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Podcast / conversationEN VRAI - LE PODCAST DES ENGAGÉ.E.S· 8 juillet 2026 56 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleEnvironnement & énergieInstitutions & élections

SANDRINE ROUSSEAU : ET SI VOUS NE LA CONNAISSIEZ PAS VRAIMENT ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Bonjour Sandrine Rousseau, comment qualifiez-vous votre engagement d'intense ?

  • 1:43OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça coûte d'être aussi engagée ?

  • 3:51OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette incompréhension vient du fait que tu es une femme active ?

  • 4:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que toi tu as vécu cette incompréhension ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Le système est défaillant, pourquoi restes-tu dans ce système ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que tu as vécu la perte de ton amie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:27Fait
    « Je prends plus l'avion pour aller en vacances, je mange plus de viande en fait. »
  • 26:05Fait
    « C'est un endroit qui est fermé à clé parce que c'est l'endroit à la fois de l'intimité avec mon grand-père, ma grand-mère, à la fois l'enfance. »
  • 32:22Fait
    « Il suffira d'un moment de vulnérabilité. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

C'est qui la petite Sandrineau ? Quand je me souviens de mon enfance, je me souviens de la d'avoir eu mal. C'est des moments où j'ai vu la face sombre du monde, tu vois. Je l'ai presque touché du doigt. Il m'a dit "Je veux que tu saches. Je veux que tu vois. Je veux que tu saches." C'est la première fois que je l'explique à un micro. C'est une minute durant laquelle je n'ai été qu'un morceau de viande. En tous les cas, moi ce que je peux dire, c'est que moi j'ai honte de ce qui se passe à gauche.

0:19
Non speech

[musique]

0:24
Locuteur

Bonjour à tous, bienvenue dans En vrai, le podcast des engagés. Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui. J'en profite pour vous remercier de votre fidélité. On est très heureux de vous retrouver avec notre nouvelle engagée Sandrine Rousseau. Bonjour député Bonjour Sandrine Rousseau. Député Europe écologie les verts de la 9e circonscription de Paris 13e arrondissement et cetera. Bon Sandrine Rousseau et engagement forcément ça allait ensemble. Elle a accepté de d'être notre invité aujourd'hui. On vous en remercie infiniment. Il y a deux règles, Sandrine Rousseau dans en vrai. La première règle forcément, c'est que ça s'appelle en vrai.

Donc on fait pas ce qu'on fait d'ordinaire en télévision et cetera. On va pas chercher la petite phrase. On est ni dans le conflit ni dans le débat. Euh par contre, on a envie de savoir qui vous êtes en vrai. Première règle. Et puis la seconde règle, c'est que c'est notre invité qui met les bases et qui fait son émission. Ça commence avec une question. On se dit tu on se dit vous, on se dit quoi ? Je le prends pas personnellement, c'est vous, toi qui décide. Décider. Alors, on se dit tu. C'est parti. Sandrine Rousseau, comment est-ce qu'aujourd'hui Sandrine tu qualiférais ton engagement d'intense.

[rires] [grognement] Intense est de la minute où je me lève jusqu'à la minute où je me couche et même la nuit. Cette nuit par exemple, je pense que j'ai à peu près refait 10 fois une stratégie politique. Donc mon engagement, il est il est constant, il est permanent, il est dans tout il est dans dans tous les aspects de ma vie aussi. C'est je prends plus l'avion pour aller en vacances, je mange plus de viande en fait. Non, tout quoi, tout le temps, quasiment. Enfin après, j'ai sans doute des espaces où je suis pas encore à fond, mais quand même, j'essaie de de l'être au max, quoi. Quand on est engagé tous les jours, même la nuit dans sa vie et que c'est devenu viscéral, presque obsessionnel.

Je ne sais pas, peut-être on en parle. Obsessionnel, je dirais pas ça, mais en tous les cas omniprésent. Ouais. Qu'est-ce que ça coûte ? Ah, ça coûte beaucoup. Ça coûte beaucoup. Alors, je dois quand même dire que moi, j'ai pas toujours été en politique. J'ai fait des allers-retours entre la politique et le monde du travail normal. Et [grognement] euh je dois dire que dans quand je faisais pas de politique, c'était aussi des moments qui pour moi étaient très angoissants parce que j'avais l'impression de de pas mettre toute mon énergie à essayer de changer les choses qui n'allaient pas. Donc, je préfère encore être dans l'action, être fatigué, être épuisé que ne pas faire.

Ça c'est euh un truc particulier. Donc avoir cette impression d'agir, faire les choses, être utile, être moteur de sa vie. En tout cas, moi je me suis fait une promesse, c'est euh faire tout ce que je peux. Voilà. Après euh tout ne dépend pas de moi, il y a plein de circonstances extérieures, mais moi je veux pouvoir me regarder dans la glace, regarder mes enfants et leur dire "J'ai fait tout ce que je pouvais. Après, je peux pas plus." Voilà, j'ai fait j'ai tout donné. [rires] C'est ça la promesse que je me suis, c'est pas forcément la réussite derrière parce que ça dépend pas de nous, mais au moins de l'engagement. Euh qu'est-ce que ça coûte ? Ça coûte aussi beaucoup pour les enfants.

C'est quelque chose, je sais pas si euh dans ton podcast, tu as déjà entendu des politiques en parler. Bien sûr. Ouais. Ouais. Bien sûr. C'est quand même un énorme sujet pour les politiques parce que tout notre engagement, il se situe aussi sur les temps familiaux, sur les temps le soir, tu vois, il faut il faut aller sur des moments où où les gens sont chez eux. Tu as combien d'enfants toi, Sandrine ? Trois. Trois enfants. Trois enfants. Ils ont quel trois enfants à moi et une belle fille. D'accord. Quatre.

Tu sais, on a reçu dans notre podcast une une entrepreneuse influenceuse qui s'appelle Mia à la bit qu'on aime beaucoup, qui a beaucoup pour la santé mentale, qui par ailleurs a rencontré Emmanuel Macron. Bon, on va pas revenir sur la rencontre. Vous pouvez nous regarder, liker, commenter, débattre parce que euh miel, elle fait partie des des engagés qu'on a déjà diffusé [grognement] et elle nous parlait de ce rapport parent enfant et elle disait "Aujourd'hui, les jeunes n'arrivent plus à communiquer avec leur adultes de confiance, avec leurs parents. Il y a une espèce de pont. Il y a il y a un vrai problème d'incompréhension.

Est-ce que d'après toi, ça vient du fait que mais on a on a plus vraiment le choix dans cette vie ? Faut y aller, faut faut travailler, faut s'engager. Il il y a des mamans qui sont seules aussi qui travaillent avec leurs enfants. Elles doivent y aller le matin, tu vois. Elles rentrent tard le soir. Il y a toutes ces ces familles monoparentales. Il y a des familles qui sont qui sont pas séparées mais pour qui c'est difficile aussi. Est-ce que Est-ce que toi tu as vécu ce est-ce que cette incompréhension, elle vient de là au-delà de la politique, du fait que tu es une femme active, que tu dois y aller, que c'est plus fort que toi de toute façon et que tu as pas le choix ?

Il y a sans doute de ça, mais pour moi, il a c'est plus profond que ça. C'est que le système pour lequel on se démène du matin au soir est un système qui met en danger euh l'avenir de nos enfants. Et je pense que nos enfants euh ne comprennent pas ce qu'on fait. En fait, je crois que c'est beaucoup plus profond que ça. Ils comprennent pas qu'on se lève le matin aussitôt, qu'on s'agite comme ça, qu'on fait qu'on essaie de de rattraper tous les bouts, d'être alors que ils savent que dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, on sait pas de quoi l'avenir sera fait. Donc en fait, il y a vraiment un truc, moi je trouve que la nouvelle génération, elle s'interroge beaucoup sur vivre le moment présent.

C'est pour ça que nous la norme dans laquelle on a été élevé, c'est presque fallait faire un plan de carrière, un plan de retraite, tu vois. Enfin, moi mais je me souviens mes parents, ils me parlaient de la retraite quasiment le premier jour où j'ai travaillé quoi. Alors que eux la retraite c'est quelque chose enfin si on interroge les jeunes, je pense que la plupart pensent qu'ils ça n'existe même pas pour eux, tu vois. Donc en fait c'est il y a quelque chose de d'un d'un conflit générationnel d'incompréhension beaucoup plus profonde. Le système est défaillant et [raclement de gorge] pourtant on reste dans le système.

En tout cas nous dans génération, pourquoi est-ce que toi tu restes dans ce système défaillant ? Moi, j'essaie quand même de le changer [rires] du matin au soir, [grognement] mais bah parce que en fait c'est la vie qui est comme ça quoi. Tu peux pas En tout cas, moi j'ai essayé de de prendre de la distance. D'ailleurs, c'est une c'est une discussion que j'ai souvent avec mon ami très proche parce que j'avais deux amis, tu sais, on n pas beaucoup de vrais vrais amis qui comptent énormément à la vie, à la mort, tu vois, un truc. Moi, j'en avais deux. Euh, il y en a une qui est décédée et donc il m'en reste une. Elle est décédée de d'une tumeur au cerveau.

Et euh et donc c'est avec celle qui me reste, elle a fait un un choix totalement différent du mien. C'est-à-dire qu'elle a elle s'est installée dans un endroit euh tout à fait isolé où elle cultive ses légumes et elle essaie d'être vraiment en autonomie complète, de plus du tout dépendre de la société de consommation, d'être complètement à sa marge et euh je vais chez elle souvent pour essayer d'ailleurs de me ressourcer. Mais euh en fait euh c'est aussi le résultat d'une angoisse sur l'avenir. C'est-à-dire que tu vois, tu prépares un endroit où tu sais que s'il y a des crises et cetera, tu auras quand même de quoi vivre, de survivre.

Et moi, j'ai fait un choix inverse qui est de au contraire d'essayer de le changer depuis les lieux de pouvoir. Après, on a fait un pact l'une et l'autre, c'est que moi je me dépense à Paris mais à condition que j'ai aussi un avre de paix où je puisse aller et me reposer et et que quand je pourrais plus mener la bataille parce que je serais trop fatiguée, lassé ou bah que je puisse y aller et me mettre là-bas en rupture. C'est quoi ton histoire avec tes tes deux amis dont l'une ? Hélas n'est plus là aujourd'hui. Comment est-ce que si on rembobine, comment est-ce que vous vous êtes rencontré ? Ça a été quoi le moment où cette amitié fraternelle presque ?

Bah c'était des sauror en tous les casorelles. Euh j'étais à l'université les deux. J'étais à l'université et je sais pas c'est des femmes avec lesquelles j'ai noué des liens qui étaient [raclement de gorge] des liens presque familiaux. D'ailleurs, c'est une des questions vraiment, c'est qu'est-ce qui distingue des liens familiaux, des liens d'amour, des liens d'amitié ? En fait, je trouve que tout ça est quand même assez euh perméable et euh et donc ces deux femmes sont devenues des amis un peu quoi qui se passe quoi, quoi qui se passe. Et euh la première euh euh elle a eu une tumeur, elle avait moins de 40 ans au cerveau.

Elle en est décédée quelques enfin ça va pas durer très longtemps, je dirais 3 4 ans. Et depuis, je me sens vraiment orpheline. C'est vrai. Ah oui, vraiment orpheline. Comme si j'avais perdu une sœur, quoi. J'ai j'y pense je pense à elle très très très souvent. Très souvent. Et il y a pas une fois où je où où je fais où je parle du cancer ou quoi, où je pense pas à elle quoi. Elle est vraiment très présente encore. Ça fait partie de ces de ces liens qu'on Ouais, je sais pas. L'amitié c'est quand même un truc. C'est aussi pour elle, pour sa mémoire que tu te bats au quotidien sur toutes ces questions ?

Non, je dirais pas que c'est pour sa mémoire parce que je le faisais déjà avant que je la connaisse pendant et après. Mais en tous les cas, elle m'accompagne dans mes combats. Ouais. Elle est à côté de moi. Ouais. Est-ce que tu crois qu'il y a quelque chose de plus qui nous dépasse de plus fort quand on est plus sur cette planète ? Est-ce que tu ressens son énergie ? Est-ce qu'il y a quelque chose de plus profond ? Alors, moi je je suis pas croyante, donc euh je pense pas qu'il y a quelque chose après la mort, mais par contre, je suis euh scientifique et donc je pense que les molécules de notre corps ne disparaissent pas.

C'est-à-dire que euh elles se décomposent, on se décompose mais on est là quoi en fait. Et surtout moi je trouve que on laisse une trace qui est pas forcément une trace matérielle. C'estàd que euh moi les gens que j'ai aimé et que j'ai perdu, ils sont encore ils m'influencent encore parce qu'ils ont laissé des traces sur mon parcours de vie. C'estàd que nos discussions, nos échanges, nos rires, nos peines, nos disputes, euh nos valeurs partagées, nos ou non partagé, tout ça a à a créé celle que je suis aujourd'hui. Donc tu as une espèce de trace indélébile. Même si tu t'es disputé par exemple avec la personne, tu la vois pas, en fait ça garde une trace indélébile.

On est le produit de de la multitude de ces rencontres, de ces échanges. Donc oui, après même après la mort. Et moi, je trouve que les les relations, elles évoluent même après la mort. En fait, on rend bobine pour essayer de [raclement de gorge] comprendre qui tu es Sandrine et d'où tu viens. On a compris effectivement, c'est cette amitié très puissante avec ces deux femmes, cette amitié qui a bercé ta vie, qui continue bien sûr à t'accompagner au quotidien, notamment dans cet endroit où tu te ressources, qui est pour toi vraiment une bouffée d'air avec avec cette amie qui est comme une sœur. C'est qui la petite Sandrine Rousseau ? Dans quel univers ?

dans quel schéma familial est-ce qu'elle évolue et est-ce que c'est à ce moment-là dans ce schéma familial qu'elle commence à s'engager ? [grognement] Ah mais moi j'ai l'habitude de dire je suis comme Obélix, je suis tombée dedans quand j'étais petite. C'estd que moi je suis née en 8 mars, journée internationale du droits des femmes. Donc j'ai çavente pas ça seente [rires] pas quoi. Et d'ailleurs, j'ai pris conscience très très tard de l'influence qu' avait eu cette date de naissance. Euh donc euh voilà, je et puis mes parents étaient très engagés. Euh ma mère était une syndical euh euh vraiment euh très engagé.

Mon père était politique et ma mère supportait pas les politiques et mon père pensait que les le syndicat c'était pas suffisant. Donc bref, on avait des discussions assez [rires] Ton père il était à gauche déjà ? Ouais. Ouais, il était socialiste. Enfin, il l' toujours d'ailleurs. Je pense que on est on est socialiste et on finit socialiste. [rires] Je t'aime papa. On est socialiste et on meurt socialiste jusqu'au [rires] bout. Il y a pas moyen dadaja comme dirait Ayana Kura. Non, c'est pas possible. Donc ces deux parents, ils sont là, ils sont tous les deux hyper engagés en vérité. Donc c'est c'est quoi les les repas à la maison, les petits déj ? Tu as des frères et sœurs Sandrine ?

J'ai un frère. Ouais. Oh bah c'est de la discussion permanente quoi. C'est mais c'est pas que ça qui m'a permis de m'engager parce que ça c'était des discussions presque ponctuelle conjoncturelle. En fait ce qui moi je pense que ce qui m'a vraiment structuré au monde c'est déjà que quand j'étais petite un rapport au monde très particulier parce que je pouvais pas courir. Donc un enfant qui court pas ça change complètement son rapport au monde. Ça c'est ça isole, ça fait mal. Par exemple, moi j'ai quand je me souviens de mon enfant, je me souviens de la d'avoir eu mal de de la douleur euh tout le temps, une douleur permanente, quoi. Donc ça ça ça je sais pas ça ça change vraiment.

Enfin, en fait, je sais pas comment l'expliquer mais parce que en plus, j'ai pas vécu d'autres enfance que la mienne évidemment, mais c'est un truc où quand vous voyez vos copines, vos copains courir, s'amuser, rire aux éclats par exemple, moi j'ai des souvenirs où il riait aux éclats et moi je pouvais pas faire partie de ça parce que bah j'avais euh je pouvais pas quoi, juste physiquement je pouvais pas. Et alors, je riais hein, je j'ai une enfance très heureuse hein, mais je veux dire ça ça met forcément un truc de combat, tu vois. Il y a forcément un truc où euh tu es pas sur la même ligne de départ que les autres, quoi.

Je sais pas comment l'expliquer parce que ça ça paraît un peu Non, mais elle est intéressante l'image de la ligne de départ. Il y a la ligne de départ, on court après la ligne de départ puis après il y a la ligne d'arrivée et on arrive pas tous au même endroit au même moment. Donc forcément le fait de pas partir avec les mêmes avantages, en tout cas les mêmes dispositions, ça doit changer quelque chose. Moi je t'ai suivi à l'hôpital Neer à Paris. Donc en plus tu vois toutes les tout enfin de manière très régulière, j'avais des je dirais presque toutes les semaines, je pense toutes les semaines, peut-être même plus que toutes les semaines, j'avais des rendez-vous.

Donc en fait, tu vois, j'ai tout mon tout mon agent tout mon emploi du temps de gosse, c'était j'allais à Necer, euh je traversais en plus le couloir des enfants qui avaient le cancer, euh donc il avait plus de cheveux et tout. Enfin, tu vois, c'est un monde quoi. C'est dire que c'est euh et quand je dis ça, je veux pas du tout faire causette ou quoi. C'est juste que c'est un monde où presque très tôt tu es plongé dans la réalité du monde. Tu Moi, j'ai pas eu une enfance, je pense pas que je puisse dire que j'ai eu une enfance épargnée des soucis en fait. C'est comme si dès d des toutes petites, j'étais un peu presque plongée dans le grand bain trop tôt, quoi. Et puis euh il y a ça.

Puis après, moi j'ai encore eu un autre truc qui m'a vraiment formaté politiquement, je pense, c'est que et ça c'est un truc qui à mon avis devrait être beaucoup plus interrogé en ce moment, c'est que mon grand-père était gueule cassé. Donc il avait la moitié du visage, la partie droite du visage qui avait été arraché par une balle allemande. Donc il avait plus d'oreilles, il avait plus d'ieux. Enfin, son œil ne marchait plus et puis il avait plus de jou, tu vois. Et euh et il m'a emmené en vacances et je suis la seule de ses petits enfants.

Alors, mon frère, je crois qu'il l' emmené une fois, je suis seule de ses petits enfants à qui il a fait ça, mais il m'a emmené en vacances dans le club de vacances des gueules cassées. Et ça, tu vois, quand tu as 6 ans ou 8 ans et que tu es qu'avec des hommes qui ont perdu le visage au combat qui ne parlent que de la guerre, en fait, c'est un truc de ouf. C'est un truc de ouf.

Donc en fait tout ça m'a fait euh m'a m'a construit une espèce de de enfin ouais à a fait de moi des fond à créé chez moi des fondations politiques d'une solidité que je pense parce que c'était quoi le moteur quand tu voyais alors déjà quand tu étais petite et que tu disais j'ai une maladie c'est comme ça tu étais dans l'acceptation ou tu étais dans la colère et l'incompréhension et quand tu voyais ces gueules cassé qu'est-ce que ça provoquait chez toi c'était de l'injustice ? C'était de la peur ? C'était d'autres questionnements. Tu étais petite. Tu étais très petite. J'étais très petite. Et d'ailleurs, je suis depuis que je suis député, je suis retourner aux gueules cassées.

J'ai rencontré les responsables des gueul cassé aujourd'hui. Et ils ont retrouvé le dossier de mon grand-père. Et et dans le dossier de mon grand-père, ils ont trouvé cette lettre de mon grand-père qui demandait s'il pouvait amener sa petite fille au camp de vacances parce qu'il y avait pas d'enfant. J'étais la seule enfant là-bas. Et donc le père de ta mère ou de ton père ? De ma mère. D'accord. Et ça m'a ému truc. C'était euh parce qu'en fait il demandait si c'était adapté pour des enfants et donc les gueules cassées lui avait dit "Bah oui, tu peux vous pouvez amener votre votre petite fille et donc tu vois c'était pas du tout commun quoi.

Et je pense que je suis une des rares enfants à être allé là-bas. Je suis même pas sûre qu'il y ait beaucoup d'enfants en France qui ai eu cet accès à la guerre." Tu vois, il y a parce que dans ma génération euh la guerre, on l'a mise à distance et euh donc et moi j'étais je suis une des rare à avoir vu ça et du coup je pense que ma construction politique, elle est tu vois dans les premières années de ma vie en fait. C'est c'est pas une construction politique opportuniste, c'est pas une construction politique d'avant-hier quoi. C'est pas une construction politique qui s'arrêtera demain même si j'arrête la politique, c'est impossible. C'est en fait c'est je suis construite comme ça.

Je je suis née au monde comme ça d'une certaine manière. Des fondations, elles ont été construites comme ça. Ouais. Donc en fait la politique c'est presque vital, c'est presque ma vie. Je sais pas comment l'expliquer, tu vois. Mais ça fait partie de tout ce que tu as vécu de ton éducation. C'est les fondements hein, quand on parle de tous ces fondements. Euh et donc quand tu disais ça les les gueules c alors déjà bon sur la sur la maladie en fait c'est vraiment la douleur hein. Moi ce qui m'a tu gardes ça hein. C'est la trème fois que tu dis tu as Oui mais avoir une enfance où tu as mal tu parce que moi j'avais des barres de fer tu vois.

J'avais des chaussures avec des barres de fer et tout mais ça faisait un mal. C'était quoi cette maladie ? C'était une une malformation congénitale des hanches. Donc euh j'avais vraiment des chaussures. Euh en plus euh chaque fois que j'allais à Néer là-dessus, il me il me resserrait euh les barres de fer et tout vraiment. Et je me souviens de ce moment, tu vois, où tu pars à l'école et tu dois mettre la chaussure [souffle coupé] [rires] et tu fais "Non, je veux aïe aïe aïe, je veux pas mettre cette chaussure." Bon bref, mais je dis pas ça pour vraiment je dis pas ça parce que j'ai une enfance heureuse. Je je tiens vraiment à le dire.

C'est c'est pas c'est juste que c'est un rapport au monde qui est différent. C'est vraiment voilà c'est ça s'explique pas. Il y a pas d'insouciance dans ce monde là. Moi, j'ai pas vécu dans un monde insouciant, jamais. C'est pour ça aussi je pense qu'aujourd'hui euh j'ai tout cet engagement parce que euh je ne peux pas parce que je ne connais pas cet espace de l'insouciance. Je crois que je l'ai jamais je l'ai jamais connu. J'ai j'y ai jamais été et je pense que je le serai jamais en fait. Tu vois, c'est un un monde qui m'est euh qui m'est euh impossible et puis surtout qui m'est inatteignable, inaccessible. Et pourtant, tu dis que tu as eu une enfance heureuse. Absolument.

Très grâce à tes parents, à ton grand-père et cetera. Mais grâce à tout. Grâce aussi au médecins qui m'ont soigné, grâce à mon grand-père qui m'a adoré, grâce à voilà, grâce à plein de choses, grâce à tout, grâce à la sécurité matérielle aussi que j'avais parce que ça, tu vois, quand on n pas la sécurité matérielle, c'est aussi plus compliqué grâce à mon frère, grâce à grâce à tout vraiment. Donc, je veux vraiment pas faire pleurer dans les chaumières. Juste le truc c'est qu'il faut si là le podcast c'est comprendre qui je suis, je pense qu'on peut pas comprendre qui je suis si on sait pas ça en fait. Mais ça c'est très intéressant.

Ce qui m'intéresse aussi Sandrine, mais mets-toi à l'aise, tu sais, tu es comme chez toi ici s'appelle en vrai hein. Euh ce qui m'intéresse, c'est cette famille du côté maternel. Hm. Parce que je je me demande dans quel univers ta maman hyper syndicaliste engagée et apparemment pas socialiste parce que sinon tu m'aurais dit que ta maman est socialiste par ton papa. Elle apparemment pas du tout socialiste. Très engagée. Non, elle elle était syndicaliste, elle aimait pas les politiques, elle estimait qu'ils étaient hypocrites. Non mais c'est [rires] Mais mais repas de famille c'était un truc.

C'était quoi le repas de famille entre le fromage et le dessert en passant par Je sais pas c'était un truc où euh ma mère c'était une meneuse de grève, tu vois. Elle avait euh et elle trouvait que les politiques ils étaient mou, ils étaient lâches, ils étaient euh puis alors il y avait mon père à table et mon père il dit "Ouais mais si moi je vote pas les trucs." Alors lui il était juste mère mais si moi je fais pas les trucs ta grève elle sert à rien et cetera. C'était vraiment c'était je [grognement] sais pas c'était spécial c'était [rires] elle ça force à l'apprendre son père. Quand tu as un père qui a une gueule cassée, tu t'en sors pas. Indem non plus, hein.

Enfin, toi, tu l'as dit, quand tu as un grand-père et que tu vois toutes ces scènes toutes petites, mais imagine quand c'est ton père. Oui, mais alors ce qui est fou, c'est que mon grand-père n'a jamais parlé avec elle de ça. Il ne l'a jamais emmené aux gueules cassées. Il l'a jamais emmené à aux commémoration de la guerre là où il a eu le la balle dans la tête. En fait, j'en ai même parlé récemment avec mon papa et en fait ma mère ne savait quasiment rien de l'histoire de mon grand-père et il me l'a transmise à moi. Comment dire ? Il m'a transmise son histoire à moi. Pourquoi toi ? Pourquoi le ch ?

Ben ça c'est alors ça je veux dire c'est une question je pense j'aurai ma vie pour essayer d'y répondre parce que [rires] la charge de ce truc je ne sais pas j'ai pas de réponse à ça. J'étais la première j'étais l'aînée de ces petits enfants. J'étais la seule fille mais je saurais jamais. Mais en plus, il me l'a transmis à dessin. C'estàd que il parce que un jour, on était dans un dans une commémoration d'un massacre de civil par les Allemands où il s'est effondré, il s'est mis à pleurer et tout et tu vois quand ton grand-père il se met à pleurer, c'est quand même pas rien. Sa qu'on était quand même pas à l'époque où les hommes il pleuraient beaucoup, tu vois.

[rires] Et et donc je lui ai posé des questions au retour et il m'a dit "Je veux que tu saches. Je veux que tu vois, je veux que tu saches." Donc en fait c'était une démarche vraiment de transmission tu vois. Il m'a emmené au gueule cassé. C'était pas par hasard, c'est parce qu'il voulait cette transmission. Il voulait créer ça. Il voulait que je vois, il voulait que je sache, il voulait que je sois clairvoyante. Il a emmené ton frère aussi ? Alors, je crois que une fois mon frère est venu mais il est resté que deux ou trois jours. Mais moi, j'y suis allé plusieurs fois. Ouais. des semaines.

Tu sais qu'en t'écoutant sur les plateaux, entre ce vant ailleurs, je me suis toujours dit euh cette femme, je trouve qu'elle a il y a deux sens dans cette femme. Tu vois, il y a la femme hyper lumineuse là quand tu souris, quand tu nous expliques, quand tu nous racontes et il y a le côté très fort, parfois fermé et parfois un peu sombre dans ton regard. Et je me suis toujours, je te le dis, tu vois Sandrine parce que c'est hyper important et précieux cette conversation qu'on peut avoir aujourd'hui pour nous, pour les gens qui nous regarde, pour ceux qui vont découvrir. Et je me suis dit qu'est-ce qui a fait ?

Qu'est-ce qui a fait qu'un jour cette femme, tu vois, qui est hyper lumineuse, qui a un truc très vivant, qui aime la vie a en même temps ce côté hyper sombre et qui peut être fermé, tu vois le côté un peu carapace sombre, je dirais fermé mais pas sombre. fermé. Oui, mais parce que en fait, tu vois, tu me posais la question tout à l'heure sur les gueules cassées, enfin faut mesurer ce que c'est. En fait, c'était des hommes qui étaient ultra traumatisés, qui avaient des masques pour cacher parce que souvent ils avait un bout de mâchoire en moins ou du le nez en moins.

Donc en fait, tu avais je sais pas comment expliquer mais tu vois, tu avais tout toute la gorge, la langue apparente, les dents, tu avais les sinus et cetera. C'était vraiment des visages d'horreur objectivement. Et euh et d'ailleurs quand je suis allée aux gueules cassé récemment, ils m'ont dit "Mais comment une enfant a pu voir ça ?" Parce que moi ma femme, c'est le président, je crois qu'il m'a dit ça.

"Ma femme ne veut pas y aller tellement c'est dur." Et en fait, ils avaient des masques et quand ils enlevaient leurs masques, bah euh ils bavaient, il crachaient, ils arrivaient pas à manger à part qu'avec des pailles et il ne parlaient que de la guerre, des traumatismes de la guerre et cetera. Et euh et donc en fait c'était un monde parce qu'en plus ils se lâchaient puisqu'ils étaient entre eux, tu vois ? Parce que sinon il fallait qu'il vivent dans la vie autrement. Il fallait qu'il vivent normalement, j'ai envie de te dire. Et là, ils pouvaient se lâcher. Ils étaient que entre personnes qui se ressemblaient et donc il pouvaient se lâcher.

Et moi, je crois que ces moments-là, c'est des moments où j'ai vu la face sombre du monde, tu vois. Je l'ai presque touché du doigt. J'ai été propulsée dans un univers où j'ai vu la face sombre de l'humain, tu vois, vraiment pas des personnes qui étaient là, mais de ce qu'ils avaient subi, de la guerre, de pourquoi on fait la guerre, du nationalisme, de ce que ça génère, de euh Ouais. de tout ça. Puis tu vois, mon grand-père, il était il avait une ferme enfin il était ouvrier agricole donc il était garçon de ferme, on appelit ça à l'époque et il était sur une ferme sur la ligne de démarcation.

Donc il me racontait que lui il dormait par exemple dans la dans la grange et que des fois la nuit il se réveillait et il voyait qu'il y avait des personnes juives qui étaient dans la grange aussi, tu vois. Donc en fait voà ça moi je l'ai pas vécu, je l'ai pas vu, mais je veux dire euh tout cet univers là euh qui est quand même un univers particulier quoi. H et je pense que ça ça m'a ça a créé chez moi quelque chose, un endroit en moi où je sais de quoi l'homme est capable, tu vois. Je sais pas quelque chose de cet ordre làà quoi pour des idéopolitiques, pour des guerres, pour des nationalismes, pour des trucs comme ça.

Et ça c'est un endroit qui est fermé à clé parce que c'est l'endroit à la fois de l'intimité avec mon grand-père, ma grand-mère, à la fois l'enfance, à la fois puis quelque chose qui est inexplicable en fait, tu vois, je crois que c'est la première fois que je l'explique à un micro. C'estd que c'est inexplicable sur un plateau télé. Qu'est-ce que tu vas raconter ça ? Tu vois ? Tu vois quand tu me reçois sur France TV, je peux pas te raconter ça. C'est pas possible. Tu vois, on est sur l'actualité. Est-ce que vous faites alliance avec machin avec truc ? Ce serait pas inintéressant. Oui, mais en fait, il y a pas d'espace pour ça. C'est c'est vrai qu'il y a l'espace est archi réduit. Voilà.

Et et pourtant euh parce que moi on me renvoie souvent que j'ai une forme de sincérité aussi dans mes combats politiques contrairement à d'autres personnalités. Mais même dans tes discours, dans les phrases que tu vas sortir qui sont elles sont pas calculées. C'est quelque chose, on le sent. Puis quelque part, je n'ai pas peur de l'affrontement, j'ai pas peur de l'adversité. Mais parce que j'y suis en fait voilà, j'y étais confronté tout le temps.

Tu vois, tu [grognement] parlais de combat tout à l'heure, tu parlais de combat et c'est vrai qu'on a l'impression Sandrine, mais dis-moi si je me trompe, c'est c'est ce que je ressens que toi tu es dans un combat permanent même avec ce qui t'entoure, même tu vois même avec ceux parfois de ton propre parti. Je vais juste citer si je te dis tu nuies à la cause Ouais. [rires] Qu'est-ce que ça provoque chez toi si je te dis ça ? Déjà, tu nuies à la cause, c'est ton livre. Ouais, c'est mon livre. Tu nuis à la cause. C'est une phrase que j'ai énormément entendu, compris dans mon propre camp.

Et je pense qu'il y a une partie de la population, une partie des journalistes, une partie de mon parti qui ne comprend pas la la ma stratégie politique, ce que je fais, la manière dont je parle, pourquoi je dis ça, comment je fais ça. Alors, d'ailleurs, c'est très étonnant parce que euh tu vois, quand je suis arrivée en politique là en 2022 avec la primaire, j'ai été une espèce de boulet de canon dans le dans le paysage politique. J'avais l'impression que j'étais les gens, ils me regardaient comme ça genre qu'est-ce qui va se passer quoi.

[grognement] Et j'ai l'impression que les gens s'habituent en fait à moi, tu vois, à mon discours politique, à ma manière de parler et que même si je prends les thèmes qui que j'ai porté, que ce soit le féminisme, la radicalité écologiste, le l'antispécisme et cetera, mais en fait ça infuse la société. Alors je dis pas que c'est moi toute seule hein, loin de là.

Mais c'est comme si, tu vois maintenant le terme masculinité, c'est un terme qu'on utilise de manière courante dans le débat politique alors que je pense objectivement quand même avoir été, si ce n'est la première, du moins parmi les pionnières sur ce thème-là en politique, [grognement] pareil sur sur la nourriture comme objet politique. En fait, tout ça, je pense que voilà, je alors après on on l'utilise après dans le commun, donc il y a quelque chose qui me qui m'échappe, qui ne m'appartient plus mais quelque part c'est ça que je souhaite he c'est-à-dire que moi j'ouvre des portes parfois à coup de tatane, [rires] c'est clair.

Et puis une fois que la porte est ouverte, tout le monde peut y passer quoi. H tu dis même au sein de mon parti, parfois on a du mal à on a du mal à saisir ma stratégie politique. Comment tu l'as perçu ? Ça a été ça a été quand la première fois ? Parce que peut-être on rembbobine encore une fois. Comment est-ce que tu arrives dans ce monde politique ? On a compris l'enfance, on sait d'où tu viens. Peut-être on reviendra un peu sur les parents après, mais le monde politique, comment il s'ouvre à toi et les écolos en particulier ? Pourquoi ce virage ? Quel virage ? Ce virage politique. Parce que tu as dit, je commence à rentrer dans la politique mais je travaille en même temps.

Tu sais le jour où tu commences à rentrer en politique, ça a été quoi ce moment ? Ça a été quoi cette opportunité peut-être ? C'était quoi cette rencontre qui a fait que c'était parti Sandrine Rousseau allait devenir un personnage politique ? Déjà, j'ai eu des allers-retours. C'estd que le monde politique est un monde de objectivement d'un cyisme, d'une violence, d'une perversité aussi qui pour moi est compliqué, tu vois. C'est pas c'est pas complètement simple d'évoluer dans ce monde là. Et donc j'ai toujours fait des allers-retours entre mon métier, ma vie de famille et la politique. J'en ai fait plusieurs.

Et [grognement] la dernière fois, j'avais dénoncé des violences sexuelles dans mon parti. Euh voilà, ça s'était plus ou moins bien passé. Et du coup, j'ai pris 4 ans de pause, j'ai créé une association puis je suis revenue. Et en fait, ce truc des violences sexuelles pour moi, ça a été un déclic. C'estàd que euh je me suis j'ai tu vois j'ai tout fait pour échapper aux violences. C'estd que j'avais euh le pouvoir politique, j'avais le pouvoir social, j'avais le pouvoir tu vois, enfin je veux dire normalement une une femme dans la position dans laquelle j'étais, c'est chercheuse et cetera, dans un parti politique sur l'économie en plus et cetera, normalement je devais pas subir ça, tu vois.

Et en fait, le jour où ça s'est passé, j'ai compris un truc fondamental, c'est que quoi que je fasse, quoi que je fasse, je serai toujours ramener à mon corps de femme et que ça en fait c'est inacceptable pour moi. Tu vois, c'est dire que quoi que je fasse, quel que soit le le la position que j'occupe, je seraiis toujours ramené à un sexe sur patte et que ça ça n'est pas possible pour moi. [rires] Et et ça, je le combattrai toujours. Mais comme une personne à la peau noire sera toujours ramenée à sa peau. C'est quoi cette violence dont tu parles ? C'est la faire. C'est l'affaire beauin. C'était un an avant de Mitou.

On se on se représente plus les trucs parce que ça ça a explosé depuis mais c'était un an avant Mitou et euh Denis Bupin était vice-président de l'Assemblée nationale à l'époque et donc avec quatre femmes Isabelle Athar Annie Lamur et Hélène de Bost de répondre à un journaliste en deux journalistes Lanique Bredou et et Cyril Gradiani à deux journalistes on leur on leur dit ce qui s'est passé et les agressions et le harcèlement qu'on a subi avant mis tout, on ne parlait pas du tout de ça quoi. Et on se dit à 4, on y va. Et là, explosion, tu vois, explosion. Euh ta vie bascule, tu comprends pas ce qui se passe. Voilà.

Et donc à ce moment-là euh je me suis dit non mais on ne peut pas laisser les femmes être à ce point-là vulnérable simplement parce qu'elles sont femmes et donc à la à la portée de la violence des hommes et on ne peut pas une fois qu'elle parle briser tout ce qu'elles sont, leur carrière, leur leur potentiel parce que moi à partir du moment où j'ai parlé, je j'étais plus économiste tu vois. J'avais plus de docteur en économie, j'étais plus chercheur en économie, j'avais plus rien quoi. J'étais juste une victime. Ça c'est pas possible. Donc c'est c'est ça c'est cette expérience encore une fois vécue qui m'a permis de comprendre quels étaient les ressorts.

Et je pense qu'aujourd'hui si je parle aussi fort des violences sexuelles, parce que je pense qu'on peut m'accorder ça, euh si j'en parle aussi fort, c'est parce que très intimement je sais ce que c'est. Et donc je peux parler de toute la face cachée qu'on ne voit pas. Mais comme euh si on m'interroge sur la guerre, je pourrais parler de la face cachée de la guerre avec ton grand-père. Ouais. Mais en fait et ça pour moi c'est ma force politique.

C'est une forme de de un peu de superpouvoir c'estàd que ça me permet à la fois d'avoir une analyse intellectuelle et tout parce qu'évidemment euh euh mon métier fait que je l'ai mais aussi euh d'avoir ce lien entre le débat idéologique et l'intime qui crée pour moi cette déflagration. C'est parce qu'on me demande beaucoup si je prépare mes petites phrases ou pas. Jamais je les ai préparé. Il y a aucune des phrases qui a qui est montée jusqu'au New York Times que j'ai préparé. Tu vois, le barbecue, c'est passé au New York Times, c'est pour ça que je dis ça. Cadavre de vache non plus parce que cadavre de vache peut-être qu'ils vont l'utiliser, hein. C'est dans la carte. [rires] Maybe.

Ça faudra qu'on en parle. Mais tu vois, c'est euh c'est ce truc entre l'int la construction intellectuelle qui crée pour moi ce truc de déflagration. Il y a encore encore encore la notion de combat qu'il faut sortir de l'eau, qu'il faut combattre encore et toujours. Quand on subit une agression, tu t'en souviens, j'imagine très bien de cette agression. C'est c'est très dur. C'est très dur de pouvoir oublier ça. Je pourrais même te dire la couleur du mur, tu vois. Mais bien sûr. Et c'était en 2000, je sais plus 2012, je crois. Il se passe quoi à ce moment-là en 2012, quand tu te fais agresser ? Comment est-ce que comment est-ce que tu expliques toi ce moment ?

Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Comment tu l'intellectualises ? Tu vois ? Bah si en plus j'anime un débat, je suis à la tribune. C'est un moment très difficile où je m'en prends plein la tronche. C'est hyper tendu. Il y a c'est une réunion de à l'intérieur de mon parti. C'est vraiment un moment difficile à passer. Je suis accusée d'avoir mal fait. Donc c'est un moment où je suis mise en cause et euh il y a une pause enfin où je demande une pause, je vais aux toilettes et sur le chemin des toilette le fameux Denis Bopain euh m'attend et rentrer par un autre endroit. Je sais même pas par où il est rentré en fait.

Il me plaque contre le mur et m'agresse et en fait il dit mais il suffira d'un moment de vulnérabilité tu vois c'est ouf ce truc c'est ouf il suffira d'un d'une seconde de vulnérabilité tu te souviens de ces ces gestes à ton égard ? Ah ben bien sûr il me plaque au mur et en me tenant les ça en m'embrassant de force. Et il y a personne autour ? Non il y a nobody c'est incroyable il y a il y a plein de monde autour. C'est que la réunion, elle est juste là, tu vois. C'est le couloir des toilettes. Donc Mais à ce moment-là, tu es seul avec lui. Ouais, mais ça dure pas très longtemps, hein. C'est Ça dure, je sais pas moi, je saurais pas te dire, mais ça dure peut-être une minute.

Mais c'est une minute qui a qui a fait basculer euh aussi les choses. C'estd que euh c'est une minute durant laquelle je n'ai été qu'un morceau de viande. Tu viens [rires] viens. [souffle coupé] En tous les cas, j'ai été qu'un morceau de chair. Hm. Voilà. Et surtout que il s'est permis de prendre le pouvoir à ce moment-là. C'est que le mec il s'est dit à ce moment-là, elle elle est en situation de vulnéra de vulnérabilité, je peux m'autoriser à prendre le pouvoir sur elle. Dans tes rêves, mec, [rires] c'était mal te connaître apparemment.

Sandrine, est-ce que tu as l'impression, tu sais, tu dis, tu l'as dit au début de notre entretien, tu as dit "Moi, mon engagement, il est viscéral, il est le jour, il est la nuit, il est omniprésent." Ouais. omniprésent dans ta vie. Est-ce que la vie pour toi aujourd'hui avec tout ce que tu as vécu, avec ton enfance, avec ce que tu as appris et cetera, euh avec ce que tu as aussi vu hein, documenté hein en tant que député, en tant qu'engagé, femme politique et tous les gens que tu as pu rencontrer, c'est un peu toi sur un ring constamment. Est-ce que c'est l'image et toi tu le vois comme ça ? Mais moi, je le vois pas comme ça. Faut comprendre ça. C'estd que moi je le perçois pas comme ça.

Moi c'est juste un état normal en fait, tu vois. Je fais pas un effort pour rentrer au combat. Je me dis pas je suis en combat. Pas du tout. Parfois c'est malgré nous hein. Parfois on est sur un ring malgré nous hein. Oui, c'est ça. Moi je je me fais je me dis pas je vais combattre les mascul aujourd'hui tu vois. [rires] Je me lève pas le matin en disant ça. Un peu quand même. Un peu. Tu combats je le fais tout. Non c'est naturel le combat. Il est naturel. B en tous les cas, je pas tuis c'est pas une stratégie que j'arrête à 17h12 parce que j'ai fait mon job quoi. C'est pas ça.

C'est c'est pour ça que il y a aussi un truc et qui je pense rend fou une partie de l'extrême droite, rend folle une partie de l'extrême droite, c'est qu'ils sentent qu'ils pourront jamais m'atteindre parce qu'en fait c'est pas un truc que je construis, tu vois. C'est pas un truc que je fabrique. Je sais pas comment le dire. Mais si tu t'étais pas engagé en politique, qu'est-ce que tu aurais fait ? Est-ce que parfois tu poses C'est [rires] ça, tu te poses la question, c'est juste pas possible en fait. Autrement, mais j'en aurais j'aurais fait de la politique. Je peux pas faire autre chose. [rires] Je peux pas je peux pas renoncer à changer le monde. Ça je peux pas. C'est pas possible hein.

Non. Jusqu'au bout du bout du bout. Ah mais je pense que je serais vieille en ÉPAD. Je montrai un jeai front antidirection. [rires] Personne va me vouloir. Ou alors je réclamerai des repas bio. Je sais pas. [rires] Bien sûr. Il y a un truc très touchant quand même autour de Sandrine Rousseau quand on apprend à la connaître. [grognement] Ça te coûte quoi quand même dans ton quotidien avec ta famille ? Ça t'a coûté quoi avec tes parents peut-être aussi avec ce rapport avec ton mari ? Les enfants, tu l'as dit au début he tout de suite, c'était on a vu que c'était pour toi le plus prnant, le plus important mais ça te coûte quoi au quotidien et ça t'a coûté quoi ?

Alors, j'ai la chance que mes parents et mon père, puisque c'est lui qui me reste, ne juge pas ce que je fais. C'est en fait lui il m'aime et [grognement] il me il me transmet cet amour et cette confiance de manière universelle, sans conditions. Et donc c'est très puissant ça parce que si je devais en plus rentrer chez moi et avoir le jugement de mon père, tu vois, ce serait pas facile en fait. Ou celui de ma mère, mais ma mère elle est plus là. Et donc ce truc d'amour inconditionnel, c'est le truc le plus fort qu'on puisse donner à ses enfants.

Et moi je dis à tous les parents, alors vraiment si j'ai si je peux me permettre un conseil, c'est arrêter les parents qui disent il faut que tu deviennes ça, il faut que tu fasses ça et si et machin. En fait la force d'un amour par enfant, c'est un amour inconditionnel. C'estàd que on n' pas besoin que l'autre devienne ce qu'on a envie qu'il devienne pour l'aimer. Et en tous les cas, moi mes parents, ils m'ont appris ça. C'est qu'ils m'ont appris cette que on pouvait avoir cet amour inconditionnel. Euh voilà, j'avais des chaussures orthopédiques avec des barres de fer. J'allais tous les t toutes les semaines à écer et cetera.

Je sais pas si c'était toute la semaine à Né ou dans les rendez-vous médicaux parce que je veux pas non plus qu' Mais tu vois, j'allais chez le kiné, j'allais chez le ma sœur, j' chez enfin bref. Euh donc j'étais pas l'enfant probablement qu'ils espéraient, tu vois. Je sais pas si on a mais ça n'a jamais joué jamais j'ai ressenti la moindre déception de leur part, tu vois. Donc malgré le fait qu'avec ton père euh malgré le fait que ce soit un socialiste de la première heure et jusqu'à la dernière heure et tu as jamais jugé, tu as toujours accepté tu étais dans jamais jamais jamais. Après, il peut ne pas être d'accord avec moi, hein.

Je te dis pas qu'il il est pas dans l'admiration, tu vois, il est dans le non jugement, c'est pas pareil. Ton époux, ça se passe comment au quotidien à la maison ? Ben très [grognement] bien, très bien. C'est pareil, il est dans le non jugement donc euh Il est dans le soutien donc Ouais. Non, c'est top. Ça c'est hyper important d'avoir une famille soudée et cetera. H forcément le quand on est engagé et quand on est engagé en politique, il y a des tu sais, il y a des objectifs, il y a des combats bien évidemment, c'est pas à toi que je vais l'apprendre. Et puis là, on a un grand rendez-vous hein, qui nous attend. C'est 2027. Ouais.

Comment est-ce que Mais ouais, mais ouais, c'est une vraie question. C'est une vraie question. Tu sais sur les réseaux, j'ai demandé à à nos à nos followers d'ailleurs vous likez, vous commentez, vous partagez, vous nous posez vos questions. J'ai demandé de poser des questions à nos futurs invités et il y a quelqu'un qui m'a dit "Si vous recevez Sandrine Rosseau, j'ai une question pour elle." Al voilà sa question, elle s'appelle Gaë et elle dit "Comment est-ce qu'on incite les gens aujourd'hui à s'intéresser à nouveau à la politique alors qu'on a l'impression que de toute façon on n jamais entendu et que ça sert à rien ?" C'était littéralement sa question et elle m'a saisi sa question.

Je c'est important. On a un grand rendez-vous avec l'histoire de notre pays là en 2027. Peut-être un moment de basculement ou pas, on ne sait pas. Et il y a cette question pour toi Sandrine. J'ai pas de réponse facile à ça, tu vois. C'est pas simple. et Gaë, je suis désolée mais je savais pas avoir de réponse très simples, mais pour moi, il y a un truc de de sincérité et d'authenticité et de de contrat vrai avec les personnes. C'est euh voilà ce que moi je peux porter de votre parole. Je pourrais pas aller sur ce terrainlà. Je pourrais aller sur celui-là. Je ferai de mon mieux, ce sera pas parfait. je fais comme je peux mais en tout cas je fais toujours mieux.

Et je pense que cette ce truc aussi d'accepter nos limites, nos défaillances, nos bah c'est une manière aussi de ne pas être au-dessus mais d'être à côté et avec quoi. Tu sais, il y avait Yelle Bron Pivé à ta place il y a il y a quelques jours et en fait elle nous a dit ce qu'on oublie c'est que quand on fait de la politique, on reste de toute façon des humains. Donc oui, à un moment où on va se planter et c'est important de dire qu'on qu'on s'est planté. Bon après on pense qu'on veut ou pas de de cette parole en ce qui concerne il allal pivé mais elle eu le courage de nous dire ça. Tu en penses quoi de ça ? Est-ce que toi tu t'es déjà dit là ?

Ouais, je me suis plantée, je suis désolée, je suis un humain mais je vais faire mieux. Je vais me battre, je vais continuer. Ah ben moi, je me remets en cause tous les jours. Je c'est faut pas croire que nous sommes en tout cas que je suis euh une personne [grognement] euh une espèce de de bloc de béton. Pas du tout du tout hein. Pas du tout. Moi tous les jours, je me remets en cause. Tous les jours. Tous les jours, je me dis qu'est-ce que est-ce que ça c'est bien ? Est-ce que ça c'est pas bien ? Comment je peux parler de ça ? Euh euh comment je fais ?

Tu vois, par exemple, je fais beaucoup à un Tour de France, j'en fais pas énormément publicité, mais euh là, je vois des gens mais vraiment très très différents les uns des autres et cetera. Mais moi ce qui m'intéresse, c'est vraiment de les les entendre, entendre leurs mots, entendre les moment où leur voix [grognement] euh euh trébuche un peu, les moments où au contraire euh il y a de l'énergie, les moments les endroits où je les sens abattus. En fait, pour moi, c'est très très important ça, tu vois, de sentir les les vraiment au fond des gens pour après pouvoir porter h une autre parole.

Bon, c'est c'est toujours dans dans ces tu sais dans ces discussions de vérité, dès qu'on reparle de politique, on a l'impression, ça y est, qu'on a basculé. Mais mais j'aimerais qu'on le fasse avec beaucoup d'authenticité parce que on évoquait 2027, on évoquait tes combats, on évoque la femme que tu es et bingo hein, tu es une femme politique hein, tu es même une enfant politique. Ça veut dire que la politique une enfant politique, ouais, elle coule dans tes veines. C'est ce que tu enfant devenu adulte politique. Ouais, c'est ça. Déjà enfant, tu faisais de la politique, tu avais tes combats, tu avais tes engagements.

On a très bien compris aujourd'hui qui tu es et ce que tu as traversé Sandrine. cet enfant politique, cette femme politique, cette politicienne peut-être euh comment est-ce qu'elle explique que le parti de la gauche hein, la grande gauche hein, le le fameux Nouveau Front populaire et cetera et cetera, euh paraît disloqué aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu dis à ces électeurs ? Mais avec beaucoup de vérité, tu vois, avec cet enfant politique que tu es, qu'est-ce que tu dis aux gens qui ont misé sur la gauche, qui ont des idées de gauche, qui ont à cœur à gauche, qui ont du sang à gauche ? Qu'est-ce qu'est-ce que tu leur dis ? Comment tuexpliques ce qui se passe aujourd'hui tous les candidats ?

Le fait qu' est tellement de gauche que ça va être hyper difficile de s'unir pour 2027, comment est-ce qu'il retrouve, tu vois ? Ben, je sais que ça te fait parce que c'est compliqué. Comment est-ce que tu l'air motiv ? Je sais pas comment je les remotive. En tous les cas, moi ce que je peux dire, c'est que moi j'ai honte de ce qui se passe à gauche. J'ai honte pas un peu. J'ai très honte. J'ai très honte que on soit aller chercher les voies des personnes en 2024 au moment de la dissolution avec le nouveau Front populaire et queon se soit déchiré comme des enfants gâtés de comme si on se partageait ses ses voix comme on le ferait euh euh tu sais de jouer entre entre enfants gâté quoi.

Et ça ça m'insupporte. Mais vraiment ça me j'ai honte de ça qu'on se soit comporté. Je me mets dans le mais j'estime l'avoir moins fait quand même. Mais qu'on se soit comporté comme des enfants pourri gâtés d'une base électorale qui nous était acquise. C'est honteux. C'est honteux. surtout au moment où l'extrême droite arrive au pouvoir. Tu penses que c'est foutu ou du moins où elle est en capacité de Non, je pense pas que ce soit foutu parce que je pense que cette base électorale, elle est en fait stratège, très forte, très intelligente et qu'elle aura des votes stratèges à la fin.

Ça, je sais pas quel côté de la gauche va l'emporter, mais euh je pense que ils laisseront pas euh la les divisions s'installer et empêcher la gauche d'accéder au second tour. Donc, je pense qu'il va y avoir ce qu'on appelle couramment un vote utile, mais moi je l'appelle plutôt un vote stratège des des personnes pour que la gauche a une chance d'être au second tour. Après, est-ce que ça suffira ? Ça, je n'en sais rien. Est-ce que ce sera la gauche qu'on aime ? Ça, j'en sais rien non plus. Tu vois ? Tu viens de faire un lapsus, Sandrine. Qu'est-ce que j'ai dit ?

Normalement, tu vois, je je te reprends pas là-dessus, mais c'est important que je te le dise parce que ça montre ta colère et le fait que tu es honte. Tu dis euh ils vont faire des alliances, des stratèges pour ne pas laisser la gauche arriver au second tour. J'imagine que tu voulais dire "Ah ouais." pour laisser la gauche pour laisser la gauche arriver au second. Arriver au second tour. Pour ne pas laisser la gauche au pied du second tour. C'est ça. Ouais. Ouais. Mais est-ce qu'on mérite ? [rires] Oui, on le mérite.

[grognement] Bref, si tu devais tirer un bilan aujourd'hui sur ta carrière en tant que en tant que femme politique, sur ce que tu as accompli, sur tes engagements, sur ce que tu y as mis aussi, on a compris he ce que ça t'avait coûté avec beaucoup de pudeur parce que tu es quand même assez pudique. Tu nous l'as prouvé un bilan de ma vie. Mais il est beaucoup trop tôt pour le faire chère madame là. [rires] On est passé de tu à cher madame. Tu me demandes le bilan mais non ça tu le fais à la fin et je suis pas encore dans le bilan. Pour l'instant quand tu te retournes, tu vois quoi dans le rétro ? Non non non, je me retourne pas, [rires] j'avance.

[souffle coupé] C'est quoi l'engagement quand tu sors d'ici là aujourd'hui ? C'est quoi ? Bah là, je vais après à Pontaven et à Quimperl et je vais rencontrer des gens là-bas. Je vais rencontrer un collectif d'agriculteurs cuir. Ah ouais ? Ouais. Par exemple, j'ai plein d'autres rendez-vous mais Ouais parce que être agriculteur et gay lesbienne trans, c'est pas facile. Et donc je vais aller les voir et on va discuter de leur militantisme dans le monde agricole et j'ai très hâte de cette rencontre. par exemple. Voilà. Pourquoi tu as décidé de faire ce Tour de France ?

Euh bah déjà parce que j'ai le livre tenu à la cause et que ça permet aussi d'aller dans des librairies indépendantes parce que c'est une maison d'édition indépendante. Et puis moi j'aime les gens en fait. J'aime enfin j'aime vraiment Ouais. C'est des moments de respiration et c'est là aussi que je trouve ma force en fait parce que tu vois c'est pas à l'assemblée l'assemblée tu t'étouffes hein. Ah non c'est l'horreur l'assemblée. C'est l'horreur. C'est l'horreur. [rires] Je pense. Donc c'est en vrai compliqué. Ouais évidemment je dis ça j'ai mis à conscience des conditions matérielles et cetera, mais c'est l'enfer.

Après, il y a des gens qui travaillent à l'Assemblée qui sont adorables encore une fois. [grognement] Mais l'ambiance, je parle de l'ambiance, elle est comment cette ambiance infernale ? Mais moi, j'ai l'impression d'un d'un truc euh un peu une espèce de bulle fermée sur elle-même, tu vois, il y a que nous qui nous comprenons là-dedans. Tu vois, je Et c'est un truc, on a des des mots, des attitudes euh que tu aurais jamais ailleurs, tu vois. Donc non, c'est c'est pas c'est pas un lieu sain, un lieu de pouvoir indispensable. C'est pas un lieu sain. Un lieu sain s ou un lieu sans s. Alors certainement pas sain s alors certainement pas. Mais alors sain s Non plus. Non plus non plus.

Non non, c'est un lieu où les gens se se comp enfin ou une partie des gens, c'est pas tout le monde mais euh se complaise, s'en orgueillisent et se valorisent du pouvoir qu'ils ont. Mais ça c'est jamais bon. [rires] Jamais. [grognement] Deux dernières questions pour toi Sandrine parce qu'on arrive à la fin de cet entretien et merci de nous avoir accordé ta confiance. Vous commentez, vous likez, vous partagez, vous débattez parce que c'est un outil qui vous appartient aussi. Il faut que vous le compreniez. Donc n'hésitez pas à le faire. Si je te dis radicalité pour toi, comment est-ce que ça raisonne dans ton esprit, dans ton cœur, limite dans ton sang ?

Moi, la radicalité c'est pas tant une série de mesures que un état d'esprit au monde quoi. C'estd que c'est une manière de ne rien lâcher, de ne jamais lâcher, de tenir bon, même quand c'est dur, même quand on a le vent de face, même quand on se prend des paquets de mer. Tenir, tenir. Et je pense que c'est ça le problème du des hommes et des femmes politiques aujourd'hui, c'est que il y en a peu qui tiennent dans la tempête et la tempête arrive. Winter is coming. [grognement] Et toi tu seras la quoi qu'il en coûte sans mauvais. Après, je peux arrêter hein. Je peux dire un jour j'arrête mais je serai ce sera dit, ce sera assumé parce que je suis pas éternel et je suis pas indispensable hein.

Donc si un jour j'arrête, j'arrête. Mais en tout cas, tant que je le ferai, je tiendrai. Oui, ça c'est sûr. Sandrine Rousseau dans dans quelques jours, dans quelques semaines, peut-être même dans quelques heures. Tiens, il y aura une personne à ta place. Je peux pas dire qui c'est. Je peux pas te dire si c'est un politique, un un militant. En tout cas, ce sera un engagé, c'est sûr. Oui, c'est pas facile. C'est quoi la question que tu aimerais poser à cette personne qui sera juste là ? Euh, quelle a été ta première pensée, ta toute première pensée ce matin quand tu t'es réveillé ? Et toi, c'était quoi ta toute première pensée ce matin quand tu t'es réveillé ?

matin, je me suis dit déjà, je me lève et ensuite qu'est-ce que je vais bouger ? Qu'est-ce que dans la journée, dans ces 24 heures, je vais pouvoir bouger un peu. [rires] J'espère que ce podcast aura permis un peu ça. Au moins bouger une image, tu vois. En tout cas, tu sais l'image de de bouger, de courir, on revient au tout début de notre entretien. Ta ligne de départ, ça y est, tu l'as prise. Ça a été périlleux au début. Tu es peut-être pas parti à la même allure que les autres. Mais bon, l'essentiel c'est d'arriver. En tout cas, ta place tu l'as. Oui. Oui. Enfin, je sais pas si je l'ai d'ailleurs, mais bah si tu l'as. Bon, en tous les cas, j'ai la place que je prends quoi.

Elle est pas acquise. Elle est pas elle était pas offerte. Elle était pas elle est pas acquise mais elle est là, je la prends. Et puis il y a la ligne d'arrivée trop loin. La ligne d'arrivée c'est leur pas bio [rires] [souffle coupé] dans la maison de retraite avec mes copines et mes [rires] copains. C'est noté, on s'en souviendra. On en reparlera dans la saison 2. On élaborera le repas. Merci beaucoup Sandrin Rosso. Merci de de nous avoir accordé ce moment, ce moment de vérité et d'engagement. Merci à vous de nous avoir suivi. Vous commentez, vous partagez, vous likez. Vous vous engagez aussi parce que c'est votre outil, votre podcast.

et on vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode.

55:33
Non speech

[musique]