Quelle élection dans une France en « ébullition » ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
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- 2:18OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron était donc en visite à Marseille hier. Visite surprise ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Comment elle a été perçue, justement, cette visite ? Est-ce qu'il a rassuré le maire, les commerçants ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Est-ce que le lien en particulier entre Marseille et Emmanuel Macron est toujours là ?
- 9:51OuverteRéponse directe
Le mouvement des lycéens, d'abord. Vous avez demandé aux Français s'ils pensent que ce mouvement est justifié.
- 10:48RelanceRéponse directe
On est dans un paradoxe français, Françoise ?
- 12:50OuverteRéponse directe
Deux candidats qui n'impriment pas, et qui ne sont pas dans le débat. Françoise, dans son excellent blog, disait ce matin ou hier qu'apparemment, Edouard Philippe ne veut pas participer au débat de LCI.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:48Locuteur 5Chiffre
« ça coûte mécaniquement plusieurs milliards, puisque notamment on va prêter plusieurs milliards en région. »
- 13:53Locuteur 5Chiffre
« Vous démarrez déjà à 4 et puis vous ajoutez après des centaines de millions d'euros qui correspondent aux différents recrutements ou aux différentes bourses que vous mentionnez. Donc, au total, ça va dépasser les 5-6 milliards. »
- 14:06Locuteur 5Fait
« il y avait 836 pressions de postes. Elles sont annulées. »
- 14:10Locuteur 5Chiffre
« on va au contraire créer 1 700 postes de professeurs au lycée pour permettre le plafonnement 28, pour permettre aussi la création de 10 000 places de BTS »
- 23:33InvitéFait
« La colère arrive, on le voit, très largement devant l'impuissance et la peur. »
- 25:56InvitéFait
« il cite Marine Le Pen comme celle qui tirera le plus profit politique de la séquence, et ça se vérifie »
- 26:16InvitéChiffre
« 47% nous disent « capable » pour Marine Le Pen, uniquement 25% pour Edouard Philippe, 19% pour Jean-Luc Mélenchon. »
- 33:07InvitéChiffre
« 16% des Français jugent qu'il est un bon président. »
Temps de parole
- Présentateur39 %
- Invité17 %
- Invité 215 %
- Invité 39 %
- Invité 49 %
- ?6 %
- Locuteur 52 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Et Quentin, les titres de la presse régionale reviennent ce matin sur les réponses de l'exécutif aux lycéens.
Voilà, signe de l'attente dans tout le pays des réponses à cette crise. On voit de nombreuses unes consacrées à ce sujet des lycéens, comme avec l'Est républicain à Nancy, qui titre sur le cornu, qui fait un pas vers les lycéens. Si les annonces du gouvernement marquent des avancées, les organisations lycéennes jugent les réponses insuffisantes et appellent à poursuivre la mobilisation, dit le titre. Plusieurs journaux notent que la grande sacrifiée de ces annonces,
c
'est la plateforme Parcoursup, qui permet, vous le savez, aux lycéens de formuler leur vœu d'orientation, qui est dénoncée depuis de nombreuses semaines par les jeunes comme étant trop opaques. Elle génère aussi beaucoup de stress au sein des familles. Eh bien, Parcoursup, le début de la fin, titre ainsi Le Dauphiné libéré. Dans les pages intérieures de Sud-Ouest, on détaille les annonces. Parcoursup fera l'objet, je cite, d'une évolution forte dès 2027, avec un remplacement en 2028. Cette évolution en deux temps est liée au fait qu'il faut faire évoluer la loi pour changer la plateforme. Il y aura donc bien une réforme et un passage par le Parlement sur cette question de Parcoursup.
D'autres journaux font état des critiques du mouvement lycéen vis-à-vis des annonces gouvernementales.
Le Midi Libre à Montpellier se demande si c'est une copie à revoir, puisque les lycéens ont annoncé maintenir le mouvement. Le Progrès à Lyon qui parle de plans jugés insuffisants. Quant au Télégramme à Brest, il titre sur le fait que les lycéens en veulent plus dans les pages intérieures de ce journal. On lit que les syndicats de profs sont eux aussi critiques. À ce stade, les revendications qui sont portées par la jeunesse et qu'on soutient en grande partie ne sont pas satisfaites. C'est ce que dit Sophie Vénétité du SNES-FSU. Il faut des garanties de financement et de mise en œuvre, dit pour sa part SEUNSA.
Allez, l'autre actualité dans nos régions, c'est cette visite surprise hier d'Emmanuel Macron à Marseille, où on va se rendre. Bonjour Olivier Biscay, merci beaucoup d'être avec
nous.
Directeur général de La Provence et Corse Matin et directeur de la rédaction du journal La Provence. Emmanuel Macron était donc en visite à Marseille hier. Olivier, visite surprise ?
Oui,
visite surprise, elle a été décidée la veille pour tout dire. On a su dès le lundi matin qu'il serait à Marseille, rencontrerait à la mairie de Marseille le maire de Marseille, quelques élus, mais surtout des représentants du monde économique, des représentants des commerçants qui, vous le savez, ont été la victime de casses, de pillages, d'émeutes le samedi 17 octobre. Et près de 500 commerces ont été détruits à Marseille. Donc une visite à la fois pour écouter beaucoup, pour rencontrer, pour comprendre les réalités du 17 octobre. Et une visite, évidemment, qui a été perçue de manière diverse au cours de cette demi-journée.
Parce qu'on se souvient que Laurent Nunez s'était fait un peu tirer l'oreille pour être à Marseille. Et il n'avait fait qu'un déplacement éclair en fin de journée, 20h30, 21h. Gérald Darmanet est venu le mercredi matin très tôt, là aussi rapidement. Et là, c'est le président de la République qui est venu dire finalement que ça ne se reproduirait pas. Il considérait que l'État avait été défaillant et surtout qu'il accompagnerait l'ensemble des commerces.
Comment elle a été perçue, justement, cette visite, Olivier ? Est-ce qu'il a rassuré le maire, les commerçants, avant la journée de mobilisation de samedi, qui, on l'a dit, a été qualifiée de risquée par Emmanuel Macron ?
Vous
savez que les commerçants étaient d'abord très frustrés, fatalistes, au lendemain du 17 octobre. Il fallait se promener dans les rues de Marseille, comme ce fut le cas, évidemment, à la rédaction de la Provence, pour constater la désolation totale à Marseille. Donc, il n'y croyait plus beaucoup. Et puis, la visite du président, bien sûr qu'elle est importante parce que c'est le chef de l'État, c'est le président de la République qui vient au chevet des commerçants et du monde économique en difficulté. Mais que veulent les commerçants ?
C'est rapidement retrouver leur outil de travail, rapidement faire en sorte que les assurances puissent accompagner les dégâts et puis, surtout, pouvoir reprendre leur activité et de la sécurité. Ils l'ont tous dit, d'ailleurs, hier. C'est bien qu'ils puissent nous dire qu'on est dans un État de droit, mais est-ce que la sécurité sera assurée les 31 octobre et 5 novembre, et surtout le 31 octobre, puisque le président avait l'air de dire que le risque pouvait être fort le 31 octobre. Donc, ils attendent de voir, tout en se disant que dans six mois, le président ne sera plus le même. Lui, en tout cas, aura quitté l'Élysée. Donc, après lui.
Un mot rapidement, Olivier. On sait que Marseille, c'est la ville de cœur d'Emmanuel Macron. Il y a eu ce fameux plan Marseille en grand. Est-ce que le lien en particulier entre Marseille et Emmanuel Macron est toujours là
? Oui,
évidemment, il est toujours là. D'abord parce que c'est évidemment, comme on le dit souvent, sa ville de cœur, sa ministre, Sabrina Roubache, est marseillaise au cœur du gouvernement autour de la formation et de
l
'apprentissage. Il a une relation très importante avec le maire de Marseille. Et à la fois, il s'est passé beaucoup de choses ces derniers mois, ces dernières années. On a entendu le maire de Marseille la semaine dernière quand même, il y a dix jours, mettre en cause l'État, le gouvernement, interroger sur la présence des forces de l'ordre. Et donc, le maire de Marseille défend d'abord sa ville. On peut considérer que la relation est un peu en dents de scie depuis quelques années, depuis quelques mois. Pour autant, le président Macron a cœur à venir sur le terrain. Il était à Marseille, il n
'est
pas venu à Lyon, il ne s'est pas déplacé à Paris. Donc, il y
a
évidemment cette symbolique. Est-ce que ça suffit pour rassurer ? On le dira dans les prochains jours.
Et on vous lira, Olivier. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, la Une de la Provence. Depuis Marseille, Macron tente de reprendre la main. Merci beaucoup, Olivier Biscay. On poursuit la revue de presse, Quentin, tour de la presse régionale avec les violences d'ultra-droite qui font la une d'autres titres.
Oui, c'est-à-dire à la une du bien public. À Dijon, manif et violence est maintenant l'ultra-droite. Des groupuscules d'ultra-droite qui sont pointées du doigt après des agressions dans plusieurs cortèges du 24 octobre en France, écrit le journal. À Dijon aussi, un groupe s'en est pris aux manifestants. Même chose avec Paris-Normandie qui explique qu'une rixe à Rouen fait polémique puisque dans les pages intérieures, on s'interroge sur la responsabilité de ces violences. Le maire, Nicolas Mayer-Rossignol, dénonce une situation inacceptable. Il s'interroge sur le fait que des personnes cagoulées n'aient pas été interpellées alors qu'elles commettaient des violences sur la voie publique.
Les autres élus du conseil municipal se renvoient à la balle. Le LFI dénonce les liens de ces personnes avec la droite et l'extrême droite rouennaises. Quand un élu RN parle simplement de citoyens venus défendre les commerces, le parquet a annoncé ouvrir une enquête.
On
termine avec les retraités qui ne veulent pas passer à la caisse.
C'est-à-dire à la une de l'Union, le journal de Reims, les députés qui reprennent aujourd'hui l'examen du budget en séance. Que ce soit le rabot de l'abattement de 10%, le gel des pensions de plus de 1260 euros bruts, les retraités voient d'un mauvais œil les idées du gouvernement Lecornu pour l'objet de la France. Il faudra voir si les mesures sont effectivement votées dans l'hémicycle. Rien n'est moins sûr.
Merci Quentin. On se retrouve demain. C'est d'abord l'heure de notre reportage en région. Quentin, qui dit automne, dit ? Champignon. Champignon. Les amateurs de champignon, la récolte, s'annoncent bien maigres cet automne en cause de la sécheresse de cet été et les quelques pluies de ces derniers jours n'y changent pas grand-chose. Les trufficulteurs de Moselle sont particulièrement inquiets. Ils craignent une récolte quasi nulle alors que l'essentiel se joue en cette saison. Résultat, certains rendez-vous autour de la truffe ont déjà été annulés. On regarde ce reportage de nos partenaires de Moselle TV, signé
Cécile Mott.
Dans
cette forêt qu'il connaît bien, cet amateur de champignons n'a jamais vu ça.
Cette année, c'est vraiment exceptionnel. Il n
'y a
pas eu de poussée de cèpes, de bolets, de giroles. On risque peut-être de trouver des trempettes de la mort. Il faut vraiment qu'il pleuve abondamment mais assez longtemps et que le sol soit vraiment bien humide, une bonne température, au moins 12 degrés.
Et d'ici une semaine, c'est peut-être possible. Après 15 minutes à marcher en scrutant la forêt, enfin un champignon comestible. La langue de bœuf,
bien
rouge là,
très gélatineuse dessus, on voit bien là.
Si
pour les champignons en forêt, tout n'est pas encore joué, du côté des truffes de Moselle.
Alors
que c'est
une
fille
?
Maigre récolte pour
Trek.
C
'est une vraie truffe, elle n
'est
pas très mûre. Bon, ce n
'est
pas l'affaire du siècle. C'est ça les truffes de cette année.
Et
pour cause ? En neuf mois, là, il y a tombé un quart des pluies normales.
La
sécheresse se voit même sur les arbres. Pour les aider à garder l'humidité, Norbert-Seb teste plusieurs choses. Bâches, toiles de jute, grouines calcaires, broyages forestiers. Mais il le sait, face aux aléas climatiques, certains mourront l'an prochain.
Allez, place à notre débat. Quelle élection dans une France en ébullition
?
Mobilisation des lycéens. Manifestation contre la vie chère. Violence du 17 octobre à six mois de la présidentielle. La France est en état d'ébullition. C'est l'expression qu'a employée hier Emmanuel Macron à Marseille. Comment les Français perçoivent ces mobilisations et ces violences qui en profitent politiquement ? On va découvrir notre baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale. Et on va l'analyser avec Françoise Degoy. Bonjour Françoise.
Ma chère, Rianne. Merci d'être
avec nous, Hubert Caudurier, directeur de l'information du Télégramme.
Bonjour, Hubert.
Bonjour, Rianne.
Et Erwann, c'est vous qui, comme tous les mois, réalisez ce baromètre, directeur conseil à l'Institut de sondage Odoxa. On commence avec vous, Erwann. Le baromètre qui est donc centré ce mois-ci sur le mouvement lycéen et la mobilisation du 17 octobre, vous avez demandé aux Français s'ils pensent que ce mouvement est justifié. Le mouvement des lycéens, d'abord.
Oui,
et
d'ailleurs, c'est un indicateur qui est intéressant pour comprendre un peu là où se situent les Français sur ce sujet. Ils sont 68% à considérer que le mouvement est justifié. 68%, c'est 5 points de plus que ce qu'on mesurait il
y
a 3 semaines. Autrement dit, le soutien au mouvement a progressé alors même qu'il y a eu des débordements. En général, quand il
y
a des débordements dans les cortèges, le soutien populaire a tendance à régresser. Donc, les revendications sont toujours jugées légitimes par les Français. En revanche, quand on leur demande s'ils souhaitent que le mouvement s'arrête, les Français sont 63% à nous dire oui. Autrement dit, le mouvement est légitime, mais les manifestations inquiètent. Mais les Français font la différence entre les manifestants et la légitimité de leurs revendications, et les casseurs, et le fait que ça doit s'arrêter parce que ça sème le trouble dans l'ordre public.
On
est dans un paradoxe français, Françoise ? On est dans la France, en fait. C'est vraiment le charme de la France, j'ai envie de dire. Et le charme et la merveille de la France, parce qu'au-delà de l'anecdote, etc., on oublie toujours que la France est une démocratie sociale. Une démocratie sociale, c'est inscrit aussi dans le cœur des Français. C'est-à-dire que, par exemple, l'idée d'interdire un certain nombre de manifestations, ça passe mal en réalité, ça passe mal, même pas d'ailleurs chez des gens de gauche ou d'extrême-gauche. Nous sommes une démocratie sociale.
Il est inscrit, j'ai envie de dire, dans notre ADN, dans notre histoire collective et commune, que les grandes conquêtes également sociales, elles sont passées aussi par des grandes manifestations. Vous savez, les Français, ils aiment bien les pentes douces, Auriane, ils aiment bien les pentes douces, c'est Victor Hugo qui disait ça. Mais de temps en temps, ils aiment les révolutions et les ébullitions. Oh, Emmanuel Macron, parfois, ça serait tellement bien qu'il donne le sentiment, alors que je sais que c'est vrai qu'il donne le sentiment,
qu
'il comprend vraiment ce pays, dire, oh là là, c'est pas bien, vous êtes en ébullition. Mon cher président, on est français, en fait. Donc, il n'y
a
rien de folklorique, c'est véritablement aussi, comment dirais-je, la constitution républicaine de ce pays. Ce pays manifeste, ce pays est pour l'égalité, la liberté, la fraternité. Qu'on le veuille ou pas, quelles que soient les circonstances de surface, ça reste ça, des marqueurs très forts, je pense.
Oui, Françoise
a raison, ce pays est marqué par son inconscient révolutionnaire. En même temps, c'est un pays qui a toujours été, qui souhaite être gouverné au centre, centre gauche, centre
droit, et le
drame du sondage Odoxa, c'est qu'il précise, sous toute réserve d'usage, c'est qu'on va vers un deuxième tour entre les extrêmes. D'ailleurs, c
'est
un problème pour un journal comme le nôtre, et comme beaucoup de journaux de la presse régionale, c'est qu'on a, c'est toujours défini contre les extrêmes. Alors,
que
faire ? Et ce qui m'atterre dans ce sondage, c'est de voir à quel point le bloc central est en train de s'effondrer. Et on va
revenir sur les conséquences politiques, Hubert.
Deux candidats qui n'impriment pas, et qui ne sont pas dans le débat, qui ne sont pas réactifs, qui ne savent pas intervenir sur les réseaux sociaux. Françoise, dans son excellent blog, disait ce matin ou hier qu'apparemment, Edouard Philippe ne veut pas participer au débat de LCI. Non, il préside le conseil municipal du Havre. C'est quand même dingue ! On
va revenir sur les conséquences politiques, promis. Je sais que vous avez envie d'en parler.
Mais oui, on va juste rester
sur le mouvement lycéen et notamment sur les annonces d'hier, puisque le gouvernement a dévoilé ces annonces. On va écouter Edouard Jeffrey, ministre de l'Éducation nationale, au 20h de France 2.
Nos
élèves nous ont dit leur angoisse de parcours sup. Dès cette année, on engage un processus avec à la fois plus de transparence.
La
lettre de motivation devient l'exception. Vous savez que c'était une des difficultés pour certains de nos élèves. Les refus seront expliqués.
Alors,
ça coûte mécaniquement plusieurs milliards, puisque notamment on va prêter plusieurs milliards en région.
Et combien de milliards
?
Vous démarrez déjà à 4 et puis vous ajoutez après des centaines de millions d'euros qui correspondent aux différents recrutements ou aux différentes bourses que vous mentionnez. Donc, au total, ça va dépasser les 5-6 milliards. Sur les collèges et les lycées,
il
y avait 836 pressions de postes. Elles sont annulées.
Et
on va au contraire créer 1 700 postes de professeurs au lycée pour permettre le plafonnement 28, pour permettre aussi la création de 10 000 places de BTS, notamment pour nos bacheliers professionnels, qui sont ceux qui ont le plus de mal aujourd'hui à trouver des places dans le SUP.
Voilà, et son collègue Philippe Baptiste, ministre de
l
'Enseignement supérieur, qui appelle ce matin à reprendre le travail lundi. Est-ce que, selon vous, ces mesures sont de nature à calmer la colère, Françoise ? Pour le moment, on a l'impression que non. Les lycéens disent,
on
poursuit le mouvement. Bah oui, mais écoutez, ils ont tout donné,
ils
ont tout lâché, mais c'est toujours le problème de la temporalité. Emmanuel Macron n'est pas le seul, comment dirais-je, c'est pas le seul responsable politique qui se plante tout le temps dans la temporalité. François Hollande se trompait dans la temporalité, Nicolas Sarkozy aussi. Il y a un réflexe pavlovien d'un président de la République en exercice, je ne dis pas une parce que ça n'est encore jamais arrivé, qui consiste à dire, en France c'est vraiment comme ça, c'est très bien expliqué, c'est d'abord on laisse pourrir la rue et après on réagit. Le nombre de décisions en retard, mais pas simplement Emmanuel Macron, qui ont été prises quand c'est tard en réalité.
Regardez, souvenez-vous le CPE, souvenez-vous Dominique de Villepin 2005, des semaines et des semaines. –
Sur le CPE, Dominique de Villepin avait gagné, si je
puis dire, c'est Chirac qui au dernier moment a lâché. – C'est ce que je veux dire, c'est qu'on passe
autant à dire, il ne
faut
pas attendre et en même temps, si on lâche trop vite, comme les gilets jaunes, 17 milliards, ça ne sert à rien.
–
Après ça a calmé les gilets jaunes, je pense que la réalité, c'est que les gilets jaunes ont… – Je veux dire par là que les gilets jaunes, que ce soit les lycéens,
ça
fait… qui découvre l'eau chaude ?
Qui découvre que
Parcoursup est
insupportable ? – Non mais attends,
ce
n
'est pas 17 milliards qui les a calmés, les gilets jaunes, c'est le pourrissement, effectivement, le fait que la répression et les extrêmes qui, dans la rue, ont fini par dissuader les gens normaux de venir. Là, le problème,
c'est qu'avec les lycéens… – Mais vous pensez que là aussi, le gouvernement va jouer la
stratégie
du pourrissement ? – Non, il ne peut pas,
parce que les lycéens,
c'est extrêmement sensible.
Bon, il y a des choses qui ont été apportées, qui ne sont quand même pas négligeables, les 4 milliards, alors les 15 000 profs, la compagnie, ils sortent là, l'autre jour c'était 3 000, bon… – Parcoursup,
oui, Parcoursup, dans l'entraînement supérieur. – Parcoursup, je
ne suis pas d'accord, autant la rénovation du bâti, insalubre, etc., tout à fait normal, les inquiétudes des jeunes, c'est compréhensible. Mais Parcoursup, on peut le remplacer, on peut le rendre plus lisible, mais si vous donnez des diplômes qui n'ont aucune valeur, si vous abolissez toute sélection, ce n
'est
pas le rendre service aux jeunes. Il faut quand même qu'ils s'adaptent au monde de demain, alors on va revoir certains programmes, parce qu'il y en a effectivement qui sont… il faut alléger, il y en a qui ne servent à rien, en plus dans le monde moderne, on méprise… Bon, ils vont revaloriser les BTS, les Parcours techniques, tout ça,
c
'est une très bonne chose. On a un problème en France, on n'a pas beaucoup de culture économique et pas assez de culture scientifique. C'est là que se jouent quand même, même sur l'intelligence artificielle, les enjeux de demain.
Oui,
moi je pense quand même qu'ils ont quand même obtenu pas mal de choses. On ne
va
pas se battre sur Parcoursup, je ne
suis
pas d'accord du tout avec Parcoursup, mais on ne
va
pas se faire un débat là-dessus. Je pense que la réalité, si vous voulez, c'est que… Ce qui est formidable, c'est que dans l'esprit des gens, c'est le mouvement des lycéens, mais on n'a pas réalisé que les 600 ou 800 000 personnes, mais je me tourne vers Erwan, c'est véritablement aussi des travailleurs sur la vie chère. Donc, il y a une partie des lycéens, une partie du mouvement qui peut entendre qu'on lui a donné, qu'on a pris acte, etc. Mais sur la question de la vie chère, de l'augmentation des salaires, la réalité, c'est que pour le moment, c'est assez choublant.
Mais juste un truc, peut-être Erwan et Hubert, par rapport à leur mémoire, moi, c'est la première fois, je pense, depuis 25 ans, c'est la première fois qu'une présidentielle est précédée de ces convulsions-là sociales. C'est la première fois. Habituellement, il y
a
un accord tacite. On règle ces différents politiques et sociaux dans les urnes de la présidentielle. C'est véritablement la première fois qu'une présidentielle est précédée véritablement d'une telle convulsion de la société française.
C'est sûr, mais le problème du gouvernement, ça va être de tenir dans les six mois qui viennent. Un de mes bons amis chez qui je dînais hier soir m'a dit « Mais fais attention, le 5 novembre, on aura peut-être une grève générale. » Et là, c'est le pays qui s'arrête, qui est déjà en récession. –
Le 5
novembre, c'est
la journée à
l
'appel des syndicats.
– Absolument. Et donc, si vous voulez, la complexité, c'est que c'est une crise multifactorielle sur fond de fin d'un modèle français qui ne marche plus. Même les anciens ministres le disent, comme Bruno Le Maire. Le problème, c'est qu'ils le disent après avoir
gouverné. – Oui, enfin bon, oui. – Donc, c'est un peu pathétique.
Mais aujourd'hui, la difficulté du gouvernement,
c
'est de tenir. Tenir d'abord face à l'ébullition dans la rue. Et il y
a
un problème d'ordre, de régalien. Vous avez vu quand même que les demandes des lycéens, c'était d'arrêter les grenades assourdissantes. Et puis, tenir aussi sur le plan budgétaire. Le président veut faire passer le budget par des ordonnances. Ce n
'est
pas non plus évident.
– Allez, justement. On va écouter Emmanuel Macron, qui a parlé hier de ce que vous dites et qui juge anormal que le pays soit rentré en ébullition si proche de la présidentielle. Il était à Marseille.
– Ce
n
'est
pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition.
Il
y
a
des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
–
Voilà, la fermeté d'Emmanuel Macron. Erwan, puisque Françoise en a appelé à votre mémoire, six mois avant la présidentielle, est-ce qu'on a déjà eu un tel état social dans le pays ou est-ce que normalement, à l'approche d'une élection, il y
a
une forme d'accord tacite de dire que les choses se régleront dans les urnes
? –
Alors, pas nécessairement.
C
'est vrai que si on remonte à 88-95, c'est des sorties de cohabitation. Donc, le contexte était nécessairement un
peu apaisé.
Il y avait une concurrence électorale qui faisait que de toute façon, les gens restaient chacun dans leur couloir. En revanche, en 2006, au premier semestre, on a un premier semestre très agité par les manifs anti-CPE et à la fin de l'année 2005, on avait eu les émeutes dans les banlieues.
–
Oui, mais
on n'est pas du tout à six mois de la présidentielle. – Là,
ce qui est assez important, c'est cette question du coût de la vie qui sert de coagulant, de contaminant entre toutes les colères.
C
'est vrai que cette question de l'agglomération des colères, elle se fait à travers la question du coût de la vie. On parle beaucoup de pouvoir d'achat, mais le sujet, c'est vraiment le coût de la vie. C'est comment je règle toutes mes dépenses mensuelles avec l'argent dont je dispose. Et ça, c'est un facteur commun aux classes moyennes inférieures, aux étudiants, aux jeunes des quartiers populaires. Et en fait, finalement, cette coagulation, elle se fait sur cette question du coût de la vie. Les mesures proposées par le gouvernement n'y répondent pas.
En revanche, on peut imaginer quand même qu'en cochant toutes les cases des revendications, ils feront un peu reculer la mobilisation sociale parce
qu'il y a le sentiment que le
gouvernement a fait un net pas vers eux.
Le
problème, c'est qu'Emmanuel Macron ne veut pas disparaître prématurément. Donc, il n
'est
pas du genre à faire la fuite à Baden-Balen. Il complique même l'avis de son Premier ministre, qui a de ses contradictions en matière de communication, c'est-à-dire à la fois le
président
qui dit qu'il fait contre les algorithmes et puis le Premier ministre qui fait appel à des influenceurs. Mais la plus grosse difficulté quand même aujourd'hui, c'est cette perspective de crise financière.
Est
-ce qu'elle va intervenir avant ou après la présidentielle ? Les agences de notation ont l'air relativement raisonnables. On ne peut pas considérer la France comme la Grèce. C'est un pays beaucoup plus important. Et c'est un pays dont la chute entraînerait, enfin le défaut entraînerait un vrai problème en Europe. Tous les voisins en sont conscients. Néanmoins, c'est quand même quelque chose qui va se poser parce que ça sonnera la fin des illusions et des promesses démagogiques qui sont faites par les extrêmes.
On
va poursuivre
juste la découverte. Non, mais sur
Emmanuel Macron, on ne peut pas décréter. Je suis d'accord avec Hubert. Il faut qu'Emmanuel Macron se taise en fait. Je pense que c'est vraiment très important. Il faut qu'il se taise, je ne le dis pas de toute façon irrespectueuse. Cette déclaration à Marseille n'amène rien. Oh là là, ce n
'est
pas bien ce pays en ébullition. Rentrez donc dans votre rivière. On ne peut pas le dire. C'est trop facile. C'est trop facile et puis c'est lui la tête sur une pique. C'est toujours le président de la République. Vous savez, à la fin d'un quinquennat, un pigeon fait caca sur votre bagnole, c'est à cause de Macron à l'Elysée ou à cause de Hollande ou Sarkozy. Ça marche toujours comme ça parce que c'est la figure centrale. Donc en tant que figure centrale, moi je trouve que là, il manque un petit peu de sagesse. D'abord parce qu'il n
'a
pas la capacité à faire les gros yeux. Ce n
'est
pas le vieux, ce n
'est
pas François Mitterrand,
ce
n
'est
même pas Jacques Chirac. Ça reste quand même un jeune homme.
– Il a du mal à
installer la dramaturgie qu'on voit dans ces grandes périodes de crise que la France a déjà traversée.
– Oui, et puis on n'en a pas besoin. En
plus, on n'en a pas besoin. Il sait très bien ce qui est en train de se passer. Il sait très bien que son cauchemar est en train de se réaliser. Vous avez les deux tours jumelles qui montent, vous avez deux forces telluriques qui montent, que rien ne semble pouvoir arrêter. Et à la fin,
ça va être… – Le
drame, si vous voulez, c'est qu'il n'a pas seulement le problème des services de renseignement qui n'ont pas anticipé le 17 octobre.
– Mais justement, on va parler… – Le problème, c
'est qu
'il
n'a pas anticipé, durant son mandat, le premier étant bien meilleur que le second, il n'a pas anticipé la mondialisation, les phénomènes de restructuration de l'économie mondiale et la façon dont la France devait s'y préparer.
– On
va parler du 17 octobre, Hubert, puisque vous en avez parlé, Laurent Nunez, le ministre de
l
'Intérieur, qui dit ce matin qu'il a pour mission d'éviter un nouveau 17 octobre. Vous avez interrogé les Français, Erwan, sur cette journée. Quels sentiments ont-ils eu en voyant les images et en vivant ce 17 octobre
? –
Oui, très largement, quand on demande, vous pensez, quel sentiment a dominé chez vous à l'issue des débordements du 17 octobre ? La colère arrive, on le voit, très largement devant l'impuissance et la peur. Ce que ça raconte, c'est que les Français ont beaucoup moins peur qu'ils ne sont en colère. Et ça explique les attentes qu'il peut y avoir sur la réponse politique. Ils ne veulent pas de solution de protection, ils veulent des solutions d'autorité, de fermeté. Dans l'esprit d'une grande partie des Français, la cause principale des débordements du 17 octobre, c'est un sentiment d'impunité, le manque de sévérité de la justice,
c
'est quelque chose. Ce manque de sévérité de la justice, des problèmes dans l'application des peines qui remontent souvent dans les enquêtes d'opinion quand on parle de sécurité. Donc il y a des attentes très fortes qui s'expriment à travers une colère beaucoup plus que de la peur. Ça dit beaucoup sur les forces politiques qui peuvent profiter de la colère.
– Oui, alors avec la bêtise absolue, si vous voulez, moi j'en ai un peu marre.
Vous
savez, Jean-Luc Mélenchon, il a quand même de la chance dans la vie. Il a la chance d'avoir des socialistes complètement crétins, je le dis gentiment parce que
je les
aime beaucoup,
mais qui font,
grâce à Raphaël Guzman et Jérôme Gage organisent toute la primaire en ne faisant que Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon, ce qui fait que Mélenchon est le vainqueur par contre humasse. C'était l'excellent titre de Libé, vainqueur par contre humasse de la primaire. Là, ça recommence, c'est Mélenchon gna gna gna, et on ne
peut
pas aller dans les portèges, ce n
'est
pas les socialistes. C'est le candidat de la gauche, Raphaël Guzman, qui attaque LFI en disant vous ne cessez d'embêter mes cortèges. Vous avez, donc c'est la promotion Glixman, 5% en promo pour Mélenchon, et vous avez Lecornu toute la journée, Sébastien Lecornu, et l'exécutif qui dit Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon, fauteur de troupes, c'est à cause de lui,
il
est violent, etc. La
réalité, ça donne quoi ?
Il prête son jeu, parce que maintenant,
il
s'attaque à la propriété privée.
Non, mais ce que je veux dire, c'est
que ces opérations de promotion gratos, depuis
un mois et
demi, deux mois, égale, égale, Mélenchon
qui manque,
et
on va voir justement... En
2007, avec Sarkozy, c'était
la même chose,
et ça profite... Et
on va voir... ... au
RN.
...qui est le
gagnant, justement, politique de
cette séquence. Pourquoi vous posez cette
question, alors qu'on a déjà la réponse ?
Eh bien, parce
qu'Erwan l'a posé aux Français, donc on va voir ce qu'ont répondu les Français. Quel est le candidat qui tire le plus profit politiquement de cette séquence ?
Eh bien, très largement, à 74%, il cite Marine Le Pen comme celle qui tirera le plus profit politique de la séquence, et ça se vérifie, parce que la semaine dernière, dans un sondage pour Le Figaro et Backbone, on a posé la question sur, selon vous, pour chacun de ces candidats à la présidentielle, quel est celui... Est-ce qu'il est capable de ramener l'ordre, d'éviter que deux paris émeutes se reproduisent, 47% nous disent « capable » pour Marine Le Pen, uniquement 25% pour Edouard Philippe, 19% pour Jean-Luc Mélenchon. Elle plie le match sur ces questions d'autorité,
et c'est la
forte demande du moment.
De
ce point de vue-là, on a bien vu le congrès de dimanche, ils ont quand même réussi leur coup. On a beaucoup focalisé sur l'incident avec les jeunes de l'UGF ou avec la sortie des journalistes de Mediapart, mais en réalité, ils se sont bien répartis les rôles. Jordan Bardella, qu'elle a remis en selle, a été revigorée par la séquence de conflits dans les rues. Jordan Bardella a
développé
une politique très répressive en termes de maintien de l'ordre, ce qui correspond aux attentes du sondage. Et elle, elle a fait Tata Marine au-dessus de la mêlée en surjoint un peu
l'optimisme. Je
suis d'accord avec Hubert sur, évidemment, il faut quand même accepter la réussite de ce congrès, comme on va être obligés de se manger la pilule, je pense, le 7 novembre avec la démonstration de force que va organiser Jean-Luc Mélenchon sur la présence de son programme au Bourget, donc sur ses terres en Seine-Saint-Denis. La réalité, c'est que ce mouvement a démontré Marine Le Pen incroyable. Elle s'est substituée à la droite classique, mon cher Hubert, ça y est, vous êtes
dans les choux. Si elle est élu, l
'extrême droite
remplacera la droite. Elle s'est
substituée sur les questions d'autorité,
c
'est dingue. Ça aurait dû profiter à Bruno Retailleau, les coups de menton pendant ses émeutes, en tout cas ses violences. Ça aurait dû profiter, évidemment, à Édouard Philippe, ancien Premier ministre. Ça profite à Marine Le Pen. Donc, elle, elle est le réceptacle Marine Le Pen du désir d'autorité et de la crise identitaire. J'ai envie de dire ça si je résume un peu,
Oriane.
Et Jean
-Luc Mélenchon... Et la droite classique est en PLS aujourd'hui. Alors,
pas toute la droite parce qu'on va voir. Non, je finis. Qu'on explique pourquoi Jean-Luc Mélenchon qui aurait dû être accusé de violence, lui, il est désormais le réceptacle principal de la colère et de la justice sociale. C'est lui qui emporte ça. Sur tous les autres candidats, les Verts, Raphaël Guzman, etc. et Marine Le Pen est le réceptacle du désir d'ordre, de l'ordre, si vous voulez, et de la crise
identitaire.
Comment vous arrêtez ça ? Eh bien, pour le moment, personne n'a trouvé le mystique. Alors, on va voir parce qu'il y a aussi le palmarès de l'adhésion. Ça, c'est quelque chose que vous mesurez tous les mois, Erwan. Marine Le Pen, Jordan Bardella toujours en tête et en progression et effectivement, ceux qui chutent s'appellent Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Oui, et ce qui est intéressant, c'est d'observer que Marine Le Pen monte à un niveau très haut. Pour comparer à octobre 2021, c'est 9 points de plus de code d'adhésion et 3 points de moins de code de rejet. Son image, c'est parfaitement lissé. Pour la première fois, ce mois-ci, Marine Le Pen, elle passe la barre des 50% de code d'adhésion chez les sympathisants LR. Elle progresse encore chez ceux de reconquête, chez les 65 ans et plus, chez les habitants de métropole qui ont été assez émoussés par les violences du 17 octobre. Alors, pour Édouard Philippe,
c
'est tout l'inverse. Il passe, lui, sous la barre des 50% chez les sympathisants LR. Il recule.
Il
n'est qu'à 24% de code d'adhésion. C'est quasiment la moitié de sa code d'adhésion quand il a quitté Matignon. Aujourd'hui, on voit bien que Marine Le Pen s'impose, devient hégémonique dans le paysage politique et qu'Édouard Philippe est sur le reculoir.
C
'est la victoire des grandes gueules contre les technos, en fait, parce qu'on a des technos qui ne savent pas parler au peuple, qui ne savent pas se saisir des émotions populaires.
Pardon, c'est les technos ou c
'est les anciens premiers ministres de Macron ?
C'est les technos, les anciens premiers ministres de Macron, même si Attal essaie de fermer Attal, il n'est pas forcément jugé crédible parce qu'il est trop jeune, parce qu'il a ensuite des changements de cap qui sont parfois pas convaincants.
Édouard Philippe, il est élu local, pour vous, ça ne compte pas
? Comment ? Édouard Philippe, il est élu local, il est maire du Havre ?
Oui, mais il arrive un moment où il faut prendre la dimension nationale de cette opération et on est quand même dans une forme de psychose collective, comme à chaque fois qu'il y
a
des grands mouvements,
des irruptions aussi. Il y a quand même le
mouvement
des
gilets jaunes même d'entrer au gouvernement, tous ceux qui auront été de près ou de loin proches de la Macronie disparaîtront.
Alors, on va en parler
parce que, pardon Hubert, mais vous disiez ça coûte à la droite, alors pas toute la droite, Bruno Retailleau prend deux points, David Lissnard prend huit points dans
le palmarès de l'adhésion, c
'est la plus grosse hausse.
Mais il reste en calminé quand même à un niveau bas, que ce soit l'un ou que ce soit l'autre, avec une avance de Bruno Retailleau chez les sympathisants LLR, mais juste pour le placer, il se passe quelque chose du côté de David Lissnard. Ça
progresse chez
les sympathisants Reconquête, chez les Français les plus aisés. Il mord sur un espace politique un peu plus large. En revanche, deux candidats, les Républicains, pour cet espace politique, c'est trop. On voit que David Lissnard est un peu plus haut que Bruno Retailleau dans les intentions de vote dans les sondages qui ont été réalisés récemment. Donc, il conquiert un espace politique un peu plus large. Reste à voir comment tout ça se transforme.
Est-ce qu'un peut ne pas gossiter
l'autre ?
Ou alors, comment ils font alliance
?
Franchement,
moi, je fais très, très gaffe au palmarès des adhésions parce qu'on est quand même dans les émotions et Erwan est le mieux placé que nous tous pour savoir. Et ça, les sondeurs, je ne
sais
même pas comment vous faites pour continuer à sonder l'opinion. On est dans un moment où les aiguilles bougent extrêmement vite. Vous avez l'émergence de David Lissnard. Moi, ce qui m
'intéresse... Et de Raphaël Luxman. Un tiers de l'électorat. Et de
Raphaël Luxman. Un
tiers de l'électorat n'a pas
choisi. Sérieusement, la seule chose qui m'intéresse, c'est les intentions de vote. C'est, il est gentil, il est sympa, etc. Ça ne m'intéresse pas. Moi, je regarde les intentions de vote.
C
'est des dynamiques qu'on constate aussi dans
les dernières informations. Non,
non. Sur la bonne opinion, c'est des dynamiques. Sinon, vous prenez le baromatch, vos concurrents, IFOP, Paris Match. On s'en fout sur la bonne opinion. Pardon,
et moi, c'est pas pour casser. C'est lui qui fait ça pour que... Non, non, non.
Les opinions, les bonnes opinions. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les intentions de vote.
Ce
que je vois dans les intentions de vote, et ça, je vois vos baromètres, mon cher Ewan, je vois ceux de tous nos copains. La seule chose que je vois, c'est que vous avez Le Pen et Mélenchon qui sont encapsulés maintenant
par
le mouvement social. Attends,
peut-être que Glucksmann et Philippe
vont se réveiller. Peut-être que Glucksmann et Philippe vont se réveiller, mais c'est pas parce que... Oh, il est sympa, il a un joli costume. Moi, il parle bien, cet Édouard Philippe. Honnêtement, en termes d'intention de vote, vous n'avez un qui végète dans le ventre mou du classement 11-12, c'est Glucksmann et Édouard Philippe qui ne fait que dégringoler les escaliers. Soyez sympathiques. Allez,
on va terminer le code de popularité de l
'exécutif. Il nous reste
une minute.
Erwan, record d'impopularité pour Emmanuel Macron.
16% des Français jugent qu'il est un bon président. Il atteint le record d'impopularité sous la Ve République qui était jusque-là détenu par François Hollande. Bien fait. À titre de comparatif, les scores planchés à l'Élysée de François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, c'est minimum 30%. Ça montre qu'il y a vraiment une rupture très forte.
Alors,
ce n
'est
pas les mêmes périodes, il n
'y a
pas eu de cohabitation pour restructurer leur code de popularité.
Alors, il faut François Hollande y aille alors
maintenant.
Il est en Bretagne aujourd
'hui.
Il va
visiter le fond Leclerc.
Il va faire une interview
au Télégramme.
Il va visiter le
fond Leclerc, il va chez Armand Lux, il va faire une signature à Capardet.
Il est en campagne.
Sa promotion ?
Est-ce qu'il peut sortir encore
du bois ?
Je
ne sais
pas. Est-ce qu'il peut sortir du bois ?
On
va voir en janvier. Pour le moment, Raphaël Grouchman ne s'effondre pas. Il faudrait une grande crise institutionnelle ou financière pour qu'il retrouve sa cap, si vous voulez, sa principale force. C'est sa cap d'ancien président. Mais François Hollande, il a ceci de particulier. Les gens adorent le voir. Ils n
'ont
pas trop envie de voter pour lui, je crois. Allez,
on
se retrouve, Erwan,
on
se retrouve dans 15 jours pour le baromètre préféré de François. Celui
sur les intentions de vote.
Voilà, celui-là, François Hollande,
d'adore. Si vous
m'éritiez de l'usman au niveau de Mélenchon, je vous applaudis,
Erwan. On verra.
Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain avec plaisir. A bonnes journées. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
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