Sécurité : les maires en première ligne
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et l'actualité dans nos régions, c'est Emmanuel Macron qui est en déplacement aujourd'hui à Dunkerque sur le site d'ArcelorMittal. Bonjour Aurélien Vurli, merci beaucoup d'être avec nous, journaliste à RCF Hauts-de-France. Emmanuel Macron est donc à Dunkerque sur l'un des sites d'ArcelorMittal. Quel est le programme prévu ? Et on a du mal à vous entendre Aurélien. Merci Aurélien, on reviendra vers vous un petit peu plus tard. On va regarder ce qu'il y a à la une de la presse régionale avec vous, Guillemette. Et on commence par la loi Duplon, de retour à l'Assemblée. Et Laurent Duplon, le sénateur, défend sa version du texte.
Oui, et c'est dans l'éveil de la Haute-Loire. Alors Laurent Duplon qui estime que la réintroduction des deux insecticides néonicotinoïdes est vitale pour certaines filières comme la betterave, la noisette, la pomme ou encore la cerise. Parmi ces arguments, la balance commerciale alimentaire de la France, devenue déficitaire en 2025. Laurent Duplon qui a tiré les leçons de la censure du Conseil constitutionnel. Cette fois, le texte précise la durée d'utilisation des molécules, les filières concernées et les méthodes d'utilisation. Dans un tout autre registre, Guillemette, lire l'heure serait-il un savoir en voie de disparition ? Eh bien, c'est le Parisien qui pose cette question.
Alors, il s'agit normalement d'un savoir qu'on apprend à l'école primaire. Mais à l'heure, des montres numériques, de plus en plus d'élèves ne savent pas lire les horloges. Ce sont les professeurs qui s'en étonnent en salle d'épreuve, obligés de faire les horloges parlantes lors des examens. Une lacune qui révèle aussi des faiblesses en mathématiques. Car lire l'heure, selon le quotidien, c'est aussi faire du calcul mental en permanence.
Allez, on va tenter de retourner à Dunkerque. Aurélien Vurli, j'espère qu'on vous a retrouvés, qu'on vous entend mieux. Journaliste à RCFO de France, on le disait. Aurélien Emmanuel Macron qui est donc duke à Dunkerque aujourd'hui sur l'un des sites d'ArcelorMittal. Qu'y a-t-il de prévu lors de cette visite ?
Le chef de l'État doit annoncer une électricité moins chère garantie pendant 18 ans dans le cadre d'un contrat avec EDF, des droits de douane et des quotas d'importation pour protéger l'acier européen. Et la confirmation et les conditions d'une construction d'un four électrique sur le site de Dunkerque. C'est ce que le chef de l'État devrait annoncer, Aurélien. Une des annonces les plus scrutées concerne la construction d'un four électrique visant à remplacer les hauts fourneaux très polluants. Le site Dunkerque fait partie des 50 sites industriels français les plus émetteurs de gaz à effet de serre.
Autre annonce très scrutée, les aciéristes français et européens sont en concurrence avec la CESATIC. Emmanuel Macron doit rappeler aujourd'hui que l'Union européenne met en place des droits de douane, un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières qui est entré en vigueur en janvier. Et le Parlement européen a voté un quota d'importation pour protéger l'acier européen. Sur le site d'ArcelorMittal qui embauche près de 3 800 personnes autour de Dunkerque et à Mardik, c'est toujours dans le nord, le géant de l'acier français est dans la tourmente depuis l'annonce d'un large plan social visant à supprimer près de 600 emplois partout en France.
Plan social qui a d'ailleurs été accepté par la majorité des syndicats, sauf la CGT, représentant majoritaire des employés dans l'usine, qui conteste devant le tribunal administratif la légalité de ce plan social, ce sauvegarde de l'emploi, aujourd'hui rabaissé à 220 suppressions d'emplois. C'est dans ce contexte social tendu que le discours du président de la République sera prononcé. Chaque mot seront décortiqués. La CGT a déjà fait savoir qu'elle n'était pas rassurée par les sujets que doit aborder Emmanuel Macron. « Je veux des actes concrets, que des camions entrent avec des parpaings pour réaliser le projet de décarbonation », explique avec force Gaëtan Lecoq, le leader de la CGT.
Il redoute que rien ne se concrétise alors qu'il voit l'usine sombrer depuis 4 ans. Ce sont ses mots. La CFDT, elle, a décidé de boycotter la visite d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, un choix dénoncé par le ministre de l'Industrie ce matin sur TF1. Sébastien Martin dénonce la politique de lâcher de vide pratiquée par le syndicat réformiste.
Merci beaucoup. Merci Aurélien Verli d'avoir été avec nous, Emmanuel Macron, qui est donc du côté de Dunkerque aujourd'hui. Merci Aurélien. C'est l'heure d'ouvrir notre page consacrée aux municipales. Dans quelques instants, notre débat sur le thème de la sécurité. Faut-il donner plus de pouvoir aux police municipale ? Comment lutter contre le narcotrafic ? Débat entre deux sénateurs. Mais d'abord, les dernières infos de la campagne guillemette. Et on commence à Nice avec un ralliement surprise. C'est l'écologiste Jean-Marc Governatori qui rejoint Éric Ciotti, qui tente de ravir la mairie à Christophe Estrosi.
Oui, Jean-Marc Governatori qui avait initialement prévu de se présenter. C'est un accord inédit, presque historique, pour privilégier l'avenir de Nice. C'est félicité Éric Ciotti, président Udéler, vous savez, allié au RN. Et de son côté, celui qui a été candidat à la primaire des écologistes en 2022 se justifie. Je suis à un âge où je me fous de l'étiquette. Assure-t-il à 68 ans ? Avant de conclure, je suis vert et ouvert.
On va en Normandie, chez Sébastien Lecornu à Vernon, où l'ex-tête de liste RN est visée par une enquête pour faux usage de faux.
Oui, il est soupçonné d'avoir falsifié un justificatif de domicile afin de pouvoir être candidat à Vernon aux élections municipales. C'est ce qu'a indiqué hier le procureur d'Evreux. Le maire de Vernon avait porté plainte, début février, pour une attestation d'assurance habitation suspecte. La banque censée l'avoir délivrée avait confirmé qu'il s'agissait d'un faux.
On va à Nîmes, un autre ralliement pour le RN, du côté de Nîmes.
Oui, hier, la conseillère municipale LR, Monique Boissière, a démissionné de ses fonctions. Elle annonce rejoindre la liste RNUDR menée par Julien Sanchez. Celui-ci lui a promis un poste d'adjointe en cas de victoire.
Elle en termine par Toulouse. Le maire sortant de droite, Jean-Luc Moudinck, au coude à coude, avec François Briançon, le candidat de la gauche.
Oui, vous allez le voir, c'est dans la dépêche du midi. Jean-Luc Moudinck en tête avec 34% des intentions de vote, mais talonné par François Briançon, qui récolterait 32% des voix, selon un sondage Cluster 17 pour Politico. À la troisième place, le candidat LFI, François Picmal, obtiendrait 19% des suffrages. Il serait donc qualifié pour le second tour. Cela fait 50 ans que Toulouse, pourtant à gauche, à la présidentielle, aux législatives et aux européennes, élit un maire de centre-droit, mis à part entre 2008 et 2014.
Merci beaucoup, merci Guimet pour ces infos de campagne. C'est à lire, évidemment, dans la presse régionale. On va continuer à parler des municipales et de la sécurité. Le Sénat qui va voter cet après-midi un texte pour renforcer les pouvoirs des polices municipales. On en débat dans quelques instants avec la rapporteure du texte, Jacqueline Osteche-Brignot, le sénateur socialiste chef de file, Hussein Bourgi. Mais d'abord, on va parler du narcotrafic. Autre question de sécurité. Et on va regarder notre reportage en région. C'est une ville de 37 000 habitants en périphérie de Grenoble, régulièrement marquée par les règlements de compte sur fonds de narcotrafic.
À Echirol, la mer sortante brigue un nouveau mandat. Mais le thème de la lutte contre les trafiquants et leur emprise sur la ville écrase tous les autres sujets. Reportage signé Fabien Réca.
Départ de patrouille pédestre, secteur centre-ville.
C'est une patrouille de routine pour ces agents de la police municipale d'Echirol. Dans cette ville de l'agglomération grenobloise, connue pour être en proie au narcotrafic, il s'agit d'occuper au maximum le terrain.
On effectue des passages, on sécurise les sorties d'école en zone sensible. On fait éteindre les bras zéro qui, malheureusement, sont liés certainement et probablement à une activité de narcotrafiquants.
Si ces policiers municipaux veillent comme ils le peuvent à la tranquillité des habitants, la lutte contre les narcotrafiquants ne relève pas de leurs compétences, mais de celles de l'État.
C'est un des courriers de réponse d'Emmanuel Macron. C'est un des courriers de réponse de Bruno Retailleau.
Depuis plusieurs années, la maire communiste Amandine Demors demande justement à l'État un commissariat de plein exercice pour Echirol, dans une agglomération déjà sous-dotée en policiers et marquée par les règlements de comptes sur fonds de trafic.
Je souhaite le retour de la police de proximité, parce qu'aujourd'hui, ils œuvrent en sous-effectifs. On a une police qui est d'intervention, qui n'a pas le choix, d'autre choix que d'être une police d'intervention. Et moi, je souhaite qu'on ait des moyens dédiés au territoire en nombre.
Dans sa lutte contre les trafiquants, Madame la maire a tout de même obtenu une victoire. La fermeture en 2024 par un arrêté de cet immeuble situé en plein centre-ville qui servait de plaque tournante pour les dealers.
On vivait une situation en plein cœur du centre-ville d'Echirol, qui était juste plus possible, avec des tirs d'armes à feu au petit matin, on a eu un blessé par balle.
À Echirol, le thème de la lutte contre le narcotrafic écrase tous les autres dans la campagne pour l'élection municipale.
Bonjour mesdames, Laetitia Rabhi, je suis la tête de liste Vivre Unis à Echirol. À toute proximité des écoles d'Echirol, il y a des points de deal, des points de deal qui ne sont pas démantelés.
Investie entre autres par le PS et Place Publique, Laetitia Rabhi a choisi de rompre l'alliance entre socialistes et communistes à Echirol, critiquant l'action de la maire dont elle est pourtant encore l'adjointe.
Dans une ville qui est devenue hors de contrôle, les moyens doivent être mis et ils doivent être mis de façon conséquente. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Notre liste propose, dès 2026, par un redéploiement des priorités budgétaires, de mettre 500 000 euros de plus sur la sécurité.
En plus de la maire sortante, Laetitia Rabhi affrontera un candidat LFI allié aux écologistes, une division à gauche dont veut tirer profit le candidat du Rassemblement national. A seulement 21 ans, Enzo Billon vit sa première campagne, axée à fond sur le thème de l'insécurité.
Juste derrière, si vous allez derrière les bâtiments-là, vous aurez un point de deal. Et les points de deal sont un petit peu partout, même en plein centre-ville d'Echirol. Il n'y a aucun quartier qui est épargné aujourd'hui à Echirol par le narcotrafic. La maire a des pouvoirs de police administrative qui sont importants, et une police municipale qui est largement sous-effectif aujourd'hui et qui ne permet pas de faire reculer ce narcotrafic à Echirol. Donc oui, Mme Demand est une très bonne communicante, mais aujourd'hui sur le terrain et dans la réalité du quotidien des Echirolois, on ne voit pas forcément d'amélioration au sujet du narcotrafic.
Face à ces détracteurs, Mme la maire rappelle ses investissements pour déployer la vidéosurveillance dans la ville. Amandine Demand, qui a vu son véhicule incendié dans la nuit du 12 au 13 janvier. Pour l'élu, il s'agirait bien d'une tentative d'intimidation de la part des narcotrafiquants.
– Et on va en parler avec vous, bonjour Jacqueline de Sage-Brignot. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous, sénatrice à l'air du Val-d'Oise. Vous êtes rapporteur du texte sur les polices municipales dont on va parler dans quelques instants. Bonjour Hussène Bourget. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous, sénateur socialiste de l'Hérault. Vous êtes chef de file du PS sur ces questions. On a vu ce reportage à Echirol dont la maire a été intimidée. Est-ce que c'est la preuve de l'emprise du narcotrafic aujourd'hui sur les élus, sur les élections municipales, Hussène Bourget ?
– C'est la preuve de ce que nous voyons au quotidien dans beaucoup de villes de France, à savoir qu'il y avait des gens qui vivaient de leur trafic, du narcotrafic, disons les mots, et depuis que les pouvoirs publics, l'État, puis les maires, les maires et l'État, ont décidé de combattre ce fléau, ils se rebiffent, ces gens se rebiffent, et donc multiplient les intimidations, les menaces, les intrusions dans les réunions publiques actuellement organisées par certains candidats pour les élections municipales. Mais nous ne devons pas faiblir, nous devons mener le combat, nous devons mener la lutte contre le narcotrafic. Il en va de l'ordre public, il en va de l'ordre républicain.
C'est une question de salut.
– On avait Laurent Nunez, notre invité Jacques-Lénossage Brignot, qui disait qu'il était vigilant sur l'ingérence des narcotrafiquants sur la campagne des municipales, mais qu'il n'avait pas pour le moment de remontée de faits concrets. – Est-ce qu'il faut s'en inquiéter ? Est-ce qu'il y aura une ingérence, un impact de ces narcotrafiquants sur les élections dans cinq semaines ?
– Je ne sais pas si on peut parler d'ingérence, mais de l'intimidation, je pense qu'il y en a dans les territoires. On voyait, cette maire a eu sa voiture brûlée, ce n'est pas par hasard non plus. Donc aujourd'hui, en fait, on assiste à quelque chose d'extrêmement inquiétant qui n'existait pas il y a une dizaine d'années, c'est la place qu'ils prennent pour pouvoir assumer ce qu'ils sont, là où ils sont, en intimidant tout le monde. Ils intimident et ils menacent d'abord les concitoyens et maintenant les élus. Alors je ne suis pas sûre qu'il y ait de l'ingérence, mais qu'il y ait de l'intimidation, ça j'en suis certaine.
Alors nous, dans les grosses agglomérations, on le dit de France, on connaissait déjà un peu ça, moi je l'ai connu personnellement, donc je sais de quoi je parle, c'était il y a plus de dix ans, mais aujourd'hui c'est un peu partout, je veux dire, ils se considèrent comme des chefs de gang quelque part.
– Quand vous dites juste personnellement, Jacques Nostadjoigno, ça veut dire que vous, vous avez été menacée par des gens ?
– Ah non, j'étais agressée carrément, il y a douze ans ou treize ans, dans ma propre commune, oui, manchette dans le cou, plaquée au sol, donc je sais de quoi je parle. Mais ce que je veux dire, voilà, et c'était, nous en Ile-de-France, dans les grosses agglomérations, on avait déjà des intimidations, ça existait déjà. Aujourd'hui, ça existe partout. Et dans les municipales, moi je pense qu'il y a des maires qui doivent probablement se poser des questions, faire attention quand on voit que ces trafiquants se sont appropriés l'espace public. Parce que le problème, il est là, c'est qu'ils se sont appropriés l'espace public. Donc c'est, nous sommes chez nous, en fait.
Donc c'est ça qui est très inquiétant.
– Est-ce que la loi, vous avez voté, une loi il y a quelques mois pour lutter contre le narcotrafic qui donne de nouveaux outils, est-ce qu'elle est suffisante ? Ou est-ce que les narcotrafiquants, ils s'adaptent, ils se renforcent et finalement les outils seront toujours insuffisants, ils ont un temps d'avance ?
– La loi, elle est beaucoup trop récente pour dire est-ce qu'elle est suffisante ou elle ne l'est pas. Tout à l'heure, vous posiez la question de l'ingérence. L'ingérence, aujourd'hui, elle se manifeste de la manière suivante. Les narcotrafiquants se comportent comme des groupes de pression, incitant les uns à s'inscrire sur la liste électorale, donnant des consignes de vote contre tel ou tel maire qui empêchent leur business. Disons les choses très clairement. Et donc c'est la raison pour laquelle l'ingérence, telle qu'on peut aujourd'hui l'évoquer, c'est une ingérence qui est beaucoup plus subtile, qui se manifestera vraisemblablement à l'approche du scrutin.
Pour le reste, oui, naturellement, les narcotrafiquants s'adaptent, contournent les règles, contournent les interdits. C'est la raison pour laquelle nous devons être vigilants, nous devons être en veille permanente, en lien avec les services de l'État pour adapter nos outils et nos dispositifs.
– Jacqueline de Stagerignot, est-ce qu'il faut aussi poser la question des consommateurs ? Emmanuel Macron annonce un renforcement de l'amende délictuelle. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce qu'il faut encore plus pénaliser ces consommateurs ?
– Moi, je pense qu'on ne parle pas assez de ce sujet, voilà. Quand on… Le trafic de drogue, il est lié à des consommateurs, c'est évident. Le problème, c'est qu'on ne parle pas de ce sujet, on ne parle pas de la santé. Il n'y a pas de campagne qui est faite sur ce sujet. Bon, je veux bien qu'on mette l'amende de l'AFD plus importante. – Ce n'est pas la réponse. – Mais ce n'est pas la réponse. D'abord, oui, aujourd'hui, c'est interdit, donc c'est interdit. Mais c'est interdit, pourquoi ? Parce que ce n'est pas bon, parce que, excusez-moi l'expression un peu vulgaire, c'est dégueulasse pour la santé.
– Vous pensez que les consommateurs, ils ne le savent pas, que ce n'est pas bon ?
– Je pense qu'ils ne le savent pas. Je pense qu'ils ne le savent pas. Je pense que dans nos banlieues, les petits pétards qui circulent ne sont pas vraiment les petits pétards des années 80, d'accord ? Et que si on avait l'honnêteté de fournir les analyses toxicologiques de ces pétards, vous verriez ce qu'il y a dedans. Donc, il n'y a aucune campagne qui est faite sur ce sujet. Mais ça fait des années, ça fait des années. Il y a l'aspect moral de la société, mais il y a l'aspect santé. Donc, on n'en parle pas.
Pourquoi aujourd'hui, dans nos quartiers, on a des gamins qui sont pratiquement des caps psychiatriques au bout de 3 ou 4 années de consommation, mais parce qu'ils fument de la cochonnerie ? On n'avait pas ça il y a quelques années. Il y a donc tout ça derrière. Oui, il y a un problème de santé. Oui, il y a un problème de consommation. Oui, il y a un problème de consommateur. – Donc, c'est un vrai sujet.
– Plus sur la répression et la santé que sur la répression ?
– Bien sûr, il faut faire répression, ça, je n'ai aucun sujet. C'est un interdit, c'est un interdit. Et il faut le faire, parce que je veux dire, dans nos quartiers, c'est bien ça qui se passe. Les consommateurs sont quand même ceux qui fournissent l'argent aux trafiquants. Donc ça, il n'y a pas de sujet. Mais en même temps, ça n'empêche pas de parler d'un problème de santé publique. Vraiment, il y a un problème de santé publique derrière. Et voilà, ce n'est pas anodin de consommer, de sniffer la cocaïne à haute dose et de fumer des pétards qui sont vraiment du poison, en fait, sincèrement. Donc ça, je pense que c'est important de le faire. Mais rien n'exclut, évidemment, la répression.
– Céline Bourgier, un dernier mot là-dessus.
– Effectivement, la répression, elle y est. Il faut continuer à la déployer. En revanche, sur la question de la prévention, je rejoins Jacqueline Eustache-Brignot. Aujourd'hui, j'appelle de mes voeux une grande campagne d'information sur les dangers, sur la toxicité. Vous savez, ça commence toujours, pour les adolescents, par la consommation de protoxyde d'azote. Ensuite, on bascule le protoxyde d'azote vers le shit. Et progressivement, on bascule dans la cocaïne et les drogues dures. Et donc, vous avez, dès le collège, dès le lycée, des enfants, parce que ce sont encore des enfants, qui sont en échec scolaire. Et qui ont une humeur qui est assez cyclotimique.
Qui ont des comportements, parfois, qui sont imprévisibles. Et donc, on les retrouve désœuvrés. Et ce sont eux qui vont être les premiers consommateurs de ce qu'on appelle le shit. Et progressivement, ils vont devenir accros. Et ils vont vouloir tester autre chose. Et donc, c'est la raison pour laquelle, moi, j'appelle de mes voeux une campagne d'information, de prévention, de sensibilisation. Donc, donnons la parole aux addictologues, donnons la parole aux médecins et disons aux Françaises et aux Français, voici les conséquences de ces produits sur votre cerveau, sur votre santé.
L'autre sujet de sécurité, la question des policiers municipaux. Vous allez vous prononcer cet après-midi sur un texte qui vise à donner plus de pouvoir à ces policiers municipaux. Mais que contient précisément cette réforme ? Avant d'en débattre avec vous, on voit ça avec Kasper Bunel.
Débattu depuis plusieurs jours, le texte vise à moderniser le statut des quelques 30 000 policiers municipaux et gardes champêtres à la campagne et en ville. Concrètement, si la loi est adoptée, ils pourront bénéficier de nouveaux pouvoirs jusque-là réservés à la gendarmerie et à la police nationale. Parmi ces nouvelles prérogatives, la possibilité de dresser des amendes forfaitaires délictuelles pour conduite sans permis ni assurance en cas d'usage de stupéfiants ou encore de vente à la sauvette. Ils pourront également contrôler l'identité des mises en cause, fouiller leur coffre de voiture et vérifier leurs antécédents judiciaires.
Porté par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez et largement plébiscité par la majorité sénatoriale, le texte divise une partie de la gauche. Les communistes et les écologistes dénoncent notamment un désengagement de l'État et le transfert déguisé des compétences régaliennes vers les maires des communes. Une fois examiné par les sénateurs, le texte passera par l'Assemblée nationale et pourra être définitivement adopté en avril.
Jacqueline Sajbrino, ce texte, il renforce donc les pouvoirs des polices municipales, sans trop de suspense, ils devraient être adoptés cet après-midi par le Sénat. Est-ce que ça n'acte pas, quelque part, une forme de décharge de l'État sur les maires en matière de sécurité ?
Je ne crois pas. D'abord, je voudrais juste rappeler que ce qui réglemente aujourd'hui la police municipale, c'est un texte de 1999. Et la France de 1999 et la France de 2026, on peut s'accorder à dire et à poser le diagnostic, ce n'est plus la même France. Donc les polices municipales, aujourd'hui, elles sont au cœur du continuum de sécurité parce qu'elles sont là tout le temps. Elles sont sous la responsabilité du maire, mais elles sont quasiment en permanence dans les communes, dans les villages, dans les petites villes, parce que ce sont les choix des maires que de mettre cette police pour rassurer les habitants. En général, c'était ça, la mission.
Ce qui se passe aujourd'hui, c'est que dans leur vie au quotidien, ils sont confrontés à cette délingance de proximité, délingance qui bouge, délingance qui s'approprie à un certain nombre de territoires, et pour lesquels il n'y a pas vraiment d'outil de sanction. Et donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, sa question se pose. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ils sont les premiers à constater un certain nombre de méfaits ou de comportements, et ils n'ont pas d'outil pour aller plus loin que de faire des petits rappels à l'ordre au quotidien.
Donc à un moment, on va finir par se dire, ou les habitants, nos concitoyens vont finir par se dire, quel pouvoir ont-ils pour pouvoir stopper cette délinquance de proximité ? Je rappelle qu'ils restent, et l'article 1 du texte le précise bien, les polices municipales restent sous l'autorité du maire, et sont là pour la gestion au quotidien, cette police de proximité. Ils ne sont pas là pour du maintien de l'ordre, ils ne sont pas là pour faire des enquêtes, ça c'est le rôle de la police nationale et de la gendarmerie, ils sont vraiment dans cette proximité du quotidien, mais la police nationale, la gendarmerie, a d'autres compétences complémentaires dans ce continuum. – Moussel Bourget.
– Moi je considère, et c'est la nuance que je peux avoir avec ma collègue, que l'État se décharge de plus en plus sur les communes, parce que dans un monde idéal, dans une société idéale, les communes n'auraient pas doublé, cripplé, quadruplé, quintuplé leurs effectifs de police municipale en l'espace de 20 ans. C'est parce que l'État se retire de certaines de ses missions, que ces missions-là incombent à la police municipale. Je rappelle que lorsque les polices municipales ont été créées, c'était essentiellement pour sécuriser la sortie des écoles, c'était pour sécuriser les abords des marchés et des foires, c'était pour lutter contre l'insécurité routière.
Et progressivement, l'État se retirant de certaines de ses missions, c'est la police municipale qui est venue se substituer finalement à l'État, et c'est la raison pour laquelle je voudrais dire au gouvernement, ce n'est pas parce que les maires font preuve de volontarisme, qu'ils y consacrent de plus en plus de moyens budgétaires, qu'ils donnent de plus en plus d'outils, qu'ils s'équipent en caméras de vidéosurveillance, qu'il faut que l'État considère que sa mission est finie. Aujourd'hui, les communes doivent être accompagnées par l'État. – Et c'est un risque ?
C'est-à-dire que pour vous, les polices municipales ne seront pas complémentaires des polices nationales ? Elles seront en substitut au fur et à mesure, c'est ça ?
– Pour ma part, je refuse que la police municipale devienne la force supplétive de la police nationale, de la gendarmerie nationale. Il faut que ce soit un partenariat.
– Là-dessus, je pense que tout le monde est d'accord. Est-ce que vous vous dites, ce texte, il va conduire à ça ?
– Non, c'est un point de vigilance. Je dis que ce n'est pas parce que les maires font preuve de volontarisme que le gouvernement doit poursuivre cette fuite en avant à laquelle on assiste depuis maintenant plusieurs décennies. Aujourd'hui, il manque clairement des effectifs de police nationale, de gendarmerie et de gendarmes nationaux en France. Donc moi, j'appelle vraiment l'État à se donner les moyens parce que ce sont les missions régaliennes de l'État.
Quand je vois l'État de la justice en France, quand je vois l'État de la police nationale, de la gendarmerie nationale et quand je vois tous ces risques, que ce soit le narcotrafic, la radicalisation, etc., on a besoin vraiment que l'État, soit à la hauteur et remplisse son rôle.
– Jacques-Lémy Sajouine. – Bon, on n'a pas tout à fait la même analyse des choses. Moi, je crois que nous n'avons… Moi, j'ai été maire pendant quasiment trois mandats. On n'a jamais vu, même il y a 20 ans, en permanence des policiers nationaux ou des gendarmes. Moi, j'étais en zone police, en permanence sur le territoire, dans ma commune. Ce n'est pas vrai. Il y avait des policiers qui circulaient en voiture, qui tournaient en voiture, mais je n'ai jamais vu des policiers nationaux en permanence dans ma commune, qui faisait de l'île otage. Ce n'est pas vrai aujourd'hui, ce n'était pas vrai il y a 20 ans. Pourquoi ?
Parce qu'aujourd'hui, c'est pour ça que la police municipale, aujourd'hui, elle est confrontée à quelque chose de différent. On a cette délinquance de proximité qui pourrit la vie des habitants. Et donc, qui est là aujourd'hui ? C'est la police municipale. Donc, on voit bien dans certains événements très graves qui ont eu lieu l'année dernière, les premiers sur le fait, sur le champ, j'ai envie de dire, c'était la police municipale. Ça ne veut pas dire municipale. Ça ne veut pas dire que la nationale n'arrive pas tout de suite. Donc, moi, je ne veux pas créer d'histoire entre ce qui est bien et pas bien entre la police nationale et la gendarmerie, parce qu'ils ont tous leur utilisé.
Ils font tous un travail extraordinaire. On voit bien, et mon collègue est investi sur le problème du narcotrafic, sur le narcotrafic, il y a des enquêtes aujourd'hui qui sont importantes. Qui fait ça ? C'est la gendarmerie de la police nationale. Donc, on a une société qui est confrontée à une telle violence, à un tel rejet de l'autorité en permanence, et tout le monde y apporte sa part aujourd'hui. Alors oui, on peut regretter un certain nombre de choses. On peut peut-être regretter qu'il n'y ait pas suffisamment de postes, etc. Mais enfin, on est aussi confrontés à des problèmes budgétaires importants. Donc, il faut être réaliste.
Moi, je pense qu'il ne faut pas vraiment opposer ces polices. Peut-être qu'il y a quelques années, c'est vrai qu'il y avait des problèmes de dysfonctionnement entre les deux. Aujourd'hui, on voit bien, dans nos territoires, que tout ça travaille bien ensemble, que les gens travaillent bien ensemble, respectent ceux qui sont 16 et ceux qui sont sur le terrain, et qu'à aucun moment, en tout cas, moi, j'ai l'impression, à aucun moment, ils sont aujourd'hui pris, et il a raison, mon collègue, de le dire, pour des supplétifs d'une gendarmerie ou d'un poste de police.
– Et le Sénat qui a modifié ce texte sur quelques points, parfois contre l'avis du gouvernement, ce qui laisse dire à nos normes lunettes qu'il y a peut-être un risque d'inconstitutionnalité. On l'écoute.
– Il faut faire attention que ce qui a été ajouté est bien constitutionnel. Et bien constitutionnel. Je rappelle qu'il y a eu des précédents, il y a eu des décisions du Conseil constitutionnel qui ont retoqué des textes concernant les polices municipales. Donc il faut faire attention. Ce serait dommage d'avoir une censure sur ce texte. Mais sur le principe de l'extension des délits, sur le principe, il n'y a pas d'opposition du gouvernement.
– Est-ce qu'il y a un risque d'inconstitutionnalité dans ce que vous avez ajouté ?
– D'abord, il n'a pas précisé sur quel point. Donc je ne sais pas. Nous, on a quand même travaillé très intelligemment tous ensemble. D'ailleurs, on avait fait une mission au niveau de la commission des lois transpartisane sur laquelle on avait fait un travail très intéressant avec des propositions qui, pour une partie, sont dans le texte. Donc je ne sais pas sur quel volet il parle. Il aurait dû préciser. Nous, évidemment, à la commission des lois, et Hussène en fait partie, on est quand même très attentifs à ne pas écrire n'importe quoi. Donc je ne pense pas aujourd'hui. Et j'aurais souhaité qu'il aille plus loin parce qu'il aurait fallu qu'il précise sur quel point.
Parce que tout le texte n'est pas anticonstitutionnel. – Non, sur quelques points. – Sur quelques points, mais il n'a pas précisé lesquels. – Il soutient le texte. – Oui, je sais. – Il a d'ailleurs dit qu'il soutiendrait le texte. – Oui, oui, tout à fait.
– Il y a une question qui se pose et qui vient dans le débat, et notamment à l'occasion de cette campagne municipale, c'est l'armement des policiers municipaux. Question qui se pose de moins en moins, notamment à gauche, mais quand même, il y a des maires qui ne veulent pas armer leur police municipale. Est-ce que vous les comprenez, Hussène Brangy ?
– Je respecte la décision des maires par principe. Parce que nous considérons ici au Sénat qu'il y a deux principes qu'il faut absolument respecter et sanctuariser, qui est celui de la libre administration des collectivités et celui de la souveraineté des élus. Ceci étant dit, dans mon poste d'observation de sénateur de l'Hérault, depuis quelques décennies que j'observe la société mutée et évoluée, que je vois la délinquance et l'insécurité devenir de plus en plus risquée pour les opérateurs qui interviennent, qui agissent sur le terrain, aujourd'hui, les policiers municipaux regardent, avant de postuler à une vacance de poste, si la police municipale est armée ou pas.
Parce que souvent, ce sont les policiers municipaux qui sont les premiers à arriver lorsqu'ils sont sollicités et ce sont parfois les premiers à essuyer les tirs de ceux qui sont sur place, qui sont les fauteurs de troubles. Et donc, je considère que l'armement de la police municipale est davantage un outil qui permet de rassurer les policiers municipaux, d'abord, premier objectif. Deuxième objectif, qui permet d'exercer la légitime défense. Parce que, moi, je ne me résigne pas à ce que les pouvoirs publics passent leur temps à aller se recueillir devant des cercueils de policiers, de gendarmes, et à honorer la mémoire de ceux qui sont tombés.
Je préférais qu'on leur donne les moyens de se défendre pour qu'on ait le moins de victimes de cette nature aujourd'hui en France. Parce que, je vous dis encore une fois, les règlements de compte qui gangrènent le narcotrafic, le risque en matière de radicalisation, en matière de terrorisme, et il est là. Tout le monde se souvient des attentats qui ont eu lieu à Paris, tout le monde se souvient des victimes de l'hyper-cachère du Bataclan, mais je ne voudrais pas qu'on oublie les policiers municipaux, qui faisaient leur travail, et qui ont été abattus.
Donc, c'est la raison pour laquelle, c'est une question de principe qui n'engage que moi, je suis en faveur de l'armement des polices municipales partout où les mères le souhaitent, et pour qu'on puisse les accompagner, les aîner dans cet objectif.
Jacqueline de Sajonio, vous comprenez les mères qui refusent d'armer la police municipale ?
Moi, je respecte le choix des mères, je ne partage pas cette vue. En tout cas, aujourd'hui, d'abord, il y a de moins en moins de mères qui refusent d'armer leurs policiers municipales. C'est un choix politique. Après, il faut assumer ces choix politiques quand on est maire. Les habitants et les électeurs, à un mois des municipales, acteront le fait que des maires ne veulent toujours pas armer les policiers municipales. Ce sont des gens, moi, je les respecte, mais après, il faut les assumer.
Et je pense que c'est une erreur de ne pas le faire, tout comme mon collègue, parce qu'effectivement, quand on est confronté à cette violence avec des jeunes qui sont armés, pas uniquement de pistolets, mais de couteaux, enfin, voilà, c'est quand même les exposer à des dangers importants. Donc, pour pouvoir... Il faut qu'ils aient confiance, il faut qu'ils puissent avoir les outils qui leur permettent d'assumer leurs fonctions jusqu'au bout, y compris parfois dans des situations extrêmement complexes et compliquées. Donc, voilà, moi, je suis totalement, évidemment, favorable à l'armement des policiers municipales.
Après, les maires qui se présentent aux élections la prochaine fois assumeront leur choix. C'est comme ça que ça se passe en démocratie.
– Jacqueline, ça, je ne vous pose pas la question. Vous allez évidemment voter le texte cet après-midi. – Oui. – Sainte-Bourger, est-ce que les socialistes le voteront ?
– On a la réunion de groupe ce matin pour arrêter notre opposition. – Donc, ce n'est pas acté ? – Non, mais toutes les décisions se prennent collectivement et collégialement.
– Merci à tous les deux. Merci, on suivra le vote, du coup, final, sur ce texte, ce sera cet après-midi au Sénat. Merci à tous. – Merci, merci à vous. – Merci à vous. – Merci à Jacques-Claude Stadrouniou. Merci de nous avoir suivis.
– Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour chez vous.
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Jacqueline Eustache-brinio