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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 13 septembre 2022 26 min

Réforme des retraites, crise de l'énergie, fin de vie... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Marleix

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Olivier Marlex, Emmanuel Macron l'a dit hier soir à l'Elysée devant des journalistes, il envisage de faire passer la réforme des retraites. Dès cet automne, lors de l'examen du budget de la sécurité sociale, il a raison de vouloir aller vite ?

0:16
Alain Marleix

Oui, il a raison de vouloir aller vite parce que ce pays doit retrouver durablement un certain nombre d'équilibres. Après, sur la méthode, je pense que le président de la République doit quand même respecter un minimum le dialogue social dans notre pays. L'allongement du départ, c'est une contre-proposition que la droite a faite il y a trois ans, quand le président de la République avait mis un projet de réforme assez compliqué sur la table. Donc on n'a pas de sujet sur cette question des trimestres ou cette question de l'âge, qui est nécessaire si on veut améliorer le sort des retraités dans notre pays durablement.

Simplement, on sait que ça crée des effets pervers, notamment sur les carrières longues, c'est un premier sujet. Notamment sur le montant des pensions des femmes qui ont des années sous-valorisées, sur la question des cadres. Donc tous ces sujets-là, ils méritent quand même du dialogue social. Donc on demande au président de la République de respecter les partenaires sociaux.

1:13
Présentateur

Vous lui conseillez plutôt de prendre son temps plutôt que de vouloir faire cette réforme en début de quinquennat à la va vite ?

1:18
Alain Marleix

Je ne vais pas lui apprendre son métier, il a cinq ans d'expérience maintenant, mais je pense qu'on ne peut pas faire une réforme des retraites dans notre pays sans qu'il y ait un minimum de dialogue social avec les partenaires sociaux. Sinon, il ne faudra pas s'étonner que ça tourne mal. Je l'invite quand même à un peu de responsabilité. Il ne peut pas continuer. Il a annoncé il y a quelques jours la création de ce conseil national de la refondation pour mieux concerter. C'était fini la présidence jupitérienne et hop, deux jours après, ça y est, on piétine tout le monde, de nouveau les partenaires sociaux. Il faut qu'il apprenne à respecter les corps intermédiaires dans ce pays.

Il parlait presque comme un homme de gauche. Non, mais on s'en est plein pendant cinq ans. Négaussion, concertons, prenons le temps. Il n'y a que la droite dans ce pays qui a fait des réformes des retraites. Simplement, à chaque fois, elle l'a fait. Marie-Sol Touraine n'est pas spécialement une femme de droite. L'allongement de la durée, non, c'était plutôt le retour à 60 ans, etc. Bon, enfin, passons, c'est la promesse de M. Hollande. À chaque fois, on l'a fait en respectant un minimum les partenaires sociaux. Voilà, à lui de trouver ce bon équilibre.

2:24
Invité

Est-ce qu'on connaît la position des partenaires sociaux, des syndicats qui sont donc contre cette réforme des retraites ? Un 49.3, dans ce cas précis, ce n'est pas un tabou pour vous ?

2:34
Alain Marleix

Dans ce cas précis, je ne sais pas. La discussion n'a pas encore eu lieu avec qui que ce soit. Moi, je demande quand même qu'il y ait du débat. C'est la même chose sur le budget, d'ailleurs. On en parle, oui. Le 49.3, c'est une question technique pour faire adopter un texte. Mais en tout cas, dans tous les cas, il faut du dialogue. S'il n'y a zéro dialogue, il ne faut pas s'étonner qu'à un moment, effectivement, ça tourne mal en termes de climat social dans la rue.

2:56
Invité

Sur les grandes lignes, à droite, vous, le report de l'âge légal, le rallongement de la durée de cotisation ou toucher aux cotisations, tout simplement, vous, vous êtes pour ?

3:07
Alain Marleix

Non, toucher aux cotisations, ça paraît difficile. Le coût de l'emploi dans notre pays est déjà, évidemment, trop élevé. Donc, après, il y a deux paramètres. Il y a l'allongement de l'âge de départ qui peut se faire très progressivement. Je pense que 64 ans, pour nous, pourrait être un premier palier. Comme ça, c'est ce que dit Emmanuel Macron aussi. Ou ça peut être la durée de tribunal. Je vous rappelle que c'est la contre-proposition que nous avons mise sur la table. Il y a trois ans, M. Macron voulait révolutionner avec un système de retraite universelle qui ne tenait pas la route.

3:37
Présentateur

Et la proposition de Valérie Pécresse pendant la campagne, c'était 65, pas 64.

3:40
Alain Marleix

Et il est revenu à un autre projet. Je pense qu'on peut y aller par palier. Donc, il ne faut pas avoir l'air idéologique. Le seul but d'une réforme de retraite aujourd'hui, c'est d'être capable d'augmenter les retraites dans notre pays. On a augmenté dans le texte pouvoir d'achat les retraites de base de la sécurité sociale. Les complémentaires n'ont pas été augmentés. On a un vrai sujet de pouvoir d'achat des retraités dans le pays. Est-ce que vous imaginez, Olivier Marlex, que la droite ne vote pas cette réforme ? Ce n'est pas le sujet. On ne sait pas encore quelle sera la méthode. C'est le sujet. Il faut trouver une majorité pour la voter. Pardon, on n'est pas les otages de M. Macron.

Est-ce que vous vous voyez retourner devant vos électeurs en disant qu'on n'a pas voté cette réforme ? On ne sera pas complice d'une méthode qui sera trop brutale.

4:21
Invité

Sauf que depuis le début du quinquennat, maintenant, Olivier Marlex, c'est la droite qui a permis l'adoption des principaux textes votés au Parlement.

4:28
Alain Marleix

Trois textes, je relativise-en. Et trois fois avec la droite. Trois textes et des textes que nous avons réécrits, notamment avec le Sénat.

4:33
Invité

Est-ce que vous faites partie de la majorité, maintenant ?

4:35
Alain Marleix

À aucun moment. Nous sommes des opposants. Non, mais soyez sérieux. On a adopté trois textes. On a adopté trois textes. Un petit texte de pouvoir d'achat, financé par un texte de la finance rectificative. Je pense que rien ne laisse supposer que je suis un ami, un allié convaincu par M. Macron.

4:53
Présentateur

Donc, quand Bruno Le Maire s'est félicité publiquement d'avoir élargi la majorité jusqu'à vous, il a parlé trop vite.

4:58
Alain Marleix

C'était un propos de ministre mal réveillé.

5:01
Invité

Les consultations à Bercy commencent aujourd'hui à l'invitation du ministre des Comptes publics, Gabriel Attal. Il souhaite discuter du budget 2023 avec les oppositions avant qu'il arrive à l'Assemblée nationale. Vous y allez, à Bercy ?

5:14
Alain Marleix

Oui, parce qu'on ne pratique pas la politique de la chaise vide. Les Français nous ont missionnés pour défendre leurs intérêts. Et donc, on ne va pas rater une inquiétition. Ce que je remarque quand même, c'est que c'est une espèce de dialogue de Bercy. C'est un exercice de communication. C'est une espèce même de petite escroquerie, puisque en réalité, le gouvernement fait ça pour compenser le fait qu'il a piqué une semaine de temps parlementaire. Ils ont décalé la présentation du projet de loi de finances. Et donc, on aura une semaine de mois au Parlement. Et en échange, ils font de la com' à leurs mains. Bon, enfin voilà, on y va quand même pour avancer.

5:49
Invité

Pour négocier ? Qu'est-ce que vous allez négocier ?

5:51
Alain Marleix

Pour que l'on mettra sur la table nos idées. Je crois que mes collègues députés, membres de la Commission des Finances se voient ce soir. À quelles conditions vous pourriez voter le budget ? Ça me paraît extrêmement compliqué, j'ai envie de dire, à condition que M. Macron arrête de recourir à la dépense publique à tour de bras, se rendre compte que le pays est au bord de la banqueroute, comme il l'a plus ou moins lui-même laissé entendre. Son ministre de l'économie a dit que la cote d'alerte était atteinte. Et malgré tout ça, malgré ces signaux négatifs, je vous rappelle que ce projet de budget prévoit un déficit de 5% du PIB, c'est-à-dire autour de 115 milliards.

Donc on continue de s'enfoncer.

6:25
Invité

Mais sur quoi vous faites des économies alors ?

6:27
Alain Marleix

Je pense vraiment que l'écart est beaucoup trop grand pour qu'il y ait quelques chances pour ce gouvernement de converger avec quelque opposition que ce soit.

6:35
Invité

Vous allez lui proposer quoi ?

6:37
Alain Marleix

Des sujets d'économie, on les connaît depuis longtemps. Je les ai mis sur la table dans les discussions avec la première ministre au moment de la loi de finances rectificative. Il y a un sujet qui insupporte les Français aujourd'hui, c'est la fraude sociale. Ce n'est pas très compliqué, mieux protéger l'argent des Français. La Cour des comptes nous dit qu'il y a environ 30 milliards de fraudes sociales chaque année. Et on ne fait rien, et le gouvernement ne fait rien.

7:02
Invité

Le gouvernement prévoit le versement automatique des prestations sociales, et donc ça évitera les fraudes par définition ?

7:09
Alain Marleix

Oui, on a vu tous les versements automatiques. Au contraire, on a souvent engendré encore plus de fraudes que d'autres. On l'a vu notamment pendant la crise Covid. Non, on a réussi à leur imposer, lors du débat sur la loi de finances rectificative cet été, la carte vitale biométrique. Ça, c'est une mesure très concrète.

7:27
Présentateur

Qui va d'abord coûter très très cher, parce qu'il faut la mettre en place.

7:29
Alain Marleix

Renforcer les dispositifs de contrôle, de versement des retraites à l'étranger. On la verse des super centenaires, sans que ça pose de problème à qui que ce soit. Et puis, il y a la fraude fiscale. Je ne vais pas avoir l'air de taper que sur les uns. Vous voyez qu'une entreprise comme McKinsey n'a pas payé pendant 10 ans d'impôts sur les sociétés en France. Sans doute avec la bénédiction de Bercy. On se dit qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce pays, de ce côté-là aussi. Voilà, donc des économies, ou de mieux protéger l'argent des Français, il y a beaucoup de solutions.

7:55
Présentateur

Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, qui ne fait pas partie de la majorité. Il nous l'a dit ce matin au micro de France Info, est avec nous jusqu'à 9h, 8h41. Un passage par le fil Info avec Maureen Sunniar. On vous retrouve dans un instant.

8:07
Invité

L'été brûlant en Gironde n'en finit pas. Encore un incendie, cette fois au sud de Lacanau, dans le Médoc. 1300 hectares détruits depuis hier. Plus de 500 personnes évacuées. 340 pompiers sont mobilisés pour lutter contre cet incendie qui pourrait être d'origine criminelle, selon les gendarmes. Emmanuel Macron va définir les contours d'une convention citoyenne sur la fin de vie. Sujet de société, promesse de campagne et possible modification de la loi en vigueur. Le comité consultatif national d'éthique rend son avis ce matin sur la question. La loi actuelle interdit l'euthanasie et le suicide assisté.

Kiev affirme avoir repris près de 6000 km² aux forces russes dans l'est et le sud de l'Ukraine. Washington reste prudent, mais on a entendu sur France Info ce matin l'optimisme, cette fois de l'ambassadeur de France en Ukraine. Une victoire ukrainienne est possible, dit Étienne de Ponsin. Les autorités craignent la présence de milliers de supporters allemands sans billet à Marseille ce soir pour le match de la Ligue des Champions à 21h. L'OM face à Francfort, 1000 policiers et gendarmes sur le qui-vive pour éviter des violences. 8 supporters ont déjà été arrêtés hier.

9:18
Présentateur

Nous sommes toujours avec le chef de file des députés Les Républicains, Olivier Marlex, pour faire face à l'inflation des prix de l'énergie. Le gouvernement a mis en place ces derniers mois un bouclier tarifaire. Jusqu'à la fin de l'année, que doit-il se passer après, à partir du 1er janvier ?

9:34
Alain Marleix

Écoutez, il est évident qu'il faudra maintenir des mesures de protection du pouvoir d'achat des Français face à l'envolée des prix de l'énergie, avec, une fois encore, on est attaché à des mécanismes simples. Pour tout le monde, comme vous aujourd'hui ? Oui, le plus largement possible. Je pense sur le prix des carburants, par exemple. Nous nous sommes battus pour qu'il y ait une réduction à la pompe pour tout le monde, et pas seulement un chèque énergie donné à ceux qui ne travaillent pas.

10:00
Présentateur

Et du coup, vous vous êtes battus à droite pour la mesure qui était la plus coûteuse ? Alors que vous nous dites, il faut faire des économies dans le budget demain. Non, non, elle n'était pas la plus coûteuse en réalité. Entre faire profiter de la résistance à tous les Français, puisqu'on parle des carburants, ou seulement à certains, la plus coûteuse, c'est tout le monde.

10:13
Alain Marleix

Oui, en réalité, le gouvernement est resté à peu près dans l'enveloppe qu'il avait prévue. Simplement, il l'a donné aux gens qui roulaient, qui roulent en général pour travailler. Et on roule rarement pour son plaisir. On ne peut pas partir en week-end. Sauf quand on a... Non, arrêtez, c'est une plaisanterie. C'est-à-dire ? Cette histoire de week-end à Deauville ou je ne sais pas quoi. Je n'ai pas dit Deauville, mais vous dites qu'on ne roule que pour aller travailler.

10:31
Invité

Non, mais pour aller voir les grands-parents, pour aller les enfants à la crèche sans devoir travailler.

10:35
Alain Marleix

Personne ne se déplace. Vous savez, moi, dans ma circonscription, j'ai vu des gens qui faisaient du stop pour aller bosser et gagner le SMIC. Ça, c'est insupportable. Donc c'est à ça qu'il fallait apporter une réponse. C'est pour ça qu'on s'est battus. Le vrai sujet aujourd'hui, au-delà des ménages, on verra ce que le gouvernement annonce, c'est la question des entreprises. Moi, je suis extrêmement inquiet. On en parle extrêmement peu dans ce pays. Aujourd'hui, les entreprises, elles voient leur facture d'électricité multipliée par 7, 8 ou 9. C'est-à-dire que si on ne fait rien pour beaucoup d'entreprises françaises, c'est fin de partie à la fin de l'année.

Parce que quand vous avez 4 fois ou 5 fois le montant de votre résultat qui passe en facture d'électricité, la suite n'est plus possible.

11:12
Présentateur

Vous souhaitez un bouclier tarifaire également pour les entreprises ?

11:16
Alain Marleix

Le meilleur des boucliers tarifaires, c'est un prix de l'électricité au juste prix. Vous savez qu'on produit en France de l'électricité à 50 euros le mégawatt-heure. C'est le prix reconnu, validé par la CRE. C'est le prix de l'énergie nucléaire. En ce moment, nos entreprises achètent de l'électricité 700, 800 euros le mégawatt-heure. Une folie absolue. Nous serions encore le pays indépendant que nous étions jusqu'à il y a 2 ans en matière d'électricité. Je rappelle que jusqu'en 2019, la France était le premier exportateur mondial d'électricité. Simplement à cause de l'incurie de ce gouvernement, aujourd'hui nous sommes devenus des mendiants énergétiques.

Il faut aller acheter notre électricité, enfin 20% notre électricité.

11:55
Invité

Il y a un problème au niveau du parc nucléaire.

11:56
Alain Marleix

Il y a 32 électeurs fermés pour corrosion, pour maintenance. Effectivement, on a demandé une commission d'enquête pour établir les responsabilités. Mais vous vous rendez compte, ce pays qui était premier exportateur mondial jusqu'en 2019 devient aujourd'hui un mendiant qui est obligé d'aller acheter, d'aller quémander de l'électricité aux Allemands et qui du coup nous impose une réforme du marché européen qui, à ce stade, d'après ce que j'en ai lu dans la presse, est parfaitement scandaleuse. Pourquoi elle est scandaleuse ?

Parce qu'on va prélever, au nom de cette règle européenne, visiblement proposée par le chancelier Olaf Scholz lorsqu'il est venu rencontrer le président Macron, avec une présidente de la Commission européenne qui a emboîté le pas immédiatement, on propose en quelque sorte de taxer les bons élèves, c'est-à-dire ceux qui produisent de l'électricité à bas coût, donc l'électricité nucléaire, pour subventionner ceux qui produisent de l'électricité qui coûte cher, c'est-à-dire de l'électricité à partir du gaz. Alors voilà, on nous dit, on va caper le prix du gaz.

12:50
Invité

On va plafonner le prix du gaz.

12:52
Alain Marleix

Voilà, mais en réalité, ça bénéficie à ceux qui font de l'électricité à partir du gaz, essentiellement le modèle allemand. Et donc, on va prendre à ceux, on va pénaliser ceux qui ont eu raison...

13:01
Invité

Mais Olivier Marlex, on veut aussi découpler le prix de l'électricité à celui du gaz.

13:05
Alain Marleix

C'est l'autre partie. Cet accord, s'il va jusqu'au bout en ces termes, est absolument scandaleux, et j'invite le gouvernement à se ressaisir et à ne pas négocier dans ces conditions-là.

13:13
Présentateur

Vous avez rappelé il y a quelques instants que vous souhaitiez une commission d'enquête sur le nucléaire français. Qui voulez-vous entendre, et pour savoir quoi ? Qu'est-ce que vous ne savez pas aujourd'hui sur le nucléaire ?

13:23
Alain Marleix

Une fois encore, établir les responsabilités en politique, c'est quand même important. La démocratie, c'est un principe assez simple dans lequel on choisit ses dirigeants, et on les réélit ou on les réélit pas en fonction de leurs résultats. Moi, j'en ai ras-le-bol d'entendre dire que vous voyez tous pareil, il n'y a pas de différence, etc. Si il y a une grande différence, la droite au pouvoir jusqu'en 2012 a lancé la nouvelle génération d'EPR. Alors, je vous accorde, c'est un prototype, ça a été un peu laborieux. Il y a eu du retard, parce qu'on est prudent, etc.

Mais, en tout cas, c'est une différence avec ceux qui ont fermé Fessenheim, à ceux qui ont décidé de renoncer au nucléaire, à ceux qui ont envoyé le message que la filière nucléaire n'avait pas d'avenir. À l'heure où on parle, dans la loi, malgré les beaux discours de M. Macron, il est toujours question de fermer 12 réacteurs nucléaires. Je repose ma question, Olivier Marlex.

14:12
Présentateur

Qu'est-ce que vous voulez savoir ? La décision de fermer Fessenheim, on peut la regretter, c'est ce que vous faites, mais c'est une décision politique.

14:17
Alain Marleix

Est-ce que vous voulez dire que c'est de la faute du lampiste d'EDF si on est dans cette situation-là ? Je ne crois pas, je pense que c'est l'incurie de ce gouvernement qui a pris des décisions pour faire de la politique, faire plaisir à M. Hulot, Mme Pompilé a voulu faire plaisir à ses amis économiques.

14:33
Invité

Il a dit qu'il fallait lancer six nouveaux EPR.

14:34
Alain Marleix

Et on est aujourd'hui, la France est aujourd'hui dans une situation absolument invraisemblable où nos entreprises vont subir des coupures d'électricité. C'est quand même assez stupéfiant à l'intérieur. Et puis évidemment, on fera des propositions, parce que le sujet, c'est comment on recouvre rapidement notre indépendance énergétique.

14:51
Présentateur

Il y a quelques années, Olivier Marlex, Luc Châtel, qui était l'un des responsables des Républicains, disait que la droite devait devenir le parti des OGM et du gaz de schiste. C'était en 2016, il y a six ans. Est-ce que vous diriez la même chose aujourd'hui ?

15:05
Alain Marleix

Les OGM et le gaz de schiste ? Écoutez, moi, je n'ai jamais été un militant anti-OGM. Vous savez, les OGM, on en a partout dans la vie. On a fait un slogan. Voilà, moi, je crois au progrès. Le gaz de schiste, demain, on va en consommer du gaz de schiste en France. C'est ça qui va nous... On en achète à l'étranger. Il va nous sauver, on va en acheter aux amis, on en achète. Et vous voyez, je trouve que quand ce soit même interdit la recherche sur le gaz de schiste, je trouve ça assez, effectivement, stupéfiant. Quand vous voyez tes voisins...

Et dans notre commission d'enquête, pardon, mais dans notre commission d'enquête, vous demandez ce qu'on voulait trouver, eh bien, on explorera quand même la façon dont le débat en France a été, comme ça, totalement imprégné d'idées qu'on était parfois les seuls à partager au monde. Le nucléaire, on a fait croire aux Français que tout le monde tournait le dos au nucléaire dans le monde. Les Allemands ont tourné le dos au nucléaire. Ils ont embarqué avec les Belges et les Suisses. Mais partout ailleurs sur la planète, absolument partout ailleurs, ont construit des centrales nucléaires. La Finlande, c'est pas loin. Les Anglais, c'est pas très loin. L'Inde fait du nucléaire.

La Turquie se lance dans le nucléaire. L'Arabie Saoudite se lance dans le nucléaire. Même les Japonais, qui ont été traumatisés par Fukushima, se relancent dans le nucléaire. Donc, comment est-ce qu'en France, on sature le débat avec des idées fausses ?

16:15
Invité

Olivier Marlex, ce mois prochain, le gouvernement va présenter son projet de loi sur les énergies renouvelables pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Est-ce que la droite va le voter ?

16:24
Alain Marleix

En l'état, sans doute pas, parce que ce texte, il est totalement anachronique. On ne parle pas de méthanisation, on ne parle que d'éoliennes, on ne parle pas du nucléaire. On a toujours une programmation pluriannuelle de l'énergie qui suppose à faire le tour de 12 centrales.

16:39
Invité

Emmanuel Macron a annoncé le nouveau EPR.

16:42
Alain Marleix

C'est un projet de loi sur les énergies renouvelables. Ils annonçaient quand en février ? Vous savez au quel moment nous sommes. Là, c'est un texte sur les énergies renouvelables. Absolument rien. Vous avez toujours une direction de la déconstruction EDF. Donc, moi, j'attendrai qu'il n'y ait plus de direction de la déconstruction EDF pour faire confiance à M. Macron en matière énergétique. 8h50. Le fil Info, Maureen Suignard,

16:59
Présentateur

on poursuit dans un instant avec vous. Olivier Marlex.

17:02
Invité

Emmanuel Macron veut enclencher au plus vite la réforme des retraites. Le chef de l'État défend une entrée en vigueur dès l'été prochain en utilisant le projet de loi de finances de la sécurité sociale qui doit être débattu dès cet automne. L'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de départ sont sur la table. Une augmentation des cas de Covid de 33% en une semaine, reprise épidémique importante et qui peut être liée à la rentrée des classes. 17 000 cas détectés chaque jour en moyenne. Le variant dominant est moins virulent mais 13 000 malades restent tout de même hospitalisés en France.

Des affrontements de grande ampleur ce matin à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Des canons, des drones utilisés. Le premier ministre arménien dénonce une agression de son voisin qui cherche à entrer sur son territoire. Il y a deux ans, six semaines de combat ont fait plus de 6 000 morts. Ce sont les Oscars de la télévision, les Emmy Awards. Succession est élue meilleure série dramatique. La série sud-coréenne Squid Game décroche de son côté un prix avec le meilleur acteur pour son interprète principal. France Info

18:08
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Le 8.30 France Info

18:13
Invité

aujourd'hui avec Olivier Marlex, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Une convention citoyenne sur la fin de vie en octobre. C'est ce qu'a annoncé Emmanuel Macron. L'objectif, c'est d'aboutir à une nouvelle loi en 2023, l'année prochaine. Et le Comité National d'éthique doit rendre son avis ce matin. Est-ce que vous êtes d'accord ? Il faut faire évoluer cette loi ?

18:31
Alain Marleix

Non, ce que je regrette d'abord, c'est qu'on propose déjà de faire évoluer la loi alors qu'on n'a aucun bilan de la loi Leonetti. Le ministre de la Santé, M. Véran, en 2021, a dit à l'Assemblée Nationale qu'effectivement, il manquait d'éléments d'appréciation et donc qu'on soit déjà dans l'étape d'après. Je pense qu'on est quand même dans une démarche qui en réalité est assez militante sur ce sujet. Je voudrais vous... C'est un sujet évidemment éminemment grave. Je voudrais vous livrer une expérience.

J'ai rencontré il y a cinq mois les parents de deux enfants, deux petits garçons, Noah et Alexis, 11 ans, 14 ans, handicapés, très lourdement handicapés, une maladie neurodégénérative qui crée chez eux des AVC en cascade. Et ces deux pauvres enfants étaient aujourd'hui en fauteuil roulant, même plus qu'en fauteuil roulant, totalement allongés, avec plus de toute autonomie et de grandes difficultés à communiquer. Le petit garçon, l'un des deux, ne réagissait plus qu'à des caresses de son papa sur sa joue par un vague sourire. ces parents, ils n'ont pas d'autre choix que l'amour. Pour ces enfants, la question ne se pose même pas.

Et je crois vraiment que c'est quand même ce qui doit nous inspirer. Ce qui fait notre humanité, c'est notre empathie les uns envers les autres. Et donc, je ne crois pas que les lois arriveront à... Enfin, toutes les lois n'épuiseront jamais la question de la mort, la question de la souffrance, parfois immense, des malades.

20:14
Présentateur

Mais c'est parfois aussi un geste d'amour d'aider quelqu'un à partir.

20:19
Alain Marleix

Mais ça, la loi Lennetti le permet, déjà en grande partie. Donc, ne laissons pas croire que ce sujet, il serait simple, au point, que cette question de l'euthanasie serait un sujet simple, au point de pouvoir faire adopter une évolution par référendum auquel on répondrait par oui ou par non. Moi, je regrette que ce moment ne soit pas déjà allé au terme de la loi Lennetti. Aujourd'hui, on n'a pas suffisamment d'équipe de soins palliatifs. Tous les professionnels vous le disent. Pourquoi vouloir déjà aller plus loin ?

20:52
Présentateur

On a interrogé il y a une vingtaine d'années, une quinzaine d'années, les Français sur un traité constitutionnel européen qui faisait 1500 pages. De mémoire, la réponse était oui ou non. Oui, mais on a vu le résultat d'ailleurs. Vous pensez que les Français ne sont pas assez matures aujourd'hui pour pouvoir, avec les doutes que vous venez d'émettre là, avec les hésitations qu'on peut avoir chacun sur ce thème qui est une question intime, répondre à la question posée.

21:13
Alain Marleix

On ne peut pas se faire confiance. Très clairement, je pense qu'on est dans des situations, encore, je ne dis jamais à quel point elles sont douloureuses, parfois de douleurs physiques, pour les gens qui souffrent même, pour les malades, toujours pour l'entourage. Je pense qu'aujourd'hui, on a des outils qui permettent de régler les choses au cas par cas. Et cette espèce de... Aujourd'hui, l'aspiration à mourir dans la dignité, elle est normalement satisfaite par la loi ce qu'on propose de faire, c'est une espèce de rupture qui est de pouvoir soit accompagner le suicide à un moment où la personne n'est pas nécessairement malade, n'est pas nécessairement en fin de vie.

Donc, on est en train de changer de registre. Ça, ce serait le suicide assisté.

21:59
Présentateur

C'est a priori pas la solution qui sera proposée aujourd'hui. Je ne suis pas certain.

22:03
Alain Marleix

Convention citoyenne, très sincèrement, quand on regarde le destin de la Convention citoyenne sur le climat, je ne suis pas convaincu que ce soit le bon modèle. On ne touche pas à la loi, pas de convention et pas de référendum. On évalue déjà la loi avant de la changer. C'est ce que les Français réclament sur tous les sujets. On se moque en permanence du Parlement et des gouvernements qui légifèrent sans cesse, mais évaluons déjà le résultat de la loi de l'anéthi avant d'aller plus loin.

22:28
Invité

Sur un tout autre sujet, Aurélien Pradier, le secrétaire général des Républicains, a officialisé hier sa candidature pour la présidence de votre parti. Il rejoint Éric Ciotti et Bruno Rotaillot. Gilles Plattray, aussi le vice-président des Républicains, y pense que des hommes. Ce n'est pas un problème ?

22:44
Alain Marleix

Je ne suis pas responsable. Je suis vraiment désolé dans les choix des candidats. C'est peut-être un indicateur d'un problème de ces élections internes qui fait qu'à un moment on peut se poser la question de savoir s'il n'y a pas quelque part, c'est une hypothèse que je formule, je ne suis pas affirmatif, il n'y a pas un peu de jeu d'égo dans tout ça. Peut-être que les hommes, pardon, de cette distinction de genre, mais peut-être que parfois les hommes ont des questions d'égo qui se posent un peu plus. Les hommes se posent moins de questions avant d'y aller.

23:13
Invité

La seule femme qui a voulu se présenter Virginie Calmel s'est écartée parce que pas à jour des cotisations.

23:19
Alain Marleix

C'est mieux quand on brigue la présidence d'un parti politique d'en être un adhérent.

23:24
Invité

Vous avez déjà fait votre choix parmi eux ?

23:27
Alain Marleix

En tant que président de groupe avec, il faut le constater maintenant, deux députés qui sont candidats, difficile de choisir. Ce que je voudrais une fois encore, c'est qu'on ne surjoue pas les différences, qu'on fasse preuve d'un peu d'humilité. On a fait 4,78% l'élection présidentielle. On ne parle pas du parti du score de Mme Eva Joly ou d'un petit candidat souverainiste. On parle de la droite républicaine qui a eu cinq présidents de la République sous la Ve République. Ça doit nous amener à beaucoup d'humilité, de modestie. C'est la demande que je fais à nos candidats.

C'est qu'ils n'oublient pas que tout ça ne passionne pas pour l'instant forcément les Français qui ont beaucoup d'autres préoccupations.

24:08
Invité

Si Éric Ciotti prend les rênes du parti, les centristes avec Hervé Morin décident de prendre la porte.

24:14
Alain Marleix

Les centristes sont déjà en dehors des Républicains donc ça ne changera pas grand-chose.

24:17
Invité

Vous leur dites bon vent ?

24:18
Alain Marleix

Non, les centristes c'est une formation voisine des Républicains.

24:21
Invité

C'est vos partenaires ?

24:22
Alain Marleix

On verra ce qu'ils feront. Entre partenaires on ne fait pas de chantage de ce genre. On se respecte. Et une fois encore ne surjouons pas les différences entre les uns et les autres. Tout ça me paraît... Dans plusieurs pays d'Europe

24:36
Présentateur

aujourd'hui Olivier Marlex il y a des alliances entre la droite dite républicaine et l'extrême droite. Je pense à la Suède ces derniers jours à l'Italie dans quelques jours. Est-ce que la même chose est possible en France ?

24:46
Alain Marleix

Moi ce qui m'intéresse c'est plutôt ce qui explique le succès de l'extrême droite dans tous ces pays-là. Et notamment c'est quoi en Suède ? Qu'est-ce qui fait que la Suède le modèle social-démocrate pendant des décennies est devenu un pays qui est aujourd'hui si éruptif et capable d'un vote pour une formation d'extrême droite ? C'est la question notamment d'une immigration absolument pas maîtrisée. Et donc ça engage le gouvernement à arrêter de procrastiner sur un texte sur l'immigration. Il y a sans doute une majorité aujourd'hui en France à l'Assemblée nationale pour voter un texte un peu courageux en matière d'immigration de maîtrise de l'immigration. D'un mot

25:32
Présentateur

si vous le permettez est-ce que vous seriez aller déjeuner avec Éric Zemmour comme l'a fait Nicolas Sarkozy il y a quelques jours ? D'un mot. Je ne suis pas dans la situation

25:39
Alain Marleix

de Nicolas Sarkozy il n'est pas dans la mienne. Nicolas Sarkozy n'est plus un homme politique engagé. Vous le ferez ou pas ? Pardon ?

25:50
Présentateur

Vous irez déjeuner

25:51
Alain Marleix

à l'invitation d'Éric Zemmour ? Moi je suis une fois encore dans cette situation-là je vous ai dit. Non mais si vous comptez de déjeuner avec lui vous y allez ou pas ? J'entends Éric Zemmour dire beaucoup de mal des Républicains. Je ne sais pas si tout le mal qu'il a dit en disant que les Républicains n'avaient rien fait depuis dix ans sur l'immigration. Depuis dix ans nous ne sommes pas au pouvoir. Je ne sais pas si ces amabilités il les a dites ou il a même dit depuis quinze ans il les a dites à Nicolas Sarkozy.

26:15
Présentateur

Merci Olivier Marlex

26:16
Alain Marleix

chef de file des Républicains à l'Assemblée nationale invité ce matin de France Info. Bonne journée à vous.