Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
ChroniqueLa chronique de Corinne Lepage· 20 juillet 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSantéÉconomie & entreprises

La chronique de Corinne Lepage du 20/07/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    On parle beaucoup de réchauffement climatique, de ce qui s'est passé avec l'environnement cette année. Vous nous avez expliqué.

  • 2:21OuverteRéponse directe

    Quel lien peut-on faire avec les pesticides et plus généralement la pollution chimique ?

  • 4:40OuverteRéponse directe

    Pourquoi parler de déni ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueFait
    « Ça a été saboté par Reagan et par les pétroliers. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « On a perdu 40 ans et ironie du sort, ce sont les mêmes qui viennent dire aujourd'hui « Ah ouais, mais franchement, qu'est-ce que vous avez fichu, vous les politiques, vous n'avez rien fait du tout pendant tout ce temps-là ». »
  • 3:10Invité politiqueChiffre
    « La Cour des comptes, elle-même, s'est émue par le coût des traitements, puisqu'entre 2024 et 2025, on a vu passer le coût des maladies de longue durée pour la Sécurité sociale de 9 à 14 milliards. »
  • 4:04Invité politiqueChiffre
    « Bayer Monsanto a été condamné à payer des dizaines de milliards de dollars d'indemnisation à des malades du lymphome nonochkinien parce que les tribunaux américains ont considéré qu'il y avait un lien de probabilité très puissant entre le glyphosate et ces maladies. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « Le cancer de la prostate, le lymphome nonochkinien, les myélomes, la maladie de Parkinson, ce sont des maladies professionnelles pour les agriculteurs qui utilisent les pesticides. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « On inverse le principe qui veut qu'on autorise un produit seulement quand il n'est pas toxique. On autorise un produit dès lors qu'il n'y a pas d'alternative chimique. »

Temps de parole

  • Corinne Lepage86 %
  • Présentateur14 %

5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Corinne Lepage aussi pour sa dernière de la saison avant la rentrée. Bonjour Corinne.

0:05
Corinne Lepage

Bonjour Ilana, bonjour à tous et à toutes.

0:07
Présentateur

Merci d'être avec nous ce matin.

0:09
Corinne Lepage

Merci d'être présente à l'antenne. C'est beau mois de juillet particulièrement chaud.

0:14
Présentateur

Tout à fait et merci à vous aussi parce que c'est vrai, on a besoin de vos lumières. On parle beaucoup de réchauffement climatique, de ce qui s'est passé avec l'environnement cette année. Vous nous avez expliqué. Alors après le déni climatique, maintenant le déni sanitaire. Pourquoi ? De quoi parle-t-on Corinne ?

0:29
Corinne Lepage

Bon, c'est une assimilation que je voudrais expliquer. On a vécu pendant une trentaine d'années avec des gens très organisés qui ont eu de cesse de dire qu'il n'y avait pas de dérèglement climatique. Ce n'est pas nouveau. Je renverrai un excellent livre que nos auditeurs ont peut-être lu il y a quelques années d'un garçon qui s'appelle Nathaniel Rich qui s'appelait « Perdre la terre ».

Ce petit bouquin qui est sorti il y a une vingtaine d'années expliquait comment en 1980, alors que le président Carter avait organisé ce qui aurait dû être les accords de Paris versus 1980, c'est-à-dire une première conférence mondiale pour atténuer les effets du changement climatique à un moment où ils étaient encore très faibles et on pouvait encore faire énormément de choses. Ça a été saboté par Reagan et par les pétroliers.

Depuis ces années-là, depuis 1980 à peu près, les pétroliers qui jusque-là au contraire avaient une parfaite connaissance de ce qui se passait et essayaient d'agir, ont pris une vision climato-sceptique et ont alimenté toute une série de figs-sangs, de scientifiques et de politiques qui sont venus dire « Non, non, il n'y a pas de dérèglement climatique ». Et puis quand c'est apparu quand même un peu trop gros, on a dit « Oui, il y a peut-être effectivement une augmentation des émissions des effets de serre, mais ce n'est pas de la faute des ordres, ce n'est pas anthropique, c'est la terre, c'est l'inquinaison du soleil, c'est tout ce que vous voudrez ».

Bon, aujourd'hui, on sait exactement ce qu'il en est et on a perdu 40 ans et ironie du sort, ce sont les mêmes qui viennent dire aujourd'hui « Ah ouais, mais franchement, qu'est-ce que vous avez fichu, vous les politiques, vous n'avez rien fait du tout pendant tout ce temps-là, vous auriez dû prendre des mesures et mettre en place de l'adaptation ». Voilà, donc, l'inquin climatique qui nous amène à la catastrophe dans laquelle nous sommes aujourd'hui.

2:21
Présentateur

Alors, quel lien peut-on faire avec les pesticides et plus généralement la pollution chimique ?

2:28
Corinne Lepage

Pour moi, c'est exactement le même phénomène qui est à l'œuvre. Nous sommes en face de la même chose en ce qui concerne la pollution chimique et les maladies qui en résultent. C'est assez simple, le constat sanitaire est alarmant. Si vous regardez l'explosion des cancers, on parle beaucoup actuellement des cancers qui, malheureusement, il y en a beaucoup qui se guérissent beaucoup mieux, mais il y en a qui sont encore absolument catastrophiques. Les maladies neurodégénératives, je pense au Parkinson, mais pas que. Les cancers pédiatriques, l'autisme, tout cela se développe à une vitesse accélérée. C'est une catastrophe humaine, mais c'est aussi une catastrophe financière.

La Cour des comptes, elle-même, s'est émue par le coût des traitements, puisqu'entre 2024 et 2025, on a vu passer le coût des maladies de longue durée pour la Sécurité sociale de 9 à 14 milliards. Donc, c'est quand même par rien. Alors, vous allez me dire, OK, mais quel lien vous faites avec les pesticides ? Il faut savoir qu'en matière de santé environnementale, il n'y a jamais de certitude absolue. De même que vous ne pourrez jamais dire, M. Tartampion qui a fumé 5 paquets de cigarettes par jour à un cancer du poumon à cause de ses cigarettes, c'est probable, ce n'est pas certain, ce n'est jamais sûr.

Il n'y a qu'un cancer dont on est sûr de sa source, c'est le cancer de la plèvre parce que c'est l'amiante et qu'on trouve des fibres d'amiante dans la plèvre. Mais en dehors de ça, il n'y a jamais de certitude à 100%. Mais il y a de très fortes probabilités. Et par exemple, aux États-Unis, Bayer Monsanto a été condamné à payer des dizaines de milliards de dollars d'indemnisation à des malades du lymphome nonochkinien parce que les tribunaux américains ont considéré qu'il y avait un lien de probabilité très puissant entre le glyphosate et ces maladies.

Et puis aujourd'hui, en France, le cancer de la prostate, le lymphome nonochkinien, les myélomes, la maladie de Parkinson, ce sont des maladies professionnelles pour les agriculteurs qui utilisent les pesticides. Donc si on considère qu'il y a un lien suffisamment prouvé pour considérer que c'est une maladie professionnelle, on peut considérer que c'est la même chose pour les autres.

4:40
Présentateur

Alors pourquoi, pour conclure rapidement, Corinne, pourquoi parler de déni ?

4:44
Corinne Lepage

Tout simplement parce qu'on fait comme si ça n'existait pas et au lieu de réduire, d'essayer de s'attaquer aux causes, on accélère, comme on l'a fait avec le dérèglement climatique. C'est-à-dire qu'on continue à autoriser des produits toxiques, ce qui est en train de faire la loi Duplomb qui va être votée aujourd'hui. Au niveau européen, on détricote le système de protection qui n'était pas total, qui était partiel, mais au moins qui a le mérite d'exister. On le détricote. Tout ça, pourquoi ? Eh bien, pour pouvoir continuer et on inverse le principe qui veut qu'on autorise un produit seulement quand il n'est pas toxique.

On autorise un produit dès lors qu'il n'y a pas d'alternative chimique, c'est-à-dire qu'en réalité, on met de l'essence sur l'incendie.

5:29
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup Corinne Lepage. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Radio-J ce lundi. On vous retrouvera à la rentrée pour une nouvelle saison. Deux nouveaux sujets. Merci à vous.

5:41
Corinne Lepage

Merci et très bel été à tous et à toutes.

5:43
Présentateur

Très bel été à vous. Plein de bonnes choses. Restez avec nous sur Radio-J. Merci.