vérité, qu'on lui montre la route et qu'on tienne enfin ce qu'on promet. Richard, vous avez assisté cet après-midi au lancement de la campagne d'Édouard Philippe. Vous étiez sur place. Est-ce que c'était un bon ? Écoutez, c'était en tout cas l'objectif a été atteint. C'est ce que nous disaient les conseillers d'Édouard Philippe. L'objectif c'était ? C'était de se présenter devant les Français, on dirait fendre l'armure, vous connaissez l'expression.
Et pour ça, Édouard Philippe, après avoir eu ce premier paragraphe pour donner confiance à la France, d'où le slogan "Croire en nous", il s'est littéralement euh présenté, il a donné euh ses origines familiales, un arrière-grand-père docker. L'objectif, c'était de dire "Je ne suis pas quelqu'un de l'élite, ne me cataloguez, ne me cataloguez pas trop vite comme un technocrate", ce qu'il est en réalité. Euh il est juriste au Conseil d'État, rappelons-le, diplômé de l'École nationale d'administration, mais il veut apparaître comme quelqu'un qui est capable d'écouter, comme quelqu'un à qui on peut faire confiance et comme quelqu'un qui est déterminé.
Alors, de ce point de vue, le discours disait cela. Personnellement, j'ai trouvé deux choses qui m'ont un peu étonné. D'abord, un manque quand même de ferveur, mais la configuration de la salle ne s'y prêtait pas, vous savez, l'Adidas Arena, c'est une salle avec des gradins euh très abrupts parce que c'est une salle de basket. Euh donc, c'est pas très facile d'avoir de l'ambiance dans une salle comme ça. Et quand il est sorti, Édouard Philippe, il est quand même allé à la rencontre du public. Et la deuxième remarque, c'est pas un mot sur l'Internationale. Dans les circonstances euh que l'on vit, j'ai trouvé ça, personnellement, un peu étonnant.
Euh sur le fond, il a commencé à détailler tout de même quelques grandes lignes de son programme. Qu'est-ce que vous avez ? Moi, j'ai retenu trois choses. Premièrement, euh il veut dire la vérité euh et donc, on peut s'attendre à une sorte de livre blanc sur les comptes de la France pendant toute la campagne euh avec des chiffres sur les retraites, avec des chiffres sur les déficits. Je crois qu'il va quand même être le candidat des chiffres. Ça, c'est son héritage Juppé, rappelons-le, il avait été directeur de campagne malheureux d'Alain Juppé, candidat battu par François Fillon en 2016. La deuxième chose que j'ai retenu, c'est qu'il veut élargir, il veut rassembler.
Il a bien pris soin, même s'il a dit qu'il avait été Premier ministre de droite, en fait, il veut être quand même le candidat d'une droite sociale capable d'attirer aussi bien des sociaux-démocrates que des électeurs de la droite, on va dire, Retailleau, qui est un autre candidat. Puis troisième élément, c'est la volonté d'y aller étape par étape. Euh, il a beaucoup insisté sur la sur la notion d'impact, on va parler d'écologie tout à l'heure. Il dit "Je veux une écologie une écologie d'impact." Donc, il veut proposer des mesures qu'il sera possible d'appliquer et qui feront la différence. Voilà, c'est son côté à la fois raisonnable, mais également déterminé.
Après, est-ce que quand vous êtes raisonnable, vous pouvez être ? C'est une question presque philosophique. Euh, vous dites qu'il veut rassembler, il a déjà commencé à le faire. Il y a deux ministres euh du camp Macron euh qui l'ont euh rejoint, qui étaient présents euh aujourd'hui d'ailleurs. Il y a même un président de groupe LR à l'Assemblée nationale qui lui a apporté son soutien, c'est Laurent Wauquiez, alors que pourtant il y a déjà un candidat LR, c'est Bruno Retailleau. Euh, est-ce qu'il est aujourd'hui le mieux placé pour accéder au second tour, selon ? Selon les sondages, dans son camp, oui, pour l'instant, il est devant Gabriel Attal et devant Bruno Retailleau.
Si l'on donne quelques chiffres, Édouard Philippe est autour de 15 % euh Gabriel Attal autour de 11-12 et Bruno Retailleau plutôt vers 8-9. Euh, ça c'est l'avantage qu'il a et tout le monde dit que c'est les sondages qui in fine décideront de quel candidat se maintiendra. Maintenant, vous savez, 15 % c'est quand même pas beaucoup dans l'opinion. Je rappelle que Jordan Bardella, qui caracole en tête avec Marine Le Pen, est entre 35 et 40 %. On va y venir justement, Rassemblement national. Ce mardi, la cour d'appel du tribunal de Paris rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Pour Marine Le Pen, l'enjeu est immense.
Selon la décision des juges, elle saura si elle peut se présenter ou pas à la présidentielle de 2027. Pour rappel, euh quatre ans de prison dont un ferme sous bracelet électronique, 100000 euros d'amende et 50 d'inéligibilité ont été requis euh contre la chef des députés RN, mais Marine Le Pen affirme qu'elle n'a pas peur. Elle était ce weekend à Liévin aux côtés de Jordan Bardella dans le Pas-de-Calais, écoutez-la. Marine se présentera à la présidentielle et si elle est élue, Jordan sera Premier ministre.
Mais si mes amis, mais si la justice m'interdit de me présenter à la présidentielle, alors c'est avec une grande énergie moi aussi et une grande conviction et une grande confiance que je soutiendrai évidemment tous les jours et jusqu'à sa victoire la candidature de Jordan Bardella. Voilà un petit message à destination de ceux qui pensent qu'il suffit de nous mettre des obstacles devant nous pour nous décourager. Nous ne nous découragerons jamais. Nous lutterons toujours, nous irons jusqu'au bout et nous irons mes amis jusqu'à la victoire avec vous.
Voilà, Marine Le Pen déterminée et combative, euh verdict donc mardi, quel impact cette décision de justice elle aura sur l'ensemble de la campagne ? Est-ce que ça ça peut dans tous les cas fragiliser le Rassemblement ? Alors, si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, euh c'est un coup dur. Rappelons deux euh choses qu'elle a elle-même dit. Alors première et première chose évidemment, si la peine d'inéli- d'inéligibilité qui a été requise est décidée par les juges, elle ne peut pas se présenter parce que c'est 5 ans d'inéligibilité, il faudrait donc que les juges décident de la réduire. S'ils la réduisent à 2 ans, Marine Le Pen peut potentiellement se présenter.
Mais il y a une autre peine, c'est la peine de prison avec 1 an ferme sous bracelet électronique et là, c'est la candidate putative du Rassemblement national qui a dit elle-même qu'elle ne ferait pas campagne avec bracelet électronique. Donc, ce qu'on doit en déduire, c'est que pour se présenter, Marine Le Pen doit d'une part, être condamnée à 2 ans ou moins d'inéligibilité et qu'elle doit être dispensée du port de bracelet électronique. Ça fait beaucoup, mais attendons la décision de justice. Alors, pour répondre à votre question sur le Rassemblement National, oui, ça va fragiliser le Rassemblement National pour, à mon avis, deux raisons.
Premièrement, Marine Le Pen est sa candidate naturelle. Tout a été construit depuis des années pour Marine Le Pen et d'ailleurs, c'est elle-même qui a construit cet édifice, c'est-à-dire le droit, le l'édifice d'une droite nationale sociale avec beaucoup d'interventions publiques. Moi, j'ai l'habitude souvent de dire que Marine Le Pen est un peu l'assistante sociale en chef de la République et d'ailleurs, elle a tenu ce meeting à Liévin sur une terre ouvrière, traditionnellement hier communiste dans le Pas-de-Calais. Or, ça, ce modèle-là, il sera fracassé dès lors qu'elle ne se présente pas parce que Jordan Bardella n'est pas l'héritier de cette tradition.
Et plus que ça, il semble qu'il est quand même assez, je dirais, porté vers les thèses de la droite, vers un certain libéralisme économique. Même si dans les sondages, il est plutôt bien placé malgré tout. bien placé, mais il ne représentera pas le même Rassemblement National et donc, une faille s'introduira. Le deuxième élément, je crois qui peut changer, c'est dans l'opinion parce que les gens sont attachés à Marine. C'est Marine la candidate naturelle. Alors, on sait que Jordan Bardella est populaire, mais est-ce que cette popularité, elle peut durer, elle peut résister à la ?
La campagne sera dure et vous savez très bien le procès qui sera fait à Jordan Bardella par ses adversaires, c'est le projet le procès en inexpérience, en incompétence. Saura-t-il résister et apporter les ? Et sera-t-il prêt à et au rendez-vous ? Euh dernier point que je souhaite évoquer avec vous, les écologistes qui ont déposé une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Le Cornu. Elle sera examinée ce lundi. Ils accusent les autorités d'avoir sous-estimé les conséquences de la canicule et de manquer d'ambition face au défi climatique. une initiative qui relance le débat sur la lutte contre le réchauffement climatique.
Alors a priori Richard, cette motion de censure, elle a peu de chance d'aboutir, mais elle replace de nouveau au cœur des préoccupations le climat et ce alors qu'une nouvelle vague de chaleur est attendue dans les jours qui viennent, on en parlait hors antenne et que les incendies ont déjà commencé à ravager la France. Oui, la réalité devrait conduire tous les candidats à s'emparer de ce sujet en urgence, mais ce n'est pas ce qu'ils font. Et là, je vais renvoyer à Édouard Philippe, on en a parlé cet après-midi, il a eu un petit passage sur les questions climatiques et il a dit une écologie d'impact. Qu'est-ce que ça veut dire une écologie ?
Ça veut pas dire une alerte rouge, ça veut dire sans doute des projets plutôt ciblés. Donc, on voit bien le malaise des candidats à la présidentielle et le malaise des partis politiques en général. ? Parce qu'ils savent que les mesures à prendre sont des mesures qui exigent une révolution sociétale, une révolution culturelle, une révolution mentale chez les Français. Alors chez les plus jeunes, ça fonctionne sans doute, mais les autres et notamment ceux qui votent, c'est-à-dire les plus anciens.
Donc ce fossé là, c'est un fossé que les écologistes veulent désigner, ils veulent montrer de leur point de vue, de ce point de vue pardon, je trouve que leur motion de censure est salutaire, ça va permettre un débat, vous l'avez dit, elle n'a pas de chance d'être adoptée. Ils sont au fond les écologistes dans le rôle qui est le plus difficile, c'est celui des lanceurs d'alerte. Ils ne sont que des lanceurs d'alerte, on ne les crédite pas de la capacité à changer les choses, alors que de fait toutes ces choses, elles ont besoin d'être changées pour lutter contre le réchauffement climatique.
Merci beaucoup Richard d'être venu sur le plateau de France 24, restez avec nous dans un instant, c'est le journal de l'Afrique et on se retrouve juste après.