Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, est l'invité politique de la matinale.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Édouard Jaffrey bonjour merci d'être avec nous ce matin sur France Info TV. L'épisode de forte chaleur se poursuit et s'amplifie en ce début de de semaine avec la journée d'hier qui a été la plus chaude jamais enregistrée par Météo France pour un mois de mai. Cela a forcément des conséquences sur nos quotidiens et sur la reprise des courses matin partout en France.
Que dites-vous aux parents ? Qu'avez-vous envie de dire au aux parents qui sont en ce moment même sur le sur le chemin de l'école pour déposer leurs enfants ? Elles sont très inquiets.
Que leur dites-vous ? Alors, d'abord que évidemment euh euh l'école a malheureusement l'habitude d'accueillir aux enfants par forte chaleur parce que vous savez que ça fait plusieurs années maintenant qu'on a des vagues de chaleur importante. Celle-ci est très précoce, c'est sa nouveauté mais déjà au mois de juin et cetera, on a l'habitude d'avoir ce genre de vague.
Donc toutes les mesures sont prises. Ce matin même, il y a des consignes qui vont partir à tous les directeurs et directes d'école, tous les chefs d'établissement qui sont des consignes de bon sens mais qui ont besoin d'être rappelé sur l'aération des salles, sur évidemment l'hydratation régulière des enfants. Les enfants évidemment notamment les petits sont particulièrement surveillés.
Les directeurs et directrices d'école, l'échelle établissement font en sorte qu'ils soient régulièrement hydratés. Et puis évidemment les parents eux-mêmes peuvent avoir des réflexes là encore de bon sens mais qui protègent porter des vêtements légers, mettre à son enfant des vêtements clairs euh et puis nous-même évidemment on adapte les activités. Il y a pas évidemment d'activité physique ou sportive dans les moments chauds de la journée.
Bref, toutes ces règles là s'appliquent pour protéger nos enfants. Donc vous avez envoyé des consignes par mail, c'est ça ? directeur d'établissement chef d'établissement vous l'avez dit vous leur avez dit quoi concrètement alors les consignes partent ce matin et elle rappelle en fait le cadre qui est habituellement applicable on a un plan canicule à allégation nationale depuis plusieurs années qui est fonctionnel et que qui est connu de nos équipes et donc on rappelle à l'intérieur à la fois les règles relatives au bâtiment donc évidemment fermer les store aérer à la fraîche et cetera et puis considér relative aux élèves donc vérifier qu'il y a pas de coup de chaleur les faire s'hydrater régulièrement distribuer de l'eau aussi souvent que nécessaire faire en sorte par exemple qu'ils puissent aller dans la cour lorsque leurs salles sont trop chaudes et cetera.
Est-ce que la solution c'est pas quand même de fermer certains certains établissements scolaires, certaines écoles au moins temporairement ? Quand on voit les les conditions de de travail d'accueil des enfants, il y a des parents qui sont vraiment OK et d'ailleurs aussi des enseignants. Le corps enseignant a fait part de son inquiétude et et notamment les les syndicats enseignants en disant que c'est très difficile de travailler dans ces conditions là et d'accueillir les enfants.
Est-ce que vous nous dites ce matin que certains établissements pourraient fermer ? Alors pour l'instant c'est pas prévu mais c'est tout à fait possible. C'est quand la situation devient trop chaude, euh la collectivité locale, le préfet et l'éducation peuvent décider de fermer une école.
Ça pour le coup, c'est des consignes qui seront données préfecture par préfecture. Pour l'instant, c'est pas le cas, mais si jamais ça devait s'aggraver, évidemment qu'on saurait le faire. À quel stade on ferme un établissement scolaire ?
Quand est-ce qu'on le décide ? Le préfet décide, c'est des configurations locales, ça dépend de si le bâtiment est bien isolé ou pas et cetera. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on sait le faire si c'est nécessaire.
Est-ce qu'il faut pas aussi adapter nos nos horaires, c'est-à-dire les horaires d'accueil des des enfants, que ça soit peut-être plus tôt le matin ou en tout cas qui soit récupéré par les parents plus tôt en fin de enfin en fin de journée ou plutôt dans dans l'après-midi avant les les les fortes périodes de de chaleur. Certains de nos voisins européens le font. Par exemple, ils adaptent les horaires d'accueil des enfants.
Pourquoi nous on le fait pas en France ? Alors d'abord ça ça suppose que les enfants puissent effectivement enf que l'organisation sociale autour permettre qu'il soit effectivement quelque part à la sortie de l'école s'il sortent de manière anticipée. Ensuite pour beaucoup d'enfants, je vous rappelle que une école ça veut dire un espace, une cour et donc un endroit où où il peut aussi être à l'air alors que si il est dans un appartement éventuellement mal isolé chez lui, c'est pas forcément non plus sa rendre.
Donc là aussi, c'est du cas par cas et c'est décidé par la préfecture. H le principal syndicat des chefs d'établissement dit à l'instant que la France a un gros retard en terme d'adaptation face aux fortes chaleurs. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Alors qu'on a comme chacun sait, il y a un plan qui a été lancé he il y a 3 ans, 2 milliards d'euros de l'État pour subventionner les collectivités locales. On rénve actuellement 6200 implantations scolaires. Il y a actuellement 6200 6200 établissements depuis 2023 qui sont en cours de rénovation là. qui sont en cours actuellement à l'heure où je vous parle de rénovation, c'est pour vous donner une idée hein, c'est 24 millions de m² et c'est 43 % d'économie d'énergie à la sortie.
Donc c'est c'est absolument considérable. Simplement, ça prend un peu de temps parce que rénover tout un bâtiment du sol au plafond, c'est pas la même chose que de changer un radiateur. Euh bon, il y a 600 établissements en France, établissement scolaire, ce qui est énorme.
Vous dites 6000 en cours de de rénovation, on voit bien qu'on est on est très loin du compte. Est-ce qu'il faut pas que l'État passe la vitesse supérieure ? et notamment financièrement quand on connaît les difficultés aujourd'hui financières des collectivités, hein, les collèges qui sont sous la gestion des départements, les lycées pour les région et euh les écoles primaires et et maternelles pour les les municipalités, euh est-ce que il faut pas que l'État passe la la vitesse supérieure, sachant que vous l'avez dit, ces épisodes for chaleur sont de plus en plus précoces. avance finalement les établissements étaient peu concernés puisque ça se passait en juilletaoût.
Là dès le mois de mai, on voit bien que ça va être extrêmement compliqué de travailler dans ces conditions à terme. Alors comme je vous disais financièrement il y a plusieurs milliards qui sont engagés. La vraie difficulté d'air c'est de pouvoir réaliser euh les écoles collèges, lycée dépend des collectivités.
Euh ce sont des travaux qui sont extrêmement lourds. Il y a des marchés publics à mettre en place. Donc en réalité c'est long.
Entre le moment où on finance et on déclenche et le moment où le bâtiment est livré, il peut se dérouler parfois de ou 3 ans. Donc pour être clair, c'est pas trop une question de milliard question et ben en attendant alors d'abord on fait les enfants souffrent, les parents sont inquiés et les enseignants aussi. D'abord on le fait mais ça c'est du long terme et c'est et c'est d'ailleurs pour ça qu'on l'a engagé et on on a pas attendu aujourd'hui pour l'engager hein.
Ça fait au moins 3 ans qu'on a engagé ça. Et par ailleurs à court terme on prend des mesures, pardonnez-moi l'expression, mais de bon sens. Euh, on fait en sorte de ventiler, on fait en sorte de baisser les stors, on fait en sorte de mettre les élèves plutôt dans les salles fraîches que dans les salles chaudes.
C'est pas un peu le système D ça ? Franchement, c'est Non, c'est pas du système D, c'est de l'adaptation une fois encore de bon sens. Mais c'est probablement ce que vous faites aussi chez vous.
Si vous avez deux pièces, une à l'ouest et une à l'est, bah peut-être que vous dormez le soir plutôt dans la pièce qui a été la plus fraîche, c'est celle à l'est que celle à l'ouest. Ouais. Moi jusqu'à présent, c'est le privé, c'est pas un service public d'accueil.
Oui, mais ce que je pas c'est c'est logique aussi qu'on s'adapte et par ailleurs, il y a ce travail de long terme absolument considérable. absolument considér et ce que vous dites c'est qu'il va être poursuivi évidemment poursuivi et amplifié. On accompagne beaucoup les collectivités, on a on a documenté techniquement le meilleur moyen d'y arriver.
Donc tout ça avance mais évidemment une fois encore ça ne se fait pas aussi vite que de fermer devant une porte. Alors il y a les épreuves et les concours de fin d'année qui arrivent qui approchent à grand pas. Je pense notamment au bac pro hein, le bac professionnel qui débute ce jeudi.
Est-ce que là dans ces conditions-là de forte chaleur de canicule hein parce que Méofance emploi le terme de de canicule dès le mois de mai désormais, il peut avoir des épreuves qui peuvent être annulées ? Alors pour l'instant là aussi ce n'est pas prévu à ce jour puisqu'on a plusieurs milliers de centres d'examen et qu'on organise les choses pour que ça se passe bien. C'est ça a déjà pu arriver dans le passé hein qu'on reporte des épreuves qu'on les décale de quelques jours.
Pour l'instant c'est pas prévu. Si jamais ça s'avère nécessaire, on le ferait. Mais pour l'instant, c'est pas le cas.
C'est une décision que vous prendriez vous, vous-même, ministre de l'éducation nationale. Pareil pour le bac, le bac première épreuve encore, c'est pas l'ordre du jour, le 15 juin. Donc là, c'est pas c'est pas l'ordre du jour.
C'est ce que c'est ce que vous nous dites. Un mot sur bien évidemment ce ce cette proposition de congé climatique. C'est une proposition de Marine Tondelier qui est la secrétaire nationale des des écologistes.
Certains pays l'ont fait hein. Par exemple en Espagne quand il fait trop chaud, il y a possibilité de de poser un congé climatique. Est-ce que c'est quelque chose auquel vous êtes favorable en France ?
Non, à titre personnel de je suis pas favorable à la multiplication euh des dispositifs. Il y a aujourd'hui du télétravail qui, comme vous le savez, euh peut-être considérablement assoupli euh en cas de forte chaleur. Il y a évidemment les conditions de travail particulières, je pense à ceux qui travaillent à l'extérieur, en bâtiment et cetera qui sont aussi adaptés.
Nous-même, on s'adapte pour les écoles. Je pense qu'il vaut mieux s'adapter euh à des réalités concrètes plutôt que d'inventer des dispositifs comme ça qui ont l'air très universel de loin et qui en arrêté ne le sont jamais de près. Dans le congé climatique, c'est non.
C'est pas parce que c'est une écologie, c'est pas quelque chose que je soutiens. Non non, c'est pas une rien à voir, c'est juste que c'est pas quelque chose que je crois pertinent à grande échelle. On parlait du baccalauréat donc qui va débuter première épreuve épreuve de philot traditionnelle épreuve de philo le le 15 juin prochain.
Vous souhaitez à partir du bac 2028 une épreuve de langue régionale. Est-ce que vous pouvez nous nous expliquer en quoi ça ça consiste ? C'est-à-dire si on a appris pendant deux années, je crois, en première en terminale, par exemple le le Corse ou le Breton, on pourra passer dans cette langue là une épreuve régionale.
Alors, pour être plus précis, on a aujourd'hui des élèves qui ont un parcours bilingue, c'estàd qu'il ont une partie de leur matière qui suivent en Corse, en Breton et cetera. Bon, par exemple, ils suivent la spécialité math en Breton et quand ils arrivent au baccalauréat, on leur fait passer en français. Ce que je trouve assez paradoxal puisque s'ils ont investi dans une matière dans une langue en question, c'est pas ça me paraît pas aberrant si vous voulez de leur proposer de passer cette matière là.
Donc effectivement, un élève qui suit par ailleurs unement de Breton et qui aura subi par exemple la spécialité mat en Breton pourra la passer en Breton. C'est valable que pour une seule spécialité he je rappelle tout le reste se fait en français mais pour cette spécialité là effectivement il pourra le faire ainsi que pour la partie du grand oral qui correspond à cette spécialité. C'est un peu une mesure de cohérence et puis de reconnaissance parce que un un parcours bilingue, c'est un parcours exigeant et paradoxalement on avait aucun moyen au niveau du baccalauréat de reconnaître le fait que c'était un parcours bilingue.
Ouais, bien sûr. Donc ça veut dire que vous confirmez qu'à partir de 2028 euh il y aura une Tout à fait puisque il faut suivre pendant les deux années première terminale et qu'on change pas les règles du gencour de route. Donc ceux qui rentreront en première au mois de septembre s'ils suivent la totalité d'ement de spécialité dans une langue régionale pendant les de années pour passer en langue régionale. un mot sur l'âge planché que vous voulez mettre en place pour le le bac.
Euh cette année, on a un élève, un écolier, voilà euh de moins de de 10 ans, 9 ans, je crois, qui qui souhaite passer le le bac. Euh vous souhaitez donc euh mettre en place un âge plancher, donc c'est-à-dire plus élevé pour euh avoir la possibilité de de passer le baccalauréat. À partir de de quel âge on doit le passer ? 10 ans, ça va pas ? 14 ans, 15 ans, vous le fixez à quel âge ?
D'abord, moi je suis très frappé de voir que ce sujet qui a émergé en réponse à une question, c'est pas un axe prioritaire de de de mon de mon de mes fonctions, si vous voulez, on m'a posé une question, j'ai répondu et effectivement ce que je constate c'est qu'aujourd'hui on a des enfants qui en dehors de tout cursus scolaire, ils sont pas scol ils sont pas ils sont pas au lycée hein, en dehors de de tout curs scolaire, il y a des parents qui inscrivent leurs enfant au baccalauréat. Vous avez le droit d'inscrire votre fille de 2 ans au baccalauréat si vous avez envie. Bon, je sais pas si c'est le meilleur moyen d'utiliser l'argent public, mais en tout cas c'est possible.
Et vous avez même, il faut le savoir, des officines privées qui aujourd'hui vous proposent d'avoir un coaching particulier de votre enfant dès 2 ans pour lui faire passer le baccalauréat avant 10 ans. À la fin, ça concerne une poignée d'enfant. Moi ma ligne c'est très claire, c'est de dire quand c'est dans un cursus scolaire, il y a aucun problème pour passer son bac très tôt.
Ouais. un enfant de 12 ans ou 13 ans qui a eu un cursus scolaire accéléré, il y a aucun problème. Ça me paraît pas très honnêtement très sain.
Enfin, en tout cas, je me pose la question de savoir si c'est très sain que n'importe qui puisse inscrire indépendamment de tout cursus scolaire son enfant de n'importe quel âge, 5 ans, 6 ans, 7 ans au brevet au baccalauréat. Ça pose la question de la protection de l'enfant. C'est ce que vous nous dites.
Bah un peu quand même. Oui, je crois pas que ce soit une priorité pour un enfant de faut les interdire. Non, les officines privées elles ont le droit d'exister.
Mais en revanche, si on dit qu'un enfant n'a pas le droit de passer le baccalauréat indépendamment de tout cursus scolaire avant, je sais pas, peut-être 11 ans ou 12 ans, euh on va travailler ça avec des experts. Mais en tout cas, c'est pas ça me paraît pas aberrent de protection de l'enfance. Je crois qu'un enfant de 8 ans a mieux à faire que de préparer avec une officine privée du coaching tous les jours le baccalauréat dont dont ailleurs il ne fera rien à 8 ans.
Édouard, j'ai ferai un mot sur scandale du périscolaire notamment à à Paris. Euh, il y a des responsables du du périscolaire ou des syndicats qui appellent à nouveau à des journées de grève, notamment au mois de juin dans certains secteurs en France. Est-ce que vous les comprenez ?
Alors je moi ce que je enfin je d'abord je respecte droit de grève mais surtout ce que je comprends ce que je vois c'est que on a eu un certain nombre de d'agressions et de crimes dans le pais scolaire parisien ou autres qui sont inadmissibles parce qu'un parent qui dépose son enfant à l'entrée de l'école à la grille la question c'est pas scolaire préscolaire la question c'est que il le dépose en toute sécurité et donc il faut on a pris des gens sur mesure vous savez que moi j'ai pris des mesures pour éducation national il y a un projet là protection de l'enfance qui va bientôt aller au parlement où je porte des dispositions notamment qui permettent de contrôler les intervenants, même ponctuel qui permettent d'avoir ce que j'appelle une liste noire, c'est de ne pas réembaucher quelqu'un qui aurait été évincé en raison de son comportement avec les mineurs. Donc il faut qu'on soit absolument intraitable et il faut que tout le monde soit intraitable. Collectivité locale comme bien sûr éducation nationale mais ça c'est comprenez leur mobilisation.
Certains se sentent stigmatisés en fait on met un peu tout le monde dans le même sac et à l'inverse voilà à l'inverse il faut aussi faire attention. Euh vous avez aujourd'hui des milliers d'amis de femmes qui travaillent pour les enfants en France et qui travaillent bien euh pour ces enfants-là. Et donc autant il faut être intraitable lorsque une personne est a commis euh un acte inadmissible, autant par ailleurs euh euh ne qualifions pas tout le période scolaire de France de Navar de problématique, c'est pas le cas non plus.
Édouard Gefrey, merci beaucoup. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur France Info
Édouard Geffray