Campagne de Valérie Pécresse en berne, guerre en Ukraine, prix des carburants... Le 8h30 franceinfo de Xavier Bertrand
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Après avoir hésité ces derniers jours, le groupe Total annonce qu'il va finalement se passer du pétrole russe d'ici à la fin de l'année. Est-ce que c'est la bonne décision ?
Oui. Ils ont bien fait de le faire.
Oui. Le pétrole russe, c'est fini, pas le gaz, dit le patron de Total Energy, Patrick Pouyanné, tout simplement parce qu'il n'y a pas d'embargo, dit-il, et que si on arrête d'investir dans le gaz, d'autres le feront à notre place. Est-ce qu'il fallait aller plus loin ?
Il fallait surtout aller plus loin, c'est-à-dire que ça fait partie des sanctions supplémentaires. Que doit, que peut prendre effectivement l'Europe, mais il faut qu'il y ait aussi une unité de vue européenne. C'est-à-dire qu'il faut que tout le monde ait aussi cette volonté. Les Allemands également. Et les Allemands sont beaucoup plus dépendants que nous. Ce qui montre bien que dans les années qui viennent, et dans les mois qui viennent, la question claire c'est, est-ce qu'on tient à notre indépendance, ou est-ce qu'on continue à mettre d'une certaine façon, en matière énergétique, tous nos œufs dans le même panier ? Il est évident qu'il faut cette indépendance.
C'est pas seulement la question du gaz russe, il y a d'autres pays qui sont prêts à nous en fournir, c'est la question du GNL, et c'est la question également du nucléaire, qui à mon sens ne peut pas être une option, il ne doit pas y avoir d'hésitation dans les années qui viennent. Parce que c'est une question, encore une fois, de souveraineté et d'indépendance pour la France, et aussi pour l'Europe.
Xavier Bertrand, vous dites que Total fait bien d'arrêter d'acheter du pétrole russe. Un groupe de votre région, des Hauts-de-France, est aujourd'hui bien implanté en Russie, c'est celui de la famille Mullier. Ces enseignes, Décathlon, Auchan, Leroy Merlin, est-ce qu'il peut rester encore sur place ?
Ils expliquent pourquoi, moi je ne suis pas leur avocat, mais j'ai aussi fait attention. Ils disent, on ferme, aussitôt ça sera nationalisé, récupéré par qui ? Par Poutine, et certainement ses proches. Donc l'activité continuera, mais il n'y a aucune garantie effectivement pour les salariés. Et en revanche, ils ont fait preuve d'une solidarité formidable avec notamment les Ukrainiens. Quand les magasins ont été fermés, les salariés ont continué à être pris en charge. Donc ils continuent de cette façon. Ils disent, si on ferme du jour au lendemain, ça sera nationalisé, ça sera récupéré par Poutine.
Vous avez bien vu ce qui s'est passé le week-end dernier. L'un des magasins, Leroy Merlin, en Ukraine, a été bombardé, au moins 8 morts. Est-ce qu'on peut quand même rester en Russie, alors qu'on se fait bombarder par Vladimir Poutine en Ukraine ?
Je vous ai dit quelles sont les explications du groupe. Et encore une fois, là sur un sujet comme celui-ci, le fait qu'il y ait cette activité, ce n'est pas ça qui enrichit les oligarques, ce n'est pas ça qui enrichit non plus Poutine et les proches de Poutine.
On voit que les prix des carburants ont commencé à retomber un peu en France ces derniers jours, Xavier Bertrand. Ils sont repassés en moyenne générale un peu en dessous des 2 euros le litre.
Dans une dizaine de jours, ils baissent. Ça baisse moins vite à la pompe que le prix du baril ne baisse. À chaque fois qu'il y a une augmentation des prix, alors là il y a un effet turbo, tout de suite à la pompe ça se voit, l'augmentation. Alors là vous soupçonnez Patrick Pouyanné et les autres distributeurs de garder un peu sur le pied ? Un peu de transparence, ça ferait vraiment du bien. Beaucoup de transparence, une totale transparence, ça ferait vraiment du bien.
Et d'ailleurs, quand il y a eu cette décision, je vais en parler, vous avez parlé de groupe, donc je peux en parler, quand Leclerc a décidé de baisser de 35 centimes à la pompe, pourquoi le gouvernement n'a pas convoqué tous les distributeurs, aussitôt, comme ils savent le faire parfois, en disant, il y en a un qui le fait, qu'est-ce que vous attendez les autres pour faire un tel effort ? Même si ce n'était pas à hauteur de 35 centimes. Je pense qu'à un moment donné, il doit y avoir une transparence sur les taxes, parce qu'il est aujourd'hui anormal que quand le prix du baril augmente, ce soit les caisses de l'État qui se remplissent davantage au détriment de la poche du contrat.
Jean Castex, vous l'avez sans doute entendu comme nous, Xavier Bertrand, explique qu'au total, les différentes mesures décidées ces derniers mois face à l'envolée des prix du carburant ont coûté 25 milliards d'euros au budget de l'État, et que la hausse des taxes, c'était 5 milliards. Donc il a fait plus que les redistribuer, qu'il en a remis de sa poche, même si sa poche, en l'occurrence, c'est la nôtre, puisque c'est celle de l'État. Parce que vous y croyez, vous ?
Ce n'est pas vrai ? Évidemment que non. Alors, vous ne vous inquiétez pas, ces gens-là savent très très bien compter. C'est normal, ils ont une calculatrice à la place de la tête, ils ont une calculatrice à la place du cœur. Ce qu'il oublie de vous dire, c'est que depuis le début du quinquennat, la TICPE, la taxe, en plus de la TVA, sur le carburant, qui est la partie fixe du prix du carburant, elle est augmentée par qui ? Par Emmanuel Macron et ses gouvernements. À la fois sur l'essence, et à la fois sur le diesel. Cette augmentation-là, elle n'a rien à voir avec la crise en Ukraine. Deuxièmement, il y a eu une baisse de 15 centimes.
Ça, il vous dit, voilà ce que l'on a récupéré en plus, voilà ce que l'on redonne. Mais il oublie de dire que pendant les quelques mois qui viennent, pendant lesquels il y aura cette baisse, de combien également les caisses de l'État vont se remplir. Et est-ce que vous pouvez me dire aussi pourquoi cette mesure va s'arrêter fin juillet ? C'est tant pis pour les Aoutiens ? Ceux qui vont partir en vacances, qui vont faire leur plein en vacances, au mois d'août, eux, ça va être à nouveau plein pot. Il y aura peut-être un nouveau gouvernement d'ici là ? Ah ben je vous souhaite, je l'espère, une nouvelle présidente et un nouveau gouvernement.
Et si tel est le cas, nous, c'est le projet de Valérie Pécresse, il n'y a pas un euro qui sera pris de la poche des Français pour remplir davantage la poche de l'État. Une totale transparence. Ce qui d'ailleurs devrait être une méthode de gouvernement évidente par tout temps. La transparence, la vérité.
Reste que Xavier Bertrand, il y a deux minutes, vous nous parliez des super profits des grands groupes pétroliers. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen propose de les taxer exceptionnellement. Est-ce que c'est votre position à vous aussi ? Est-ce qu'il faut le faire ?
Alors attendez, là vous me proposez quoi ? Parce que qui parlait des super profits des super grands groupes ?
Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
D'accord, ok. Je ne suis pas leur conseiller, je ne suis pas leur porte-parole. Parce qu'une chose est certaine, eux, leur système, on prend aux uns pour prendre aux autres. Et les robins des bois des temps modernes que seraient Mélenchon et Marine Le Pen, moi je n'y crois pas une seconde. On va essayer d'être sérieux. La question qui est posée aujourd'hui, c'est avant tout de savoir, très clairement, si l'État s'enrichit au détriment des Français. Pour Valérie Pécresse, la réponse est claire, ça doit être non. Pour le reste, il y a des systèmes de taxation qui existent. Plus vous faites de profits, plus vous avez aujourd'hui de taxation.
Mais il ne faut pas les taxer plus, vous le disiez tout à l'heure, ils n'ont pas fait les efforts nécessaires comme Leclerc par exemple, là face à l'inflation des carburants.
Alors vous voulez que je vous livre le fond de ma pensée ? Plutôt que de les taxer plus, qu'il y ait une meilleure répartition de la valeur dans les entreprises et dans les grandes entreprises. C'est ça qui est important.
C'est-à-dire que vous dites un total d'accès d'intéressement supplémentaire ?
Si c'est pour aller enrichir notamment davantage les caisses de l'État et qu'il n'y a pas de répartition, c'est moins intéressant plutôt qu'on ait un système au-delà de cette crise où quand une entreprise réussit, c'est grâce aux actionnaires bien évidemment, mais c'est aussi grâce aux salariés. Et on en revient également au-delà de l'actualité au projet de société de Valérie Pécresse, à savoir intéressement, participation, actionnariat, salarié, parce que si ces entreprises réussissent, c'est pas seulement grâce aux cours du pétrole qui augmentent, c'est quand même aussi grâce à leurs salariés.
Prenez une entreprise comme Stellantis, Peugeot, PSA, qui a décidé de donner plus que le salaire à ses salariés, ça c'est l'exemple que je veux voir généralisé partout, c'est ce qu'il y a dans le projet de Valérie Pécresse.
Xavier Bertrand, président des Républicains de la région Hauts-de-France, conseiller spécial de Valérie Pécresse, l'invité de France Info jusqu'à 9h, le fil info à 8h40, Maureen Suignard. Fin du couvre-feu ce matin à Kiev, la capitale ukrainienne, les soldats russes ne rentreront jamais. Nous préférons mourir que nous mettre à genoux, affirme le maire de la ville. Hier, c'est Mariupol qui a été visé par deux bombes surpuissantes selon Kiev. 100 000 civils sont toujours sur place, selon Volodymyr Zelensky.
Le président ukrainien qui soigne particulièrement ses discours pour interpeller les occidentaux et les pousser à agir, il est en visioconférence devant les députés et les sénateurs français. Ce sera à partir de 15h. Au 28e jour de guerre en Ukraine, Total Energy lâche un peu de l'Est et annonce renoncer à tout achat de produits pétroliers russes d'ici la fin de l'année. Son activité gazière se poursuit par contre. Sans gaz russe, on arrête une partie de l'économie européenne, se défend son directeur général. La circulation des trains sur l'axe Limoges-Paris-Osterlitz en partie interrompue. Dans les deux sens ce matin, une panne d'alimentation électrique due à un caténaire arraché.
Reprise du trafic prévu à la mi-journée. L'équipe féminine se rapproche des demi-finales de la Ligue des Champions. Le PSG, victoire 2-1 hier sur la pelouse du Bayern Munich. Le match retour se jouera mercredi prochain au Parc des Princes. Et avant cela, il y a Lyon qui joue la Juventus. Ce sera à 18h45. France Info, l'info juste.
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Xavier Bertrand, ça fera bientôt un mois que l'armée russe a commencé à envahir l'Ukraine. Sur l'aspect diplomatique, sur le dialogue à la fois avec le président ukrainien et avec Vladimir Poutine. Est-ce que vous auriez fait exactement la même chose qu'Emmanuel Macron ?
Écoutez, au titre de l'esprit de responsabilité, il faut soutenir toutes les initiatives qui ne sont pas seulement celles d'Emmanuel Macron, président français, mais d'Emmanuel Macron, président en exercice de l'Union Européenne. Et c'est ce qui fait la différence entre ceux qui veulent, qui peuvent, qui savent gouverner, Emmanuel Macron, Valérie Pécresse et les extrêmes. Et les extrêmes. Donc, l'esprit de responsabilité, on présente un front uni pour que toutes les initiatives diplomatiques amènent Poutine à cesser cette guerre meurtrière et à se retirer de l'Ukraine.
Ça fait plusieurs jours que la droite dit qu'une partie des candidats, que certains candidats sont discrédités par une attitude jugée trop proche de Vladimir Poutine pendant des années. Pourtant, ces critiques, elles visent aujourd'hui, notamment Éric Zemmour, notamment Jean-Luc Mélenchon, notamment Marine Le Pen. Pourtant, elles ne se ressentent pas, concernant deux d'entre eux, en tout cas Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, dans les sondages, puisqu'ils sont même en dynamique ces derniers jours. Comment vous l'expliquez ?
Parce que les Français sont en train de basculer au titre de leur état d'esprit. Au tout début, on aurait pu penser que la présidentielle, ça allait être un référendum pour ou contre la guerre. C'est pas ça, l'élection présidentielle. Et il faut bien faire la différence entre celui qui, aujourd'hui, doit gérer cette crise parce qu'il est président en exercice de l'Union Européenne, le président français, de celui ou celle qui va diriger le pays pendant les cinq années qui viennent. Celui ou celle qui va être capable de restaurer l'autorité et la sécurité, de redonner de l'espoir, de ressouder les liens entre les Français, de mettre un terme à cette dette qui ne cesse de galoper.
C'est ça l'enjeu de la présidentielle. Et aujourd'hui, on le voit bien, la gestion de la crise ukrainienne, c'est très important pour les Français, vous en parlez beaucoup, mais les Français sont aussi beaucoup à se dire, mais qui va le mieux nous protéger des conséquences de cette crise ukrainienne ? Et aujourd'hui, les deux qui ne rindent s'appellent Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Vous savez, ça dépend des enquêtes d'opinion.
Pas Valérie Pécresse, en tout cas.
Non, mais attendez, sur les enquêtes d'opinion, je vais être très clair. Si l'élection avait eu lieu dimanche dernier, oui, très clairement, nous n'aurions pas été au deuxième tour. Sauf que c'est dans deux semaines et demie, le premier tour. Dans deux semaines et demie. Et en deux semaines et demie, dans une élection complètement folle, qui, pardonnez-moi, ne passionne ni les observateurs, ni un certain nombre de Français, je suis intimement convaincu, et je le dis depuis des mois et des mois, que ça se jouera pour beaucoup quasiment dans les dix derniers jours, où les Français regarderont à ce moment précis, qui est le plus à même de diriger le pays dans les cinq ans qui viennent.
Vous voulez dire que ce n'est pas fichu pour la droite ? Ah non. Non. Ce n'est pas fichu pour la droite.
Faites pas juste semblant d'y croire, là, à 18 jours.
Je peux vous parler de moi, deux secondes ? Allez-y. Bon, un peu plus que deux secondes, mais quand même. 2015, je suis largué dans les sondages. Et on me dit, mais même s'il arrivait au deuxième tour, Bertrand, il sera balayé par Mme Le Pen. J'avais 16 points de retard. Sauf que, au soir du premier tour, les sondages n'étaient pas tout à fait la réalité. Et au deuxième tour, c'est une autre élection qui a commencé, alors même que j'avais 16 points de retard.
On peut vous donner l'exemple inverse. L'exemple inverse au Congrès, là, en décembre, vous étiez très haut dans les sondages et vous avez mal fini.
Oui, sauf que c'était pas la même base, parce que là, c'était uniquement les adhérents. Alors, je veux pas revenir dessus, parce que j'ai joué le jeu du Congrès, parce que c'était aussi la garantie de l'unité, et je ne le regrette absolument pas. Ce que je sais, c'est que j'aurais voulu être président, c'est vrai. Mais ce que je sais aujourd'hui, c'est qu'il faut changer de président. Parce que je n'ai pas envie que l'on connaisse à nouveau les 5 années d'heures, de difficultés que nous avons connues. Et avec M. Macron, les choses ne s'amélioreront pas, elles ne changeront pas.
Que ce soit sur la dette, je l'ai dit, que ce soit sur l'espoir pour les classes moyennes, que ce soit sur la sécurité. Voilà pourquoi je mets toute mon énergie là-dedans.
Je dis aux Français, ne vous laissez pas voler l'élection, comme en 2017. Souvenez-vous, parce que c'était la même chose en 2017. Cette phrase, elle est signée Valérie Pécresse, elle l'a prononcée hier. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire tout simplement qu'il ne faut pas se laisser détourner de ce qu'est l'enjeu de l'élection présidentielle. Ce que je vous disais à l'instant.
Ce n'est pas la même chose, ce que vous dites, pardon Xavier Bertrand. Ne nous laissons pas détourner de l'enjeu de l'élection. Et on s'est fait voler l'élection en 2017. Qui est le « on » dont parle Valérie Pécresse ? Qui a volé l'élection ?
Tout simplement, on l'a vu, le débat s'est focalisé autour des difficultés de François Fillon. Et on n'a plus du tout parlé de projet de société. Qui est le voleur ? Qui a volé l'élection ? Qui a volé l'élection ? Non mais attendez, je ne vais pas vous faire un débat sémantique. Ou alors amenez-moi un dictionnaire, je vais vous regarder les synonymes pour tout ça. Moi ce que je veux vous dire, c'est qu'en 2017, on est passé à côté du projet de société. Projet de société contre projet de société. On est passé à côté de la confrontation. Or, une élection présidentielle, c'est un moment de confrontation où on met sur la table les projets, les personnalités des candidats et on choisit. M.
Macron n'a pas envie de cette confrontation. Il la refuse. Il la refuse. Et pourquoi ? Tout simplement parce que ça l'arrange, comme ça on ne parle pas de son bilan. Et puis il y a aussi autre chose. Vous avez vu sa conférence de presse. On voit quel est son projet. C'est rester au pouvoir. Il n'y a plus de projet de société, il n'y a plus de vision de la société.
Dire ça, dire qu'il y a un risque qu'on lui vole l'élection, c'est émettre la possibilité de contester le résultat de l'élection ? Comme le dit Eric Zemmour d'ailleurs. Ce n'est pas inquiétant de dire ça ? Est-ce que c'est responsable de dire ça ?
Non, attendez. Déjà, je vous ai dit une chose. L'intérêt du pays veut que l'on reconnaisse clairement la légitimité de celui ou celle qui sera élu, quel que soit le taux de participation.
Par exemple, Gérard Larcher, le président du Sénat, quand il s'interroge à voix haute dans une interview en disant « La campagne actuelle fait qu'on pourrait s'interroger sur une illégitimité d'Emmanuel Macron si il est réélu », ça, ce n'est pas votre discours à vous.
Mais vous avez très bien compris ce qu'a dit Gérard Larcher. Non. Si vous regardez votre sourire, pour ceux qui ne sont pas à la radio, vous regarderez. Mais pourquoi Gérard Larcher, il n'y a pas plus républicain que lui ? Ce qu'il dit, c'est qu'à force de refuser le débat, de refuser la confrontation, vous m'expliquerez quelle serait la force d'un Emmanuel Macron réélu alors même qu'il n'a pas mis les sujets de réforme dans le débat. Il ne veut pas du débat. Ça l'arrange. Mais les Français aussi se disent « Mais comment ça se fait que le président sortant ne veut pas débattre ?
» parce qu'il ne veut pas parler de son bilan qui est calamiteux et qu'il ne veut pas non plus être clair sur ses enjeux. Prenez la réforme des retraites. Il dit « La réforme des retraites a 65 ans ». Pour réussir une réforme sociale importante, il faut deux choses. Du courage, ça n'a pas été sa marque de fabrique, et il faut surtout de l'esprit de justice. Et je peux d'autant plus le dire que c'est la droite républicaine et le centre qui ont fait toutes les réformes des retraites. Et qui notamment en 2003... Pas celle de la durée de cotisation, c'était Marisol Touraine, la dernière. Attendez, excusez-moi, c'est dans la droite ligne.
De la réforme de 2003, de la réforme de 2008, de la réforme de 2010. Je le sais, j'ai été... C'était Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ensuite, rapporteur du texte en 2003. Vous voulez dire qu'il n'y a que la droite qui peut réformer les retraites en France ? Oui, parce qu'il faut deux choses. Emmanuel Macron n'est pas de droite, donc. Ah non ? Non. S'il était de droite, il n'aurait pas laissé filer l'insécurité comme il l'a fait. Il n'aurait pas laissé se développer l'impunité comme il l'a fait. Et il n'aurait jamais arboré un t-shirt dénonçant les violences policières comme il l'a fait. Je reviens sur la question des retraites, c'est très important.
Jamais il ne sera en mesure de faire une réforme des retraites. Parce qu'il faut du courage, il faut surtout de la justice. Quand nous disons notamment que ceux qui ont commencé très tôt, qui ont des métiers qui les usent physiquement, partiront plus tôt, pourraient dire, mais la droite le dit, pourquoi elle le ferait ? Parce que c'est la droite qui l'a fait. En 2003, les carrières longues, j'étais le rapporteur de ce texte, François Fillon était le ministre, on l'a fait. Et donc c'est parce qu'on l'a fait que nous sommes à nouveau capables de le faire demain. Je suis d'une droite, et Valérie Pécresse aussi, qui n'est pas dure avec les plus fragiles.
qui fait la différence entre l'assistanat qu'il faut refuser et la solidarité qui était nécessaire, notamment pour celles et ceux qui ne peuvent pas travailler ou qui ne peuvent plus travailler.
Donc vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron quand il propose de conditionner l'accès au RSA à une activité de 15 à 20 heures par semaine ?
Mais vous avez vu le bazar chez eux depuis qu'il a dit ça ? Mais non, on est incapable de savoir ce qu'il a voulu dire. C'est obligatoire ou c'est volontaire ? Et vous avez vu M. Castaner derrière, qui est venu ramer tout ça. Non mais attendez, c'est un ridicule, ça montre bien une chose. Comme dit quelqu'un de ma région, quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup. La grand-mère de Martine Aubry, ça faisait longtemps. Je ne permets pas de dire la grand-mère.
C'était sa grand-mère ?
Non, non, non. Elle a dit que c'était sa grand-mère. Je ne me serais pas permis d'inviter la grand-mère de Martine Aubry.
Je ne permets pas d'elle, oui.
Je ne permets pas. Mais très clairement là-dessus, c'est qu'il n'y a rien qui est clair. Nous, c'est très clair. Les 15 heures pour le RSA, c'est pour sortir de la précarité. Ça s'appelle tendre la main. Parce que quelqu'un qui n'a plus d'habitude de travail depuis des années, il faut retrouver des collègues de travail.
Chez vous, c'est des travaux d'intérêt général ?
Non, ce ne sont pas des travaux d'intérêt général. Ce n'est pas une punition. C'est d'aller vers l'insertion. Mais nous, c'est clair. Lui, ça n'est jamais clair. Et donc, vous le voyez bien, dans toute sa conférence de presse-projet, et au bout de cinq ans, il n'a plus aucune idée. Il n'a plus de projet pour la France et pour les Français.
Xavier Bertrand, vous restez avec nous. Le Filin, il faut 8h50. Maureen Suignard, on poursuit juste après. Invité du 8h30 France Info, Xavier Bertrand, le conseiller spécial de la candidate Les Républicains, Valérie Pécresse, estime que Total a bien fait d'annoncer la fin de l'achat de pétrole russe. Le géant français des hydrocarbures le promet d'ici la fin de l'année. Mais Total Energy continuera ses activités liées au gaz. Cette guerre en Ukraine qui inquiète aussi le monde agricole, l'Ukraine et la Russie sont des exportateurs très importants de céréales.
La Commission européenne prévoit donc d'autoriser temporairement la relance de la production sur des terres mises en jachère pour les protéger. Il attend des actions de la part des Occidentaux. L'image de Volodymyr Zelensky projetée devant les députés et les sénateurs français à partir de 15h. Discours du président ukrainien. Les Occidentaux qui doivent prendre de nouvelles sanctions contre la Russie en concertation avec le président américain Joe Biden qui arrive ce soir en Europe. Cette fois ce n'est pas le Covid qui perturbe la fête mais la violence par arme à feu.
Miami sous couvre-feu en fin de semaine alors que des milliers d'étudiants arrivent dans la ville américaine pour les vacances d'universitaires. Deux fusillades ont fait cinq blessés ces derniers jours. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Xavier Bertrand, conseiller spécial de Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle. Si vous êtes élu le mois prochain, Xavier Bertrand, avec Valérie Pécresse, est-ce que vous vous engagez à ne plus faire appel au cabinet de conseil ?
Évidemment, c'est un scandale d'État. Le recours massif, ça s'est accéléré depuis M. Macron en 2017. Ça a explosé à partir de 2021. Plus d'un milliard d'euros qui ont été versés à des cabinets conseils. McKinsey, qui en plus ne paye pas ses impôts en France. Cela appelle des suites judiciaires pour commencer. Et Arnaud Bazin, qui est le sénateur du Val d'Oise, qui est le président de cette commission, entend lancer des poursuites judiciaires au titre de l'article 40 de procédure, tout simplement parce que le dirigeant de McKinsey, on veut savoir s'il a commis un parjure et s'il a menti devant la commission. C'est très grave. Et ensuite, on doit établir les responsabilités au sein de l'État.
Comment est-ce qu'on a pu dépenser un tel argent de telle somme pour justement avoir des conseils ? Et pour aboutir à quoi, depuis toutes ces années, la suppression, la baisse des APL, c'est-à-dire des mesures qui sont des mesures absolument proches à l'esprit de justice, parce que c'est toujours commode pour des dirigeants qui n'ont pas d'idée de se retrancher derrière les cabinets de conseil. Ce n'est pas comme ça qu'on doit fonctionner. Mais j'en appelle à une totale transparence sur les responsabilités.
Comment se fait-il que dans l'appareil d'État, on soit capable d'être si parcimonieux quand il faut jouer la carte de la justice et que l'on soit si dépensier quand il s'agit de donner des sommes folles à des cabinets comme ceux-là ? Mais comment est-ce qu'on peut dire ça, Xavier Bertrand ? C'est la défiance du président de la République vis-à-vis des fonctionnaires dans notre pays, et même des hauts fonctionnaires. De toute façon, ça renvoie aussi à l'exercice solitaire du pouvoir. M. Macron, de toute façon, on le sait, il gouverne tout seul. Alors vous le savez bien, à une époque, il fallait même que ses ministres écoutent la radio ou la télévision pour savoir ce qu'il allait annoncer.
Un pays de 68 millions d'habitants ne peut pas se diriger tout seul. Il faut l'équipe et un esprit d'équipe.
Et dans le même temps que Xavier Bertrand, vous dites qu'il faut qu'on apprenne à se passer entièrement de ces cabinets privés, et dans le même temps, vous supprimez 150 000 postes de fonctionnaires.
Attendez, sur ce que l'on appelle l'administration qui contrôle, l'administration administrante, comme le dit Valérie Pécresse.
Et quand on demande à Valérie Pécresse ce que c'est que l'administration administrante, pardon, mais à deux semaines et demie du premier tour,
on n'a pas toujours bien compris. Allez, vous voulez faire une formation, vous êtes demandeur d'emploi, vous voulez changer d'orientation, vous voulez faire une formation. Bon courage pour vous y retrouver entre les différents guichets. Vous avez besoin notamment d'une aide au permis de conduire. Vous allez voir Pôle emploi, vous allez voir la région. Vous ne pensez pas que ce serait beaucoup plus simple si on regroupait tout le monde avec un guichet unique. Et du coup, les personnes qui faisaient la même chose peuvent faire autre chose.
Ça s'appelle France Travail, non ?
C'est le nouveau guichet d'Emmanuel Macron ? Ça s'appelle Proche emploi. Et ça a été dans la région depuis des mois et des mois. Mais le vrai sujet, c'est que vous parlez de France Travail, l'idée de M. Macron, s'il suffisait de changer le nom pour qu'on ait plus de difficultés pour retrouver un emploi, et plus de difficultés pour que les entrepreneurs trouvent de la main d'oeuvre, ça se saurait depuis longtemps. Mais il y a aussi un autre aspect qui est important derrière ces cabinets de conseil. Parce que, regardez bien les choses telles qu'elles sont. On ne nous dit pas tout. Il y a un agenda caché de M. Macron s'il était réélu.
Regardez, normalement la France devait transmettre à la Commission européenne les éléments budgétaires des années à venir. Elle l'a repoussé. Ah oui, pourquoi ? Parce qu'il y a des élections. Parce que le mauvais coup, c'est pour après l'élection. Parce que les mauvaises nouvelles, c'est pour après l'élection. Là, aujourd'hui, vous avez toute la Macronie qui vous dit « Le président ne peut pas débattre parce qu'il est concentré sur la crise ». C'est vrai, en partie. Mais pour le reste, on ne vous parle pas de ce qui attend les Français. C'est-à-dire qu'il va se passer quoi ?
C'est-à-dire qu'il prépare des budgets qui seront des budgets qui seront durs avec forcément une baisse drastique dans les dépenses et surtout des augmentations d'impôts. Mais par contre... C'est pas ce qu'il dit.
Le programme affiché par Emmanuel Macron ne sera pas celui appliqué dans quelques mois.
Mais alors, dans ces cas-là, les éléments budgétaires, c'est tout de suite sur la table. Tout de suite, immédiatement. Lui, il dit qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts. Mais s'ils n'ont rien à cacher, qu'ils présentent les éléments et qu'ils ne disent pas à Bruxelles, on vous les transmettra. Mais après l'élection présidentielle. Le mauvais coup, c'est pour après la présidentielle. Une démocratie, un rendez-vous démocratique, c'est tout de suite. C'est comme on vous dit, il y aura un grand débat permanent après l'élection. Non. Le grand débat, le vrai débat politique, il est avant l'élection. S'il n'a rien à cacher, qu'il dépose son projet budgétaire tout de suite comme c'était prévu.
Xavier Bertrand, depuis tout à l'heure, vous tapez sur Emmanuel Macron, sur le gouvernement. Sauf que Guillaume Larivet, qui est un député LR, aussi propose dès maintenant qu'il faut envisager de construire une nouvelle majorité avec le président sortant, en cas d'élimination de Valérie Pécresse au premier tour de la présidentielle. Vous pourriez le faire ?
Je pense avoir été clair sur les différences que j'ai que nous n'avons qu'à Valérie Pécresse avec M. Macron. Et la raison pour laquelle je suis chez vous ce matin...
Guillaume Larivet, il met en avant de fortes convergences. Oui, mais c'est le son droit.
Il avait déjà fait ça avant le dernier remaniement, vous ne vous souvenez pas ? Il avait voté la confiance à Jean Castex. Voilà. Et puis il l'avait fait avant le dernier remaniement.
Sauf que Valérie Pécresse elle-même dit que le projet d'Emmanuel Macron et le sien sont des photocopies.
Alors on croit qui ? Ce n'est pas du tout le même projet. Vous voulez le retour de la sécurité ? C'est Pécresse et ce n'est pas Macron. Vous voulez qu'on réduise la dette ? C'est Pécresse et ce n'est pas Macron. Si vous voulez que le prochain quinquennat soit le quinquennat des classes moyennes ? C'est Pécresse et ce n'est pas Macron. Voilà. C'est aussi simple que ça. Les différences elles sont là. C'est pour cela que je mets toute mon énergie pour qu'on tourne cette page d'Emmanuel Macron. Pour être parfaitement clair Xavier Bertrand,
vous pouvez dire ce matin à ce micro, si Emmanuel Macron rempile dans un mois et demi maintenant à l'Elysée, jamais je ne travaillerai avec lui.
Je pense avoir été clair et puis il y a aussi autre chose. Oui. Jamais vous ne travaillerez avec lui. Vous le savez, vous avez de la mémoire. Il faut voir déjà le sourire qui se dessine à un nouveau. Jamais vous ne travaillerez avec lui. En tant que président de région, je travaille aujourd'hui avec des départements, avec l'État qui ne sont pas de ma sensibilité. Mais vous ne voyez pas les différences qu'il y a entre les projets. Elles sont là. Et puis il y a aussi autre chose.
Mais en dehors de la région, vous pouvez le dire simplement jamais. C'est pour ça, vous avez été contacté par Emmanuel Macron. Et la réponse c'était quoi ? On vous a même donné comme compatible pendant un temps du quinquennat. Dans le quinquennat qui s'ouvrira,
ceux qui ne connaissaient pas bien ou alors n'ont pas entendu votre émission de ce matin. Je vais être clair avec vous. Regardez-moi bien. Je ne fais pas partie de ceux qui sont prêts à se rallier. Je ne suis pas de ceux qui sont prêts à s'allier. Et je le dis également. Pas de ralliement à M. Macron. Et pas question aussi de s'allier avec les extrêmes, avec l'extrême droite. Parce qu'il faut bien voir aujourd'hui le sujet. Vous avez des candidats, des candidats des extrêmes qui sont aux abois. Vous avez vu la dernière proposition honteuse de M. Zemmour. On voit bien que c'est un candidat en perdition.
Et ce qui montre bien aussi, pour les électeurs qui à un moment donné ont pu écouter cette radicalité, de voir que Zemmour c'est une impasse, Le Pen c'est une impasse, Mélenchon c'est une impasse.
Mais en cas de duel Macron-Le Pen, Xavier Bertrand vous faites quoi le soir du 10 avril ?
Et bien moi je continue à me battre pour que ce soit Pécresse au second tour.
Si ce n'est pas le cas.
Oui attendez, sur tous ces sujets-là, la politique fiction elle vous passionne. Mais moi je vais vous dire une chose, il y a des gens qui sont peut-être plus intelligents que moi pour dire voilà je vais commencer à réfléchir au scénario d'après. Moi je me concentre là-dessus et je sais une chose, c'est qu'une élection jusqu'au dernier moment, elle se joue à fond. C'est ça. Je n'ai peut-être pas un physique de grand sportif, mais je sais qu'il y a un certain nombre de grands sportifs qui m'ont toujours dit ta compétition tu la joues à fond et il n'y a que comme ça que tu gagnes. Donc acte. Merci beaucoup Xavier Bertrand et bonne journée à vous.
Merci à vous. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée La Bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Emmanuel Macron