L'invitée du jour : Annie Genevard - 14/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05OuverteÉludée
Combien êtes-vous prêts à débloquer pour aider les agriculteurs ?
- 3:19RelanceRéponse directe
Mais les prix vont tomber, Annie Gennevard, vous le savez.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« 98 départements sont actuellement touchés par la sécheresse. »
- 0:47Invité politiquePromesse
« Le gouvernement promet un plan d'aide massif. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Annie Genevard32 %
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Vous écoutez RMC.
RMC, 8h48, c'est une sécheresse comme la France n'en a jamais connue et le monde agricole désespère. Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin sur RMC, RMC Story. Vous êtes la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Annie Gennevard, 98 départements sont actuellement touchés par la sécheresse. 57 sont en situation de crise, 95% du territoire est concerné, c'est du jamais vu. Conséquence, la récolte de maïs, c'est un exemple, s'effondre de 35%. C'est au plus bas depuis 1980. Les deux tiers des neufs phréatiques sont sous les normales, la colère monte dans les campagnes. Le gouvernement promet un plan d'aide massif.
Annie Gennevard, la FNSEA chiffre déjà le besoin en aide à plusieurs milliards d'euros. Combien êtes-vous prêts à débloquer pour aider les agriculteurs ?
D'abord, il faut savoir exactement l'ampleur chiffrée des pertes avant d'annoncer des mesures. Je ne peux pas, moi, en responsabilité, être dans l'approximation. C'est l'objet de la réunion que j'ai convoquée le 27 août prochain avec l'ensemble des préfets, qui doivent me faire une remontée précise des pertes de récolte. Nous avons évidemment des premiers éléments, mais pas encore un tableau d'ensemble. Toutes les récoltes n'ont pas encore eu lieu et il se peut qu'il pleuve, nous l'espérons tous, d'ici la fin du mois. Mais d'ores et déjà, on sait que les pertes sont extrêmement importantes. C'est une sécheresse et une canicule.
Ce sont deux phénomènes météorologiques cumulés qui ont des effets dévastateurs sur notre agriculture. Vous avez cité quelques chiffres. On est inquiet aussi pour le fourrage, l'alimentation des animaux. Vous avez évoqué le maïs, mais on peut évoquer aussi le maraîchage, le maraîchage de plein champ. Les pertes sont très importantes, donc évidemment, l'État sera là dans son rôle de solidarité nationale. Et dès lors que nous aurons finalisé ce tableau, je pourrais donner des chiffres un peu plus précis.
Annie Gennevard, je l'entends. C'est normal, vous devez d'abord évaluer le montant des dégâts. Malgré tout, la FNSEA, elle chiffre déjà, elle, elle dit, par exemple, pour le fourrage, je voulais vous l'évoquer à l'instant, pardon, la nourriture pour les bêtes, elle le chiffre déjà à un milliard d'euros, rien que pour le fourrage. Ce sont des sommes colossales.
Alors, nous verrons cela. Nous n'avons pas encore ces éléments qui nous permettent d'établir de chiffrage précis. Mais ce que je voudrais vous dire, c'est que ce que vivent nos agriculteurs en ce moment implique une solidarité nationale. J'ai vu, et je les en remercie, que certaines collectivités territoriales avaient commencé à déployer des aides. Les assureurs seront au rendez-vous. La grande distribution doit aussi jouer sa partie. Donc, c'est un grand effort de solidarité nationale, duquel les Français ne seront pas exclus dans leur acte d'achat. Je les invite à acheter français des produits agricoles français.
Mais les prix vont tomber, Annie Gennevard, vous le savez.
Bien sûr, bien sûr, l'État sera là. Et si vous le permettez, je détaillerai un peu les choses. Alors, les prix ont augmenté. Moi, je veux tout de suite rassurer. Non, pas nécessairement. Je voudrais mettre fin à une petite musique qui monte. Il n'y a pas de hausse de prix générale dans les rayons. À part peut-être sur quelques produits, comme la salade en sachet, par exemple.
L'interprofessionnel fruits et légumes estime que la hausse des prix sera de 5 à 30 %.
Alors, sera. On nous verra bien. Mais là, je pense qu'il y a plusieurs choses à dire. D'abord, le prix payé aux producteurs ne sera pas nécessairement répercuté par la grande distribution. Il y a peut-être aussi un effort à faire par chacun. Bien, donc, ne soyons pas alarmistes parce que sinon, les Français vont se détourner des produits agricoles de notre pays. Et vous savez, un pays qui abandonne ses agriculteurs, il abandonne l'espoir de se nourrir par lui-même. Donc, il faut être extrêmement prudent. C'est dans l'intérêt de tous. Il faudra accepter des calibres de fruits un peu différents.
Il faut que la grande distribution regarde quand un agriculteur demande une revalorisation de ses prix. Il faut accepter de privilégier l'origine de France à chaque fois que c'est possible. On a un effort de solidarité nationale à faire auprès de nos agriculteurs. Et c'est le sens du plan d'urgence massif que je vais déployer. Parce qu'on ne peut pas laisser les agriculteurs seuls dans cette épreuve terrible.
Ça, on l'entend, Annie Gennevard. Mais malgré tout, Annie Gennevard, vous le savez, tout le monde le sait aujourd'hui. Le dérèglement climatique, il est là. Il même semble s'accélérer. Les épisodes de canicules, de sécheresse, d'inondations, de chutes de grêle, de tempêtes, ils vont se multiplier. Jusqu'à quand l'État pourra aider le monde agricole ? Est-ce que ce n'est pas un puissant fond ? Est-ce qu'il ne faut pas tout simplement changer notre modèle ? Et investir dans ce sens ?
Il ne le faut pas, en effet. Mais on ne peut pas ne pas être aux côtés des agriculteurs par des aides d'urgence. C'est pourquoi je vais, dans les jours qui viennent, annoncer un plan, un volume d'aide qui sera à la main des préfets dans chaque département pour aider les agriculteurs qui ont des difficultés majeures de trésorerie, pour leur permettre de remettre en production, parce que c'est très important de travailler à la prochaine campagne. Je vais faire, évidemment, doter, armer puissamment l'indemnité de solidarité nationale pour tous ceux qui ne peuvent pas être assurés par les dispositifs classiques.
Nous réfléchissons à un prêt sécheresse pour pouvoir faire la jonction avec les prochaines productions. Et puis, lors du prochain budget, nous aurons probablement des propositions à faire en matière de nouvelles mesures fiscales. Mais au-delà de ça, et vous avez raison, il faut travailler l'avenir, mais on n'a pas attendu cette crise majeure pour le faire. Moi, je travaille inlassablement à la transition. La transition, c'est permettre aux agriculteurs d'accéder à l'eau. C'est le sens de la loi d'urgence. C'est le fonds hydraulique.
Et il faudra, là encore, aider les agriculteurs à investir pour changer de modèle. Ça, c'est certain.
Bien sûr, bien sûr. C'est l'objet des contrats d'avenir de souveraineté alimentaire que je mets en place à la rentrée. Évidemment, il faut parler d'avenir.
Merci, Annie Gennevard, d'avoir été avec nous ce matin sur RMCRMC Story. Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture. L'Agriculture.
Annie Genevard