Au cœur de la journée du procès de Marine Le Pen - Les coulisses de l'Assemblée - 10/07/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je suis Clément Mic et vous écoutez Bourbon Hebdo, le podcast de la rédaction d'CP qui vous fait revivre l'actualité de la semaine et vous dévoile les coulisses de l'assemblée. La séance est ouverte. Bonjour à toutes et à tous.
Ravi de vous retrouver dans Bourbon Hebdo. Cette semaine, on vous raconte les coulisses donc de cette journée qui a vu Marine Le Pen reprendre la main et s'imposer comme la candidate du Rassemblement national à la présidentielle. À mes côtés aujourd'hui, Elsa Mondingava, Stéphanie Despierres et un petit nouveau dans Bonourbon hebbo, Raphaël Marchall.
Bonjour à tous les trois. Bonjour Clément. Alors Raphaël, tu travailles au service web del CP au côté notamment d'AnCharlotte Dusseau qui participe régulièrement à à Bourbon hebbo.
Elsa, toi tu présente les questions au gouvernement sur notre antenne, c'est tous les mardis, tous les mercredis et puis toi Stéphanie, tu es entre autres la présentatrice de Parlement hebbo. On commence avec un petit retour en arrière. Nous sommes mardi, il est tout juste 14h.
Extrait de l'antenne del LCP. Marine Le Pen condamné mais la peine d'inilégibilité pourrait lui permettre d'être candidate. Mais sous bracelet électronique, elle avait exclu cette situation.
On va décrypter tout ça depuis l'Assemblée nationale avec Marco Pomier, Nicolas Fleurri et Martin Bornet pour les premières réactions des députés ici à l'Assemblée. Et puis nous sommes évidemment en direct depuis le palais de justice sur l'île de la cité avec Stéphanie Despierre. Ce que je peux vous dire également, c'est que notre journaliste Raphaël Marchall était dans la salle d'audience.
Il y avait voilà 75 journalistes qui avaient pu accéder à la salle d'audience. On va retrouver Clément Mérique depuis le siège du Rassemblement national. Clément, on a vu l'arrivée de Marine Le Pen et de sa gare rapproché.
Alors nos fidèles auditeurs téléspectateurs auront reconnu ta voix Elsa. C'était le tout début de l'émission des questions au gouvernement. mardi à 14h, on a choisi cet extrait parce que bah ça nous permet de raconter un peu les coulisses de notre travail à nous journaliste d'CP sur une journée comme ça.
Euh on va commencer par toi Raphaël parce que c'est toi qui a dû te lever le plus tôt dans cette histoire. Tu étais au palais de justice, on l'a entendu. Ta mission c'était en fait d'obtenir tout simplement une place dans la salle d'audience et c'était pas simple.
Oui, absolument Clément. Pour une raison simple, on a entendu Elsa qui le disait, c'est qu'il y avait que 75 places qui étaient réservées aux journalistes qui voulaient être dans la salle d'audience. Donc il y a pas d'accréditation possible.
C'est premier arrivé, premier servi. Donc il a fallu se lever tôt. Euh à quelle heure tu es arrivé ?
À quelle heure ? Alors moi je suis arrivé à 7h30. Il y a des confrères qui m'avaient devancé.
Il y avait déjà une longue file d'attente he devant le palais de justice et il y en a qui étaient là dès 5h du matin. Ah oui et et toi ça s'est joué à peu je crois hein. 7h c'était vraiment la limite quoi.
Voilà. Exactement. Moi, je suis arrivé, j'étais 70e sur 75, donc derrière moi, il y avait plus que cin places.
Donc, c'était c'était assez juste. Une fois que on a ce fameux badge, c'est l'attente qui commence parce qu'en fait l'audience, elle débute qu'à 13h30. Donc, on est arrivé, le temps d'entrée, il est 8h30.
Il faut imaginer ce long couloir qui mène à la seule audience qui est déjà rempli de journalistes, tout le monde est en place et il y a ce mur de caméra à droite qui attend Marine Le Pen et donc la tente va être assez longue. Ouais, on rappelle que c'était c'est pas dans le nouveau palais de justice he que ça s'est joué, c'est sur sur l'île de la sur l'île de la cité. Tout à fait.
Et toi alors Stéphanie, tuas tu as pu faire une grass mat par rapport à Raphaël ? Oh presque je rêvais à 8h30 parce qu'il fallait [rires] dans cet immense couloir et cette énorme rangée de caméras. Donc comme moi j'étais chargé de faire des duplexes, il fallait qu'on soit pas trop loin de la salle d'audience pour qu'on comprenne à l'image qu'on était au tribunal.
J'avais pas forcément besoin d'être vraiment vraiment devant la porte mais voilà et quand je suis arrivé à 8h30, je me suis dit que il était temps d'arriver parce que les places étaient vraiment très très cher. Oui. Parce qu'en général on place son pied de caméra dès qu'on arrive. mais aussi la radio télévision espagnole, il y avait les Suisses enfin il y avait aussi beaucoup d'étrangers donc vraiment beaucoup de caméras et le couloir est large mais la partie qui est devant l'entrée de la cour d'appel c'est un peu étroit.
Alors toi Elsa bah tu étais à la tête de ton émission sur les questions au gouvernement quelle était l'ambiance autour de toi l'Assemblée ? Est-ce que tu as pu parler à quelques députés du Rassemblement national avant qu'on ne connaisse la la décision de la cour d'appel ? Alors, il faut savoir que les députés du Rassemblement national avaient déjà organisé leur communication.
Il y avait pas il ne parlaient pas jusqu'à ce que Marine Le Pen s'exprime, c'était prévu le soir. Le matin, nos confrères qui étaient dans la salle des quatre colonnes ont quand même croisé des députés RN qui s'exprimaient en disant voilà qu'ils attendaient la décision, que si leur candidate était empêchée, ce serait voilà un dénit de démocratie. Donc l'ambiance en fait au début, elle a été assez calme puisque on va y revenir.
Ce qui s'est pas passé comme prévu, c'était au niveau des horaires. Nous notre émission, elle commence à 14h. On avait prévu de faire un petit mot sur l'attente autour de Marine Le Pen puis aussi de revenir au textes qui se passait à l'Assemblée et puis finalement on a un petit peu changé de braquage.
Bah alors justement raconte-nous parce que donc 13h30 début de la lecture de l'arrêt je sais pas on dit ça comme ça de la cour. Oui de lecture de la décision. Donc c'est Rapha qui est à l'intérieur à ce moment-là et qui vraiment est au première loge et c'est toi Raphaël qui informe tout le monde parce que nous on sait pas ce qui se passe à l'intérieur.
Donc comment tu fais ? Bah alors déjà il faut il faut s'imaginer qu' il règne une chaleur suffoquante dans la salle. Les rideaux sont tirés pour éviter que le jour rentre.
Il y a une lumière tamisée donc l'ambiance est très pesante. Marine Le Pen arrive, elle est très calme. Elle prend le temps de de parler avec les soutiens qui sont qui sont venus l'accompagner.
Euh la les en effet les peines commencent à tomber très rapidement, beaucoup plus vite que ce que que ce qu'on avait imaginé. [grognement] Euh donc moi ce que ce que j'essaie de faire c'est transmettre au plus vite les les informations qui qui sont données par la présidente sur la boucle d'info de la cour d'appel la présence de la cour d'appel bien sûr sur la boucle d'info des des journalistes pour pour être sûr que que tout le monde ait cette remontée d'information. la boucle d'info de la rédaction et en fait moi je suis à l'extérieur de la salle donc ma source première et plus rapide c'est Raphaël et on Elsa l'a dit moi la présidente de la la presse de la cour d'appel m'avait dit au minimum le rendu va durer 2 heur on avait demandé à plein de confrères qui sont vraiment des des journalistes spécialistes justice qui nous avaient dit au minimum 1h30 mais tout le monde était plutôt sur une décision vers 16h 16h30 et moi je vois les premiers le message de de Raphaël qui à 13h47 7 qui donne les peines pour d'autres prévenus et derrière il envoie un deuxième message et là je dis autour de moi aux autres journalistes aussi ah non mais ça va beaucoup plus vite que prévu et à 13h49 c'est autour de Marine Le Pen 13h49 tu es Elsa à 11 minutes de l'antenne.
Qu'est-ce qui se passe pour toi exement ? Bah alors c'est là en fait c'était pas du tout prévu comme ça. Comme le dit Stéphanie nous on pensait que ça allait tomber pendant la séance des questions au gouvernement.
Donc on pensait que sur notre émission de 14h on allaide voilà sur une réaction un peu d'attente et cetera et donc on voit les premiers messages de Raphaël. Moi, je suis à côté de Priscat EVNO qui est dans la salle des quatre colonnes et d'un conseiller du groupe Ensemble pour la République. Et je dis à haute voix, je dis "Ah mais ça tombe !" Et eux-même ils me disent "Mais non, ça doit être les réquisitions, ils doivent refaire un peu justement réexpliquer ce que la les gens avaient demandé et cetera." Et je fais "Non, non, pas du tout.
Je mets un texto à Raphaël, je dis "Mais c'est bien les peines, on est d'accord ?" Raphaël me dit "Oui". Et donc là, en fait, il faut 10 minutes avant l'antenne comprendre exactement ce que ça implique pour Marine Le Pen ou pas. et on fait plus du tout une émission de un mot sur cette attente, qu'est-ce que vous en attendez et cetera.
Là, ça se bouscule parce qu'on est même plus dans les scénarios, dans les hypothèses. On est dans la décision rendu. Fall, il a fallu s'adapter en direct.
Ça fait partie du job de journaliste. Mais d'abord, Raphaël, d'un mot, comment est-ce qu'elle a réagi Marine Le Pen à l'annonce de la peine qui a été prononcée contre elle ? Marine Le Pen, son visage est resté assez fermé.
Elle a écouté attentivement ce que ce que racontait la présidente de la cour d'appel. Euh ensuite, elle s'est racisme parce que euh il faut savoir que euh les c'est Marine Le Pen la la peine ce n'a pas été la dernière, c'est veut dire qu'elle a été euh elle a été euh prononcé au milieu des autres coprévenus. Donc elle a écouté la fin des peines qui étaiit donné par la présidente et ensuite on on a été un peu sorti de la salle par les gendarmes à l'issue de l'audience et on a vu qu'elle s'entretenait avec l'un de ses avocats qui je pense essayait de lui expliquer les tenants et les aboutissants de de la peine.
Alors il a fallu l'expliquer à Marine Le Pen mais il a fallu aussi que nous on comprenne. Donc je rappelle he 15 mois d'inéligibilité 3 ans de prison dont un ferme sous bracelet électronique. comment voilà comment vous avez analysé ça en temps réel parce que il fallait comprendre très vite toutes les implications de de cette décision.
Alors Raphaël disait tout à l'heure on a une boucle entre nous entre les journalistes de la rédaction et les rédacteurs en chef. Donc en fait on envoyait des messages pour être sûr queon avait tous compris la même chose parce que le la manière dont ça a été expliqué par la présidente de la course est un peu subtile. En fait la peine c'est 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec surcis.
Donc on a fait sortir on a sorti la calculette. Donc 45 mois OK 30 avec surcis. Ça veut dire si elle recommence.
Donc là du coup ça veut dire qu'il y en a plus que 15 mois. 15 mois quand et ben à partir c'était toute la question à partir de la date du premier procès, du rendu du premier procès qui était le 31 mars 2025. Rappelez-vous, il y avait la fameuse exécution provisoire, donc exécution immédiate en fait.
Donc là, on se dit 15 mois à partir du 31 mars. Ah bah ça fait 30 juin 2026. Donc c'est bon, elle est plus inéligible.
Et à partir de là, la question était simple. Marine Le Pen est certes condamné, mais elle peut se présenter. Alors, va-t-elle le faire ?
Est-ce que vous arrivez à joindre ses proches à ce moment là, à échanger avec des responsables du RN ? Non, pas du tout. Moi, j'envoie des messages mais en sachant que c'était complètement peine perdue parce que là, à ce moment-là, bah Clément, tu étais devant le siège du parti, tu as vu que c'était la réunion à H clos et que très peu de choses filtraient.
Donc moi pour la blague, j'envoie Sébastien Chenu et Jean-Philippe Tangi, allez, je tente quand même mais vous allez la pousser à y aller. Elle va faire quoi ? Juste par conscience professionnelle de me dire que j'ai demandé mais sachant très bien que j'allais pas avoir de réponse.
En revanche, on commence à demander, vous savez notamment chez les collaborateurs, il y a des collaborateurs d'autres groupes politiques qui connaissent des collaborateurs du Rassemblement national. Donc on essaie de voir ce qui commence à se raconter dans les couloirs. Moi, il y a un collaborateur d'un groupe qui me dit "Moi, je connais très bien des collabes de députés plutôt pro Marine Le Pen et d'autres plutôt pro Bardella.
Ils sont persuadés tous qu'elle va y aller." Donc c'est le petit la petite musique qui commence à monter à l'assemblée de la vie de tous. Elle sera candidate sans forcément avoir le scénario exact derrière.
Et toi Stéphanie ? Alors moi je suis concentrée sur la l'interprétation de la décision de justice mais je discute aussi avec des confrères. On a tous un peu le même sentiment. c'est qu'elle va y aller.
Moi, je ne perds pas mon temps à envoyer des messages à des députés RN parce qu'en fait le le programme de la journée était millimétré des jours avant et moi on m'avait bien expliqué que personne ne commenterait que ce serait Motus et Bouche Rougou jusqu'au 20h de Marine Le Pen. Ça c'était prévu plusieurs jours. Depuis plusieurs jours qu'elle parle au 20h.
Quoi qu'il arrive qu'elle soit condamné, pas condamné, quelle que soit la configuration, ça c'était prévu. Il était prévu que Jordan Bardella soit au siège et qu'après personne ne parle. Donc moi, j'ai été assez pragmatique.
Et toi, Clément qui était au siège, tu as pu quand même par tes images et ce que tu as vu nous donner quelques débuts d'indice. Alors après effectivement, on sait pas ce qui se passe mais quand on voit avec qui elle arrive, avec qui elle repart, euh effectivement moi moi j'étais au siège du Rassemblement national pour intervenir notamment dans ton émission. On savait déjà que Jordan Bardella était arrivé avant le début de la lecture de la décision pour suivre tout ça dans son bureau entouré d'une partie de l'équipe de campagne du RN.
Et puis on a vu arriver petit à petit différents porte-paroles, différents membres de la direction de campagne. Quand la condamnation est tombée, bah là c'est Marine Le Pen qui a fini par arriver en voiture avec Louis Aliot, Catherine Grisée, puis quelques secondes après, on a vu d'autres proches qui sont arrivés, Caroline Parmentier, Jean-Philippe Tangui, Renault Labaille, le secrétaire général du groupe et puis l'avocat de Marine Le Pen. Et là, on sait qu'il y avait une réunion à H clos qui a débuté avec tout ce petit monde.
Sauf que là, on n'arrivait pas à joindre personne. On savait pas ce qui se passait. On savait que la décision était en train de se prendre mais personne n'a rien voulu nous dire et on a vu juste Louis Alliot à la sortie nous glisser.
Bah vous en saurez plus au 20h de TF1. Donc on s'est dit oui effectivement elle va annoncer sa décision au 20h mais on en savait pas plus. Et tu disais il y a une image euh qu'on qu'on guettait tous.
Oui il y a une image qu'on a guetté c'est le moment où elle a quitté le siège du Rassemblement national pour aller sur le plateau de TF1. Et là on savait qu'il y avait deux options possibles pour Jordan Bardella. Soit s'il était candidat, il était question que lui se rende à l'Assemblée nationale pour aller parler au groupe des députés du Rassemblement national, soit s'il n'était pas candidat, il devait monter à bord de la même voiture que Marine Le Pen pour aller à TF1 et c'est effectivement cette image là qu'on a vu.
Exactement. Alors après à ce moment-là, on fait on prend quand même tous la précaution de se dire "Bon, c'est un peu ce qui était prévu, il monte dans la voiture avec elle, ça veut dire qu'elle y va." Mais en même temps, on se dit vu la folle journée, tout peut être modifié.
Mais effectivement toutes ces imagesl essaie de les interpréter de voir après le sens qu'on peut leur donner. Et ce qui est marrant c'est que le seul truc qui était pas prévu dans cette journée-là, c'est que donc normalement à 20h, les députés devaient regarder ensemble l'intervention de Marine Le Pen à l'Assemblée dans leur dans leur salle de groupe. Les députés du RN.
Oui. les députés du RN. Et moi, j'étais revenu à l'assemblée et en fait la la la séance dans l'hémicycle était houleuse.
C'était sur la proposition de loi sur une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Et en fait, tout ce qui était prévu là ne s'est pas déroulé parce que les députés RN en fait ont dû rester en séance pour voter cette proposition de loi euh que la gauche voulait absolument ralentir, empêcher d'être voté et eux ils y tenaient. Donc là, c'est le la seule partie de la journée qui s'est pas déroulée comme le RN n'avait prévu.
La suite. Donc c'est donc à TF1 que ça s'est passé. Marine Le Pen qui annonce qu'elle est candidate et qu'elle se pourvoie en cassation.
Est-ce que l'un d'entre vous ou l'une d'entre vous avait prévu ce scénario ? Raphaël. En tout cas, ce qui est sûr, c'est quand on a compris que la porte vers une candidature allait s'ouvrir, euh il y avait de fortes chances que qu'elle qu'elle soit tentée.
En revanche, le pourvant en cassation, euh ça, moi je je l'avais pas spécialement deviné. Moi non plus. Elle en elle en a parlé quelques jours avant euh en disant qu'elle avait peut-être pas intérêt à se pourvoir en cassation et cetera.
Et c'est vrai qu'en fait, comment dire, absorbé par les conséquences politiques de cette affaire, euh on en a un peu. Je je dis on les journalistes et je parle surtout pour les journalistes politiques, pas forcément pour les spécialistes du judiciaire, on a un peu oublié euh bah la suite de la procédure euh qui avait cette option-là. Euh les spécialistes vous disent "Bah oui, oui, il y a toujours eu cette option mais c'est vrai que vu le la décision, la l'attente et cetera et l'implication politique, on a un peu oublié cette chose-là.
On a un peu cru que ce serait blanc ou noir, tout comme la la condamnation de l'arrêt de la cour d'appel est assez subtile en fait. Et bien, il y avait encore cette option derrière. Mais c'est aussi parce que Marine Le Pen, elle avait dit si ma mémoire est bonne qu'elle s'en tiendrait à la décision de la cour d'appel pour faire son choix.
Elle avait sous-entendu qu'elle ne referait pas un nouveau recours en fait. Donc après évidemment, elle a changé d'avis, elle en a le droit. Et c'est vrai que ce scénario a surpris, je pense, une grande majorité et qu'elle avait dit que si elle était condamnée à apporter un bracelet électronique et bien elle ne serait pas candidate.
Donc on était un peu resté là-dessus. Et [grognement] donc quand Marine Le Pen annonce qu'elle se pourvoit en cassation, toi Elsa alors tu as tu as changé d'émission, tu t'es invité, non, tu as participé à l'émission Chaque voix compte de Adeline François. Tu étais donc en plateau en direct.
Comment tu fais pour avoir tous les détails déjà de des annonces faites par Marine Le Pen sur TF1 ? Donc on sait que Marine Le Pen est sur TF1. Dans ces cas-là, quand une chaîne de télé a un invité comme ça avec quelque chose de très important à annoncer, il est interdit de diffuser, bah non seulement en direct, puis de reprendre les images et la déclaration avant la fin du journal.
On appelle ça une libération du signal et cetera. Donc là, dans ces cas-là, quand on est une chaîne qui ne diffuse pas, voilà, qui est pas la chaîne en question chez qui a l'invité, bah c'est un peu le système D. Évidemment, c'était anticipé parce qu'on savait que Marine Le Pen irait au 20h.
Donc Alicia, une de nos journalistes est à la chaîne. On partage un document sur internet. Moi je suis connectée sur internet et elle retranscrit en direct ce que dit Marine Le Pen.
Le verbe à team exact parce que bien sûr chaque mot compte. Donc le verbe à team vraiment exact. Moi, elle me met bien pourvoie en cassation en majuscule avec voilà deux points.
Le rédacteur en chef de l'émission qui a ce même document et moi j'ai l'oreillette. Voilà, on me dit go et je dis je j'interromps tout le monde sur le plateau parce que c'est l'info de tout le monde veut débattre et je dis bah elle se pourvoit en cassation et ensuite et en plateau alors en plateau il y avait des spécialistes du RN et puis des pénalistes. Comment ils ont réagi à cette annonce ?
Alors, on avait Bertrand Perrier, ce qui est très bien, c'est qu'il a pu tout de suite pu nous expliquer voilà les tenants et les aboutissants exactement avocat à la Cour de cassation. Exactement sur le fait que l'appel, il nous dit tout de suite bah l'appel est suspensif, voilà comment ça va se passer et cetera. Il y a aussi bah des journalistes en plateau qui commencent tout de suite à expliquer de leur avis pourquoi Marine Le Pen a pris cette décision.
On a Stéphan Zumstein, un sondeur qui a aussi pu voir un peu le comportement de du Rassemblement national par rapport à cette affaire et par rapport au binômes. Donc voilà. Ça ça leur permet de réagir.
Et alors toi Raphaël le lendemain, tu as essayé justement de bien comprendre tous les aspects juridiques lié à ce pourvoi en cassation. Comment est-ce que tu as fait ? Et voilà, quelles sont tes conclusions ? [rires] Et ben oui, en effet, ce que cette décision de ce pourvoir en cassation, elle a elle a des impacts très importants sur le dérouler de la campagne électorale de Marine Le Pen.
Euh donc euh moi j'ai contacté un avocat à la Cour de cassation, hein, qui qui est spécialisé euh et qui qui saurait répondre à mes questions parce qu'en plus à ce moment-là, on lit quand même un peu tout et son contraire sur les réseaux sociaux. On sait on sait pas exactement par exemple si Marine Le Pen est présumé innocente. Donc il va répondre à toutes mes interrogations et donc pour lui à partir du moment où Marine Le Pen n'est pas définitivement condamné, elle est elle est présumée innocente.
Euh de la même manière dès lors que qu'elle se pourvoit en cassation, le le spectre de porter le bracelet électronique s'éloigne. Tant que la décision n'est pas tombée, elle n'aura pas à porter de bracelet électronique pendant sa campagne. Il y a une autre question qui résistait sur le les délais dans lesquels la Cour de cassation va rendre cette décision.
Euh est-ce que euh c'est une un délai qui est exceptionnel euh si la décision est prise avant euh l'élection présidentielle ? parce que ça il faut savoir que les délais normalement c'est autour d'un an et en fait il il me dit que c'est déjà arrivé, c'est pas inédit, ça sera pas taillé sur mesure pour Marine Le Pen. Il y avait une autre question qui se posait du côté des juristes, alors les journalistes aussi mais bon sans avoir la qualification pour y répondre, c'est est-ce que ce pourvoi en cassation réactive la peine d'inéligibilité qui avait été prononcée en première instance avec exécution provisoire ?
Et là pareil, on a entendu tout et son contraire. C'était sauf que là ce qui a un peu sauvé tout le monde entre guillemets, c'est qu'on a eu des prises de parole de Marie-Suzanne Lequéo et de Réy donc le la procureur générale près de la cour d'appel et la le procureur général près de la Cour de cassation. Voilà qui eux ont été très clairs sur le côté cet appel suspend la peine et donc tout.
Donc eux en tout cas ont tranché et c'est les un peu les premiers concernés ont tranché ce débat. Après sur la présomption d'innocence, voilà, ils ont bien dit que c'était une peine suspendue, donc elle retrouvait une présomption d'innocence mais voilà il y a eu des petites subtilités dans l'un et dans l'autre. Mais c'est vrai que dans ces cas-là, je pense que c'était important qu'il fassent des médias pour vraiment être clair et qu'il y ait pas un débat euh éternel sur les tenants et les aboutissants.
Bon, euh, quelques jours sont passés là depuis cette annonce. Comment est-ce qu'on on réagit au groupe du Rassemblement national à l'Assemblée à cette candidature de Marine Le Pen ? Bah en fait euh les proches de Jordan Bardella sont pas très nombreux au groupe ici à l'Assemblée nationale.
Il y a quelques députés, il y a Alexandre Louet, il y a Kevin Feifer mais qui en fait sont peu présents à l'Assemblée parce que ils font partie de la garde rapprochée de Jordan Bardella et du coup ils sont très présents au parti. Donc le groupe ici est quand même très pro Marine Le Pen. Donc tout le monde l'a évidemment interprété comme une victoire.
Euh à partir du moment, si vous voulez où l'inéligibilité a été levée, ils se sont dit "Bon bah c'est bon, il y a une voie, il y a un chemin." Et bah revanche, ce qui est intéressant que au moment donc nous, on nous avait dit aucun député RN ne parlera ne viendra. Moi, j'étais au salle des quatre colonnes et j'essayais de caler des duplexes pour l'émission CVOX et on m'avait dit personne du RN ne viendra avant que Marine Le Pen parle.
Donc, j'avais demandé en disant "Bah, venez à 20h12 13 là quand on quand elle aura parlé." Et on m'a dit euh un peu plus tôt dans la soirée "Ah non, mais finalement personne ne parle avant 21h." Donc là, ça montre aussi qu'ils ont vraiment essayé de bien se coordonner, qu'ils ont briefé les portees-paroles, qu'ils ont briefé leurs députés pour que ceux qui parlent disent la même chose.
Et ça s'explique aussi par les subtilités du droit dont on a fait mention avant. Alors bien sûr cette candidature de Marine Le Pen, elle a fait réagir bien au-delà du seul groupe du Rassemblement national à l'Assemblée. Que je constate encore une fois, c'est qu'on a une responsable politique condamnée deux fois pour détournement de fonds public qui engage une forme de guerri judiciaire et juridique pour se présenter qui prend par la même en plus en otage toute la campagne présidentielle.
Madame Le Pen est candidate pour la 4e fois et c'est le combat politique qui permettra aux Français de trancher l'année prochaine l'identité du ou de la future présidente. Et c'est très bien ainsi. Moi, je préfère m'engager et battre madame Le Pen dans les urnes que la voir disparaître par une décision de justice.
Il y a beaucoup de choses à dire, vous savez. Malheureusement, on va pas manquer de d'angle d'attaque sur le programme dangereux, injuste, inefficace que le Rassemblement national va proposer au au pays. Mais évidemment, on ne peut pas ne pas souligner la contradiction absolue entre les propos de Madame Le Pen et du Rassemblement national sur la justice et la manière avec laquelle elle essaie de se soustraire à une décision de justice.
Alors, vous les avez peut-être reconnu mais c'était dans l'ordre Gabriel Atal, puis Édouard Philippe puis Manuel Bonpard. Euh et d'ailleurs, ils sont pas tous sur la même tonalité, hein. Quand on analyse un peu ce qu'ils disent, on a Édouard Philippe qui est sur la bataille politique et puis Emmanuel Bonpard, on sent que lui, il va y aller sur cet angle-là de du côté euh bah, elle est peut-être pas irréprochable au regard de de la justice quand même là.
Bien sûr, même si Jean-Luc Mélenchon a dit "Je m'en fous, que ce soit l'un ou l'autre, je les battrai." Donc non, effectivement, on voit après c'est voilà, on est vraiment aussi dans le choc de l'annonce donc je pense que toutes les stratégies sont pas encore complètement bien calées. Mais Gabriel Atal sort un tracte aujourd'hui où il il dit qu'avec lui, voilà, ce sera une nouvelle façon de faire la politique et en gros, il y a marqué détournement de fonds public, tout ça.
Donc on voit bien qu'il va quand même insister sur ce côté-là et tous les proches de Gabriel Atal qui se sont déployés sur les plateaux ont insisté sur la double condamnation de Marine Le Pen. Édouard Philippe, on a le sentiment effectivement que lui a plus une réaction qui ressemble à celle de Mélenchon après la première instance qui est de dire que Marine Le Pen, il faut la battre dans les urnes et pas avec un procès. Et puis la France insoumise qui et oui et la France insoumise effectivement qui est un peu sur le côté de toute façon nous l'un ou l'autre on pense qu'on peut les battre dès le premier tour mais qui ne va pas hésiter à réinsister sur des des incohérences selon eux de Marine Le Pen.
En revanche dans le bloc central et on en a moi j'en avais parlé avec un certain nombre de députés ou de proches de candidats d'Edouard Philippe de Gabriel Latal. On estimait quand même que Marine Le Pen c'était un adversaire une adversaire plus compliquée à battre que Jordan Bardella parce qu'elle a l'habitude des campagnes électorales parce que elle est plus âgée même si elle a le nom Le Pen qui peut servir encore d'épouventail pour certains électeurs que Jordane Bardella allait à un moment faire un faux pas dans la campagne ce qui était moins probable pour Marine Le Pen. Après il y avait aussi des intégrations à droite.
Certains se disaient "Bah Jordan Bardella avec sa ligne plus libérale, il va mordre sur notre électorat." Alors que Marine Le Pen, c'est plus facile pour les Républicains par exemple de dire qu'elle a une ligne un peu de gauche sur certains sujets. Donc voilà.
Mais en tout cas, le bloc central a l'air de considérer que c'est une adversaire plus redoutable que n'aurait pu l'être Jordan Bardella. Raphaël, en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a peut-être un élément qui servira les adversaires de Marine Le Pen, c'est que la Cour de cassation a dit qu'elle allait tout faire pour essayer de rendre la décision avant le premier tour de la présidentielle. Donc le sort de Marine Le Pen pourrait être définitivement fixé avant le premier tour de la présidentielle.
Un mot peut-être quand même de ce premier déplacement sur le terrain euh Marine Le Pen plus Jordan Bardella à la flèche dans la Sart. On a vu que ça a été un peu perturbé quand même par des manifestants. Est-ce qu'il y a pas un risque que toute sa campagne soit euh pollué parasité par ce type de manifestation qu'il y avait eu aussi autour de François Fillon hein en 2017 ?
Il y a un risque, c'est sûr, euh que forcément la gauche à chaque déplacement euh va manifester et cetera. Quand on en parle avec euh des proches de Marine Le Pen, ils disent "Oui, mais en fait, on a l'habitude, c'est souvent comme ça. De toute façon, on aura notre électorat qui sera là pour nous soutenir.
Ça ne changera pas grand-chose." Après, il faut voir parce qu'hier par exemple, ça a changé quelque chose. Elle a été obligée de raccourcir hier, pardon, mercredi, elle a été obligée de raccourcir son premier déplacement parce que les manifestants l'avaient empêché de passer à certains endroits et de circuler parfaitement dans le marché de la flèche.
Il y a trois choses qu'il faut retenir à mon avis de son premier déplacement. C'est qu'elle se déplace dans la circonscription que sa sœur voulait gagner et qu'on voit qu'il y a le clan qui s'est resserré autour de Marine Le Pen. Il y a effectivement, comme dit Stéphanie, ses manifestations.
Est-ce que ça va perturber complètement sa campagne ? Est-ce que ça va devenir voilà un truc à côté de chacun de ses déplacements ? Ce qui est rigolo, c'est que c'était dans le un des fièves de François Fillon.
Ah oui, dans la Ste oui. Et dernière chose à bien voir, c'est la tête de Jordan Bardella. tout le monde l'a vu, qui fait quand même une tête de six pieds de long qui apparemment n'a pas réussi à faire comme s'il se réjouissait.
C'estàd qu'il dit qu'il se réjouit avec les mâchoires serré en se réjouissant pas du tout. Et il faudra quand même surveiller si voilà si les le binôme et la complémentarité que Marine Le Pen n'a pas arrêté de mettre en avant. Voilà, si lui partage tout à fait la même analyse.
Et bien merci euh à tous les trois d'avoir participé à ce nouveau numéro de Bourbon hebbo. Début de campagne présidentielle hein, on n' pas fini d'en d'en parler. Merci à tous les trois, bon weekend et à la semaine prochaine.
Marine Le Pen