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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 6 juin 2023 26 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsEnvironnement & énergieEurope & international

Retraites : Y. Jadot dénonce la "dérive illibérale" du président de la République

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    On va parler de l'actualité des sénatoriales, de la réforme des retraites, mais aussi de l'Ukraine.

  • 0:34OuverteRéponse partielle

    Est-ce que la Russie qui aurait fait sauter un barrage hydroélectrique du côté de Kherson est un crime de guerre ?

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut aller plus loin aujourd'hui dans l'aide à l'Ukraine pour l'aider à mener sa contre-offensive ?

  • 2:24OuverteRéponse directe

    La bataille politique est-elle perdue pour vous concernant la réforme des retraites ?

  • 3:41RelanceRéponse directe

    Pour vous brandir l'article 40 de la part de Yannick Brunfilet, ce serait écraser le Parlement ?

  • 4:28RelanceRéponse partielle

    Mais il n'y a aussi pas eu de vote parce qu'une partie de la gauche a fait durer les débats ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:50InvitéFait
    « Ça fait cinq mois, six mois, qu'une réforme portée par le seul président de la République et son gouvernement, rejetée par les Français, très majoritairement, rejetée qu'à la quasi-unanimité des salariés. »
  • 3:16InvitéFait
    « Le président de la République a usé de tous les contournements de l'esprit de la Constitution, à écraser la démocratie sociale, veut continuer à écraser la démocratie parlementaire. »
  • 5:49InvitéFait
    « J'ai dit il y a déjà plusieurs semaines, plusieurs mois que le président de la République était dans une dérive illibérale. »
  • 6:09InvitéFait
    « Quand à un moment donné vous écrasez la démocratie parlementaire et la démocratie sociale, quand vous considérez qu'un mouvement social devient la foule, que les manifestants deviennent des factieux. »
  • 6:42InvitéFait
    « Que vous contestez l'ANSES sur la santé et l'environnement, que vous contestez la LDH et les contre-pouvoirs, que les écologistes dans le premier quinquennat, c'était les amiches. Dans le deuxième quinquennat, ce sont les éco-terroristes. »
  • 8:14InvitéFait
    « Rien, ce président et ce gouvernement n'entendent rien du rejet de l'opinion publique, de la volonté d'apaiser le pays par les Françaises et les Français, d'avoir un peu plus de justice sociale. »
  • 9:08InvitéFait
    « On a eu la Convention citoyenne sur le climat, des citoyens choisis qui s'emparent du climat, qui font des propositions à la poubelle. »
  • 11:10InvitéFait
    « Sur l'eau, la France condamnée, mise en demeure, montrée du doigt par la Commission européenne. »
  • 14:59InvitéFait
    « Le président de la République qui appelle finalement une pause environnementale. »
  • 24:02InvitéFait
    « Le LR a totalement dérivé vers l'extrême droite. »
  • 24:20InvitéFait
    « Quand vous faites des immigrés les boucs émissaires de toutes les difficultés de la France. »

Temps de parole

  • Invité84 %
  • Présentateur11 %
  • Invité 25 %

≈ 3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes député européen Europe Écologie-Les Verts, ancien candidat à la présidentielle et futur candidat au sénatorial. Merci d'être avec nous. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane. Bonjour. On va évidemment parler de l'actualité des sénatoriales, de la réforme des retraites, mais on a appris il y a quelques instants ce qui s'est passé en Ukraine. Yannick Jadot et la Russie qui auraient fait sauter un barrage hydroélectrique du côté de Kherson. Volodymyr Zelensky, en tout cas Kiev, dénonce un crime de guerre.

Est-ce que c'est aussi ce que vous dites ?

0:40
Invité

Écoutez, il faut attendre. On a effectivement cette information. C'est potentiellement dramatique. C'est une centrale hydroélectrique, donc c'est la fourniture d'électricité. C'est potentiellement un drame écologique. C'est aussi, d'après ce qu'on comprend, une infrastructure qui permet le refroidissement de la centrale nucléaire de Zaporizhia. On sait à quel point elle est en permanence menacée. Donc on attend. Mais effectivement, dans cette guerre, les crimes sont commis par l'armée russe, qui ne résistent à aucune, j'allais dire, valeur morale, éthique. On connaît les crimes de guerre et c'est potentiellement un autre crime de guerre.

1:29
Présentateur

Est-ce qu'il faut aller plus loin aujourd'hui dans l'aide à l'Ukraine pour l'aider à mener sa contre-offensive ?

1:33
Invité

On est, je pense, qu'on fait ce qu'il faut aujourd'hui. On sait la difficulté, notamment en matière de munitions. C'est un des enjeux. Les chars arrivent en Ukraine. C'est une bonne chose. Vous savez que les écologistes, dans cette guerre, n'ont jamais hésité. Dès le premier jour, nous soutenons la résistance ukrainienne. Nous soutenons sur le continent européen tous les efforts pour que l'invasion russe soit stoppée, que la Russie quitte l'Ukraine. Et puis évidemment que les crimes contre l'humanité qui ont été commis, les crimes de guerre, soient évidemment mis devant la justice, que les responsables de ces crimes soient mis devant la justice, y compris Vladimir Poutine.

2:20
Présentateur

– L'actualité aujourd'hui, c'est cette nouvelle journée de mobilisation, 14e journée de mobilisation contre la réforme des retraites, alors que le décret portant la retraite à 64 ans est paru ce week-end au journal officiel. Est-ce que la bataille politique est perdue pour vous ?

2:32
Invité

– Non. Non, elle n'est pas perdue. Je pense qu'elle est d'abord perdue pour la France, puisque c'est une terrible histoire de la démocratie française. Ça fait cinq mois, six mois, qu'une réforme portée par le seul président de la République et son gouvernement, rejetée par les Français, très majoritairement, rejetée qu'à la quasi-unanimité des salariés, qui n'aura finalement peut-être jamais été votée, jamais été votée par l'Assemblée nationale, peut se mettre en place. Le président de la République a usé de tous les contournements de l'esprit de la Constitution, à écraser la démocratie sociale, veut continuer à écraser la démocratie parlementaire.

Moi, j'ai un appel ce matin à la présidente de l'Assemblée nationale. Est-ce qu'elle veut marquer l'histoire en défendant le Parlement, en défendant la démocratie parlementaire, ou est-ce qu'elle participera à écraser le Parlement qu'elle préside ? C'est la question qui est la sienne aujourd'hui.

3:41
Présentateur

– Pour vous brandir l'article 40 de la part de Yannick Brunfilet, ce serait écraser le Parlement ?

3:45
Invité

– Bien sûr, bien sûr. Vous vous rendez compte que… Enfin, on est quand même… Ce sujet, cette réforme, a été au cœur de l'actualité politique depuis six mois. Depuis six mois, vous avez les Français qui s'y opposent, qui manifestent, qui se mobilisent avec des manifestations énormes et soutenues, pas simplement énormes dans la rue, énormes dans le soutien de l'opinion publique. Cette loi, encore une fois, les 64 ans jusqu'à maintenant, n'ont jamais été votées à l'Assemblée. Il n'y a pas eu de vote sur les 64 ans. Il y a l'opportunité d'un vote. Ça s'appelle la démocratie.

4:28
Présentateur

– Mais il n'y a aussi pas eu de vote parce qu'une partie de la gauche a fait durer les débats ?

4:32
Invité

– Écoutez, moi, je regrette qu'effectivement, à ce moment-là, l'article 7 n'ait pas été voté. Mais la réalité, c'est qu'il n'y a jamais eu de vote et qu'aujourd'hui, c'est une obstruction du gouvernement, c'est une obstruction de la majorité qui empêche, en fait, l'Assemblée du peuple de s'exprimer. C'est absolument dramatique. Et là, on voit, si vous voulez, on a quand même un président de la République qui, en 2017, a été élu sur une forme de renouveau démocratique, de renouveau de la méthode pour présider ce pays. Beaucoup pensaient voter pour Rocard ou Mendès France en disant « ça va être de nouveaux compromis ». On casse un peu les systèmes politiques conservateurs.

Non seulement le président de la République a cassé les partis politiques, mais il est en train d'abîmer nos institutions, il est en train d'abîmer la démocratie. Peut-être certains pensaient élire Rocard ou Mendès France. Ils ont élu Giscard pour l'arrogance et Sarkozy pour la brutalité. Vous êtes raccord avec les propos de Jean-Luc Mélenchon dans l'entretien qu'il a donné à 20 minutes dimanche. Jean-Luc Mélenchon qui dit « avec M. Macron, nous ne sommes plus vraiment en République, c'est certain, mais nous sommes aussi en train de sortir du cadre de la démocratie ». J'ai dit il y a déjà plusieurs semaines, plusieurs mois que le président de la République était dans une dérive illibérale.

Alors attention, je ne dis pas qu'on est en Pologne et qu'on est en Hongrie, mais quand à un moment donné vous écrasez la démocratie parlementaire et la démocratie sociale, quand vous considérez qu'un mouvement social devient la foule, que les manifestants deviennent des factieux. Quand vous commencez à contester ce qu'a fait ce gouvernement, le corps, donc l'organisme a plusieurs acteurs qui définit la trajectoire sur le système des retraites. Que vous contestez l'ANSES sur la santé et l'environnement, que vous contestez la LDH et les contre-pouvoirs, que les écologistes dans le premier quinquennat, c'était les amiches. Dans le deuxième quinquennat, ce sont les éco-terroristes.

Que vous criminalisez... Un faisceau d'action et d'expression... Un faisceau d'action et d'expression qui renforce l'autoritarisme, qui consiste à disqualifier en permanence et à combattre les contre-pouvoirs, ça s'appelle une dérive illibérale. Et donc c'est extrêmement dangereux pour la démocratie, surtout qu'à la fin, quand vous allez au bout de l'libéralisme, c'est l'extrême droite. – Juste sur la réforme des retraites telle que vous l'avez évoqué, six mois de lutte dans la rue auprès de l'opinion, une mobilisation très forte. Là, on a l'impression pour cette quatorzième journée que ce sera un peu la dernière et qu'il y a une mobilisation annoncée plutôt faible.

Est-ce que les Français n'ont pas déjà tourné la page ? – Je ne crois pas. Quand on regarde les enquêtes d'opinion, leur niveau d'opposition à cette réforme est toujours aussi important. Moi, je souhaite qu'il y ait du monde dans la rue cet après-midi. – Ce sera le cas, vous pensez ? – Pour en marquer. Écoutez, on verra. Je ne peux pas… Je n'ai pas de boule de cristal. Évidemment, il y a une forme de lassitude, y compris par rapport au coup que portent le président de la République et son gouvernement contre la démocratie. Il y a une forme de…

Pas de résignation, parce qu'il y a plutôt beaucoup de colère et pas de la résignation, mais il y a un sentiment qu'au fond, rien, ce président et ce gouvernement n'entendent rien du rejet de l'opinion publique, de la volonté d'apaiser le pays par les Françaises et les Français, d'avoir un peu plus de justice sociale, de s'occuper enfin de ce qui les concerne. Le climat, on voit la dégradation absolue de notre situation climatique. La sécheresse, on est au début juin, il n'a pas plu depuis je ne sais pas combien de temps, il fait très chaud. Regardez encore ce qu'il est sorti hier de la grande concertation qui a été mise en place sur le logement.

Souvenez-vous, on a eu la grande concertation avec tous les acteurs sur les banlieues. Vous vous souvenez, le rapport Borloo. Jean-Louis Borloo, humilié devant les Françaises et les Français, le rapport qui avait été mis des mois à sortir par tous les acteurs, mis à la poubelle. On a eu la Convention citoyenne sur le climat, des citoyens choisis qui s'emparent du climat, qui font des propositions à la poubelle. Et là, on a tous les acteurs du logement, depuis la Fédération française du bâtiment jusqu'à la Fondation Abbé Pierre, en passant par le logement social, les promoteurs, les architectes. Et tout le monde se sent humilié. Humilié.

C'est-à-dire que vous ne pouvez pas abîmer à ce point la démocratie et tous les processus de concertation et d'intelligence collective à chaque fois en disant « Ah, c'est génial, on va vous réunir. » Et en fait, on détruit l'intelligence collective et la mobilisation des forces vives de ce pays. Ça va mal tourner.

9:49
Présentateur

Ça va mal tourner, ça veut dire ça va aboutir à quoi ? Est-ce qu'il y aura un avant et un après cette séquence réforme des retraites ? Est-ce que, par exemple, les parlementaires écologistes continueront à siéger comme avant ? Ou est-ce qu'il y aura des nouveaux moyens d'agir ?

10:01
Invité

Écoutez, les parlementaires écologistes, ils vont continuer à porter des propositions, encore une fois, sur l'eau. On a tous les scientifiques, je me permets de contourner un peu votre question, pardonnez-moi, mais qui sont extrêmement inquiets aujourd'hui. Les forêts, en France et dans le monde, absorbent beaucoup moins. Les océans absorbent beaucoup moins de CO2. Qu'est-ce que ça veut dire quand on dit que ça absorbe beaucoup moins ? Ça veut dire qu'en fait, il va y avoir un dérèglement climatique qui va s'accélérer encore plus, encore plus vite, encore plus fort, encore plus durement.

Et vous avez un gouvernement qui, sur le climat, sur les renouvelables, sur la rénovation thermique des logements, sur l'eau, sur le changement de modèle agricole, sur la pollution de l'air, ne veut rien faire. Il renonce. – Vous trouvez qu'il ne fait rien ? – Ah ben rien. Là, ce qui est sorti hier sur le logement, c'est qu'on ne fera pas plus sur la rénovation thermique. Même Pisaniféry et Mme Mafouz ont dit qu'il faut mettre 14 milliards. C'est ce qu'on a toujours dit. Ils ne le font pas. Sur l'eau, la France condamnée, mise en demeure, montrée du doigt par la Commission européenne.

11:15
Présentateur

– Le plan haut, ce n'est pas suffisant pour vous ?

11:16
Invité

– Mais non. Quand vous avez le plan haut, on dit, alors il y a un éléphant, dans la pièce, ça s'appelle l'agriculture. Là, c'est 80% de la consommation d'eau l'été. 80%. Donc l'éléphant, il touche les murs de partout. Ah ben, on ne l'a pas vu. On ne l'a pas vu, on ne fait rien. On va continuer à financer les méga-bassines. On va tirer de l'eau qui n'est plus disponible pour irriguer une agriculture qui est totalement inadaptée à ces régions où il n'y a plus d'eau. Donc rien ne va.

Et qu'est-ce que cette inaction permanente, ces renoncements à la justice sociale comme à la justice fiscale, ça crée un désespoir dans notre pays et que nous, les forces de progrès, les écologistes, on doit réussir à remobiliser, effectivement, pour qu'il y ait une perspective politique.

12:06
Présentateur

– Mais est-ce que le problème, ce n'est pas que vous n'y arrivez pas, justement, à remobiliser ?

12:08
Invité

– Il faut qu'on y arrive. Il faut qu'on y arrive. Là, on est un peu… Alors, il n'y a plus d'eau, mais reconnaissons que depuis un an, on prend la vague des réformes antisociales de ce gouvernement, de l'inaction climatique, d'une colère qui monte dans le pays. Et nous avons la responsabilité, effectivement, de construire le projet qui les convaincra, pas simplement d'être contre et de voir l'impasse du libéralisme et le danger de l'extrême droite, mais un projet enthousiasmant qui fait de ces grands défis un sujet de mobilisation et de reconquête de notre pouvoir de vivre.

– Rien ne va, ça ne va pas assez vite, pas assez fort, il faut tout changer, ça tombe bien, il y a des élections qui arrivent, il faut prendre le pouvoir. Les prochaines, c'est les sénatoriales, vous êtes candidat, quels sont vos objectifs par rapport à ces élections ? Qu'est-ce que vous pensez pouvoir y faire et apporter au Sénat ? – Renforcer le groupe écologiste au Sénat, c'est un groupe qui travaille beaucoup. – 12 sénateurs aujourd'hui ?

– 12 sénateurs, donc l'objectif, c'est de se rapprocher des 20 sénatrices sénateurs, d'avoir dans une assemblée des territoires qui pèsent, et d'ailleurs on voit à quel point le gouvernement bloqué à l'Assemblée passe par le Sénat aujourd'hui pour construire ses alliances avec les Républicains, et bien il faut y être présent, il faut porter nos idées, il faut arracher des victoires, comme ça a été le cas sur l'avortement. – 20 sénateurs, c'est quand même très ambitieux pour ces élections ? – On verra. – Le corps électoral ne vous est pas forcément très favorable pour l'instant ?

– Écoutez, on a quand même, on s'est renforcés sur tous les territoires, c'est quand même aussi la bonne nouvelle, c'est des écologistes. – Le renouvellement se fait par moitié, et la moitié sur laquelle on va voter est la plus favorable aux écologistes. – Écoutez, on va voir, à Paris, on n'avait plus de sénateurs, sénatrices, vous le savez, donc on espère… – C'est le responsable d'Union de la Gauche ou à votre tour ? – Écoutez, là, on a encore quelques jours pour discuter, on discute avec… – Mais vous êtes en train de discuter ? – On discute avec l'ensemble des forces politiques installées sur le territoire parisien, sur le département, mais c'est aussi une négociation nationale.

14:19
Présentateur

– Donc les socialistes et les communistes ?

14:20
Invité

– Écoutez, on discute, on va voir, vous savez qu'il y a une liste qui s'est engagée autour de, j'allais dire, de la majorité parisienne, ce qui n'est pas forcément la majorité au sein du Parti Socialiste, mais ce n'est pas mon affaire de rentrer dans leur débat interne. – Autour de Rémi Ferrault, qui est le sénateur sur le temps,

14:38
Présentateur

vous discutez avec lui.

14:38
Invité

– Pourquoi on veut être fort au Sénat ? Je l'ai dit, il y a un dérèglement climatique, il y a la dégradation de la nature, de la biodiversité, et ce gouvernement y renonce, c'est quand même le terme, ça restera la phrase de ce quinquennat sur l'environnement. Le président de la République qui appelle finalement une pause environnementale. C'est ça, ce n'est pas comme ça qu'il l'a dit, mais c'est comme ça qu'il a voulu le faire comprendre, comme Sarkozy l'avait fait en disant, l'environnement, ça commence à suffire. – C'est une pause

15:12
Présentateur

sur les nouvelles normes européennes, de ne pas créer de nouvelles normes.

15:15
Invité

– Qu'est-ce qu'il dit ? Au fond, il se rapproche de la droite européenne qui aujourd'hui dit, pouf, ça cogne tellement sur l'environnement, la catastrophe qu'on n'a pas anticipée, sur laquelle on n'a pas agi, est tellement là que finalement, le meilleur moyen de régler le problème dans l'environnement, c'est de ne plus en parler et de ne plus agir. On va mettre ça de côté. Donc au fond, c'est, je ne sais pas quoi, c'est une sorte d'anxiolithique où on se dit finalement, ne plus en parler, c'est ne plus avoir de crise. Mais non, elle est là et c'est totalement irresponsable. Et le président de la République s'inscrit. Et donc nous, écologistes, on veut porter ça au Sénat.

Vous savez combien nous sommes des fédéralistes. Donc s'il y avait des réformes qui permettaient de renforcer le pouvoir des régions, des collectivités, c'est un sujet très important pour nous. C'est le sujet de Paris, confronté au dérèglement climatique, comme à la question du logement, comme à la question du transport. Et puis, nous voulons porter la question de la proportionnelle. Enfin, tout ce bazar dont on parle, cette incapacité au Parlement, que ce soit l'Assemblée, au Sénat, d'intervenir correctement dans le débat public, la façon dont les institutions ne fonctionnent plus, la démocratie ne fonctionne plus, la façon dont Emmanuel Macron concentre les pouvoirs.

Et puis, tous les débats de la NUPES sur comment on se débrouille en 2027, reconnaissant que s'il y avait la proportionnelle dans notre pays, si on devenait une démocratie mature, eh bien, notre pays, notre démocratie s'en trouverait apaisée. Nous avons besoin de la proportionnelle dans notre pays, d'abord pour 2027. Bien sûr.

16:57
Présentateur

Donc, vous travaillez à une liste d'union de la gauche, ce n'est pas acté qu'il y aura une liste écolo à Paris.

17:01
Invité

C'est ouvert. Vous espérez une liste d'union de la gauche. C'est ouvert. Nous sommes en capacité d'avoir des élus seuls. C'est ouvert. Nous sommes dans des discussions. Il reste encore quelques jours pour le vote, le 9, au Conseil de Paris et puis jusqu'à fin septembre.

17:19
Présentateur

Si toutefois, vous partez sur une liste écologiste seul, vous seriez numéro 2 de la liste. Vous êtes numéro 2. Est-ce que vous êtes sûr d'être élue ? Vous êtes sûr qu'aucune voix de votre camp ne manquera ? Il n'y aura pas de division interne ?

17:30
Invité

Vous savez, vous toujours travaillez. C'est une campagne électorale. On y travaille très sérieusement. Vous savez qu'on a eu un processus de consultation interne. Puis, il y a eu nos instances...

17:39
Présentateur

Il n'a pas fait que des heureux.

17:41
Invité

Eh non, ça, c'est la démocratie. Ça ne fait pas que des heureux.

17:43
Présentateur

Ces voix ne vous manqueront pas.

17:44
Invité

Pardon ?

17:45
Présentateur

Ces voix ne vous manqueront pas.

17:46
Invité

Écoutez, on verra. Moi, j'appelle à la responsabilité. J'appelle au respect des votes des militants. Au respect de nos... C'est important d'avoir, notamment, plus de sénatrices. Vous savez que notre groupe, on est très, très attaché à la parité. Au Sénat, ce n'est pas exactement ce qu'on espérerait. Donc, on va mettre le maximum de sénatrices en position éligible. Vous êtes élu au Sénat à l'automne. Vous voyez président du groupe écologiste ? Non, non, non, vous savez, quand vous arrivez dans une institution, il faut respecter celles et ceux qui sont là, qui connaissent l'institution, qui y travaillent.

Donc, il y a des personnes très compétentes, déjà engagées depuis un moment au Sénat, qui, à mon avis, relèveront ce défi.

18:32
Présentateur

Du coup, vous ne serez pas candidat à l'Union Européenne ?

18:35
Invité

Ah ben non, ça, on ne peut pas tout faire.

18:36
Présentateur

Qui souhaitez-vous voir vous succéder comme tête de liste

18:39
Invité

européenne ? Il y a une candidate potentielle et un candidat potentiel. Lequel a votre préférence ? Marie Toussaint, David Cormand. Les deux ont des qualités. Les deux ne se sont pas encore positionnés comme candidates ou candidats tête de liste. Écoutez, on va voir ce qu'ils vont faire. Mais ce qui est sûr, c'est que...

18:58
Présentateur

Aucun des deux n'a votre préférence ? Non, non.

19:00
Invité

Vous avez un choix ? Les deux ont du talent. Ils font un boulot remarquable au Parlement européen. Et puis moi, je souhaite, ça ne vous a pas échappé, que cette élection européenne soit une élection européenne. Ce n'est pas un scrutin intermédiaire. Ce n'est pas un sondage national pour l'élection présidentielle. C'est un message qui est essentiel. Ce qui est essentiel, c'est qu'on ait beaucoup d'élus pro-européens au Parlement à Strasbourg. Vous savez, on a voté sur le devoir de vigilance la semaine dernière. Ça s'est joué à quelques voix. Et bien, c'est à ça que ça sert le Parlement européen. Vous savez, la planification écologique, la seule qui existe vraiment, elle est européenne.

Donc...

19:40
Présentateur

C'est un message à Jean-Luc Mélenchon pour vous, les députés LFI ne sont pas suffisamment pro-européens ?

19:44
Invité

Je vous ai dit que j'étais pour la proportionnelle. On a un scrutin proportionnel à un tour. Ça permet aux insoumis d'aller chercher tous leurs électrices et leurs électeurs autour de leur projet qui n'est pas le nôtre, qui est moins pro-européen, parfois plus ambigu sur la Russie, sur la Chine, peu importe. Je ne conteste pas leur projet, c'est le leur. Mais qu'ils aillent chercher le maximum d'électeurs sur leur projet, qu'on aille chercher le maximum d'électeurs sur notre projet pour qu'insoumis et le maximum de députés les écologistes, les socialistes, le maximum de députés. Et comme nous travaillons ensemble à l'Assemblée de Strasbourg, ça nous permet d'être plus forts dans les débats.

Si chacun va chercher son électeur, il n'est pas question d'avoir une liste commune aux européennes. Le débat est clos, tranché, ça ne sert à rien de revenir. Mais on est tranché. Et je ne comprends pas d'ailleurs la façon dont Jean-Luc Mélenchon remet la pression. Il la remet dimanche encore dans ce fameux entretien d'honneur à 20 minutes. – Mais qu'est-ce qu'il veut ? Il sait qu'il y a pas d'union. – Il sait qu'il y a une liste. Il sait qu'au fond, et c'est normal, c'est le jeu démocratique, il n'y a pas à dramatiser l'élection européenne qui est un scrutin proportionnel à un tour. Donc, au fond, qu'est-ce qu'il cherche en disant s'il n'y a pas de liste commune, il n'y a plus de NUPES ?

Qu'est-ce qu'il cherche ?

21:03
Présentateur

– Et qu'est-ce qu'il cherche pour vous ?

21:04
Invité

– Mais je vous demande s'il veut continuer la NUPES. C'est sa réussite, la NUPES, pour le scrutin législatif de 2022. Il a pris cette initiative et ça a été une très bonne stratégie de défense. Et aujourd'hui, on a l'impression qu'au fond, si tout le monde n'est pas le doigt sur la couture de sa stratégie, il n'y a plus de NUPES. Il veut casser le jouet. Eh bien, je trouve que nous avons la responsabilité à la fois d'utiliser le scrutin européen pour avoir le maximum d'élus, la proportionnelle à un tour, chacun y va avec son projet, comme nous avons la responsabilité de travailler à l'Union dans notre pays pour faire en sorte qu'en 2027, pas simplement nous soyons au second tour.

Ça, ça serait presque, j'allais dire, si on se met ensemble, c'est presque acquis. Pas sûr. Mais c'est acquis si on se met une seule candidature pour être au second tour. Mais la question, c'est de gagner l'élection présidentielle. Sinon, on se trompe de débat.

22:02
Présentateur

– Mais vous mettez un si. Ça veut dire que ce n'est pas acquis pour vous qu'il n'y ait qu'une seule candidature. Est-ce que vous souhaitez, comme vous l'avez été vous, qu'il y ait un candidat écologiste en 2027 ?

22:09
Invité

– Non, vous savez, un an avant la présidentielle, j'ai été le seul. J'ai rassemblé et j'ai voulu rassembler tous les candidats de gauche écologiste pour qu'on ait un programme ensemble qui débouche sur une candidature commune. Reconnaissons que ni Jean-Luc Mélenchon, ni Fabien Roussel, ni Anne Hidalgo ne voulaient cette candidature commune. Donc, nous avons acté qu'il n'y avait pas de candidature commune pour 2022.

Moi, je souhaite qu'il y ait une candidature commune pour 2027 qui soit écologiste et de gauche et qui nous permette, encore une fois, pas simplement de se faire plaisir en allant au second tour, mais de prendre la responsabilité et se donner les moyens de gagner l'élection présidentielle. Donc, il faut faire 50 pour cent plus une voix au second tour. Et ça, c'est possible

22:57
Présentateur

avec les candidats insoumis ?

22:59
Invité

Il faut toute la gauche et les écologistes. Moi, je ne m'inscris pas dans les gauches irréconciliables. J'entends les uns et les autres dire certains là, j'allais dire, je ne sais pas, une partie du Parti Socialiste est devenue infréquentable et d'autres de dire les insoumis sont infréquentables. On aura besoin de tout le monde pour gagner. Ce candidat d'Union de la Gauche et des écologistes pour 2027, il pourrait s'appeler Yannick Jadot ? Oh là là ! Moi, je suis candidat à l'élection sénatoriale. Si on peut faire les étapes les unes après les autres... Vous auriez envie d'y retourner ? Écoutez, ce n'est vraiment pas le sujet. Franchement, ce n'est pas le sujet aujourd'hui.

Mais non, on verra. Vous savez, on est dans un autre espace-temps là. Moi, je souhaite m'impliquer pleinement dans la politique nationale parce que je pense que le risque aujourd'hui très lourd d'une victoire de Marine Le Pen avec un Premier ministre qui s'appellerait Ciotti ou Wauquiez est très fort. Regardez ce qui s'est passé en Espagne. D'après vous,

23:57
Présentateur

les LR pourraient devenir Premier ministre de Marine Le Pen ?

23:59
Invité

Bien sûr. Je vais dire, mais regardez, c'est ce qui se passe dans toute l'Europe. Le LR a totalement dérivé vers l'extrême droite. Il n'y a qu'à les écouter sur l'immigration. Franchement, c'est devenu totalement lunaire. C'est-à-dire qu'ils se disent ? Ah oui. Quand vous en êtes quasiment à hésiter sur le droit du sol, le droit du sang, quand vous faites des immigrés, les boucs émissaires de toutes les difficultés de la France, quand vous focalisez là-dessus, quand vous êtes aussi dans une dérive illibérale, vous contestez tous les contre-pouvoirs de la République et des institutions. C'est totalement fou. C'est Orban, c'est le PIS en Pologne.

Donc, au fond, quand vous avez cette menace-là, quand vous avez la société française qui, comme beaucoup de sociétés dans le monde, est prise de vertige, vous avez tendance à penser plutôt avec les tripes qu'à regarder devant. Donc, ce risque existe. Regardez en Espagne. Pourtant, Pedro Sanchez, il gouverne pas mal. Économiquement, socialement, environnementalement, il fait des choses. Il va potentiellement être emporté par la vague populiste de l'alliance de la droite et de l'extrême droite. Donc, on a, note nous, une responsabilité majeure que ça n'arrive pas en France.

Et pour ça, y compris à gauche avec les écologistes, il faut, et ce n'est pas les écologistes qui sont là-dedans, il faut arrêter les détestations personnelles. Les zoukas sur cette partie de la gauche sont infréquentables. Les gauches sont irréconciliables. les nostalgies régressives, parce que l'élection de 2027, ce n'est pas réélire François Mitterrand en 81. On ne peut pas juste fonctionner sur ce qui nous fait du bien, mais ce qui ne nous permet pas d'affronter l'enjeu du climat, de la justice sociale, de la justice fiscale et de la démocratie dans notre pays.

25:51
Présentateur

Merci beaucoup Yannick Jadot. Merci d'avoir été notre invité ce matin. Merci à vous. On regarde la lune de West France, un plan pour le logement qui a du mal à convaincre. C'est à la lune de votre journal Stéphane. Merci Yannick Jadot d'avoir été avec nous et peut-être à bientôt au Sénat.

26:04
Invité

Mais j'espère, avec plaisir.

26:07
Présentateur

Merci beaucoup. On passe au club des territoires. Merci à vous.