François de Rugy : "on peut faire marcher main dans la main écologie et économie"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
François de Rugy, bonjour. C'est la première fois que vous êtes ministre dans une déjà longue carrière politique.
- 0:42OuverteRéponse directe
Mais dites-nous d'abord pourquoi vous avez accepté ce travail, ce poste.
- 2:01OuverteRéponse directe
Nicolas Hulot était prêt à le faire à votre avis ?
- 2:36OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on peut vous demander à quel moment Emmanuel Macron vous a appelé pour vous proposer le poste ? Et ce qu'il vous a dit, quelle feuille de route il vous a donnée ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Mais il vous a appelé très rapidement après la démission de Hulot, ou ça a mis un peu de temps ?
- 3:12OuverteRéponse directe
Et dans ces discussions, est-ce que vous avez obtenu des garanties ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« j'ai accepté de répondre positivement à une demande qui m'était faite par le président de la République et le Premier ministre de relever ce défi car c'est un défi, chacun l'a bien compris et notamment sur cette antenne et dans ce studio. »
- 1:01Invité politiqueFait
« C'est un défi de mener la transformation écologique de la France comme nous menons la transformation de l'économie, de la santé, de l'éducation. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Mes parents déjà, et je les remercie d'ailleurs, m'ont éveillé comme mon frère et ma soeur à l'écologie et je me suis engagé dans une association, l'association d'Antèses de défense de l'environnement quand j'étais au lycée. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Je pourrais saluer tout son parcours à Nicolas Hulot, y compris son évolution depuis l'animateur de télévision jusqu'au fondateur de la Fondation. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Nous avons été élus sur un programme de transformation. Et donc, si on disait, on fait des transformations dans tous les domaines, sauf dans le domaine de l'écologie, là, évidemment, ce n'est pas la peine. En tout cas, c'est sans moi. »
- 5:34Invité politiqueChiffre
« L'économie verte, ce sont déjà des centaines de milliers, voire des millions d'emplois dans notre pays. »
- 6:56Invité politiqueChiffre
« Annoncer la fermeture de toutes les centrales à charbon en France, il en reste 5, d'ici 2022, alors que c'était prévu plutôt en 2035, par le précédent gouvernement. »
- 8:28Invité politiqueChiffre
« Les néonicotinoïdes. Ça a été interdit au 1er septembre, à hasard de calendrier, mais c'est le 1er septembre de cette année. Ça a été voté deux ans auparavant. »
- 9:50Invité politiqueFait
« Nous allons le faire sur Fessenheim. Ça, c'est acté. »
- 10:09Invité politiquePromesse
« Nous serons en mesure de la présenter à la fin du mois d'octobre. »
- 14:02Invité politiqueFait
« Les grands projets éoliens offshore que Nicolas Hulot avait sauvés, alors que certains voulaient les casser. »
- 17:33Invité politiqueFait
« La Commission nationale du débat public a organisé un débat sur ce projet et va rendre son rapport dans quelques jours ou quelques semaines. »
- 18:00Invité politiqueFait
« ma conviction est déjà qu'on ne peut pas le faire tel quel. »
- 20:02Invité politiqueFait
« De toute façon, ce qu'il faut bien dire, c'est même si on arrêtait le nucléaire demain matin, ce que personne ne propose et ce que tout le monde sait, impossible à faire. »
Temps de parole
- François De Rugy69 %
- Présentateur13 %
- Présentateur 29 %
- Auditeur3 %
- Invité3 %
- Locuteur 12 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, nommé hier par Emmanuel Macron. Prenez la parole au 01 45 24 7000, intervenez sur les réseaux sociaux et l'application de France Inter. François de Rugy, bonjour. Bonjour. C'est la première fois que vous êtes ministre dans une déjà longue carrière politique. Vous ne vous y attendiez pas, avez-vous dit hier lors de la passation de pouvoir. Vous entrez au gouvernement au terme d'une crise ouverte par la démission de Nicolas Hulot il y a une semaine. L'attente est forte à tout point de vue, on va y venir.
Mais dites-nous d'abord pourquoi vous avez accepté ce travail, ce poste.
En effet, j'ai accepté de répondre positivement à une demande qui m'était faite par le président de la République et le Premier ministre de relever ce défi car c'est un défi, chacun l'a bien compris et notamment sur cette antenne et dans ce studio. C'est un défi de mener la transformation écologique de la France comme nous menons la transformation de l'économie, de la santé, de l'éducation. Je le dis aussi parce que vous l'avez cité, moi l'écologie est au fondement de mon engagement.
Mes parents déjà, et je les remercie d'ailleurs, m'ont éveillé comme mon frère et ma soeur à l'écologie et je me suis engagé dans une association, l'association d'Antèses de défense de l'environnement quand j'étais au lycée.
Donc inattendu mais pas illogique.
Oui, on peut le résumer comme cela et je dirais qu'à un moment donné, il faut avoir un peu le sens du devoir en politique. Il y a un défi lourd à relever, tout le monde le reconnaît sur l'écologie. Tout le monde n'est pas prêt ensuite à le faire, dans tous les sens du terme. Ceux qui font profession de foi d'écologie mais qui parfois se dérobent devant les responsabilités, c'est déjà arrivé dans un passé pas si lointain, mais aussi ceux qui évidemment, une fois qu'il s'agit de passer à l'action, disent « Ah bah non, plutôt dans quelques années ou pas sur ce sujet-là, comme dans d'autres domaines. »
Nicolas Hulot était prêt à le faire à votre avis ? Nicolas Hulot, il était prêt ?
Ah bah écoutez, Nicolas Hulot, il l'a accepté il y a 15 mois, il a pris une décision dans votre studio il y a une semaine. Moi j'ai dit lors de la passation de pouvoir hier que je salue son action. Je pourrais saluer tout son parcours à Nicolas Hulot, y compris son évolution depuis l'animateur de télévision jusqu'au fondateur de la Fondation. Nicolas Hulot, mais je veux quand même dire que ce qu'il a fait pendant 15 mois, avec le gouvernement, avec la majorité à l'Assemblée Nationale, ce sont des acquis précieux, ce sont des points d'avenir précieux.
Est-ce qu'on peut vous demander à quel moment Emmanuel Macron vous a appelé pour vous proposer le poste ? Et ce qu'il vous a dit, quelle feuille de route il vous a donnée ?
Vous savez, moi je ne vais pas raconter dans les moindres détails, en général on le fait quand on écrit ses mémoires, je suis un peu jeune pour écrire des mémoires. Donc les discussions que j'ai eues avec lui, je l'avais dit avant, j'avais dit à vos confrères ou à vos consoeurs qui m'interrogeaient que s'il m'appelait, je discuterai avec lui, mais que je ne le ferai pas par médias interposés, donc je ne vais pas le faire non plus a posteriori.
Mais il vous a appelé très rapidement après la démission de Hulot, ou ça a mis un peu de temps ?
Nous avons discuté avec le Premier ministre, puis avec le Président, dans le courant de la semaine dernière et pendant le week-end.
Et dans ces discussions, est-ce que vous avez obtenu des garanties ?
J'ai obtenu la garantie que la transformation, le programme de transformation sur lequel nous avons été élus, car en effet, moi j'ai été élu en 2017, j'ai été candidat aux législatives, comme bien d'autres, et nous avons constitué une majorité parlementaire à la suite de l'élection d'Emmanuel Macron que j'avais soutenue. J'avais d'ailleurs nourri son programme, notamment sur ces aspects-là. Nous avons été élus sur un programme de transformation. Et donc, si on disait, on fait des transformations dans tous les domaines, sauf dans le domaine de l'écologie, là, évidemment, ce n'est pas la peine. En tout cas, c'est sans moi. Donc moi, j'applique dans ce domaine la même logique de transformation.
Évidemment qu'il faut discuter, dialoguer, chercher à rassembler, à fédérer, ce qui n'est pas de chose facile, mais en s'appuyant sur les Français, en s'appuyant sur les associations, sur les entreprises qui font des choses, sur les élus locaux. Et ensuite, il faut trancher, il faut décider pour mettre en œuvre, faire des choix, et c'est ce que nous ferons, et c'est ma feuille de route au ministère de l'écologie.
En démissionnant dans ce studio, Nicolas Hulot a clairement décrit une impasse. Les mots qu'il employait hier sont les suivants. Une ligne de faille entre économie et écologie, fracture qu'il n'a pas réussi, qu'il n'est pas parvenu à réduire. Cette contradiction, il vous la lègue, François de Rugy, est-ce pour vous une impasse, ou plutôt une opposition féconde que vous allez gérer sans problème, ni philosophique, ni métaphysique ?
Gérer les enjeux écologiques sans problème, là, ce serait être naïf. Mais ce qui est sûr, c'est que si on croit qu'il est impossible de faire converger écologie et économie, où je lis même à la une de certains journaux, depuis une semaine, que de toute façon, c'est impossible de faire de l'écologie avec l'économie de marché, par exemple. Si on croit cela, on attend le grand soir, on attend qu'il y ait une révolution qui change complètement le système. Je ne sais pas sur quel modèle, d'ailleurs, parce que je n'ai pas vu dans d'autres pays, où c'était un autre modèle économique, qu'on faisait plus d'écologie.
Moi, je crois depuis toujours qu'on peut faire marcher, main dans la main, écologie et économie, que ça doit être l'objectif. Il y a des entreprises qui le font déjà. Moi, j'ai souvent dit, on ne valorise pas assez dans notre pays, je l'ai dit y compris à des ministres de l'économie successifs. L'économie verte, ce sont déjà des centaines de milliers, voire des millions d'emplois dans notre pays. Il y a aussi, d'ailleurs, l'économie sociale et solidaire, qui fait partie de mon champ ministériel, et c'est également méconnu. Mais il y a aussi des entreprises qui sont en train de conduire à des transformations. Puis il y en a d'autres qui résistent.
Il y en a d'autres qui, évidemment, se disent, non, ça va remettre en cause complètement notre activité. Et nous devons dialoguer avec tout le monde, s'appuyer sur ce qui marche, pour le valoriser et pour motiver. Parce que si on ne parle que de ce qui ne marche pas, eh bien, on finit par démotiver tout le monde sur la capacité à agir.
Justement, Nicolas Hulot, il y a une semaine, jour pour jour, ne parlait pas de révolution, il n'appelait pas la révolution, mais il disait la politique des petits pas, ça ne marche pas. Je vous propose de l'écouter.
Est-ce que les petits pas suffisent à endiguer, inverser, et même à s'adapter parce que nous avons basculé dans la tragédie climatique ? Eh bien, la réponse, elle est non. La question fondamentale qu'il faut se poser, est-ce que nous avons commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à réduire l'utilisation des pesticides ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à enrayer l'érosion de la biodiversité ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à se mettre en situation d'arrêter l'artificialisation des sols ? La réponse est non.
Le réquisitoire est sévère.
Moi, je connais ces discours sur les petits pas, etc. Moi, je prends les faits, y compris sur les 15 derniers mois. Annoncer la fermeture de toutes les centrales à charbon en France, il en reste 5, d'ici 2022, alors que c'était prévu plutôt en 2035, par le précédent gouvernement. C'est ce que Nicolas Hulot a fait. Eh bien, moi, je peux vous dire que ce n'est pas une petite décision. Ce n'est pas une petite décision sans conséquence. C'est une grande décision pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, les émissions de gaz carbonique. On sait très bien que le charbon est celui qui en émet le plus, que c'est le plus polluant.
Mais c'est aussi une grande décision qui n'est pas sans effet, de façon économique et sociale. Vous savez, il y a une centrale à charbon en Loire-Atlantique, le département dont je suis l'élu, à Corde-Mais. Moi, j'ai rencontré les syndicalistes, notamment, qui, évidemment, étaient très opposés à cette fermeture, qui ont d'ailleurs reconnu qu'à partir du moment où l'objectif était clair, où il était posé, ils avaient commencé à réfléchir à des alternatives sur le site. Mais ça ne se fait pas comme cela en se disant, oh, c'est un petit pas qui se fait sans que personne ne se rende compte.
Mais vous n'avez donc rien contre la politique des petits pas, critiqués par Nicolas Hulot. C'est une méthode pour avancer. Moi, je demande à être jugé.
Je m'inscris dans la durée. Je pense que dans tous les domaines d'action, il faudra être jugé en 2021 ou 2022, au moment où viendront les élections nationales, où ils seront jugés sur notre bilan. Et là, on pourra voir. Regardez, dans un autre domaine, je le dis d'autant plus. Non, non, mais il a parlé dans son intervention des pesticides. Regardez ce qui a été fait sur les néonicotinoïdes. Ça a été interdit au 1er septembre, à hasard de calendrier, mais c'est le 1er septembre de cette année. Ça a été voté deux ans auparavant. J'étais député, Barbara Pompili était ministre de la biodiversité. À l'époque, on nous a dit « Oh, deux ans, c'est loin, etc.
» Ça faisait 20 ans qu'on en parlait de ce problème avec les apiculteurs.
François Dorgi, vous parliez des centrales de charbon, on va parler des centrales nucléaires. Oui, parce que c'est un des dossiers lourds qui est sur votre bureau. Pendant la primaire de la gauche, vous étiez le plus ambitieux en la matière. 50% de nucléaire en 2025, disparition à horizon 2040. Du coup, 100% d'électricité renouvelable en 2050. Alors, on va commencer par le commencement. Maintenant, vous êtes ministre. Quand aura-t-on un calendrier de sortie du nucléaire ? On l'attend depuis que la date de 2025 a été abandonnée. Donc, quand un calendrier et quel calendrier ? 2030, 35, on lit des choses contradictoires.
Alors, soyons précis sur les mots, c'est un sujet extrêmement lourd et important. Comme vous l'avez dit, c'est la production d'électricité en France. Et pas simplement l'année prochaine, dans deux ans, dans trois ans, c'est sur le temps long. Nous avons été élus, avec Emmanuel Macron, sur l'engagement de mettre en oeuvre la loi de transition énergétique votée en 2015. Et cette loi prévoit qu'il y a une programmation pluriannuelle de l'énergie. On entend souvent le sigle PPE. Moi, je n'aime pas les sigles. Programmation pluriannuelle de l'énergie. Ça veut bien dire ce que ça veut dire. Nicolas Hulot, depuis qu'il a été ministre, a travaillé dessus.
Les choses ne sont évidemment pas simples, pour les mêmes raisons que ce que j'ai dit sur les centrales à charbon. Vous dites qu'on va se fermer une centrale nucléaire. Nous allons le faire sur Fessenheim. Ça, c'est acté. Alors que, pendant les cinq dernières années, on avait tergiversé sur le sujet. Évidemment, il y a des personnes qui y travaillent. Il y a un territoire dont ça bouleverse l'économie, etc. Il faut accompagner cela sur ce site-là.
Est-ce que vous avez demandé un calendrier précis ? Il y aura sur la programmation pluriannuelle de l'énergie.
Nous serons en mesure de la présenter à la fin du mois d'octobre. Je ne vous renvoie pas au calendrier. Je ne peux pas vous dire tout le contenu.
À la fin du mois d'octobre, on aura une date précise. On aura la programmation pluriannuelle de l'énergie.
C'est-à-dire le déroulé en application de la loi que nous avions votée, ce qui n'avait jamais été fait auparavant. la part de chaque énergie, le développement des énergies renouvelables que nous voulons faire. J'ai toujours été à tous les niveaux, à l'Assemblée ou ailleurs, pour faire sauter tous les verrous qui ont été mis pendant des années pour freiner le développement de l'éolien, du solaire, de la biomasse, de la méthanisation des déchets, des déchets agricoles, des déchets ménagers. Nous allons le faire. Et là aussi, des choses avaient déjà été engagées qui sont des points d'appui.
Les chasseurs ont été l'élément déclencheur d'émission de Nicolas Ayolo, la fameuse réunion à l'Elysée. Où il y avait Thierry Coste, le lobbyiste des chasseurs. Les chasseurs qui se sont félicités hier de votre nomination dans un communiqué en parlant de votre pragmatisme, en louant votre pragmatisme. Comment vous allez faire pour que... Quelle est votre position sur les lobbies ? On se souvient de l'envolée de Nicolas Hulot dans ce studio contre les lobbies qui seraient partout dans le cercle du pouvoir et qui seraient un problème démocratique. Est-ce que vous partagez cette position avec lui ?
Alors, moi je ne découvre pas les lobbies. J'ai été député pendant dix ans, président de l'Assemblée nationale. Je sais que dans notre pays, comme dans tous les pays du monde d'ailleurs, il y a des gens qui se structurent, qui en payent certains d'ailleurs, pour défendre leurs intérêts. Vous en avez dans le domaine économique, avec des intérêts extrêmement lourds. On parlait de l'énergie à l'instant. Vous imaginez ce que c'est. Vous en avez qui sont structurés officiellement, clairement, d'autres moins. J'aime autant, moi, personnellement, quand les gens affichent la couleur. Et ils disent, nous voulons défendre la chasse, etc. On affiche la couleur et on discute.
Ça vous aurait choqué si vous étiez, vous, puisque vous êtes ministre maintenant de l'écologie, si vous étiez à cette réunion à l'Élysée et que Thierry Coste était là ou non ?
Moi, je ne fais pas de la politique fiction. Ce que je sais, c'est que pour la chasse, il y a eu un accord de négocié. Cette réunion était là pour, d'ailleurs, prendre acte des avancées, pas tout à fait sur tous les sujets, mais presque. Donc, moi, je ne vais pas revenir là-dessus. En revanche, j'aurais évidemment à rencontrer la Fédération nationale des chasseurs. Ce sera la première fois de ma vie, d'ailleurs, parce que je n'ai jamais eu l'occasion de les rencontrer par le passé. Mais je l'ai dit hier, dans mon intervention à la passation de pouvoir. Moi, je rencontrerai tout le monde.
Et les gens qui veulent m'expliquer les contraintes économiques, sociales, techniques, je les écouterai toujours et il faut savoir les prendre en compte. Mais on ne déviera pas de l'objectif qui est celui de transformer les choses. Si les gens veulent me convaincre qu'il ne faut rien faire, qu'il ne faut toucher à rien, qu'il faut être conservateur, et ça, il y a des lobbies qui sont comme ceux-là. Et bien, ils sont déçus par ma nomination.
C'est un lobby EDF, François de Rugy. C'est une grande entreprise, mais est-ce que c'est un lobby ? C'est une grande entreprise qui sait faire entendre ses intérêts à tous les niveaux, je vous le confirme. EDF ne fera pas la politique énergétique de la France, avez-vous déclaré à plusieurs reprises. Si le patron d'EDF veut faire la loi à la place des députés, qu'il se présente aux élections législatives, vous êtes toujours sur cette ligne-là ?
En tout cas, il est évident qu'EDF, qui est une grande entreprise publique, je crois que 85 ou 83% du capital est détenu par l'État, est, comme les autres entreprises publiques, là pour mettre en œuvre la politique, voter par le Parlement et choisir par le gouvernement. Donc vous décideriez, ils exécuteront. Après, il est tout à fait normal que EDF, comme d'autres grandes entreprises publiques, disent au pouvoir public, aux décideurs, parlement, gouvernement, disent, écoutez, voilà, il y a telle et telle contrainte, si on bouge ça, ça coûte tant, si on bouge ça, ça fait tant d'emplois, si on bouge ça, etc.
Mais EDF est une grande entreprise qui a des moyens, qui a des moyens, par exemple, pour faire de la reconversion de salariés, pour faire du reclassement. C'est une entreprise qui a des moyens, et qui le fait déjà, pour développer les énergies renouvelables. Les grands projets éoliens offshore que Nicolas Hulot avait sauvés, alors que certains voulaient les casser. Eh bien, EDF est partie prenante dans plusieurs d'entre eux. Et c'est cela vers quoi EDF doit se tourner.
François de Rugy, est-ce que vous avez obtenu le copilotage, la co-gestion de la PAC, de la politique agricole commune, avec le ministre de l'Agriculture ?
Nous ferons une proposition dans les semaines qui viennent, et le président de la République, le Premier ministre le diront, sur la façon d'organiser le travail en commun entre le ministère de l'Agriculture et le ministère de la Transition écologique sur la question de la réforme de la politique agricole commune.
Donc ça pourrait aller vers une co-gestion que vous annoncerez bientôt ?
Moi, je ne suis pas venu ce matin dans votre studio pour faire des annonces pour une raison simple. Je prends connaissance des dossiers, beaucoup de sujets que je connais, mais les dossiers d'un ministère, c'est lourd, c'est particulier. Vous voyez, on m'a remis, quand je suis arrivé hier, cette note. Vous voyez l'épaisseur de la note, celles et ceux qui n'ont pas la télévision pourront le voir. C'est un gros dossier avec tous les sujets qui sont sur la table du ministre. Je les prends, j'en prends connaissance, je travaille.
Évidemment que moi, mon souhait, j'ai dit écologie, économie, faire marcher main dans la main, c'est particulièrement vrai dans le secteur agricole, même si c'est parfois difficile, je le sais d'expérience, dans le secteur agricole. Mais je ne veux pas rentrer dans une opposition entre l'agriculture et l'écologie. Ce serait la pire façon de rentrer en matière sur ce sujet.
Allez, on passe au standard de France Inter. Je salue Alain, soyez le bienvenu. Nous vous écoutons, Alain.
Oui, bonjour, monsieur de Rugy. Bonjour. Nous avons été croisés par le passé, militant écologiste depuis toujours, et un des fondateurs des Verts en 1984. J'ai sous les yeux un document signé de votre main du 6 décembre 2016, où en déposant votre candidature aux élections primaires de la gauche pour les élections présidentielles de 2017, vous vous engagiez par ce document à soutenir le candidat de la gauche qui serait désigné à l'issue de ses primaires. Quelques semaines plus tard, vous souteniez ouvertement un autre candidat, Emmanuel Macron, que vous n'aviez d'ailleurs cessé de dénigrer durant votre campagne primaire.
J'aimerais simplement savoir quelle valeur morale donne un ministre d'État à sa propre parole et à sa signature au bas d'un document.
Merci Alain pour cette question. François de Rugy vous répond.
J'ai déjà répondu dix fois, cent fois à cette attaque qui est ressortie de façon sempiternelle par des gens qui préfèrent s'opposer. Moi, je vais vous dire, je vais rebondir sur ce qu'est dit Alain. Il n'a pas donné son nom, donc je ne sais pas si je le connais, mais en l'occurrence, en matière d'écologie, je le sais depuis toujours. Soit on reste dans la protestation, dans la dénonciation, dans l'opposition. Ce n'est jamais assez bien. Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Il faudrait faire ci, il faudrait faire ça. Quand on a fait une chose, ah oui, mais on n'a pas encore fait ce qui nous permettrait d'aller plus loin.
C'est une posture, moi ça fait longtemps que j'ai dit que ce n'était pas ma façon de faire. Au point que j'ai quitté le mouvement Les Verts dont est adhérent ce monsieur.
Vous n'êtes pas un utopiste, vous êtes un pragmatique, c'est ça ?
D'une part, et par ailleurs, je suis pour l'écologie qui agit. Mais ça fait 25 ans que je le dis. Je veux que le ministère de la Transition écologique et solidaire soit le ministère de l'écologie qui agit.
Une question sur l'application de France Inter, c'est Charles qui vous la pose. Que va devenir le projet de la montagne d'or en Guyane ? Vous voulez agir, vous allez agir comment ? Quelle décision sur le sujet ?
C'est un des dossiers chauds, comme on dit, qui est sur mon bureau comme sur celui, bien sûr, de l'ensemble du gouvernement. La Commission nationale du débat public a organisé un débat sur ce projet et va rendre son rapport dans quelques jours ou quelques semaines. Rien que le débat a montré que ce projet ne pouvait pas être mené tel qu'il avait été envisagé. Donc il faudra le reprendre, d'une façon ou d'une autre. Je n'en dis pas plus pour le moment parce que je vais y travailler de façon précise.
Votre sentiment, monsieur de Rugy, votre sentiment, votre conviction sur la question, vous, l'écologiste ?
Je dis, je vais prendre connaissance de tous les aspects du dossier, mais ma conviction est déjà qu'on ne peut pas le faire tel quel. Ça, c'est clair et net. Et d'ailleurs, le débat public a démontré à quel point cela suscitait des tensions, des oppositions en Guyane. Et donc, il faut reprendre les choses, mais en respectant les élus locaux de Guyane qui se sont engagés, en respectant les uns et les autres qui ont travaillé, que ce soit d'ailleurs en pour ou en contre.
Florent, bonjour et bienvenue sur Inter.
Oui, bonjour. Florent Contin, président des Amis de la Terre France. François de Rugy, on aura bientôt l'occasion de se rencontrer et on aura beaucoup de questions à vous poser. Mais la première question que je me pose là maintenant, c'est une citation de vous en 2015 sur la présence des écologistes au gouvernement. Vous disiez, tant que nous sommes au gouvernement, le projet ne se fait pas en parlant de CGO et de l'enfouissement en grande profondeur des déchets radioactifs à Bure. Alors, vous disiez aussi, l'écologie ne consiste pas seulement à réaliser des choses, mais aussi en empêcher des mauvaises.
Est-ce que maintenant que vous êtes réellement en poste et au gouvernement, CGO va se faire et restez-vous personnellement opposé à l'enfouissement des déchets radioactifs en grande profondeur ?
Merci Florent pour cette question. François de Rugy, il faut que les choses soient claires.
Un ministre de l'écologie, comme dans d'autres domaines, il n'est pas là pour répondre à une sorte d'interrogatoire sur la position sur tel point, la position sur tel autre. Nous sommes là pour mettre en œuvre une politique. La question difficile des déchets radioactifs, je la connais depuis longtemps, c'est qu'on a devant nous plusieurs choix. Est-ce qu'on les stocke en surface, à côté des centrales nucléaires, sur plusieurs sites ? Est-ce qu'on les stocke en grande profondeur ? Et actuellement, ce n'est qu'un laboratoire expérimental, le projet CGO dont il est question, à Bure. Voilà le choix que nous avons devant nous. Le gouvernement a déjà commencé à travailler.
Nicolas Hulot l'avait fait, Sébastien Lecornu qui est secrétaire d'État également. Évidemment, nous allons en discuter ensemble et cela fera partie des sujets liés aussi à la programmation pluriannuelle de l'énergie. De toute façon, ce qu'il faut bien dire, c'est même si on arrêtait le nucléaire demain matin, ce que personne ne propose et ce que tout le monde sait, impossible à faire. Même dans 10 ans, même dans 30 ans, on aurait de toute façon à gérer l'héritage des déchets nucléaires qui existent depuis qu'on produit de l'électricité avec des centrales nucléaires en France, c'est-à-dire depuis plus de 50 ans.
Pour votre succession au perchois, François de Rugy, Richard Ferrand, il y a Elbron privé, il y en a d'autres, des candidats. Est-ce que vous pensez que ce serait bien qu'après un homme, il y ait une femme ?
Alors vous savez que quand j'ai été candidat, j'en ai entendu des choses. Ou même après, lorsque j'ai été élu. Vous vous souvenez, la mi-mandat, est-ce qu'il faut faire un mandat complet, etc.
Vous étiez engagé à partir à mi-mandat.
J'ai dit ce que j'avais à dire dans ces périodes-là. Je ne suis plus président de l'Assemblée Nationale. Virtuellement, je suis encore député pendant un mois, mais c'est mon suppléant qui me succédera ensuite. Et donc je ne vais pas commencer à me mêler. Je n'aimais pas beaucoup d'ailleurs, quand j'étais président de l'Assemblée Nationale, que des membres de l'exécutif du gouvernement se mêlent de l'organisation du Parlement, y compris de la majorité au Parlement. Donc je ne vais pas m'en mêler. Si les uns et les autres veulent discuter avec moi, je le ferai. Mais publiquement, je n'en dirai rien.
Danny Cohen-Bendit, tête de liste aux Européennes pour La République En Marche, ce serait bien ?
Écoutez, là c'est encore un autre sujet qui n'a rien à voir. Vous êtes prudent ce matin. Moi j'aime beaucoup Danny Cohen-Bendit, je le connais depuis très longtemps, je sais son engagement européen et non seulement sa foi dans l'Europe. Ce n'est pas une question de religion, mais vous savez que c'est vraiment une conviction très forte, sa capacité aussi à entraîner. Après, est-ce qu'il a envie lui-même de se relancer dans la bataille électorale alors qu'il a déjà été député européen pendant 20 ans ? C'est d'abord à lui qu'il faudrait le demander. Ce que je souhaite, c'est qu'en effet, les élections européennes soient un débat européen, soient un débat sur l'Europe.
J'entends déjà ici ou là dire qu'il faudrait que ce soit un référendum sur la politique nationale, que sais-je encore. Nous voyons que les enjeux européens sont fondamentaux, y compris si on veut faire avancer l'écologie.
Le mot de conclusion à un auditeur de France Inter, Marc, sur l'appli. On va marcher pour le climat samedi prochain à Paris. Évidemment, le ministre de l'Écologie est plus que bienvenu en tête de cortège, s'il vous plaît. Est-ce que vous y serez, monsieur le ministre, ou pas ?
Je n'ai jamais considéré que la place des ministres était d'être dans les manifestations. Mais moi, la marche pour le climat, ça fait longtemps que je l'ai entamée et je suis très content. Plus il y aura de personnes à s'y impliquer, à se mettre en marche, sans mauvais jeu de mots, avec le nom de notre mouvement politique, sur la question écologique, sur la question du climat, mieux ce sera. Moi, ma conviction, c'est qu'on peut s'appuyer sur les Français. Les Français veulent qu'on fasse plus d'écologie. Pas n'importe comment, pas de façon brutale, mais ils veulent qu'on le fasse. Une écologie qui agit, une écologie positive, c'est mon orientation.
Merci, monsieur le ministre, de la transition écologique et solidaire. Merci, François de Rugy, d'avoir été sur France Inter.
François De Rugy