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ÊTRE R&VOLUTIONNAIRE EN 2024 ? Entretien avec le NPA R&volutionnaires

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 61 %Attaque 29 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça a encore du sens d'être révolutionnaire aujourd'hui, en 2024 ?

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Historiquement, votre organisation a des liens avec l'Utouvria. Est-ce que vous pouvez détailler un peu ça pour situer ?

  • 1:45OuverteRéponse partielle

    Pourquoi le NPA s'est constitué ? C'était quoi le projet, sachant qu'il y a des anciens de la LCR, etc.

  • 3:13RelanceRéponse directe

    En fait, le NPA, historiquement, il y a plusieurs tendances qui vont se rejoindre dans un projet anticapitaliste, mais qui n'est pas forcément, d'un point de vue théorique, marxiste, de ce que j'en comprends.

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Donc, la discussion, c'est quel rapport on a avec la gauche ? Qu'est-ce qu'on pense de l'unité de la gauche ?

  • 6:04OuverteRéponse directe

    Actuellement, c'est quoi l'appellation que vous avez ? Est-ce que vous avez toujours l'appellation NPA ? Comment ça se passe avec l'autre, la ligne Poutou, etc. ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:02Invité politiqueFait
    « En fait, il y avait eu des élections présidentielles où l'extrême-gauche avait quand même eu des très bons résultats. »
  • 2:48Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on veut un pôle des révolutionnaires où on puisse mettre à l'intérieur des gens qui ont des traditions différentes, des manières de militer différentes, mais qui toutes pensent qu'il faut renverser la société... »
  • 4:50InvitéChiffre
    « 40%, c'est 40 ans de politique antisociale de la droite et de la gauche. »
  • 5:22InvitéFait
    « nous, on défend pas le fait de surtaxer les profits, on défend le fait d'exproprier le patronat »
  • 5:25InvitéFait
    « on défend pas la régulation de l'immigration, on défend l'ouverture des frontières et la liberté de circulation. »
  • 9:52InvitéChiffre
    « on a un secteur jeune qui a organisé sa conférence nationale jeune, donc l'équivalent du congrès de l'organisation de jeunesse du secteur jeune avec, oui, près de 300 militants, la plupart qui militent dans les universités »
  • 10:26InvitéFait
    « notre objectif, c'est de construire un parti ouvrier, implanté dans la classe ouvrière »
  • 15:18InvitéFait
    « on appelle ça des topos de formation marxiste que ce soit sur l'actualité que ce soit sur l'histoire du mouvement ouvrier »
  • 21:50InvitéFait
    « c'est la classe ouvrière qui peut renverser cette société qui peut renverser le capitalisme parce que c'est elle qui est liée directement au patronat au capitaliste »
  • 22:31InvitéFait
    « tu vois les rapports récents de Oxfam ou même que tu regardes la société quoi la classe ouvrière elle a jamais été aussi nombreuse qu'aujourd'hui »
  • 22:42InvitéFait
    « les richesses elles ont jamais été les capitaux ils ont jamais été aussi concentrés dans les mains d'une minorité »
  • 23:25Invité politiqueFait
    « ils ont empêché des révolutions d'éclater un peu partout ailleurs »
  • 24:18Invité politiqueFait
    « il y a des outils théoriques comme la révolution permanente qui nous permettent de dire cette révolution elle va se faire »
  • 27:21Invité politiqueFait
    « qu'est-ce que vous attendez pour faire la révolution ? »
  • 29:34InvitéFait
    « quand est-ce que le Front National a commencé à vraiment avoir des résultats ? c'est derrière Mitterrand »
  • 30:13InvitéFait
    « une fois que t'es dans les limbes de l'état bourgeois, t'es à son service »
  • 38:04InvitéFait
    « c'était 49-3 Macron Borne et tout le bulldozer »
  • 41:57InvitéFait
    « les profits c'est le vol de notre travail »
  • 47:26InvitéFait
    « la légalisation de l'avortement pour le mariage gay »
  • 48:35Invité politiqueFait
    « il y avait le truc d'avoir des prix planchers »
  • 50:15InvitéFait
    « Marx écologiste »
  • 53:27InvitéFait
    « c'est nous qui sommes des millions »

Temps de parole

  • Invité58 %
  • Selma Labib25 %
  • Présentateur17 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Est-ce que ça a encore du sens d'être révolutionnaire aujourd'hui, en 2024 ? Vous ne comprenez rien aux organisations politiques d'extrême-gauche, votre serviteur cathédrale est là pour tout vous expliquer. Aujourd'hui, je reçois Nathanael et Selma Labib, candidates aux élections européennes pour le NPA révolutionnaire. Bonjour Nathanael, bonjour Selma.

0:26
Selma Labib

Salut.

0:26
Présentateur

Historiquement, votre organisation a des liens avec l'Utouvria. Est-ce que vous pouvez détailler un peu ça pour situer ?

0:34
Invité

On est quand même issus du NPA parce qu'on est le NPA révolutionnaire. Après, l'idée déjà du NPA à la base, c'était de regrouper des courants révolutionnaires. Donc c'est vrai que dedans, il y a notamment un courant révolutionnaire qui est issu de l'Utouvrière. Mais voilà, il y a différentes traditions, différentes histoires dans le NPA. Et en fait, c'est un peu ça qui est positif aussi et qui est encourageant et qui est vraiment quelque chose que nous, on défend, ce pôle des révolutionnaires et qu'on voudrait élargir. C'est un peu ça notre truc aujourd'hui.

1:08
Présentateur

Oui, parce qu'en fait, c'est l'étincelle qui est issue de l'Utouvrière historiquement. Mais votre organisation actuelle, elle est plus large que ça, en fait.

1:15
Invité

Oui, bien sûr. Notre organisation, peut-être qu'on y reviendra après, mais elle est issue de la scission qu'il y a eu en décembre dernier. Mais voilà, il y a une partie du NPA qui est partie, le NPA, l'anticapitaliste, et une autre partie, NPA révolutionnaire, qui n'est pas du tout qu'étincelle ou que les deux courants principaux, étincelle et AER. Tu vois, c'est même encore plus large que ça et quelque part, tant mieux, quoi.

1:42
Présentateur

Historiquement, du coup, avant qu'il y ait cette fameuse scission, donc pourquoi le NPA s'est constitué ? C'était quoi le projet, sachant qu'il y a des anciens de la LCR, etc. C'était quoi le projet historique du NPA, les ambitions de l'organe ?

1:55
Selma Labib

Oui, alors, tout le temps, on n'y était pas, mais on va raconter un peu peut-être ce qu'on nous a raconté, ce qu'on a pu lire et tout. Mais je pense qu'il y avait cette idée d'aller... En fait, il y avait eu des élections présidentielles où l'extrême-gauche avait quand même eu des très bons résultats. Et en partant de là, on s'était dit... Enfin, je pense que les camarades à l'époque s'étaient dit au niveau... Donc, c'était la LCR. On s'était dit, vas-y, on va proposer quelque chose qui soit un peu plus large que ce qui existe. Et donc, bon, avec seulement, on fait partie de ce courant qui est issu du tour hier, l'étincelle.

Et puis, en fait, je pense que ça a interrogé pas mal de gens autour de se dire, c'est vrai qu'on pourrait essayer enfin de dépasser un petit peu ce morcellement de l'extrême-gauche et de se retrouver dans quelque chose qui soit plus large. Alors, il y en a qui sont allés voir, il y en a qui sont investis. Il y a eu un peu différentes manières d'aborder le truc. Et on se retrouve avec des débats qui ont continué, je pense, pendant tous ces 15 ans-là, depuis que ça existait, où on a fait plein d'expériences en commun, tout ça. Et avec toujours un débat central sur lequel on est revenu, donc, il y a deux ans, suite aux élections, de qu'est-ce qu'on cherche à construire ?

Est-ce qu'on veut un pôle des révolutionnaires où on puisse mettre à l'intérieur des gens qui ont des traditions différentes, des manières de militer différentes, mais qui toutes pensent qu'il faut renverser la société... Bon, on y reviendra dans la discussion, mais renverser la société par la prise du pouvoir des travailleurs ou est-ce qu'on pense qu'il faut quand même garder un pied dans un lien, alors militant, c'est sûr, mais aussi électoral avec des forces réformistes comme la France Insoumise, et voilà. Et la moitié de l'organisation n'a pas fait ce choix-là il y a un an et demi, quoi.

3:13
Présentateur

Mais donc, juste pour clarifier pour les gens, en fait, le NPA, donc, historiquement, il y a plusieurs tendances qui vont se rejoindre dans un projet anticapitaliste, mais qui n'est pas forcément, d'un point de vue théorique, marxiste, de ce que j'en comprends. Il y a aussi des tendances qui sont issues d'autres courants. Et donc, pour revenir brièvement sur la scission, qui a eu lieu il y a quelques temps, vous aviez commencé à l'évoquer. Donc, il y a un pôle qui veut se rapprocher de la France Insoumise, et un pôle qui ne veut pas avoir de lien avec la France Insoumise, ou... Non. Si on peut revenir un peu à cet état de ça.

3:47
Invité

Donc, la discussion, c'est quel rapport on a avec la gauche ? Qu'est-ce qu'on pense de l'unité de la gauche ? Est-ce que notre objectif, à nous, les révolutionnaires, c'est de construire une gauche de combat, pour reprendre un peu, tu vois, les termes même qu'utilise aujourd'hui le NPA à l'anticapitaliste ? Et voilà, tu as ce débat-là qui existait depuis quand même un bout de temps dans le NPA, et qui a un peu rééclaté, notamment avec l'alliance de Philippe Poutou sur la liste Bordeaux en lutte avec des députés de la France Insoumise, et puis derrière, enfin, voilà, et tous ces rapprochements électoraux, où, en fait, l'analyse, c'est...

Enfin, la situation, c'est qu'on voit que l'extrême-droite, elle a du poids, on voit que les résultats électoraux de l'extrême-droite, ils montent. Nous, on dit... Enfin, tu vois, déjà, en fait, je sais pas, en 2002, les JCR, pour donner un exemple d'un courant qui n'est pas le nôtre, mais il disait 20% pour l'extrême-droite, c'est 20 ans de politique antisociale. Bah, aujourd'hui, tu vois, on pense un peu la même chose, quoi. 40%, c'est 40 ans de politique antisociale de la droite et de la gauche. Donc on pense pas qu'on puisse s'unir avec la gauche dans le cadre des élections pour pouvoir combattre l'extrême-droite.

Bien au contraire, l'extrême-droite, là où elle est pas sur son terrain, c'est sur l'élu. Donc t'as tout ce débat-là, toute cette discussion. Et oui, du coup, ça s'est aussi matérialisé, notamment avant les élections de 2022 présidentielles, de savoir est-ce que le NPA avait un candidat, qui ça allait être, etc. Et de se dire, mais bien sûr qu'il faut qu'on se présente de façon indépendante, parce qu'on a des choses... Enfin, tu vois, nous, on défend pas le fait de surtaxer les profits, on défend le fait d'exproprier le patronat, on défend pas la régulation de l'immigration, on défend l'ouverture des frontières et la liberté de circulation. Et ça, on peut pas le faire avec la gauche.

Donc voilà, la scission, un peu politiquement, elle s'est faite à partir de ça. Après, nous, on n'a jamais défendu la nécessité de se séparer, quoi. Mais en fait, la situation, elle était comme celle-là. Et au Congrès, les camarades de la sensibilité autour de Philippe Poutou, Olivier Besancenot, Christine Poupin, ils sont partis du Congrès. Et ça a donné cette situation-là, qui aujourd'hui s'est résolue, on va dire, par cette scission avec le NPA révolutionnaire et le NPA anticapitaliste.

6:04
Présentateur

Bon, c'est quand même un truc qui est vraiment pas clair dans la tête des gens actuellement. Bon, on fait toujours les blagues sur les trottes qui font que de scissionner, etc. Bon, c'est un peu fatigant. La blague, ça va deux secondes, mais il y a un moment où il faut peut-être un peu être sérieux et expliquer ce qu'il en est, quoi. Actuellement, c'est quoi l'appellation que vous avez ? Est-ce que vous avez toujours l'appellation NPA ? Comment ça se passe avec l'autre, la ligne Poutou, etc. ?

6:35
Selma Labib

Ouais, justement, depuis quelques semaines, là, on a trouvé un accord pour un peu voir... Donc, nous, on s'appelle NPA révolutionnaire. NPA parce qu'on est ici du NPA, là, tout ce que disait Salma, et révolutionnaire parce que c'est le nom du journal, tout simplement. OK. Et révolutionnaire avec, bon, tout un sous-titre quand même derrière d'avoir un parti communiste révolutionnaire, des travailleurs, enfin, voilà, d'aller vers cette construction-là, quoi. Et donc, de l'autre côté, ils ont repris aussi le nom de leur journal d'anticapitaliste.

Et du coup, à partir de maintenant, on va voir, pour les gens que ça intéresse, on va voir un peu fleurir ces logos-là et ces noms-là un peu plus souvent. Donc, bon, c'est sûr que ça n'aide pas forcément à s'y reconnaître quand on est loin de tout ça. Par contre, je pense que ça veut dire aussi une chose, c'est qu'il y a quand même une famille de révolutionnaires et que nous, on est pour continuer les discussions. avec l'ensemble des révolutionnaires qui existent, on est pour réfléchir à des moyens de se présenter dans une indépendance politique vis-à-vis de la gauche, mais de se présenter ensemble éventuellement.

Et puis après, ce qui est sûr, c'est que par contre, quand il y a des attaques sur nos lieux de travail, de vie, d'études et tout, on répond ensemble au truc, quoi. Je pense que ça, c'est un peu le truc à...

7:36
Présentateur

Donc, bon, chacun garde quand même l'appellation NPA. On rajoute, du coup, un calif. Et ouais, enfin, cette scission,

7:44
Invité

elle ne s'est pas super bien passée. Enfin, l'organisation autour de Poutou et Besancenot, ils nous ont quand même coupé nos réseaux. Enfin, c'est des choses, tu vois, si on discute vraiment, ce n'est pas pour entrer dans les détails.

7:56
Présentateur

Les gens ne sont pas au courant de ces choses-là, mais c'est sûr qu'il s'est passé plein de choses. Vous, vous ne vouillez pas de cette scission.

8:01
Invité

Non, on ne voulait pas de cette scission. Voilà, et après, on a cherché à tout prix à avoir un accord pour réussir à continuer à militer, quoi. Donc, voilà, je pense que ce truc-là, tu vois, de couper des réseaux sociaux, enfin, de faire appel, c'est-à-dire, en fait, aux patrons de Twitter, de Facebook, de Instagram, dans une période où c'était quand même la guerre en Palestine, le génocide qui recommençait, qui commençait, tu vois, et qu'on était quand même parmi les seuls à s'exprimer en solidarité au peuple palestinien. Voilà, c'est des choses qui restent un peu. Maintenant, on est pour avancer et on est pour, voilà, continuer à militer. On verra si nos chemins se retrouvent ou pas.

Mais pour l'instant, c'est sûr que, nous, notre ligne, c'est notre indépendance politique vis-à-vis, et notamment dans les élections, même si dans les manifs, tu vois, là, on apporte toute notre solidarité au député qui a sorti le drapeau palestinien, qui s'est fait bâcher par toutes les extrêmes droites et les autres. Enfin, il n'y a aucun problème. On marche sur nos deux jambes. On est pour une unité dans l'action. Par contre, voilà, il faut qu'on garde notre indépendance politique.

9:18
Présentateur

Vous évoquiez un peu les profils. Donc, vous avez l'air de dire qu'il y a aussi bien des étudiants que des salariés. Je ne sais pas si vous voulez un peu détailler ça. Ça intéresse les gens. De voir un peu, voilà, comment ça se passe en interne. Concrètement, c'est quoi les profils ?

9:32
Invité

On n'a pas, tu vois, de critères, quoi, de recrutement, on va dire, si ce n'est d'être bien d'accord sur les idées communistes, révolutionnaires et internationalistes. Mais d'abord, effectivement, on a un secteur jeune qui a organisé sa conférence nationale jeune, donc l'équivalent du congrès de l'organisation de jeunesse du secteur jeune avec, oui, près de 300 militants, la plupart qui militent dans les universités, mais aussi une partie dans les lycées et une petite partie aussi qui sont jeunes, mais qui sont déjà au boulot, quoi.

Donc, voilà, c'est ça un peu la tête du secteur jeune, on va dire, qui s'organise dans des comités de l'ISD, d'universités, qui font de la formation, qui interviennent, voilà, enfin, j'ai déjà dit, quoi, dans les luttes et tout, quand il y en a. Et puis ensuite, tu as tout le reste, organisé principalement autour des entreprises, en fait, parce que notre objectif, c'est de construire un parti ouvrier, implanté dans la classe ouvrière, en capacité de mener une politique et d'agir, quoi, face au patronat.

10:39
Présentateur

Mais ça, c'est intéressant, d'ailleurs, parce que, bon, souvent, voilà, il y a un peu le cliché des organisations trotskistes où c'est rempli de profs et d'universitaires, et sauf que, enfin, dans votre cas, en tout cas, oui, il y a vraiment une représentation, il y a une présence des travailleurs.

10:52
Invité

Ça se voit en partie sur la liste qu'on présente, parce que c'est une liste de travailleurs et de travailleuses, même si tu as beaucoup aussi des profs, des jeunes étudiants, tu as quand même, voilà, tous les secteurs que je t'ai cités et d'autres. On ne va pas faire comme si, tu vois, enfin, c'est un objectif qu'il faut travailler et que, bien sûr, mais ça, c'est à l'échelle de l'extrême gauche, quand même. Enfin, tu vois, l'implantation dans les entreprises, c'est quand même quelque chose qui est compliqué, mais c'est notre objectif premier. Et oui, on a quand même une existence d'un secteur de boîte important.

Là, tu vois, on organise depuis, après ce fameux congrès de Scission, des rencontres nationales ouvrières. Donc, on était, à ces deux années-là, de suite, qu'on les a faites près de 200, à discuter, voilà, syndicalisme, à discuter, c'est les expériences dans les différentes boîtes, à discuter comment on discute du féminisme dans la classe ouvrière. Enfin, tout un tas de sujets, quoi. Mais, ouais, quand on voit qu'on arrive à faire ça, c'est hyper encourageant. Et puis, tu arrives à ramener des collègues, et puis, ça t'ouvre des discussions. Donc, c'est ça qu'on essaye de faire, ouais.

12:02
Présentateur

Alors, peut-être juste une dernière question. Voilà, ça, c'est pour, voilà, s'il y a des gens qui sont intéressés pour vous rejoindre éventuellement, pour savoir un peu ce que concrètement font les organisations, semaine par semaine, quels sont les types d'actions que vous faites, voilà, en plus des réunions, etc.

12:16
Selma Labib

Je vais essayer de donner un panorama après. C'est vrai que je parle, enfin, on parle forcément, si t'es à Paris où t'as 400 personnes, si t'es à Toulouse, on est un peu moins, on aime pas 400. Bon, c'est forcément différent. Mais par contre, ce qu'on peut dire, c'est, je pense qu'on fait tous, c'est qu'on, déjà, on se réunit pour se donner de la force, pour pouvoir ensuite aller, comment dire, avoir des arguments pour aller vers l'extérieur, aller discuter tout autour de nous. Enfin, bon, je suis prof, justement, et pour aller discuter avec les collègues, pour aller discuter avec plein de gens parce qu'on fait des marchés, parce qu'on va discuter des tracts et tout.

Enfin, voilà, un peu ce truc quand même de l'intérêt d'une organisation de se donner des arguments parce qu'on va pas, c'est vrai que l'actualité, des fois, elle nous tabasse un peu, on sait pas trop comment réagir, on peut être un peu sidéré et rien que le fait de se retrouver entre camarades, ça peut être un premier pas pour ensuite se dire, ben, ok, en fait, il n'y a pas juste de la sidération à avoir, il y a des arguments, il n'y a pas des solutions immédiates, mais il y a par contre une perspective et des orientations politiques qu'on peut discuter autour de nous et avec lesquelles on peut convaincre, ça c'est la partie un peu générale, je pense, les idées et tout, il y a les idées, bon, c'est par rapport à la Palestine, comment on solutionne ce conflit qui a l'air d'avoir aucune solution possible et tout, puis après, il y a les idées marxistes en général, la partie formation, tout ça, ok, et après, je pense, il y a tout le truc de comment on fait pour être implanté, là, c'est tout ce que disait Salma, mais voilà, comment on essaye de prioriser un peu ce truc-là, que quand on a des camarades qui sont dans une boîte en particulier, qui ont un milieu un peu autour d'eux là-dessus, comment on va faire en sorte qu'ils aient une activité syndicale là-dedans déjà, qu'ils puissent un peu faire en sorte que les collègues, ils se défendent par eux-mêmes et qu'ils ne se remettent pas dans les mains de tel ou tel gars.

13:37
Présentateur

Vous ne faites pas juste du tractage, quoi. Non, clairement pas.

13:40
Selma Labib

Non, non, non, il y a tout un tas de camarades qui soit nous ont rejoint parce que, je ne sais pas, tu travailles dans l'aéro et tu as envie de t'engager dans un truc politique ou alors, tu cherches un boulot, tu t'es dit, vas-y, je vais aller dans tel endroit et après se dire, je ne vais pas juste y aller pour bosser et puis rentrer le soir chez moi et me dire, putain, c'était une journée de merde mais je vais y aller pour essayer d'avoir des collègues qui vont s'intéresser à l'idée de se battre ensemble et aussi à peut-être l'idée de changer sa société.

Et ça, c'est le deuxième truc qu'on tente de faire beaucoup, c'est d'avoir une apparition aussi politique sur tout un tas d'entreprises et on est des centaines à le faire aussi à ce qu'on appelle des bulletins et d'avoir une expression politique sur un lieu de travail avec tout le travail syndical aussi que font les camarades à l'intérieur et après, dernier truc, mais bon, tu vois si tu veux compléter des choses mais au niveau de la jeunesse, je pense qu'on a tout un tas de camarades qui ont des activités vachement bien sur les facs pour animer des mouvements quand il y en a et ça ne veut pas dire qu'on va se substituer à tout un tas de gens, ça ne veut pas dire que voilà mais par contre, on va les animer, on va faire en sorte que les gens puissent décider par exemple dans le cadre de ces mouvements s'il y a une âgée étudiante est-ce que tout le monde a bien le droit de vote à la parole qu'on puisse un peu faire en sorte que ça fonctionne et essayer de proposer des perspectives qui fassent toujours aller plus loin le mouvement de ramener toujours plus de gens de faire des tournements ça c'est un peu le truc quotidien je pense aussi de tout un tas de terrain

14:50
Présentateur

Vous êtes vraiment présent sur tout un tas de terrain

14:52
Invité

En fait, notre objectif c'est de construire des groupes politiques dans les entreprises et je voulais insister sur un autre truc en plus de ce qu'a dit Nata c'est le côté formation parce que notre objectif est ce qui est aussi une garantie de démocratie dans l'organisation c'est la formation des militants et ça c'est quelque chose qui est hyper important pour nous c'est-à-dire oui, on appelle ça des topos de formation marxiste que ce soit sur l'actualité que ce soit sur l'histoire du mouvement ouvrier la commune de Paris la révolution russe la révolution allemande le stalinisme qu'est-ce que c'est pourquoi la classe ouvrière c'est le sujet révolutionnaire enfin, sur le féminisme Une formation

15:35
Présentateur

ça dure combien de temps dans l'organe c'est toute la vie

15:38
Invité

ça s'arrête jamais

15:40
Présentateur

le gros de la formation genre quand t'arrives dans l'organe

15:43
Invité

en fait t'as pas t'as pas enfin tu vois nos réunions nos réunions de formation qu'on fait par exemple dans la jeunesse elles sont ouvertes à tous ceux qui veulent venir et il n'y a pas un préalable en fait voilà si par exemple en ce moment tu penses que ce qui se passe en Palestine c'est un génocide que tu penses que les états impérialistes de Macron de Scholz de Biden ils sont complices que bah enfin tu vois qu'il faut faire quelque chose tu peux venir militer avec nous

16:13
Présentateur

il n'y a pas besoin de lire tout Marx pour non il n'y a pas besoin

16:18
Invité

de lire tout Marx mais il faut quand même avoir l'envie d'ouvrir le bouquin non non mais je le dis parce que c'est quand même important et c'est ça qui nous permet d'avoir une certaine autonomie d'avoir une analyse de la situation de ce qui se passe et de quelle perspective on propose politique pour résoudre les problèmes auxquels on est confronté quoi

16:37
Présentateur

peut-être une dernière question du coup sur l'organisation interne les gens vont être curieux parce qu'il y a beaucoup de débats autour de ça notamment l'AFI qui est vachement pointé du doigt sur la démocratie interne etc comment vous fonctionnez de ce point de vue c'est quoi le type de démocratie que vous pratiquez en interne est-ce qu'on peut parler de centralisme démocratique est-ce qu'actuellement il y a encore un droit de fraction tout ça

16:59
Invité

ouais ouais il n'y a pas de fraction ouvertement organisée dans notre NPA révolutionnaire mais le droit de tendance et le droit de fraction voilà il existe il est là et s'il y avait la volonté de se constituer en tendance et en fraction tu vois il n'y aurait pas de problème après on essaye au plus possible de faire que tout soit discuté enfin parce que l'extrême gauche c'est un continuel en continuel débat mais parce que comme je disais on essaye d'analyser le monde on essaye d'analyser ce qui se passe ce qui se passe les périodes comment tu enfin tu vois un exemple la guerre la guerre en Ukraine ce que le Poutine il fout la situation enfin Zelensky en face l'OTAN bon tout ça c'est des gros débats tu vois et c'est pas facile de se positionner les gilets jaunes bah en fait au tout début c'était pas hyper évident de se positionner ça suscite du débat ça suscite du débat et tant mieux enfin tu vois alors je pense que la première garantie de démocratie je le redis c'est la formation et ensuite bah on a des instances de direction qui sont quand même assez larges qui et puis des comités des assemblées générales où on discute un peu continuellement cet été on a des rencontres d'été révolutionnaires qui sont aussi des lieux pour discuter et débattre après oui il faut que on ait la capacité c'est un peu ça ce qu'on appelle le centralisme démocratique même si c'est enfin tu vois il y a le modèle et il y a on essaye d'y tendre quoi mais ouais d'être en capacité à un moment donné de taper sur un même clou et de mener une politique en commun à une échelle large parce que sinon bon bah chacun pense un peu ce qu'il veut de son côté et puis quand tu essayes de donner les moyens d'avoir d'exister et de défendre ta politique en fait t'es pas entendu parce qu'elle est pas défendue largement mais pour ça on va pas contraindre pour ça il faut convaincre et c'est d'abord par ça que ça passe d'où le côté enfin l'importance de la formation

18:57
Présentateur

je pense que c'est tout l'intérêt du centralisme démocratique en tant qu'objectif au niveau de l'organisation c'est comment on fait pour respecter une démocratie interne des tendances qui cohabitent qui coexistent dans un cadre théorique pratique et comment on fait quand il faut passer à l'action pour frapper d'une seule main c'est ça un peu l'intérêt et c'est un dilemme au fait dans les organes et quand on respecte pas c'est ça ça pète en interne et après ça crée décision

19:21
Selma Labib

je pense qu'il y a un truc aussi c'est qu'on a le droit de tout tenter quand même globalement enfin après on a un accord politique voilà mais tout le monde a le droit de tout tenter on n'est pas d'accord même au sein d'un comité on va se dire peut-être la moitié des gens on va dire mais nous ton truc on le sent pas mais c'est pas grave tu le tentes parce que c'est ensuite sur la preuve de j'ai milité j'ai tenté ça ça a marché ça a pas marché on fait les bilans et je crois qu'on a un peu ce modèle aussi de dire on fait et on discute après des bilans je crois que c'est un peu ça qui est important parce qu'on va pas dire a priori ce truc là on l'a jamais fait comme ça alors tu vas pas le faire non enfin je pense un peu laisser aussi de la liberté aux comités aux gens à l'intérieur de comités mais tout ça ça marche que si par contre tu acceptes de le discuter après sinon effectivement il y a un petit décalage et les relations de camaraderie c'est aussi pour qu'on reste dans la même organisation mais voilà qu'on ait envie de pouvoir discuter des bilans de ce que chacun et chacune a pu tenter à droite et à gauche

20:12
Invité

peut-être pour te donner un exemple par rapport à ça c'est là avec ce qui se passait en Palestine en fait on s'est rendu compte c'est quelque chose qui était difficile à discuter dans les boîtes parce qu'en fait le gouvernement il réprime toute forme de contestation et de solidarité à la Palestine et tout et en fait il veut nous faire fermer notre gueule sur ça mais dans la santé par exemple dans les hôpitaux et tout les camarades et principalement les copines parce que c'est beaucoup des copines dans les hôpitaux ils se sont rendu compte que c'était quelque chose leurs collègues ils avaient envie de faire quelque chose par rapport à ça et donc on a une camarade qui a tenté de mettre en place un collectif soignant et soignante pour Gaza en fait c'est pas un truc où t'as tu vois il se passe ça voilà le dogme le livre il te dit de faire ci et donc tu le fais enfin c'est aussi réagir aussi face à notre milieu à ce qui se passe à l'extérieur de nous parce que c'est à ça qu'on répond quoi et en fait ce truc il existe encore elles ont fait toutes les manifestations des actions elles sont hyper présentes sur les réseaux sociaux et ça donne une possibilité de s'exprimer alors que de prime abord voilà tu vois les collectifs c'est pas forcément quelque chose sur lequel quelque chose qu'on aurait fait en priorité dans un autre contexte mais là ça se posait donc on l'a fait quoi

21:35
Présentateur

qu'est-ce que ça signifie aujourd'hui en 2024 de se revendiquer du trotskisme

21:47
Invité

ben ça signifie que c'est la classe ouvrière qui peut renverser cette société qui peut renverser le capitalisme parce que c'est elle qui est liée directement au patronat au capitaliste et que c'est ben c'est la classe ouvrière qui a cette possibilité là quoi donc avant tout ça veut dire ça déjà

22:11
Présentateur

ça veut dire se revendiquer de cet territoire et s'inscrire dans une stratégie révolutionnaire

22:16
Invité

de la prise du pouvoir par les travailleurs c'est

22:20
Présentateur

est-ce que ça a encore du sens d'un point de vue théorique de se revendiquer du trotskisme est-ce que c'est encore des outils théoriques qui permettent d'avoir la bonne lecture actuellement

22:29
Invité

ben quand tu regardes même tu vois les rapports récents de Oxfam ou même que tu regardes la société quoi la classe ouvrière elle a jamais été aussi nombreuse qu'aujourd'hui et les richesses elles ont jamais été les capitaux ils ont jamais été aussi concentrés dans les mains d'une minorité donc ça pour nous ça renforce l'idée de enfin nos idées et la nécessité de enfin la possibilité de renverser ce système déjà mais qu'est-ce qui va

23:01
Présentateur

vous distinguer par exemple de ceux qui vont plus largement se revendiquer du marxisme qu'est-ce qui caractérise tu vois un peu le trotskisme c'est vrai qu'il y a un peu

23:08
Selma Labib

le paradoxe quand tu dis trotskisme c'est que tu te revendiques d'un héritage presque mais historique qui n'a quasiment plus lieu d'être puisque le trotskisme s'est fait en opposition au stalinisme pour autant l'opposition elle n'était pas juste de dire ah c'est une dictature ce que c'était en URSS tout ça c'était de dire ils ont non seulement c'était une dictature féroce à l'intérieur des frontières de l'URSS mais aussi ils ont empêché des révolutions d'éclater un peu partout ailleurs et le trotskisme face à ça c'était comment la classe ouvrière ailleurs elle aurait pu continuer à prendre le pouvoir dans toutes les vagues révolutionnaires qu'il y a eu des années 20 des années 30 et bon bien sûr s'il n'avait pas été assassiné il aurait continué à le dire après et tous les descendants du trotskisme ont quand même en tout cas nous on se réclame de tous ceux qui ont continué à dire que la classe ouvrière pouvait effectivement prendre le pouvoir changer les choses et dans ce mouvement de la classe ouvrière aussi entraîner les autres couches de la société je pense que tu auras un peu envie d'en discuter mais quand même tout ce qui n'est pas on va dire purement chimiquement de la classe ouvrière ça ne veut pas dire que la classe ouvrière ne pourrait pas l'entraîner dans un programme qui soit l'éradication du capitalisme de ce rapport de production d'exploitation et du coup à mon avis c'est ça et du coup tous les trucs sur ça ne veut pas dire que trotsky ni même Marx avait tout répondu avait tout pris en compte avait tout compris c'est pas du tout ça qu'on est en train de dire par contre il y a des outils comme la révolution permanente il y a des outils théoriques comme la révolution permanente qui nous permettent de dire cette révolution elle va se faire parce que la classe ouvrière elle va prendre en charge tout un tas de questions qui ne sont peut-être pas de son ressort propre de l'exploitation directe avec le capital mais par contre qu'elle va entraîner la société dans un mouvement qui à la fois sera social sera peut-être de libération nationale sera peut-être un peu plus large pour arriver dans une société débarrassée d'exploitation et d'oppression le chemin il ne sera pas fini là mais par contre on se sera quand même débarrassé de ce qui nous bloque depuis un siècle et demi pour faire avancer l'humanité vers un peu plus de paix et de fraternité et de sororité

24:49
Présentateur

du coup ce que tu dis c'est qu'il y a vraiment des apports théoriques de la part de trotsky en plus d'une polémique entre guillemets polémique vis-à-vis du démouement stalinien donc c'est tout ça que vous revendiquez mais du coup qu'est-ce qui va vous différencier vous distinguer des autres organisations trotskistes des autres tendances est-ce qu'il y a vraiment motif à désaccord entre diverses par exemple si on prend le POI j'imagine que vous n'avez pas du tout la ligne du POI même avec Allo voilà il y a plein de désaccords avec Révolution Permanente est-ce que toutes ces tendances sont vraiment justifiées d'un point de vue théorique stratégique

25:26
Invité

c'est difficile à dire parce que en fait enfin je pense qu'il y a des il y a des nuances qui existent y compris sur des analyses tu vois de autant des luttes de libération nationale par exemple ou d'aujourd'hui mais tu vois personne n'a fait la preuve de enfin aujourd'hui il y a plein de courants qui se revendiquent du trotskisme avec des nuances mais personne n'a fait la preuve de la de la justesse de sa politique après sur la stratégie de prise du pouvoir de la nécessité d'un parti des travailleurs pour prendre la direction des luttes et renverser l'état bourgeois ça tu vois je pense que oui tous ceux qui se revendiquent du trotskisme ben ils seront d'accord avec ça quoi

26:14
Présentateur

il y a un tronc commun oui mais il y a quand même enfin je sais pas le POI par exemple fait partie intégrante de la France insoumise j'imagine que vous seriez en total désaccord avec

26:23
Selma Labib

je pense qu'on a un désaccord avec ceux qui ont envie de remettre une pièce dans la machine de peut-être que s'il y avait la gauche au pouvoir ou les réformistes mais les vrais pas ceux qui ont trahi mais ceux qui on n'a pas encore vraiment essayé parce que enfin je sais pas on peut pas oublier que Mélenchon était au PS quoi et je pense que personne l'a oublié même ceux qui se disent trotskistes et qui sont à la FI l'ont pas oublié mais par contre ils se disent que enfin je vais pas parler à leur place mais en tout cas enfin on pense qu'on peut pas remettre un coin dans la machine et qu'il y a encore trop de gens qui ont des illusions alors des illusions peut-être un peu forcées peut-être à contre-coeur mais des illusions quand même sur le fait que ça va pouvoir changer les choses et on a plutôt envie de dire et si plutôt à travers les luttes alors mais ça on partage cette idée de la lutte ça peut changer les choses mais pas une lutte au service des élections c'est un peu ça peut-être la différence parce que quand dans les meetings on nous dit par exemple Louis Boyard qui vient c'est pas pour le polémique avec Louis Boyard je pense il a il y a bien pire que lui mais par contre quand il vient au Mirail pour dire ah combien d'entre vous vivez moins de 1000 euros par mois que l'entièreté de la salle lève la main et qui dit qu'est-ce que vous attendez pour faire la révolution ce que les jeunes qui ressortent on en a discuté c'était ensuite c'était ah oui du coup il faut voter pour nous voter pour nous cette année voter pour nous en 2027 mais on n'a pas envie d'attendre 2027 par rapport à ça et je pense que y compris juste pour revenir là le trotskisme c'est pas juste une polémique c'est un combat peut-être plus que c'était pas une question théorique c'était des gens qui se faisaient assassiner c'était voilà je dis ça parce que du coup on se revendique pas d'un truc théorique au sens

27:47
Présentateur

d'un tout théorique et pratique

27:50
Selma Labib

voilà on se revendique quand même du fait de quelqu'un qui a continué à militer jusqu'à la fin quoi c'est un peu ce truc là et on se revendique de tout un tas de militants qui ont continué à militer pour que la classe ouvrière y compris dans les goulags y compris voilà pour que la classe ouvrière puisse avoir un peu plus de pouvoir ici dans cette société et ce qu'on fait maintenant alors c'est peut-être plus modeste que de militer depuis les goulags c'est sûr mais par contre c'est quand même partout où on est de se dire que tous les petites mais là seulement on parlera mieux que moi et tous les petits endroits où on peut faire en sorte que les travailleurs ils aient un peu plus de pouvoir sur leur vie sur leur vie au travail sur leur vie dans les grèves y compris enfin voilà tous ces moments où on va pouvoir décider un peu par nous-mêmes c'est ça qui va nous amener peut-être à réfléchir à si non seulement on décidait par nous-mêmes dans cette grève dans ce truc mais aussi pour la société

28:31
Présentateur

du coup tu as anticipé au fait ma prochaine question la fameuse opposition réforme révolution comment vous vous positionnez vis-à-vis de ça pour que les gens comprennent mieux parce que là tu es très critique du réformisme et de l'électoralisme en tant que stratégie et comme fin en soi comme moyen absolu quoi est-ce que il faut est-ce que c'est vraiment une opposition bête et méchante comment on pense l'articulation de ces deux de chemin

28:58
Invité

c'est pas une opposition bête et méchante mais par contre oui c'est une vraie opposition et c'est pas les mêmes c'est pas les mêmes perspectives on se présente pas aux élections pour la même chose du tout et franchement on pense pas et c'est pas c'est pas pour polémiquer gratuitement avec la France Insoumise le PC et d'autres organisations qui se revendiquent de la gauche mais c'est que on pense vraiment pas que ce soit possible de changer les choses par les élections et si on prend enfin je veux dire quand est-ce que le Front National a commencé à vraiment avoir des résultats c'est derrière Mitterrand parce que c'est aussi la gauche qui crée tout un tas d'illusions et qui enfin oui et c'est trahison c'est ça aussi qui fait monter l'extrême droite et c'est pour ça que pour nous c'est un sujet qui est sérieux quoi ce truc de réforme ou révolution et que en fait c'est un truc que je dis souvent mais je pense qu'il n'y a pas de raccourci pour changer les choses

30:01
Présentateur

je te coupe là-dessus mais est-ce que Mitterrand c'est vraiment un traître est-ce que François Hollande c'est vraiment un traître ou est-ce qu'il fait ce pour quoi

30:08
Invité

ouais t'as raison non mais t'as raison pour nous pour nous ils font je veux dire une fois que t'es dans les limbes de l'état bourgeois t'es à son service quoi enfin parce que en fait c'est la nature de l'état qu'on discute la nature de l'état au service de la bourgeoisie et ça ne peut pas être autre chose on ne peut pas faire de l'état bourgeois quelque chose au service d'autre chose au service du peuple au service le capitalisme c'est ça et c'est un état au service de la bourgeoisie avec un bras armé donc on voit aujourd'hui en Kanakie ici dans les émeutes à Nanterre l'essence c'est-à-dire la répression par l'armée par la police donc oui on pense que franchement nous on n'a pas d'illusion et c'est bien pour ça qu'on pense qu'il faut qu'on soit très clair là-dessus parce que encourager ces illusions-là c'est oui appuyer sur les désespoirs et les sensations de trahison comme tu dis derrière quoi on pense vraiment et c'est juste la petite nuance que je mettrais à ça c'est que on pense ça on est convaincu que c'est pas comme ça qu'on changera les choses mais ça veut pas dire qu'on n'est pas aujourd'hui en capacité d'obtenir des choses enfin tu vois on n'est pas là à attendre le grand soir et la révolution c'est pas ça par contre on pense que c'est par les luttes qu'on obtiendra des choses et historiquement c'est par les luttes qu'on a obtenu des avancées et pas par autre chose quoi

31:38
Présentateur

mais du coup pour bien comprendre donc toi par exemple est-ce que tu penses qu'un candidat révolutionnaire c'est un peu paradoxal du coup ce que je vais dire mais on pourrait convoquer l'exemple de l'IND au Chili un candidat marxiste révolutionnaire qui joue le jeu du réformisme est-ce que c'est impossible qu'un tel candidat puisse gagner des élections est-ce que ça peut arriver historiquement mais derrière c'est tout de suite verrouillé comment tu vois ça

32:04
Invité

enfin soit tu t'appuies sur l'état soit tu enfin soit tu fais confiance en la capacité de la classe ouvrière pour changer les choses parce que tu vois tu prends l'exemple de l'IND ça finit comment parce qu'en fait si tu t'attaques pas à l'état bourgeois tu laisses se développer l'armée à côté faire sa petite vie enfin tu vois Pinochet défendre enfin bon qu'est-ce que ça donne derrière bah un coup d'état parce que évidemment que si tu t'attaques pas à ce que c'est que l'état à son armée quand on a la possibilité et en fait quand t'as une situation comme celle par exemple de l'IND au Chili t'imagines la possibilité d'aller encore plus loin si enfin plutôt que de prendre le pouvoir par l'état bourgeois c'est la possibilité que la classe ouvrière par elle-même s'organise et renverse cet état bourgeois donc il y a un moment où t'as en fait aujourd'hui cette opposition elle a peut-être l'air d'être une nuance mais quand on arrive dans des périodes de soulèvement important et dans des périodes pré-révolutionnaires bah ça devient la distance entre les mencheviks et les bolcheviks et en fait il n'y a que deux côtés de la barricade donc soit t'es du côté de la classe ouvrière soit t'es du côté de l'état bourgeois alors aujourd'hui c'est moins c'est moins flagrant parce que les luttes elles sont pas à un tel point qu'on a la capacité voilà d'imposer enfin ce qu'on voudrait mais c'est quelque chose qu'on doit tenir dès maintenant parce qu'y compris c'est un truc qu'on aime bien dire mais les meilleurs réformistes c'est les révolutionnaires dans le sens où y compris des réformes pour maintenant pour aujourd'hui l'amélioration de nos conditions de vie c'est quelque chose qu'on veut qu'on pense obtenir par par les luttes et c'est ça qu'on défend et c'est pour ça qu'on dit qu'on se présente aux élections mais pour un programme de lutte pour renforcer les luttes avec tout un tas de mesures d'urgence que enfin je veux dire on n'aura jamais par l'état bourgeois quoi

34:00
Présentateur

du coup dans cette perspective est-ce qu'il y a une place pour le syndicalisme comment vous voyez ça est-ce qu'il peut y avoir un syndicalisme révolutionnaire ou non

34:09
Selma Labib

ouais bah je pense qu'il y a un truc quand on parle syndicalisme c'est vrai qu'on a un peu en tête plusieurs choses il y a peut-être le côté syndicalisme la personne qui va vachement défendre les collègues et un peu chercher à encourager l'organisation collective sur le travail c'est ça qu'on essaye d'amplifier dans ce cas-là en fait tous nos camarades sont syndiqués enfin on est tous tous les deux on est syndiqués peut-être même au même syndicat je crois enfin bon voilà on est un peu ça c'est sûr que c'est un truc qu'on défend et que c'est un peu un des acquis que la fesse ouvrière elle a pu avoir dans un certain nombre de pays et on va pas lâcher sur ces droits-là qu'on a de se défendre collectivement le truc que la bourgeoisie elle a fait quand même dans tout un tas de pays et pour renverser ce truc-là parce qu'ils voulaient pas au début que les syndicats existent et puis finalement ils ont dit bon bah ok on voit bien que de toute façon vous allez vous organiser donc ayez des syndicats mais on va intégrer voilà il y a un peu ce truc-là et ça par contre c'est quelque chose dont on se revendique pas du tout ça veut pas dire qu'on va pas chercher à être élu sur certains mandats ou quelque chose comme ça parce que ça donne des moyens pour aller militer pour aller discuter avec des collègues pour voilà pour autant on a très bien conscience que par exemple en ce moment c'est les CSE on a quand même bien conscience que c'est quand même un truc qui est fait pour limiter la possibilité de vraiment aller on a plus enfin en gros quand t'es délégué syndical t'as enfin par rapport au CSE t'as énormément de gens que t'es censé représenter mais en fait t'as jamais le temps de vraiment comprendre ce qui se passe d'aller discuter de les aider à s'organiser tout ça donc en fait ils ont quand même réfléchi à des manières d'empêcher d'entraver ce droit d'organisation de base quoi après donc là où nous on se dit révolutionnaire, communiste tout ça ok on veut construire un parti parce qu'on pense pas que le syndicat va amener jusqu'à la prise du pouvoir des travailleurs on pense que c'est un bon outil pour s'organiser quand il n'y a pas un mouvement parce que c'est un peu par là que la plupart des gens ils vont se tourner enfin on se tourne vers les syndicats assez naturellement quand il y a des mouvements on pense qu'on peut s'organiser tout à fait dans un syndicat mais que par contre il ne faudrait pas se contenter de ça parce que souvent il faut qu'on arrive à s'organiser un peu par nous-mêmes y compris avec syndiqués et non-syndiqués et ça se voit souvent ou dans une lutte dans une AG les syndicats peut-être en toute bonne foi peut-être pas on n'en sait rien je ne juge pas la psychologie des gens là mais en tout cas il y a un truc un peu de on va faire à la place des gens et je vois que c'est vraiment quand on est révolutionnaire c'est contre ça qu'on veut aller on ne va pas faire à la place des gens on va faire en sorte que les gens se saisissent de leur propre truc

36:09
Présentateur

là ce que tu critiques c'est le fait que les syndicats ont tendance à confisquer la lutte aux travailleurs directement ouais

36:14
Invité

c'est direct mais non ça veut dire les termes ouais ouais mais oui et en même temps

36:23
Présentateur

mais en même temps ça reste un point d'appui c'est ce que tu dis ça reste un point d'appui dans la lutte mais dans l'absolu c'est pas la solution ultime

36:33
Invité

en fait c'est juste que dans les luttes dans les grèves à chaque fois que les travailleurs se mobilisent on est pour que ce soit eux qui décident des modalités de leur lutte de quand ils la commencent de quand ils considèrent qu'ils ont obtenu satisfaction et que ça c'est pas à des syndicats de le dire à la place des travailleurs c'est ça qu'on dit après au quotidien on milite dans les syndicats on essaye de construire parce que oui il y a un enjeu parce que d'abord les organisations nous révolutionnaires on veut s'implanter on est implanté mais on travaille à l'implantation dans la classe ouvrière mais aujourd'hui les organisations qui rassemblent le plus de travailleurs c'est les syndicats donc d'abord bien sûr qu'on milite dans ces structures là pour s'adresser parce que c'est aussi la première forme dans les entreprises bah en fait je veux me battre contre mon patron donc voilà après oui on n'a pas quand tu vois d'abord la politique de l'état sur les CSE parce que tout simplement c'est en fait on réduit drastiquement le nombre de syndicalistes en fait donc on les rapproche de fait de l'appareil d'état et ça c'est vraiment un problème parce que bah tu favorises le syndicalisme de collaboration de classe et au détriment du syndicalisme de terrain ce qui est une politique quand même de l'état et de la bourgeoisie c'est quelque chose ils le font à dessein donc t'as ce truc là et puis si tu prends je sais pas l'exemple de la réforme des retraites par exemple enfin c'était 49-3 Macron Borne et tout le bulldozer tu vois genre on en a rien à foutre en fait on va la faire passer quoi qu'il arrive t'as quand même des vraies mobilisations et t'as des communiqués des syndicats pour dire oui on voudrait quand même discuter avec le gouvernement mais là c'est pas discuter avec le gouvernement qu'il faut c'est amplifier la mobilisation donc oui cette tendance à la collaboration de classe et au fait de vouloir co-gérer avec le gouvernement et tenir les luttes ça c'est quelque chose dont on se revendique pas du tout maintenant tu vois sur le terrain il y a plein de enfin moi voilà dans ma boîte dans mon taf avec les militants syndicaux et tout t'en as plein qui eux-mêmes à la base ne sont pas d'accord avec ça et là c'est quelle perspective tu proposes et comment on s'organise par nous-mêmes et nous c'est pour ça que dans les luttes dans les grèves on défend les comités de grève pour que qu'ils soient la direction de la mobilisation c'est-à-dire oui comme le disait Natas syndiqués non-syndiqués et qui puissent démocratiquement c'est en fait la démocratie ouvrière dans les luttes

39:18
Présentateur

fondamentalement c'est vrai que si on fait un peu un bilan en tout cas du syndicalisme français le syndicalisme va plus avoir tendance à se battre pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée de la plus-value là où vous vous dites abolition de la propriété lucrative vous vous rappelez quel est l'objectif historique des communistes des socialistes d'ailleurs c'est peut-être un peu la limite du syndicalisme même si voilà il y a aussi une tradition quand même révolutionnaire en Europe votre organisation elle joue quel rôle dans tout ça dans tout cet écosystème vous parliez par exemple d'occuper le terrain sur les lieux de travail évidemment de pousser à la radicalisation à l'auto-organisation des travailleurs sans condamner pour autant le fait de se syndiquer tout le monde est syndiqué la plupart des gens sont syndiqués dans votre organe je ne sais pas quel rôle vous allez jouer là-dedans

40:07
Selma Labib

je pense qu'en vrai pour tout un tas de camarades mais le rôle qu'on veut bien laisser aussi quand même parce que je pense qu'il y a pour le dire vraiment c'est pas toujours évident et je crois que je ne voudrais pas sortir de là et qu'on se dise tous les syndicats se valent en termes de bureaucratisation il y en a qui sont quand même plus proches du gouvernement qui défendent beaucoup plus sa politique qui sont beaucoup plus enclin à aller négocier négocier négocier sans jamais se préoccuper d'organiser quelque chose à la base on ne va pas mettre un trait d'équivalence entre tous les syndicats pas du tout ils ne mettent pas toutes les mêmes forces dans la rue on ne parle pas de ça par contre on s'intéresse un peu aux syndicats où à l'intérieur les militants se disent que si on veut combattre et si on veut s'organiser c'est comment de quelle manière et tout ça je pense que c'est un peu là et à l'intérieur soit il faudrait discuter précisément soit on a des camarades qui bien sûr ont des positions syndicales et ça leur permet par exemple tout un tas de choses d'aller intervenir un peu en dehors que leur équipe ou leur boîte ou leur service et ça c'est pas négligeable parce que c'est aussi en fait se préoccuper quand même de ce qui se passe un peu ailleurs que chez soi pour autant il y a des camarades qui n'ont pas ces mandats là et qui le font quand même en fait c'est tout à fait possible quand même quand il y a des grèves et après y compris même si c'est pas notre secteur en vrai on le fait on est allé sur plein de piquets de grèves pour dire ben déjà on soutient tous les gens qui se battent et tout on soutient

41:25
Présentateur

en fait je vais reformuler ma question qu'est-ce qu'une organisation qui se revendique révolutionnaire qui ne joue pas à la carte électorale et qui est aussi critique vis-à-vis du syndicalisme quel rôle elle joue dans la société quel rôle elle joue dans le processus révolutionnaire concrètement

41:39
Invité

apporter des réponses politiques à ce qui se passe aussi et des analyses de ce monde et de comment ça se fait qu'on en arrive là qu'est-ce que ça veut dire tout ce qui se passe apporter des réponses politiques à ce qui se joue à ce que c'est que les profits enfin tu vois c'est pas le partage des richesses comme ça peut être beaucoup défendu dans les syndicats ben non en fait ce qu'on dit c'est les profits c'est le vol de notre travail parce que c'est ça le profit donc apporter notre analyse marxiste de tout ça c'est ça aussi et défendre les politiques dont on parlait tout à l'heure dans les luttes après nous en plus franchement je pense qu'on est une organisation tu vois l'une de notre caractéristique on va dire c'est qu'on est quand même hyper volontariste et que dès qu'on sent qu'il y aurait la possibilité d'organiser des collègues autour de quelque chose qui les révolte en fait on tente le truc même si on se dit bon bah ok ça va pas être les trois quarts de la boîte qui vont être motivés à le faire mais il faut quand même qu'on le fasse parce que c'est quand même juste de le faire donc on est une organisation qui est assez volontariste mais par contre c'est pas nous qui décidons quand il y a des mobilisations c'est pas nous qui décidons quand il y a des mouvements par contre ce qu'on peut faire c'est proposer une perspective à partir de là

43:00
Présentateur

donc pour synthétiser enfin ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure quand on parlait de ce que vous faites un peu au quotidien c'est à dire que vous essayez d'occuper tous les terrains de radicaliser de former théoriquement de voilà c'est un peu tout ça quoi votre champ d'investigation concrètement du coup ça on l'a un peu évoqué tout à l'heure mais c'est quand même une question assez centrale on vous taxe souvent d'ouvrierisme donc l'ouvrierisme c'est le fait de vraiment avoir une vision politique où le process révolutionnaire va venir s'appuyer exclusivement sur la classe ouvrière même pas le prolétariat au sens élargi vraiment la classe ouvrière sur quel sujet politique vous vous appuyez concrètement comment vous voyez le processus révolutionnaire sur est-ce que le process révolutionnaire peut taper au-delà des travailleurs est-ce que c'est le prolétariat élargi est-ce qu'il peut y avoir une partie de la petite bourgeoisie qui peut nous rejoindre nous rejoindre dans la lutte les étudiants

43:51
Invité

mais oui bien sûr je veux dire d'ailleurs il n'y a pas que la classe ouvrière qui a intérêt à changer de société enfin je veux dire cette société elle est merdique pour la grande majorité elle est merdique pour l'ensemble des femmes qu'elles soient de la bourgeoisie ou de la classe ouvrière et d'ailleurs enfin ça je renvoie juste au discours d'Arlette Laguillet sur les femmes qui est absolument géniale là-dessus et qui relativise à mon avis un peu le côté ouvrieriste dont les organisations comme la nôtre peuvent être taxées quand tu vois que même les boulots qui sont tu vois les ingénieurs voilà qui peuvent être un peu plus valorisés en fait tu le fais au service de quoi t'as quoi comme marge de manœuvre pour réfléchir dans ton boulot et de ce que tu pourrais avec les progrès sociaux de ouf qui existent enfin sociaux les progrès technologiques techniques de ouf qui existent aujourd'hui pour qui pourquoi enfin tu veux dire que même

44:57
Présentateur

les couches intermédiaires

44:58
Invité

ont intérêt mais oui je pense que bien sûr que les couches intermédiaires les oui je te donne l'exemple des ingénieurs mais ça peut être bien d'autres bien d'autres bien d'autres couches de la société

45:10
Présentateur

c'est intéressant aussi parce que tu parles des femmes ça veut dire que tu conçois que tu articules ça aussi avec la question du patriarcat du coup est-ce que le travail domestique ça peut être un truc qui entre en ligne

45:20
Invité

en fait non on est pour on est communiste on est pour une société communiste c'est à dire qui produit selon les besoins de la société dans le respect des ressources naturelles disponibles et qui soit enfin le communisme c'est l'émancipation de l'humanité il n'y a pas d'émancipation de l'humanité avec des oppressions nationales avec des oppressions féministes sexistes oui avec le racisme bien sûr que c'est des choses qui on les combat tous les jours donc pardon en fait ça m'énerve un peu ce genre de discussion parce que pour moi ça n'a pas lieu d'être parce que vraiment ça me passe au dessus ce genre de même si je comprends qu'il faillait répondre tu vois mais je pense pas du tout et il suffit de regarder juste un peu ce qu'on dit et ce qu'on fait concrètement les têtes à abattre de ce système capitaliste c'est la classe ouvrière ça c'est une réalité c'est pour ça qu'on pense que la classe ouvrière c'est le sujet révolutionnaire après comme le disait Nata tout à l'heure bien sûr que la classe ouvrière peut entraîner derrière elle mais parce qu'elle a la possibilité matérielle de renverser ce système mais l'intérêt de le renverser et d'aller vers une autre société il est beaucoup plus large et tout ce qu'on dit et tout ce qu'il faut enfin comprendre c'est pourquoi pour lutter complètement contre le racisme contre le colonialisme l'impérialisme les violences sexistes et sexuelles l'oppression des femmes de toutes les personnes LGBT en fait on ne pourra pas le faire complètement sous le capitalisme parce que le capitalisme entretient ces oppressions là s'appuie dessus pour entretenir des divisions entre nous et que est-ce que ça veut dire qu'une fois qu'on aura fait la révolution et qu'on en aura fini avec le capitalisme tout sera résolu pour être débarrassé des oppressions non pas forcément et clairement et en fait si tu regardes même la révolution russe toutes les mesures qui ont été prises spécifiques spécifiques pour contre pour la légalisation de l'avortement pour le mariage gay pour la socialisation du travail domestique c'est des choses des réalités qui étaient déjà discutées en 1917 par les bolcheviques à l'époque et qui ont été mises en place dans le peu de temps avant la dégénérescence de l'état vous voyez mais c'est une autre discussion ça me fait penser au mouvement

47:48
Selma Labib

des agriculteurs quand même qu'il y a eu où on pourrait dire c'est un bon sujet vas-y non mais oui en fait nous ça nous a posé question un peu comment on fait comment on ferait déjà une pour y intervenir parce que c'est vrai que par exemple à Toulouse on a des camarades qui se sont allés et c'était compliqué des fois aussi même de discuter parce que selon dans quelle position si tu arrives en tant militant révolutionnaire c'est sûr ça passait pas forcément selon les endroits il y avait un peu toutes ces difficultés là pour autant nous on a toujours considéré ça comme un combat on n'a pas dissocié ça d'un combat que la classe ouvrière amènerait pour ses conditions de vie quand il y a des gens qui sont à moins de 400 euros par mois on va pas dire ça ne nous concerne pas parce que nous on s'intéresse à la classe ouvrière je suis entièrement d'accord par contre toute la société subit la pression de ce système capitaliste de merde ça c'est un premier truc et ce qui est assez intéressant en termes de propositions qu'ont fait les partis politiques par exemple il y avait le truc d'avoir des prix planchers bon dès qu'il y a eu cette proposition là le RN a fait oula surtout pas enfin pas des prix planchers mais en tout cas des revenus un peu planchers pour les agriculteurs et ça c'est un truc que le RN alors qu'il voulait se présenter comme le meilleur ermi des agriculteurs a jamais défendu jusqu'au bout nous ce qu'on disait à l'époque enfin ce qu'on redirait maintenant puisque d'ailleurs ils vont reprendre à Toulouse ils vont reprendre un barrage et tout dans pas trop longtemps mais ce qu'on dirait c'est que dans le même temps qu'ils se posent cette question là de leur revenu il y a aussi tout un tas de travailleurs et d'ouvriers ou au sens très large pour le coup pas genre ouvriers d'usines et tout mais qui se disent mais nous on gagne pas assez non plus alors on n'est pas 400 euros mais par contre c'est sûr qu'on n'est certainement pas à 2000, 3000, 4000 on a besoin il faut moins de 2000 balles pour vivre des 5 ans il faudrait 400 euros en plus pour tout le monde enfin voilà c'est ce qu'on défend dans la campagne et de fait s'il y avait cette jonction là et si la jonction elle n'était pas entre les gros agriculteurs le type à la tête de la FNSEA c'était vraiment d'un côté je suis agriculteur de l'autre j'ai quand même une espèce d'entreprise qui exploite tous les agriculteurs qu'il y a autour mais c'est pas avec ce type de personnes là qu'il faudrait faire alliance mais au contraire avec tous ceux qui étaient en grève ou qui auraient pu avoir envie de se battre c'est un peu hypothétique pour l'instant ce que je dis mais c'est quand même ça notre objectif

49:33
Présentateur

c'est un truc à construire mais il y a quand même une fracture entre on va dire d'un côté vraiment l'agriculteur exploitant gros propriétaire qui a des ouvriers et d'un autre côté les paysans qu'on va plus retrouver à la confédération paysanne donc évidemment que les organisations révolutionnaires ont une carte à jouer de ce point de vue il y a des travailleurs à défendre

49:56
Invité

Non et rajouter un truc et notre rôle aussi là dedans par exemple c'est aussi de pointer les vrais responsables comme tu le disais mais ça m'a fait penser à un truc c'est un peu plus à côté mais il y a un bouquin qui est sorti il y a je ne sais plus combien de temps qui s'appelle Marx écologiste et en fait ce bouquin il est hyper intéressant parce qu'il prend plein d'extraits de Marx qui posaient les problèmes sur notamment comment le capitalisme et l'exploitation des terres ne laissaient pas le temps à la terre de se régénérer et de régénérer tous les éléments dont elle avait besoin et comment le capitalisme dès le début de son émergence épuisait les sols et enfin en fait je trouve que ça ça montre aussi comment ce système et la façon dont il va exploiter jusqu'au bout sans se soucier du lendemain en fait comment on a intérêt à le renverser beaucoup plus largement que uniquement la classe ouvrière quoi

51:03
Présentateur

bon du coup là il y a une actualité avec les élections européennes donc Selma tu es candidate et donc toujours dans cette perspective de questionner la stratégie politique bon tu l'as déjà un peu évoqué tu as rappelé que c'est pas parce qu'on est révolutionnaire qu'on ne présente pas des candidats aux diverses échéances électorales mais du coup c'est quoi l'intérêt ça les gens comprennent pas que ce soit la candidature de Poutou la candidature de Nathalie Arthaud etc c'est quoi l'intérêt de présenter un candidat quand on est révolutionnaire

51:32
Invité

je pense qu'il faut qu'on soit clair sur le fait que ce qu'on fait c'est pas une campagne de témoignage tu vois on n'est pas là pour témoigner et basta et ciao et c'est pas grave si on vote pas pour les révolutionnaires parce que c'est pas juste faire la campagne qui est important pour nous on pense enfin qui est important tout court on pense que ce qui est important c'est aussi qu'il y ait du vote pour les révolutionnaires parce qu'on dit que ça envoie un message au patronat que ça envoie un message au gouvernement et que c'est pas la même chose dans un contexte où l'extrême gauche elle fait 5% elle fait 10% quand Arlette et Olivier ils faisaient 10% ensemble c'est pas la même chose ça donne pas le même message au patronat et au gouvernement qu'aujourd'hui donc je pense que nous on n'est pas on n'est pas là pour faire du témoignage et on le dit dans les meetings et tout tu vois mais oui on pense qu'il y a un enjeu à envoyer des travailleurs dans les instances de la bourgeoisie non pas parce qu'on pense que ça va changer les choses mais parce qu'on pense qu'il faut qu'on mette le nez dans leurs affaires parce qu'il n'y a aucune raison que les mecs ils soient là en train de discuter de nos vies de faire leurs affaires de discuter avec leurs lobbyistes qui leur donnent il y a 60 à peu près 60 lobbyistes par député c'est quand même un truc de ouf tu vois genre au parlement européen au parlement européen il y a 60 en moyenne 60 lobbyistes par député et donc on pense qu'il y a un enjeu parce qu'il n'y a aucune raison que de les laisser seuls sans dénoncer leur magouille sans dénoncer leur trafic et sans dénoncer tous les plans qui sont mais pour la simple et bonne raison que ceux qui discutent c'est de nos vies c'est de nos vies et que ça en fait on dit oui il y a un enjeu à ce qu'on existe là-dedans et à ce qu'on envoie un message et on dit aussi c'est un avertissement ce vote c'est un avertissement c'est un avertissement pour dire que c'est nous qui travaillons c'est à nous de décider c'est un avertissement pour dire que c'est nous qui sommes c'est peut-être eux qui ont les milliards mais c'est nous qui sommes des millions et ce truc d'avertissement je trouve que bah c'est clair et ça peut parler quoi tu vois et de se dire en fait l'abstention elle est muette l'abstention on sait pas ce que ça veut dire tandis que le vote pour les révolutionnaires ça envoie un message

53:40
Présentateur

mais toi demain si tu donc tu es candidate tu es élue qu'est-ce que tu vas faire concrètement au parlement

53:45
Invité

bah je pense que on changera pas les choses là-bas clairement par contre de de mais tu vois de montrer concrètement en fait c'est ça qui se passe et puis de se faire le relais des luttes aussi parce que tu vois de se dire bah en fait là en ce moment MA France les travailleurs de MA France c'est une boîte qui fait des carrosseries d'automobiles pour Stellantis notamment bah en fait d'aller dire en fait qu'est-ce qui se passe les travailleurs de MA France ils sont ils sont en grève ils demandent enfin qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on fait pour eux enfin tu vois de se faire le relais des luttes aussi et de dénoncer les ouais comme je te disais quoi dénoncer leurs magouilles leur trafic je pense que c'est ça c'est ça l'intérêt c'est pas on dit pas vous occupez de rien on s'occupe de tout votez pour nous et on va vous arranger les choses pas du tout c'est oui l'enjeu d'aller mettre le nez dans leurs affaires et de pouvoir les dénoncer je pense que d'abord je sais pas si on peut juger la force ou l'écho de nos idées à l'aune des résultats des élections surtout quand dans les européennes par exemple t'as 50% d'abstention ou de façon générale à l'écho de ouais des élections je suis pas voilà je pense

55:02
Présentateur

les travailleurs votent pas trop aux européennes

55:04
Invité

non les travailleurs votent pas trop aux européennes peut-être pas trop tout court enfin voilà bon mais il faut qu'on arrive à donner un sens à la colère qui existe parce que franchement la rage et la colère elle est présente on le sent tous tous les jours quand on discute quoi après c'est vers où elle se dirige contre qui elle se dirige et c'est ça et c'est là où on a un rôle aussi j'ai envie de dire dans les périodes de calme même si franchement les périodes de calme ça fait bien longtemps qu'il n'y en a pas vraiment eu parce que l'actualité elle est toujours de plus en plus agitée entre les guerres entre l'écologie enfin il y a toujours quelque chose qui nous révolte quand on se réveille le matin t'as un nouveau truc il y a une nouvelle dinguerie dans le monde je sais pas comment le dire autrement mais par contre il faut réussir à donner des perspectives à ça et à pas laisser place à la démoralisation et je pense que c'est ça aujourd'hui notre plus gros ennemi j'ai envie de dire plus que le rassemblement national et conneries qui racontent ou les réformistes qui veulent entraîner dans un mur des mobilisations où j'ai envie de dire c'est peut-être ça l'ennemi qu'on a envie de combattre aussi en priorité parce que c'est ça peut-être la réponse pour tout le reste et ça c'est pour ça qu'on milite au quotidien et qu'on fait appel aussi à tous ceux qui veulent militer avec nous pour combattre cette démoralisation là parce qu'on sait qu'il n'y a pas de raccourci on peut compter que sur nous même

56:38
Présentateur

le contenu militant que vous venez de visionner existe grâce à votre soutien financier je vous remercie

ÊTRE R&VOLUTIONNAIRE EN 2024 ? Entretien avec le NPA R&volutionnaires — Selma Labib · Pourquijevote