«Emmanuel Macron s'est moqué des Français, il doit partir», considère Robert Ménard
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron promet que l'État va tout faire pour empêcher un retour des scènes inacceptables. Est-ce que vous lui faites confiance pour tirer les leçons du fiasco de la semaine dernière et surtout, le croyez-vous lorsqu'il affirme qu'il sera intraitable ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on va pouvoir tenir six mois, six mois et demi jusqu'à l'élection présidentielle comme ça ? Et qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
- 3:50RelanceRéponse directe
Et qu'est-ce qu'on fait si samedi, ça recommence ? Qu'est-ce qu'on fait si tous les samedis, ça recommence ?
- 4:05RelanceRéponse directe
C'est la rue qui décide si le président doit démissionner ?
- 5:59OuverteRéponse directe
Est-ce que vous redoutez le même scénario samedi ?
- 7:50FerméeRéponse directe
Est-ce que vous demandez juste l'état d'urgence, du coup ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Ses propos sont démonétisés, ils n'ont aucune valeur. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Il a un vrai talent de dire une chose et son contraire. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Ils sont comme vous et moi. Une fois qu'ils ont enlevé l'uniforme, souvent, en plus dans les CRS, c'est des gamins et tout, tu discutes avec eux. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Ils s'adressent aux Français comme si c'était... »
- 3:15Invité politiqueFait
« Il a trompé les gens. »
- 3:17Invité politiqueFait
« Il a menti. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Il s'est moqué des Français. »
- 5:44Invité politiqueChiffre
« Combien de commerces ? 300 commerces à Marseille ? »
- 5:48Invité politiqueChiffre
« 3000 sur tout le pays. »
- 5:50Invité politiqueChiffre
« Parce qu'un milliard d'euros de dégâts. »
- 10:09Invité politiqueFait
« Des maires en particulier, qui étaient comme moi, et pas que de droite comme moi, qui étaient sidérés par ça. »
Temps de parole
- Robert Ménard82 %
- Présentateur15 %
- ?4 %
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Europe 1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre interview ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Robert Ménard. Bonjour à vous.
Bonjour Laurence Ferrari.
Merci d'être avec nous. Emmanuel Macron promet que l'État va tout faire, Robert Ménard, pour empêcher un retour des scènes inacceptables qu'on a vu les 17 et 18 octobre. Il va réunir un conseil de sécurité tout à l'heure. Est-ce que vous lui faites confiance pour tirer les leçons du fiasco de la semaine dernière et surtout, le croyez-vous lorsqu'il affirme qu'il sera intraitable ?
Personne ne le croit, ce n
'est
pas moi. Que moi je ne le crois pas, au fond, ce serait assez secondaire pour lui. Mais moi je vois dans ma ville où les gens qui ont cru, plus personne ne le croit. Ses propos sont démonétisés, ils n'ont aucune valeur. Il
parle
dans le vide donc ? Personne ne
peut
le croire. Il dit le contraire. Il y
a
fait 10 ans, là on parle de ce sujet, mais sur plein d'autres sujets, il a un vrai talent de dire une chose et son contraire. En 10 jours, vous ne pouvez pas dire aux policiers « Vous manquez d'empathie » et maintenant leur dire « Ah non, non, je suis avec vous ». Vous savez, moi j'ai discuté avec des policiers parce que les policiers,
ils
sont comme vous et moi. Une fois qu'ils ont enlevé l'uniforme, souvent, en plus dans les CRS, c'est des gamins et tout, tu discutes avec eux. Ils sont
sidérés d
'avoir été, je les cite,
«
abandonnés ». Attendez, moi je me dis qu'un jour, un jour, si tu continues, s'ils continuent à les traiter comme ça, les gens,
ils
diront « Mais tu vas aller te faire casser la figure par les petits cons en face de moi, à ma place ». Il n'a qu'à y aller, lui, pour leur demander ce que c'est l'empathie. Et maintenant, il te dit « Ça y
est,
ils montrent les muscles, c'est différent ». D'abord, s'ils montraient les muscles, ils l'ont mieux fait de rester ici plutôt que de
se faire... C'était une erreur
de partir trois
jours alors que le pays était à feu à sang. Moi, j'ai
entendu plein de gens me dire « Ils s'adressent aux Français comme si c'était... » C'est vrai que ce qui s'était passé était terrible. Il réunit tout le monde, je ne
sais
pas, on m
'a
dit 16 millions de gens chez vous comme ailleurs à 20 heures et tu te tires le lendemain. Mais enfin, ça ne va pas bien si la situation... Madame, si la situation est aussi grave que ça, tu ne t'en vas pas. Tu dis, tu appelles tes interlocuteurs « Écoutez, il se passe quelque chose en France, on remet ça une semaine, ça n'aurait rien changé ». Et puis, ça fait celui qui est... J'allais dire qu'il est attentionné, il n'est pas attentionné. Il est dans un autre monde. Tu ne
vas
pas voir un concert la veille avec ta femme comme
ça.
Mais en fait, tu ne peux pas faire ça, madame. Il y a des choses, ça s'appelle de la décence par rapport au pays. Tu ne peux pas faire ça. Mais je ne
sais
pas, peut-être qu'il vit sur une autre planète.
Mais il vit en France en tout cas. Est-ce qu'on va pouvoir tenir six mois, six mois et demi jusqu'à l'élection présidentielle
comme ça
? Et qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
Mais il faut qu'il parte. Il faut qu'il démissionne. Mais attendez, comment vous voulez faire ? Je ne dis pas que ça réglera tout, mais il cristallise aujourd'hui. Mais même parfois de façon injuste. Aujourd'hui,
il
pourrait dire « ça, c'est de l'eau
».
Puisque c'est de l'eau, il y aurait la moitié des Français qui dirait « non, c'est du vin ». Tellement, ils n'en peuvent plus. Il est au-delà de la décribilisation. Il est aujourd'hui radioactif. Aujourd'hui, il n'y a pas un gouvernement de M. Macron qui puisse être accepté par les Français. Il suffit qu'il présente que, mais même de très très loin, il y ait l'ombre d'Emmanuel Macron sur une décision pour qu'elle soit inacceptable pour les gens. Il a trompé les gens. Il a trompé les gens. Il a menti. Il a trompé. Il s'est moqué des Français. Et aujourd'hui, c'est l'effet boomerang. Les gens ne le supportent plus.
Alors, quand c'est comme ça, si tu aimes la France, et je ne doute pas, je ne veux pas douter qu'il l'aime, tu te tires. Tu dis « ça va, écoutez, on n'a qu'à avancer de six mois, et alors, je veux dire, qu'est-ce que ça va changer ? » Il ne sera pas président dans six mois. Il n
'est
pas candidat. Tu t'en vas et tu dis « voilà, si ça doit calmer les choses, je m'en vais, il y a des élections, et peut-être qu'il en sortira
quelque chose de politique.
» Et qu
'est-ce qu'on fait si samedi,
ça
recommence ? Qu'est-ce qu'on fait si tous les samedis, ça recommence ? Qu'est-ce qu'on fait si demain, des commerçants, on aura le bol de voir leur boutique cassée ?
Mais dans ces cas-là,
on dira « c'est la rue qui décide, Robert Ménard
? » C'est la rue
qui décide si le
président doit démissionner ? Ce n'est pas la
rue qui décide. Quand tu es à ce point incapable d'assurer l'ordre, tu en tires des conclusions. D'abord, tu ne dis pas « non, que le ministre de l'Intérieur ne démissionne pas, je t'en foutrai ». Vous savez ce qu'il va se dire ? Moi, je dis, on n'est pas à la guerre civile.
Non,
on est à la pré-guerre civile. On est dans des guérillas urbaines. Avec une différence énorme, c'est que pour l'instant, personne n'a tiré ce personne. Et ça,
ça serait
le point de bascule selon Robert
Ménard,
évidemment. Parce que vous, vous vous excluez comme ça, on est tous les deux ici, vous excluez que, je vous le disais, que des commerçants excédaient. Attendez, moi, je connais commerçants. Alors, à Béziers, tout s'est bien passé, tant mieux. Mais ça peut mal se passer samedi, d'ailleurs. Ces fois, c'est toute la vie des gens, madame. Leur boutique, leur commerce, c'est toute leur vie.
Donc, vous n'excluez pas un geste
d'autodéfense,
c
'est ça ? Parce que vous,
vous
l'excusez, vous savez. Moi, attendez, je vais vous dire quelque chose. Je connais des gens, et Dieu sait que je ne l'aurais jamais imaginé. Des gens comme vous, comme moi, raisonnables, qui me disent, moi, c'est un pas, je vais, j'ai acheté énorme.
Vous
vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Vous vous rendez compte de
ce que ça veut dire
? Autodéfense, donc, milice privée, donc, on ne fait plus confiance à l'État. L'État ne nous protège plus, on se protège
nous-mêmes. Enfin,
et qu'est-ce qui s'est passé samedi dernier ? Il y a des endroits entiers où, moi, je suis le dernier à taper sur la police, ou parce qu'ils n'étaient pas assez nombreux, ou parce qu'il y
a
eu peut-être des fautes de commandement, ou des ordres qui n'étaient pas les bons. Attendez, vous avez bien vu qu'il y avait des endroits, les gens pouvaient saccager comme vous voulez. Combien de commerces ? 300 commerces à Marseille ?
300,
3000 sur tout le pays. Voilà. Parce qu'un milliard d'euros de dégâts. Mais vous vous rendez compte
?
Qu'est-ce qu'on attend ? Et
là,
c'est une journée, ce n
'est
pas l'affaire Naël, ça avait duré 10 jours. Bien sûr.
Là, c'est une journée.
Est-ce que vous redoutez le même scénario samedi ? Là, il y a beaucoup de réunions, ça s'agit dans tous les sens pour faire des schémas de sécurité, et on espère que le maintien de l'ordre sera assuré. Il y a beaucoup plus de policiers qui sont déployés sur le terrain. Vous pensez que ça peut se répéter ou pas, samedi ?
Ah
non ! Ensuite, quand j'ai vu des gens... Vous savez, je fais la part entre... Je suppose que vous faites comment ? Entre les 500, 800 000, on ne
va
pas discuter de ça, personnes qui ont manifesté. Un, qui ont le droit de manifester. Deux, qui ont le droit de penser différemment de moi, évidemment. Trois, qui ont le droit d'avoir des revendications légitimes. Enfin, ce n
'est
pas le problème. Et un certain nombre de petits salopards. Est-ce que ces gens-là sont prêts à redescendre dans la rue ? Oui. Est-ce qu'ils vont pouvoir... C'est toute la question que vous vous posez, que je m'impose ?
C
'est pour ça que je pense qu'il faut mettre... Donc, c'est le test, là.
Ça me dit que c'est le
test de la République. C'est pour ça que je suis sidéré du débat qu'il y
a
en ce moment, par exemple, sur l'armée. Bien sûr qu'il faut que l'armée soit en l
'armée.
Mais attendez, elle l'est. Les sentinelles, ils sont chez moi l'été. Et ils calment des gens. Ils calment des gens. Rien qu'en les voyant. Vous avez, vous, envie de
vous
frapper avec un type qui est habillé en tréunit militaire et qui a une arme ? Vous savez, ça calme un certain nombre
d'armes. Et là, ils seraient
affectés à des missions statiques pour justement libérer les policiers de d'autres tâches.
Vous avez vu ce qui s'est passé à Limoges ?
Je
ne
sais
pas. Moi, ça s'est passé. Ils ont voulu manifester. Ils sont venus à un moment donné devant la mairie. Oui, moi, je serais ravi. Et j'applaudirais s'il y avait un certain nombre de militaires des opérations sentinelles qui soient devant mon hôtel de ville. Non seulement parce que ça le protégerait. Et deuxièmement, parce que ça permettrait au reste de la police d'aller dans toute la ville. Et je suppose que ce que je vous dis là, ce n
'est
pas moi. Demandez à n'importe quelle maire. Et aujourd'hui, n'importe quelle maire. De droite, comme moi, ou de gauche. Ça y est, ils ont compris qu'il fallait armer la
police. Oui, ils l'ont tous demandé.
Attendez, le temps qu'ils ont mis. Je peux vous dire quand même un
truc. Est-ce que
vous demandez juste l'état d'urgence, du coup ? Si ça se reproduit, ça me dit.
Ah, si ça se reproduit ? Il
faut l'état d'urgence, il
n'y a plus à...
Comment on pourra éviter ça ? Mais je vais vous dire, je vous raconte un truc, parce que depuis trois jours,
je
suis en boucle, tellement ça m'énerve. Vous vous rendez compte que, Dieu merci, il y
a
des polices municipales. Nous,
il
y a plus de gens dans la rue, à baiser dans tout un tas de villes, avec la police municipale, que la police tout court. C'est ça, la réalité. On a des drones. On a des gens qui pilotent les drones. Et on nous refuse de le faire. Mais le ministre,
là,
tiens, puisque je pense qu
'il
vous écoute le matin. Mais M. Nunez, au lieu de me casser les bonbons avec un certain nombre de trucs, donnez-moi l'autorisation comme au maire d'utiliser les moyens qu'on a. Je ne
vous
demande pas d'argent. Je ne demande rien.
Je
dis, on a des drones. Pour surveiller une ville, comment vous faites sans drone ? Comment vous faites ça aide ? Non, ils nous emmerdent en nous disant non. Enfin, qu'est-ce que c'est arc-bouté sur des bêtises ?
Encore un mot sur ces manifestations. Il y a d'un côté ceux qui voulaient manifester contre la vie chère, vous l'avez dit. Les syndicats, d'ailleurs, appellent à nouveau un mouvement le 5 novembre. Et puis, il y
a
tous les autres, les casseurs, les pilleurs, les groupes usuls d'extrême-gauche extrêmement bien organisés. Est-ce que vous, vous voyez l'implication de la France insoumise dans l'articulation de ces groupes d'extrême-gauche ? Jean-Luc Mélenchon dit, mais la violence, ce n
'est
pas moi. Je
ne l'ai jamais voulu
ni souhaité.
Mais d'abord, c'est lui et ses lieutenants. On a expliqué combien de fois que ça pouvait être légitime quand tu dis, dans certaines circonstances, la violence, elle est légitime. C'est-à
-dire
que tu la bénis, la violence. À moi, il
y a
un truc qui m'exaspère, mais je n
'ai
pas eu le droit avec vous ce matin. Maintenant, c'est l'ultra-gauche.
Vous
avez l'ultra-gauche. Comme ça, on ne cite pas. Attendez, pardon, il y
a
un parti aujourd'hui qui s'appelle la France insoumise où un certain nombre de gens, d'abord, dans ce parti, il y a un discours insupportable de violence et peu républicain. Je dis républicain, un dessin, je n'utilise jamais ce mot, mais comme ils disent toujours, c'est républicain. Deux, ils sont prêts à tout. Ils sont prêts à flatter tout le monde. Madame Pateau, par exemple, qui ne
condamne pas l'incendie de la
mairie
de Limoges ? Enfin, vous vous rendez compte ? Mais moi, vous savez, alors, je suis maire, vous direz, je suis de parti.
Mais
quand j'ai vu le campanile tomber, enfin, ça ne vous a pas fait quelque chose à vous ?
Comme Notre-Dame.
Comme Notre-Dame, comme tout le monde. Et là, tu te dis, moi, j'ai réuni tout un tas de gens lundi, des maires en particulier, qui étaient comme moi, et pas que de droite comme moi, qui étaient sidérés par ça. Et vous avez Madame Pateau qui dit ça. Mais vous vous rendez compte ? Vous vous rendez compte les bouts de feu que c'est ? Vous vous rendez compte leur part de responsabilité ? Non, l'ultra-gauche, c'est eux l'ultra-gauche. Oui, j'ai compris qu'il y avait encore, vous savez, qu'il y avait encore plus à gauche. Mais c'est eux, c'est eux qui donnent le tempo, c'est eux qui donnent le là, c'est eux qui écrivent la partition que les autres jouent. Ils sont prêts à tout pour gagner.
Et ils se disent, plus ce sera le bordel, et mieux ça sera pour
eux.
Mais attendez, ils ont joué les jeunes et les immigrés. comme si tous les jeunes étaient des voyous et comme si tous les immigrés, vous savez, étaient des islamistes. Sauf que c'est faux. Et j'espère qu'ils vont prendre plein la gueule aux élections parce que les gens diront ça va l'instrumentalisation.
Pour
l'instant, Jean-Luc Mélenchon est qualifié dans à peu près tous les cas de figure. Oui,
mais attendez ça. On passe
Marine Le Pen, Robert Ménard. Attendez, et les autres, ils sont suicidaires, ils sont abrutis, tous ceux qu
'il
y a au milieu, ils sont tous divisés. Qu'est-ce qu'ils pensent ? Ils pensent quoi ? Que leur petite chamaillerie, ça va peser quelque chose, vous vous rendez compte ? Moi, je ne sais pas, je me dirais, je n'ai pas envie qu'ils se fassent sa face entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et je m'organiserai pour ça. Non, non. Ils trouvent qu'il y
a
mieux à faire sans gueuler entre eux.
Qu
'ils continuent
à s'engueuler.
Justement, vous avez déjeuné Robert Ménard avec Bruno Rotailleau et David Lysnard cette semaine. Est-ce que vous avez réussi à les mettre d'accord à ce qu'ils s'assemblent, se rassemblent, s'allient tous les deux ou pas
? Comment
ça s'est passé
?
Plutôt sympathique. Je leur avais demandé de venir. Ils ne vont pas être désagréables comme ça. Quand on vous invite, en général, vous êtes agréables. J'imagine. J'essaye de trouver. D'abord,
tu
les écoutes, honnêtement, oui, un est un peu plus libéral que l'autre, l'autre est un peu plus... Il est un
peu
conservateur, pour ne
pas
dire réac, il n'aime pas ça. Vous voyez comment ils sont et tout ça. Mais enfin, attendez, à part de prendre une loupe et d'être comme vous, comme moi, branché
sur la
politique, comme on l'est, tous les deux, pour le commun des mortels, c'est de la droite, voilà.
Bonnet
blanc, blanc bonnet.
Mais oui, Dieu merci, il y a des différences. Ils les montent en épingle, les uns et les autres. Enfin, ce n
'est
pas
vrai. Vous leur avez
dit quoi ? Ouvrez les yeux et
mettez-vous ensemble ? Je leur ai dit, vous êtes suicidaire, vous voulez perdre. Attends,
ils
font les... Ouais, on fait six et demi, alors un passe devant l'autre et tout. Mais coco, ça va, c'est six et demi. Je veux dire, il faut faire 50 madames, il faut gagner 50% des voix. Aucun des deux, vous êtes en état de gagner quoi que ce soit. Vous n'êtes même pas gagné, qu'est-ce que je raconte ? De même pas être au deuxième tour. Alors, j'ai discuté, ça a duré une heure et demie de discussion, pour les entendre dire à la fin, à l'arrache, comme on dirait chez moi, à l'arrache, que quand même, non, jamais ils se présenteraient un contre l'autre devant les Français. Donc, il y
en
aura des deux qui se désisteront à la fin. Enfin, sinon, tu n'as aucune crédibilité dans ce que tu dis. Tu ne peux pas dire, madame, on ne
peut
pas dire à la fois, attendez, regardez la France insoumise et le résultat de ce qu'il prône, on l'a vu, on l'a vu samedi. De l'autre côté, on ne peut pas dire, Marine Le Pen, oui, attendez, honnêtement, elle a été mieux que Macron dimanche dernier, disons les choses, et moi, je le reconnais bien volontiers, elle a été plus présidente que notre président actuel. Mais en fait, tu ne peux pas dire, comme ils le disent, et comme je le pense, que sur le terrain économique, social, c'est n'importe quoi, et elle fait des promesses qu'elle ne tiendra jamais. Et les promesses non tenues, c'est la pire des choses. Tu ne peux pas dire ça, madame.
Et au milieu, te dire, puisque nous, en gros, ils sont au milieu, on ne va pas se donner les moyens de présenter une alternative. Là, il n'y
en
a pas. Les quatre, parce que tu rajoutes les deux anciens premiers ministres de
M. Macron, Philippe et
Gabriel
Attal.
Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont faire tous moins de 10% ? Et ils seront contents
? vous voulez une
primaire ?
Vous
voulez les appeler
? Du côté de David Lysnard,
il
est d'accord. Du côté de... Ah, il était un peu plus d'accord, Bruno.
Bruno Retailleau ? Il était
moins opposé à quand on a des... Et les deux
autres
? Gabriel Attal, que j'ai rencontré, m'a dit qu'il était d'accord. Et du côté d'Edouard Philippe, que j'ai rencontré aussi, il m'a dit, mais de toute façon, non, je suis contre une primaire, mais je vous garantis, c'est ce qu
'il
m'a dit. Donc moi, je vous répète ce qu
'il
me dit. Je suppose qu'il est sérieux quand il dit des choses. Il me dit, de toute façon, si en janvier, c'est pas moi, parmi les quatre dont nous parlons tous les deux, c'est pas moi qui suis en tête, je me retirerai au profit de celui qui est en tête. Moi, j'ai pas le traité de menteur, j'ai aucune raison de le penser, mais s'il trouve pas un moyen de présenter une alternative, et je sais bien que c'est pas la même chose, mais à un moment donné, enfin, à un moment donné, tu te dis, il y a le pire et le pire, on va l'éviter. Voilà.
Robert Ménard, ce week-end, il y a aussi, il y a ces inquiétudes sur le samedi, les manifestations et les pillages éventuellement dans toutes les villes, et il y a à Orléans le congrès de rassemblement national. 10 000 militants qui vont écouter Marine Le Pen, discours au dimanche, et une grande inquiétude du côté de la sécurité, les renseignements, annoncent des milliers d'éléments radicaux qui vont converger vers Orléans pour tenter, évidemment, d'en découdre avec les militants RN. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Est-ce que c'est acceptable dans une démocratie ? Marine Le Pen aurait-elle dû annuler ce qu'elle refuse absolument
? Elle a
raison. Disons que ce n'est pas à nous d
'annuler.
Elle ne va pas annuler son congrès parce qu'il
y a
certains mots de gens qui osent te dire que le rassemblement national c'est le fascisme et qu
'ils
sont antifascistes et qui ont exactement un comportement de petits fachos de gauche. Parce que quand même, enfin, vous vous rendez compte le raisonnement, il y a un parti qui par ailleurs, aujourd'hui, on ne cueille plus de 30% des voix, mais même ils recueilleraient 5% des voix. Tu n'interdis pas à un certain nombre de gens de te représenter. Et en plus, c'est les mêmes qui menacent comme ça. Vous savez, qui ont toujours à la bouche on est des démocrates, vous, vous êtes des fachos, nous, on est d'extrême gauche, on sait ce que c'est les droits de l'homme, patati patatoum, qui se comportent comme des petits salopards. J'espère
qu
'on fera de ça un test pour la démocratie en France. Il est invraisemblable que le rassemblement national ne puisse pas se réunir. Il est déjà invraisemblable que des abrutis menacent d'interdire de fait ce congrès, évidemment. Et j'espère et j'espère que toute la classe politique, toute la classe politique en commun, selon...
Vous
y croyez ? Mais non, je n'y crois pas. Mais c'est ça. C'est pour ça qu'ils n'ont aucune crédibilité, madame. Parce qu'ils ont des haut le cœur à géométrie variable. Parce qu'ils aiment la démocratie quand ça leur sert. Ils n'aiment pas la démocratie quand ça sert les autres. Ils sont...
Comment
vous
dire ? Ils
sont infâmes. Ils sont minables.
Ils
sont minables.
Ça devient un jugement sévère
alors.
Mais attendez, vous attendez, vous, que la France insoumise dise à ses petits connards quand même, le rassemblement national, bien sûr, qu'il a le droit de se réunir. Imaginez... Écoutez, on va juste faire un truc qui
est
un truc terrible pour tout ça. Imaginons un dixième de seconde, un dixième de seconde, que ce soit les militants du Rassemblement national, Marine Le
Pen en
tête, qui menacent la tenue d'un congrès de la France insoumise. Vous imaginez le tollé général. Et là, au fond, c'est chérubin. Mais je t'en foutrai des chérubins.
Mais
ça veut dire, Robert, qu'on est en train de glisser dans autre chose qu'une démocratie. On risque d'arriver dans un régime libéral. Qu'est-ce qui se passe ? En réalité, on veut faire taire les médias qui ne pensent pas exactement comme il faut. On veut faire taire les partis qui ne disent pas ce
que les médias ne veulent pas entendre. Qu'est-ce qui
s'est passé samedi matin ici ? Nos
locaux ont été attaqués. Qu'est-ce qui s'est passé dans
vos locaux ? Mais ils sont fous furieux. Mais bien sûr, vous doutez un instant que la France insoumise, Dieu nous en préserve, était au pouvoir. Vous savez, vous pensez sérieusement
que les
choses ne changeraient pas ? Vous pensez que votre liberté de ton, elle ne serait pas menacée ? Ils
ont dit
qu
'ils
nous
fermeraient.
Donc
oui,
on sait à peu
près.
Vous vous rendez compte ? Mais vous vous rendez compte qu'il
y a
des gens qui disent ça
?
Moi, je peux être en désaccord avec... Dans une indifférence générale. Générale. Mais attendez, moi, interdire, je ne
sais
pas, regardez, j'ai dit du bien de Bruno Rotaillot tout à
l
'heure, mais quand Bruno Rotaillot dit qu
'il
faudrait interdire la France insoumise, c'est une immense connerie. Il ne
faut
pas la dissoudre.
Mais interdire.
Attendez, madame, vous voulez interdire quelqu'un ? Vous,
quand les gens menacent
ces news ici, vous diriez, tiens, en revanche, vous pourrez interdire LCI, ça ne vous viendrait pas à l'esprit. Je veux dire, c'est ça. Et ce qui est le pire, c'est que les types qui nous donnent des leçons de morale, qui sont dans le camp du bien et nous dans le camp du mal, nous on est les injustes, les égoïstes, eux ils sont les généreux, les universalistes, c'est les mêmes qui veulent toujours interdire les médias, vous, qui ne pensez pas comme eux, les partis qui font leur congrès et qui ne pensent pas comme eux. Est
-ce qu
'il
y
a
un moyen, Robert Ménard, et c'est la fin de notre intratére, de réconcilier ces deux Frances-là
est
-ce qu'il
y a
encore une voie, un chemin ? On en est à se poser la question.
Je le pense
sincèrement.
Je le pense sincèrement. Je pense qu'il
y
a 80% des Français qui ne sont pas dans cette logique-là. Vous savez, moi je vais dans des quartiers difficiles, je vais prendre un exemple et quand je parle d'immigration,
et
Dieu sait, vous savez ce que je pense de l'obligation de limiter l'immigration et tout, mais les gens, les immigrés en question, ils sont d'accord. Évidemment, comme moi, les écoliers, vous avez discuté avec des lycéens, 80% pensent la même chose. Le problème, c'est qu'on n'arrive pas, comme aujourd'hui, on en est à, il faut toujours hurler plus fort que l'autre. On n'a au centre personne qui est capable de porter cette parole des 80%, mais de la porter de façon forte, forte. Il ne
faut
pas qu'il soit gnan-gnan, il ne
faut
pas qu'il se cache derrière, je ne
sais
pas quoi, il ne
faut
pas qu
'il
s'excuse tous les matins de ce qu'ils sont, il ne faut pas avoir honte de ce que c'est ce pays, il ne faut pas avoir honte de ce qu'on pense. Moi, je n'ai pas honte de ça et ça ne se fait contre personne, madame. Il n
'y
a pas besoin tous les matins de dire, oui, la France, elle n'est pas bien, elle n
'est
pas capable de faire ceci, la France,
c
'est un pays formidable, défendons-le. Mais là, je ne trouve pas cette voie-là. Il y a des gens que j'aime bien dans les candidats et tout, mais il ne
faut
qu'ils sortent de leurs coquilles, qu'ils s'affirment pour ce qu'on a envie d'entendre. Moi, dans la rue à Béziers, les gens ont peur, les commerçants, vous ne pouvez pas
savoir.
Alors que nous, il n
'y a
pas eu de problème, la peur qu'ils ont. Mais ils ont juste envie qu'on tape du poids sur la table et qu'on leur dit aux uns et aux autres, nous, on est raisonnable,
on
sait que c'est compliqué, mais ce n'est pas parce que c'est compliqué qu'on ne
va
pas y arriver. Et on a juste la volonté. Il manque du courage et de la volonté.
Merci Robert Ménard d'être venu ce matin dans la matinale CNews et Europe 1. Bonne journée à vous. Merci Robert Ménard, merci Laurence Ferrari. Dans un instant sur Europe 1, Eugénie Bastier, Julia De Funès, le livre du jour aussi, le dernier roman de Laurent Nunez. Ne riez pas,
c
'est vrai.
A tout de suite.
Robert Ménard